Zabou the terrible

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Camino pascal 2012 : Larrasoana / Pampelune

 

Encore quelques notules, à partir de mon carnet, pour finir la série !

 

Petite étape que cette dernière de ce court tronçon de 3 jours qui m’aura tout de même permis de passer en Espagne et de découvrir cette belle région de la Navarre. Mais le réveil sonne encore tôt… Partant à 6h30, le jour pas encore levé, je suis l’une des dernières du refuge ! Mais qu’importe : chacun son rythme et son style de vie sur le Camino (d’ailleurs, 6h30 pour partir et non pour se lever, c’est déjà TRES tôt pour moi !)

 

*** 

En cheminant, je recroise deux filles déjà entraperçues qui marchent sans sac. Au gîte de Roncevaux, j’avais été sciée de les voir dans la salle de bain utiliser des… fers à friser ! Et plus encore de les voir marcher sans sac le lendemain. En les voyant, je repense immédiatement à J., ma voisine de cette dernière nuit, retraitée depuis peu et souffrant de problèmes de dos, hésitant à se faire porter son sac. C’est son 2ème Camino, elle avait été obligée de se le faire porter la 1ère fois et elle voulait le refaire sac au dos pour de bon : pour cette fois, cela s’annonçait encore compromis… mais elle essayait ! Avec un courage remarquable !

 

En fait, si chacun fait clairement ce qu’il veut et ce qu’il peut, cherchant des choses bien différentes sur ce chemin, je trouve l’attitude de ces deux filles en pleine jeunesse un peu dommage. Si l’on ne fait pas le Camino pour rechercher la souffrance – heureusement ! – il me semble faire partie de la démarche d’accepter de se laisser dépouiller. Non pas de « jouer au pauvre » artificiellement mais, en portant humblement son sac avec le strict nécessaire (si on ne sait pas comment faire, on apprend à en enlever très très vite le superflu !!!), on est simplement ramené à ce que et à qui l’on est. On ne peut pas tricher : on a seulement sur soi le contenu de son sac ainsi que tout notre être, avec ses richesses et ses pauvretés… on s’y sent curieusement, simplement, très libre ! Et cela me semble un peu dommage de passer à côté de cette expérience.

 

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Un pèlerin-o-duc

Chantonnant, je ne fais plus attention à mon chemin et je rate un panneau indicateur… Je me retrouve vite dans des champs marécageux, avec de la boue jusqu’à mi-mollets avant de me dire que j’ai dû me tromper. J’ai l’air parfaitement ridicule et, évidemment, ça me fait rire toute seule pendant de longues minutes.

 

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Pause carrés de chocolat (leur nombre est le secret du pèlerin) sous le porche d’une église. Je ne sais pas combien de fois ces porches auront pu m’abriter du vent quelques instants le temps d’une pause revigorante que cela soit d’un peu de sucre et/ou d’un office prié… Béni sois-tu Seigneur pour les porches de tes églises !!!

 

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Le chemin du jour suit la rivière doucement jusqu’à Pampelune ; les arbres sont en fleurs…  comme une impression que la nature tout entière conspire à chanter la résurrection : c’est beau !

 


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Pampelune… Qui dit grande ville dit faubourgs à traverser mais quelle joie d’arriver dans la si belle vieille ville ! Dont les remparts me rappellent que c’est là, au siège de cette ville, que St Ignace qui ne s’appelait encore qu’Inigo a été blessé ce qui changea durablement sa vie puisque c’est lors de sa convalescence qu’il se convertit !

 

 

 

J’ai un peu de temps avant d’amorcer mon retour vers la France. Je file donc directement visiter la cathédrale (payante : hum hum) mais où je bénéficie d’un « tarif pèlerins » (ouf !). On m’avait dit grand bien du cloître : il est effectivement remarquable !!! Alors que je me dirige en boitillant vers la chapelle du Saint Sacrement pour rendre grâce de ces 3 jours de pèlerinage, je retombe sur M., le futur bénédictin avec qui j’avais prié l’avant-veille : quand je vous disais que la jeunesse française avait vraiment des occupations louches !

***

Retour, sans en avoir guère envie. Dans le train, je regarde amusée les gens qui fuient en voyant mes pieds et le bas de mes jambes. Car, si j’ai essayé d’enlever au maximum la boue, il en reste et, en plus, je me suis blessée à l’auriculaire ce qui fait qu’il y a même un peu de sang… et qu’on le remarque puisque je suis en sandales. Tant pis.

 

Une des choses difficiles, en rentrant d’un tronçon du Camino, c’est de ne plus saluer tout le monde comme on le fait au long des jours en marchant : de reperdre la simplicité fraternelle des relations.

 

Mais, l’un des (rares ? je ne sais) bons côtés à faire le Camino par tronçon, c’est sans doute en parallèle qu’on « redescend de la montagne » plus vite, qu’on apprend très vite à continuer à vivre de ce que l’on découvre à chaque tronçon puisqu’on est immédiatement dans le bain, dans un sens comme dans l’autre.

 

***

 

J’aurais aimé faire l’Espagne d’une traite mais cela ne semble finalement pas possible. Il y aura donc normalement une suite à ce Camino pascal cet été, pour un tronçon de taille tout de même plus respectable que ces trois jours ! E ultreïa !

 

Commentaires

1. Le mardi, juin 19 2012, 21:04 par Naïf

Trois jours, même si cela laisse le temps de ressusciter, cela doit être bien cours. J'ai l'impression que 15 jours seraient plutôt un minimum, surtout pour le dernier tronçon.

En tout cas vous êtes largement en avance.

2. Le jeudi, juin 21 2012, 00:53 par Zabou

@ naïf : j'aime la remarque ! :-) 

Pour cet été, ce sera sans doute 10 jours... et plus encore vers la fin, je l'espère ! 

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