Zabou the terrible

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Du canoë kayak, de la profondeur de l’eau et d’autres considérations estivales au gré du courant


 

Il y a quelques jours, j’ai fait pour la première fois de ma vie du canoë-kayak : l’occasion de s’amuser avec des amis, de rire aux éclats dans la splendeur de la nature tout en se musclant défoulant un peu dans l’eau…

 

Il faut dire que la Drôme, en ces temps estivaux, est quelque peu asséchée : par endroits, la profondeur n’est que de quelques centimètres et les kayakistes amateurs doivent pousser leur embarcation orteils dans l’eau pour qu’elle daigne avancer ; et, le plus souvent, continuer à le faire sur plusieurs mètres.

 

Fait marquant qui inspira cette phrase de philosophie profonde à un mien ami quand la situation devint meilleure : « ça avance quand même mieux quand on est en eaux profondes ».

 

Sur le moment, cette phrase était d’une évidence crasse (et c’est peu de le dire !) Mais en moi, indécrottable catholique, elle fit aussi écho au fameux « avance au large / en eaux profondes » du Christ en saint Luc.

 

A cet âge où tous dans notre bande d’amis, nous posons des choix et des actes décisifs pour notre existence entière, chacun à sa manière et dans des domaines très différents, la phrase résonne profondément.

 

Et il serait alors facile de faire du canoë l’image (trop) simpliste de notre vie (avec le Christ) : du lancement indécis dans l’eau ; des rapides comme autant d’accélérations dangereuses ; des rochers comme toutes ces galères le long de notre chemin ; des ennuis profonds quand il ne se passe rien, qu’on a l’impression de faire du sur place alors qu’on rame comme un malade… Ca marche, c’est même plutôt vrai mais c’est caricatural.

 

Car, en fait, dans tout cela, ce qui importe c’est que ça avance mieux quand on ose aller en eaux profondes, là où tu n’as plus vraiment pieds, là où c’est instable mais où tu es vraiment dans ton élément, ce pour quoi tu as été créé… c’est-à-dire, pour l’homme et non plus pour le canoë, quand on pose des choix pleinement, qui nous engagent à fond dans ce courant rapide : les chocs pris sur les rochers font alors plus mal, on peut même craindre de se trouver complètement retourné mais que de sensations ! Là aussi l’ennui au milieu de la rivière peut certes guetter mais il n’y a plus la solution facile de rejoindre le rivage : il faut oser continuer, jusqu’au bout du parcours. Quelle vie que celui qui ne craint pas l’eau profonde et y découvre à chaque embranchement, à chaque choix, un peu plus une eau vive !

 

Le canoë se fait donc plutôt invitation à l’aventure, à la vie, la vraie – qui va bien au-delà d’un slogan.

 

J’aime croire que l’Esprit est Celui qui nous pousse vers ces profondeurs insoupçonnées, où l’on avance pour de vrai : dans les risques ou le calme trompeur mais toujours à plein vent, qu’il se fasse violente bourrasque ou presque imperceptible brise légère.

 

Voilà. C’est beau l’été quand même.

 

Commentaires

1. Le samedi, août 11 2012, 08:02 par cybersister

Que j'aime ces rebondissements à partir des banalités de la vie ! J'adore (oh pardon...) "on a l’impression de faire du sur place alors qu’on rame comme un malade". Tiens je crois que je vais emporter ça avec moi pour ma retraite demain. Merci Zabou.

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