Zabou the terrible

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jeudi, avril 22 2010

Billet du soir griffonné

 

Silence du soir

Tout est éteint chez les miens, comme tous les jours.

Et peut-être plus encore en ce soir où, à la campagne, je veille seule au coin du feu, à la recherche de quelques mots, de ces mots à écrire pour cette introduction critique que je dois procurer à mon édition.

La tâche est ardue, se veut érudite mais est, le plus souvent, simplement aride.

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lundi, avril 19 2010

Pensée inactuelle 5

 

« Pouvoir perdre (amittere posse) est ainsi le point de départ de la détermination de l’aimer (amandum) parce que la vie ne cesse de se perdre en approchant de la mort »

 

Hannah Arendt, Le Concept d’amour chez Augustin

 

Et c'est ainsi que "perdre" peut vouloir dire "gagner", dans une logique où tout semble renversé.

 

samedi, avril 17 2010

Grains d'humanité

 

            J’aime ces jours particuliers où le printemps semble enfin s’installer dans notre Quartier Latin. Le soleil se fait plus brillant, les arbres osent enfin sortir leurs plus beaux atours : la nature prend les couleurs de la jeunesse et cela est bien doux.

 

            Jeudi dernier, entre une matinée passée à la bibliothèque et un séminaire, c’est donc tout naturellement que je me suis décidée à aller déjeuner dans ce square de Cluny que j’apprécie tant. Le soleil brillait, la foule était dense : enfants qui jouaient, touristes de passage (les vacances étaient commencées dans les autres zones !) se mêlaient aux habituels étudiants. Sur les bancs, les amoureux débutants n’étaient pas rares, balbutiant leurs premières tendresses sous le regard amusé des pigeons. Tout se faisait rieur, léger, tellement léger… et, pourtant, dans ce rare coin de libre était avachi endormi cet homme, pas rasé, suintant l’alcool, respirant la pauvreté. Je n’avais rien à lui donner, à lui offrir, même pas un mot à dire puisqu’il était dans une autre sphère… Je me suis installée à proximité en souriant : je n’avais que mon regard, ce « regard de braise » comme disent les mauvais dragueurs du métro parisien, à lui offrir. Je l’ai simplement regardé. Oh, non avec feu, mais avec foi, tentant d’offrir à cet homme endormi et comme déchu, un simple regard humanisant, brisant l’impersonnalité crasse du tourbillon printanier. Regard lancé comme une bouteille dans l’amer… regard de rien, aussi, parce qu’il en est Un qui le regarde avec grand amour, mais regard humain, tout de même, pour le lui dire.

 

            Vendredi soir, quelques amis, une messe de semaine dans une célèbre paroisse parisienne : occasion particulière de prier pour et avec l’anniversaire de l’un d’entre nous, jeune séminariste. J’aime ce moment, cette petite dizaine de minutes où chacun arrive pour s’installer : mémé habituée du 1er rang, cadre dynamique essoufflé, humble malade peinant à marcher, adulte maladroit bousculant les chaises pour arriver à « sa » place, agnostique du dernier rang… Au-delà du caractère uniforme et des bises échangées entre les habitués, entrapercevoir cette vivifiante diversité qui n’est pas sans accrocs… mais tous tournés vers une même direction.

 

Des journées…

Tout un reflet d’une humanité, tout un reflet d’universalité, tout un reflet de catholicité.

 

Moments où l’humanité se révèle dans toute sa surprenante fragilité,

Moments pour lesquels je confesse une profonde tendresse.

 

vendredi, avril 16 2010

Bien s'aimer


            Ce soir, je ne sais trop pourquoi, j’ai eu envie d’ouvrir un vieux bouquin ; un vieux livre qui ne se trouve jamais bien loin de ma table de nuit parce qu’il accompagna un moment de ma vie, et d’y relire ce que le p. Varillon racontait sur l’Église. Envie incongrue s’il en est, non ?

 

L’Église n’est pas une institution qui va régir de l’extérieur la vie des chrétiens, comme une organisation qui a ses règles, ses lois, son programme auxquels il s’agirait de souscrire avant d’entrer. L’Église est ce qui nous transmet la vie divine, ce qui nous la communique aussi bien que ce qui la règle. Notre vie a besoin d’être à la fois animée, dynamisée et réglée. S’il n’y a pas de règles, le dynamisme pur risque de conduire aux pires aberrations. À l’inverse, là où il n’y a que règles, lois, disciplines, sans aucune vie, aucun élan, c’est du pur juridisme qui ne répond à aucun de nos besoins profonds. L’essentiel, c’est la vie, c’est la source. Or la source est le Christ. […]

 

            L’amour seul unit et unifie. Il faut toujours commencer par la justice, car l’amour est chimérique s’il ne s’épanouit pas sur le fondement de la justice. Mais la justice peut maintenir séparés ; il y aura respect mutuel mais il n’y aura pas communication ou communion réciproque. Il n’y a pas de communauté authentique si le ciment n’en est pas l’amour.

 

François Varillon, s.j. Joie de croire, joie de vivre

 

jeudi, avril 15 2010

Rédiger...

 

C’est le deuxième mémoire que je rédige. Il est certes fort différent du premier dans son principe mais je devrais être rodée, avoir acquis une certaine habitude de l’exercice. Pourtant, il m’est difficile de parvenir à griffonner quelques mots sur la page blanche devant moi. Le jour, comme la nuit, la nuit, comme le jour…


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mercredi, avril 14 2010

La sacristie fait (l')appel

La suite des aventures de (la porte de) ma sacristie !

Si ma sacristie fait appel,

la sacristie, elle, pour sa part, fait l'appel puisqu'elle compte 3 nouveaux membres :  

- N.M. du blogue Thomas More.

- Incarnare du blogue Théologie du Corps

- Le Père Pierre-Hervé Grosjean du blogue Padreblog.


Bienvenue, welcome, herzlich willkommen les amis !

lundi, avril 12 2010

Unum baptisma

 

Je n’ai jamais réussi à prononcer son nom convenablement, malgré tous mes efforts…. pourtant, jeudi, elle m’avait invitée. Il faut dire que nous suivons un séminaire commun depuis le début de l’année et qu’elle tenait absolument à me remercier d’une relecture d’un de ses travaux.

 

Elle, c’est une Coréenne, ayant obtenu une bourse d’études pour 3 ans en France. Elle, c’est une fille sur qui je ne savais pas grand-chose.

 

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vendredi, avril 9 2010

Smile ! ;-)

"Il" est bien arrivé...

En bleu marine...

 Voilà à quelles extrémités ton blogue me mène chère Eliette !!!


mercredi, avril 7 2010

Des bruits de sacristie : débris, des bris... et un appel !

 

 

Voilà ce que donnent les bruits de sacristie quand deux vicaires aiment à y rivaliser d’ingéniosité…

 

Des bruits de sacristie,

Il y en a beaucoup.

Des petits, des grands, des vrais, des faux, des drôles, des tristes…

C’est bien simple, il y a autant de bruits de sacristie que de paroissiens tant il est rare que ce lieu ne bruisse d’un certain murmure, murmure contre lequel un saint aussi respectable que saint Benoît ne cessait de mettre en garde : il avait certainement de bonnes raisons.

 

Depuis plusieurs semaines, le murmure est partout : il salit nos prêtres, il salit notre pape, il salit par là-même notre Église. Il salit nous autres fidèles laïcs qui faisons le choix de suivre le Christ dans cette Église qui est aussi, ne l’oublions pas, nôtre.

 

Pour combattre le trouble murmure, il faut choisir d’élever la voix avec justesse.

 

Non avec le bredouillement incompréhensible de la timidité,

Non avec la véhémence indignée d’une forteresse mal défendue,

Non avec la fougue désordonnée de la colère

 

Mais bien avec la clarté et la force que donnent vérité et justice quand elles se rencontrent et cherchent à s’embrasser.

 

Un appel résonne…

Quelle sera votre réponse ?

 

Lien : http://www.appelaverite.fr/

 

dimanche, avril 4 2010

ALLELUIA !!! - Pâques 2010

samedi, avril 3 2010

Samedi Saint, Samedi Signe (où il peut être Signifiant de Signer)

Un Samedi particulier.

Il ne se passe rien, ou si peu.

 

Le silence règne ; s’ouvre comme un vide.

Un vide plein d’attente,

Un vide empli de promesse,

Un vide qu’il ne faut pas chercher à remplir,

Un vide qu’il faut laisser se creuser en soi.

 

Un vide troublant, parce qu’il est peu courant

Mais un vide qui crée l'espace d'un appel, d'un désir.

Un vide confiant, car espérant,

Entrevoyant comme une lueur dans la Nuit,

Comme un à-venir, qui serait plénier et rayonnant.

 


 

Un samedi dont vous pouvez aussi profiter du « vide » qu'il offre, non pour dormir mais bien pour signer cet important appel à la vérité : http://www.appelaverite.fr/

 

vendredi, avril 2 2010

Du jeudi au vendredi

 

J’aime ces heures de veille assez uniques que nous offre le temps liturgique.

 

En pleine nuit, ressortir

Le soir, au cœur de la nuit, ou le matin, dès l’aube

Quand les ténèbres règnent encore sur terre,

À pieds, ou à vélo, peu importe,

Mais venir.

 

Doucement se glisser dans l’église enténébrée,

Si sombre qu’elle semble elle aussi ensommeillée,

S’avancer vers le coin, seul, illuminé.

Poser un genou ou deux à terre, ou bien s’asseoir.

Tracer ce signe qui nous enveloppe tout entier d’un si grand amour

 

Sourire, fermer les yeux, veiller,

Prier, adorer, simplement aimer.

 

Temps de silence, temps de rien,

Temps comme volé au prenant quotidien

Temps offert à Celui qui lui donne son sens

Sans qu'il lui soit ôté ne serait-ce qu'un rien.

 

jeudi, avril 1 2010

Jeudi Saint 2010 : une histoire d'amour


 

Bien-aimés,

Aimons-nous les uns les autres,

Puisque l’amour est de Dieu

Et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.

Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu

Car Dieu est Amour. […]

 

Bien-aimés,

Si Dieu nous a ainsi aimés,

Nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres.

 

I Jn IV, 7-8 ; 11.

 

Ne pas se taire

 

C’était il y a désormais quelques semaines.

 

Je me souviens être entrée dans son bureau pour un amical salut, de passage dans le coin, et ce que je vis me troubla : il fulminait. Oh, pas qu’un peu mais l’on aurait presque cru la caricature des cartoons, vous savez tout rouge avec la fumée qui sort par-dessus la tête.

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mercredi, mars 31 2010

Faim de mars… et ça repart, vers l’infini et au-delà !

 

            « Il y a tant de choses à dire sur la fin de mars, que nous nous trouvons dans la nécessité de choisir. C’est la fête de l’Annonciation ; mais c’est aussi la fête de l’Incarnation. Car l’Incarnation, après l’Annonciation, ne s’est pas fait attendre. »[1]

 

            « Le mois de mars, disent les Bollandistes, est le premier des mois. C’est en mars, disent-ils, que le monde a été créé, en mars que le Rédempteur a été conçu. Le mois de mars est le premier mois que la lumière ait éclairé. Le Fiat de Dieu qui a ordonné à la lumière de naître, et le Fiat de la Vierge qui a accepté la maternité divine ont été prononcés tous deux en mars. […]

 

            Ces anniversaires ne sont pas des coïncidences. Ils se répondent les uns aux autres comme les échos se répondent de montagnes en montagnes.

 

            Ils marquent les heures sur l’horloge du temps. La nuit qui guidait les Hébreux dans le désert était faite de lumière et d’ombre. Le plan gigantesque qui embrasse la création, la Rédemption, la consommation, est tantôt obscur et tantôt lumineux. La main qui guide l’humanité tantôt baisse et tantôt soulève le voile derrière apparaissent les mystérieuses et solennelles harmonies. »[2]

 

 

Mystérieuses et solennelles harmonies, symphonies printanières, taquinerie gracieuse du jeu d’écho.

Demain commencera un autre mois, demain s’ouvrira le Triduum Pascal : ouverture en service majeur d’une apothéose.

Demain s’éveille ce qui mène à l’aurore d’une autre Vie,

D’un moi(s) qui répond à l’a/Autre,

Dans la vigoureuse fraîcheur d’un éternel commencement.

 



[1] Ernest Hello, Physionomie des saints, « La fin de mars ».

[2] Ibid. « Privilège du mois de mars ».

lundi, mars 29 2010

« Que tout être vivant tombe à genoux »

 


Il n’est pas vraiment à la mode de s’agenouiller. La mode serait plutôt à l’homme s’imaginant debout, fier, délié de toutes ses attaches, n’adorant plus ni Dieu ni diable, dans une orgueilleuse attitude qui se prétend et se croit liberté. Attitude trop souvent d’aliénation aux multiples sollicitations attractives de notre monde.

                           

L’agenouillement ferait l’esclave,

L’agenouillement serait soumission servile,

L’agenouillement serait profonde bêtise :

Je dis qu’il montre l’homme libre.

 

Hier, lors de la Passion, en m’agenouillant avec mes frères au moment de la mort du Christ, avec tous ces jeunes qui me sont confiés, agenouillement d’un seul mouvement et d’un seul cœur, il se mit à régner un silence profond. Le Christ venait de mourir… et le silence n’était pas triste, il était entier.

 

Et qu’importe si cette lecture était trop longue et que les plus jeunes décrochèrent, qu’importe s’ils ne comprenaient pas tout…il y eut ce moment.

 

Et je dis que cet agenouillement-là avait valeur d’adoration… qu’il disait à son tour par le truchement du corps « que toute langue proclame : Jésus Christ est le Seigneur, pour la gloire de Dieu le Père ».

 

C’était divinement beau. C’était promesse de vie devant le troublant silence de la croix.

 

dimanche, mars 28 2010

Rameaux 2010



Entrer dans la Semaine Sainte avec Philia, peut-être, oui...

Mais faudrait pas voir à oublier l'Agapê !

 

Verdeur revigorante qui ne flétrit pas,  

puisque "si nous mourrons avec lui, avec Lui nous vivrons" !

 

Faisons-nous pousses inattendues, rameaux de la seule gloire qui ne s’éteint pas,

branches d’un amour qui se/nous consume sans fin…

 

Belle Semaine Sainte à chacun !


samedi, mars 27 2010

Le calembour est-il un V.I.S. ?

       D'aucuns aiment à critiquer mon humour, qualifié si vulgairement de "pourri", ou, pour les belles âmes de "calamiteux". J'aimerais bien savoir ce qu'ils penseraient de celui du pape...

     Parce que, bon, on le critique ces temps-ci mais je crois que personne ne pourra plus désormais le dire dénué d'humour !

(Source : Vatican Information Service traduction française du 26 mars)

jeudi, mars 25 2010

Selon st Jean

 

« L’homme sans amitié, dit-il, reproche les bienfaits, exagère les moindres faveurs. L’ami cache les services rendus, en dissimule l’importance, et semble tout devoir, quand tout lui est dû.

 

Vous ne me comprenez pas ; hélas ! je parle d’une chose qui ne se trouve maintenant qu’au ciel, et de même si je vous entretenais d’une plante des Indes que personne n’aurait vue, il me serait difficile, avec beaucoup de paroles, de vous en donner une idée exacte ; ainsi mes discours sur l’amitié demeurent inintelligibles pour vous, car c’est une plante du ciel… Dans un ami, on possède un autre soi-même. »

 

St Jean Damascène, cité par E. Hello


lundi, mars 22 2010

Cinq ans d'âge



            Le 2 mars dernier, ce blogue a eu 5 ans. J’ai laissé passer la date : peu importe, la vie m’appelait alors ailleurs. Toutefois, je profite du printemps qui s’éveille pour marquer cet anniversaire d’un billet : ce n’est pas que l’événement soit spécialement important en lui-même, ni signifiant… mais c’est que ce blogue a tout de même cinq ans. Cinq.

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