Ce soir, je ne sais trop pourquoi, j’ai eu envie d’ouvrir un vieux bouquin ; un vieux livre qui ne se trouve jamais bien loin de ma table de nuit parce qu’il accompagna un moment de ma vie, et d’y relire ce que le p. Varillon racontait sur l’Église. Envie incongrue s’il en est, non ?

 

L’Église n’est pas une institution qui va régir de l’extérieur la vie des chrétiens, comme une organisation qui a ses règles, ses lois, son programme auxquels il s’agirait de souscrire avant d’entrer. L’Église est ce qui nous transmet la vie divine, ce qui nous la communique aussi bien que ce qui la règle. Notre vie a besoin d’être à la fois animée, dynamisée et réglée. S’il n’y a pas de règles, le dynamisme pur risque de conduire aux pires aberrations. À l’inverse, là où il n’y a que règles, lois, disciplines, sans aucune vie, aucun élan, c’est du pur juridisme qui ne répond à aucun de nos besoins profonds. L’essentiel, c’est la vie, c’est la source. Or la source est le Christ. […]

 

            L’amour seul unit et unifie. Il faut toujours commencer par la justice, car l’amour est chimérique s’il ne s’épanouit pas sur le fondement de la justice. Mais la justice peut maintenir séparés ; il y aura respect mutuel mais il n’y aura pas communication ou communion réciproque. Il n’y a pas de communauté authentique si le ciment n’en est pas l’amour.

 

François Varillon, s.j. Joie de croire, joie de vivre