Snif, dernière épreuve, c’est tout de même émouvant : ça passerait presque trop vite. Dans quatre heures, je ne serai plus tout à fait la même : j’aurai vécu un CAPES. Et là, une modalité historique : la dernière édition de lettres modernes comportant une épreuve de langue. Vraie Der des der pour cette épreuve : il va me falloir me pousser un peu afin de lui rendre un véritable hommage.

 

            Bon, retrouvailles des surveillants – ô joie ! – et de ma table, avec mes copies déjà prêtes, mon papier de brouillon si coloré et mon étiquette en haut à droite (c’est fou comme on devient vite possessif). Je colle mon étiquette sur la copie juste au moment où le chef de salle passe. Il s’arrête, se retourne, s’apprête à l’ouvrir grande croyant que je la collais dans le mauvais sens, je me marre et lui montre : « Regardez, c’est dans le bon sens ! Décompressez, vous semblez un peu stressé ». Il daigne rire et doit se dire que les candidats ne sont plus ce qu’ils étaient. Ah morveux qui n’ont plus peur de rien ! Eheu dirais-je si j’avais choisi latin.

 

            Je retrouve aussi la faute d’orthographe figurant sur l’ensemble des copies qui fait vraiment désordre quand il s’agit d’un concours pour recruter de futurs professeurs de français. Crispée, je la prends en photo.

Je ne sais pas si vous arrivez à lire ? Cela m'a sauté aux yeux durant les trois jours.

 

            C’est bientôt l’heure : tout le monde a un dictionnaire exotique sur sa table. Oxford, Cambridge et cher Félix adulé par les foules sont de sortie ! Mon Pons aussi, bien sûr, il en frémissait d’impatience. « Messieurs les surveillants, veuillez procéder à la fermeture des portes », distribution des sujets, je feuillette la totalité des versions (Oh, du Doris Lessing ! Oh, du Thucydide ! Oh, du Pétrone !) puis me dis qu’il faut être sérieuse : je me lance dans la mienne, l’allemande. Un texte de 2000, de Wladimir Kaminer (inconnu au bataillon de mon côté), sur la Russie post-1990. Je peine à entrer dans le texte puis… au fur et à mesure de la traduction, je comprends peu à peu, le goûte et finis par tant déguster cet extrait que j'y passerai les 4h offertes aux candidats gastronomes.

 

            Vraiment sympathique, même si certaines tournures m’ont certainement échappé : pas grave, j’ai encore à progresser en allemand même si les trois semaines pleines en Allemagne l’été dernier m’ont été grandement bénéfiques ! Les quatre heures passent vite et c’est presque mélancolique réjouie que je rends ma copie : c’est fini ! C’est fini ! C’est fini ! C’est fini ! Vous ai-je dis que c’était fini ?

 

            Ramassage des copies, au revoir laconique des surveillants. Même pas un gramme d’humour, ils auraient vraiment pu nous signifier : « Vous avez tellement bien travaillé que vous êtes admis à revenir en deuxième année ! ». C’eût été la moindre des choses, ne trouvez-vous pas ? Eh bien non, même pas… il faut tout faire seul dans ce concours, même les blagues, pff.

 

En résumé, ce CAPES ? Tant la chèvre se gratte qu’à la fin elle en a mal Veni, vidi, ludi ! Ah quelles bonnes vacances j’ai passées ! Bon, un peu de sérieux maintenant, les choses sérieuses recommencent.

 

Tschüss Arcueil ! Bis bald !