Zabou the terrible

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samedi, février 17 2018

Dans le secret de Son cœur

 

Pas de billet… mais alors, pas là pendant le Carême ? Si, je préfère chercher à christianiser mon usage de l’internet plutôt qu’en supprimer l’accès, mais en voyage scolaire au début de ce temps : au loin, dans la belle Andalousie, carrefour de la rencontre des cultures juive, musulmane et chrétienne, lieu où apprendre à mieux connaître celui qui diffère de moi.

 

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Et, durant ce temps, entrer en Carême pour la consacrée que je suis. Comment ?

Un temps, j’ai envisagé de jeûner comme l’Église le demande, comme je le fais habituellement, mais, avec 48 adolescents compliqués à gérer autour de moi, j’y ai renoncé : cela aurait été contraire à la plus élémentaire des prudences que ne pas chercher à être la plus en forme possible, pour mieux servir.

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Aller à la messe ? Mais quand aurais-je pu ? Certains m’avaient dit avant le départ que c’était facile : ils ignorent ce que c’est qu’accompagner un groupe hors pèlerinage chrétien. Alors, avant de partir, le samedi matin précédent, j’avais demandé à recevoir l’eucharistie hors messe comme pain et force de la route pour toute une semaine sans messe et j'en gardais le souvenir dans mon cœur, comme un trésor précieux. 

 

Entrer en Carême ?

Il ne me restait que le plus ordinaire de mes jours pour entrer en Carême bien pauvrement.

Ces jours qui ressemblaient parfois à des Cendres tant l’adolescence est un âge de construction souvent ingrat, souvent compliqué. Mais je sais bien que la finalité du Carême, c’est de mieux découvrir, sous ces Cendres imposées sur nos fronts au début de ces quarante jours, le feu de l’amour de Dieu.

Alors, tout mercredi, sans ces cendres, j’ai tout de même cherché à découvrir le feu de cet amour dans le cœur, dans la vie et dans les réactions parfois houleuses de ces ados qui nous étaient confiés. J’ai cherché à Le découvrir « caché au creux du monde comme un feu, puisqu’Il est avec nous ».

 

« Choisis en toute sécurité l’amitié du Christ. Il veut que tu Lui donnes l’hospitalité : fais-Lui un lieu (ps. 131, 5). Qu’est-ce que cela signifie : ‘fais-lui un lieu’ ? Ne t’aime pas toi-même ; aime-Le, Lui. T’aimer toi-même, c’est Lui fermer la porte. L’aimer, c’est la Lui ouvrir ».

(Saint Augustin, commentaire du ps. 131)

 

Exercice du regard, exercice du cœur, exercice de la prière : pour apprendre à mieux Le trouver pour mieux L’accueillir.

 

Mercredi des Cendres de pauvreté et de simplicité ;

Début de carême dans le secret de mon cœur,

Parce qu’Il est présent, agissant, aimant dans le secret du cœur de ces ados…

Ces ados aussi présents que toi ou moi, dans le secret de Son cœur.

 

Bon chemin de Carême à tous,

Tournés vers la joie de Pâques qui illumine déjà tout !

 

mardi, février 6 2018

Prix de la BD chrétienne 2018

 

Tous les ans, en parallèle du festival de la BD d'Angoulême, a lieu une remise du prix de la BD chrétienne, celui-ci a été décerné cette année à Vincent Henry et Brunot Loth pour John Bost - un précurseur chez "La Boîte à Bulles" 

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Confidence de taille : je ne connaissais pas du tout le fameux John Bost dont il est question tout au long de celle-ci alors qu'il s'agit d'un homme assez extraordinaire ! Un pasteur protestant qui, au coeur du XIXème s., choisit d'accueillir les pauvretés qui se présentent à lui en Gascogne. 

Au début, j'ai craint le verbiage à la limite de l'hagiographie - ce qui aurait été un comble pour un protestant - et puis je me suis laissée séduire par l'histoire : non, il ne s'agit pas là d'encenser un homme qui est montré justement avec ses réelles faiblesses mais bien sa suite du Christ. Au lieu de lancer projet sur projet sur un coup de tête, le pasteur Bost se laisse interpeler par ceux et celles qui croisent sa route. Dans l'indigent, il sait repérer un appel du Seigneur : alors, il sait qu'en Lui répondant, rien ne lui manquera. En résumé, c'est l'histoire d'un appel à vivre la charité pour de bon, intégralement.  

Alors que les premières pages sont bavardes, plus elles se tournent plus est laissée place à des bandes silencieuses, contemplatives presque de cette action effrenée, comme en écho de la prière qui fonde tout chez John. Une belle BD sur un beau personnage ! 

jeudi, février 1 2018

Ce qu'est l'unité... pour vivre

"Le principe de la vie est l'unification. La tendance à l'isolement est source de mort. Toutes les choses qui se séparent, qui se ferment ou qui cherchent à s'auto-affirmer finissent par mourir. Dans la création également, le principe de la vie se caractérise par l'unification, par les relations. La vie passe à travers les relations ; la mort triomphe en brisant celles-ci. Le péché a trompé l'homme en lui promettant que, s'il s'occupait de lui-même et s'il se conduisait selon sa propre volonté, il vivrait, il s'affirmerait. Ce mensonge du tentateur est devenu le cimetière de l'humanité. (...) 

Le bonheur se trouve dans l'unité, parce que l'unité est la garantie de la vie. C'est seulement dans une union qui n'exclut personne que la vie est garantie. Si une partie est exclue, c'est-à-dire repoussée dans l'isolement où couvent rancoeur et agressivité, tôt ou tard elle devient une menace pour tous, donc aussi pour elle-même. La vraie garantie de la vie est la communion de tous, sans exclure personne : une communion qui tient compte de tous, qui interpelle chacun, qui ne fait aucune pression, ne recourt à aucune violence, n'oblige pas à se mutiler pour entrer dans l'ensemble, mais qui, en affirmant tous, parvient à affirmer chacun. " 

RupnikAu regard de Dieu - l'examen de conscience 

 

mercredi, janvier 24 2018

Pierre et Mohamed, semence d'espérance

 

 

          En général, on connaît Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, au moins de nom… Parfois, l’on sait qu’il fut assassiné (on peut en savoir plus en lisant ce dossier de La Croix qui lui est consacré) mais on sait rarement qu’il était accompagné de son jeune chauffeur musulman, Mohamed. C’est à cette rencontre entre deux hommes que ce petit livre, Pierre et Mohamed, est consacré : quelques pensées, de part et d’autre ; quelques réflexions de chaque côté, non isolées mais bien conçues en lien, en pont, bref, en amitié. Quand on se frotte par la quotidienneté de sa vie au dialogue islamo-chrétien, on ne peut que se sentir concerné. 

 

          Dans ce livre, dont le texte est joué au théâtre depuis plusieurs années, il ne s’agit pas d’une tragédie devant laquelle pousser des hauts cris, ni d’une dénonciation de la violence aveugle qui ne fait qu’empirer mais bien plutôt de graines de réflexion qui ne demandent qu’à germer. Ce dont il s’agit ici, c’est d’un appel : non à la tolérance souvent si condescendante mais bien à l’amitié vraie, celle qui nous permet d’entrer en dialogue avec l’autre, en restant nous-mêmes. Cultiver cette culture du dialogue en ces temps troublés, c’est très certainement d’une réelle actualité : on le perçoit a fortiori dans la postface inédite de l’auteur. Merci frère Adrien de ce bel ouvrage !

 

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« Toutes les religions sont sans cesse exposées à devenir des instruments d’oppression et d’aliénation. Ne laissons pas l’esprit être étouffé par la lettre. Nous pouvons lutter contre ces dénaturations de la foi, la nôtre comme celle des autres, en maintenant le dialogue malgré les remous de surface et les apparents durcissements. Le dialogue est une œuvre sans cesse à reprendre : lui seul nous permet de désarmer le fanatisme, en nous et chez l’autre. C'est par lui que nous sommes appelés à exprimer notre foi en l'amour de Dieu qui aura le dernier mot sur toutes les puissances de division et de mort. » (p. 37)

 

fr. Adrien Candiard (o.p.), Pierre et Mohamed, éd. Tallandier, 2018, 77 p.

lundi, janvier 22 2018

Bakhita chance et grâce pour le lecteur

 

Peut-être que vous connaissez déjà l’histoire vraie de Bakhita, histoire complètement improbable d’une petite fille enlevée comme esclave au Darfour, devenue domestique puis religieuse en Italie et enfin sainte ? Elle resterait improbable cette histoire si elle n’était toute pleine de grâce et c’est cette histoire à la foi si simple et en même temps si bouleversante que Véronique Olmi a entrepris de raconter dans son livre éponyme : Bakhita (éd. Albin Michel, 2017).

 

Le début est rude : c’est l’histoire d’un arrachement, de la violence humaine souvent bestiale et des espoirs déçus et, dans le même temps, celui de la vie plus forte, malgré tout ; le tout dans un style souvent dur également qui évolue en même temps que la vie de Bakhita. Une découverte de l’amour et de la confiance toujours plus forte dans sa vie. Cela donne simplement un magnifique livre qu’on quitte à regret.

 

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« Bakhita se demandait comment, avec quels mots lui dire. Elle connaissait certaines questions à l’avance, sur ses bourreaux, le pardon, sa conversion, et ce qu’elle avait à répondre lui paraissait toujours autre chose que ce qu’on attendait. C’était différent, et aussi plus simple. Ses bourreaux ? Elle les avait depuis longtemps confiés à el Paron, elle ne s’en encombrait pas, mis à part bien sûr quand ils décidaient de lui rendre visite dans les longues nuits de cauchemars. Mais elle est soulagée d’eux, parce que Dieu pardonne pour elle. Elle est sa fille et Il fait cela pour elle. Est-ce que ses histoires sont vraies ? Est-ce que ces souvenirs sont les siens ? Mais rien n’est vrai, que la façon dont on le traverse. Comment leur dire ça ? En vénitien ? En italien ? En latin ? Elle n’a aucune langue pour ça, pas même un mélange de dialectes africains et d’arabe. Parce que ça n’est pas dans les mots. Il y a ce que l’on vit et ce que l’on est. A l’intérieur de soi. C’est tout. » (p. 370-371)

 

mercredi, janvier 17 2018

L'Ave en mélopée

 

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Pousser la porte, se signer : tiens, j’avais oublié que le chapelet précédait cette messe.

Mélopée de voix féminines : de tous les âges, de toutes les origines, de toutes les tonalités, de tous les accents.

Se poser quelque part, fermer les yeux doucement et se laisser porter.

Je vous salue Marie

Ne rien dire à voix haute, laisser son cœur prier silencieusement à l’unisson de ceux des autres, connus et inconnus.

Je vous salue Marie

J’aime imaginer tout ce que portent ces voix : de la joie, des combats, des intentions… qui d’un souffrant, qui d’un deuil, qui d’un pauvre. L’imagination porte alors à la communion.

La prière est répétitive, celui qui la porte différent, vers une même direction :

Dans le cœur de celle qui est notre grande sœur, première en chemin,

Dans le cœur d’une mère les confiant avec certitude à son Fils.

Je vous salue Marie

Quand mon propre temps récent s’écrivit en rudesse, laisser l’amour simple de cette prière irriguer mon existence comme autant de mots doux jetés vers le ciel.

Je vous salue Marie…

Les mots glissent autour de moi comme les grains dans les mains,

Les intentions s’égrènent aussi, à la même cadence, j’en suis certaine, dans le secret des cœurs.

Je vous salue Marie

Mélopée bien rythmée, mélopée d’humilité qui prend le temps de dire chaque mot : pas de course au chapelet fini ici.

Et peu à peu, au fil de la prière, il semble que les voix, pourtant si différentes, soient moins dissonantes : comme un accord secret, harmonique, né de la prière…

L’Ave, une mélopée d’unité.

 

Je vous salue Marie, comblée de grâce

Peut-être que c’est cette grâce dont Marie est comblée qui est toujours la clef de ce genre de prière : elle est donnée gratuitement, avec, pour et souvent malgré nous ;

Elle peut être désir de nos âmes mais elle est toujours don de Dieu : à recevoir à demander.

Je vous salue Marie, comblée de grâce

Pour que la grâce vienne toujours plus habiter chacune de nos opacités et de celles de nos frères,

Pour nous rendre transparents à Lui,

Pour nous rendre transparents de Lui.

 

samedi, janvier 13 2018

Portes grandes ouvertes au Christ

 

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Ordinairement, le réveillon du jour de l’an est pour moi l’occasion d’une belle soirée entre amis où les mets fins côtoient les mots d’esprit et les grandes rigolades dans la chaleur simple et douce de l’amitié.

 

De ce moment si apprécié, cette année, point ! Car, à l’heure où en France vous franchissiez le pas de 2018, j’étais encore six heures plus tôt en 2017, de l’autre côté de l’océan Atlantique, dans un petit pays qui est comme le pont entre les Amériques du Nord et du Sud : le Panama. Formidable pays que j’ai eu la joie d’arpenter et de découvrir durant huit jours afin de préparer pour mon beau diocèse les JMJ de Panama en janvier 2019 : j’en suis rentrée cœur et yeux pleins et il me tarde d’en parler pour inviter chacun !

 

Que faire quand on est loin de chez soi le 31 ? Avec l’équipe, nous avons été invités dans la famille d’un responsable JMJ d’un diocèse panaméen. A quoi nous attendre ? Nous connaissions en partant le sens de la fête des Panaméens, nous étions loin de deviner leur formidable sens de l’accueil.

 

C’est dans une semi-campagne de province que nous nous sommes vites retrouvés, humble quartier aux petites maisons proprettes mais petites. La demeure de notre hôte était d’une immense simplicité mais elle avait sa porte grande ouverte : pour nous, pour tous les voisins qui se rendent des visites ce soir-là. Chacun va rencontrer les autres, simplement. 

 

Cette famille n’avait pas grand-chose et, pourtant nous avons été reçus mieux que des rois : nous avons vraiment été reçus comme si nous étions le Christ. Tant sur la forme que sur le contenu : plats locaux de fête confectionnés essentiellement à partir de leur propre jardin – que nous avons visité comme il se doit : il faut dire que nous n’avons pas de cacaotier, de palmier et de perroquets dans les nôtres – et du propre cochon qu’ils avaient élevé et, surtout, un accueil simplement en frères vraiment bouleversant. De belles discussions, une volonté de nous faire tout goûter de leur pays, de leur région, de leur culture… Quel beau réveillon ! Quelle joie que embrasser ces frères donnés au bout du monde à minuit !

 

Ils nous ont écrit après cette soirée, notamment ces beaux mots : « Nous avons ouvert les portes de notre humilité. Et nous avons été honorés. »

 

Quelle meilleure leçon ? C’est nous qui avons été honorés ! Et c’est nous qui avons reçu d’apprendre bien mieux, grâce à des frères, ce que le mot « accueil » signifiait.

Puisse tous les futurs JMJistes faire pareille expérience dans un an !

mercredi, janvier 10 2018

Actualisation ?

;-) 

dimanche, janvier 7 2018

Belle et sainte année 2018 !

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lundi, décembre 25 2017

Noël jusque-là

 

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Bonjour au directeur du lieu, digicode, « elle vous attend » dite par l’infirmier puis quelques échanges de « joyeux Noël » avec les divers membres du personnel avant de la retrouver, dans ce lieu où le temps ne poursuit plus tout à fait sa route habituelle.

 

Nous dire bonjour, nous embrasser, me demander intérieurement si elle connaît encore mon prénom et quel est le lien de parenté qui nous unit. Je ne pense pas… Elle sourit toutefois toujours en retour.

 

Quelques échanges de banalités, entrecoupés par celle-ci qui répète « assurément » et qui veut absolument s’installer auprès de nous, par les sortes de râles de celle-là et par l’apathie généralisée de ceux qui ne savent plus, qui semblent avoir oublié ce que c’était que vivre. Il y a aussi celle-ci qui s’est endormie recroquevillée dans un coin.

 

Certains savent encore parler, d’autres ont oublié même la manière de se déplacer… Le luxe et la chaleur du lieu ne parviennent pas à en camoufler parfaitement l’horreur : que reste-t-il de ces vies ? Et pourtant… ils vivent ! Je ne sais jamais comment appréhender cet endroit tant je ne le comprends pas, tant logiquement que spirituellement. Je sais juste combien j’en sors le cœur plein de prières.

 

Elle, à part cette mémoire qui s’envole de plus en plus, ça va plutôt bien du côté moteur tout comme pour profiter de la vie d’ailleurs : elle se croit dans un restaurant, pourquoi pas. « Je ne les connais pas bien, je ne sais pas comment c’est chez eux, je n’ai jamais réservé ici » : moi non plus pour tout t’avouer ! Mais je sais que tu gardes ton goût pour le bon champagne et que tu seras heureuse d’en boire une flûte !

 

Les soignants l’appellent « gentille dame » : j’apprends que c’est ainsi qu’elle appelle tout le monde pour camoufler ses oublis… Alors les soignants se sont aussi mis à l’appeler « gentille dame » : j’aime bien, cela va bien avec sa personnalité. Une gentille dame.

 

Elle, ma mère et moi sommes placées dans le petit salon télé pour être plus au calme pour notre déjeuner de fête : c’est encore l’heure de la messe télévisée. Je ne sais même pas si cette pratiquante régulière de toujours sait encore ce que c’est que la messe tant ses propos sont incohérents. Nous écoutons d’une oreille.

Et puis, il y a ce chant final bien connu de Noël avec ce fameux refrain aux tant de o : et c’est avec surprise que je l’entends, elle, ma grand-mère chantonner les Anges dans nos campagnes sans se tromper dans les paroles. Ancrage d’une vie… ? Je suis touchée de voir qu’elle s’en souvient : est-ce de la mémoire à long terme ou ce qui t'a marquée plus profondément que tout ? 

S’ensuit la bénédiction Urbi et orbi précédée d’un court commentaire disant que celle-ci venait spécialement rejoindre les malades et les personnes isolées. Eh bien, moi, dans cette unité Alzheimer, à entendre la bénédiction du pape venir se poser jusque sur tous ces gens qui ne le savaient même plus, j’ai écrasé une larme.

Oui, c’est Noël aujourd’hui et c’est bien jusque-là, dans ces lieux sans saveur où l’on tente de préserver ce qui reste de vie, au mieux ou au moins mal, que la bénédiction de l’Amour incarné vient se déposer : sur ceux qui ont oublié qu’ils vivaient… parce que Dieu est venu leur donner tout spécialement Sa vie.

Conte pour la nuit

Une fois n'est pas coutume... Avant de vous souhaiter plus longuement un joyeux Noël, voici un petit conte rédigé pour cette Nuit différente des autres.

 

Saint François et la crèche

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En ce temps-là, François, celui qu’on nomme aujourd’hui Saint François d’Assise, avait déjà créé son ordre religieux et avait fait le choix de vivre dans une immense pauvreté. Il aimait dire qu’il avait épousé Dame Pauvreté pour être disponible afin de suivre le Christ. Malgré cela, il continuait à chercher tous les moyens pour mieux dire le message chrétien : c’était là toute sa joie et il y mettait toute sa force d’homme. Dire et transmettre la joie de l’Évangile à tous, en chantant la louange de Dieu. 

            Nous sommes en 1223. Cette année-là, l’hiver est rude en Ombrie, cette province d’Italie dans laquelle il vit, et François cherche comment il souhaite fêter Noël cette année avec ses frères. Il y faut de la joie et de la simplicité.

Lire la suite...

samedi, décembre 23 2017

Après une grosse période de rush...

mercredi, décembre 6 2017

Retour sur la Terre Sainte

J'avais évoqué ici mon pèlerinage du mois d'août dernier en Terre Sainte. Je viens d'en écrire un récit un peu plus long pour le "journal d'une jeune consacrée" sur le blog des "jeunes cathos". 

A lire par ici >>

lundi, décembre 4 2017

Calendrier catho de l'Avent 2017

Vu la popularité de cette petite proposition quand j'en parle autour de moi, je la mets online ici.. 

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Qu'est-ce ? 

A l'origine, une simple proposition de méditation pour l'Avent de mon accompagnateur spirituel (bonjour père, s'il vous prend l'idée farfelue de passer par ici !) : dans l'évangile de chaque jour de l'Avent, trouver et méditer la facette du Sauveur qu'on y découvre. 

Seulement, voilà, j'ai un terrible esprit gamin et j'ai pensé que ce serait tout aussi sympathique de le faire sous forme de calendrier de l'Avent : chaque jour, une appellation du Sauveur non à ouvrir dans une petite fenêtre avec du chocolat mais à découvrir dans l'Evangile donné pour la journée. Cadeau savoureux du jour ! 

Pour mieux la méditer, pour mieux la vivre, tout au long de notre journée. Afin d'accueillir le Sauveur dans toute son épaisseur humaine comme divine, le jour de la Nativité. 

Si vous voulez vivre cette proposition, seul ou à plusieurs, le fichier du calendrier est disponible par ici >> 

Personnellement, pour ajouter une contrainte, je commencerai tous mes titres par "Celui qui", façon Friends. (Aujourd'hui, j'ai choisi : "Celui qui veut nous guérir"). Afin de passer toujours plus de la description d'un "Celui qui" à un "Tu" aimé, dans la prière. 

A vous de jouer, à vous de méditer ! 

 

dimanche, décembre 3 2017

L'avent-veille

 

Quand le jour se fait ténu,

Se lever, comme chaque matin,

Pour louer le Seigneur,

Pour Lui confier le monde,

Notre journée et surtout toutes nos rencontres.

 

Temps de l’Avent,

Temps privilégié de la veille silencieuse,

Dans le frimas sombre d’un jour peinant à s’éveiller,

Balbutier dans l’aurore seulement devinée,

Les mots doux d’un Amour destiné à illuminer.

 

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mercredi, novembre 29 2017

Qu’est-ce qui vous donne votre vie ?

 

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« Qu’est-ce qui donne du sens à votre vie ? », c’est la question posée au poète-narrateur dans ce petit livre… Il la dépasse, la décale, la fait sonner autrement pour livrer un ouvrage d’une petite poésie en prose à la saveur si spéciale de cet élan indicible vers l’Autre.

 

« Le travail : du néant. La pensée : du néant. Le monde : du néant. L’écriture qui est travail, pensée et monde : néant. Reste l’amour qui nous enlève de tout, sans nous sauver de rien. La solitude est en nous comme une lame, profondément enfoncée dans les chairs. On ne pourrait nous l’enlever sans nous tuer aussitôt. L’amour ne révoque pas la solitude. Il la parfait. Il lui ouvre tout l’espace pour brûler. L’amour n’est rien de plus que cette brûlure, comme au blanc d’une flamme. Une éclaircie dans le sang. Une lumière dans le souffle. Rien de plus. Et pourtant il me semble que toute une vie serait légère, penchée sur ce rien. Légère, limpide : l’amour n’assombrit pas ce qu’il aime. Il ne l’assombrit pas parce qu’il ne cherche pas à le prendre. Il le touche sans le prendre. Il le laisse aller et venir. Il le regarde s’éloigner d’un pas si fin qu’on ne l’entend pas mourir : éloge du peu, louange du faible. L’amour s’en vient, l’amour s’en va. Toujours à son heure, jamais à la nôtre. Il demande, pour venir, tout le ciel, toute la terre, toute la langue. Il ne saurait tenir dans l’étroitesse d’un sens ».

 

in Christian Bobin, Éloge du rien, éd. Fata Morgana, 1990.

dimanche, novembre 26 2017

Christ Roi 2017

 

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Christ en majesté,

Christ d’humilité,

Christ glorifié,

Christ défiguré,

Christ transfiguré…

 

A nos représentations glorieuses de Sa majesté,

Christ vient toujours superposer Sa totale humanité :

D’un petit (d’)homme dans une mangeoire,

A Celui qui nourrit ceux qui ont faim, de Sa Parole et de pain,

A Celui qui ose demander de l’eau à une inconnue,

A Celui qui ose laver les pieds de ses disciples.

Jusqu’à l’abaissement suprême, torturant et humiliant de Sa croix.

 

Quand nous avons tendance à vouloir nous la raconter,

Christ nous ramène toujours au plus essentiel de Sa royauté :

L’adorer à genoux, certes, à Ses pieds, pour Sa divinité ;

Mais L’imiter, aux pieds de nos frères, pour les servir,

Sachant fléchir le genou pour aider celui qui est par terre,

Adorant ainsi, en notre frère, Son humanité.

 

Quand le mode d’emploi est l’Évangile,

Dont on ne parvient jamais à très bien se servir,

On se dit que l’année liturgique nouvelle à venir,

Offre comme une sempiternelle occasion de rattrapage :

Pour mieux Le suivre,

Pour adorer mieux le meilleur des Rois.

 

 (Illustration : Eglise de Saint-Savin, Hautes-Pyrénées, XIVème s.)

samedi, novembre 25 2017

Pour que chaque rencontre demeure unique

 

Un autre, et puis un autre, et puis encore un autre…

Seigneur, je suis claquée, je ne vais pas bien y arriver.

Les rencontres parents-profs ou ce difficile art de lutter contre l’habitude,

De lutter contre : « encore un… comme les autres », même inconscients, qui font surface quand on enchaîne une vingtaine de rendez-vous en un temps très restreint ;

De lutter contre l’inattention à ce que racontera tel parent sur ses difficultés avec son enfant qu’on a déjà entendues chez tel autre et qui nous font réagir : « Ah il ne parvient pas à se concentrer…. mais il a son portable pour travailler ? » ;

De lutter contre toute fatigue, pour accueillir vraiment, pleinement… même ceux qui vont te raconter leur vie parce qu’ils ont besoin de se confier.

 

Ces parents parlent de leur « petit chéri » avec attention, avec amour, et, s’il est unique à leurs yeux, il devrait pleinement l’être pour nous aussi :

Oh, bien sûr, sur le papier, on le sait et on a même conscience de combien il faut les connaître le plus à fond pour mieux les aider, mais, ainsi, toute une soirée ?

C’est souvent difficile de savoir rester vraiment présente à l’autre.

 

Seigneur, donne-moi de ne pas me laisser prendre par l’habitude à chaque fois qu’entre un parent d’élève,

Donne-moi l’art de l’écoute,

Donne-moi de saisir toujours mieux ce qui fait que l’enfant en question est unique, comme il l’est à Tes yeux.

Donne-moi de savoir discerner le beau en chacun pour le dire à chaque parent en sus de ce qui va moins bien et de ne jamais l’oublier,

Donne-moi de réconforter, de montrer les efforts concrets à apporter, d’encourager de manière réaliste… et surtout, tout cela, même lors du vingtième rendez-vous,

Pour les aider à grandir,

Pour donner confiance à ces petits qui sont les Tiens.

 

http://www.vousnousils.fr/wp-content/themes/sharp/timthumb.php?src=http%3A%2F%2Fwww.vousnousils.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2012%2F12%2FLes-Profs-90.jpg&q=90&w=750&zc=1

Source de l’illustration : BD Les Profs

jeudi, novembre 23 2017

Traquons le refus de la soumission

 

A la suite d’une récente polémique autour de la nouvelle traduction du Notre Père et sans désir d’en rajouter mais seulement d’en sourire, je me suis simplement amusée à relever quelques « soumissions » ou « insoumissions » suspectes, susceptibles de questionner notre rapport à l’Islam. A vous d’en tirer les conclusions qui ne s'imposent pas ;-)

 

  • Sans doute la plus flagrante : La France insoumise. Non mais voilà, ça se pose là quoi. Insoumise….

 

  • « Soumettez-nous votre candidature » : on ne pense jamais assez à la portée religieuse de nos actes.

 

  • Gide est lui aussi entré dans cette problématique, citons un propos qui lui est attribué (mais dont je n’ai pas trouvé la source exacte) : « Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis ». Rappelons-nous que Gide était protestant… Coïncidence ? Je ne pense pas.

 

  • Un point très grave… Souvent il est de bon ton de s’indigner ou de sourire en entendant Éphésiens 5, 22 : « Femmes, soyez soumises à votre mari ». Mais que penser alors du verset 24 : « puisque l’Église se soumet au Christ ». Tout est renversé semble-t-il, au sein même de la soumission.

 

 

dimanche, novembre 19 2017

1ère journée mondiale des Pauvres

Grande nouveauté de l'année 2017, le pape François a instauré le 33ème dimanche du temps ordinaire une "journée mondiale pour les pauvres". Et si fixer cette journée le dernier dimanche "officiel" du temps ordinaire était aussi une manière de nous dire qu'il faudrait réussir à mettre cette "option préférentielle pour les pauvres" en premier de tout ? 

Il ne suffit pas d'en rester au malaise de tous ces gens qui n'ont pas de quoi vivre et "résident" dans la rue à deux pas de chez nous, 
Il ne suffit pas de nous indigner,
Il ne suffit pas de les regarder de haut... ou, pire, de ne plus les voir, devenus indifférents,
Il ne suffit pas de nous dire que nous sommes tous des pauvres en quelque chose (même si c'est aussi vrai),
Il ne suffit pas de parler de la pauvreté et des "pauvres" en général... 

.... mais, justement, ce qui est certain, c'est que le pape François en a profité pour écrire un beau message, intitulé "N'aimons pas en paroles, mais par des actes" qui n'est pas qu'une parole en l'air mais bien une invitation concrète à aller rencontrer le Christ en nos frères les plus démunis et à les mettre au centre de nos actions, pour que celles-ci soient remodelées par une charité qui soit vraie. 

 

Un court extrait : 

§3 "Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. En effet, la prière, le chemin du disciple et la conversion trouvent, dans la charité qui se fait partage, le test de leur authenticité évangélique. Et de cette façon de vivre dérivent joie et sérénité d’esprit, car on touche de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles. Toujours actuelles, résonnent les paroles du saint évêques Chrysostome : « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu ; n’honorez pas le Christ eucharistique avec des ornements de soie, tandis qu’à l’extérieur du temple vous négligez cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité » (Hom. In Matthaeum, 50, 3 : PG, 58)" 

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