Zabou the terrible

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Parole, paroles...

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            Pour une fois, il m’est arrivé de signer une tribune publique avec les autres initiateurs de la mobilisation #AussiMonEglise #MyChurchToo, tribune à laquelle nous avions convié quelques-uns de nos amis catholiques, divers dans leur sensibilité et dans leurs engagements respectifs. Parce que, comme je l’ai exprimé déjà autrement ici, quoique la situation ne change rien à ma foi ni en Dieu ni en son Église, je suis tristesse et colère et je souhaite que ce drame puisse être saisi pour mieux avancer ensemble. Cette tribune peut se lire par ici sur le site de La Croix : https://www.la-croix.com/Debats/rapport-Ciase-une-commission-independante-suivi-incontournable-2021-10-26-1201182310 

 

            Si je conçois qu’on ne soit pas d’accord avec celle-ci – encore qu’il me semble que nos propositions ne sont globalement que des éléments de bon sens, actant le rapport et proposant de tracer des pistes bien plus que d’en imposer mais bon, soit – je suis surprise de la virulence avec laquelle certains incitent, face à celle-ci et de bien des manières, au silence comme cela avait déjà été le cas face au lancement du hashtag. 

 

            Peut-être cette incitation ouvre-t-elle à une suggestion plus large : et si l’une des clés dans notre situation était de réussir à retrouver un usage plus ajusté de la parole dans notre Église, ne craignant pas de « mal dire » mais bien plutôt de nous taire, a fortiori si c’est quelque chose de lourd que nous portons dans le cœur. Je ne m’en exclus pas : moi aussi, souvent, bien trop souvent, dans l’Église, je me tais et ne dis pas ce qui pourrait être dit. 

 

 

Or, quand on se tait, la parole s’entrave : on a peur de choquer et elle ne s’échappe souvent malheureusement plus qu’en osant ronchonner quelques « murmures », à l’instar du peuple d’Israël. Les « murmures », ces paroles qui ne s’articulent plus, qui rôdent dans l’entre-soi rassurant et sont trop souvent médisances ; a contrario d’une parole pas forcément tout à fait ajustée mais qui se lance et qui ose. Mais comme l’analysent plusieurs personnes notamment ces temps-ci, nous avons perdu la culture du débat en Église et même plus essentiellement celle du dialogue. Débat où il ne s’agit pas d’asséner des vérités personnelles pour faire taire l’autre mais où l’on cherche à argumenter de part et d’autre, dans une estime réciproque fraternelle, où nous pouvons souvent croître l’un et l’autre. En prenons-nous encore le temps et l’occasion ? Ou nos joutes ne se livrent-elles que sur les réseaux sociaux où le nombre de caractères les rendent si pauvres ? 

 

Le dialogue, le débat, sont pourtant autant d’occasions d’éprouver notre parole, de l’affiner et de la rendre plus juste : alors la parole n’est plus solitaire, elle devient solidaire parce qu’elle est plurielle. 

 

Les disciples de Jésus discutaient, disaient bien qu’ils ne comprenaient pas tout, faisaient parfois des remarques complètement hors-sujet et inappropriées à Jésus, quand ils ne discutaient pas de singulières bêtises comme de savoir qui était le plus grand parmi eux. Pourtant, même cela, cette question si humaine, ils finissent par l’avouer à Jésus : c’est qu’il ouvre toujours un espace de liberté pour Lui répondre, même si nous-mêmes comme les disciples, sommes à côté de la plaque. Parfois, d’ailleurs, comme eux, nous avons pu rabrouer ceux qui voulaient s’adresser à Jésus… mais Lui prend soin, mais Lui écoute, mais Lui va vers celui que personne n’écoute : « que veux-tu que je fasse pour toi ? » entendions-nous encore dimanche dernier. 

 

            Et si dans les réformes à mener, la place de la Parole/parole était première ? 

 

Je suis en train de lire l’excellent livre de Philippe Lefebvre, Comment tuer Jésus ? – Abus, violences et emprises dans la Bible (Paris, Cerf, 2021, 280 p.) : il me semble qu’il ouvre des pistes essentielles pour repartir de la Parole afin de comprendre mieux les mécanismes à l’œuvre quand nous la tordons. Je crois ce livre salutaire, pour nous tous. 

 

Il en déduit notamment ceci : « S’il manque quelque chose dans l’Église, c’est à mon avis d’abord d’une véritable culture de la parole. Parler pour vraiment dire quelque chose, parler à quelqu’unrépondre quand on est interpellé, répondre de ses actes quand ils sont répréhensibles, dialoguer quand on est d’appartenances différentes, dire qu’on ne sait pas quand on ne sait pas, et puis écouter – écouter ce que d’autres ont à dire, même si l’on se sent a priori éloigné de ce que l’on croit qu’ils vont dire. Sinon, on demeure plongé dans le sol profond qui fait pousser la plante vénéneuse des abus et de leurs suites désastreuses ». 

 

            Repartir de la Parole, repartir des paroles des victimes, prêter l’oreille à l’inattendu pour écouter, oser parler et promouvoir la parole plurielle dans notre Église : il m’est avis que, si ce n’est pas tout un, c’est profondément lié. Afin que notre parole soit toujours plus enracinée et ajustée à Celui qui est le Verbe incarné : il en va de notre responsabilité de chrétiens, il en va de notre crédibilité. 

 

Commentaires

1. Le jeudi, octobre 28 2021, 19:52 par BCM

La démission collective des évêques serait un geste fort qui marquerait les esprits et tous les français, croyants ou pas. Le pape aurait toujours la possibilité de maintenir ceux qui ont eu un comportement conforme à l'Évangile. Malheureusement, plus le temps passe et moins les décisions prises auront un impact médiatique fort, et donc plus l'image de l'Église sera dégradée.

2. Le jeudi, octobre 28 2021, 23:54 par Zabou

Peut-être que, pile au moment de la publication du rapport - et encore, je n'en suis pas sûre -  cela aurait pu marquer, mais aujourd'hui ? Après déjà plusieurs semaines ? Ce serait un peu étrange, je pense. 

Je crois surtout qu'il faut trouver des actions symboliques d'une part (je préfère le mot à "médiatique") et avancer sur des actions concrètes d'autre part : pour que notre Eglise devienne plus ce qu'elle est appelée à être.  

 

3. Le mardi, novembre 2 2021, 07:55 par BCM

Les évêques se réunissent jeudi, c'est donc l'occasion, et sans doute la dernière. Ce serait une belle action symbolique (préférable à médiatique, vous avez raison). Après, le risque - énorme, car irrécupérable pendant des dizaines d'année - c'est la perte de confiance dans tous ces clercs. Un risque qu'un homme de foi ne devrait pas prendre.

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