Zabou the terrible

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Carême par chemin boueux



Tu sais Seigneur, mon âme ressemble bien trop souvent à un chemin boueux, avec ces bonnes grosses ornières bien marécageuses, pas très belles, aussi cabossées que casse-figure. 

 

Alors, voilà, Tu le sais, je suis pleine de bonne volonté, j'ai toujours envie d'y aller, de me lancer de grands défis plein d'Evangile, de Te dire, de Te suivre au mieux mais je me heurte toujours à cette dure réalité : y a d'la boue partout, y a mes péchés, y a ma pesanteur et mes peurs. 


Alors, au début du Carême, je T'avoue que ça m'éclate en pleine face, comme si j'avais mis le pied dedans façon enfant de trois ans qui saute dans la flaque pour s'amuser (tiens, juste avant d'aller à la messe du mercredi des Cendres !), et splotch ! 

Oh, certes, je ne nie pas l'utilité des flaques : elles servent au moins à réfléchir Ta lumière, Ta grâce quand elles ne sont pas trop sales et que je suis bien disposée devant Toi, et c'est déjà ça ! 


Quand je dis que la boue m'éclabousse de partout en début de Carême, c'est surtout qu'au début de ce temps privilégié, on se pousse plus ou moins à prendre des résolutions, des engagements, des chouettes trucs. 

Des coups de brosse énergiques ça et là : c'est important car il y en a souvent bien besoin ; 

Du récurage de flaques pour qu'elles soient plus lumineuses, plus réfléchissantes de Toi…  

En clair, préparer au mieux un beau et bon terrain. 


Mais le truc, c'est que, Tu vois, j'ai tendance toujours à en rester à un "j'aimerais". Parce que, la conjugaison, c'est mon truc 

Mais surtout parce que j'ai beau faire, j'ai beau décider, j'ai beau m'engager, 

Il y a toujours quelque chose d'un amour conditionnel pas très net, 

Parce que j'aimerais T'aimer 

Mais tout cela, ça reste trop moi, mon p'tit nombril et ma petite vie, mon chemin et ses cahots. 


Or, au bout du Carême, il y a un unique horizon, 

Il y a Pâques. 

Là, rien de conditionnel : 

Le don plein et entier, 

l'Amour à l'état brut. 


Le Carême, c'est peut-être l'apprentissage du mode inconditionnel, 


Choisir quelques pauvres moyens humains pour laisser plus de place à l'Amour, oui, 

Mais surtout Te demander cette grâce, humblement : 

Apprends-moi à T'aimer,

Ou, ce qui revient au même, apprends-moi à aimer,  

Apprends-nous à vivre à ce mode où il n'y a qu'un seul verbe à conjuguer mais par toute sa vie, apprends-nous à vivre à Ton mode, au présent : l'inconditionnel. 

Commentaires

1. Le jeudi, mars 6 2014, 23:34 par LSD

Merci Zabou, et bon Carême !

2. Le samedi, mars 8 2014, 20:54 par L.

J'aime bien ta photographie. Elle correspond à mon expérience de la foi : la vie éclairée de lumière pour traverser la boue, et l'espoir d'une grande lumière qui nous englobe et qu'on ne saurait comprendre, et qui se reflète aussi dans la boue. Il y a des traces du tracteur sur les côtés du chemin, comme si l'on avançait comme une crémaillère, en s'accrochant dent par dent.
Pour moi, impossible de m'ordonner au calendrier liturgique, pas tellement plus qu'à d'autres calendriers d'ailleurs, si ce n'est celui des priorités que je me donne, mi-choix, mi-contrainte, pour avancer sur ce chemin dans la boue qui reflète la lumière. Je n'ai pas de mal à penser qu'on puisse très bien converger vers la même lumière sans suivre le même tempo. Alors c'est toi qui est là pour me rappeler que c'est carême, mais je m'efforce moi-aussi de mettre du carême dans ma vie, et Pâques à chaque halte au soleil.

3. Le dimanche, mars 9 2014, 18:49 par Zabou

@ L. : Et moi, j'aime bien ce que tu écris ! :) 

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