Zabou the terrible

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samedi, juillet 29 2017

A Son soleil

 

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Temps estival : autre rythme, autre temps.

Ce qui rythme habituellement nos heures quotidiennes s’envole en rires et simples bons moments partagés : tout semble se faire plus doux, plus léger.

Et pourtant, qu’advient-il de Dieu ? Relégué avec les (pré)occupations habituelles ? Prié avec rapidité façon vite fait mal fait alors même qu’Il pourrait tout irriguer ?

 

Que la légèreté estivale ne devienne jamais simple vernis, simple manière de vivre à la surface de nous-même,

Que la légèreté n’exclut jamais la profondeur de la rencontre personnelle avec le Seigneur,

Que la prière continue de rythmer nos heures, d’être source jaillissante dans nos joies et nos rencontres.

 

Seigneur, donne-moi, en vacances, d’avoir l’esprit de prière jamais en vacances,

Donne-moi Ton Esprit venant « au secours de notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut ».

Seigneur, donne-moi d’avancer toujours plus dans cette intimité avec Toi pour, aux jours les plus ensoleillés comme aux plus pluvieux des vacances, rayonner d’une manière constante de Toi.

 

jeudi, juillet 27 2017

Lectures estivales 2017 #1 – Andalousie et Jésus

 

Comme la plupart des étés, je vous présenterai quelques-unes de mes lectures estivales ici, en guise de partage.

 

1/ I. Falcones, Les Révoltés de Cordoue, éd. Pocket, 2012, 1088 p.

 

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L’histoire romancée de l’après Al Andalus : des Maures musulmans, des Espagnols catholiques, ce qu’il faut de méconnaissance et d’intolérance, vous secouez et cela fait malheureusement approximativement ce qui s’est historiquement passé. Un joli roman, offert par ma collègue d’espagnol (salut et merci à toi si tu me lis !) en guise d’écho à notre EPI (= travail interdisciplinaire) réalisé avec nos élèves de 4èmes sur « Peut-on dire l’amour à Al Andalus ? ». (Si vous vous posez la question, venez suivre notre EPI ! ;-)).

 

Entre ce travail, un voyage éblouissant en Andalousie il y a deux ans et mon quotidien se passant entre catholicisme et islam, vous comprendrez que ce roman n’a pu que me plaire. Certes, ce n’est pas de la haute littérature (et je pense que la traduction n’aide pas) mais on suit avec un intérêt toujours soutenu, malgré la longueur de l’histoire, les aventures d’Hernando, le personnage principal, secoué entre deux peuples et deux religions. Seul petit bémol : les tentatives théologiques du personnage principal pour réconcilier les deux religions me semblent bien trop pseudo-théologiques et caricaturales… mais n’en demandons pas trop à un roman ! En revanche, pour le reste, c’est un très chouette roman historique, faisant du bien dans un monde où les murs semblent avoir la préférence sur les ponts.

 

2/ Robin, Les Larmes d’Esther, éd. Bayard, coll. BD Kids, 2016, 205 p.

 

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J’avais apprécié son Poverello, si incarné, montrant réellement un homo viator tant dans le personnage de François d’Assise que dans celui de l’acteur ; j’ai savouré encore différemment les Larmes d’Esther. Il est vrai qu’un catholique n’apprendra rien en lisant cette BD aux traits qui se sont considérablement adoucis : ici, il est question de rencontres et de Rencontre. De cette Rencontre bouleversante avec le Seigneur. Les larmes d’Esther ne sont pas celles de la tristesse, elles sont celles d’une vie changée, bouleversée, qui apprend à lire sa vie puis celle des autres sous le regard de la tendresse de Dieu. Et c’est très beau.

 

A voir les personnages courir ainsi à la suite du Christ jusqu’à Jérusalem, je me suis demandée si moi aussi, j’étais capable d’un tel désir de me faire guérir, appeler, choyer, par Lui. Si, moi aussi, un jour bouleversée, je devenais capable de continuer pour toujours son œuvre aux services des plus petits… Bref, une BD qui narre une histoire d’amour dans laquelle plusieurs autres s’inscrivent.

 

 

samedi, juillet 22 2017

La Madeleine de Jésus

 

22 juillet, sainte Marie-Madeleine, l’apôtre des apôtres…

Pour eux, ce n’était pas gagné côté recrutement incohérent, pour elle non plus.

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Et pourtant, elle nous montre que la sainteté n’est jamais cause perdue ;

Elle nous montre que la sainteté, cette vocation à laquelle nous sommes tous appelés, est à la mesure de notre amour :

D’un amour qui a toujours à se laisser purifier par nos rencontres avec le Christ,

D’un amour qui aime éperdument, à corps perdu ;

D’un amour qui se laisse connaître et reconnaître ;

Pour connaître et faire connaître à son tour ; 

Pour proclamer, partout, à chacun de nos frères, le Christ ressuscité.

 

lundi, juillet 10 2017

Pour être de vrais membres vivants de Son corps

Je suis tombée sur cette prière lors d'une récente journée de "désert" en abbaye. Elle a été composée par Saint Thomas More entre sa condamnation à mort le 1er juillet et son exécution le 6 juillet 1535. Elle m'a semblé simple mais puissante et surtout emplie de cette confiance en Dieu si louée dimanche dernier dans l'Evangile. 

"Dieu tout puissant,
écarte de moi toute préoccupation de vanité,
tout désir d'être loué,
tout sentiment d'envie, de gourmandise,
de paresse et de luxure,
tout mouvement de colère,
tout sentiment de vengeance,
tout penchant à souhaiter du mal à autrui ou à m'en réjouir,
tout plaisir à provoquer la colère,
tout satisfaction que je pourrais éprouver à admonester qui que ce soit dans son affliction et son malheur.

Rends-moi, Seigneur bon, 
humble et effacé, calme et paisible,
charitable et bienveillant, tendre et compatissant.

Qu'il y ait dans toutes mes actions, dans toutes mes paroles et dans toutes mes pensées, un goût de ton Esprit saint et béni. 

Accorde-moi, Seigneur bon, une foi pleine, 
une ferme espérance et une charité fervente ; un amour pour toi, Seigneur bon,
qui dépasse incomparablement mon amour pour moi-même ;
aide-moi à n'aimer rien contre ton gré,
mais toutes choses en fonction de toi...

Chasse de moi, Seigneur bon, 
cette tiédeur que j'éprouve dans la méditation,
et mon manque de goût à te prier.

Accorde-moi d'être rempli de chaleur, joyeux et vibrant, lorsque je pense à Toi. 

Fais-moi la grâce de désirer tes sacrements avec ardeur, et de prendre joie à ta présence dans le Saint Sacrement de l'autel. 

Seigneur bon, fais de nous tous, chaque jour, des membres vivants de ton Corps mystique, ton Eglise." 

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mardi, juillet 4 2017

De l'art de jardiner ensemble plutôt que de cultiver seul son jardin

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Yeux pétillants et complices vendredi dans les ultimes minutes de la dernière épreuve du brevet : Quelques avions en papier en formation, d’autres qui se relisaient avec ardeur et enfin les autres qui regardaient passer les minutes jusqu’à l’heure où, enfin, ils seraient libérés.

 

Sourires mutuels avec beaucoup…. Il faut dire que c’est la première génération de collégiens que j’accompagne d’un bout à l’autre : nous sommes arrivés ensemble dans ce collège, eux en 6ème, moi pour mon année de « néo-tit’ », c’est-à-dire l’année après le stage, parachutée là je ne sais exactement comment.

 

Dans cette salle que je surveille, certains élèves eus en 6èmes, ou à d’autres niveaux, parfois plusieurs années de suite (3 ans sur 4 pour l’un d’entre eux !), ou pour des occasions ponctuelles : rares étaient ceux avec lesquels je n’ai pas eu l’occasion de partager ne serait-ce que quelques heures en 4 ans. On se connaît bien.

 

Et elle, cette bonne élève, qui me dit en me rendant sa copie : « Ah madame, on finit le collège aujourd’hui, là… Et c’était vous notre prof de français en 6ème, et puis notre prof principale en 5ème… ça fait bizarre de vous quitter, là, tout le collège ». Elle mettait des mots sur ce qui m’habitait : c’était bizarre leurs dernières heures au collège ; c’était beau de les voir passer leur brevet.

 

Pour moi, une légère émotion avec une joie teintée d’une certaine fierté : mes petits piou-piou tout perdus – comme leur prof qui arrivait ! – d’il y a 4 ans en arrivant au collège – qui avaient néanmoins pris très/trop rapidement leurs marques – allaient quitter le nid et devenir de (presque) grands lycéens. Oh pas tous avec des ailes fourbies, certes, souvent difficilement, souvent avec beaucoup d’hésitation encore, mais tout de même un chemin fut parcouru, pour et avec chacun et cela me faisait quelque chose. Des liens entre nous se sont créés en quatre ans, presque malgré nous. Et certains de ces anciens 6èmes de me rappeler quelques anecdotes sapides de leurs premiers mois au collège, et d'en sourire ensemble de concert.

 

On entend parfois une méfiance excessive vis-à-vis de l’attachement, dans les milieux catholiques comme professoraux alors que créer des liens humains est aussi tout ce qu’il y a de plus humain. Je me méfie d’un enseignement ou d’une foi sans incarnation qui ne prendrait jamais le risque de la relation.

 

Il me semble que ce n’est pas l’attachement qui est néfaste mais la possession : vouloir enfermer l’autre, en l’occurrence le garder collégien alors qu’il n’a plus désormais besoin que d'un peu d’aide pour s’envoler vers d’autres horizons où il sera confié à d’autres. Enfermer ces élèves dans leurs comportements passés, aussi, et ne plus espérer en eux, et ne plus rêver pour eux. 

 

Le professorat, c’est un lieu tout spécifique où apprendre à vivre la chasteté : on sème, on soigne, on cultive et, puis, la pousse ayant gagné un peu de vivacité, qu’elle soit de piètre ou de fière allure, on laisse vivre sans savoir comment elle fleurira, ni sous quelle forme, simples instruments par ce que l’on tente d’apporter de pédagogie, de connaissances et d’enthousiasme.

 

Quatre ans où nous avons appris à jardiner ensemble, côté prof et côté élèves… Bonne route, chers petits ! 

Et, même si vous ne croyez pas en Celui qui est ma vie et que je ne vous ai jamais parlé de Lui, que le Seigneur vous bénisse et vous garde sur les chemins que vous emprunterez ! 

jeudi, juin 29 2017

Pierre et Paul colonnes pas si colossales

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Saint Pierre était en train de pêcher quand Jésus est venu le rejoindre ;

Saint Paul était en train de persécuter - de pécher si ce n’était qu’une histoire d’accent - quand Jésus est venu le rejoindre...

 

Seigneur, Tu es venu les rejoindre et les appeler dans leurs occupations ordinaires, comme Tu le fais pour chacun de nous :

Est-ce que, moi, je sais toujours T’y reconnaître, même quand il n’y a pas la clarté lumineuse d’évidence d’un chemin de Damas ?

Est-ce que, moi, je suis toujours prête à commencer et à recommencer un chemin de conversion pour Te suivre mieux, dans Tes appels au milieu de mes occupations ordinaires ?

 

J’aime bien l’idée aussi que Tu as fait d’eux deux les « colonnes de l’Église » alors que ce n’était pas franchement gagné vu leur pedigree…

Et Tu sais, c’est bon de se dire qu’avec des colonnes sur lesquelles nous n’aurions pas parié tu as fait tenir debout l’Église : miracle d’architecture jamais dépassé et de loin insurpassable, je crois !

C’est rassurant puisque l’Église, c’est nous aujourd’hui aussi, ce n’est pas juste un « ils » lointain et désincarné.

L’Église, c’est nous et, malgré nos côtés « pierres pas super polies ni ajustées », Tu nous fais quand même confiance pour édifier les uns avec les autres des cathédrales humaines vers, par et pour Toi : communauté de croyants en construction permanente.

 

mardi, juin 27 2017

Raid ? Ready !

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Il y a quelques jours était organisée dans mon collège la journée annuelle de "raid" pour nos 5èmes. Non, il ne s'agissait ni d'une opération de police, ni d'un produit contre les insectes mais bien d'une journée organisée par nos collègues d'EPS dans un beau cadre de verdure où les élèves, répartis en équipes avec un professeur dans chaque, se confrontent lors de diverses épreuves sportives. 

Et alors ? Au-delà d'être une bonne journée pleine de rigolades et de sueur  - y compris du côté des professeurs, invités à participer au mieux de leurs capacités pour donner des points à leur équipe ! - c'est un moment vraiment précieux pour voir et passer du temps avec nos élèves dans un cadre différent de celui des cours et, encore mieux, de vraiment faire quelque chose pleinement avec eux.

Evidemment, nous sommes en plus un certain nombre de profs à être "à fond" et à jouer pleinement le jeu de la compétition sympathique ! Nous courons, nous jouons, nous encourageons... nous nous défions aussi entre nous ce qui amuse bien les élèves. Je garde en tête cet élève assez insupportable en cours qui se trouvait dans mon équipe me dire en rentrant : "Hey m'dame, merci, c'était chouette le raid avec vous !". Ou comment s'entraîner à changer de regard l'un sur l'autre. 

C'est un peu la même idée quand j'ai la joie d'accompagner les élèves des CHAM (Classe à Horaires Aménagés Musique) pour leurs journées de répétition. Passer du temps avec eux mais aussi prendre vraiment le temps de faire des choses avec eux, y compris de discuter simplement sans enjeux spéciaux. J'ai souvent l'impression qu'après ces moments les temps plus formels de cours sont d'une meilleure qualité : on a appris à mieux se connaître, à se faire davantage confiance réciproquement et, assez logiquement, on travaille mieux ensemble. C'est la force de ces journées différentes. 

 

Je me dis que c'est assez pareil avec le Seigneur. Si on Le prie régulièrement (et encore... ?), on peut parfois oublier de Lui proposer d'agir avec nous dans chacune de nos actions, L'omettre de ces instants en apparence plus profanes de nos journées. Oh, bien sûr, Il ne saurait être tout à fait absent... mais pourtant, qu'est-ce qu'on gagnerait en familiarité si nous n'oubliions pas de L'inviter à faire et à être avec nous dans tout ce qui émaille nos jours ! Quelle qualité de relation établirait-on ! Et qu'est-ce qu'on travaillerait bien mieux ensemble au Royaume de Dieu pour la joie du monde ! 

 

mardi, juin 20 2017

Prière pour recevoir l'Esprit

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"Répands en nos coeurs la ferveur de Ta charité. 

Deviens Toi-même pour nous un courant qui coule à flots, car notre propre courant ne nous porte pas jusqu'à Toi.

Sois pluie bienfaisante en notre aridité, sois fleuve à travers notre paysage, afin qu'il trouve en Toi son milieu, et la cause de son abondance et de sa fécondité. 

Et si Ton eau produit en nous fleurs et fruits, nous voulons alors ne pas les considérer comme nos propres "pousses" et nos propres productions, car ils proviennent de Toi. 

Nous voulons les mettre en dépôt près de Toi pour les joindre aux biens invisibles dont Tu peux disposer Toi-même comme Tu le veux. 

Ce sont des fruits de notre sol, mais produits par Toi, et que Tu peux utiliser pour Toi ou pour nous, ou mettre en réserve pour celui qui n'a rien." 

Hans-Urs Von Balthasar

lundi, juin 5 2017

Effet de fête

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Quand, après tant de temps en-dehors de l’ordinaire,

40 jours de Carême, 50 jours de temps pascal,

Arrive le si ordinaire lundi de Pentecôte,

On se dit « zut, finies les festivités ! ».

 

Encore que, « lundi de Pentecôte »,

Cela sonne bien comme le lendemain du jour précédent,

On pense pouvoir poursuivre la fête,

Dans l’ivresse du don de l’Esprit !

 

Mais c’est bien plus fort que cela :

A la Pentecôte est née l’Église,

Et le temps qui suit n’est rien de moins que celui de l’Esprit Saint :

Ivresse permanente, donnée par Celui qui souffle

Aussi imprévisiblement que fortement !

 

Alors, aujourd’hui s’ouvre le temps de l’Écoute du Souffle,

Aujourd’hui, c’est le jour où tendre à fond ses voiles pour en être portés ! 

Direction ? La mission ! 

 

Jamais plus aucun temps ne peut être ordinaire

Car il va s’agir d’être agis, d’aller en effet au faîte de nos vies.

Prise, embrasée et faite de l’Esprit,

C’est bien notre vie tout entière qui est appelée à devenir fête de l’Esprit.

 

dimanche, juin 4 2017

Ftour de Pentecôte

 

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Coïncidence de dates : j’ai passé la Vigile de Pentecôte invitée par une collègue et amie musulmane à un repas de « ftour » qu’elle organisait pour quelques amis.

 

Le ftour est le repas de rupture de jeûne lors du Ramadan dont l’horaire est fixé jour après jour et qui ne peut se poursuivre au-delà d’une certaine heure. Un moment solennel, ritualisé, attendu par les pratiquants tout au long de leur journée de jeûne mais surtout extrêmement convivial qui est l’occasion d’une vraie fête quand il se vit avec des amis.

 

J’ai été touchée, moi la catholique, d’être accueillie si fraternellement par des musulmans si heureux de me faire découvrir la tradition de ce repas nocturne et ses différents plats. Tout cela est si inhabituel pour nous ! De mon côté, j’ai glissé quelques mots sur la fête de Pentecôte qui allait me faire lever le matin suivant au lieu d’enchaîner par une grasse matinée.

 

A la même heure, encore une fois, une fois de trop, un attentat terroriste frappait la ville de Londres.

 

Hier soir, nous n’avons pas fait de prosélytisme en essayant de nous convertir les uns les autres : nous savions qui nous étions, ce que nous croyions. Mais hier soir, on a essayé de mieux se comprendre, de mieux se connaître, de vivre en amitié.

 

Hier soir, musulmans et chrétienne, nous avons partagé un repas.

Moi je crois qu’hier soir, aussi dérisoire cela puisse-t-il sembler, nous avons fait ensemble un anti-attentat.

 

Alors, que l’Esprit Saint souffle fort pour que nous puissions avoir l’audace de créer des liens d’amitié quand d’autres cherchent à tout prix à les briser pour instaurer l’ignorance, le rejet et la peur.

 

Viens Esprit Saint,

Viens en nos cœurs.

Viens Esprit de paix,

Comble-nous de Ta paix.

 

samedi, juin 3 2017

Pourquoi lire et relire la Bible

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"L'Ecriture n'appartient à personne : ni à l'exégète, ni à un magistère quel qu'il soit, ni même à la communauté chrétienne. Elle se donne à chacun de ses lecteurs, à chacune de ses lectrices, comme une parole de liberté, le témoignage d'un peuple de croyants, la proposition d'un chemin de vie. En tout cas, c'est une parole prononcée ou écrite par d'autres que les lecteurs actuels ; d'aucuns ajouteront : à travers elle, nous pouvons entendre la Parole de l'Autre par excellence, de Dieu lui-même.

Pourquoi lire la Bible, pourquoi apprendre à d'autres à faire de même ? Il n'y a qu'une seule réponse possible, si nous voulons respecter le texte que nous lisons : pour nous mettre à son écoute, avec la conviction que cette Parole peut faire vivre." 

 Wermeylen, Jacques, « À quoi servent les exégètes ? La lecture de la Bible, entre servitude et service », Revue des sciences religieuses, 80/3 | 2006, p. 314. 

mercredi, mai 31 2017

Visitation pour Imitation

 

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Marie, emplie de Dieu,

Marie s’empresse,

Marie file chez Elisabeth,

Toute légère dans sa jeune grossesse.

 

Marie, toute allégresse de Dieu,

Ne peut que se tourner vers l’autre,

Aller à la rencontre de ce qui fait sa joie,

Pour y porter ce Dieu qui aime tellement chacun.

 

Et toi ? Et moi ?

Même empressement à aller découvrir ce qui fait la joie de l’autre ?

Même de ce relou de 1ère classe ?

Même rapidité à y porter Dieu ?

Sérieusement, souvent la loose

 

La Visitation, comme un exemple donné,

A regarder, à imiter.

 

La Visitation, ce moment où l’on donne raison au vers de Ronsard :

« Marie, qui voudrait votre beau nom tourner, il trouverait Aimer ».

Sainte Vierge Marie, prie pour nous !

 

mardi, mai 30 2017

Prise en flag ou l'apophtegme unifiant du macaron à la pistache

Long temps de la fin d'année où fatigue et presse savent se conjuguer. Pour moi, il y a toujours l'enjeu de tenir ma vie professionnelle et tout le reste ensemble sereinement, en unifiant la totalité dans la prière puisque l'ensemble fait ma vie "de consacrée" qui appartient à Dieu, origine, fin, arrière-plan et joyeux compagnon de chacun de ces jours. Et parfois...  

 

J'avais aujourd'hui un rendez-vous pour mes études de théologie et, n'ayant pas cours le matin, j'avais mis autour de mon cou une petite croix en bois. Ce que j'appelle en mon for intérieur mon mode "cathostensible" : une petite croix comme signe simple de Celui à qui j'ai donné ma vie et qui, avant tout, l'a donnée pour moi.   

Il y avait aussi un peu de course aujourd'hui afin d'ensuite rejoindre mon collège pour quelques rendez-vous avec des parents et un conseil de classe. Dans ma poche, une croix de Taizé afin d'évidemment changer mon tour de cou mais non point l'essentiel avant de rejoindre mon établissement. Avant de reprendre le train, je me dis qu'un petit goûter (car, oui, je suis une affreuse prof qui aime bien goûter) serait bienvenu pour tenir jusque tard. Et là, arrivant à proximité d'une échoppe de la gare, la vendeuse m'interpelle et s'exclame : 

"Oooooh, mais c'est la maîtresse de ma fille ! Bonjour Mme P**** !" 

Incroyable mais vrai : je tombais sur la mère d'une des élèves dont je suis professeur principale ! Un de mes rendez-vous de la semaine suivante ! Et... j'avais autour du cou ma croix. Et... j'avais un bouquin au titre bien catho dans les mains. Et.... j'étais un peu, voire beaucoup, gênée, je dois l'avouer. Que faire ? Rien, il était trop tard : il ne me restait qu'à assumer, mine de rien et à sourire. 

Mais la maman de mon élève, musulmane comme je le savais par ailleurs, était elle aussi tout sourire. Pas de choc de son côté. Ni de question, sinon la joie de me voir... et de m'offrir un gros macaron à la pistache ! En plein Ramadan ! 

Je suis donc repartie vers le collège avec un bon goûter sous le bras et la promesse de revenir la voir lors d'un prochain passage. Mais je suis aussi repartie en me disant que la couverture de mon identité secrète mais profonde de catholique-consacrée venait d'un coup de prendre un sacré choc. 

Et pourtant... y avait-il eu là atteinte à la laïcité ? 

Dans le fond, cette classe a, sans le savoir, une consacrée comme prof principale. Dans mes études de théologie ou dans les cours que je donne, je suis bien la même, partout. 

Au bout d'un moment de perplexité quant à cette scène, je me suis mise à sourire dans le train. Je pense que, durant ces premiers mois de vie consacrée, je suis encore en train d'apprendre, de découvrir, le don de Dieu spécial de cette forme de vie, qui ou plutôt ce que je suis devenue tout en étant la même... 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre identité ? 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre unité de vie ? 

 

mercredi, mai 17 2017

Des âmes simples

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Cela faisait longtemps que je n'étais pas sortie aussi éblouie d'une lecture... Le résumé du livre tient pourtant en quelques lignes : "le narrateur part dans les Pyrénées à la rencontre de frère Pierre, curé d'une petite vallée de montagne depuis des dizaines d'années, cherchant à tenir debout un bout de monastère accueillant les paumés de la vie". 

Peu d'action et rien d'intéressant ? S'en tenir là serait rater l'essentiel. Dans ce récit, il s'agit de rencontres, de l'homme et de la foi. Le tout écrit dans un style solide et élégant, ouvrant à la contemplation d'un Mystère irriguant une vallée bourrue de Sa vie. 

Il y a du Bernanos dans ce livre : le rythme est lent, au pas de l'homme, et la joie furtive, comme tendremet dissimulée, alors qu'elle est clairement au coeur de la foi de Pierre, cette foi qui est son combat, sa vie et sa passion... et dont il rayonne tellement. 

Je dirais qu'il y a aussi du Jean Mercier dans ce livre, contrepoint contemplatif de Monsieur le curé fait sa crise : deux réalités de l'Eglise en France, tout aussi réelles l'une que l'autre. La première plus rapide, la deuxième plus lente. 

En tout cas, personnellement, en quittant ce livre, j'ai largement souri et j'ai eu envie d'aller prier. Peut-être que cela vous prendra aussi et, promis, cela ne fait pas de mal ! :-) 

 

Références de l'ouvrage : Pierre Adrian, Des âmes simples, éd. Equateurs, 2017. 

vendredi, mai 12 2017

Parce qu'Il poursuit son oeuvre dans le monde

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Il y a 10 ans tout juste, je m’avançais dans la cathédrale (tiens, déjà !) une main sur l’épaule de mon meilleur ami en donnant son prénom au vicaire général : il était marqué pour toujours de l’Esprit Saint, le don de Dieu. Il était confirmé et moi, j’étais pour la première fois marraine de ce beau sacrement.

 

Ce fut le début d’un compagnonnage spirituel qui venait enrichir différemment notre amitié, compagnonnage que je vivrai chaque fois différemment pour mes trois autres filleuls de confirmation qui ont suivi les années d’après.

 

Mais à l’époque, voyez-vous, c’était en 2007, il y a 10 ans.

Quelques mois plus tôt, j’avais vécu une expérience de feu dont je ne savais pas encore bien quoi faire sinon que je savais qu’elle avait définitivement changé ma vie.

J’étais accompagnée spirituellement depuis peu, je découvrais l’oraison et, pour tout vous dire, il y avait Quelqu’un qui me travaillait dans les profondeurs et ça me fichait la pétoche. Je ne voulais pas regarder ce côté-là de ma vie, j’avais d’autres idées et projets en tête.

 

Et voilà que mon meilleur ami, celui avec qui j’avais jusque-là partagé la plupart des moments forts de ma vie mais qui aimait tant discutailler sur les questions de foi tout en étant profondément croyant posait ce choix fort de recevoir, jeune adulte, le sacrement de confirmation.

 

Choix mûrement réfléchi, fort et beau : choix qui vint me déranger ô combien intérieurement.

Si mon ami, mon frère, posait un acte de foi : ne devais-je pas, moi aussi, en poser un ? Et regarder en face la question qui commençait à me venir au cœur et que je n’osais formuler ?

 

Il aura fallu sa confirmation pour que, quelques semaines après, j’ose écrire le mot « vocation » noir sur blanc dans une lettre à mon père spirituel… en tremblant.  Il aura fallu une longue suite pour que j’apprenne à me laisser simplement faire et à comprendre que le Seigneur ne pouvait vouloir que notre bonheur, quelle que soit la route sur laquelle Il nous appelle ! 

 

Mais ce sacrement reçu par mon meilleur ami, événement qui semble parfois anodin, aura été important : la foi d’un autre venait soutenir la mienne. C’est aussi cela être ensemble le Corps du Christ.

 

Si le choix de lui et de sa femme pour apporter l’alliance le jour de ma consécration était pour moi une évidence tant les liens qui nous relient tous les trois sont nombreux, il était heureux qu’ils le fassent aussi pour cette raison : Pichenette d’Esprit Saint qui encourage sur un chemin !

 

Pourquoi est-ce que je vous raconte cela ?

Déjà parce que c’est l’anniversaire d’une belle histoire, vraie, mais surtout parce que, quand l’Esprit Saint travaille les uns, Il aime, je crois, venir aussi ricocher dans la vie des autres.

Et c’est quand même vachement fort de se dire qu’on ne saura jamais les effets de nos actes de foi dans la vie des autres. Fécondité parfois cachée de nos oui, Esprit Saint qui, mystérieusement, « poursuit son œuvre dans le monde et achève toute sanctification ».

 

mercredi, mai 10 2017

Ne laisse pas un seul jour filer sans aimer

 

"Pierre poursuit :
'Le cérébral est l'ennemi du coeur. Tu ne viendras pas à la foi par l'intelligence. Par les livres, la philosophie, la théologie. Je crois que l'intellectuel ne voit que la pointe émergée de l'iceberg. Alors qu'avec le coeur, je dépasse mes schémas. Les murs tombent, un à un, par pans entiers.
- Cela peut etre si dur à entendre. On a parfois l'impression que ceux qui croient sont déconnectés, ou bien qu'ils se rassurent.' 

Pierre sourit doucement.
'Croire, c'est faire le passage de l'intellect à la réalité, à l'expérience. Ce n'est pas une échappatoire ou une fuite. Au contraire. La foi est une épreuve de la réalité. Il faut éprouver pour aimer. Regarde, Dieu s'est fait homme, Il a épousé la condition de l'homme poru éprouver sa réalité. Et l'aimer jusqu'au bout.' 

Le regard de Pierre verse dans le vide. Comme s'il fouillait à l'intérieur. Après un léger silence, il reprend : 'L'intelligence du coeur, voilà le grand réalisme. Ne pas laisser un seul jour filer sans aimer. Lorsqu'on lui demandait : Que faut-il à un prêtre pour qu'il garde toute sa ferveur ? Le curé d'Ars répondait : Il devrait rester au séminaire toute sa vie. Le désir de Dieu dépasse l'intelligence.'" 

In Pierre Adrian, Des âmes simples, p.65-66

 

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mercredi, mai 3 2017

Dimanche d’élection

 

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Si, le 11 juin, dans mon diocèse, nous voterons tous pour Jésus (ohlala, la consigne de vote cachée !), il n’est pas faux de rappeler que nous célébrons, que fêtons en Église l’élection dès ce 7 mai. Non du dimanche comme jour chômé, non pas l’élection à laquelle vous pensez, mais la nôtre.

 

Dimanche prochain, ce sera le 4ème dimanche de Pâques, celui où l’Église prie tout spécialement pour les vocations.

 

Vocations ? Vocation ?

Comme le rappelle souvent le pape François, à la source de toute vocation, « il y a toujours une expérience forte de Dieu, une expérience qui ne s’oublie pas, on s’en souvient toute la vie » ! Cette expérience forte de se savoir aimés, follement, personnellement, infiniment…

Mais ce ne serait pas juste de limiter cela aux seules formes de vocation « spécifique » : tous nous sommes foncièrement des êtres appelés. Dieu a un projet de bonheur pour chacun d'entre nous. 

 

Tous nous sommes des êtres choisis,

Tous nous sommes des êtres choyés par le Seigneur,

Tous nous sommes ses préférés, chacun pour notre part,

Tous nous sommes ses élus, sans même faire campagne. 

 

… Et dire qu’il n’a même pas eu peur de nous élire alors que nous ne le méritons même pas… !

 

Alors, pour nous préparer à ce dimanche d’élection(s) dans les divers sens du terme, si nous prenions le temps d'ici là, même sous une ambiance grisâtre, de rendre grâce ?

 

Pour L’élire chaque jour plus comme Seigneur de nos vies ! :-) 

 

jeudi, avril 27 2017

Pas l'indifférence

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En classe,

Lendemain d’attentat :

- Voulez-vous en parler ?

Silence.

 

Lendemain d’élection :

A part chercher à connaître mon vote,

Silence.

 

Rien à voir ?

Je me demande, je m’interroge :

Banalisation de la violence,

Banalisation de l’exclusion,

Banalisation d’une politique qui semble trop lointaine ?

Banalisation du drame d’une France divisée.

 

Je ne mets pas tout sur le même plan,

Mais je m’interroge.

 

En 2002, j’étais lycéenne,

La présence d’un extrême au 2nd tour avait été choc

… Et réaction !

Une France dans la rue : des craintes, des « plus jamais ça »…

C’était maladroit mais c’était heureux.

Et aujourd’hui ?

Indifférence.

 

Malgré son nombre croissant de voix,

Je ne peux faire du FN un parti comme un autre,

Je ne peux pas dire : on a juste à choisir entre l’extrême-droite, le centre gauche fan de gros sous, le vote blanc ou l’abstention,

Je ne peux pas le dire en oubliant que, dans un des possibles, il y a « extrême »,

Je ne veux pas de la banalisation de l’extrémisme,

Je refuse cette indifférence crasse face à l’inacceptable !

 

Qu’on se le dise : je ne juge pas ceux qui le font,

Mais je ne parviens pas à comprendre comment on peut être chrétien et voter FN.

 

Je respecte infiniment la liberté de conscience

Mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne :

Comment ne pas réagir ?

Comment ne pas être sous le choc du drame de tous les extrémismes, religieux comme politiques ?

Comment ne pas rêver de briser notre indifférence commune qui se généralise ?

 

Certes, je suis nulle en politique,

Certes, on ne peut se préoccuper de tout et tous,

Mais le Christ que nous suivons nous invite à l’attention à tous,

A l’attention même et surtout de ce qui est petit, exclu, blessé.

 

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde »,

Le contexte de Brecht et le nôtre sont différents,

Mais, dans le fond, n’y a-t-il pas la même question ?

L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ?  

Je rêve d’un pays où les cœurs, les mains et les têtes en action deviennent les lieux féconds d’une société heureusement réunifiée,

Qui ose encore s’indigner

Et, qui ose, plus fort encore, s’engager. 

lundi, avril 17 2017

Pâques 2017

 

Christ, Parole de Dieu, est ressuscité !

Elle est vivante la Parole de Dieu !

Parce que la Parole ne s’éteindra jamais plus, le message sera toujours neuf, fou, poétique, tendre, virevoltant, lumineux et surtout vivant !

Elle sera toujours plus efficace qu’un « glaive à deux tranchants » si nous la laissons entrer en nos vies, si nous laissons la lumière de Pâques transfigurer nos êtres depuis l’intérieur.  

 

 La Résurrection ? Pas seulement un événement d’il y a 2000 ans !

Nous tous, nous en sommes témoins : immense joie de Pâques !

 

Heureuse fête de Pâques à chacun : qu’Il nous « rappelle toujours à cette joie que rien, pas même la mort, ne pourra nous ravir » ! :-)

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P.S. : Première fête de Pâques comme consacrée, aussi… je me suis surprise à penser que désormais, sans la résurrection du Christ, ma vie n’aurait plus aucun sens en ce qu’elle est alliance avec un Vivant. Et, allez savoir pourquoi, que ma vie soit fondée sur ce mystère-là, j’ai trouvé que c’était une très grande joie :-)

 

samedi, avril 15 2017

Méditation devant Son tombeau – Samedi Saint

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Samedi Saint au tombeau. Tout semble fini.

 

Comme souvent, je me demande ce que j’aurais fait, ce que j’aurais dit, ce que j’aurais pensé si j’avais vécu à l’époque du Christ. C’est sûr qu’en se plaçant a posteriori il est facile de fanfaronner : « moi, j’aurais gardé espérance et confiance car Il l’avait dit ! » mais, en termes d’héroïsme facile comme en termes de lâcheté, nous ne sommes souvent pas les derniers.

Comme Pierre, peut-être que j’aurais dit : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne t’abandonnerai jamais » pour renier ou désespérer – y a-t-il une véritable différence ? – quelques heures plus tard. Est-ce que, même, je n’aurais pas été déçue par celui que j’aurais alors suivi des jours et des mois entiers ? Celui qui avait des paroles comme nul autre : quand on les entend aujourd’hui, elles n’ont la saveur d’aucune autre, alors de Sa bouche, qu’est-ce que cela devait être ! Je m’imagine les buvant et les laissant me transformer jusqu’au cœur. Parce qu’en plus, Il les disait en m’aimant comme chacun de ses disciples !

 

Peut-être que, devant le tombeau juste clos, j’aurais vraiment dit : « tout est fini » mais avec cette nuance amoureuse que l’on a pour les gens aimés après leur décès : « qu’est-ce qu’Il était formidable ! ». Il ne reste en apparence rien d’eux, mais, au-delà des souvenirs, il reste, même pour ceux qui n’ont pas la foi, l’amour.

 

Je me dis que, devant cette fin sordide, la seule chose qui serait demeurée aurait été l’amour que j’aurais porté à Jésus… mais seulement, cet amour était encore l’amour humain, l’amour fini de l’homme, sans ouverture, confronté au blanc tragique du point final de la mort. Avec la pointe de déception que cette fin soit si banale et si moche pour un être si sage, si aimant et si aimé.

 

Aujourd’hui, on est capable de voir dans la croix le signe de l’amour. Le contemporain du Christ le samedi saint ne pouvait pas encore le savoir : il ne lui restait que son pauvre amour humain. Je me dis que c’est cela même que l’ouverture du tombeau le dimanche est aussi venu faire voler en éclats : l’amour ne fait pas que subsister après la mort dans la forme qu’il avait, comme une simple trace, l’Amour révélé par le Christ nous indique qu’Il est le seul passage pour ouvrir à la Vie.

 

Le Christ vient aussi en grand pédagogue transfigurer notre amour humain. Il vient faire exploser la finitude de notre propre amour, Il vient transfigurer tous nos enfermements, Il vient transformer nos sentiments encore si étriqués, si repliés, si pauvres, si ancrés dans le seul « moi ».

 

Devant l’obscurité fermée du tombeau, nous pouvons tout Lui confier car Il est là plus que jamais à prendre tout ce qui semble faussé dans nos vies, toutes nos morts, tout le « Shéol » de nos vies, magma indistinct de ce que nous aimons taire.

Car Il vient pour ouvrir tout ce qui est clos, tout ce qui est nuit, tout ce qui est mort de nos vies à l’unique Lumière de Son Amour.

 

 

 

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