Il en faut souvent peu pour être heureux[1] recevoir l’étiquette catho… surtout quand on ne s’en cache pas, parce qu’on est joyeux de l’être ou, plus exactement, de chercher à le devenir un peu plus chaque jour.

 

Cette étiquette, elle a, comme tout classement, ses avantages et ses inconvénients : elle peut limiter et classer d’une manière terriblement réductrice aussi bien qu’elle peut grandir et encourager. Elle devient alors bel ornement d’une personnalité, parure bien loin d’être accessoire et dont on ne peut se glorifier tant elle ne vient pas de nous mais qui fait naître au cœur un désir, un mot, un chant de « merci ».

 

Cette étiquette particulière a parfois des conséquences inattendues dans les petites demandes que nous font ces personnes croisées dans l’inattendu quotidien, ni tout à fait proches, ni tout à fait lointaines.

 

Ces demandes de prière, notamment au moment du départ d’un proche. Ces demandes formulées, souvent dans la discrétion, « parce que toi, tu as la foi… », « peux-tu prier… », « toi qui crois… » Moi ?

 

Je suis toujours émue face à ces demandes inattendues… et gênée tant je ne suis pas à la hauteur de leur confiance, moi qui sais si mal prier.

 

Oh, je sais bien que le Seigneur là-haut et plus intime à moi-même que moi-même, il se débrouille bien comme il veut avec nos petites (in)capacités humaines, si incapables de se faire capacité à la mesure de son amour à Lui. Mais il n’empêche, je me sens morveuse… moi qui sais si mal prier, moi qui ne sais pas prier.

 

Et je me prends souvent à penser que ce sont eux les vrais croyants. Eux, qui, pleins de confiance, partagent de leur être, de leur trésor, de ce qui compte pour eux, en ces vases d’argile que nous sommes. Ad Te Domine.

 



[1] C’est vrai aussi ça d’ailleurs.