Zabou the terrible

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Faciles les grandes idées…

 

Les toilettes de la Sorbonne sont encore sans doute les seuls relents visibles d’un vieil esprit qui y agitait les esprits estudiantins en 1968. Leurs murs se trouvent en effet bien souvent chargés d’affiches, de citations et de slogans qui dégénèrent en débats où l’art de la fine réplique y côtoie de manière trop discrète les combats en lettres grasseyantes où l’on s’avance avec la lourdeur d’un pachyderme. Comme si la force de conviction dépendait de la taille des caractères.

 

A côté des débats politico-syndicaux, un thème est récurrent : celui de l’avortement. Je lis ces murs, m’amusant des répliques où l’on ne voit que deux idéologies s’affronter de manière caricaturale et les insultes vite pleuvoir. Parfois avec un certain brio, il faut bien l’avouer. Toutefois, le jeu de mots est facile mais réel : il y règne une vraie atmosphère de chiottes…

 

 

En même temps, je comprends : il est difficile de ne pas tomber dans la caricature lorsqu’on parle d’un sujet aussi délicat qui implique la vie humaine. Et même deux vies à chaque fois. Il est tellement facile de vitupérer, de préférer la formule bien faite, et, du côté des contra, le « moi, j’suis contre » au « moi je suis pour la vie » accompagné d’un doux sourire d’humanité.

 

Mais, comment, sur un mur et non face à une personne, pouvoir avant tout écouter puis expliquer avec douceur, avec humanité, avec humilité qu’il existe d’autres possibilités ?

 

Comment exposer que la posture dite pro-life n’est pas « c’est pas bien pan-pan fe-fesses ! Tu seras châtiée ! » mais qu’elle veut dire que la vie est don, que la vie est précieuse, qu’on doit l’admirer, la préserver, la respecter. Que cette posture n’est en aucun cas jugement d’un être mais qu’elle cherche à proposer d’autres possibilités à un acte irrémédiable.

 

Oh, bien sûr, pour le dire, pour le vivre, il y a des initiatives comme la Marche pour la vie, comme le Foyer El Paso, et tant d’autres… Mais cela ne change rien  à ces postures caricaturales qui font du mal à tous et qui ne font que se heurter au mur, à la porte fermée de nos incompréhensions réciproques.

 

J’en ai eu la preuve cette semaine en lisant, perdue au milieu d’insipides débats cette toute petite mais si terrible inscription :

 

 

A toi que je ne connais pas mais dont le message perdu au milieu des querelles idéologiques m’a complètement bouleversée…

 

Puisses-tu savoir que tu es aimée, infiniment ;

Puisses-tu te sentir vivre et redevenir vivante aussi bien extérieurement qu’intérieurement !

Je ne sais pas en Qui tu crois, ni même si tu crois mais puisses-tu découvrir ce Dieu qui est miséricorde, et croire qu’Il est Amour, rien qu’Amour et que « tu as du prix à ses yeux », et qu’il t’aime, toi !

Qu’Il souhaite ta vie !  

Enfin, puisses-tu rencontrer des gens qui t’aimeront, qui prendront soin de toi et qui t’aideront à te reconstruire pleinement.

 

Je sais que tu ne liras pas cela, que mes mots de ce soir sont pauvres, sont vains, si vains… 

Qu’ils résonnent toutefois comme une prière d’espérance pour toi au cœur de Dieu !

A Toi Seigneur et à vous mes lecteurs, je la confie.  

 

Commentaires

1. Le jeudi, janvier 12 2012, 23:58 par Vianney +

Oh oui, je prie pour elle et pour les centaines de milliers d'autres qui pourraient signer cette phrase bouleversante déjà lue et entendue tant et tant de fois... et je ne veux pas m'y habituer.

2. Le jeudi, janvier 12 2012, 23:58 par do

"Je sais que tu ne liras pas cela"

...pas si sûr.

3. Le vendredi, janvier 13 2012, 05:19 par marie

je la porte dans mes prières.

4. Le vendredi, janvier 13 2012, 06:57 par Isabelle

Terrible, cette petite phrase...
Bien sûr, son auteur est déjà dans ma prière.

5. Le vendredi, janvier 13 2012, 07:17 par Corine

Je crois que les mots ne sont jamais vains, surtout là. Dans ma prière, oui.

6. Le dimanche, janvier 15 2012, 16:19 par C.S. Indhal

Oh.

Je fais des associations d'idées extravagantes, je sais… Mais vous ne trouvez pas intéressant, vous, que ces trois petites phrases se trouvent juste à côté… de la serrure ?
"N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ !" Bx Jean-Paul II.

Faciles, les grandes idées. Tant qu'on en reste seulement aux idées. Et c'est un poète philosophe qui dit ça ! Mais un poète philosophe qui sait, par expérience, que les grandes idées ne sont rien sans les personnes humaines qui les incarnent et les font vivre.
Faciles les grandes idées ; difficile, chaque parcours de vie. En s'appuyant sur les premières pour construire, respecter, accompagner et éclairer le second, on donne sens aux deux. Puisse cette jeune femme rencontrer dans son entourage quelqu'un qui saura l'accueillir et la soutenir tel qu'elle est, avec son histoire, sans juger à partir de grande idée, sinon la charité. La vraie. Celle qui est bien plus qu'une idée !

7. Le jeudi, janvier 19 2012, 19:24 par Jean-Michel Castaing

Merci pour ce mot. Non, la parole n'est jamais vaine. La miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. Mieux, elle est son Nom.

8. Le vendredi, janvier 20 2012, 11:12 par Zabou

@C.S. Indhal : Nan, pas idée extravagante, j'avais aussi repéré la serrure... Continuons à prier pour elle ! 

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