Zabou the terrible

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À l’heure de rendre mon mémoire

 

St Benoît sur Loire 31 mai 2009

 

À l’heure de rendre mon mémoire.

 

            Dans quelques heures désormais, je rendrai ce travail qui a occupé toute cette année. Satisfaite tout en sentant ses terribles limites : ce n’est encore qu’un travail de master 1, petit et maladroit.

 

Il est l’heure de le rendre, d’accepter que tout ne soit pas parfait, tout en se disant qu’on s’est battu pour faire de son mieux. Ne pas tomber dans le perfectionnisme tout en conservant un esprit méticuleux, soucieux de bien faire.

 

Il va être l’heure de le laisser tranquille, de le laisser…vivre sa vie en quelque sorte, à ce mémoire, à ces pages qui viennent de soi, de son esprit, de ses mains. Et c’est émouvant. Et j’aurai été profondément heureuse de le réaliser, malgré les heures sombres où la recherche se fait désespérément aride et l’enfantement si difficile.

 

Mais cette année, – faut-il le dire ? – aura été la pire de ma vie malgré toute la joie qu’elle m’a apportée. Durant un mois, j’ai été plongée dans le black-out complet, où je ne savais plus où me tourner. Plongée dans les larmes jusque dans ma prière mais vivante malgré tout, quand même. Certains d’entre vous savent pourquoi, d’autres non : il importe peu, ici n’est pas la place pour une histoire si intime.

 

Rien ne s’est foncièrement amélioré depuis et mon mémoire aura été lutte. Et je sais que je n’aurai jamais un « c’est bien » de celui dont je l’aurais espéré. Avant. Parce que cela me semblait normal. Il m’a fallu faire un deuil de tout cela et mon mémoire est devenu synonyme de lutte, est devenu encore plus synonyme de choix pleinement personnel, n’attendant même plus une quelconque reconnaissance des proches : il ne s’en est pas trouvé meilleur, il en a été purifié.

 

            Dans les ténèbres, une seule chose était là qui m’a permis de vivre : cette formidable certitude de me savoir aimée par Dieu. Non pas de simples mots, mais une lumière, une flamme intérieure ardente, qui permettait de sourire et de vivre au-delà de la douleur. Seule, je me serais écroulée. Et cet Amour si fort, dans des ténèbres si noires, il m’était transmis par vous tous, mes frères en humanité. Alors, tout cela, c’était pour vous dire que ce mémoire « à moi », il était un peu le vôtre, aussi. Sans vous tous qui m’avez entourée, souri, écrit, croisée, hébergée, emmenée au cinoche, fait rire, sans vous que je ne connais pas mais que j’ai croisés d’un sourire lors de mes promenades parisiennes où je calmais mes nerfs, sans vous chanteurs des rues, sans vous sourires d’enfants, sans vous amis, sans vous tous, il ne serait pas là, à quelques heures de l’impression.

 

            Il m’importe peu, au final, que ce mémoire soit raté ou réussi mais il est là et, de cela, je tenais à vous dire merci.

 

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