Il n’est pas vraiment à la mode de s’agenouiller. La mode serait plutôt à l’homme s’imaginant debout, fier, délié de toutes ses attaches, n’adorant plus ni Dieu ni diable, dans une orgueilleuse attitude qui se prétend et se croit liberté. Attitude trop souvent d’aliénation aux multiples sollicitations attractives de notre monde.

                           

L’agenouillement ferait l’esclave,

L’agenouillement serait soumission servile,

L’agenouillement serait profonde bêtise :

Je dis qu’il montre l’homme libre.

 

Hier, lors de la Passion, en m’agenouillant avec mes frères au moment de la mort du Christ, avec tous ces jeunes qui me sont confiés, agenouillement d’un seul mouvement et d’un seul cœur, il se mit à régner un silence profond. Le Christ venait de mourir… et le silence n’était pas triste, il était entier.

 

Et qu’importe si cette lecture était trop longue et que les plus jeunes décrochèrent, qu’importe s’ils ne comprenaient pas tout…il y eut ce moment.

 

Et je dis que cet agenouillement-là avait valeur d’adoration… qu’il disait à son tour par le truchement du corps « que toute langue proclame : Jésus Christ est le Seigneur, pour la gloire de Dieu le Père ».

 

C’était divinement beau. C’était promesse de vie devant le troublant silence de la croix.