Ô toi qui crois, prie pour moi
Par Zabou le mardi, mai 11 2010, 08:57 - Lien permanent

Il
en faut souvent peu pour être heureux[1]
recevoir l’étiquette catho… surtout quand on ne s’en cache pas, parce qu’on est
joyeux de l’être ou, plus exactement, de chercher à le devenir un peu plus
chaque jour.
Cette étiquette, elle a, comme tout classement, ses avantages et ses inconvénients : elle peut limiter et classer d’une manière terriblement réductrice aussi bien qu’elle peut grandir et encourager. Elle devient alors bel ornement d’une personnalité, parure bien loin d’être accessoire et dont on ne peut se glorifier tant elle ne vient pas de nous mais qui fait naître au cœur un désir, un mot, un chant de « merci ».
Cette étiquette particulière a parfois des conséquences inattendues dans les petites demandes que nous font ces personnes croisées dans l’inattendu quotidien, ni tout à fait proches, ni tout à fait lointaines.
Ces demandes de prière, notamment au moment du départ d’un proche. Ces demandes formulées, souvent dans la discrétion, « parce que toi, tu as la foi… », « peux-tu prier… », « toi qui crois… » Moi ?
Je suis toujours émue face à ces demandes inattendues… et gênée tant je ne suis pas à la hauteur de leur confiance, moi qui sais si mal prier.
Oh, je sais bien que le Seigneur là-haut et plus intime à moi-même que moi-même, il se débrouille bien comme il veut avec nos petites (in)capacités humaines, si incapables de se faire capacité à la mesure de son amour à Lui. Mais il n’empêche, je me sens morveuse… moi qui sais si mal prier, moi qui ne sais pas prier.
Et je me prends souvent à penser que ce sont eux les vrais croyants. Eux, qui, pleins de confiance, partagent de leur être, de leur trésor, de ce qui compte pour eux, en ces vases d’argile que nous sommes. Ad Te Domine.
Commentaires
c'est vrai ça et ça fait parti des moments qui me font témoigner davantage. C'est comme quand l'une de mes collègues me croise dans le couloir avec un pti nain dans les bras et regarde mon doigt en disant, c'est un dizainier ça??
J'aime ce genre de petit clin Dieu, j'aime soudain l'espace d'un instant cette confiance même si on partage pas tout. J'aime ces moments effémères où l'humilité est assez forte pour qu'on me demande de "prier pour..." c'est si fort !
Loué sois tu Seigneur pour tous tes bienfaits!
bisous
ça me fait penser à une jolie phrase que ma maman a reçue d'une de ses connaissances : "vous êtes un couple lumineux (mes parents donc), on voit que vous avez la foi !"
Je suis une p'tite nouvelle dans cette communauté de blogs cathos, mais je suis ravie de vous avoir tous découverts...
à bientôt
Oui, ça surprend, ce genre de demande, hein ? C'est comme porter une croix de Taizé ou une croix huguenote, ça fait signe de reconnaissance, et de temps en temps on a un petit sourire de connivence... Dans le métro, sans mot, discrètement, juste un clin Dieu pour continuer notre chemin
@ Marie-Anne : bienvenue dans la blogosphère ! Par contre, si tu veux des commentaires sur ton blog, il faudrait éviter de devoir créer un compte G**gle exprès... (désolée Zabou pour cette digression)
Merci pour votre passage, Zabou !
), dans les discussions entre amis "pas forcément cathos" (les discussions comme les amis, d'ailleurs)...
Et merci pour ce bel article, qui pointe une réalité si belle à vivre, et aussi une grande responsabilité pour nous tous, chrétiens, et vous tous plus particulièrement, laïcs ! (Bon, je le suis encore pour quelques semaines, d'accord, vous me pardonnerez l'anticipation...)
C'est votre mission particulière de porter le Christ au coeur du monde, et particulièrement dans tous ces endroits où les curés et autres religieux affichés ne sont pas au coeur de l'action quotidienne ! Au boulot, à l'école, au bar (bon, ça, j'y vais moi aussi de temps en temps
Belle mission, belle responsabilité ! Tout chrétien est missionnaire !
En réalité, ils sont amusants ceux qui te font ces demandes (à moi cela n'est jamais arrivé ; c'est grave ?) : ils ne voient pas qu'ils viennent de prier, pour de vrai ! Je ne sais pas ce que cela pourrait faire s'il s'en rendait compte...
Pas sûr qu'ils en fassent déjà une, de prière ! S'adresser à un intermédiaire, ce n'est pas encore s'adresser à un destinataire final... mais je suis d'accord avec vous, NM, c'est déjà un bon début : à nous de les accompagner, d'abord dans la prière (demandée, et même plus !), et, peut-être, vers la prière véritable, "commerce intime avec ce Dieu dont on se sait aimé", comme disait sainte Thérèse de Jésus (d'Avila).
@ Yayon et Tigreek : croix de Taizé pour moi au quotidien, parfois croix plus "normale" ou médaille de St Benoît mais le plus souvent sous les vêtements. Alors, c'est plus au gré d'une conversation
@ Marie-Anne : bienvenue ici !
@ NM : c'est pas grave, ça changera dès que tu seras CN 1er dan
@ Vianney-encore-laïc-pour-qqs-jours : Cette citation de Ste Thérèse d'Avila fait partie de mes "prem's" dans le cœur mais, toutefois, je pense aussi que NM a raison. Certes, il n'y a pas eu "oraison" au sens où on l'entend mais, dès l'instant où il y a cette demande, il y a, ce me semble, ce petit pas, cette petite marque de confiance vers Celui qui nous dépasse.
Bref, s'ils s'en rendaient compte (et c'est notre rôle "d'intermédiaires" qu'ils s'en rendent compte), je crois que cela ferait mieux que des étincelles mais bien ce feu sur terre que Jésus aimerait tant déjà voir allumé !