Zabou the terrible

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mercredi, mai 31 2017

Visitation pour Imitation

 

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Marie, emplie de Dieu,

Marie s’empresse,

Marie file chez Elisabeth,

Toute légère dans sa jeune grossesse.

 

Marie, toute allégresse de Dieu,

Ne peut que se tourner vers l’autre,

Aller à la rencontre de ce qui fait sa joie,

Pour y porter ce Dieu qui aime tellement chacun.

 

Et toi ? Et moi ?

Même empressement à aller découvrir ce qui fait la joie de l’autre ?

Même de ce relou de 1ère classe ?

Même rapidité à y porter Dieu ?

Sérieusement, souvent la loose

 

La Visitation, comme un exemple donné,

A regarder, à imiter.

 

La Visitation, ce moment où l’on donne raison au vers de Ronsard :

« Marie, qui voudrait votre beau nom tourner, il trouverait Aimer ».

Sainte Vierge Marie, prie pour nous !

 

mardi, mai 30 2017

Prise en flag ou l'apophtegme unifiant du macaron à la pistache

Long temps de la fin d'année où fatigue et presse savent se conjuguer. Pour moi, il y a toujours l'enjeu de tenir ma vie professionnelle et tout le reste ensemble sereinement, en unifiant la totalité dans la prière puisque l'ensemble fait ma vie "de consacrée" qui appartient à Dieu, origine, fin, arrière-plan et joyeux compagnon de chacun de ces jours. Et parfois...  

 

J'avais aujourd'hui un rendez-vous pour mes études de théologie et, n'ayant pas cours le matin, j'avais mis autour de mon cou une petite croix en bois. Ce que j'appelle en mon for intérieur mon mode "cathostensible" : une petite croix comme signe simple de Celui à qui j'ai donné ma vie et qui, avant tout, l'a donnée pour moi.   

Il y avait aussi un peu de course aujourd'hui afin d'ensuite rejoindre mon collège pour quelques rendez-vous avec des parents et un conseil de classe. Dans ma poche, une croix de Taizé afin d'évidemment changer mon tour de cou mais non point l'essentiel avant de rejoindre mon établissement. Avant de reprendre le train, je me dis qu'un petit goûter (car, oui, je suis une affreuse prof qui aime bien goûter) serait bienvenu pour tenir jusque tard. Et là, arrivant à proximité d'une échoppe de la gare, la vendeuse m'interpelle et s'exclame : 

"Oooooh, mais c'est la maîtresse de ma fille ! Bonjour Mme P**** !" 

Incroyable mais vrai : je tombais sur la mère d'une des élèves dont je suis professeur principale ! Un de mes rendez-vous de la semaine suivante ! Et... j'avais autour du cou ma croix. Et... j'avais un bouquin au titre bien catho dans les mains. Et.... j'étais un peu, voire beaucoup, gênée, je dois l'avouer. Que faire ? Rien, il était trop tard : il ne me restait qu'à assumer, mine de rien et à sourire. 

Mais la maman de mon élève, musulmane comme je le savais par ailleurs, était elle aussi tout sourire. Pas de choc de son côté. Ni de question, sinon la joie de me voir... et de m'offrir un gros macaron à la pistache ! En plein Ramadan ! 

Je suis donc repartie vers le collège avec un bon goûter sous le bras et la promesse de revenir la voir lors d'un prochain passage. Mais je suis aussi repartie en me disant que la couverture de mon identité secrète mais profonde de catholique-consacrée venait d'un coup de prendre un sacré choc. 

Et pourtant... y avait-il eu là atteinte à la laïcité ? 

Dans le fond, cette classe a, sans le savoir, une consacrée comme prof principale. Dans mes études de théologie ou dans les cours que je donne, je suis bien la même, partout. 

Au bout d'un moment de perplexité quant à cette scène, je me suis mise à sourire dans le train. Je pense que, durant ces premiers mois de vie consacrée, je suis encore en train d'apprendre, de découvrir, le don de Dieu spécial de cette forme de vie, qui ou plutôt ce que je suis devenue tout en étant la même... 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre identité ? 

Et si les autres étaient aussi patients apprentissages de notre unité de vie ? 

 

mercredi, mai 17 2017

Des âmes simples

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Cela faisait longtemps que je n'étais pas sortie aussi éblouie d'une lecture... Le résumé du livre tient pourtant en quelques lignes : "le narrateur part dans les Pyrénées à la rencontre de frère Pierre, curé d'une petite vallée de montagne depuis des dizaines d'années, cherchant à tenir debout un bout de monastère accueillant les paumés de la vie". 

Peu d'action et rien d'intéressant ? S'en tenir là serait rater l'essentiel. Dans ce récit, il s'agit de rencontres, de l'homme et de la foi. Le tout écrit dans un style solide et élégant, ouvrant à la contemplation d'un Mystère irriguant une vallée bourrue de Sa vie. 

Il y a du Bernanos dans ce livre : le rythme est lent, au pas de l'homme, et la joie furtive, comme tendremet dissimulée, alors qu'elle est clairement au coeur de la foi de Pierre, cette foi qui est son combat, sa vie et sa passion... et dont il rayonne tellement. 

Je dirais qu'il y a aussi du Jean Mercier dans ce livre, contrepoint contemplatif de Monsieur le curé fait sa crise : deux réalités de l'Eglise en France, tout aussi réelles l'une que l'autre. La première plus rapide, la deuxième plus lente. 

En tout cas, personnellement, en quittant ce livre, j'ai largement souri et j'ai eu envie d'aller prier. Peut-être que cela vous prendra aussi et, promis, cela ne fait pas de mal ! :-) 

 

Références de l'ouvrage : Pierre Adrian, Des âmes simples, éd. Equateurs, 2017. 

vendredi, mai 12 2017

Parce qu'Il poursuit son oeuvre dans le monde

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Il y a 10 ans tout juste, je m’avançais dans la cathédrale (tiens, déjà !) une main sur l’épaule de mon meilleur ami en donnant son prénom au vicaire général : il était marqué pour toujours de l’Esprit Saint, le don de Dieu. Il était confirmé et moi, j’étais pour la première fois marraine de ce beau sacrement.

 

Ce fut le début d’un compagnonnage spirituel qui venait enrichir différemment notre amitié, compagnonnage que je vivrai chaque fois différemment pour mes trois autres filleuls de confirmation qui ont suivi les années d’après.

 

Mais à l’époque, voyez-vous, c’était en 2007, il y a 10 ans.

Quelques mois plus tôt, j’avais vécu une expérience de feu dont je ne savais pas encore bien quoi faire sinon que je savais qu’elle avait définitivement changé ma vie.

J’étais accompagnée spirituellement depuis peu, je découvrais l’oraison et, pour tout vous dire, il y avait Quelqu’un qui me travaillait dans les profondeurs et ça me fichait la pétoche. Je ne voulais pas regarder ce côté-là de ma vie, j’avais d’autres idées et projets en tête.

 

Et voilà que mon meilleur ami, celui avec qui j’avais jusque-là partagé la plupart des moments forts de ma vie mais qui aimait tant discutailler sur les questions de foi tout en étant profondément croyant posait ce choix fort de recevoir, jeune adulte, le sacrement de confirmation.

 

Choix mûrement réfléchi, fort et beau : choix qui vint me déranger ô combien intérieurement.

Si mon ami, mon frère, posait un acte de foi : ne devais-je pas, moi aussi, en poser un ? Et regarder en face la question qui commençait à me venir au cœur et que je n’osais formuler ?

 

Il aura fallu sa confirmation pour que, quelques semaines après, j’ose écrire le mot « vocation » noir sur blanc dans une lettre à mon père spirituel… en tremblant.  Il aura fallu une longue suite pour que j’apprenne à me laisser simplement faire et à comprendre que le Seigneur ne pouvait vouloir que notre bonheur, quelle que soit la route sur laquelle Il nous appelle ! 

 

Mais ce sacrement reçu par mon meilleur ami, événement qui semble parfois anodin, aura été important : la foi d’un autre venait soutenir la mienne. C’est aussi cela être ensemble le Corps du Christ.

 

Si le choix de lui et de sa femme pour apporter l’alliance le jour de ma consécration était pour moi une évidence tant les liens qui nous relient tous les trois sont nombreux, il était heureux qu’ils le fassent aussi pour cette raison : Pichenette d’Esprit Saint qui encourage sur un chemin !

 

Pourquoi est-ce que je vous raconte cela ?

Déjà parce que c’est l’anniversaire d’une belle histoire, vraie, mais surtout parce que, quand l’Esprit Saint travaille les uns, Il aime, je crois, venir aussi ricocher dans la vie des autres.

Et c’est quand même vachement fort de se dire qu’on ne saura jamais les effets de nos actes de foi dans la vie des autres. Fécondité parfois cachée de nos oui, Esprit Saint qui, mystérieusement, « poursuit son œuvre dans le monde et achève toute sanctification ».

 

mercredi, mai 10 2017

Ne laisse pas un seul jour filer sans aimer

 

"Pierre poursuit :
'Le cérébral est l'ennemi du coeur. Tu ne viendras pas à la foi par l'intelligence. Par les livres, la philosophie, la théologie. Je crois que l'intellectuel ne voit que la pointe émergée de l'iceberg. Alors qu'avec le coeur, je dépasse mes schémas. Les murs tombent, un à un, par pans entiers.
- Cela peut etre si dur à entendre. On a parfois l'impression que ceux qui croient sont déconnectés, ou bien qu'ils se rassurent.' 

Pierre sourit doucement.
'Croire, c'est faire le passage de l'intellect à la réalité, à l'expérience. Ce n'est pas une échappatoire ou une fuite. Au contraire. La foi est une épreuve de la réalité. Il faut éprouver pour aimer. Regarde, Dieu s'est fait homme, Il a épousé la condition de l'homme poru éprouver sa réalité. Et l'aimer jusqu'au bout.' 

Le regard de Pierre verse dans le vide. Comme s'il fouillait à l'intérieur. Après un léger silence, il reprend : 'L'intelligence du coeur, voilà le grand réalisme. Ne pas laisser un seul jour filer sans aimer. Lorsqu'on lui demandait : Que faut-il à un prêtre pour qu'il garde toute sa ferveur ? Le curé d'Ars répondait : Il devrait rester au séminaire toute sa vie. Le désir de Dieu dépasse l'intelligence.'" 

In Pierre Adrian, Des âmes simples, p.65-66

 

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mercredi, mai 3 2017

Dimanche d’élection

 

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Si, le 11 juin, dans mon diocèse, nous voterons tous pour Jésus (ohlala, la consigne de vote cachée !), il n’est pas faux de rappeler que nous célébrons, que fêtons en Église l’élection dès ce 7 mai. Non du dimanche comme jour chômé, non pas l’élection à laquelle vous pensez, mais la nôtre.

 

Dimanche prochain, ce sera le 4ème dimanche de Pâques, celui où l’Église prie tout spécialement pour les vocations.

 

Vocations ? Vocation ?

Comme le rappelle souvent le pape François, à la source de toute vocation, « il y a toujours une expérience forte de Dieu, une expérience qui ne s’oublie pas, on s’en souvient toute la vie » ! Cette expérience forte de se savoir aimés, follement, personnellement, infiniment…

Mais ce ne serait pas juste de limiter cela aux seules formes de vocation « spécifique » : tous nous sommes foncièrement des êtres appelés. Dieu a un projet de bonheur pour chacun d'entre nous. 

 

Tous nous sommes des êtres choisis,

Tous nous sommes des êtres choyés par le Seigneur,

Tous nous sommes ses préférés, chacun pour notre part,

Tous nous sommes ses élus, sans même faire campagne. 

 

… Et dire qu’il n’a même pas eu peur de nous élire alors que nous ne le méritons même pas… !

 

Alors, pour nous préparer à ce dimanche d’élection(s) dans les divers sens du terme, si nous prenions le temps d'ici là, même sous une ambiance grisâtre, de rendre grâce ?

 

Pour L’élire chaque jour plus comme Seigneur de nos vies ! :-) 

 

jeudi, avril 27 2017

Pas l'indifférence

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En classe,

Lendemain d’attentat :

- Voulez-vous en parler ?

Silence.

 

Lendemain d’élection :

A part chercher à connaître mon vote,

Silence.

 

Rien à voir ?

Je me demande, je m’interroge :

Banalisation de la violence,

Banalisation de l’exclusion,

Banalisation d’une politique qui semble trop lointaine ?

Banalisation du drame d’une France divisée.

 

Je ne mets pas tout sur le même plan,

Mais je m’interroge.

 

En 2002, j’étais lycéenne,

La présence d’un extrême au 2nd tour avait été choc

… Et réaction !

Une France dans la rue : des craintes, des « plus jamais ça »…

C’était maladroit mais c’était heureux.

Et aujourd’hui ?

Indifférence.

 

Malgré son nombre croissant de voix,

Je ne peux faire du FN un parti comme un autre,

Je ne peux pas dire : on a juste à choisir entre l’extrême-droite, le centre gauche fan de gros sous, le vote blanc ou l’abstention,

Je ne peux pas le dire en oubliant que, dans un des possibles, il y a « extrême »,

Je ne veux pas de la banalisation de l’extrémisme,

Je refuse cette indifférence crasse face à l’inacceptable !

 

Qu’on se le dise : je ne juge pas ceux qui le font,

Mais je ne parviens pas à comprendre comment on peut être chrétien et voter FN.

 

Je respecte infiniment la liberté de conscience

Mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne :

Comment ne pas réagir ?

Comment ne pas être sous le choc du drame de tous les extrémismes, religieux comme politiques ?

Comment ne pas rêver de briser notre indifférence commune qui se généralise ?

 

Certes, je suis nulle en politique,

Certes, on ne peut se préoccuper de tout et tous,

Mais le Christ que nous suivons nous invite à l’attention à tous,

A l’attention même et surtout de ce qui est petit, exclu, blessé.

 

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde »,

Le contexte de Brecht et le nôtre sont différents,

Mais, dans le fond, n’y a-t-il pas la même question ?

L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ?  

Je rêve d’un pays où les cœurs, les mains et les têtes en action deviennent les lieux féconds d’une société heureusement réunifiée,

Qui ose encore s’indigner

Et, qui ose, plus fort encore, s’engager. 

lundi, avril 17 2017

Pâques 2017

 

Christ, Parole de Dieu, est ressuscité !

Elle est vivante la Parole de Dieu !

Parce que la Parole ne s’éteindra jamais plus, le message sera toujours neuf, fou, poétique, tendre, virevoltant, lumineux et surtout vivant !

Elle sera toujours plus efficace qu’un « glaive à deux tranchants » si nous la laissons entrer en nos vies, si nous laissons la lumière de Pâques transfigurer nos êtres depuis l’intérieur.  

 

 La Résurrection ? Pas seulement un événement d’il y a 2000 ans !

Nous tous, nous en sommes témoins : immense joie de Pâques !

 

Heureuse fête de Pâques à chacun : qu’Il nous « rappelle toujours à cette joie que rien, pas même la mort, ne pourra nous ravir » ! :-)

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P.S. : Première fête de Pâques comme consacrée, aussi… je me suis surprise à penser que désormais, sans la résurrection du Christ, ma vie n’aurait plus aucun sens en ce qu’elle est alliance avec un Vivant. Et, allez savoir pourquoi, que ma vie soit fondée sur ce mystère-là, j’ai trouvé que c’était une très grande joie :-)

 

samedi, avril 15 2017

Méditation devant Son tombeau – Samedi Saint

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Samedi Saint au tombeau. Tout semble fini.

 

Comme souvent, je me demande ce que j’aurais fait, ce que j’aurais dit, ce que j’aurais pensé si j’avais vécu à l’époque du Christ. C’est sûr qu’en se plaçant a posteriori il est facile de fanfaronner : « moi, j’aurais gardé espérance et confiance car Il l’avait dit ! » mais, en termes d’héroïsme facile comme en termes de lâcheté, nous ne sommes souvent pas les derniers.

Comme Pierre, peut-être que j’aurais dit : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne t’abandonnerai jamais » pour renier ou désespérer – y a-t-il une véritable différence ? – quelques heures plus tard. Est-ce que, même, je n’aurais pas été déçue par celui que j’aurais alors suivi des jours et des mois entiers ? Celui qui avait des paroles comme nul autre : quand on les entend aujourd’hui, elles n’ont la saveur d’aucune autre, alors de Sa bouche, qu’est-ce que cela devait être ! Je m’imagine les buvant et les laissant me transformer jusqu’au cœur. Parce qu’en plus, Il les disait en m’aimant comme chacun de ses disciples !

 

Peut-être que, devant le tombeau juste clos, j’aurais vraiment dit : « tout est fini » mais avec cette nuance amoureuse que l’on a pour les gens aimés après leur décès : « qu’est-ce qu’Il était formidable ! ». Il ne reste en apparence rien d’eux, mais, au-delà des souvenirs, il reste, même pour ceux qui n’ont pas la foi, l’amour.

 

Je me dis que, devant cette fin sordide, la seule chose qui serait demeurée aurait été l’amour que j’aurais porté à Jésus… mais seulement, cet amour était encore l’amour humain, l’amour fini de l’homme, sans ouverture, confronté au blanc tragique du point final de la mort. Avec la pointe de déception que cette fin soit si banale et si moche pour un être si sage, si aimant et si aimé.

 

Aujourd’hui, on est capable de voir dans la croix le signe de l’amour. Le contemporain du Christ le samedi saint ne pouvait pas encore le savoir : il ne lui restait que son pauvre amour humain. Je me dis que c’est cela même que l’ouverture du tombeau le dimanche est aussi venu faire voler en éclats : l’amour ne fait pas que subsister après la mort dans la forme qu’il avait, comme une simple trace, l’Amour révélé par le Christ nous indique qu’Il est le seul passage pour ouvrir à la Vie.

 

Le Christ vient aussi en grand pédagogue transfigurer notre amour humain. Il vient faire exploser la finitude de notre propre amour, Il vient transfigurer tous nos enfermements, Il vient transformer nos sentiments encore si étriqués, si repliés, si pauvres, si ancrés dans le seul « moi ».

 

Devant l’obscurité fermée du tombeau, nous pouvons tout Lui confier car Il est là plus que jamais à prendre tout ce qui semble faussé dans nos vies, toutes nos morts, tout le « Shéol » de nos vies, magma indistinct de ce que nous aimons taire.

Car Il vient pour ouvrir tout ce qui est clos, tout ce qui est nuit, tout ce qui est mort de nos vies à l’unique Lumière de Son Amour.

 

 

 

vendredi, avril 14 2017

Carêmencer #3

 

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Calomnies

Condamnation

Capitale comme peine

Couronné d’épines

Croix

Chemin de Croix

Calvaire

Cloué sur la Croix.

Coup de lance.

 

Constat 

Crevé ; Claqué ; Cadavre.

 

 

 

Croire.

 

 

Contre tout

Croire.

 

La Croix seule comme divin Crayon pour nous faire méditer cette réalité :

« Il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 20)

 

jeudi, avril 13 2017

C(roix) dans l'air

 

« Prenez et mangez-en tous »

J’imagine Jésus rendant grâce avec les prières juives de bénédiction puis présentant le pain et le vin de cette manière si singulière, si unique : que dit-il là ?

J’imagine Ses mains qui tiennent cette coupe, qui tiennent ce pain, légèrement élevées pour mieux les offrir.

Vie présentée, vie offerte, vie donnée pour le monde.

 

« Il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture »

Si le marcheur sait combien ses pieds sont précieux, il sait aussi ce qu’il en coûte d’y accéder…

Lieu au plus bas de nous-mêmes où le Christ descend volontairement :

De Dieu en notre chair,

De son statut d’homme debout à celui d’homme à genoux pour prendre soin,

Pour servir,

Pour chérir,

Pour laver,

Pour aimer.

 

« mangez-en tous »

« buvez-en tous »

« C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».

Tous et vous : rimes visuelles mais surtout rimes d’humanité,

Le Christ tend ses bras à gauche et à droite vers le monde entier : ce qui se passe là, ce que nous rappelons ce soir concerne chacun, quand bien même tous ne le savent pas.

 

Haut, bas, gauche et droite : on pourrait croire à la chorégraphie d’une chanson…

Et si, déjà, se profilait plutôt ainsi le signe du Salut,

Une croix déjà tracée en Ses gestes, esquissée, presque aérienne,

Une croix tacite,  

Comme préfiguration du lendemain,

Explicitation d’amour avant l’heure,

Signe de l’unique clé du Passage vers la Vie.

 

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jeudi, avril 6 2017

J'étais pèlerine et vous m'avez accueillie

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L'étape avait été longue, sous le soleil italien et dans une vaste plaine emplie de rizières et de bien trop peu d'arbres. Je suis arrivée fourbue de la tête aux pieds et ils étaient là, prêts à m'accueillir à cause du petit coup de fil passé un peu plus tôt dans la journée à ce refuge de pèlerins, mais en réalité toujours prêts à accueillir quiconque arrive. 

Ils ? Un vieux couple aux yeux pétillants, me faisant poser mon sac et m'asseoir, me demandant de souffler avant de faire les formalités d'accueil et m'apportant un verre de thé glacé à la pêche. 

J'étais la seule pèlerine du soir : ils m'invitèrent à partager leur repas. Descendue après une douche revigorante, je pus les voir me préparer des spécialités locales et commencer à discuter avec eux dans un sabir franco-italien mâtiné de latin qui nous faisait bien rire et bien nous comprendre. 

Ils ? Piero et Graziella... Des grands-parents heureux, des grands-parents anciens pèlerins de la via Francigena, tellement heureux de celle-ci que, chaque année, ils donnent une semaine de leur temps aux amis de la via pour être hospitaliers dans un refuge. Bénévolement, évidemment. 

Ils sont chrétiens, pratiquants, ils n'en font pas mystère mais, chez eux, cette foi se détecte même avant cette annonce formelle à ces formidables petites attentions à l'autre qui se retrouvent jusqu'au pesto maison de Graziella et à la foccacia amoureusement pétrie à la main par Piero. Ils aiment me voir m'émerveiller de ce qu'ils font et m'essayer à leur belle langue. 

Piero et Graziella ne changent pas d'attitude vis-à-vis de moi en apprenant que je suis consacrée - même si ma jeunesse les surprend, la "crise des vocations" frappant partout - mais me montrent alors le bel oratoire décoré de la maison pour que je puisse prier les offices, me demandent de prier le Benedicite en français pour et avec eux - nous faisons le signe de croix en bilingue - et vont chercher des informations sur l'horaire de messe le plus matinal du lendemain pour que je puisse aller à la messe. Délicatesse, fraternité chrétienne. 

Le dîner tourne autour de Turin, cette belle ville dont ils sont originaires et où j'eus l'occasion d'aller en pèlerinage : saint Jean Bosco et le bienheureux Pier-Giorgio Frassati deviennent nos sujets de conversation ! Et, plus surprenant, cette auberge de jeunesse dépendant de cette formidable association qu'est le sermig, sorte de vaste association chrétienne caritative aux dimensions incroyables que nous avions pu visiter et où nous avions logé. Je découvre alors qu'elle y donne des coups de main ponctuels et que lui y accueille les SDF une nuit par semaine. Ils disent cela comme une évidence... et moi je demeure intérieurement impressionnée : comme ils sont beaux ! 

Ils ne laissent pas non plus la petite pèlérine partir faire un tour en ville pour visiter et humer l'air sans la guider. Elle reste à la maison pour accueillir l'éventuel hôte de passage, il vient avec moi et me sert de guide touristico-religieux... Il connaît les monuments, je connais mieux l'histoire de l'Eglise : à deux, nous faisons plutôt belle oeuvre !

Elle s'est levée tôt pour me préparer un bon café italien et me glisse un bout de la foccacia de la veille pour que je tienne bon. Il se lève un peu plus tard et m'indique sur le plan le chemin à suivre après la messe. Emus de concert, ils me font un chaleureux abrazo pour me dire au revoir, en me donnant leur adresse pour que je vienne les voir ou loger chez eux quand je reviendrai à Turin (car, pour eux, la question ne semble pas discutable : on revient à Turin !). 

PIero et Graziella ne feront probablement jamais les unes des journaux, ni nationaux, ni paroissiaux et ils seraient supris de faire l'objet d'un article de blogue. Mais j'avais envie de parler d'eux : ils resteront une de mes plus belles rencontres de la via Francigena et seront sans doute longtemps pour moi un véritable exemple de foi vécue.

Car Piero et Graziella ne sont pas un couple aux supers pouvoirs, ils sont simplement des chrétiens vivant leur foi avec la plénitude sereine de ceux qui ont rencontré le Christ et qui en vivent. Je ne sais pas s'ils connaissent la règle de saint Benoît et son invitation à accueillir chaque hôte comme le Christ Lui-même mais ce dont je suis sûre c'est qu'ils en font un idéal de vie et une expérience quotidienne.

Et Dieu sait combien cela est bel et bon :-) 

 

mercredi, mars 29 2017

Se laisser catéchiser

Avec des ados en chemin vers la 1ère communion, séance constituée d'un petit tour d'horizon général sur la messe à l'issue duquel je leur ai posé cette question : 

Et finalement, pourquoi est-ce important à votre avis que le pain durant la messe devienne le Corps du Christ ? 

- Pour nous bénir ! / Tu sais ce que cela veux dire ? / Un peu...  / Cela signifie "dire du bien" / Donc pour que Jésus dise du bien de moi et des autres ! 

- Pour qu'Il soit ma force dans toute ma vie. 

- Pour qu'Il soit en nous. 

- Pour qu'il reste en nous. 

 

"Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite" (Jn 15, 11)

      :)         

http://www.oratoire.org/wp-content/uploads/2017/02/communion-malade.jpe

dimanche, mars 26 2017

Carêmencer 2 La procrannonciation

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... Comme Coïncidence de Calendrier ! 

Hier, c'était à la fois la fête de l'annonciation et la journée de la procrastination*. 

J'ai trouvé la coïncidence amusante : 

D'un côté, celle qui a dit oui tout de suite. 

De l'autre, cette fâcheuse tendance à reporter à demain ou encore à plus tard sans fin. 

Mon esprit facétieux s'est imaginé en une saynète ce qui se serait passé si Marie avait dit à l'ange : "écoute, je ne sais pas, reviens demain". Dieu l'aurait-il aimée moins ? Bien sûr que non... Mais Dieu savait qu'elle était toute disponible. 

Avec un "Monsieur l'ange Gabriel, tu es bien gentil mais ça me fait un choc tout cela alors attends demain", notre Salut n'aurait pas eu la même saveur : il n'aurait pas eu cette dose folle d'aventure de l'amour qui pousse à dire oui comme cela, avec le coeur et avec tout l'être. 

La grâce de Dieu n'attend pas à demain, elle est là, il suffit de l'accueillir. 

 

Hier soir justement, je témoignais de ma vocation et plus largement de ce que la foi avait changé dans ma vie à des jeunes se préparant à la profession de foi d'une aumônerie du coin. Beaucoup de questions sur la chasteté et le célibat, évidemment, comme souvent chez les pré-ados. Et puis, toutes ces questions qui, si elles étaient parfois dites avec un ton un brin provoc' étaient justement bien plus profondes : "Non mais genre vous êtes tombée amoureuse ?" / "Comment as-tu été sûre ?" / "Dieu, il vous a appelée comment ?" / "L'amour de Dieu et l'amour humain, c'est pareil ?" etc. etc. Toutes ces questions auxquelles on a envie de répondre avec un large sourire : "histoire d'amour avec sa joie et son mystère !". Mais surtout de dire qu'il s'agit simplement, dans tous les cas, d'apprendre à accueillir la grâce de Dieu parce qu'il n'y a pas de plus grande joie. 

La grâce de Dieu, quelle qu'elle soit. Quelle que soit notre vocation. 

Il ne s'agit pas de dire "cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie" mais bien d'accueillir les semences de la grâce en nos coeurs pour qu'elle bourgeonne.  

Et, de cela, la Vierge Marie en est un incomparable exemple. Exemple de disponibilité, d'accueil, de don et d'abandon... la liste est vaste ! 

Heureusement pour nous, pauvres pécheurs, si la grâce de Dieu n'attend pas à demain, elle nous est toujours cependant bien promise... et ne nous manquera pas plus demain qu'aujourd'hui ! :-) 

 

Du coup, vous aurez noté que j'ai remis ce billet au... lendemain ! ;-)  

samedi, mars 18 2017

La prière comme liturgie de communion

"Ah ! Peut-il exister une grâce de poésie ? J'ai bien cette espérance qui m'aimante, plus tenace parfois que mes démons. Mais en elle s'infiltre aussi la soif de l'Homme, ma plus intime liturgie voudrait être la plus intime de chacun. On doit pouvoir trouver le cri des autres, rien qu'à creuser en soi un appel commun..."

Patrice de la Tour du Pin, Psaumes de tous mes temps, Paris, 1974 

mercredi, mars 15 2017

Le carême en pont de singe

 

Deux semaines de Carême : moment où l’on constate l’écart entre les envies fringantes du point de départ cendré et la réalité plus pesante de notre humanité, ô combien apprentissage d’humilité !

 

Quand les désirs de lenteur se font course,

Quand les désirs de silence se font bruit,

Quand les désirs de « moins » se font « plus »,

Quand les désirs de « plus » se font « moins »…

 

Et pourtant demeure, au-delà de nos entraînements balbutiants, le désir, intact, ce désir de Dieu mis en notre cœur qui nous a fait entreprendre la course. Grâce à lui, nous pouvons offrir :

A Toi ces imprévus !

A Toi ces pas rapides qui ne savent pas assez prendre le temps de s’arrêter,

A Toi ces paroles trop vite échangées, ces écoutes encore trop superficielles,

A Toi ces galères de mes élèves à porter,

A Toi ces silences tout de même pris, goûtés, savourés, parfois comme un peu dérobés,

A Toi ces « efforts », même ahanants, pour mieux Te servir…

 

Le carême, comme un pont de singe de notre désir de Dieu, bien mieux arrimé que tout ce qui semble bancal ;

Le carême, ce temps souvent tout bizarre et qui pourtant nous fait tout de même avancer,

Déjà passage qui nous fait mieux aimer.

 

dimanche, mars 5 2017

Que ma prière devant Toi s'élève comme l'encens

 

« Chacun de nous a en lui son holocauste, et il embrase l’autel de son holocauste pour qu’il brûle toujours. Pour moi, si je renonce à tout ce que je possède, prends ma croix et suis le Christ, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu ; ou si je livre mon corps aux flammes en ayant la charité et obtiens la gloire du martyre, je m’offre en holocauste à l’autel de Dieu. Si j’aime mes frères jusqu’à donner ma vie pour mes frères, si pour la justice et la vérité, je lutte jusqu’à la mort, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu. Si je fais mourir mes membres à toute convoitise de la chair, si le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu et je deviens moi-même le prêtre de ma victime. »

 

Origène, Homélie sur le Lévitique, IX, 9, SC 287.

 

jeudi, mars 2 2017

Carêmencer #1

Une petite série de Carême ? Pourquoi pas... Sans savoir à l'avance si je m'y tiendrai ou pas. 

Une idée en l'air : peut-être avec quelques mots en C en lien avec le Carême et un titre "Carêmencer" qui ferait rimer Carême et ensemencer. Parce qu'il y a quelque chose de cela dans cette marche de 40 jours : comme des germes de liberté à ancrer plus fermement et plus fertilement en notre vie !  

http://img.freepik.com/vecteurs-libre/ensemble-de-smileys-croquis_23-2147591902.jpg?size=338&ext=jpg

Le carême, c'est un tantinet comme le... 

... Correcteur (automatique) de mon iPhone, ou presque ! 

 

Pourquoi ? Je vous explique : tout à l'heure, j'écrivais un bête texto sur une histoire sordide de mon collège. Pour marquer mon embêtement, je l'agrémente d'un :-s smiley montrant mon désarroi face à l'affaire... et voilà que le correcteur automatique de mon iPhone le corrige en :-D me faisant par là-même sourire ! 

Le carême, c'est un peu comme cela : la conversion de nos grises mines en sourires lumineux... Sauf, qu'à la différence de l'iPhone, cela ne fait pas abstraction de notre liberté en corrigeant automatiquement : il faut y engager notre volonté, notre désir et le Seigneur pour que soient convertis nos moments de tristes sires en visages rayonnants de Lui ! 

 :-) 

 

mercredi, mars 1 2017

Parce que tu n'es ni sanglier, ni cendrier mais bien Fils bien aimé

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"Tu es un sanglier, tu es un sanglier" trouve-t-on dans Les douze travaux d'Astérix

Moi, parfois, le mercredi des Cendres, j'ai l'impression qu'on me dit "tu es un cendrier, tu es un cendrier" avant de m'apposer moult dose de cendres sur le haut du crâne. 

Evidemment, ce n'est pas le sens : on me colle des cendres sur la tête pour me rappeler que je finirai un jour aussi poussière que celles-ci car c'est ce que je suis, que ce serait tout de même assez bien, un jour, de me décider à me convertir... C'est bien, c'est exact, mais ce n'est pas tout. Si je m'arrête là, c'est pur volontarisme : c'est "aïe, aïe, aïe, ma finitude ! Hop, je retrousse mes manches et je me convertis ! Allez, vite, un sac, des sandales et quelques sauterelles sans miel et pas trop grillées pour ne pas donner l'impression d'abondance, je vends mes biens et je pars proclamer l'évangile dans les rues !". J'exagère, certes, mais c'est toujours une tentation aussi que celle de se poser plein de résolutions si dures qu'escalader l'Everest en comparaison serait sinécure et des résolutions dans lesquelles nous nous remuons mais en oubliant que le Carême, c'est avant tout grandir dans notre lien de filiation divine. C'est grandir dans le sens profond de cette certitude que "sans moi - sans Lui -, vous ne pouvez rien faire", c'est laisser plus de place à cette relation d'amour filiale pour apprendre à vivre en Fils. 

Si ces cendres délicatement déposées sur mon front étaient certes le rappel de ma finitude, de l'urgence de me convertir mais étaient aussi l'indéfectible souvenir du feu qui les a brûlées ? 

Si ces cendres étaient un appel à ranimer ce feu de l'Esprit Saint déposé au creux de moi, ce feu qui brûle et qui n'attend que ma vie pour l'embraser tout entière ? 

Si ces cendres étaient le signe que tout n'a pas encore brûlé dans ma vie et que je peux apprendre à laisser l'Esprit Saint crier vers le Père "Abba" pour apprendre à aimer comme Lui ? Un peu, au moins ?  

Peut-être que les Cendres qui ouvrent le carême, ce n'est pas un "tu es un cendrier, tu es un cendrier", mais bien  plutôt un appel à apprendre à vivre sous Son regard lumineux, Son regard qui ne nous dit pas que nous serions un bête sanglier cendrier mais un regard qui nous aime et nous modèle si nous Le laissons faire, sans aucune persuasion mais en toute liberté.  

Quarante jours s'ouvrent devant nous pour cela :
Seigneur, vivifie-moi par Ton Esprit Saint : qu'Il brûle tout en moi, surtout les mauvaises herbes ;
Seigneur, apprends-moi à me laisser aimer par Toi
Et redresse ce qui est faussé pour être modelée un peu plus à Ta ressemblance. 

Heureux et fructueux carême à chacun ! 

 

mardi, février 28 2017

Parce que demain n'est pas la veille mais quand même

Pour agrémenter le petit-déjeuner crêpier de Chantal ;-) 

 

Nous ne sommes encore que mardi gras mais je vous propose ce beau billet du président du Centre Sèvres qui donne plusieurs pistes pour nous préparer à ces 40 jours : pour que le feu soit vif sous la cendre ! 

http://www.femininbio.com/sites/femininbio.com/files/styles/panoramique/public/images/2012/11/feu_braise_cendre.jpg?itok=6jzU4YaT

 

Bientôt va commencer le temps du Carême. Que faire pour que ces semaines ne soient pas comme les autres, (pour nous qui fréquentons le Centre Sèvres) ? Nous savons bien que le Carême n’est pas ce temps où il faudrait s’acquitter d’un certain nombre de privations et se tenir dans l’austérité pour être en règle avec la loi. Il est le moment où nous nous pouvons prendre conscience de notre finitude, de notre incapacité à aimer par nous mêmes, et de la nécessité vitale de nous tourner vers un autre que nous. Et cela peut être vrai aussi dans le travail de l’intelligence… Nous avons besoin de tels moments pour donner sens aux temps qu’on appelle ordinaires.
Qu’allons-nous vivre durant ces jours ? Quels moyens simples pour réveiller ce qui dort en nous ? A chacun de repérer ce dont il a le plus besoin pour aller vers l’essentiel. Peut-être s’agit-il de retrouver un peu de liberté face à ce qui, dans le quotidien de nos jours, nous tient captifs, nous inquiète et nous referme sur nous-mêmes. Il n’est pas difficile de trouver là où nous avons besoin de gagner en respiration intérieure, nous rendre disponible pour autre chose, pour un Autre, pour les autres. Pas besoin de chercher très loin quel ascétisme pratiquer ; il suffit, pour être décentré, d’être attentif aux appels du quotidien.


Mettons encore une fois notre cœur, notre intelligence et notre corps en éveil, pour entendre tout ce que Dieu veut nous dire. A chacun selon son histoire, il murmurera que nous préparons Pâques dans nos vies et dans ce monde chaque fois que le partage est plus fort que la possession, le désir de fidélité plus grand que celui de tout essayer ou de tout vouloir, la liberté de conscience plus importante que l’embrigadement idéologique, l’écoute intérieure plus insistante que la cacophonie ambiante, la solidarité plus contagieuse que la solitude, la parole plus influente que l’indifférence, le pardon et le respect de la vie plus forts que la haine et la mort.


Seul, nous n’y parviendrons pas. Mais le Christ nous redit en ce début de Carême qu’il s’embarque avec nous pour nous conduire sur les rives pascales.

 

François Boëdec, président du Centre Sèvres

Original par ici >>

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