Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Musique !

 

La session de rentrée de mon année au Centre S. était consacrée à des questions d’esthétique musicale. Le premier jour, nous avons ainsi fait des exercices d’écoute de morceaux extrêmement différents : qu’est-ce qui me plaît, me touche ? Qu’est-ce qui me surprend ? A quoi suis-je hermétique ? … Passionnant de voir nos différences et de chercher à mettre des mots dessus.

 

http://lepachot.com/k/2017/07/infopiquet-concert-mai-chorale-les-echos-temps-note-musique-dessin-imprimer-facebook-comment-dessiner-de-en-coloriage-notes-dessins-humoristiques-clavier-a-facile-dessinees-couleur-300x300.jpeg

 

Travaillant à côté, je n’y ai assisté que par bribes et suis donc repartie avec un CD sous le bras afin de poursuivre les exercices d’écoute jusqu’à ma bribe de temps libre suivante. En me confiant le CD, le professeur de me dire :

- Vous enseignez le français ? est-ce que vous faites lire de la poésie à vos élèves ?

- Oui, mais vous savez, ce sont des jeunes de banlieue, cela ne fonctionne pas très bien en général comme partie du cours…

- Même en banlieue, ça reste des humains ! C’est bien de leur en lire et de leur en faire lire. »

 

J’étais d’accord mais je me suis dit que, s’il avait drôlement raison sur l’importance de la poésie, c’était vraiment sous doute l’un des genres auxquels il m’était le plus difficile de faire adhérer plus de quelques élèves.

 

Une nuit passa et, le lendemain matin, j’allais en cours en poursuivant les exercices d’écoute - cette fois, des passages de classique : du Josquin Desprez, du Bach et du Mozart… Me revint alors une discussion avec les élèves quelques jours auparavant : « Non mais vraiment Madame, il n’y a personne qui écoute Mozart pour le plaisir ! ». Et moi, je faisais certes un exercice mais j’écoutais Mozart ou Bach pour le plaisir.

 

Qu’est-ce que ce jésuite avait raison de mettre le doigt là-dessus ! Éducation si nécessaire pour appréhender le Beau sous toutes ses formes : poésie, peinture, musique… Non pas pour que cela « serve » forcément à quelque chose, a fortiori dans un monde souvent bien matérialiste, mais bien seulement pour apprendre à goûter, à savourer, à se laisser surprendre ou déranger, à entrer en relation différemment avec le monde. Parce que mes élèves sont bien des humains, oui, il convient de chercher à leur offrir cette éducation à l’Art comme à chacun. Peut-être qu’être prof chrétien, c’est finalement voir le Beau en l’autre mais aussi apprendre à lui faire voir le Beau… qui nous parle si souvent de Dieu !

 

Commentaires

1. Le samedi, septembre 23 2017, 05:04 par Satori1958

Cela me rappelle nos discussions, recentes, rien de mieux que la musique d' un texte à ecouter dans le silence. , et rien de mieux que la musique du silence pour débuter l écriture...et rien de mieux que la musique pour pousuivre l ecrit...et rien de mieux que les premières mesures de son requiem ni celles de la messe en ut mineur...et c est bien dans le silence de nos âmes que s expriment les plus belles musiques divines...dans le confinement d une chambre d hôpital, seul avec sa mort, la certitude que rien ne peut nous arriver car nulle question se pose, des l instant ou l on a reconnu l oeuvre divine en nous... moment de grace infinie.

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://www.zabou-the-terrible.fr/trackback/1839

Fil des commentaires de ce billet