Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Silence et justesse de ton

http://www.liturgiecatholique.fr/local/cache-vignettes/L162xH135/arton876-78f16.jpg

 

Enterrement ce jour,

Deuxième en une semaine :

Il est des temps plus joyeux…

Mais cette fois d’un voisin.

 

Temps des témoignages au début,

Temps privilégié aussi pour connaître, pour prier,

Pour celui qu’on ne connaissait que par des discussions – certes parfois longues et belles – dans l’escalier.

Beaux témoignages justes, nombreux et touchants de la famille, profondément remuée par ce décès brusque, soudain, l’ayant laissée désemparée.

Et puis, à la fin, un témoignage d’un collègue du défunt…

D’un collègue peu habituel dans une église :

Athée, anticlérical, politisé et autres choses ayant de l’affinité.

 

Il ne s’agit pas de critiquer les athées, les anticléricaux, ni les francs-maçons ;

Comme tant d’autres, j’en fréquente au quotidien, j’en ai jusque dans ma propre famille et, en fait, j’ai beau ne partager aucunement leurs opinions, je les aime bien, je les aime tout court même, car je crois foncièrement que la différence est richesse ;

Mais il est question ici d’opportunité, de lieu, de temps.

 

Quand un témoignage se transforme en tribune politique,

Quand un témoignage se transforme en critique virulente de la religion,

Quelque chose de l’ordre d’un malaise s’installe.

Quand un témoignage, lu à l’ambon, clame notamment « ne laissons pas les religions prendre le pouvoir », alors qu’il est ici, devant, le corps d’un homme et devant une famille ayant choisi des funérailles chrétiennes pour l’un des leurs,

Il y a quelque chose qui ne résonne pas juste :

Maladresse ?

Malaise, mal-être.

 

Dans ce discours, le mot « laïcité » cachait un anticléricalisme crasse : c’était le droit de cet homme…

… Mais ce n’était pas le lieu, ni le temps de clamer ceci.

Et à l’heure où la « laïcité » a tendance à être mise à toutes les sauces, il serait bon dans le fond, elle qui dit si souvent aux religions de rester chez elles (c’est un autre débat !), qu’elle apprenne à respecter ces lieux, ces espaces, ces temps qui leur sont propres.

 

Pourquoi vouloir créer du conflit un jour où il est seulement question de prière ?

Pourquoi dire sa haine à peine masquée de la religion chrétienne par des mots que nous entendons déjà si souvent ailleurs dans nos vies ?

Convaincre des adeptes ? Laissez-moi rire !

 

A ce même ambon, ensuite, j’ai proclamé la Parole de Dieu qui parlait d’Espérance ;

Et puis, le prêtre qui célébrait a fait de même avec l’Évangile.

En proclamant ces mots auxquels je crois et que je voulais dire de la part du Seigneur notamment à la pauvre mère du disparu, j’avais le cœur encore plein de ce malaise.

 

Mais je suis restée sur ce mot d’Espérance, sur ce doux mot-là ;

Ce doux mot qui allait plus loin que les silences figés, pétrifiants, glacés d’une assemblée peu habituée à prier,

Ce doux mot qui allait surtout plus loin que la mort,

Ce doux mot qui porte, en germe, tout un monde pacifié en lui. 

En Lui. 

Commentaires

1. Le jeudi, janvier 29 2015, 07:03 par satori1958

D ailleurs je sais pour l'avoir mieux connu que Francis n aurait pas apprécié cette dictature de l hypocrite discrimination car masquée... Tous les orateurs dont toi ont eu cette délicatesse d avoir su rester discret sans ostentation, même si ton indignation transpraissait dans le ton que tu as utilisé... bizarre de parler de discrimination masquée? Oh que non! Car le mépris certain de ce qui est décrété profane est certes oui le plus grand apprentissage de l intolérance que l on peut y faire dans cette "maison" où l'on est sensé proner la tolérance. De là à imaginer les périples pathétiques de péripathéticiens déguisés élégamment, et de voyages symboliques en rituels christiques inavoués et étrangement dévoilés par ce Môsssieu: le grand passage de Francis n a pas été réellement dévoilé à nos yeux, car on n a pas su ses croyances profondes oui... la lumière n'est pas venue de ce discours déplacé qui n a existé que par la tentative de la mise en valeur de cet orateur et pas réellement du défunt. Pardon Francis!

2. Le jeudi, janvier 29 2015, 08:21 par David

mon côté vieux schnock demande à relire les prises de parole... pour qu'elles soient sans doute ajustées. Moins que le discours d'opinion, l'affleurement ou d'une émotion invivable de haine m'est souvent inquiétant. Qu'on crie à la censure, tant pis, je me sens trop responsable de ceux qui entendront, du passage à accompagner

3. Le vendredi, janvier 30 2015, 19:03 par Zabou

@ papa : oui, pardon Francis... et pardon Seigneur aussi. 

@David : Oui, le prêtre qui célébrait fait cela en général mais on lui a demandé juste avant le début de la célébration et il a dit oui, par bonté... :-( 

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://www.zabou-the-terrible.fr/trackback/1625

Fil des commentaires de ce billet