Zabou the terrible

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mardi, février 14 2017

L'oeil était dans le couloir du métro

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Ils étaient trois dans ce recoin bien en coin des couloirs de métro. Près d'eux, la foule passait, distraite, nez sur son téléphone, pressée ou en train de parler à son voisin. Eux trois, ils cachaient un truc... et ils avaient l'air complètement "défoncés" par une substance très illicite. Pas besoin de m'approcher davantage : ils étaient jeunes et avaient l'air vieux et malades ; la vie était devant eux et ils auront très certainement prochainement des soucis avec la police et, plus grave encore, avec leur santé, si ce n'est déjà le cas. Trois êtres aux vies cabossées. 

Je crois que je les ai regardés au passage avec une compassion malheureusement trop condescendante, qui m'a semblé peu chrétienne. 

Hier, à la messe, la première lecture venait de la Genèse avec l'épisode du meurtre fratricide d'Abel par Caïn et le prêtre cita dans son homélie le fameux vers de Victor Hugo : "L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn". Que fait cet oeil, celui du Seigneur ? Bien sûr, une conception trop étroite pourrait nous faire nous mettre le doigt dans l'oeil en y voyant le regard sans merci d'un juge inquisiteur. Et si ce Dieu qui nous regardait, c'était pour nous dire qu'Il était toujours avec nous, et qu'Il nous regarde, simplement, tels que nous sommes, y compris jusqu'à "nos reins et nos coeurs" ? Parfois, Il doit avoir quelque peu une conjonctivite à supporter de voir tous nos péchés... mais je suis sûre que tout brûle dans le brasier de Son amour, dans l'incandescence amoureuse de Son regard. 

Savoir que Dieu nous regarde, sans cesse, où qu'on aille se cacher ou, au contraire, où qu'on aille vivre au plein jour, cela change tout : 
C'est tout mettre dans la Lumière de Son amour ;
C'est voir, ou plutôt regarder, vraiment car Il est la vraie Lumière qui donne relief aux actes et aux êtres...
Comme un appel à regarder comme Lui, à aimer sans condescendance, sans jugement a priori ni a posteriori,
A regarder, simplement avec la justesse d'un coeur ému aux entrailles qui fait s'élever une humble prière vers Son Seigneur. 

 

dimanche, février 12 2017

En guise de non-transition

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"Qu'importe l'occupation en laquelle Il me veut ? Puisqu'Il est toujours avec moi, l'oraison, le coeur à coeur, ne doit jamais finir." 

Ste Elisabeth de la Trinité

dimanche, février 5 2017

Quelques jours de pause

En retraite... 

Quelques jours de silence, 

Quelques jours d'écoute, 

Quelques jours d'action de grâce :

Pour que la suite se vive chaque jour davantage selon le Souffle de l'Esprit ! 

 

vendredi, février 3 2017

Ma première journée de la vie consacrée… de la loose ? 

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Aujourd’hui, 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple, c’était la fête de la vie consacrée, ainsi que l’a instituée le pape Jean-Paul II il y a vingt ans. 

 

C’était la première fois que c’était vraiment « ma » fête et j’aurais bien marqué cela d’une manière ou d’une autre… 

En réalité ? Ce fut une grosse journée de travail où je n’ai même pas eu la messe - pour la seule fois de la semaine : pile le mauvais jour ! -, ni la possibilité de prier un office avec quelqu’un ou plusieurs autre(s). Les Laudes seule au réveil, les Vêpres seule tard, les Complies dans quelques instants, seule… La loose quoi pour un jour de fête ! 

 

Et puis, j’admets que, depuis quelques années, j’invitais les rares amis au courant de mon chemin à festoyer autour de quelques crêpes (d’ailleurs, lors de ma pendaison de crémaillère, on m’avait offert un appareil à crêpes : coïncidence ?)… parce que, pour tout vous dire, les amis et les crêpes, j’aime bien ça ! Là, ce soir, c’était remise de bulletins donc une fin bien trop tardive pour préparer de la pâte à crêpes et inviter des amis… la loose je vous dis ! 

 

Il faut dire que je faisais cours, dans cet état d’excitation si particulier qui précède les vacances. 

Quand la dite prof est consacrée, elle admet aimer s’échapper parfois, le temps d’une messe comme dérobée au quotidien pour savourer tout le reste. Mais là, c’était la journée paresseuse d’une prof comme l’opinion publique l’imagine si souvent : 8h30-20h30. 

Il faut dire que, ce soit, c’était remise de bulletins… jusqu’à pas d’heure. 

 

Et la remise de bulletins, ce n’est pas vraiment de tout repos. 

 

Seigneur, Tu sais, je les aime bien mes élèves mais leurs parents, ce n’est pas toujours si simple. 

Certains, la plupart même, ça va mais Tu sais bien qu’il y a aussi ces gros relous… Ces gros relous-là qui vont me prendre plein de temps par rapport à celui que je leur ai alloué et me mettre en retard, ceux-là qui vont m’accabler sous un moulin à paroles que mon tempérament sensible peine à supporter sans me sentir très mal à l’aise, ceux-là qui critiqueront tout et tout le monde et n’aideront pas leur enfant à grandir en regardant la réalité en face. 

Enfin, non, Tu ne sais pas : ce sont des gros relous mais pour moi, selon moi… pas selon Toi. 

Car Toi, Tu ne les vois pas ainsi : Toi, Tu es même le gars, enfin, Dieu capable de faire l’éloge de l’ami importun ! 

Toi, Tu aimes et Tu sais aimer : je suis mauvaise élève mais j’aime me mettre à Ton école.  

Et puis, il faut dire qu’il y aura surtout ceux-là que je sais que Tu aimes avec cette tendresse si particulière : ceux-là qui sont pauvres… pour de vrai. 

Ceux-là qui me briseront un peu plus le coeur comme à chaque fois, 

Ceux-là même qui me font prier en les écoutant. 

 

Tu sais, je ne sors jamais tout à fait indemne de ces remises de bulletins… 

 

Alors, là, pour la fête de la vie consacrée ? 

Ce n’est pas la fête que j’aurais espérée pour cette première fois où je la vis en étant tout à Toi. Je l’aurais aimée super priante, super amicale, super festive. Mais je crois qu’elle était réussie cette première fête de la vie consacrée d’une jeune consacrée : je crois que j’étais là où Tu me demandais d’être, Seigneur ; 

parce que, Toi, quand Tu rencontres les autres, c’est toujours la fête ; 

Et surtout, je suis certaine que j’y étais avec Toi et que Tu y étais avec moi. 

mardi, janvier 31 2017

Quand je change et changerai ponctuellement de crémerie

... Ça se passera par là 

journal d'une jeune consacrée

sur jeunes cathos blog 

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lundi, janvier 30 2017

Comme une pauvre tache...

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Ce moment de pause qu'est la messe du soir, après une journée bien chargée. 
Communion, ce moment où je regarde mes mains : ouille, pleines d'encre. 
C'est sûr que recevoir le Seigneur dans ces conditions, c'est pas top... Et pourtant...
Pourtant, cette encre, c'est celle de mon stylo qui fuyait tout au long de cette journée où j'ai fait passer des oraux ; 
Pourtant, cette encre, c'était juste le signe humble de mon travail, rien d'autre. 
Alors présenter ce travail au Seigneur pour Le recevoir ? 
Ce n'était pas "sale" cette tache de ma tâche, c'était comme un signe très concret qu'Il vient nous rejoindre dans ce que nous faisons, dans ce que nous sommes : 
Pour qu'Il soit, au-delà des marques disgracieuses, la seule véritable encre de mon existence, afin qu'elle s'écrive selon Lui. 

lundi, janvier 23 2017

De la prière coup de pied aux fesses

 

A l'occasion de ma consécration, j'ai notamment reçu en cadeau une très belle "vraie" icône de saint Jean-Baptiste (mon saint préféré !) qui est posée un peu rapidement dans mon coin prière en attente de sa très prochaine bénédiction. 

Hier soir, soudain, lors de mon temps d'oraison, j'ai pris conscience d'un truc en regardant mieux ce mini-oratoire encore habité d'une crèche pour quelques jours... 

Il faut que Lui grandisse.... 

"Il faut que Lui grandisse et que moi je diminue"

Ouch... Y a tout particulièrement du boulot chez moi ! :-) 

 

samedi, janvier 14 2017

Un larsen en plein sermon ou une délicieuse lecture

 

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             Comme animateurs de l’équipe des grands de l’école de prière jeunes – alias la « Swag team du Seigneur » cette année-là, formidable équipe ayant fait un remake de Bambino sur l'histoire de st François d'Assise en guise de jingle d’équipe (!!!) – nous étions trois, tous petits rigolos en notre style.

 

            De nous trois, Victor, l’auteur du volume ci-dessus c’est le seul qui n’a trop pas mal tourné – dans les deux autres, il y a un diacre en vue du sacerdoce et une consacrée… autant dire qu’ils sont restés des « petits rigolos » – et, lui, il est plutôt devenu un grand rigolo. J’ai aimé l’applaudir il y a quelques années dans un sympathique one-man-show où mes zygomatiques n’en pouvaient plus de travailler !

 

            C’est dire que j’ai aussi aimé découvrir ce savoureux livre intitulé Un larsen en plein sermon et autres moments délicieusement catholiques tant il ne peut que parler au vaste peuple catholique qui reconnaîtra dans les diverses chroniques les innombrables moments (cath-)incongrus auxquels il a déjà participé : du larsen invincible en plein sermon à l’interrogation de la quête, en passant par la pluie des Rameaux ou la file de communion. Que ferme l’ouvrage celui qui ne s’y reconnaîtra pas !

 

            L’observation est fine, le trait juste – parfois avec un peu de mordant – et les mots délicatement choisis. C’est que Victor est un amoureux des bons mots et sait se servir avec un amusement virtuose de la sapidité de la langue française. Si j'admets ne pas consonner avec quelques rares passages de son ouvrage, tel le chapitre consacré à la litanie des saints, ce que j’aime partout, outre les sourires provoqués et la constante bienveillance, c’est ce qui transparaît : bien souvent, au gré d’une phrase ou de la chute, c’est un autre Amour qui apparaît en filigrane car, dans le fond, c’est toujours de Lui qu’il est question. Il est clairement là, à habiter en nos sourires…

 

Bref, c’est aux éditions Mame et cela se déguste au fil des pages avec la finesse d’une discussion entre gens de bonne compagnie ;-)

 

dimanche, janvier 8 2017

Laisser se faire la lumière pour découvrir, pour aimer

 

Celui-là est mon élève depuis l’année dernière : fieffé garnement, à la lisière du conseil de discipline bien souvent, trop souvent…

Et, à côté de cela, des histoires familiales bien trop lourdes à porter pour un tout jeune collégien, qui serrent le cœur quand on les apprend.

Puis, en même temps, de vrais efforts et progrès depuis la rentrée, appréciables et appréciés.

 

Pourtant, il n’en demeure pas moins que, cet élève-là, il m’agace bien souvent tant il sait ce qu’il faut faire pour titiller… A moins qu’il ne le cherche même pas, c’est possible aussi.

Avec lui, j’apprends bien plus qu’avec d’autres la patience tant j’ai parfois envie de lui crier dans les oreilles !

 

Cet élève, comment va-t-il grandir ? Réussira-t-on à l’aider ?

Ce matin, à la messe, j’ai pensé à lui : quelle est l’étoile à laquelle il accrochera sa vie ?

Alors, j’ai prié pour lui.

 

Ca m’a fait penser à une scène récente.

Il faut préciser que, souvent, on me demande ce qu’il y a de changé dans ma vie maintenant que je suis consacrée : comme le lendemain, j’aurais du mal à répondre autre chose que « tout et rien ».

Mais au quotidien, dans mon travail de prof, il y a une chose qui change, foncièrement, et j’en ai pris conscience grâce à lui :

Alors que je reprenais cet élève pour la 3ème ou 4ème fois du cours, qu’il n’avait pas écouté les consignes que je venais de donner, que je commençais à sentir monter en moi un début d’énervement et que je priais quelque peu en ces termes : « Esprit Saint, viens à mon aide pour que ce ne soit pas la moutarde qui commence à me monter au nez qui réponde », j’ai été prise soudain d’une grande vague de compassion :

« Si tu pouvais savoir à quel point Dieu t’aime, toi aussi… » 

Intérieurement, je me suis mise à sourire et je crois qu’il l’a perçu :

« Et ma vie, elle est donnée pour toi, aussi » ai-je continué à penser, « peut-être même encore plus spécialement »

Je l’ai pensé, je l’ai prié : ça a redonné, à tout, la juste tonalité.

Et si la sequela Christi – la suite du Christ – à laquelle je me suis engagée, elle passait spécialement par là pour l’enseignante que je suis ? 

Don caché de soi aux élèves ; 

Apprentissage patient de l’amour, dans le cœur du Christ.

 

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Lumière, Kim En Joong

 

vendredi, janvier 6 2017

Et toi, tu intercèdes ?

 

Toujours ces moments où les intentions arrivent en pagaille, par différents biais mais toujours jusqu’au cœur ;

Toujours ces moments où tu te sens si démunie…

 

Tu portes ceux-ci par la prière des heures, avec l’Église ;

Tu portes ceux-là par ta pauvre prière de demande, toujours maladroitement.

D’ailleurs, dans le fond, parfois, tu ne sais même pas trop humainement quoi demander pour eux :

Alors, prenant tes mains, ton cœur et ton temps, tu te poses devant Lui et les déposes humblement un peu plus dans la lumière et dans le cœur de Dieu où ils se trouvent déjà.

 

Tu ne sais pas ce qu’il adviendra : mais tu sais que tu seras entendue.

Tu tenteras donc d’accorder ton âme au diapason de Sa miséricorde pour apprendre non à râler mais à intercéder : pli d’âme à prendre.

Intercéder : pour les porter, toujours plus, en Son amour.

 

« Intercéder, demander en faveur d’un autre, est, depuis Abraham, le propre d’un cœur accordé à la miséricorde de Dieu. Dans le temps de l’Église, l’intercession chrétienne participe à celle du Christ : elle est l’expression de la communion des saints. Dans l’intercession, celui qui prie « ne recherche pas ses propres intérêts, mais songe plutôt à ceux des autres » (Ph 2, 4), jusqu’à prier pour ceux qui lui font du mal » (CEC §2635)

 

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mardi, janvier 3 2017

Geneviève comme une ant(i)enne

Dans le diocèse de Nanterre, c'est fête le jour de la sainte Geneviève ! Elle est notre sainte patronne ! 

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Il y a même un propre pour les offices... Alors je me suis dit que vous partager les antiennes de ceux-ci (moins les premières vêpres) était une bonne idée car elles reflètent bien la vie de sainte Geneviève : 

 

Dès l'aube, Geneviève faisait monter sa prière vers le Seigneur. 

Saints et humbles de coeur, bénissez le Seigneur. 

Le Seigneur aime son peuple. Par Geneviève, il l'a secouru dans la détresse. 

Tenant en mains sa lampe allumée, Geneviève cheminait joyeuse à la rencontre du Seigneur. 

Fidèle servante du Seigneur, Geneviève marcha courageusement dans la voie qu'il lui avait tracée. 

Elle priait le Seigneur Dieu de la conduire à la délivrance de son peuple. 

Voici venir les noces de l'Agneau : son Epouse pour lui s'est faite belle.  

 

Et, comme un feu d'artifice résumant tout, les antiennes des cantiques évangéliques : 

 

Antienne du Benedictus : Le Seigneur a fait de Geneviève une messagère d'espérance pour tous ceux qui l'invoquent.  

Antienne du Magnificat : Etrangère au monde, aimée du peuple, consacrée tout entière au Christ, telle vécut Geneviève. Aussi le Seigneur l'a-t-il reçue au festin de son royaume.  

 

Ce qui est assez beau, c'est qu'on peut (on doit ?) se sentir concerné car, malgré sa vie qui se déroula au Vème s., Geneviève est un exemple pour notre temps troublé : femme de prière et femme d'action, elle montre que c'est tout un. Que l'une ne va pas sans l'autre. 

Alors, certes, je suis heureuse qu'elle soit désormais, par similitude de vocation, tout spécialement un exemple pour moi parce que je crois que c'était une sacrée bonne femme mais il me semble que cela marche pour chacun : le don de soi dans sa vocation propre, la prière, la foi en la puissance de celle-ci, l'attention suffisamment grande à l'autre pour percevoir les besoins et l'action, bref, la charité en actes. 

Re-bref, il s'agit de devenir, pour chacun de nous, des messagers d'Espérance de la part du Seigneur... Un voeu tout spécial pour 2017 ? :-) 

 

N.B. : Pour ceux qui ne sont pas familiers de la prière des Heures, les antiennes sont les courtes phrases qui se prient avant et après chaque psaume. 

 

mercredi, décembre 28 2016

Et je m'entête à louer ta création

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Comme une pensée d'Etty Hillesum pour temps troublés, ou pour les Saints Innocents... bref, qui semble consonner tout à fait aujourd'hui : 

 

"On a parfois le plus grand mal à concevoir et à admettre, mon Dieu, tout ce que tes créatures terrestres s'infligent les unes aux autres en ces temps déchaînés. Mais je ne m'enferme pas pour autant dans ma chambre, mon Dieu, je continue à tout regarder en face, je ne me sauve devant rien, je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions, j'essaie toujours de retrouver la trace de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introubable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes.

Je ne reste pas ici, dans une chambre paisible et fleurie, à me gaver de poètes et de penseurs à louer Dieu, je n'y aurais pas grand mérite, et je ne crois pas non plus être aussi étrangère au monde que mes bons amis se plaisent à le répéter d'un air attendri. Tout être humain a sa réalité propre, je le sais, mais je ne suis ni une illuminée, ni une rêveuse, mon Dieu, ni une "belle âme" attardée dans une interminable puberté. Je regarde ton monde au fond des yeux, mon Dieu, je ne fuis pas la réalité pour me réfugier dans de beaux rêves - je veux dire qu'il y a place pour de beaux rêves à côté de la plus cruelle réalité - et je m'entête à louer ta création, mon Dieu, en dépit de tout !" 

Etty Hillesum, Une vie bouleversée (extrait de son journal du 26 mai 1942) 

mardi, décembre 27 2016

Rapide son Verbe la parcourt

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"Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité." (Jn 1, 14).

... Le Verbe s'est fait tellement chair que vous noterez sur l'image qu'un micro semble placé devant le crucifix pour mieux L'entendre... 

 

Le Verbe s'est fait chair,
Et plus rien ne pourra le faire taire :
ni la mort, ni toutes les persécutions. 

Le Verbe s'est fait chair :
événement historique infinitisémial ;
événement humain à portée incroyable ;
avènement divin qui se livre entièrement en nos mains. 

Le Verbe s'est fait chair : 
L'Amour se livre, s'écrit et se dit en actes,
L'Amour vit pour nous faire vivre.   
Chaque Noël n'est pas qu'un simple anniversaire où "Il est né le divin enfant" tient lieu de "joyeux anniversaire Jésus !" ;
Chaque Noël nous repose, sérieusement et profondément, la question de L'accueillir pour de vrai, pour de bon, dans la crèche de notre coeur :
"Veux-tu m'accueillir et vivre chaque jour plus avec moi ?"

 

Belle fête de Noël - certes, en son octave - à tous ! :) 

 

samedi, décembre 24 2016

"Il demande seulement de l'accueillir"

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Une affichette, discrètement posée à plusieurs endroits ; une affichette si simple et si essentielle. 

Ces derniers mois, j'ai probablement vécu certains des mois les plus denses de mon existence : j'y ai connu une immense joie, qui me travaille au coeur, qui a transformé et transforme ma vie, en Dieu, mais j'y ai connu également de profondes douleurs et angoisses. Bien sûr, c'est le lot de chaque existence mais la densité y a été assez importante. 

Je ne serai pas à cette messe de Noël célébrée dans une tout petit oratoire d'hôpital dans lequel, plusieurs fois ces derniers mois, j'ai prié un office ou ai pris simplement quelques instants de silence. Ce soir et demain matin, je serai avec ma communauté paroissiale. Mais, dès que ce sera fini, je viendrai dans cet hôpital. Ce ne sera pas la première fois d'ailleurs que cela m'arrivera de passer un 25 décembre à l'hôpital, bien que la personne à accompagner ait changé. 

Dans ce lieu où la pauvreté s'appelle dépendance et souffrance, l'amour a une saveur toute particulière : dans ce lieu, l'amour humain devient gratuit bien au-delà des devoirs des soignants, l'amour est la signature d'une qualité d'être. Dans ce lieu où Dieu se cache, l'amour humain reflète tout spécialement Son amour. 

Et les malades sont peut-être plus aptes que nous, les bien-portants, à accueillir cela, la gratuité de l'amour. Ils n'ont rien à offrir en échange, sinon eux-mêmes. 

Il est difficile de dire "joyeux Noël" dans une chambre d'hôpital sans être trop dissonant mais il est possible de le vivre et de célébrer, avec les moyens du bord, l'amour et la vie. 

Où quand des lèvres trempées dans le champagne servi dans un gobelet plastique moche deviennent festin ;
Où quand des sourires et des rires, malgré tout, pour effacer les angoisses cachées deviennent espérance et promesse de vie ;
Où quand l'espace aseptisé d'un hôpital devient quelque peu une crèche qui accueille la vie dans la pauvreté. 

Noël s'y vit, Noël s'y célèbre, sans pompes ni discours. 

Ce sont encore ces plus pauvres qui auront le coeur ouvert et qui nous montreront le chemin pour accueillir le formidable Amour de Dieu pour l'humanité, qui nous désigneront l'essentiel... pour apprendre à accueillir à notre tour. 

Je crois que demain, je rencontrerai spécialement le Christ là-bas, par "la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux" (Evangelii Gaudium, §198) : je crois que, demain, je poursuivrai vraiment la célébration de Noël dans cet endroit sordide qui resplendira, dans le même temps, de l'éclat de la plus belle des crèches. 

 

vendredi, décembre 23 2016

En mission d'Eglise

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Et puis il y a eu aussi ce gros livre-là que j'ai reçu le 10 décembre dernier... Cela fait déjà plusieurs années qu'il était en ma possession et que j'en usais (bon, pour en abuser on repassera !). 

Prière des heures : manière d'ancrer la journée dans la prière, manière d'infuser et de diffuser la prière dans toute la journée. Manière de sanctifier le temps, manière de chercher à donner à Dieu la première place en chaque jour. 

Prière si marquée par les psaumes, prière si incarnée, prière qui permet de prier avec toute son humanité : prière que j'aime, profondément... même s'il faut bien avouer que, certains jours, ouvrir le bréviaire est peu exaltant ou que, d'autres jours, c'est une lutte pour trouver le temps de prier ce qu'il contient posément. 

 

Et maintenant ? Maintenant, c'est la mission qui m'est confiée. Y a-t-il une différence ? Oh, certainement, sur un long terme, il y a une réelle différence pour maintenir une fidélité vivante à cette prière : pas tant en termes d'obligations qu'en termes d'amour.

Mais il y a surtout eu une différence que j'ai perçue dès le lendemain de ma consécration : cette prière, ce n'était plus "ma" prière.

C'était devenu la mission confiée par l'Eglise de porter sa prière et de la faire mienne : devenir une priante parmi les priants ; devenir voix, mains, coeur et être de et à l'Eglise pour porter chaque jour plus sa prière pour le monde, pour porter chaque jour plus avec elle et en elle sa prière pour mes frères et mes soeurs qui en ont tant besoin. 

Et cela, c'est tout de même drôlement grand. 

 

jeudi, décembre 22 2016

Du texte et de l'image

http://musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/chagall/sites/musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/files/styles/object_slider/public/img_6.jpeg?itok=5E0hGCtb

En lien avec les deux précédents post, pour ceux qui ont demandé en commentaire ou en privé : 

- Le lien vers l'homélie de mon évêque à l'occasion de ma consécration (l'Evangile était celui des Béatitudes). 

- L'album photos mis sur Facebook par le diocèse

 

Mais l'essentiel est surtout la profonde joie que donne le Seigneur ! :-D 

 

lundi, décembre 12 2016

Histoire d'alliance

 

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Depuis hier, je porte un petit anneau métallique au doigt.

Une alliance, comme signe d’Alliance qu’un Autre a conclue avec moi et dans laquelle j’ai accepté et j’ai choisi librement d’entrer, d’une manière toute spécifique.

 

Je ne réalise pas bien encore tout ce qu’elle signifie… mais je sais que c’est le plus grand et le plus beau choix de ma vie.

 

A la fois, je souris en la regardant cette petite alliance – je trouve ça fou tout ce qu’elle signifie ! Je ne m’y fais pas ! – et, en même temps, pour ne rien vous cacher, très concrètement elle me gêne un peu. Pas de manière terrible, certes, mais pour qui n’a jamais vraiment porté de bague, cela fait désormais environ 36h que j’en porte une non-stop - et c’est loin d’être fini : imaginez l’effet !

 

Je n’envisage pas de l’enlever… alors je la sens un peu tout le temps. Pour la moindre petite action et même au réveil ce matin après avoir dormi dessus. J’entends aussi désormais un son métallique quand je tape de la main droite ou encore j’ai eu bien mal tout à l’heure au moment de la paix du Christ à cause des gens qui serraient trop fort ! Et pourtant, je fais tout comme d’habitude !

 

Rien n’a changé et pourtant tout a changé.

C’est la même chose dans ma vie, très concrètement : rien n’a changé, demain je retrouverai mes élèves sans rien leur dire… et pourtant tout aura changé : tout de ma vie sera donné au Seigneur et aux autres ! Et c’est complètement fou ! (Oui, je sais je l’ai déjà dit mais c’est ma pensée répétitive du moment).

 

Je me demande si cette alliance qui dérange, ce n’est pas un peu comme un appel à accueillir mieux la grâce en moi, et peut-être encore plus spécifiquement, la grâce propre à la vie consacrée.

Cette grâce qui dérange toujours, qui gêne aux entournures, qui creuse un peu – comme la peau jusqu’à ce qu’elle forme un cal.

 

Pourtant, même physiquement habituée, il s’agira justement de ne jamais s’y habituer complètement… Et d’oser la regarder cette petite alliance, toujours plus, afin que la grâce travaille : car elle nous modèle bien plus efficacement qu’un simple frottement !

 

vendredi, décembre 9 2016

Une simple invitation

 

Comme une simple invitation à tous mes lecteurs...

... à prier... :-) 

Merci à chacun ! :-) 

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mercredi, novembre 30 2016

Et si d'Avent(ure) priant(e)

Avent. 

Silence d’attente

Qui affute et apaise le cœur encombré,

Pour qu’il soit vif, aux aguets, tourné vers Toi.

 

Chaleur réconfortante,

De ce temps juste avec Toi :

A prendre pour moi

Comme à prendre pour tous ceux qui, dans le froid, ne le peuvent pas. 

Oraison et intercession. 

 

Silence d’écoute de Ta parole,

Silence qui s’allonge de la lectio,

Pour aimer et pour agir,

Un peu, ou moins mal,

Ici et dehors.

 

Silence de la prière,

A écouter ce silence intérieur et ce qui s’y murmure,

Silence de préparation,

Silence pour être agi(s) par Toi,

Silence de veille : 

Prière simple de l’Avent.

 

Et si les frimas n'étaient qu'une invitation à aller au plus intime de nous-mêmes ? 

Et si le froit de l'hiver s'installant n'était nullement une invitation à un repli mais plutôt à retrouver , après avoir servi nos frères, l'interior intimo meo, bref, Celui qui est plus intime à moi-même que moi-même ? 

Et si l'Avent était bien un moment privilégié où Tu nous glissais au coeur ces "je t'aime, tu sais" dont Tu as le secret ? 

 

mardi, novembre 29 2016

Marie l'attente les braises au coeur

En rentrant ce soir, j'ai installé rapidement les premiers santons de ma crèche : il s'agissait de poser en quelque sorte mon cadre de prière pour l'Avent. 

En attendant Jésus, j'aime bien mettre une petit bougie à Sa place : elle sera remplacée par le santon de Celui qui est Lumière et Vie. 

Petite veilleuse comme une flammèche de joie d'Avent, cette joie toute spéciale, cette joie un peu cachée, qui s'emmitoufle mais qui brûle fort au coeur et qui n'attend que notre disponibilité pour prendre feu ! 

 

Il y a déjà là Marie aussi, comme toute paisible en attendant l'Avènement.

J'aime la regarder, prier par son intercession ces jours-ci : elle est comme une invitation à préparer nos coeurs à accueillir, à prendre feu, à porter le feu hors de ce cadre, pour devenir lumière du monde... 

 

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(Non, ce n'est pas ma crèche !)

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