Zabou the terrible

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Mot-clé - Ô ma Foi...

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vendredi, février 14 2014

This is the day of the Lord

 

La Bible n’est rien d’autre qu’une longue lettre d’amour de Dieu à l’humanité… Enfin, « rien d’autre », il faudrait plutôt dire « surtout » ! Tout pourrait être dit, lu, relu et surtout vécu ce jour, autant que d’autres d’ailleurs car il n’y a pas qu’un seul jour où il faudrait aimer et se laisser aimer, mais bien tous !

 

Mais, moi, j’ai envie de Le laisser me ressusurrer ceci, doucement, ce soir :

 

Mais maintenant, ainsi parle le Seigneur, lui qui T’a créé, Jacob, et t’a façonné Israël :

Ne crains pas, car je t’ai racheté,

Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.

Quand tu traverseras les eaux, je serai avec toi, les fleuves ne te submergeront pas.

Quand tu marcheras au milieu du feu, tu ne te brûleras pas, la flamme ne te consumera pas.

Car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur.

Pour payer ta rançon, j’ai donné l’Égypte, en échange de toi, l’Éthiopie et Seba.

Parce que tu as du prix à mes yeux et que je t’aime,

Je donne des humains en échange de toi, des peuples en échange de ta vie.

Ne crains pas, car je suis avec toi.

 

Isaïe 43, 1-5

Pour aimer chaque jour, follement, comme Il nous aime.

 

 

vendredi, janvier 24 2014

Lettres, l'être, les êtres

 

Instantanés de métier 
– Alors, le moustier, c'est la manière de désigner un monastère au Moyen-Âge. 
– C'est quoi un monastère madame ? 
- Quelqu'un sait répondre ? 
– Eh madame pas vrai que c'est un endroit même les gens ils peuvent pas avoir d'enfants. Rah les pauvres ! 
– Alors ça fait partie des caractéristiques de leur vie, oui, mais la principale, c'est que toute leur vie est orientée vers Dieu et la prière. Et effectivement ils n'ont ni relation sexuelle ni enfant. 
– Mais c'est inhumain ! 
– C'est surtout un choix, à côté de tant d'autres, et respectable en tant que tel ! 
/// 
(Montrer un tableau avec un nu) 
– Madaaaaame, c'est dégueulasse !!! 
– Mais non, le corps humain, c'est naturel ! C'est même plutôt beau ! 
Et toujours croire que, par les Lettres, on peut aider à faire grandir, un peu,  l'Être

samedi, novembre 2 2013

Mission - voici l'Agneau de Dieu


             C'est une mission qu'il m'aura fallu un peu de temps pour accepter… "Berger" d'une nouvelle session de l'Ecole de Prière Jeunes de mon diocèse. Le truc enthousiasmant, certes, surtout quand on trouve la proposition de l'EPJ absolument géniale et qu'on y a goûté plusieurs fois comme animatrice, mais qui fiche un poil la pétoche et la pression : tout à créer malgré la base commune très bien conçue mais surtout une question terrible "est-ce que j'en serai capable ?". Il y avait plein de raisons qui me faisaient hésiter, dont mon âge pour une mission qui est autant concrète que spirituelle. J'ai beaucoup prié, beaucoup discuté et beaucoup écouté. Et il aura fallu un "fais confiance à l'Esprit Saint" épiscopal pour que je me décide finalement à dire oui. 


            J'ai dit oui en me disant que je devais vivre cette mission dans cet élan spirituel. Ainsi, en même temps qu'avec ma super équipe on préparait cette belle semaine, je me suis donc cherché puis trouvé mon signe de bergère à moi : ce fut un sweat avec, au dos, un mouton une Bible à la main et la citation du psaume "le Seigneur est mon berger" afin de toujours replacer mes actes dans le seul vrai Berger qu'est le Christ. Appel et rappel pour moi à ne chercher à placer mes actes que dans cette unique dynamique : à être ferment d'unité du "troupeau" des jeunes et des animateurs, à transmettre Sa Parole pas la mienne, à ne les rassembler qu'en Lui. Chemin de conversion… 



               La semaine a commencé : j'ai découvert de nombreuses choses. Il y a eu des moments pas faciles et d'autres - la majorité ! - merveilleux. Instants de vie et de mission à prendre le temps de relire. 


                Et puis, il y a aussi un moment particulier qui m'a comme donné la clef de la mission qui m'était confiée. Voyez-vous, la petite P., sept ans et quelques, a passé sa semaine à venir chercher ma main et à me bombarder de questions diverses (quand, avec ses copains, ils ne m'infligeaient pas une séance d'attaque par les chatouilles : dure est la vie d'une bergère !). Jeudi soir, lors de la procession du St Sacrement, c'est donc tout naturellement qu'elle vint à côté de moi pour chanter, pour prier… Soudain, j'eus droit à une question : "Pourquoi on marche comme ça derrière l'hostie ?". En commençant à répondre et en lui désignant d'un geste l'ostensoir, je me suis rappelée de saint Jean-Baptiste, désignant et disant "voici l'Agneau de Dieu"… Mon saint préféré pour une multitude de raisons mais la première et la plus grande c'est qu'il ouvre toujours davantage au chemin du Christ. Toujours plus s'effacer pour Le laisser grandir : j'ai été profondément touchée de cet accord que je percevais soudain comme sens premier de la mission, un simple mais puissant appel à ma propre conversion. 


                C'était même une découverte lexicale vivifiante : car c'est vraiment très beau que l'autre nom de "mission", dans l'Eglise, soit "conversion". 


 

samedi, octobre 19 2013

Durant une semaine mais pour que ce soit pour la vie


"Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de coeur" (Matt. 11, 29) 


dimanche, octobre 13 2013

Alors que Lui agit sans trompette ni peut-être

Peut-être que, si nous nous considérions vraiment comme des lépreux, nous chercherions plus souvent à venir à la rencontre du Seigneur ; 


Peut-être que, si nous apprenions à voir notre misère, notre péché, nous apprendrions à crier de tout notre coeur vers Lui pour qu'Il nous sauve ; 


Peut-être que, si nous savions contempler les merveilles qu'Il fait dans notre vie, nous viendrions plus souvent Le remercier, voulant Le glorifier à pleine vie. 


lundi, octobre 7 2013

Chaque matin, je l'embrasse

croix de table de nuit mais pas que


Elles sont sur ma table de nuit, 

Toutes les trois, 

Parfois à peu près alignées, 

Le plus souvent en vrac. 


Il y en a deux qui sont là depuis quelques années : 

Au milieu celle de Taizé, 

A droite celle d'un Frat de jadis dont la forme rappelle celle du logo de mon diocèse. 

Et puis cet été, elles se sont enrichies d'une troisième comparse, 

Avec le Christ Rédempteur qui tend les bras, 

Croix des JMJ de Rio, croix pour rappeler tout spécialement l'Amour qui sauve. 

Bien sûr, en raison de mon métier, c'est plus souvent celle du milieu que je porte, et sous ma chemise encore, 

Mais, selon les occasions, il m'arrive aussi de porter l'une ou l'autre : 

Je  réfléchis simplement à ce qui est opportun.  

Mais, ce qui est sûr, c'est que tous les jours, qu'il vente, neige ou fasse soleil, 

J'ai une croix autour de mon cou, pour battre mon propre rappel. 


Et hier soir, c'était la soirée "retour des JMJ" de mon diocèse, 

L'une d'entre nous rappelait le trésor de la croix en tendant la sienne, 

Disant que nous avions à l'embrasser.  


Ca m'a pas mal fait sourire parce que c'est ce que je fais très concrètement chaque matin. 

Après ma douche, avant de passer une croix au cou, 

Je lui fais, très doucement, un petit bisou. 


Il n'y a pas là matière à fétichisme ou vieille habitude, 

C'est comme une micro-prière, en actes. 

Ma croix, je ne la porte pas comme un combat, 

Mais comme un rappel pour moi-même, chaque jour, 

De l'Amour du Seigneur pour moi, oui, jusque là,  

De ma volonté profonde de vivre en chrétien. 


Alors chaque matin, je l'embrasse ma croix, oui, 

Comme un assentiment profond à ce que sera la journée, 

Comme mon "oui" quotidien à ce que me donnera de vivre le Seigneur. 


jeudi, août 22 2013

En hommes de peu de Foi

 

 

Si le Camino est un chemin de Foi, il est aussi un chemin d’Histoire et d’histoires. Après avoir souri jusqu’aux oreilles l’an passé de celle, fameuse, du pendu-dépendu qui est à l’origine de la poule et du coq vivants présents dans la cathédrale de Santo Domingo de la Cazalda, celle qui me toucha le plus cette année se déroula sur le Cebreiro, dernière haute montagne avant de poursuivre en Galice vers Santiago.

 

En haut du Cebreiro donc, après avoir craché tous ses poumons, ses mollets, ses cuisses et même tout le reste, après avoir abdiqué l’espérance d’avoir un cm2 de peau exempt de transpiration et après avoir gagné un visage à la tonalité plus qu’écarlate, on arrive dans un charmant village dans lequel se trouve une petite chapelle : Santa Maria do Cebreiro.

 

 

L’église locale

 

Lieu de paix hautement goûté après le brouhaha de la queue au gîte, de l’installation dans les dortoirs et des douches. Y pénétrer comme un havre de calme, sourire en entendant les chants de Taizé et en voyant toutes les bougies allumées.

 

 

 

Et là, devant une vitrine contenant une patène et un calice avec un reliquaire en argent devant, se mettre tout doucement à genoux comme les articulations le peuvent et prier.

 

 

 

Car c’est ici qu’eut lieu vers 1300 ce qu’on appelle « l’histoire du moine de peu de foi ». Ce moine était surpris de voir venir à sa messe, tous les jours, un paysan des environs qui était obligé de faire des km (… et quels km ! Parfois sous la neige !) pour venir. Un jour, il pensa pendant la messe : « Faut-il être idiot tout de même pour faire tant d’efforts pour un peu de pain et un peu de vin !!! ». Moment où le pain et le vin se changèrent sous ses yeux et dans ses mains visiblement en chair et en sang, conservés dans le reliquaire.

 

L’histoire ne dit pas, à ma connaissance, ce qu’il advint du moine ni du paysan mais elle me touche infiniment. Déjà parce qu’il nous arrive d’être dans la position du paysan, à entendre dire : « mais vraiment, que vas-tu donc faire jusque là-bas à pieds pour te poser devant une boîte contenant des ossements ? », nous forçant à affiner en nous-mêmes les raisons qui nous poussent à entreprendre pareil pèlerinage mais surtout parce que nous – en tout cas moi – sommes surtout souvent dans cette posture du moine de peu de foi, hommes et femmes de peu de foi, à la confiance fragile, à la parole donnée au Seigneur dérapante.

 

Alors, à genoux devant ce reliquaire, ce jour-là, j’ai longuement prié.

 

Seigneur, donne cette confiance en Toi qu’on appelle Foi, car, sans Toi, nous ne saurions que nous appuyer sur nous-mêmes et jauger, et juger la vie à notre vue si basse et si peu aimante ;

 

Fais grandir la Foi, toujours, car Tu nous dis que même celle qui aurait la taille d’un grain de moutarde pourrait accomplir des choses immenses ;

 

Fais que ma Foi soit si ancrée sur Toi qu’elle le soit en Toi,

 

Donne-moi de savoir suivre le conseil du pape François aux JMJ : Bota fé – mets la Foi ! en guise de sel à saveur plus que supérieure et relevée dans la vie ;

 

Et, enfin, donne-moi de Te voir présent, quand Tu viens Te révéler, parfois au creux même de toutes mes chutes, de tous mes manques de foi.

  

 

vendredi, août 2 2013

Paroles papales


Avant de revenir sur les JMJ de manière plus personnelle (... même si c'est encore bien chaud et que cela sera sans doute après mon retour du Camino !), voici un petit listing des paroles que le pape François nous a plus particulièrement adressées lors des JMJ. 

Il a prononcé énormément de discours, homélies & co donc je ne retiendrai que certains à partir de la cérémonie de bienvenue. 

Bref, un truc pratique et de la lecture spirituelle choc pour les jours à venir tant pour vous que pour mon usage personnel. 

... et tout son voyage disponible sur le site du Vatican, sur la page dédiée aux JMJ 2013

Bonne lecture et bonne mission à chacun d'entre nous ! :-) 

jeudi, mai 30 2013

Dieu en grammaire comme dans le reste

 

 

Je me dis souvent qu’il faudrait savoir Le dire,

Malgré nos manques, nos imperfections, nos achoppements devant Lui ;

 

Qu’il faudrait certes savoir Le clamer, Le proclamer, L’annoncer,  

Avec des grands et beaux mots qui sonnent juste et vrai ; 

Mais encore plus Le laisser transparaître en nos mots à nous,

Les choisir, tous, pour qu’ils disent à chacun

« Tu sais … - ou peut-être tu ne le sais pas -  

… mais tu es aimé » !

 

Il faudrait encore et surtout laisser nos mots se convertir, s’adoucir,

Enlever toute moquerie, toute parole tueuse,

Pour qu’ils disent sans forcément l’expliciter,

Qu’Il y a un Amour qui les attend, là, tout le temps.

 

Il faudrait Le laisser se glisser en nos mots,

Lui laisser être le Verbe de nos phrases,

Pivot de celles-ci, comme de nos vies.

 

dimanche, mai 26 2013

La Foi, c’est pas comme un pot de Nutella !

 

 

 

Dans les pots de Nutella, il y a les petits pots qui peuvent ensuite servir de verres, les moyens pots, les gros pots familiaux et ces énoooormes pots que l’on voit pour publicité ou qui servent quand on prend une crêpe au Nutella dans les fêtes foraines.

 

Pour la foi, ça peut sembler évident mais ce n’est pas pareil : on ne peut pas mesurer le contenu chez une personne. Par définition, la foi, c’est une histoire entre Dieu et l’homme, entre l’homme et Dieu : une histoire de confiance et d’amour. Or, tous les amoureux le savent, l’amour, ça ne se mesure pas. Dire « je t’aime un peu », ce n’est pas dire « je t’aime » ; dire « je te fais un peu confiance », ce n’est pas « je te fais confiance ». La foi a un caractère absolu et ne fait donc pas partie des éléments gradables. De toute façon, le Seigneur lui-même rabat notre caquet si l’on avait tendance à s’en vanter : si vous comme moi en avions ne serait-ce qu’un grain de moutarde, nous ferions bouger les montagnes !

 

Ces préliminaires sur Foi et Nutella étant posés, rentrons dans le contenu du pot. Pour parler de Nutella, pour en manger, bien sûr, il faut en avoir, s’en procurer d’une manière ou d’une autre. Pour la Foi, il y a toujours premièrement un aspect de don gratuit, de mystère dont on ne peut se saisir, un primat de la « grâce » auquel on répond par notre confiance. C’est de cette réponse dont parle un peu pompeusement mais si justement le Catéchisme de l’Église catholique :

 

« La foi est la réponse de l’homme à Dieu qui se révèle et se donne à lui, en apportant en même temps une lumière surabondante à l’homme en quête du sens ultime de sa vie. » (CEC § 26)

 

Bref. Tout cela pour dire, puisque ce billet est une réponse à une question posée par une amie, que oui, il y a un truc que je ne maîtrise pas dans cette histoire, comme un gros pot de Nutella qu’on m’a offert – mais en carrément mieux !!! – un jour, puis d’autres… C’est imprévisible, cela peut venir nous toucher n’importe quand ! Même dans une approche plutôt théorique de la Foi à l’origine qui peut devenir vraie rencontre. Comme dans chaque Amour, il n’y a pas de loi.  Simplement, il y a des flashs, des rencontres, des coups de cœur dans nos vies de foi que nos mots ne peuvent qu’à peine appréhender… Et cela est grand.

 

Mais un pot, il faut l’ouvrir pour en déguster toute la saveur… Et c’est en cela que le « travail » me semble essentiel : une foi qu’on ne fait pas vivre, qu’on ne nourrit pas, elle est en péril ! Comme le contenu d’une boîte de conserve, elle va tendre au pourrissement avec les moisissures qui viendront s’y développer peu à peu.

 

Le travail, ce ne sont pas forcément des heures de boulot sur les textes les plus ardus des théologiens, c’est avant tout la vie ecclésiale, la vie sacramentelle et, plus largement, la vie de prière. Parce que la Foi est avant tout relation entre l’homme et son Créateur, elle est prioritairement à laisser grandir dans cette dimension de « relation ». On dit souvent qu’un chrétien qui s’isole = foi qui s’étiole : eh bien, je crois que ce dicton est vrai dans son sens le plus large !

 

Mais il reste un problème : le nutella, c’est finalement toujours pareil quand on le déguste. La Foi, elle, ce n’est pas toujours la même saveur doucereuse légèrement addictive. La Foi, il y a des hauts, des bas, des vides et des tempêtes et des naufrages, libre continent sans grillages. Des moments où l’on croit que l’on n’a plus la Foi, qu’on l’a « perdue » le long du chemin parfois si aride de nos vies…

 

Et c’est là que la Foi prend toute sa mesure dans l’autre sens de fides, le mot latin qui sert à la désigner : la confiance.

 

Un saut parfois dans le vide à nos yeux où la confiance nous assure que des bras pleins de tendresse sont là pour nous rattraper et nous réconforter.

 

Photo tirée de http://www.openmaterials.org/catarina/wp-content/uploads/2011/03/jesusOnToas_md.jpg

 

jeudi, mai 9 2013

Citation de saison, d’Ascension

 

« La foi est une chose grande mais la peur est physique.

 

Je peux avoir une foi solide, mais si je ne bois pas pendant dix jours, j’ai soif. La foi consiste à supporter la soif d’un cœur serein comme une épreuve imposée par Dieu.

 

Jésus, je suis prêt à supporter mille peurs comme ma peur par amour pour vous ; mais j’ai peur. »

 

in Giovanni Guareschi, Le Petit Monde de Don Camillo (p.333)

 

 

… Vous ne trouvez pas qu’il y a un peu de ça, à l’Ascension ?


dimanche, avril 21 2013

Route de nuit


Noctambule (et ayant surtout une importante échéance lundi), je suis rentrée en pleine nuit d’un mariage au loin ce week-end. Seule dans la Zaboumobile, j’ai songé à cette route de nuit que je faisais. Je me suis déjà dit que ça me rappelait le titre d’un album de B.D. de Michel Vaillant puis je me disais qu’à force de parler de « nuit » dans la Foi (merci St Jean de la Croix et ses potes), de se rendre compte qu’on en traversait une plus ou moins importante période, on ne faisait peut-être pas aussi attention que cela à la réalité de la nuit comme nuit et à ce qui s’y vivait. Car c’est tout de même plus souvent de nuit que nous avons à vivre notre Foi car c’est là qu’elle grandit, qu’elle s’affirme même réellement comme Foi.

 

La nuit dernière, j’ai alors prêté attention à ce qui se passait durant cette longue « route de nuit » et j’ai cherché à tracer des parallèles.

 

Nuit et ennui : premier effet des longues lignes droites de l’autoroute.

Ces moments de notre vie, de notre Foi où il ne se passe rien. Je me dis qu’on devrait plus considérer les autoroutes comme de vastes déserts, sinon qu’on y avance plus vite, sans forcément nous en rendre compte. Et l’accepter, quand même car, que ce soit dans la mécanique du moteur comme dans le mystère de l’Esprit Saint qui nous pousse, pour la plupart d’entre nous – et moi, surtout – nous n’y connaissons pas grand-chose.

 

Nuit et somnolence : de pleine nuit, quand l’ennui prédomine justement, les paupières se font lourdes.

C’est le gros risque de ceux qui roulent ; c’est le grand risque de nos chemins spirituels : se laisser endormir parce que tout ronronne. Le remède ? Une pause (en Lui) s’im-pause ! Slogan vital pour se poser, se reposer et repartir, vivifiés !

 

Nuit et beauté : lever les yeux, voir les étoiles, la lune et cet hérisson évité de justesse.

Trouver, au cœur de la nuit, les étincelles de Dieu qui illuminent faiblement notre vie :  mais des étincelles si brillantes qu’elles Le murmurent dans le fin silence seulement troublé par le bruit de nos roues sur les gravillons.

 

Nuit et louange : parce que c’est beau, parce que Tu es là, parce que Tu nous aimes, parce que… lancer quelques chants de louange.

Ces élans du cœur qu’on ne s’explique pas bien, qui sont prières nées en nous de ces gémissements ineffables de l’Esprit, alors même qu’il ne se passe rien et que les alentours sont plutôt sombres. Joie de Toi que Tu nous donnes de connaître, quand même.

 

Nuit et attention : parce que c’est à cela que nous sommes appelés.

Être toujours plus attentifs pour Te reconnaître et Te servir : dans l’homme croisé à la station service, dans ce chauffard me doublant à une vitesse plus qu’excessive par la bande d’arrêt d’urgence. Être attentifs, même de nuit, pour que Tu nous travailles.

 

La nuit comme exercice comme « bon combat »,

La nuit comme route de la Foi,

Pour arriver, enfin, un jour, à bon port,

à Toi, jour éternel.

 

mercredi, avril 17 2013

Espérer entre frères

 

 

 

            Je ne vous dirai pas son nom, je ne vous dirai pas non plus son prénom, ni qui il était exactement mais voilà, il est décédé, au loin, voici deux semaines. Et, aujourd’hui, à la paroisse, on célébrait ses obsèques.

 

            Dans mon entourage, on a demandé à l’enterrement de qui j’allais. J’ai eu du mal à répondre avec précision. J’avais déjà eu ce problème il y a un peu plus de deux mois, pour l’enterrement du père C.T.. J’avais répondu « je vais à l’enterrement d’un ami » parce que, pour lui, c’était vrai mais il y avait déjà ce léger trouble dans ma réponse parce qu’il était un ami, un prêtre avec qui j’avais travaillé au service de l’Evangile ET…. un « co-paroissien ». Comme lui dont on célébrait les obsèques cet après-midi.

 

            C’est difficile d’expliquer cela à qui ne « pratique » pas ou peu mais il y a un lien profond qui se crée avec ces gens en compagnie desquels on prie au moins une fois par semaine, parfois plus. Et a fortiori quand ces paroissiens participent à tout et sont engagés de partout, toujours prêts à un coup de main supplémentaire – et avec le sourire non forcé, svp ! Lui, au fil des ans, j’avais appris à le connaître, un peu…

 

            Il a fait partie d’abord de ces sourires de connivence que j’échange quand je croise quelqu’un de la paroisse dans les rues ; de ces sourires joyeux de ceux qui ne se connaissent pas forcément vraiment mais qui, pourtant, partagent le plus profond chaque semaine en partageant, en vivant de la Parole et du Corps du Seigneur. Pour chercher, chaque semaine à plus et mieux vivre de Sa Vie. Puis il est devenu un sourire reconnu un jour qu’il m’interpela avec son épouse alors que je passais pour la 3ème fois devant leur maison (j’avais oublié quelque chose à l’église et, comme le dit le dicton, quand on n’a pas de tête, on a des jambes). On échangeait quelques mots depuis lors et surtout ces deux dernières années, on avait été bénévoles ensemble pour l’assoc’ d’aide alimentaire de la paroisse au mois d’août. J’aimais le croiser, même de loin, et lui faire un grand signe pour lui souhaiter une bonne journée : même quand, entre chien et loup, je ne le distinguais pas, je savais qu’un sourire me répondait.

 

            Alors qu’en dire à tous ceux-là ? Comment expliquer qui il était ? Et pourquoi j’allais à l’église pour ses funérailles ?

 

Car il était naturel pour moi d’être là pour prier cet après-midi. Comme il était tout autant visiblement naturel pour tous les piliers de la paroisse d’être là, à l’église, cet après-midi. Ensemble.

 

            Sans doute parce qu’il était effectivement pilier de cette É/église où il aimait tant servir.

 

            Parce que, si la paroisse, c’est sans doute l’un des lieux où l’on arrive le plus à s’engueuler pour des pinailleries c’est aussi le lieu précis où nous sommes invités à exercer notre charité. Qui ne se vit pas seule mais donnée, en communion.

 

Être paroissien, c’est donc être chrétien d’un lieu particulier où je viens me nourrir avec l’aide de mes frères.

Venir à l’enterrement d’un paroissien, c’est donc simplement venir à l’enterrement d’un frère.

C’est en retrouver d’autres pour porter le défunt, sa famille et se porter ensemble dans la prière et dans l’Espérance. Et c’est aussi juste que beau.

 

dimanche, avril 7 2013

Clef de Vie !

 

« Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. »

 

 

 

Malgré nos fermetures, réelles comme de cœur,

Malgré nos craintes diverses et si fortes,

Malgré nos replis sur nous-mêmes, nos si frileux « entre-nous », 

Le Christ se rend présent.

 

Il ne s’impose pas,

On peut ne pas Le voir mais Il est là ;

Invitation à Le contempler,

A Le toucher, même ;

Car Il est là. 

 

Il ne brise pas les verrous en venant,

Mais, par l’invitation à la Foi, Il nous donne de les briser,

Il est la Clef pour nous exclamer, encore et toujours

« Mon Seigneur et mon Dieu » !

 

Et cette reconnaissance du Seigneur ouvre d’un coup la porte,

Elle nous fait vivre,

Elle nous envoie :

D’abord, balbutiante, au seuil,

Puis plus loin, encore plus loin,

Portés par ce courant d’air ou plutôt ce courant de Souffle.

 

Parce que, en tout lieu, nous sommes alors en Lui,

Fils vivants de Lui et donc immensément libres,

Aptes à proposer à nos frères de Le reconnaître,

Pour dire, pour vivre ensemble « mon Seigneur et mon Dieu »,

Hommes et femmes sortis de chez eux mais en Lui,

Hommes et femmes de plein vent.

 

dimanche, mars 31 2013

Qu’Il vous rappelle toujours à cette joie !

Au cœur de la nuit froide, la chaleur d'un feu à l'assemblée se groupant, se blottissant autour contre le froid ; 
Au cœur d'une nuit, une folle joie naissante qui se lit sur les visages à la lueur des cierges ; 
Au cœur de la nuit, une liturgie riche en signes pour parler à nos sens comme à notre intelligence afin de nourrir notre Foi ; 
Au cœur de la nuit du tombeau, rien de moins qu'une résurrection. 
Au cœur de la nuit, un silence qui n'est plus de mise pour chanter Alléluia à plein cœur : 
Telle est notre Foi, telle est notre Joie ! 
Parce qu'il y aura eu l'événement renversant tout ;
Parce que la pauvreté de l'Amour aura triomphé de la force ; 
Parce que l'Amour a vaincu la mort,  
Rien ne sera plus comme avant 
Dans la mesure où nous Le laissons, 
Dans la démesure où nous Le laisserons nous renverser, nous bouleverser nous-mêmes ; 
Chemin de Pâques, chemin de Vie ! 
Belle fête de Pâques à vous, frères et sœurs lecteurs, à la suite du Ressuscité ! 

mercredi, mars 27 2013

Sais-tu quel jour on est ?

 

Depuis samedi soir, c’est la Semaine Sainte…

On y entre tout doucement, tout paisiblement, avant le premier coup d’accélérateur de la messe chrismale et demain, d’un coup, le début plus net de la prodigieuse montée, si abrupte bien que préparée, vers Pâques.

 

Et puis demain jeudi, et puis après-demain vendredi…

Ô combien jours saints, ô combien grandes heures…

Demain, les ¾ de mes élèves, les 4/5 de mes collègues ne sauront pas quel jour on est, évidemment. Et, à côté du lycée, je passerai pour ma part une immense partie de mon temps libre à l’église.

Mais je n’ai pourtant pas deux vies : je n’en ai qu’une et j’aimerais qu’elle soit cohérente.

 

Quand on aborde le Triduum, il y a une ivresse grandissante :

Non pas celle du Vin, du Sang, de la Cène – encore que – mais celle qui en découle,

Nan pas la Joie devant la Croix qui est plutôt silence venant nous saisir au plus profond, mais celle qui en découle ;

L’ivresse de l’Amour, qu’on devine à chaque pas, à chaque jour, à chaque heure plus grand,

Qui nous devance, qui nous appelle, qui nous dit :

« Viens, je t’aime ! Ne crains pas la mort, ne crains pas la croix,

Ne crains pas ! J’ai donné ma vie pour que tu vives parce que je t’aime ! »

 

Demain, je ne dirai pas quel jour on est,

Demain, je ne parlerai pas de Toi, mon Dieu,

Car je sais bien que ce n’est pas le lieu.

 

Mais je tâcherai de T’accompagner,

Mais je tâcherai de Te rendre le seul et pauvre témoignage que je puisse ici Te rendre, en essayant de vivre ce que Tu me demandes de vivre, c'est-à-dire Te vivre, 

En tâchant surtout d’être ivre de manière croissante !

 

Selon la méthode copyrightée par Isaïe, chaque matin :

Dieu mon Seigneur m'a donné le langage d'un homme

qui se laisse instruire,

pour que je sache à mon tour

réconforter celui qui n'en peut plus.

La Parole me réveille chaque matin,

chaque matin elle me réveille

pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire.

 

Pour T’offrir chaque matin, chaque heure de ce Triduum

Pour ne rien craindre,

Pour l’orienter tout entier vers Toi !

 

mardi, mars 26 2013

C’est la famille, mon frère !


 

Il faut dire que, depuis l’élection du pape François, on n’arrête pas d’essayer de la classifier, de la reclassifier cette Église, son pape, toussa toussa

 

J’aimerais bien que ceux qui s’y essaient avec grandiloquence viennent participer à cet événement Facebook dont, pour une fois, on peut bien dire qu’il s’agit d’une grand-messe annuelle.

 

Y a plein de gens, là, réunis, à la même heure, à un même lieu, de tout un département…

Un ou des évêque(s), des prêtres, des diacres, des laïcs et des consacrés en tous genres ;

Des enfants, des jeunes, des adultes dans la force de l’âge, des gens mûrs, des personnes âgées ;

Des gens qui bossent, des retraités et des chômeurs aussi bien que des étudiants ;

Ça, vous voyez, ce n’était pas exceptionnel, c’était un échantillon d’Église dans toute sa surprenante et si riche variété, réunie à l’occasion de la messe chrismale pour prier ensemble.

C’est l’Église que j’aime,

C’est mon Église, c’est l’Église.

 

Car l’Église que j’aime qui est tout simplement l'Église, elle n’est ni à gauche, ni à droite ;

L’Église que j’aime, l’Église à laquelle j’appartiens, l’Église au sein de laquelle je vis, elle trace un espace d’un geste :

« Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »

Et tout est dit d’une même voix, traçant cet espace en Lui où l’on se réunit,

En famille.

 

jeudi, mars 7 2013

Carême au présent

 

Pour le Jour du Seigneur web, j’ai écrit un petit article sur ma manière d’envisager, ou plutôt et surtout de vivre, le Carême en cette année de la Foi.

 

Parce que je confonds peut-être Pâques et Noël (ou pas d’ailleurs), ça m’a fait parler de cadeau, de présent et de disponibilité.

 

Bref, des bafouillages de carême à lire par ici : « le présent comme présent »

 

 

 

mercredi, février 27 2013

Ultime audience du pontificat de Benoît XVI

 

A jour particulier, billet particulier !

Et auteur particulier !

 

Voici la traduction du texte italien (traduction : VIS) de l’audience papale de ce matin, mercredi 27 février 2013, dernière audience du pape Benoît XVI.

 

Le texte est un peu long, certes, mais il comprend de belles et nombreuses pépites !

 

 

 

« Merci d'être venus si nombreux à ce dernier rendez-vous. Merci de tout coeur. Je suis profondément ému ! En vous je reconnais l'Eglise vivante. Et puis remercions le Créateur pour ce beau soleil d'hiver.

 

Comme l'apôtre Paul dans le texte biblique que nous avons entendu, je sens d'avoir à remercier tout particulièrement Dieu qui guide et édifie l'Eglise, qui sème sa Parole et nourrit ainsi la foi de son peuple. En ce moment, mon cœur s'élargit et embrasse toute l'Eglise à travers le monde, et je remercie Dieu pour les signes que durant mes années de ministère pétrinien j'ai reçu quant à la foi dans le Seigneur, sur l'amour qui circule vraiment dans le corps de l'Eglise et la fait vivre dans l'amour, sur l'espérance qui nous tend vers la plénitude de la vie, vers la patrie céleste. Je vous porte tous dans la prière, dans un présent de Dieu que je trouve à chaque réunion, à chaque voyage, à chaque visite pastorale. Je rassemble tout et tous dans ma prière et vous confie au Seigneur, parce que nous savons sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle, et parce que nous nous comportons d'une manière digne de lui et de son amour, en apportant du fruit en toute bonne œuvre. Il y a en moi une grande confiance parce que je sais que la parole de vérité de l'Evangile est la force de l'Eglise, sa vie même. L'Evangile purifie et renouvelle, porte des fruits partout où la communauté des croyants l'écoute et reçoit la grâce de Dieu dans la vérité et vit dans la charité. C'est ma conviction, c'est là ma joie.

 

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mercredi, février 13 2013

Le pape ? Le pape où ? #3


  

Le pape, c’est le successeur de saint Pierre comme chacun sait… Saint Pierre qui fut pêcheur, en sus d’être un pauvre pécheur, appelé alors même qu’il était en activité.

 

Le symbole de l’année de la Foi, c’est une barque qui avance au large.

 

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