Ce journal, il est plein de notes, de citations, de moments de vie divers : tant mes plus belles joies, que mes pires combats. Sans être régulièrement quotidien, il porte clairement le rythme des battements de ma propre vie, à un niveau plus intime que tout ce que je peux écrire ou dire, ici ou ailleurs.

 

                Le relire ne constitue pas, je crois, un acte de nostalgie morbide, histoire de me complaire dans un passé qui n’existerait plus, déjà enfui d’ailleurs au moment où j’écrivais : il me permet surtout de relier les événements d’hier à la vie d’aujourd’hui, de les comprendre, de mieux les éclairer et, surtout, d’en rendre grâce.

 

                Puis ces jours-ci, j’arrive aussi au terme d’une année universitaire qui est en outre fin d’un cycle universitaire : il y aurait peut-être matière à bilan… Mais j’arrive surtout à la fin d’une année qui aura été riche en réflexions et en décisions. Tellement riche que, quand je relis les pages du mois de juin de l’année dernière, je souris en me rendant compte combien j’étais loin à ce moment d’imaginer où je suis aujourd’hui, et où j’en serai demain. J’étais loin de me douter… et pourtant tout préparait déjà aujourd’hui : cohérence d’une vie qui se bâtit ?

 

Si ma vie est encore pleine de la fougue que l’on prête à la jeunesse, je ne puis nier que cette année aura été une vaste année de mûrissement. Et, si la Zabou masterisée est bien la même que celle qui chantait sa joie d’être licenciée il y a deux ans, elle se rend compte combien son cœur et sa personne furent taillés, émondés de rameaux surnuméraires et d’herbes en tout genre qui poussaient dans tous les sens (et pourtant, Dieu sait s’il y a encore du boulot : les mauvaises herbes, ça repousse vite !)

 

Tout simplement et plus qu’un vrai bilan qui se répète,

Et pour des raisons bien différentes de celles de l’an dernier, Seigneur,

En cette fin d’année, je viens Te rendre grâce.

 

Merci pour cette année….

Année si remplie qu’à vue humaine, elle était impossible : Toi seul l’as rendue possible.

 

Dans le silence de ce soir, après avoir rendu compte de mon année d’animatrice,

Après avoir annoncé mon départ devant mes collègues réunis,

Après m’être émerveillée de quelques pages qui me font revenir tant de personnes à la mémoire,

 

Je viens te les confier, eux tous.

Et moi, je me confie à Toi, te redisant ce simple mot que nous oublions tellement :

Merci. Merci à Toi, mon Père.