Zabou the terrible

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Breizh Messe-braise

 

basilique de Folgoët

 

Il m’arrive de porter un regard distancié, amusé, quand l’occasion se présente de me rendre à la messe dans une petite église de pleine campagne. Moi, la banlieusarde, je goûte l’harmonium, les voix chevrotantes, les annonces de messe improbables, les usages liturgiques… « spéciaux ». Et pourtant…

 

Pourtant, au-delà de ce que je peux dire, au-delà de mes premières impressions, au-delà de tous ces souvenirs qui me ramènent aux doux mois d’été de mon insouciante enfance en Mayenne et en  Normandie, il se trouve là quelque chose qui m’impressionne, qui me touche dans l’intime de ma vie: leur fidélité inter- dimensionnelle.

 

Au milieu de quelques maisons dispersées, ils viennent, parfois de loin, se retrouver là tous les dimanches. On s’embrasse tous, on se connaît tous, on s’assoit les uns à côté des autres, on se raconte les dernières nouvelles (de ceux qui reviendront dans un an ou deux, ou jamais).

 

L’étrangère regarde, amusée. Amusée avant de voir ces messieurs du premier rang gauche qui ont certainement usé leurs culottes ensemble sur les bancs de l’école avant de les user à l’église. Avant de voir ces vieilles dames à la justesse de foi plus forte que celles de leurs voix usées par les années. Avant de voir ce curé rayonnant, pimpant pour ses 70 ans, rappeler qu’il fêtait aujourd’hui ses 10 ans d’installation comme curé de la paroisse. Avant d’entrer ensemble dans cette prière de l’Église qui est la nôtre.

 

Effata ! Le regard, s’entrouvre, s’élargit, distingue

Effata ! et voit :

cette force qu’il faut pour, chaque semaine, faire des kilomètres (et en plus, parfois, il fait froid !)

cette amitié vécue, signe de celle cherchée sans cesse avec le Christ

cet engagement dans les petites choses, pour que la liturgie soit belle « quand même »

ce courage pour continuer, toujours, « malgré tout », quand les forces vives de la jeunesse sont manquantes.

cette « pratique » qui ne va pas de soi.

 

Effata. Le regard change.

 

L’accusateur devient admirateur

L’amusement devient étonnement

La moue se mue en sourire du cœur.

 

Et le Christ accomplit encore un miracle, là, maintenant, tout de suite.

 

Miracle du quotidien, quotidien du miracle pour qui confie la prunelle de ses yeux au Christ.

 

Commentaires

1. Le mardi, septembre 8 2009, 10:58 par Maggy

:-)
Note que la photo n'est pas celle de l'église de Treflez, je suis un peu scandalisée ^^

2. Le mardi, septembre 8 2009, 13:56 par Zabou

@ Maggy : héhé, tu es bien placée pour savoir que je n'avais pas mon appareil photo à ce moment-là. Mais elle vaut le coup la basilique du Folgoët, non ?

3. Le mardi, septembre 8 2009, 14:11 par Hervé

Bien d'accord avec toi, Zabou : c'est beau de voir la fidélité de nombreux paroissiens dans les zones rurales.

Début août, j'ai traversé à pied le Finistère, de Quimper à St Pol de Léon, par les Monts d'Arrées. Nous étions + de 1500 pélerins du TRO BREIZ, dont Samuel -Arzur sur le forum Ephata- et avons vu plusieurs églises du même type que celle du Folgoët. Comme vous dites, toi et tes amies, "la Bretagne, c'est le Bien !"

4. Le mercredi, septembre 9 2009, 18:42 par Zabou

@ Hervé : ça doit être un chouette truc cette marche ! :-)

5. Le jeudi, septembre 10 2009, 20:28 par Hervé

Zabou : ça c'est vrai, le Tro-Breiz, c'est un super pélé :-)
Sinon, comment expliquer rationnellement que des milliers de personnes marchent sous la pluie 25 à 30 km par jour en se levant à 6H du matin, alors qu'il suffit de 2h de train pour rejoindre la cathédrale que l'on atteint à pied en 6 jours ?
C'est l'occasion de nombreuses rencontres, de Bretons d'ici et d'ailleurs (j'ai même vu plusieurs personnes de ma paroisse parisienne ;-) ), de prière dans la nature et dans les nombreuses églises et chapelles croisées en chemin, mais c'est aussi un vrai pélé, avec Messes, adoration, veillées spi.. avec une très bonne ambiance. Je me permet de mentionner l'adresse du site des Chemins du TB : http://www.trobreiz.com
Malgré l'humidité bien présente (il fait beau, mais ça ne dure pas une semaine, sinon les Bretons se plaindraient !), dès que c'est fini, on attend l'édition de l'année suivante...

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