Nous nous fîmes la bise et je lui demandai ce qui n’allait pas. La réponse ne se fit pas attendre, il me montra le journal qui traînait sur son bureau.

 

Cela suffisait : il savait que je savais ; et je compris.

 

Je crois que je ne pourrais jamais oublier ce jour d’il y a quelques années où il m’avait dit, au détour d’une conversation, son secret, sa souffrance. Puis son choix posé, quand même, malgré tout. Parce que Dieu.  

 

Et aujourd’hui, oscillant entre condamnation énervée et sans appel des actes commis par certains de ses confrères et cette souffrance terrible d’être accusé comme « caste » malfaisante en son ensemble, comme simple prêtre.

 

Il ne doit pas y en avoir des masses des comme lui…

Victime d’actes de pédophilie commis par un membre du clergé dans sa jeunesse et prêtre, quand même, aujourd’hui. Souffrance immense, douleur sans nom et humanité intense qui transparaît dans ses actes.

 

J’ai longtemps hésité à écrire ce billet parce que cette histoire n’est pas mienne mais aujourd’hui, jeudi Saint, c’est la fête des prêtres, de tous nos prêtres. Et je crois que j’avais envie, à travers lui, de rendre hommage à chacun d’entre eux en ces temps  difficiles : bonne fête à lui particulièrement, et bonne fête à vous tous, amis prêtres.