Zabou the terrible

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Être du monde sans être du monde : en Esprit et non en esprit !

 

« Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.

Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité. »

 

Évangile selon saint Jean xvii, 15-19

 

 

… et, en écho, quelques mots d’Ernest Hello ?

 

« L’esprit du monde est contraire au don ; l’esprit du monde, c’est de retenir, ou, s’il donne, c’est de donner avec mesure, avec calcul, avec obligation : on donne quand on a reçu, dans la mesure où on est obligé de rendre. Il a fait ceci ; je ferai cela. L’esprit du monde (j’écris à dessein dans cette phrase le mot esprit sans majuscule), l’esprit du monde, c’est l’affreuse petite réserve du moi humain, qui calcule, à partir de lui, et en revenant sur lui, la restriction du moi humain, qui a toujours peur d’être trop bon. Ce n’est pas ce danger-là qu’il court, le malheureux ! Et c’est pourtant ce danger-là qu’il craint.

 

[…] Il trouve toujours qu’il a trop donné. Ce mesquin calcul du moi humain est peut-être plus incurable que le crime ; le crime, du moins, a tort à ses propres yeux. Le petit moi trouve qu’il a raison.

 

Petit, petit, petit, mais non pas microscopique ! Car le microscope donne des idées de grandeur ! Petit sans excès, sans extrémité ! Petit comme un monsieur, et non pas comme un insecte. La petitesse en habit noir, en cravate blanche, non pas la petitesse inexprimable ; non. Il est à égale distance des deux pôles de l’infini. Tout entier exprimable, limpide, évident, sans mystère mais non pas sans secret. Absence totale de réalité ou divine ou humaine ou infernale. Pas d’homme : un monsieur. […]

 

Pour comble il sait la grammaire ! Il a non pas du style, mais de la facilité. De la facilité et de la moralité. Ô perfection du monsieur catholique par profession, correct comme une page d’écriture faite par un maître d’écriture, ou comme un quadrille dansé par un maître de danse… Au courant des affaires, mesurant les choses et les personnes suivant l’importance qu’elles ont au palais ou à la Bourse, ou dans les journaux ! Pas un mot de trop en aucune occasion. Il égorgerait bien une colombe ou un aigle, mais sans s’en apercevoir, et cela ne nuirait en rien à cette innocence parfaite qu’il porte en tout lieu, au journal, à dîner, à l’église, au ministère. »

 

in Ernest Hello, Regards et Lumières (œuvre posthume)

 

 

Donc…

… N’oublions pas d’être des fous ? :-) 

Commentaires

1. Le mercredi, février 6 2013, 08:52 par David

oeuvre posthume? trop classe de pouvoir écrire après sa mort ! :D sinon, je me garde ça quelque part, j'aime bien, merci, Z

2. Le mercredi, février 6 2013, 09:32 par Vieil imbécile

Z ? Zorro est donc revenu ?

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