Zabou the terrible

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Quelle jeunesse insolente !

 

Un récent billet de David m’avait donné l’envie de remettre le nez dans les deux Petits Christianismes (l’un de tradition, l’autre d’insolence) de Robert Scholtus que j’avais fort goûtés. Petits bouquins à la saveur piquante – mais pas trop, juste comme il faut. Des petits livres qui donnent à réfléchir de concert avec l’auteur avec la délicieuse sensation de le faire en complicité, à contretemps.

 

De récentes discussions sur cette institution qu’il est souvent de bon ton de vilipender m’ont alors tout particulièrement conduite à resavourer la sapidité et la sapience de ces quelques beaux et justes mots sur l’Eglise et son « insolente jeunesse ».

 

« Paradoxalement, c’est à l’Eglise, cette vieille dame si démodée, si dénigrée pour sa ringardise et ses rigidités, que l’on doit la sauvegarde de l’irréductible nouveauté de cet événement. Il n’y a qu’elle pour sauver Jésus, non seulement de l’oubli, mais surtout du mythe qu’il devient quand s’emparent de lui les spiritualités jeunes et sauvages du Nouvel Âge. Gardienne du mystère de ce Dieu incarné, c’est elle qui empêche que son Evangile soit définitivement recyclé dans la vieille lessiveuse syncrétiste.

 

Et parce qu’elle est contemporaine du Ressuscité transparaît sous son fard craquelé et derrière ses parures désuètes un air d’éternelle jeunesse. Pour qui sait voir au-delà es apparences du monde et des aléas de l’histoire, son visage resplendit d’une beauté virginale et primordiale, pur reflet de l’amour d’un Dieu plus jeune que toute mort. Beaucoup la croient ménopausée, définitivement stérile. Mais elle, contrainte au dépouillement, est en train de redécouvrir ce que finalement au plus secret d’elle-même elle a toujours été, cette adolescence rougissante et maladroite, étourdie par tant de grâce et de responsabilité, d’une insolente jeunesse. »

 

in Robert Scholtus, Petit christianisme d’insolence

 

 

 

Commentaires

1. Le jeudi, janvier 19 2012, 06:32 par Isabelle

Si vous vous y mettez tous les deux, je sens que je vais finir par plonger mon nez dans ces livres!

2. Le jeudi, janvier 19 2012, 06:54 par Vieil imbécile

Oh, ben, ça alors ! Toi aussi ? :)

3. Le jeudi, janvier 19 2012, 07:44 par Corine

Drôle ou épidémique, j'ai commencé à lire aussi Scholtus ;-)
Ce passage que tu cites a fait écho à un autre poétique que j'aime aussi
"La mémoire n'est pas une gêne pour notre avancement, mais un propulseur et une force motrice; plus on l'a profonde, plus on a de la ressource pour aller loin. L'Eglise n'a si grand avenir que parce qu'elle a aussi le mémorial par excellence. Bénie entre toutes les femmes, l'Eglise a la mémoire la plus longue , et c'est cette mémoire qui, telle une quille, fait d'elle cette nef hauturière à la splendide étrave." F.Cassingena-Trévedy

4. Le jeudi, janvier 19 2012, 08:06 par Anne-Claire

Tiens, si je relisais aussi...

5. Le vendredi, janvier 20 2012, 11:18 par Zabou

C'est la vague (Le)rouge, ça : faites gaffe, tous ! ;-) 

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