Zabou the terrible

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The way, my way, on the way

Hasard du calendrier : j'ai vu enfin il y a une dizaine de jours le film The way et, ce soir, je dînais avec un ancien pèlerin du chemin de St Jacques, avec qui j'ai partagé les ultimes étapes l'été dernier. Forcément, en plus arrivés le même jour, cela a créé un lien très fort entre nous. 

Ça m'a fait repenser à cette séance de visionnage à propos de laquelle je reste dubitative : bien sûr, les paysages sont beaux et certaines situations me rappellent des souvenirs mais, bien sûr aussi, l'histoire est dégoulinante de bons sentiments bien qu'on ne puisse, évidemment, juger des motifs. 

Enfin, oui, il y a de tout sur le Camino et les pèlerins viennent avec ce qu'ils sont, c'est-à-dire portant des histoires plus ou moins simples en eux-mêmes en plus de ce qu'ils portent matériellement dans leurs sacs. Mais il n'y a pas que des "cas", il n'y a que l'extraordinaire de chaque vie ; mais surtout, il n'y a jamais une course à qui saura le grand secret de l'autre, il n'y a que le compagnonnage de jours partagés. 

Ce qui est beau sur le Camino, justement, c'est que, plus qu'ailleurs, chacun respecte la part de mystère que l'autre porte en lui. Seul le pèlerin choisit de révéler ceci ou cela. J'ai personnellement toujours été mal à l'aise face aux personnes qui me demandaient le motif profond de ma marche (d'ailleurs il s'agit souvent de personnes qui commencent juste leur Camino) et ceci pour deux raisons : d'abord parce que c'est éminemment personnel et ensuite parce que, exactement comme pour notre sac et nos affaires, il y a un dépouillement en cours. On pourra toujours arguer de plein d'arguments au départ parmi lesquels il y a notre vrai motif de fond : mais celui-ci va subir une cure drastique et se trouver tellement dépouillé de tout ce qui est superficiel qu'il aura peut-être une apparence radicalement différente de celle du départ. Ce fut mon cas. 

Ce soir donc, j'ai revu l'ami Y. Avec Y., on ne connaît pas exactement LE motif qui a fait respectivement entreprendre à l'autre ce pèlerinage même si nous en avons l'un comme l'autre saisi des bribes. Ce que je sais, c'est qu'Y. a radicalement changé de vie après ; ce que je sais, c'est (ce) que j'ai mûri sur ce chemin effectué au fil des années. 

The way en reste à la représentation d'instants durs de vie ; 

Le Camino "en vrai", c'est du tout mêlé : du dur, du triste, du joyeux et du comique, 

Le Camino "en vrai", c'est un instantané de vie pour rester et être plus "on the way" ou plutôt "on your own way" et ça, c'est son plus grand secret ! 

      

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