Image Hosted by ImageShack.us
 

            Il était tard quand le soleil se coucha. Accoudée à sa fenêtre, elle songeait. Comment dire cela ? Comment dire ce plaisir d’un instant, cette étincelle qui surgit alors même qu’il est question d’aride méthodologie littéraire, de normes qui, souvent – trop souvent –, ne recouvrent plus rien ?

 

            Elle se rappela le matin, quand, au détour d’un rappel sur les attentes d’un exercice si canonique, l’exemple se mua en discussion passionnée et inattendue sur Faust, Dieu, Goethe et Méphistophélès. Et pas avec elle, avant tout entre eux. La tutrice ne pouvait que sourire, heureuse de s’effacer derrière un texte, derrière le texte.  

 

            Elle rangea ses affaires, ravie de l’aventure, quand une étudiante étrangère vint la voir pour lui demander conseil. Comment se préparer ? « Lisez, lisez, et lisez ! Mais, avant tout, ajouta la tutrice décidément pendable, faites-vous plaisir ! Un texte, cela se déguste ! »

 

            Il serait blasphématoire d’affirmer que la littérature peut sauver l’humanité de sa détresse ontologique ; il n’est pas tout à fait inconcevable de l’offrir en remède, en jeunesse, en fraîcheur, en sel contre le marasme abscons de notre milieu universitaire. Et j’ose le croire.