Nous étions au jardin.

 

Dans la chaleur surprenante du jour, assis, nous profitions de l’ombre de cet arbre planté là, je ne sais pourquoi, au pied de cet édifice pas tout à fait comme les autres, nous réchauffant, lui ses vieux os, moi ma peau pâlie par les heures de veille.

 

Notre rencontre non plus n’était pas tout à fait comme les autres. D’ailleurs, aucune de nos rencontres n’est tout à fait semblable à la précédente : c’est aussi ce qui fait leur charme.

 

Assis l’un à côté de l’autre, nous regardions ensemble le mur d’en face, la végétation grandissante, la progression lente de l’ombre… et nous parlions. Nous parlions et nous nous taisions, beaucoup. Nous sourions aussi, beaucoup, je crois.  

 

Le temps d’un tour d’horizon.

Un tour d’horizon, même avec la vitesse confiance du cœur enclenchée, cela ne va pas vite car il faut veiller à la profondeur de champ.

 

À l’aune du silence, les propos se font différents, veillent à leur justesse, se cherchent pour exprimer au plus proche ce qui ne peut jamais parfaitement se dire.

 

Tour d’horizon bienfaisant… Et toutes ces questions qui invitent à poser un regard différent, à aller plus loin ou qui dérangent là où l’on n’a pas envie, surtout celle-ci l’anodine, là, bien posée devant. Qui précède la mienne… mais, zut, quand même quoi, pas envie !

 

Je ne peux cesser de l’affirmer, la joie au cœur : Heureux qui vit l’aventure de l’accompagnement spirituel !

 

Parce que, parfois, la foi a besoin d’être secouée.

Un peu comme l’orangina : si on ne secoue pas, la pulpe, elle reste tout en bas du bas.

Il paraît que, pour être sel de la terre, ça fonctionne pareil

Certains jours, cela paraît bien renversant, vertigineux… mais après tout, pourquoi pas ?

Seigneur, donne-nous, d’être toujours surpris et accueillants à cet inattendu, à Ton inattendu qui n’était pas forcément notre attendu.