Zabou the terrible

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Comme un pépiement d'oiseau


Il y avait l'émotion d'arriver après tant de temps, bien sûr ; 

Ces larmes à grosses gouttes que je n'ai pas pu retenir en voyant les tours de la cathédrale et qui ont longuement roulé sur mes joues en parvenant sur le parvis de celle-ci, 

Des larmes de joie, des larmes charriant ma vie durant ces 7 ans, des larmes disant la densité de que le Camino a pu m'offrir, année après année, 

Des larmes d'explosion de joie et un sourire que je ne maîtrisais plus. 


Mais il y avait aussi la spécificité de ce tronçon, 

Sur lequel, cette fois-ci, j'étais partie sans but particulier, 

Juste le coeur en action de grâce et en portant tout simplement les intentions confiées et les miennes. 

Je ne cherchais rien, je ne demandais rien : 

Je suis partie marcher et prier, sans emporter presque rien. 


Dépouillée aussi de tout ce qui aurait pu encombrer mon esprit, 

J'ai reçu à chaque pas plus qu'il ne me fallait, m'abandonnant chaque jour un peu plus à la Providence qui, chaque jour, m'a donné un gîte, des repas et des frères avec qui les partager ou discuter autour d'une bonne bière ;

Et, sans l'avoir prévu, chaque jour comportait son lot de joie et de rencontre, ses sourires et ses douleurs et combien de merveilles ! 

Mais aussi son eucharistie quotidienne, vécue avec joie et gratitude, là encore sans l'avoir prévu, vrai Pain de la route !


Alors, quand on reçoit ainsi tout, même le surcroît, le coeur s'ouvre infiniment à la louange : 

On a envie en permanence de chanter, 

On a envie de louer devant la beauté de la Création, 

On s'arrête pour Le faire, même si ça semble un peu fou, 

On prie les Laudes devant un magnifique lever de soleil dans les montagnes, assise sur un rocher, les jambes dans le vide comme une gamine, 

On rit aux éclats de la vie ! 

On se sent un peu tel saint François d'Assise : tout simple, tout pauvre mais rayonnant de joie car ayant tout. 


Puis l'on se dit qu'on en est tout de même bien loin

Et on se sent surtout alors comme un petit moineau du Seigneur - même s'Il nous dit qu'on vaut bien mieux - 

Nourris, protégés, comblés, n'ayant pas à nous inquiéter du lendemain et chantonnant au long du Chemin en guise d'action de grâce,

Car on sait bien qu'on ne sait pas prier 

Alors, on Lui demande de nous apprendre, simplement et dans la joie, à pépier ! 


Commentaires

1. Le dimanche, septembre 1 2013, 09:59 par Geneviève

Je suis en train de lire le livre de Gérard Trêves "marcher pour aimer". Son journal du retour de St Jacques. Et il y a un passage que ton post me remet à l'esprit. A deux reprises il raconte sa rencontre avec "les oiseaux protecteurs des pèlerins". Au début j'étais un peu décontenancée mais en relisant j'ai compris que c'était ses rêves pendant des temps de siestes imposées par la fatigue. Un long dialogue d'abord avec un petit moineau. Puis un vol au-dessus de je ne me souviens plus quel village sur le dos d'une cigogne. En y repensant et en le confrontant à ton message... c'est simplement beau.

2. Le dimanche, septembre 1 2013, 10:57 par Firenze

Merci. Belle lecture avant d'emprunter le chemin qui mène à mon église paroissiale.

3. Le dimanche, septembre 1 2013, 18:28 par Zabou

:)

4. Le lundi, septembre 2 2013, 18:08 par Nitt

Superbe article ! Je suis heureuse d'apercevoir les fruits que le camino a portés en toi. Heureuse de te savoir pleine de joie et de gratitude.

Pépie bien et continue à pépier ici, que nous puissions joindre nos "piou piou" aux tiens ! ;)

5. Le mercredi, septembre 4 2013, 16:14 par Zabou

@Nitt : alors, piou piou piou piou ! :) 

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