Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - A Son école

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi, octobre 31 2017

Sous le signe de l'amour

Dans les autres éléments vécus à l'EPJ, j'ai curieusement découvert un manuscrit apocryphe un matin devant les jeunes lors de l'accueil de la Parole... comme une petite aide pour méditer le mystère de la Croix, comme une petite aide aussi, la veille de la Toussaint, à nous laisser mieux tourner vers la sainteté. 

 

https://i.pinimg.com/474x/b3/f9/95/b3f9957ea3e2fba030cbd6bb9fc324ea.jpg

 

Je m’appelle Simon et il y a quelques années, j’ai vécu quelque chose d’incroyable : j’écris ce texte pour que la mémoire en soit gardée à jamais. J’étais alors un jeune papa, fier de la naissance d’Alexandre et de Rufus, mes fils, et j’aimais énormément ma ville, Jérusalem, ville sainte pour nous les Juifs. Ici, on se sentait proche du Seigneur 24h/24 !

 

Mais ce jour-là, je m’en rappellerai toujours, je n’ai jamais été aussi proche du Seigneur. Ce jour-là, il y avait de l’agitation en ville : c’était jour de crucifixion, le plus affreux et le plus déshonorant des supplices. Un grand agitateur devait être mis à mort ce jour-là par les Romains qui occupaient notre pays : à moi, on m’avait dit qu’il était surtout un grand prophète, un homme qui parlait de la part de Dieu. J’étais curieux : et si c’était un prophète qu’on allait tuer au lieu de l’écouter ? C’était suffisant pour que je cherche à rejoindre au plus vite le Golgotha, le lieu des exécutions, en rentrant de mes champs !

 

Et là… Et là… ma vie a basculé. En me voyant arriver, les Romains, qui connaissaient ma force, m’ont interpelé pour que je vienne aider à porter la croix de celui qu’on appelait Jésus. J’ai croisé Son regard, j’en ai été bouleversé.

 

Cet homme était plein de sang, plein de poussière, exténué mais il portait un regard d’amour sur moi. Un regard que je n’avais jamais vu. J’avais l’impression que c’était lui qui m’avait appelé pour que je l’aide… Il m’avait appelé pour me dire simplement : « viens, tu es aimé, à un tel point que tu ne le sais même pas encore ». Je n’avais jamais vu un amour aussi fort chez quelqu’un.

 

Alors, avec Lui, j’ai porté sa croix. Je sais déjà que quelqu’un écrira des siècles plus tard : « Dieu t’a créé sans toi mais il ne te sauvera pas sans toi ». C’était et c’est tellement vrai : Dieu m’a créé sans moi mais ne me sauve pas sans moi !

 

Ce jour-là, j’ai perçu quelque chose d’un grand mystère que je n’ai toujours pas fini de comprendre. Ce Jésus, c’était Dieu ! Et c’était fou : en mourant… en mourant pour moi, il venait pour me sauver !

 

En m’appelant à porter sa croix avec lui, il m’aidait surtout à porter toutes mes petites croix du quotidien. Ou plutôt, il portait avec moi tout cela : il portait mes soucis, mes inquiétudes, mes souffrances et même tout ce que je faisais de mal. Avec moi. Pour moi.

 

Plus tard, moi Simon, je serai parfois représenté bras dessus bras dessous avec Jésus dans ce qui est le moment le plus terrible de Sa vie. Par cela, il m’associait à Sa mort mais aussi à Sa résurrection.

 

Aujourd’hui, je sais que Lui porte tout avec moi et pour moi. Parce que j’ai eu la grande chance de porter un instrument de supplice sur mon dos qui est devenu, grâce à Jésus, le plus grand de tous les signes d’amour.

 

 

Simon de Cyrène

lundi, octobre 30 2017

Fioretti d'EPJ et d'eucharistie

 

Et me voici de retour de l'EPJ (Ecole de Prière Jeunes) édition 2017 ! Comme toujours le coeur en action de grâce et la tête consonnant avec le coeur et l'âme de multiples fioretti. Parmi ceux-ci, ces deux-ci... comme un moyen de vivifier notre désir du Seigneur !  

 

En début de semaine, une enfant de 7 ans qui n'avait pas encore fait sa première communion est allée communier avant qu'on ne s'en aperçoive. Des plus grands lui tombèrent alors dessus pour lui dire que ce n'était pas bien ce qu'elle avait fait et c'est en pleurs que la petite finit la messe. A l'issue de celle-ci, je la récupérai pour essuyer ses larmes et elle de me dire entre deux sanglots : "Tu sais, c'est que j'en avais tellement envie !!!" 

 

http://www.famillechretienne.fr/var/fc/storage/images/media/images/articles/ld-communion-hostie-eucharistie/54124-2-fre-FR/ld-communion-hostie-eucharistie_article.jpg

 

Fin de semaine, une autre petite de 7 ans en pleurs à la fin de la messe (encore !), je la récupère là aussi : 

- Mais pourquoi pleures-tu donc ? 

- C'est parce que... parce que... moi je voulais prier ! Et F. m'a embêtée ! Je n'ai pas bien pu prier Jésus alors que je voulais ! 

- Mais, ce qui compte, c'est ce désir de prier, tu sais, c'est celui-là que Jésus regarde et il sait ce que tu as dans ton coeur. " 

... Deux parmi tant et tant d'autres... ! :-) 

 

mercredi, mars 29 2017

Se laisser catéchiser

Avec des ados en chemin vers la 1ère communion, séance constituée d'un petit tour d'horizon général sur la messe à l'issue duquel je leur ai posé cette question : 

Et finalement, pourquoi est-ce important à votre avis que le pain durant la messe devienne le Corps du Christ ? 

- Pour nous bénir ! / Tu sais ce que cela veux dire ? / Un peu...  / Cela signifie "dire du bien" / Donc pour que Jésus dise du bien de moi et des autres ! 

- Pour qu'Il soit ma force dans toute ma vie. 

- Pour qu'Il soit en nous. 

- Pour qu'il reste en nous. 

 

"Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite" (Jn 15, 11)

      :)         

http://www.oratoire.org/wp-content/uploads/2017/02/communion-malade.jpe

mardi, février 14 2017

L'oeil était dans le couloir du métro

http://www.italie-decouverte.com/wp-content/uploads/2013/10/pantheon_3.jpg

Ils étaient trois dans ce recoin bien en coin des couloirs de métro. Près d'eux, la foule passait, distraite, nez sur son téléphone, pressée ou en train de parler à son voisin. Eux trois, ils cachaient un truc... et ils avaient l'air complètement "défoncés" par une substance très illicite. Pas besoin de m'approcher davantage : ils étaient jeunes et avaient l'air vieux et malades ; la vie était devant eux et ils auront très certainement prochainement des soucis avec la police et, plus grave encore, avec leur santé, si ce n'est déjà le cas. Trois êtres aux vies cabossées. 

Je crois que je les ai regardés au passage avec une compassion malheureusement trop condescendante, qui m'a semblé peu chrétienne. 

Hier, à la messe, la première lecture venait de la Genèse avec l'épisode du meurtre fratricide d'Abel par Caïn et le prêtre cita dans son homélie le fameux vers de Victor Hugo : "L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn". Que fait cet oeil, celui du Seigneur ? Bien sûr, une conception trop étroite pourrait nous faire nous mettre le doigt dans l'oeil en y voyant le regard sans merci d'un juge inquisiteur. Et si ce Dieu qui nous regardait, c'était pour nous dire qu'Il était toujours avec nous, et qu'Il nous regarde, simplement, tels que nous sommes, y compris jusqu'à "nos reins et nos coeurs" ? Parfois, Il doit avoir quelque peu une conjonctivite à supporter de voir tous nos péchés... mais je suis sûre que tout brûle dans le brasier de Son amour, dans l'incandescence amoureuse de Son regard. 

Savoir que Dieu nous regarde, sans cesse, où qu'on aille se cacher ou, au contraire, où qu'on aille vivre au plein jour, cela change tout : 
C'est tout mettre dans la Lumière de Son amour ;
C'est voir, ou plutôt regarder, vraiment car Il est la vraie Lumière qui donne relief aux actes et aux êtres...
Comme un appel à regarder comme Lui, à aimer sans condescendance, sans jugement a priori ni a posteriori,
A regarder, simplement avec la justesse d'un coeur ému aux entrailles qui fait s'élever une humble prière vers Son Seigneur. 

 

mardi, novembre 1 2016

Oui, et l'EPJ justement alors ?

Et l'école de prière, justement, tu en rapportes quoi ? 

Plein de souvenirs... plein de moments forts, comme toujours. 7ème école de prière jeunes, 3 comme animatrice et ma 4ème comme bergère : chacune m'ont fait grandir... alors que j'étais censée aider les jeunes à grandir dans leur foi ! Mais, comme toujours, en voulant évangéliser, on se laisse évangéliser. En parlant de Jésus, on apprend à mieux en vivre. 

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/14604837_1221297461277485_2536304543995295716_n.jpg?oh=4fab515419cd9ae004a06e10ab9dd4db&oe=5892FEA0

Peut-être que je reviendrai plus tard sur tel ou tel moment mais, s'il y en a un qui a été très fort alors que tout à fait anodin, ce sont sans doute ces deux grands moments de silence, de désert, que nous avons tous faits, enfants comme tous les adultes, exactement au même moment, les deux derniers jours. 

Imaginez tout un bâtiment dans lequel se trouvent 52 enfants et 16 adultes plongé dans le silence pendant 20 min ! (Je n'oserais proposer cela dans mon collège !). 

Imaginez un silence dense, parlant, priant... Imaginez des enfants jouant le jeu, s'éloignant pour éviter de se parler. 

Imaginez alors durant ce temps une pauvre typesse de Zabou assise à l'oratoire, entourée de petits gnomes sympathiques venus passer là leur temps de désert, tous plongés dans leur prière. Imaginez-la en train de les regarder doucement comme aides à sa propre prière... 

Je ne sais pas ce qu'ils racontaient à Jésus dans le secret de leur coeur.

Mais ce que je sais ou plutôt dont je suis certaine à voir leurs calmes sourires ensuite, c'est qu'il y en a eu des murmures amoureux de coeur à coeur dans ces moments-là... Alors, comment ne pas se sentir entraînés dans sa propre prière par celle des enfants ? Comment ne pas avoir envie de soigner la qualité de nos propres temps d'oraison ?

Alors, on rapporte de l'EPJ comme des brins de silence qu'on a envie de lier toujours plus pour affermir la qualité de notre relation personnelle avec le Seigneur.  

lundi, octobre 31 2016

Zachette ?

Pour les besoins de l'école de prière jeunes du diocèse de Nanterre dont je reviens, j'ai incarné le premier jour Zachette, lointaine descendante de Zachée narrant l'histoire de son aïeul alors qu'elle se refusait à plonger dans l'océan de la Miséricorde ! Puisque j'ai mis ce petit conte d'évangile par écrit et que c'était l'évangile d'hier dimanche, je vous le partage. Il ne s'agit que du récit lui-même... d'un autre point de vue ! 

http://4.bp.blogspot.com/-IIZ7vpAeZHg/UZQHN3s1JtI/AAAAAAAAHnI/vDTuxg4RJH8/s1600/zachee-et-le-sycomore.jpg

Ils sont gentils là, ces deux copains qui m'invitent à plonger dans l'océan de la Miséricorde mais ils ne me connaissent pas ! Ca a toujours été comme ça dans ma famille d'ailleurs : une sorte de mélange entre l'envie de se bouger et de faire le bien et... un terrible manque de confiance. 

Je m'appelle Zachette. On s'est toujours moqué de moi à cause de drôle de prénom... Vous imaginez ? Là, disons que je me décide à y aller dans cet océan de la miséricorde et que je n'arrive pas à plonger, que je reste à flotter ? Vous ferez un mauvais jeu de mots et vous direz encore une fois que je suis une Zachette de thé, je suis sûre ! 

En vrai, je m'appelle comme ça à cause d'un de mes ancêtres. Lui et moi, on se ressemble beaucoup. Il s'appelait Zachée. Il était tout petit et lui, les gens ne se moquaient pas de lui à cause de son prénom mais bien parce qu'il était collecteur d'impôts. A l'époque des Juifs, les collecteurs d'impôts, c'étaient des vrais voleurs ! Oh, je ne crois pas que mon ancêtre faisait vraiment le mal pour le mal mais il avait peur. Peur de manquer. Alors, il volait dans les caisses et, de vol en vol, il était devenu riche. Très riche. Mais personne ne prenait au sérieux un type pareil ! 

Il habitait à Jéricho, une ville célèbre pour ses murailles, ses trompes et trompettes. Et on raconte qu'un jour c'est en grande pompe que Jésus, le célèbre Jésus a traversé cette ville ! Ca a été de la folie ! Tout le monde voulait le voir ! Ce n'est pas que c'était une star, c'était bien plus fort... C'était qu'il disait des paroles qui touchaient les coeurs au plus profond. Et qu'il guérissait des malades. C'est simple : certains allaient jusqu'à dire qu'il était le Messie, l'Envoyé de Dieu ! Alors tout le monde voulait le voir, l'entendre, le toucher, lui présenter des malades... Personne n'avait jamais vu une telle cohue à Jéricho ! 

Et mon ancêtre Zachée, il était bien embêté. Il avait tellement envie de voir Jésus ! Mais il était si petit... Et il était tellement considéré comme un sale type que personne ne le laisserait passer ! 

Alors, vous savez ce qu'il a fait ? Moi, j'hésite à plonger là, eh bien, lui, son "plongeon de confiance", ça a été l'inverse : de grimper dans un arbre ! Je l'imagine en train de monter sur cet arbre si touffu qu'est le sycomore... Mais le plus incroyable, c'est ce qui est arrivé quand Jésus est passé : non seulement il l'a vu mais surtout, il l'a appelé par son nom ! "Zachée, descends vite : aujourd'hui, il faut que j'aille demeurer chez toi !". 

Ce Jésus, c'était bien Dieu : il connaît le nom de chacun. Il connaît ton nom, il connaît mon nom. Alors comment ne pas ouvrir son coeur à la confiance après cela ? Quand on est connu, aimé, appelé, désiré ? 

Oh, les autres ont râlé, c'est clair... Mais mon ancêtre, il a été changé. A jamais. Il a tout de suite dit qu'il allait donner la moitié de sa fortune et rétablir dans leur bon droit tous ceux à qui il avait fait du mal... C'était se mettre en danger : ça a été son deuxième plongeon de confiance mais un plongeon à vie. Le seigneur Jésus lui a bien dit qu'Il lui offrait le Salut, Sa miséricorde... Alors, comment ne pas plonger ? Comment ne pas faire confiance ? 

samedi, avril 2 2016

Thomas selon Jean selon Pierre

 

Parce que je me suis prêtée à un petit exercice priant… L’Évangile de demain imaginé d’un autre point de vue !

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/07/Le_Caravage_-_L'incrédulité_de_Saint_Thomas.jpg/280px-Le_Caravage_-_L'incrédulité_de_Saint_Thomas.jpg 

                 C’était le premier jour de la semaine. J’étais troublé. Il y avait eu la mort de Jésus, cet homme exceptionnel que je suivais et que j’aimais de tout mon cœur, cet homme qui était mon ami, mon frère et mon maître : j’en ai été bouleversé de tristesse. Mais depuis peu, j’étais encore plus troublé car, moi, Pierre, j’étais entré dans le tombeau du Seigneur et je n’avais vu que des bandelettes et des linges… Alors, bien sûr, Jean, lui s’est mis tout de suite à croire parce que c’était écrit quelque part dans la Bible selon lui, et puis Marie de Magdala a dit L’avoir vu mais que croire ? Ce n’est qu’une pauvre femme, en plus complètement amoureuse du Seigneur : elle serait capable d’en avoir des hallucinations liées à sa tristesse ! Je suis troublé… j’aimerais tellement croire qu’il est ressuscité, qu’Il n’est plus mort… Mais enfin, cela ne semble pas très possible. Et puis, les Juifs nous recherchent, nous ses disciples les plus proches. On se réunit entre nous mais nous avons peur d’eux, nous sommes tristes de sa mort. A quoi bon tout cela ? Ne faudrait-il pas mieux nous disperser, reprendre nos métiers et garder de Lui le souvenir d’un homme bon et doux, d’un ami et d’un vrai prophète du Seigneur ? Nous doutions ensemble, nous pleurions ensemble. 

 

Lire la suite...

samedi, février 13 2016

A l'école de la sainteté avec Péguy

Incroyable diversité du peuple de Dieu, unie dans une même marche : une unique vocation à la sainteté quelle que soit l'origine, quel que soit le passé... Grandir ensemble sous Son regard, même dans l'opacité, vers la lumière, en apprenant Sa miséricorde : un enjeu de la vie, peut-être encore plus spécifique et fort en Carême. 

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/hphotos-xaf1/v/t1.0-9/10404301_10153123982856133_6800416045989303891_n.jpg?oh=1e9e7e2d967940152ef417807741bb30&oe=5732FD49

"Il y a deux formations, 

Il y a deux extractions, 

Il y a deux races de saints dans le ciel. 

Les saints de Dieu sortent de deux écoles. 

De l'école du juste

et de l'école du pécheur. 

De la vacillante école du péché. 

Heureusement que c'est toujours Dieu qui est le maître d'école. 

Il y a ceux qui viennent des justes et ceux qui viennent des pécheurs. 

Et ça se reconnaît. 

Heureusement qu'il n'y a aucune jalousie dans le ciel. Au contraire. 

Puisqu'il y a la communion des saints." 

Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu

mercredi, octobre 28 2015

Cette lumière qui irradie l'existence

"Ce sont ceux qui aiment qui en savent le plus long sur Dieu, 

c'est eux que le théologien doit écouter". 

H.-U. von Balthasar, avant propos de L'Amour seul est digne de foi

 

https://fbcdn-sphotos-f-a.akamaihd.net/hphotos-ak-xtp1/v/t1.0-9/12141601_10153712877951133_3813195538412223062_n.jpg?oh=7c575b7fd81eda69c9c0be9dab31ba28&oe=56B787A4&__gda__=1455422561_fbf22c59785188954848830ca62776ee

Y entendre comme une invitation à écouter le plus petit,

Celui qu'on repère souvent le moins,

Et qui, pourtant, aime tellement bien... 

 

Choisir, chaque jour plus, humblement, l'abandon et la confiance, 

Et, comme le plus important de tous les "discours" sur Dieu, la prière simple et tendre d'un coeur aimant. 

 

mardi, octobre 27 2015

Babillages d'EPJ

L'école de prière jeunes, 

J'ai toujours l'impression d'en parler trop et, en même temps, de ne jamais en parler assez... 

Comme à chaque fois et pourtant différemment à chaque fois, je pourrais citer des tas de petits fioretti, de petits moments vécus qui montrent la force des instants qui s'y déploient, la solidité de ce qu'on y puise pour la suite, jeunes comme animateurs.

Un peu de notre plongée en Christ à 65 personnes, de 7 à plus de 70 ans. 

Je le ferai peut-être. 

Ce que je sais juste, c'est, qu'au retour, sur les rotules après cette semaine si dense (... et commencée en plus avec une angine...) mais avec le sourire plus que jusqu'aux oreilles, je me suis surprise avec amusement à parler intérieurement un peu tout le temps à Dieu. 

Oh pas de ces petites oraisons lancées vers le ciel que j'ai souvent en moi, ni les grands discours et silences de l'oraison : juste la discussion comme avec un ami, mais à l'intérieur, à remercier, à babiller, à parler de tout et de rien selon ce qui se passait. 

En fait, comme une prière développée un peu tout le temps... ce qui devrait être le cas tout le temps. 

C'est peut-être ça une des forces de la formule de l'école de prière jeunes : nous rappeler que Dieu est toujours là, présent... et que, finalement, c'est nous qui n'y sommes pas.

 

Alors, c'est bon de se le dire,

C'est bon de le vivre, 

C'est bon d'y replonger, pour en vivre. 

Merci Seigneur pour l'EPJ ! 

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/hphotos-xfl1/v/t1.0-9/12065573_936648403075727_4214829433818158520_n.jpg?oh=5449f1467d1592f7eb5b36e6a44f16d3&oe=56C9A7A4

samedi, octobre 17 2015

Vous êtes le regard du Christ

 
Dans mes merdouilles, 
Dans mes péchés
Dans ces moments-là dont je ne suis vraiment pas fière, 
Et même, quand je viens T'en demander pardon : 
Il est un regard qui m'espère. 
 
Et eux ; 
Et leurs cris, leurs bêtises qui sonnent si fréquemment comme autant de "moi, moi, regarde-moi ; fais attention à moi" ; 
Ces mains levées, ces appels, qui réclament toute notre attention et qu'on ne peut leur donner pleine, autant qu'il faudrait ; 
Ces appels à l'aide dissimulés sous des fanfaronnades lourdes d'ado : 
Parce que je le crois, 
Il est un regard qui les espère. 
 
Ce regard qui voit le meilleur, même enfoui dans le plus intime de leur cœur, 
Ce regard sans préjugé,
Ce regard sans surchauffe, sans ras-le-bol même après une journée finie exténuée, 
Ce regard qui les attend et qui les voit plus grands, 
Ce regard qui pousse non à l'enfermement mais à la marche dynamique vers un plus. 
Un regard de confiance, 
Un regard d'espérance : le Sien. 
 
Appel à une conversion de regards, 
À devenir Son regard pour eux, 
Apprendre moins à espérer de nos élèves telle attitude, 
Mais apprendre, là où ils en sont, à espérer nos élèves ; 
Regard d'espérance pour un appel à croître. 

samedi, septembre 26 2015

Un peuple de prophètes

http://www.lecep.net/documents/tracts/nanterre1.jpg

Réunion d’animateurs de l’école de prière jeunes de mon diocèse. Nous savons que les jeunes que nous accueillerons seront divers mais il est beau de voir que nous sommes nous aussi, animateurs, divers : il y a des jeunes et des moins jeunes (ou tout au moins des jeunes depuis bien plus longtemps que d’autres !), des célibataires, consacrés ou pas, des personnes mariées… Une multitude de situations personnelles, une même foultitude de rapports à la foi : et pourtant croyants, au sein d’une même Église. Et pourtant désireux de partager ce qui les anime, Celui qui les fait vivre : désireux d’être prophètes, vraiment.

 

Une équipe d’animateurs d’école de prière, c’est un assemblage hétéroclite sur le papier, quelque chose d’une alchimie étrange qui ne tient, unie dans sa diversité, que par l’Esprit Saint.

 

Et à les écouter se présenter, poser leurs premiers échanges, on sent bien que l’unité est là, réelle, dès les premiers mots. Et que loin d’un appel sur catalogue dans un même type de paroisse ou de mouvement, il y a là l’inattendu de Dieu qui appelle aux endroits aussi bien probables qu’improbables… pour une même tâche. 

 

Alors quand, en rentrant, tu médites sur la première lecture du dimanche qui vient, tu ne peux que sourire en lisant Moïse s’exclamer : « Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » :-) 

 

mardi, juin 16 2015

Il est toujours l'Heure de l'alphabet

 

http://www.abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com/images_liturgie_des_heures/HORA.jpg

 

En entrant au fil des mois et des années dans une régularité plus grande de prière de la Liturgie des Heures, je m’aperçois combien les psaumes se mettent à s’ancrer en ma tête et, de là, à irriguer tout mon quotidien sans que je l’aie recherché.  

 

Dans la prière elle-même, bien sûr ; mais aussi dans diverses situations de la vie. Je me suis surprise à penser avec joie lors d’une nouvelle inattendue il y a une dizaine de jours :

 

« Devant l’ouvrage de Tes mains, je m’écrie :

Que tes œuvres sont grandes Seigneur,

Combien sont profondes tes pensées ! » (ps. 91)

 

Et ainsi de suite… Il n’est pas rare qu’un verset me vienne facilement en tête, au détour d’une situation, comme pour m’aider à l’habiter de Dieu.

 

C’est peut-être pour cela que la Liturgie des Heures est parfois exaltante, parfois lourdement ânonnante : elle est comme la récitation d’un alphabet particulier, celui des psaumes, qui nous offre les mots pour dire et vivre mieux Dieu en nos vies.

 

dimanche, mars 8 2015

Je(u) de regard sous Son regard

http://www.lapairelle.be/local/cache-vignettes/L400xH291/Mosaique-2-8ccab.jpg

L'onction de Béthanie / Le lavement des pieds  (Rupnik)

 

Regard baissé de celui qui a honte,

Regard dans le vague de l’élève qui rêvasse loin du cours,

Regard étincelant de celui qui a la réponse et qui veut la dire,

Regard pétillant de celui qui a une bonne réplique en stock ou un amour au cœur…

 

Tous ces regards divers, ceux que nous croisons ou offrons chaque jour ; 

Jeux de regards qui nous mettent en relation, avec celui qui est connu, comme celui qui est inconnu,

Regard sensible, regard invisible, regard du cœur…

Ou absence de regard : indifférence ou honte ?

 

Regard, premier rapport au monde :

Qu’est-ce que ou qui est-ce que je regarde ?

Comment est-ce que je regarde ?

 

La semaine dernière, ce fabuleux récit de la transfiguration : « ils ne virent plus que Jésus seul » : regard lumineux sur le Christ ;

Et, cette semaine, voir le Christ chasser les marchands du temple : notre regard… attristé, choqué ?

Et si ce n’était encore qu’une invitation à ne voir plus que Jésus seul plutôt que nos petits intérêts personnels ?

Une invitation à Le regarder Lui, avant tout ?

Lui qui pose sans cesse Son regard sur nous ?

 

Regard du Christ, regard d’amour posé sur nous ;

Regard du priant, levé vers le Christ ;

 

Regard du chrétien : dans le regard d’amour du Christ, longuement contemplé et vécu dans la prière,

Puiser un regard vrai, juste, qui ne se détourne pas, qui ne juge pas, qui n’exclut pas ;

Puiser notre regard dans le Sien, pour regarder le monde, tout le monde ; 

Regarder le monde selon Lui, pour le transfigurer.  

 

jeudi, février 12 2015

L'enseignant est sorti ou est resté pour semer ?

http://media.paperblog.fr/i/466/4668047/dernier-heros-republique-prof-pffeuh-L-IaTbIz.jpeg

Il est 20h30 quand le professeur rentre, un peu harassé(e) de sa journée. 

Avoir enseigné,
avoir corrigé des copies,
avoir parlé,
avoir crié,
avoir puni,
avoir écouté,
avoir partagé,
avoir échangé,
avoir rencontré (ou pas) les parents des élèves sa classe. 

Des heures, les bêtes et simples heures de travail d'une journée...
Des heures parfois en apparence arides, malgré ici ou là, ces petites lueurs d'espoir...
Que bâtit-on ? Bâtit-on ? 

Bâtir ? Semer, plus probablement. 

Des heures à semer, à travers nous, malgré nous parfois,
Il est difficile d'évaluer le résultat :
En fait, c'est carrément impossible.
Mais semer, inlassablement, sempiternellement,
Dans l'espérance, dans la confiance,
Cette inextinguible confiance du semeur en ce qu'il ne maîtrise pas,
Sous et dans le doux regard du Semeur divin. 

mardi, février 10 2015

La seule motivation de l’obéissance et de l'action

 

« ‘En passant, Jésus vit Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des péages. Il lui dit : Suis-moi. Lévi se leva et le suivit’ (Mc 2, 14). L’appel est lancé, sans autre intermédiaire : l’acte d’obéissance suit de la part de celui qui a été appelé. La réponse du disciple ne consiste pas dans une confession de foi en Jésus, mais dans un acte d’obéissance. […] On pose la question stupide de savoir si, par hasard, le péager ne connaissait pas déjà Jésus, ce qui expliquerait qu’il ait été prêt à le suivre à son appel. Mais sur ce point même le texte s’obstine à ne pas répondre, tout ce qui lui importe, précisément, c’est ce vis-à-vis, sans aucun intermédiaire, d’appel et d’action. Peu lui importent les motivations psychologiques des décisions pieuses d’un homme. Et pourquoi ? Parce qu’il est une seule motivation valable à ce vis-à-vis d’appel et d’action : Jésus Christ lui-même. »

 

Dietrich Bonhoeffer, « L’appel à l’obeissance », Le Prix de la grâce, Cerf, coll. Labor et fides, 1985, p. 32.

 

jeudi, février 5 2015

Du séchage, de la justesse, de la politique de la main tendue et de l’éducation façon JC

http://tun-tirage.e-monsite.com/medias/album/smiley-question.jpg

 

Hier matin, j’ai été confrontée à mon premier cas de sèche collective : un cours de rattrapage de 8h30 à 9h30, annoncé comme tel dans le carnet depuis plusieurs jours ;

Hier matin, au lieu d’une classe à peu près complète, j’ai eu des élèves en nombre tel que les doigts d’une seule main étaient déjà trop nombreux par rapport à ceux nécessaires pour les compter ;

Hier matin, j’ai été, je l’avoue, très en colère.

 

Mais très vite aussi je me suis demandée pourquoi étais-je donc en colère ?

En fait, j’ai été surprise devant cette violence soudaine qui m’habitait… Pourquoi suis-je en colère ?

Ce sont eux qui jouent avec leur scolarité, leurs bêtises diverses partout, la suite d’un début d’année plus que pas terrible… pas moi.

 

Il y avait certainement la colère d’avoir perdu une heure de sommeil, point un peu délicat et presque douloureux quand on n’est pas du matin et que c’est la période des conseils de classe et de diverses réunions ;

Il y avait aussi très certainement le fait de l’avoir pris pour moi… c’est un peu débile, je sais bien qu’il faut distinguer son « rôle » - dans le sens tant de fonction que de théâtre – de professeur de sa vraie vie. Mais il n’empêche… On passe tant de temps à préparer des cours qu’on y met un peu, beaucoup de soi. Et qu’un séchage, on a beau savoir que c’est plus un acte de paresse et de révolte adolescente, qui ne nous est pas directement destiné, c’est vrai qu’on le vit un peu comme un gros crachat dans la figure de notre investissement. C’est bête.

 

J’ai réfléchi en me tournant vers Celui qui est pour moi mon modèle d’éducateur, le Christ.

Lui qui s’est pris de vrais gros crachats dans la figure, pas de manière figurée ;

Lui qui a toujours appliqué à la politique de la main tendue…

Tu ferais quoi, Toi, Seigneur, à ma place ?

 

Les élèves furent repris et punis de leur acte… oui.

Et maintenant ?

Toi, Tu pardonnes toujours,

Toi, Tu tends la main, toujours.

 

Tu sais bien qu’on ne peut pas être de gros bisounours lançant des cœurs <3 à qui mieux mieux… surtout avec ces jeunes-là ;

Tu sais qu’il nous faut être droits, fermes et nous-mêmes le plus exemplaires,

Mais Toi Tu regardes,

Mais Toi Tu aimes à plein, à fond, vraiment…

 

Tu sais, j’ai beau m’interroger,

Je n’arrive pas franchement à savoir ce que Tu aurais fait,

Mais Toi Tu n’aurais certainement pas eu cette colère en Toi,

Tu aurais repris avec des mots justes, sans doute, qui pointaient pile sur leur cœur… mais Toi, Tu sais faire.

 

Il reste à espérer, il reste à prier :

Pour que la punition porte du fruit,

Pour qu’ils grandissent, comme de belles pousses,

Pour que vraiment mon cœur soit plein d’un juste et non naïf « je vous pardonne » comme Toi, Tu le fais si souvent avec mes merdouilles à moi,

Donne-moi Seigneur de les aimer, ces élèves pas faciles, comme Toi Tu les aimes.

mercredi, octobre 29 2014

Back from the school

L'école de prière, c'est toujours un peu pareil, et toujours un peu différent.

Les thèmes reviennent, systématiques : confiance, Marie, pardon, eucharistie, croix, résurrection et mission. 

C'est un peu comme un chemin de notre vie chrétienne, c'est un peu comme une Semaine Sainte en miniature. 

Tu ne sais jamais ce qui portera du fruit, tu ne sais jamais ce qui n'en portera pas. 

Alors, comme "berger", tu suis toi aussi cet itinéraire, 

Et "l'école de prière jeunes" devient école de prière pour toi aussi, où tu apprends à te mettre à l'école de Sa Parole, où tu sens bien au fond de toi que les moments où tu cafouilles sont ceux qui ne furent suffisamment non pas préparés — parce que, dans le fond, tu te prépares à la semaine depuis un an, depuis la fin de l'EPJ précédente en fait — mais priés. 

Tu ne sais jamais ce qui atteindra le cœur des jeunes, comme tu ne sais jamais à l'avance ce qui atteindra celui de ta super équipe d'animateur, ni le tien. 

L'EPJ sonne donc simplement comme une puissante invitation à se mettre à l'écoute et à se convertir assez pour ne jamais faire écran à la grâce de Dieu dans les cœurs : 

Et durant toute une semaine, tu as prié, tu as regardé et tu as écouté ; 

Et, au retour, posant à nouveau dans la prière les sourires des enfants, leurs phrases, leurs beaux actes d'amour tu t'aperçois combien cela fut grand, 

Combien cela fut bon, 

Et ton cœur reste dans une paisible action de grâce. 

 

vendredi, octobre 17 2014

Le 10/10 divin

 

Lisant, relisant, méditant ce passage de Luc 17 où dix lépreux crient vers le Seigneur, je m’aperçois que, plus je marche sur mon chemin, plus je découvre le Pardon et pourtant plus j’ai de mal à en parler.

 

Pourtant… Pourtant comment ne pas admirer cette dive proportion qui est disproportion ? 10/10 de pardonnés, 10/10 totale réussite : mes élèves rêveraient de cela !

 

Il n’y a pourtant qu’un acte de confiance, un tout petit acte de confiance à faire, à oser, à exercer, à réviser sans cesse : crier vers Lui, s’ouvrir à Lui. Et cela suffit : 10/10. La classe totale, la classe divine je dirais.

 

Si l’on compare à la proportion humaine, cela devient disproportionné : 1/10 revient rendre grâce ; 9/10 poursuivent leur chemin, pourtant guéris. Cela pourrait sembler doigt accusateur mais n’y a-t-il pas du vrai dans cette proportion bien humaine ?

 

1/10 : le temps où je rends grâce par rapport au temps où je m’occupe de mon nombril et de mes plaintes ?

1/10 : ces moments où je m’ouvre vraiment à l’Amour du Seigneur plutôt que de me cantonner dans mon indifférence ?

1/10 : comme une myopie sévère où je ne sais voir l’Autre…

 

J’aime quand même bien cette idée que Dieu, malgré nos sales notes à nous, reste toujours très mauvais en maths et ne connaisse autre chose que la totalité, le « à fond », le don total… à donner envie d’être aussi nul(le) – à moins que ce ne soit excellent(e) ? – que Lui !

 

 

mardi, avril 1 2014

Grand écart d’unité


 

8h30 ce matin : ils sont encore à moitié endormis mais commencent à se réveiller et à piailler… Il faut mettre cette classe de 6ème au travail, interroger et enseigner.

 

20h30 ce soir, je cause durant 30 min dans le cadre de l’école d’oraison de ma paroisse sur « la foi dans l’oraison » devant un auditoire d’adultes.

 

Signe d’une journée sous le signe du grand écart ?

Je n’ai jamais été capable de le faire, je manque cruellement de souplesse : je ne pense pas y arriver mieux dans mes journées.

 

Mais au début de la matinée, j’ai ouvert mon cœur à la louange divine par les Laudes ;

Mais au cœur de l’après-midi, de manière complètement imprévue encore quinze minutes avant, j’ai reçu le Pardon du Seigneur ;

Mais après la causerie dans la soirée, il y avait une demi-heure d’oraison de mise en pratique, cœur à cœur avec Lui.

 

Si notre centre de gravité est en Lui, il n’y aura jamais de véritable grand écart car tout se trouvera au seul vrai centre possible ;

Si notre centre de gravité est en Lui, on verra l’inattendu du Seigneur jaillir dans la journée en ZEP, depuis la zone éducation prioritaire à celle de l’église paroissiale.

 

- page 1 de 2