Zabou the terrible

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mardi, février 9 2016

Du paradigme de la crêpe au nutella et autres concepts gustatifs incertains

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Vous avez remarqué ? Cette année, paf, une semaine après la Chandeleur, on passe au Mardi Gras. Nous gagnons pour l’année la création d’une nouvelle octave, après celle de Noël et avant l’octave de Pâque : l’octave de crêpes. Comme une nouvelle gamme de saveurs… ou pas.

 

La crêpe au nutella, y a pas à dire, j’aime ça. Mais, il faut bien avouer que ce n’est pas super fin… C’est même méga-gras. Certes, c’est très bon, on ne s’en lasse pas vraiment mais il faut bien avouer qu’il n’y a guère d’originalité : c’est un peu toujours la même chose. Une crêpe, du Nutella : on sait que ça passera bien. Routine du gras.

 

Seulement, voilà le « problème » du mardi gras, c’est qu’il tombe avant le mercredi des Cendres. En gros, du concept de crêpes, on passe à celui du bol de riz. N’exagérons rien : ce n’est pas qu’il faille dire « de crêpes en carême, point » mais il y a une insistance sur le jeûne, le partage et la pénitence. Du gras grasseyant, confortable mais sans piment, on passe à la cure amincissante – qui n’est pas à confondre pour autant avec l’idée de régime.

 

Le Carême, c’est la recherche du goût en sa subtilité, via le passage de la quantité à la qualité. Moins de ceci, moins de cela (huile de palme ou autre chose : qu’importe ?), non pour faire un effort surhumain, pour se dépasser – quel intérêt, sinon se regarder soi ? – mais bien pour redécouvrir les saveurs dans leur essentiel, dans leur simplicité.

Dépouillement des sauces lourdes qui dégoulinent et autres cache goûts, ou pour cesser de parler métaphoriquement, dégrossissement des excès routiniers pour retrouver la force de ce qui était caché.

40 jours offerts en cadeau pour cela.

 

A Pâques, eh bien, vous savez ce qu’on obtient, du coup ? Du chocolat.

Retour à la crêpe au Nutella comme simple résultat ? Que nenni, quel piètre amateur de chocolat si vous pensez cela !

Le chocolat, ce n’est pas une saveur mais bien des milliers, du noir, du au lait, du blanc, du avec des noisettes ; le chocolat, c’est le passage de l’amertume à la douceur sucrée, de celui légèrement salé à l’acidité d’un chocolat allié avec un agrume.

Le chocolat, c’est un peu l’explosion des saveurs en bouche.

 

Certes, le chocolat, ce n’est pas Pâques et tous les mots comme tous les mets seraient bien insuffisants pour décrire la grandeur d’un mystère et d’une joie qui nous dépassent.

Et pourtant, il y a comme une justesse du chocolat à Pâques, qui célèbre la saveur retrouvée et renouvelée.

 

D’ailleurs, on dit bien qu’on n’adore que Dieu… et le chocolat : ça ne doit pas être un hasard, mais bien de la haute théologie (au moins).

 

Enfin, le royaume de Dieu ne consiste pas en des affaires de crêpes au Nutella mais il est bien « justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14, 17)…

Alors, bon carême à chacun : que celui-ci soit une vraie préparation du palais de notre vie à la joie éclatante d’un arc-en-ciel de saveurs à Pâques !

 

dimanche, janvier 3 2016

L’offrande, l’offertoire et l'épiphanie

 

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Quand les mages arrivent devant le Christ, ils lui offrent leurs présents.

On les connaît : l’or, l’encens et la myrrhe (non, rappelons qu’il ne s’agit pas d’une lessive ni de la station spatiale russe) ;

On connaît aussi plus ou moins leur symbolique ;

Et on connaît encore mieux les noms que la tradition a donnés à ces mages : Melchior, Gaspard et Balthazar.

On connaît aussi la tradition de la galette et…

 

Mais finalement, les mages de l’épiphanie, c’est un peu nous à la messe.

Nous sommes venus L’adorer !

Et, mieux encore, nous venons Le recevoir !

Mais nous sommes venus L’adorer… Et moi, mon présent, c’est quoi ?

 

Le problème avec Dieu, c’est qu’il n’y a certes guère autre chose à Lui offrir que des choses que Lui-même nous a déjà données :

Mais enfin, comment un père – et a fortiori un Père – ne serait-il pas fan même des petits cadeaux que son enfant lui fait ?

 

Si nous sommes comme les mages à la messe, l’offertoire, c’est un peu notre venue à la crèche à nous.

Si nous n’avons que des mains vides, peut-être pouvons-nous offrir, quand le prêtre présente le pain et le vin, tout ce qui fait et forge nos vies : de notre travail à notre famille, de nos joies à nos difficultés, de tout ce qui habite et demeure en nous,

Lui offrir un peu, voire beaucoup et si possible tout de notre vie, pour qu’Il l'emmène toujours plus en Lui.

 

mercredi, décembre 30 2015

Le peuple de ceux qui Te cherchent

J’étais assise au fond de l’église, en train de prier en attendant la troisième messe de l’événement salvateur, la messe du jour de Noël.

 

Il y eut d’abord ce jeune couple avec cet enfant, pas des habitués de la paroisse, ni, visiblement, de la messe :

- Tu veux aller voir la crèche ? Tu sais ce que c’est ? Non, tiens, regarde, on va aller voir ensemble le petit Jésus.

C’était beau.

 

Et puis il y eut ce couple de personnes plus âgées, pas des habitués eux non plus, qui allaient clopin-clopant, elle surtout qui avançait difficilement et s’appuyait sur son mari pour réussir à marcher. C’était déjà beau de les voir ainsi, tendres et faibles, venir à la messe. Peut-être par habitude à Noël, ou peut-être par grande conviction et que, ce jour-là, il fallait faire un effort spécial pour réussir à venir même si c’était difficile : je ne sais pas et il importe peu. Ce qui importe, c’est que j’entendis le mari dire à sa femme : « On va à la crèche ensemble ? Tu vas y arriver ? ».

C’était beau.

 

La messe du jour a toujours des relents de gueule de bois et sonne presque, malheureusement, comme une messe pour retardataires.

 

Mais il y a bien pourtant ce peuple, un peuple immense, si divers qu’il en rappelle les santons de la crèche… D'autres qui sont venus avant, d'autres qui viendront après... Un peuple venu L’adorer, chacun avec ce qu’il est.

 

Crèche 2015 

 

« Hier soir, juste avant de me coucher, je me suis retrouvée tout à coup agenouillée au milieu de cette grande pièce […] sur le léger tapis. Comme cela, sans l’avoir voulu. Courbée vers le sol par une volonté plus forte que la mienne. Il y a quelques temps, je me disais ‘je m’exerce à m’agenouiller’. J’avais encore trop honte de ce geste, aussi intime que ceux de l’amour, dont seuls savent parler les poètes ».

Etty Hillesum

 

 

Saint Noël à chacun !

Puissions-nous nous exercer à nous agenouiller devant le mystère de l’amour pour que chacun de nos gestes en soit imprégné.

(Oui, il est toujours temps, nous sommes dans l’Octave de la fête ;) )

 

 

mardi, décembre 22 2015

Que dirais-tu à la place ?

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« Joyeux Noël », qu’est-ce que je dis quand je dis cela ? Qu’est-ce que je dirais à la place ? Telle fut la question lancée aux paroissiens d’un ami prêtre en pleine préparation de son homélie de Noël. Et c'est une bonne méditation à faire dans ces derniers jours de préparation à cette belle et grande fête. 

 

J’ai durant longtemps assez peu aimé Noël : pour un enfant de divorcés, Noël, ce ne sont pas les doubles cadeaux qu’on nous envie qui comptent en premier, c’est avant tout un moment où la séparation apparaît plus forte que tout et le seul cadeau qu’on aimerait, l’union, on sait qu’on ne l’aura pas. J’en garde encore sans doute la trace à préférer Pâques à Noël. Je n’aimais pas vraiment dire « joyeux Noël ». Ce n’était pas juste.

 

En grandissant, j’ai découvert le sens plus spirituel de Noël : « joyeux Noël », c’est devenu « il y a une bonne nouvelle pour toi, pour moi : un sauveur est né ». C’est devenu un moment de joie… peu reçu dans mon entourage pas franchement croyant : on trouvait même parfois que je faisais du mauvais esprit à insister sur le côté religieux de Noël alors que le sens, ça devait être « la famille ». Je me suis tue, longuement, et j’ai profité des messes pour tenter de saisir cette joie du Seigneur. Je crois que mes « joyeux Noël » n’étaient surtout justes de sens que pour mes frères croyants. Ce n’était pas juste non plus.

 

Et puis il y eut la découverte de la messe de l’Aurore, moi qui préférais avant la messe de la nuit : ça a été une vraie révélation. La simplicité de cette messe m’a fait me sentir contemporaine de l’adoration des bergers, m’a fait découvrir un Dieu qui se faisait pauvre parmi les pauvres. Je crois que toute la justesse de Noël est là : Il vient habiter nos pauvretés. Il est cette joie simple qui se révèle aux cœurs non encombrés d’eux-mêmes. Il est cette aurore qui nous fait pressentir que ce jour qui naît avec Lui est neuf : jamais plus, nous ne serons seuls. Dieu est là.

 

Je sais qu’à Noël, beaucoup de gens viennent à la messe sans croire et ma famille m’a rendue sensible à cette réalité. Mais, avec le recul, je sais qu’ils viennent tous avec au cœur une envie de croire à une certaine « magie de Noël » qui prend les noms de paix et de monde meilleur. Je ne sais pas si mes « joyeux Noël » d’aujourd’hui sont plus justes que ceux d’hier mais je crois que ce que je mets derrière, c’est désormais une phrase illuminée par l’expérience de la messe de l’Aurore : « que, là où tu en es, la joie de Dieu, la plus belle des richesses, scintille et rayonne à travers toutes tes pauvretés ; qu’Il te donne Sa joie ».

 

samedi, novembre 14 2015

Vous ne passerez pas

 

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« Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée » (Jn 1)

 

Hier soir, le choc, l’horreur.

Ce qui m’a frappée, c’est que ce choc-là, je l’ai ressenti en mon être : mes jambes tremblaient et je n’arrivais pas à faire passer une profonde sensation de froid tandis que mon cœur était en berne. L’état de choc devant l’horreur.

 

Cette peur, c’est celle que les terroristes veulent aussi, même dans ce nom que nous leur donnons : semer la terreur, la faire passer et germer partout, la glisser sous nos portes, chez nos proches et au plus profond de nos cœurs.

 

Et malgré tout cela, j’ai envie de dire, et même de crier :

La peur ne passera pas ! A celle-ci, nous opposerons la poésie, le sourire et surtout la vie : la vie jaillissante, la vie éclatante, la vie savoureuse… celle qui déborde quand on la choisit.

La peur ne passera pas : devant elle, nous nous comporterons avec ce trait d’attitude qui est si souvent décrié, avec lequel on se moque si souvent de nous Français, celui du coq gaulois, qui, même les pieds dans la m****, continue de chanter.

La peur ne passera pas : face à celle-ci, nous adopterons la fragile espérance qui sera notre plus grand rempart.

 

La haine ne passera pas : à celle-ci, au lieu d’amalgames incertains et surtout nauséabonds, nous opposerons la devise de notre pays qui se termine sur l'harmonieuse note de la fraternité.

La haine ne passera pas : aux prises d’otage, nous opposerons nos « portes ouvertes » qui sonnaient comme le plus beau des élans de compassion hier soir.

La haine ne passera pas : pour la contrer, nous continuerons à éduquer, à faire grandir des hommes et des femmes adultes, libres et heureux de l’être.

La haine ne passera pas : comme chrétiens, et peut-être même aussi simplement comme humains, nous choisirons chaque jour la charité comme guide de notre existence.

 

L’extrémisme ne passera pas,

La mort ne passera pas, malgré les terribles coups durs,

Devant les morts, nous choisirons chaque jour la foi : foi en Dieu pour nous croyants, foi en l’homme pour chaque être humain,

 

Pour qu’en nous engageant, chacun selon nos capacités,

Nous offrions à chaque aurore un jour plus lumineux et plus humain.

 

vendredi, octobre 30 2015

Lumière de la loi

Il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? ». Et ils furent incapables de trouver une réponse. (Luc 14, évangile du jour)

 

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Dans les bons scuds même pas visibles en apparence de Jésus, celui-ci a toute sa place : il rend muet. Et bim dans leurs faces ou surtout et bim dans ta propre face quand tu l'entends ! Parce qu'on a beau dire, on est toujours un peu le pharisien de quelqu'un. 

Ce matin à la messe, le prêtre citait le (très bon) mot d’un enfant du caté sur la question de la Loi : « Jésus est venu apporter la lumière à la loi. »

C’est vrai que, dans l’Évangile, on n’est plus tout à fait dans le « tu dois » du Décalogue. C’est le « je suis venu non pas abolir la loi mais l’accomplir. » Même dans les impératifs visibles, un « si tu veux » se cache. Un « si tu veux » déjà orienté vers les béatitudes, vers le bonheur.

C’est comme la clé de ce mot d’enfant : la lumière que Jésus est venu apporter à la loi, c’est cette liberté où Il vient l’inscrire ; 

Cette liberté aimante où tout notre bonheur se cache déjà en germe.

 

samedi, septembre 26 2015

Un peuple de prophètes

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Réunion d’animateurs de l’école de prière jeunes de mon diocèse. Nous savons que les jeunes que nous accueillerons seront divers mais il est beau de voir que nous sommes nous aussi, animateurs, divers : il y a des jeunes et des moins jeunes (ou tout au moins des jeunes depuis bien plus longtemps que d’autres !), des célibataires, consacrés ou pas, des personnes mariées… Une multitude de situations personnelles, une même foultitude de rapports à la foi : et pourtant croyants, au sein d’une même Église. Et pourtant désireux de partager ce qui les anime, Celui qui les fait vivre : désireux d’être prophètes, vraiment.

 

Une équipe d’animateurs d’école de prière, c’est un assemblage hétéroclite sur le papier, quelque chose d’une alchimie étrange qui ne tient, unie dans sa diversité, que par l’Esprit Saint.

 

Et à les écouter se présenter, poser leurs premiers échanges, on sent bien que l’unité est là, réelle, dès les premiers mots. Et que loin d’un appel sur catalogue dans un même type de paroisse ou de mouvement, il y a là l’inattendu de Dieu qui appelle aux endroits aussi bien probables qu’improbables… pour une même tâche. 

 

Alors quand, en rentrant, tu médites sur la première lecture du dimanche qui vient, tu ne peux que sourire en lisant Moïse s’exclamer : « Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » :-) 

 

lundi, septembre 21 2015

Celui qui rassurait et donnait force

 

 

Levi/Matthieu, tu me rassures et tu es un exemple... 

Pour moi tu es un peu comme saint Pierre, un pauvre type, 
Mais le Seigneur vient te chercher, Il vient t'appeler. 
Et toi, tu le suis. 
 
Tu es pécheur, tu es comme moi, surtout en ce moment où dans certains domaines de ma vie je n'arrive pas ou plus à aimer... Ce domaine-là, surtout, où c'est vraiment dur. 
 
Mais toi, tu laisses tout, tu restes saisi par un regard d'amour, tu t'appuies sur une parole qui te dit de venir, malgré tout. 
 
Miserando atque eligendo, disait saint Bède le Vénérable, repris par le pape François. 
Un regard qui fait miséricorde autant qu'il choisit ; 
Un regard qui nous illumine même dans les jours les plus sombres de nos vies ; 
Un regard de confiance, malgré nos pas titubants ; 
Un regard de force pour marcher à Ta suite, même pas malgré nous mais avec nous, malgré tout. 

jeudi, août 27 2015

L’un et l’Autre

 

http://www.artbible.info/images/bosch_eccehomo_grt.jpg

 

Beaucoup de bruit pour pas grand chose : c’est la première chose qui me vient en tête lorsque je lis les débats récents sur internet autour de l’Église et du FN.

 

Rappelons les faits : une élue de ce parti a été invitée par un évêque à une université d’été.

 

Évidemment, cela a tout de suite grossi puis, comme souvent, dérivé dans la presse… L’Église serait-elle devenue pro-FN ?

 

Heureusement, un communiqué très juste de ton du p. Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole de la Conférence des Évêques de France est venu ce jour redire et clarifier les choses : certaines des « grandes » idées du FN ne sont pas compatibles avec l’Évangile.

Donc, non, un chrétien ne peut pas « être FN » (avant de pousser de hauts cris, notez bien l’emploi du verbe « être », merci) ;

Tout comme, non, un chrétien ne peut pas « être communiste » (idem) ;

Car, tout simplement, il « est » chrétien.

Essentiel.

 

Je mets ce balancement de deux partis extrêmes en avant car c’est celui qui est beaucoup utilisé comme moyen de comparaison sur internet, comme s’il fallait absolument faire pencher la balance vers l’un ou l’autre bord et faire le jeu d’une absurde binarité qui n’a pas lieu d’être. En réalité, dans les deux cas, c’est la même chose qui est en jeu : le chrétien, parce qu’il est chrétien, ne peut chercher qu’à faire grandir l’homme, quel qu’il soit, dans toute son humanité. Donc :

Le chrétien ne peut pas aimer qu’on attaque la dignité humaine de quelqu’un parce qu’il est étranger, bref, dans son altérité ;

Le chrétien ne peut pas aimer qu’on attaque la dignité humaine dans son unicité et dans sa grandeur propre.

Il est bon de le dire et de se le redire, au-delà des querelles partisanes.

 

Mais alors… inviter une élue FN dans une université d’été catholique, quid ?

Il me semble que, dans tout cela, c’est au discernement individuel des motivations qu’il convient de laisser sa part.

 

S’il s’agit de faire le jeu des puissants et n’inviter que les élus de partis faisant de gros résultats, il semble dommage de laisser le plus grand parti de France, celui des abstentionnistes, ne pas être très largement représenté… plus sérieusement, c’est surtout avec tous qu’il convient de savoir dialoguer, y compris les petits partis. 

Si c’est pour flatter un penchant nauséabond que j’aurais au fond de moi, une accointance secrète, il me semble que c’est néfaste… est-ce que je serais capable d’avoir la même démarche avec quelqu’un d’un parti opposé ?

Si, au contraire, c’est pour dialoguer en vérité avec quelqu’un de différent, cela est vraiment très juste et très beau et je prie pour que les échanges se déroulent dans la paix.

 

Le discernement, c’est la seule vraie question à se poser dans cette affaire et il revient à chacun de se la poser plutôt que de chercher à « scruter les reins et les cœurs » des organisateurs à la place de Celui qui s’en charge :

Suis-je capable d’entrer en dialogue avec l’autre, même si ses pensées sont antipodes des miennes ?

Suis-je capable d’entrer en dialogue vrai avec l’autre : l’écouter et parler, sans jamais rien perdre de ma foi chrétienne ? C’est-à-dire suis-je capable d’oser placer notre échange sous le prisme de la confiance et de la Vérité ?

Vérité qui, pour nous, est une personne, le Christ : appel sempiternel à la conversion, au diaLogue, à Le laisser paraître et transparaître au travers de nos échanges.

 

Illustration : Jérome Bosch,  Ecce Homo

jeudi, août 13 2015

Ne soyons pas cloches

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Quelques mots alors que je me trouve présentement en train de marcher sur un tronçon de la via Francigena dans l'est de la France. 
 
J'ai pu entrapercevoir, depuis plusieurs jours, une belle initiative sur les réseaux sociaux : #ChristianBells 
 
Quid ? Sonner les cloches le 15 août, comme signe de soutien avec nos frères chrétiens d'Orient dont les conditions de vie sont chaque jour un peu plus difficiles. 
 
Quelle utilité dans les histoires politico-religieuses qui agitent le Moyen Orient ? 
Aucune... directement ! 
C'est dérisoire de sonner les cloches !
 
Mais quelle utilité a une cloche sinon celle de faire du bruit ? 
C'est justement ce qu'on leur demande : faire du bruit, qu'on parle de ces violences, de ces persécutions, qu'elles soient rappelées à nos cerveaux ayant trop tendance au zapping ! 
Mais quelle utilité a une cloche sinon d'appeler à la prière ? 
C'est justement aussi ce qu'on leur demande : appeler chacun à sa responsabilité ! À la prière d'abord, à l'action s'il peut faire plus ! 
 
Le 15 août, je cheminerai pour ma part sur une étape au départ de Besançon. 
Que les cloches sonnent pour #ChristianBells, pour l'Angelus ou pour les heures, je m'associerai humblement à l'initiative en priant un "je vous salue Marie" à l'intention des chrétiens d'Orient à chaque cloche entendue. 
 
Que sonnent les cloches, 
Que prient les hommes ! 

mardi, juin 2 2015

Pot(h)in

 

http://www.pravoslavie.ru/sas/image/pothin.jpg

 

Aujourd’hui, nous fêtons notamment saint Pothin ;

Mon esprit malicieux n’a pas pu s’empêcher de penser, au début de la messe :

ah ben, ça doit être le saint patron des pipelettes !

 

Puis, je me suis dit que, si Tertullien a raison avec « le sang des martyrs est semence de chrétiens »…

... finalement, c’était peut-être bien vrai :

Saint Pothin, ou comment clamer bien plus loin que lui-même !

 

dimanche, mai 24 2015

C’est de saison les colombes

 

Sans titre

 

En temps scolaire, je porte une croix de Taizé autour du cou, sous ma chemise en cours, parfois volant au vent en dehors. En temps extra-scolaire, je lui préfère une croix en bois. Je fais ce choix plus par discrétion en milieu professionnel plutôt que par fan-attitude pour la communauté de Taizé : pourtant, ce choix est également signifiant.

 

La colombe, c’est le symbole de Esprit Saint, dont nous rappelons spécialement le don en ce jour de Pentecôte. Le souffle de vie, le dynamisme de nos vies !

 

La colombe, c’est le symbole de l’Esprit Saint et j’aimais tout particulièrement sentir cette petite croix battre de son poids mon cou le 21 mai dernier, alors en voyage scolaire à l’étranger, jour qui marquait l’anniversaire de mes 15 ans de confirmation… Trop d’joie, trop d’la balle ces 15 ans ! Action de grâce au cœur !

 

La colombe ainsi portée en croix, c’est donc aussi le signe distinctif de la communauté de Taizé, ce très bel endroit où je me suis rendue plusieurs fois : il est beau de s’en rappeler en ce mois où les frères célèbrent les 100 ans de la naissance de leur fondateur, frère Roger. Il y a eu de nombreuses veillées de prière autour du 12 mai d’ailleurs. Je me rappelle encore, la première fois que j’y suis allée, avec l’aumônerie du lycée, nous avions été bénies par lui avec une amie : j’avais eu la sensation d’un homme d’une grande foi et d’une profonde douceur. Et j’étais aux JMJ de Cologne lors de son assassinat en août 2005 : nous avions tous été marqués par cet événement. A chaque fois que je suis retournée là-bas, une grande sensation de paix m’a envahie. Cette communauté est prophétique par la vie de prière qu’elle propose, ensemble, entre toutes les confessions de chrétiens : au lieu de chercher les torts et les raisons, il s’agit de prier ensemble. Rappel de vie essentiel : il est bon de s’en souvenir en portant cette croix.

 

La colombe, elle est de saison, elle est toujours de saison car c’est le symbole universel de la paix. Est-il besoin de dire qu’elle est urgente ?

 

De l’intime de moi-même et de mes contradictions,

Jusqu'au trop vaste monde ensanglanté des guerres,

En passant par l’unité des chrétiens,

Et les chrétiens que l’on persécute pour leur foi…

… Viens, Esprit de paix !

 

mardi, avril 7 2015

Pâques 2015

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Marc Chagall, Résurrection 

 

Quand les mots sont trop petits, 

Laisser simplement la joie grandir, 

Grandir jusqu'à chanter en son coeur, 

Comme une sève circulant à flots, 

Comme une sève plus puissante, bien plus puissante que toute mort. 

 

Bonne fête de Pâques à tous mes lecteurs : Il est ressuscité, Il est vraiment ressuscité, alléluia ! 

samedi, avril 4 2015

Samedi Saint Silence

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jeudi, avril 2 2015

Avoir part avec Lui - Semaine Sainte 2015

 

Rameaux qui nous font entrer dans la Semaine Sainte en nous proposant d’entendre une première fois tout le récit de la Passion du Christ ;

Mercredi saint, veille du Triduum, ce sommet de l’année liturgique où, en quelques heures, nous parcourons pas à pas la Passion du Seigneur, heure par heure, avec Lui.

 

Ce qui est terrible, c’est qu’on connaît très bien l’histoire…

 

Dimanche, j’ai repensé à ce fameux petit jeu vidéo, Run Jesus qui nous fait parcourir de manière très trop extrêmement rapide la vie du Christ : si vous ne le connaissez pas, c’est par là : http://runjesus.com  

 

Bref, dans ce jeu, quand on perd, bam, c’est la croix et le Game over.

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Dans le fond, les jours qui viennent, on va rappeler que c’est pareil : la croix, la mort, c’est radical.

Les jours qui viennent, c’est un peu comme un jeu vidéo raté… Au lieu d’être actifs, on va être passifs…

La passion, c’est de toute façon un peu ça étymologiquement parlant : et pourtant rien d’inutile !

Et rien de contraire à la liberté, bien au contraire !

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de l’homme vers le mal,

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de Dieu – qui a nom Amour - vers le Bien.

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De ne pas nous complaire au jeu vidéo se terminant par un Game Over mais à passer de ce « game over » à son anagramme « Rêve ! A ! OMG ! » (OMG = Oh my God pour les pas assez geeks).

De nous inviter à une vraie traversée des apparences : marcher résolument à la suite du Christ et avec Lui,

Pour gagner, tout gagner, au-delà de nos morts et de nos croix quotidiennes,

Pour un plus de vie et de joie.

 

lundi, mars 2 2015

10 ans ??? 10 ans !!!

 

http://magazine.zankyou.com/fr/wp-content/uploads/2011/07/gateau-geek-patisserie-cupcake-iphone1.jpg

 

2 mars 2005 – 2 mars 2015

10 ans de blogue… qui l’eût cru ?

 

[ton officiel] Je remercie le Seigneur sans qui rien n’aurait été possible…

Et euh, bon, je ne suis pas trop douée pour les discours officiels, je préfère les blagues (pas) drôles et les dialogues amicaux pétillants… [/off]

 

10 ans de blogue,

10 ans de vie,

10 ans à grandir,

10 ans de marche dans tous les sens du terme…

 

Ce fut vraiment bien, dans les hauteurs comme dans les gouffres,

avec vous tous et avec le Seigneur !

 

Comme dix années de vie à regarder, à contempler avec gratitude en priant ce soir… un peu pour vous et avec vous aussi, chers lecteurs, voire, pour certains devenus tels notamment à force de se croiser par ici, chers amis ! :-) 

 

mardi, janvier 20 2015

Une semaine pas si inutile, pas si dérisoire

 


 

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens,

Elle semble peut-être dérisoire au vu des récents événements.

L’unité entre chrétiens, combat secondaire tant il semble dépassé et bien pacifique, portant sur des éléments que d’aucuns qualifieraient de points de détail ?

Non, parce que ce sont des points importants pour les uns comme pour les autres,

Non parce que la division des chrétiens est et demeure un scandale,

Non, parce que prier pour l’unité des chrétiens est un vibrant appel à prier pour l’unité, à agir pour que l’unité se fasse, en tout et en tous.

 

Mais l’unité reste un vœu pieu, certes beau, si elle ne nous touche pas.

Voir la violence du monde,

Remarquer les divisions,

Déplorer les désunions…

…. Et, dans un unique mouvement de lamentation, oublier de se regarder soi-même comme ferment de violence, de division, de désunion ?

 

Comme chrétienne, l’unité est à bâtir d’abord dans ma vie personnelle.

Autour de quoi ? Ou surtout autour de Qui ?

La réponse est évidente, la réalisation l’est moins :

Ma vie est-elle cohérente avec ma foi, toujours et partout ?

Suis-je vraiment « une » ?

Et est-ce que je cherche à bâtir à partir de là avec mes frères chrétiens et/ou humains fraternité et unité ?

 

L’« unité des chrétiens », elle commence là, dans cette unité intérieure que Lui seul saurait donner ;

Là, où, seuls, nous ne saurions rien faire.

 

Une semaine donc, où, particulièrement  

Demander au Seigneur la grâce de la conversion,

Celle de la cohérence de vie,

Et Lui demander de l’instiller dans tous les cœurs,

Afin qu’ensemble, nous soyons vraiment artisans d’unité, promoteurs de paix par des vies qui respirent et transpirent de Lui.

 

lundi, janvier 12 2015

Si facile ? Charlie vu d’un coin de ZEP

 

 

 

Jeudi midi, dans l’établissement où j’étais en stage, une belle minute de silence, bien dense.

Ce soir, à Malkah, spectacle chrétien où j’étais invitée, une belle minute de silence priant, de la même densité. 

La première devant le drapeau français et la charte de la laïcité ;

La seconde dans une salle de spectacle emplie de croyants avec au fond un décor déjà biblique ;

Contradiction ? Que nenni : consonance, résonnance.

 

Entre les deux, beaucoup de lectures, beaucoup de discussions,

Beaucoup de prière, beaucoup de réflexions,

Comme des mélanges de bruits et de silences,

Et aujourd’hui, la beauté d’un pays, voire d’un monde, uni :

Rare et si beau !

 

Entre les deux, beaucoup de jugements, de préjugés…

Comme si c’était si facile !

Entre les deux, beaucoup de signalements de réactions d’élèves…

Comme si c’était si facile !

Certains se concentrent sur les réactions extrêmes, d’autres sur la profondeur des discussions entre professeurs et élèves à ce sujet…

… comme si c’était si facile !

 

Je l’ai vécu et j’ai vu et entendu les deux, et tout plein d’autres choses…

Car ce n’est pas si facile !

 

Un « ils n’avaient qu’à pas caricaturer Mahomet ! », un « mais on s’en fout madame ! »,

Ces réactions qui te font te sentir mal tant elles sont à l’exact opposé de ce que tu crois, de tout ce que tu tentes, jour après jour, de leur transmettre… Comme un bon gros coup de poing dans l’estomac et qui augmente peut-être encore humainement parlant quand ce sont deux élèves plutôt choupis qui te disent cela. Ouch, tu as beau t’y préparer, le KO n’est pas loin.

Pourtant, ne pas leur en vouloir, savoir que c’est sans doute ce qu’ils ont entendu chez eux, ou qu’ils n’ont pas les éléments nécessaires pour penser : et, patiemment, expliquer, réexpliquer, tant qu’il faudra, le temps qu’il faudra ;

Car ce n’est pas si facile.

 

Un « les musulmans ne sont pas les islamistes », répété tant de fois par une petite musulmane que j’ai eu envie d’en chialer tant cela transpirait sa peur profonde et, en même temps, sa conviction tout aussi profonde. Lui dire que oui, elle a parfaitement raison, que c’est très important, le répéter à la classe : essayer de rassurer, au mieux.

Car ce n’est pas si facile.

 

Des tonnes de questions, de réflexions intéressantes,

Surprenantes presque de la part de nos élèves et en même temps si normales vu le choc de l’événement passé…

J’ai trouvé cela très juste,

J’ai beaucoup écouté, j’ai cherché à leur donner quelques éléments de réflexion,

Car ce n’est pas si facile.

 

Laisser sa place, toute sa place, à la complexité,

Car ce n’est pas si facile.

 

Et surtout, se rendre vraiment compte aussi, dans ce genre d’affaires, que nous ne sommes pas de quelconques chargeurs de clés USB sur les cerveaux de nos élèves,

Mais qu’il y a de jeunes consciences qui ont besoin de nous pour se construire : en composition ou en opposition, mais, dans le fond, peu importe,

Si le crayon est l’arme de l’expression ;

L’arme anti-extrémisme par excellence est l’éducation ;

Et il est bon, particulièrement bon en ces temps, d’y contribuer.

 

mercredi, janvier 7 2015

Je ne suis pas mais suis avec

 

 

 

Ce matin, étudiant le vocabulaire du rire avec mes 5èmes à partir d’un fabliau, je tentais d’élargir l’étude en demandant quels étaient les moyens que nous avions de rire des puissants aujourd’hui. Je ne pensais pas si bien tomber. Mes élèves ne maîtrisaient certes pas tous l’usage du mot « caricaturiste » mais ils voyaient de quoi il s’agissait.

 

 

En rentrant, l’horrible nouvelle.

En rentrant, le choc.

Pas de mots.

 

 

J’ai partagé quelques réactions, ici ou là, abasourdie.

 

 

Que cela soit clair : je ne suis pas Charlie, a contrario du hashtag d’hommage qui fleurit sur twitter. J’ai moi-même en horreur l’outrance et la moquerie de l’autre : je cherche à le respecter, dans son altérité, infiniment ; à l’aimer, comme le Christ en qui je crois m’y invite. Bon, que cela soit clair aussi : j’y échoue bien souvent et c’est peut-être là que je suis le plus « Charlie ».

 

En revanche, je suis infiniment attachée à la possibilité d’être (de) Charlie. Pour la liberté d’expression, d’abord, même si cela semble grandiloquent : avoir cette possibilité de tout dire, sans rien craindre…

J’y suis doublement attachée en fait : parce que c’est dans cette possibilité aussi que moi, j’espérais, je l’avoue, un jour, ta prise de conscience, ô rédaction de Charlie, de ce qui est dit dans la Bible, un livre qui m’est cher et que tu as choisi parfois de conspuer : « Tout (m’)est permis mais tout n’est pas profitable ».

Découvrir, en grandissant ( ?), le sens de cette belle et juste phrase.

Découvrir qu’on peut dénoncer, critiquer, sans manquer au digne respect des uns ou des croyances des autres.

Ceci étant dit, je l’admets, l’outrance, parfois, en grossissant les traits, peut aussi nous aider à prendre conscience de nos propres ridicules, de notre mauvaise communication, de nos travers et nous pousser à nous améliorer.

Et, de plus, j’aime le talent, le panache chez mes « adversaires de pensée », et certains de tes dessinateurs n’en manquaient pas sous leur apparente grossièreté.

 

Enfin, las. De toute façon, ce n’est plus le temps des débats.

Ce n’est plus le temps des mots non plus d’ailleurs.

 

Il n’y a plus qu’un seul mot à dire, en réalité, celui d’une condamnation ferme.

De l’acte.

Et de toute tentative de récupération : présente, comme future.

Les hommes de Charlie hebdo se voulaient libres, quoi qu’ils aient choisi une autre voie que la mienne : leur rendre hommage, c’est continuer à grandir en humanité, un point, où, certainement, eux et nous, chrétiens, nous retrouvions.

 

Pour moi, chrétienne, c’est aussi et avant tout le temps du silence et de la prière.

Pour vous, vos familles, vos proches… temps d’horreur absurde.  

Pour vos agresseurs : hommes, eux aussi,

Hommes à l’humanité comme à retrouver, sous l’horrible écorce d’un acte, d’un endoctrinement.

Temps de silence et de prière pour choisir, sciemment, au plus noir de l’horreur et de la déchéance de l’homme, de laisser poindre l’espérance, même violée, même voilée.

 

vendredi, décembre 26 2014

Tendre Noël !

 

« Dieu qui nous regarde avec des yeux pleins d’affection, qui accepte notre misère, Dieu amoureux de notre petitesse. En cette sainte nuit, tandis que nous contemplons l’Enfant Jésus qui vient de naître et d’être déposé dans une mangeoire, nous sommes invités à réfléchir. Comment accueillons-nous la tendresse de Dieu ? Est-ce que je me laisse rejoindre par lui, est-ce que je me laisse embrasser, ou bien est-ce que je l’empêche de s’approcher ? ‘‘Mais je cherche le Seigneur’’ – pourrions-nous rétorquer. Toutefois, la chose la plus importante n’est pas de le chercher, mais plutôt de faire en sorte que ce soit lui qui me trouve et qui me caresse avec amour. Voici la question que nous pose l’Enfant par sa seule présence : est-ce que je permets à Dieu de m’aimer ? »

Pape François, homélie de la messe de la Nuit de Noël 2014

 

Comment accueillons-nous la tendresse de Dieu ?

… Très belle, très juste question… !

Quand on regarde des scènes de Nativité, des tableaux, des crèches, on est souvent pris de tendresse : c’est mignon, c’est beau et c’est pour le Christ qu’on ressent cette tendresse.

 

 

 

Mais comment accueillons-nous la tendresse de Dieu ? La question du pape me reste dans le cœur :

Quand je pense à tout ce qu’il y a à préparer avant Noël au lieu de me tourner vers l’immense don que Dieu nous fait,

Quand je me fais ma petite vision personnelle de Dieu, que je l’enferme dans mes limites,

Quand je pense à « moi » en y mettant plein de majuscules, emplie de mes préoccupations,

Quand je regarde les autres, leurs manières de faire ceci et cela en jugeant sans aimer…

… La liste est infinie :

Comment accueillir la tendresse de Dieu si mon cœur est plein de lui-même ?
Comment accueillir la tendresse de Dieu si je ne reconnais pas mon propre péché, ma propre fragilité ?

Comment accueillir la tendresse de Dieu si je ne laisse pas ma vie tout entière s’emplir de simplicité ?

 

Devant la fragilité de l’enfant de la crèche, les beaux propos ne peuvent que se taire, inutiles,

Les mensonges, les remparts bien bâtis pour protéger nos blessures, également : qu’en a à faire un nouveau-né ?

A genoux : non comme posture à se donner mais comme un appel à l’ouverture du cœur, à sa simplicité ;

A genoux : c’est se mettre à la hauteur du Nouveau Né et donc, si curieusement, accepter de se mettre à la hauteur d’un Dieu qui s’abaisse en s’abaissant devant Lui ;

A genoux : c’est, justement, laisser la possibilité de se laisser très tendrement toucher par la petite main de l’être tout fragile, qui vient juste pour te dire « je t’aime »,

Caresse de l’enfant qui ne sait encore que babiller.

 

A vous tous, chers lecteurs, un tendre Noël :

que la venue du Seigneur en notre chair illumine vos jours de Sa clarté !

 

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