Zabou the terrible

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St Jean Pied-de-Port / Roncevaux : l’étape mythique des Jacquets !

Le temps ayant filé un peu  vite, je suis à peine revenue sur ces 3 beaux jours passés sur le Camino, entre St Jean Pied-de-Port et Pampelune et c’est dommage. Je vais tâcher de retranscrire, dans les prochaines semaines, quelques notes prises en chemin… En tout cas, voici quelques mots du premier jour (le plus long !) de ce court tronçon, également appelé le Camino Navarro.

 

 

St Jean Pied-de-Port / Roncevaux : étape mythique. Ceux qui ont fait le chemin en parlent comme de vieux combattants. En moi, une immense envie de m’y frotter… Et puis, moi qui fais ce pèlerinage par étapes, qui suis partie de Paris voici déjà si longtemps, quelle joie de pouvoir ENFIN franchir la frontière espagnole !

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Temps de giboulées, dès le début, ça grimpe, ça pleut et, surtout, ça vente. A tel point que, moi qui suis plutôt du genre solide, je me retrouve jetée par terre sous l’effet du vent, le sac m’entraînant encore plus et les cheveux plus qu’ébouriffés en tout sens ! Je finis par avancer à quatre pattes, montant la côte jusqu’au prochain tournant, rejoignant deux Anglaises qui me précédaient et qui se sont couchées à l’abri d’un rocher pour attendre que cela se calme. Je tente de me redresser, un coup de vent m’envoie encore valser par terre. Sans aucun mal mais les mains boueuses et un peu dépitée, je jette un œil vers ces deux filles que je ne connais pas : on se regarde et on explose de rire… Mais qu’étions-nous donc venues faire dans cette galère ?

 

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L’étape du jour est une belle image de la vie, et surtout de notre chemin spirituel : des montées, des chutes, des sommets éblouissants au soleil rayonnant (car, oui, le soleil a heureusement brillé juste au moment où je jouais à la funambule sur les cimes)... Des multiples petites galères, aussi, où l’on se découvre pouvoir compter sur les autres, pourtant inconnus, comme ce moment tout bête où m’étant désaltérée dans le courant d’une onde pure, je me suis retrouvée à ne plus pouvoir mettre mon poncho qui se transformait en cerf-volant et où un Américain a fait barrage au vent le temps que je le rattrape.

Et, après avoir contemplé la beauté de la création au sommet, après avoir chanté et rendu grâce, les yeux émerveillés, redescendre de la montagne, vers les autres, la joie au cœur.



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Inventer une nouvelle prière sous la grêle qui accompagne ma descente si raide vers Roncevaux : « Seigneur, on avait dit les giboulées de mars… pas d’avril ! »

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Roncevaux : Au bar, devant un grand chocolat chaud, discuter avec les uns et les autres, dans toutes les langues : simplement magique ! Admirer notamment cet Hollandais de 72 ans, grand amoureux de la France, faisant le Camino pour la 6ème fois à vélo et me disant qu’à chaque fois il pense que ce sera le dernier et que, finalement, il repart quand même ! 


Et une belle rencontre avec l’autre jeune Français du lot, un type de mon âge qui rentre bientôt au monastère, avec qui nous décidons d’aller prier ! La jeunesse française est folle ! ;-)

 

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Roncevaux, toujours : messe des pèlerins à 20h, suivie de la bénédiction médiévale. Bien sûr, tout le monde, catholique ou non, y va : cela fait partie des choses à vivre sur le Camino ! Un vieux chanoine célèbre, il dévide la messe en espagnol à 100 à l’heure – heureusement qu’une bonne connaissance de la liturgie permet de s’y retrouver, mais ce fut ardu ! Enfin, le Seigneur est toujours là ! – la bénédiction de même, très beau texte m’a-t-on dit par ailleurs, mais auquel je n’ai rien compris.

 

Puis nous fûmes tous invités à nous approcher de l’autel autour de cette statue de la vierge et, les lumières de la collégiale éteintes exceptées celles de la statue, le Regina coeli fut entonné : tout le monde ne le connaissait pas mais il y en avait tout de même des pèlerins à chanter… tous en latin mais tous avec l’accent de leur pays, si proche ou si lointain : de quoi en avoir le frisson ! De quoi se sentir frères pèlerins, frères tout courts, même... 

 

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