Je ne sais pas comment j’en suis arrivée là mais cette année, j’apprends à éditer des textes. Et surtout, j’en ai un que j’édite, moi, Zabou, tout au long de l’année. Même que c’est un manuscrit et que c’est tout de même super émouvant (et j’assume !) de travailler sur le texte d’un auteur qu’on aime.

 

À quoi ça sert ? La question est toujours la même et je m’use à n’y jamais répondre : l’(in)utilité, la beauté, le « mieux marcher », tout ça, tout ça… c’est la question que l’on pose sans cesse à la littérature elle-même. Mais le « pourquoi ? », le pourquoi je fais ça, c’est ce que j’apprends, jour après jour, à travers les aridités inhérentes à l’édition de texte à découvrir.

 

Éditer, c’est se constituer en héritier.

Éditer, c’est aussi donner à son tour un texte à lire : c’est donc apprendre à lire pour mieux faire lire.

Éditer, c’est tenter la fidélité au texte venu du passé tout en lui donnant vie dans le présent. C’est une grosse responsabilité, jamais gagnée.

 

Et l’on se dit, petit à petit, en découvrant toute cette richesse de l’édition qui s'offre à qui songe à ce qu'il fait, que c’est grâce à tous ces gens un peu fous mais souvent géniaux qui ont fait des éditions dans le passé que l’on peut lire, aujourd'hui, tant de textes. Et l’on est fier de participer à cette multitude anonyme, à sa micro-mesure de petit étudiant pas vraiment savant, un peu tâche, mais drôlement content.