Zabou the terrible

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Roi très admirable, douceur ineffable...

 


Ils sont arrivés il y a maintenant un mois. Des pas très grands, des qui font petits, minuscules même à côté de leurs aînés devenus tout grands ; des qui ont tendance à se prendre les pieds dans le bas de leur aube et à s’emmêler les bras avec le cordon de leur croix. Ils s’appellent Antoine, Delphine, Rémi, Camille, Maxence ou bien Joséphine et, avec cinq autres, cela fait un mois qu’ils ont rejoint le groupe des servants d’autel.

 

A leur âge, on se perd vite et l’apprentissage de la liturgie n’est pas chose aisée : on se trompe, on ébauche des gestes, on en bafouille d’autres en interrogeant sans cesse des yeux les plus grands. Mais il est des sourires, des lueurs qu’on aimerait conserver ad vitam : et j’aime regarder et leurs premiers pas, et leurs premières bêtises…

 

Ce week-end, c’était fête et ils touchaient pour la première fois à ces torchères un peu particulières qui embellissent chez nous la consécration des jours solennels. Bien sûr, ils se trompèrent magistralement dans leurs déplacements. Puis, pour couronner le tout, rien n’était coordonné et les flammes penchaient dangereusement. Pourtant, qu’ils étaient beaux leurs visages rendus lumineux tant par la danse d’une flamme que par la naissance douce, délicate, d’un sourire de leur cœur !

 

La fête du Christ Roi à côté de cela, elle n’est pas très réjouissante tant elle est située du côté de l’échec et de la douleur. Pourtant, elle vient comme sonner et résonner dans le temps ouvert entre Toussaint et Noël : elle est la fête de la pauvre unique vraie royauté, celle de l’Amour. Celui qui ne domine pas, celui qui perd tout, celui qui se donne jusqu’au bout… Le vrai amour quoi !

 

Le Christ a les mains crucifiées : il n’a plus que les nôtres pour bâtir, maintenant, sur terre, ce royaume à la saveur un peu utopique mais tellement poétique, tonique et vivifiante. 


Oh évidemment, je sais bien que les gestes des servants, surtout des plus jeunes, ne font pas directement grand-chose et peuvent sembler dérisoires. Ils ne changent pas le monde, ils aident simplement quelques-uns, dont eux-mêmes, à prier avec la liturgie. Ce ne sont pas leurs gestes qui viendront sauver des vies, ni même faire de grandes révolutions : mais chacun de leurs gestes et actes, même ratés, posés avec amour, y contribuent comme autant de gouttelettes finement ciselées. J’ose croire que c’est la beauté du service dont ils ont commencé à percevoir, sans le savoir mais en le devinant dans leur cœur, le sens profond.  

 

Commentaires

1. Le lundi, novembre 22 2010, 08:27 par Tigreek

C'est joli :)

Vendredi soir on a eu la joie de voir aussi les petits nouveaux dans le groupe des servants d'autel (que des garçons chez nous) à qui la messe était dédiée... Ceux qui viennent encore à la communion les bras croisés, et dont les yeux ne perdent pas une miette de ce qui se passe à l'autel... même s'il leur arrive de regarder ailleurs pendant l'homélie ! ;)

2. Le lundi, novembre 22 2010, 14:37 par Nitt

"Nous voyons tout petit, parce que nous sommes petits. Mais Dieu qui est Grand, voit tout grand. (...) Dieu ne nous demandera pas 'as-tu fait de grandes choses ?' mais 'as-tu agi avec amour ?'"
La première partie de la citation est exacte, la suite c'est de l'à peu près, c'est ce que ma mauvaise mémoire me donne. Ce qui est sûr, c'est que je tiens ces paroles de Mère Teresa.

Donc même ratés, même emberlificotés, ces gestes des servants, lorsqu'ils sont posés avec amour, ils changent le monde.
Ils construisent doucement un monde d'amour.

3. Le lundi, novembre 22 2010, 17:41 par Henri

Entendu dans la salle des servants de messe : Dimanche 2 servantes, 2 copines toujours en avance, qui attendent sagement l’heure de se mettre en aube. Une vieille, chevronnée, de 9 ans, Phoebe, qui sert depuis 2 ans, communiant jusqu’à l’année dernière les bras croisés, et Kimberley aussi jeune, mais néophyte dans le service qui l’entrainant par la main devant les panneaux explicatifs du service, lui dire : « allez on révise ». ou bien, j’aime pas sonner, j’ai peur de me tromper, la grande lui dire : regarde là c’est trois coups, là deux, si tu sais plus tu me regardes je te ferai signe. Ce que nous remarquons c’est leur volonté de bien servir, de petite taille elle lève très haut le manuterge afin que notre curé qui est très grand n’ait pas à se baisser etc ….. Ce que l’on ressent chez tous nos servants, grands et petits, filles ou garçons, puisque comme chez Isabelle, nous avons la richesse de la mixité du service, c’est la conscience de leur proximité privilégiée avec le Seigneur et leur volonté de bien le Servir.

Leur service parfois un peu hésitant est admirable, le dimanche précédent elles avaient servi la messe à laquelle assistait Mle Charlène Wittstock la fiancée de SAS le Prince souverain Albert II, émue par la beauté de la messe et le sérieux de leur service, peut-être serviront-elle la messe de mariage.

4. Le mercredi, novembre 24 2010, 23:56 par Koz

C'est un petit commentaire comme ça en passant avant d'éteindre juste pour dire que j'ai lu et que j'aime ceux que tu dis de la mission des servants d'autel.

5. Le jeudi, novembre 25 2010, 23:44 par Zabou

@ Tigreek : ... et j'attends le prochain pélé (12 décembre) avec tout le groupe : ça devrait être quelque chose ! ;-) 

@ Nitt : ... et c'est aussi cela, je pense, la communion des saints... liens et mystère d'amour ! 

@ Henri : oui, il y aussi leur motivation mais j'aime bien, aussi, vraiment, leurs premiers pas incertains. Bien sûr, comme responsable, je dois corriger tout cela et leur apprendre mais c'est unique et plein d'amour. 

@ Koz : et merci aussi du passage ! :-)

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