Zabou the terrible

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lundi, août 22 2016

De l'Appel plutôt que des catholiques en colère même pas à la pelle

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Avec quelques-uns, j'ai eu l'occasion de participer lors des JMJ à un échange sur les vocations chez les jeunes catholiques filmé par l'émission 'C dans l'air'. Ambiance bienveillante de la journaliste, y compris dans les questions personnelles qui suivirent. 

La diffusion de ce court reportage était prévue lors de l'émission du 15 août et quelle ne fut pas ma surprise de voir à mon retour de pèlerinage que l'émission de ce jour fut finalement consacrée au sujet "catholiques en colère", suite à l'assassinat du P. Jacques Hamel. 

Que le reportage soit diffusé un jour ou l'autre, ou pas du tout, peu m'importe, mais que l'on passe de la question des vocations à celle de la colère... ? Le changement de ton ne me semble pas anodin : d'une question spirituelle essentielle, l'on glisse à une question politique. Affaire de mode, de sondage ? L'audimat ? La belle affaire ! 

Aux JMJ, le jour même de l'assassinat du père, je n'ai pas vu de catholiques en colère, j'ai vu des catholiques attristés, meurtris parfois, mais j'ai surtout vu des jeunes catholiques priants, plus désireux que jamais de dire avec saint Jean que "Dieu est Amour". Ce n'était pas une illusion mais bien une réalité : qui y était sait la densité grave de la prière des JMJistes ces jours-là. 

Alors, le 15 août, grande fête pour les catholiques, fête où nous prions tout spécialement Marie, patronne de la France et où nous prions pour la France, parler de notre "colère" ? Laisser planer comme une suspicion de radicalisation ? Lancer comme des germes par ce terme d'une opposition des religions ? 

Et dire qu'il était question d'appels, de Dieu, de vocations... Et dire qu'il était question de Vie ! 

La vitalité des catholiques n'est pas dans leur nombre ou dans une quelconque colère... Elle est justement située bien là, dans cet incommensurable si peu médiatique qu'est leur vie spirituelle : dans leur prière, cette prière qui les fait apprendre à aimer à l'école du Christ, même quand tout sens est perdu en apparence. C'est bien cela qui est dans l'air ! 

jeudi, août 11 2016

Don par amour, Amour par(-)don

 

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« Ceci est mon corps,

Ceci est mon sang »

Mystère de la foi !

Que cela soit avec 5 personnes,

Que cela soit avec des millions,

Que cela soit en province, à Paris ou encore aux JMJ,

Même bouleversement du Christ qui se donne,

Même bouleversement du Christ qui se rend présent.

 

Même bouleversement intérieur,

Du Christ qui s’offre à nous par amour,

Simplement par amour.

 

Le Concile de Trente définissait la messe comme un renouvellement non sanglant du sacrifice du Christ… qu’en est-il quand il se termine, quand il s’achève dans le sang ?

Chaque messe me saisit et me renvoie désormais encore plus à cela.

 

Mystère de l’Eucharistie,

Mystère de l’incandescence du don poussé à son degré ultime, qui permet celui de l’homme, porté par cet élan d’Amour, par pure grâce.

 

Désirer le martyre ?

Certainement pas.

Désirer la fidélité, jusqu’au bout,

Désirer être porté(e) dans le don de soi-même dans le seul et unique don du Christ, abandonné, livré, par Amour ?

Certainement.

 

L’assassinat de fin juillet ne fera pas se lever des chrétiens fanatiques,

Mais l’assassinat de fin juillet sera sans doute, selon la formule de Tertullien, « semence de chrétiens » :

Des chrétiens très « radicalisés » car le chrétien, c’est celui qui cherche à aimer comme Christ, qui l’aime et qu’il s’efforce d’aimer.

 

L’assassinat de fin juillet nous fera sans doute entrer toujours plus dans le mystère de l’eucharistie, comme il y a fait entrer d’une manière ultime le p. Jacques Hamel.

Dans le don de l’Amour,

Dans le don par Amour,

Pour y entrer nous-mêmes :

Dans l’Amour par don,

Dans l’Amour sans raison, incompréhensible…

C’est celui-là même qui nous permet de prier et d’entrer 

Dans l’Amour de ceux « qui ne savent pas ce qu’ils font »,

Dans l’Amour pardon.

 

dimanche, août 7 2016

Pèleriner par temps de terreur

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C'était l'autre soir, après une journée de pèlerinage. Je marchais, croix au cou, dans les rues de cette ville italienne pour chercher une glace. Et soudain, en passant dans une rue sombre et peu fréquentée, je me suis dit : "Tiens, et si je me faisais attaquer ?". J'ai un peu frissonné, j'ai pensé au récent assassinat du père Jacques... 

C'est vrai que cela changeait la donne : jusque là, c'était plutôt notre société occidentale post-moderne que Daesh semblait attaquer. Et là, clairement, un chrétien, et en plus un prêtre. Une volonté derrière de monter les religions entre elles ? Peut-être. Semer la terreur par des gestes incompréhensibles et imprévisibles ? Sûrement. 

Qu'on le veuille ou non, la personne du pèlerin a un caractère sacré. On peut ricaner de sa démarche mais, toujours, on la respectera et lui avec. Souvent, on l'aidera et, parfois, on l'aimera. Le plus souvent, il y a même de très belles rencontres et de beaux échanges à la clef. Nous ne sommes que des êtres de passage, à qui il est facile de se confier... J'ai souvent eu l'impression d'être considérée comme un cadeau, comme le Christ Lui-même parfois, par ceux qui m'accueillaient : et moi, j'ai dû apprendre aussi à recevoir ces cadeaux et à y voir le don de Dieu. Je ne dis pas que je n'aurai jamais de problème durant mes longues marches pèlerines – cela ne m'est jamais arrivé en 10 ans mais j'ai conscience que cela peut arriver – mais je sais surtout que, pèlerine, j'ai une "aura" qui me dépasse et cela me donne une grande confiance durant ma marche. Je marche, seule, sans peur, sûre en plus que le Seigneur fait route avec moi. Ma foi me porte. Je ne suis qu'une pèlerine, c'est ma seule identité en route, mais je m'efforce d'être pleinement cela. 

Et si j'étais attaquée pour cette raison même que je suis une pèlerine ? Ce serait dérisoire... Mais ni plus ni moins que l'attaque contre ce prêtre humble dans une petite ville de la banlieue de Rouen. Ce serait presque une suite logique car aussi absurde. 

Mais à quoi bon avoir peur et faire le jeu de la terreur ? Il suffit de continuer à marcher, à pèleriner, le cœur en paix... Poser un acte de confiance. 

Car le pèlerin, c'est celui qui découvre le monde à la seule vitesse de son pas ; 
Quand le terrorisme détruit l'homme et cherche à anéantir les ponts patiemment bâtis entre les civilisations, 
Le pèlerin reste celui qui rencontre le monde simplement à hauteur d'homme pour y découvrir les traces de Dieu. 

À poursuivre, sans cesse. 

lundi, mai 16 2016

Lundi de Pentecôte ou le pincement de poursuite

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Le lundi de Pentecôte, avoir un petit pincement au coeur de ranger le volume 2 de la liturgie des heures pour prendre le volume 3 ; 

Comprendre : avoir un petit pincement au coeur de passer du Temps pascal au Temps ordinaire.

C'est bête, hein ? D'autant plus qu'il y a toujours de nombreuses solennités qui émaillent ce retour au temps ordinaire jusqu'aux grandes vacances, il y aurait suffisamment de quoi se réjouir. Il n'empêche : cela reste le temps ordinaire. 

On aimerait que l'ivresse du temps pascal demeure, assez bêtement, ou plutôt assez humainement... et pourtant, il ne tient qu'à nous qu'elle demeure intacte : ou tout au moins, il ne tient qu'à nous à travers Celui qui nous a été donné, dont nous rappelons la venue à chaque Pentecôte. 

" Il a envoyé d'auprès de Toi, comme premier don fait aux croyants, l'Esprit qui poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification" affirme ainsi la si belle prière eucharistique IV qui me semble si en résonnance avec le lundi de Pentecôte. 

Le temps ordinaire prend alors sa vraie dimension : aujourd'hui, ce n'est pas le retour à l'ordinaire, c'est le temps de la poursuite en nous, par nous et pour nous tous de l'oeuvre de l'Esprit. Rien de plan-plan, rien de si ordinaire ! 

Cela ne tient qu'à nous de L'accueillir, de Lui prêter attention, de L'écouter, de Le laisser nous envoyer. 

Il faudrait donc que le petit pincement soit un pincement de ceux qui donnent envie d'aller plus loin :

Pour que l'Esprit Saint, le don de Dieu, heureusement reçu, soit accueilli en Son dynamisme, 

Pour que le volume 3 de la liturgie des heures soit autant attention à la 3ème personne de la Trinité qu'au Père et au Fils, 

Et pour que le temps ordinaire devienne pleinement le temps irrigué par l'Esprit. 

 

Illustration : Marc Chagall, illustration pour le Cantique des Cantiques

vendredi, mai 13 2016

RIP Eloi Leclerc

F. Eloi Leclerc, l'auteur notamment de Sagesse d'un pauvre, est décédé ce jour. En guise d'hommage, je transcris ce petit texte qui en est issu... Un petit extrait que m'avait transmis il y a presque 10 ans feu mon père spirituel à une question connexe que je lui posais et que je garde encore tel un trésor. 

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- Sais-tu, frère, ce qu'est la pureté du coeur ? 

- C'est ne pas avoir de faute à se reprocher répondit Léon sans hésiter. 

- Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher. 

- Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d'arriver un jour à la pureté du coeur. 

- Ah ! Frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu'il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâces à cause de lui-même. C'est cela même, petit frère, avoir le coeur pur. 

Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l'immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le coeur pur est celui qui ne cesse d'adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l'éternelle innocence et à L'éternelle joie de Dieu. 

Un tel coeur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté. 

- Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon. 

- Oui sans doute, répondit François. Mais la sainteté n'est pas un accomplissement de soi ni une plénitude que l'on se donne. Elle est d'abord un vide que l'on se découvre et que l'on accepte, et que Dieu vient remplir dans la mesure où l'on s'ouvre à sa plénitude. 

Notre néant, vois-tu, s'il est accepté, devient l'espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l'Unique, le Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu'il voie sa gloire. Dieu devient alors l'azur de son âme. 

Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu'il est, s'extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l'exigence la plus profonde de cet amour que l'esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos coeurs. C'est cela avoir le coeur pur. Mais cette pureté ne s'obtient pas à la force des poignets et en se tendant. 

- Comment faire ? demanda Léon. 

- Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même ce sentiment aigu de notre détresse. Faire place nette. Accepter d'être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s'en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le coeur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l'alouette enivrée d'espace et d'azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s'est changé en un simple et pur vouloir de Dieu." 

Léon écoutait gravement, tout en marchant devant son père. Mais, à mesure qu'il avançait, il sentait son coeur devenir léger, et une grande paix l'envahir. 

Eloi Leclerc, Sagesse d'un pauvre

 

lundi, avril 4 2016

Mon cher Jésus, je te demande pardon

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« Seigneur, tu as voulu que ton Verbe prît chair dans le sein de la Vierge Marie » : oraison de la fête de l’Annonciation, fête célébrée en retard… Puisque, en effet, nous aurions dû célébrer cette année ce Verbe qui prend chair en Marie le jour même où le Verbe prit cher en croix pour que cela tombe pile neuf mois avant que le Christ ne prît pleinement chair en notre humanité.

 

Ce décalage de dates fut bien sûr annoncé en chaire mais il n’empêche que, le lendemain où le Christ se fit pleinement pour nous bonne chère – voire la meilleure qui soit – en s’offrant Lui-même en nourriture, ce qui est tout de même payer bien cher son repas quoiqu'après celui-ci, il n’eût pu être considéré comme étant bien en chair – peut-être alors qu’il était bien en chaire vu Ses paroles qui claquaient ? –, il eût pu avoir du sens de relier les deux fêtes. En une Pietà priante ?

 

Dans tous les cas, cette offrande de Lui-même jusqu’à la croix, jusqu’au bout c’est tout de même tout ce qu’il faut pour pouvoir lui dire avec toute notre vie un « cher » Jésus –  c’est un peu d’ailleurs ce que saint Pierre fera dimanche prochain – après que certains eurent, comme saint Thomas dimanche dernier, besoin de le voir en chair et en os. J’en soupçonne quand même certains d’en avoir eu quelque peu la chair de poule de ce « la Paix soit avec vous » soudain !

 

Trêve de plaisanteries, c’est beau et c’est grand :

Un Amour qui ainsi prend chair, qui se fait bonne chère, qui prend cher : le tout pour nous, pour toi, pour moi…  

Un Amour qui prend des risques et qui nous donne ainsi, par le mystère de Son incarnation, de Sa Passion et de Sa résurrection, de faire de notre chair la plus grande de ses chaires.

 

dimanche, mars 27 2016

Pâques sans comment

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"Personne n'a vu l'heure de ta victoire. Personne n'est le témoin de la naissance d'un monde. Personne ne sait comment la nuit infernale du samedi s'est transformée en la lumière du matin de Pâques. C'est en dormant que nous avons été transportés sur des ailes par-dessus l'abîme, en dormant que nous avons reçu la grâce de Pâques. Et personne ne sait comment l'événement lui est arrivé. Chacun ignore quelle main a caressé sa joue de telle sorte que soudain le monde blême éclata pour lui en vives couleurs et qu'un sourire involontaire s'épanouit sur son visage à cause du miracle qui s'accomplissait en lui." 

H.-U. von Balthasar, Le Coeur du monde

dimanche, mars 20 2016

A la porte de cette semaine

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C'est l'histoire d'une innocence pourtant condamnée :
"Aucun motif de condamnation"; 
"Lui, Il n'a rien fait" ! 

 

L'entrée dans la Passion,
L'entrée dans l'amour à l'état brut. 

 

Coeur innocent qui se livre,
Coeur de l'homme prompt à acclamer puis à attaquer. 

 

Coeur constant qui se donne en entier, jusqu'au bout,
Coeur de l'homme qui contemple pour apprendre. 

 

Semaine Sainte, Sainte Semaine entre toutes,
Celle qui nous apprend d'un signe la seule direction du Ciel,
Celle qui blesse du Verbe qui se tait, soudain éteint, et ouvre pourtant à l'Espérance, 
Celle qui nous apprend non à broder, mais bien à marcher, au pas de croix, à la mesure vitale de l'amour. 

 

mardi, mars 15 2016

Et si, entre le silence et les bruits... ?

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Comment ne pas être touchée par ce qui se passe actuellement autour du Primat des Gaules ? Comment ne pas être touchée dans le même temps dès qu’un scandale de pédophilie éclabousse notre Église ?

 

Je ne peux pas être d’accord avec ce qui s’apparente présentement à un lynchage en bonne et due forme du cardinal, un lynchage où les médias et les politiques semblent se répondre avec une escalade de violence jusqu’à demander, sans forcément connaître l’affaire, une démission de cet homme. Que diable, il est cardinal : c’est clerc et forcément pas clair ces bestioles-là.

 

Mais que cela soit clair, justement, je ne peux en aucun cas non plus cautionner un acte aussi grave que la pédophilie. C'est une honte ! Un acte gravissime qui brise des vies ! 

Je ne peux que reconnaître que, dans l’Église, il a trop souvent régné sur ces affaires la loi du silence. Pour étouffer tout cela et ne pas nuire à la réputation de... C’est grave et il faut le dire : nous n’avons pas le droit au silence ! Ne pas se taire : pour les victimes, avant tout, pour les aider à se reconstruire. Mais il faut le dire aussi pour les chrétiens : un chrétien, ce n’est pas quelqu’un appelé à une vie médiocre, c’est quelqu’un qui est appelé à la sainteté… un chrétien qui n’aide pas son frère en détresse, c’est un contre-témoignage. Un chrétien qui se tairait sur ce genre d’affaires, c’est pire qu’un contre-témoignage : c'est un complice, en état de péché grave.

 

Le chrétien n’est pas appelé au silence : il est appelé à écouter, à suivre le Verbe de Dieu et à Le proclamer.

 

En revanche, si je ne suis pas d’accord avec le silence, je ne suis pas d’accord non plus avec les « bruits », ces choses qui courent, qui se disent sans fondement et qui ne provoquent que médisance et mépris croissants. On attaque comme si c’était le cardinal qui avait commis les actes en personne, on attaque comme si la présomption d’innocence n’existait pas, on attaque comme si l’affaire était déjà entendue, jaugée et jugée et qu’on avait déjà à prononcer un verdict.

 

Je ne connais pas l’affaire et ne m'étendrai donc pas sur ce que j'ignore : mais il faut tout de même reconnaître que Mgr Barbarin n’était pas archevêque de Lyon au moment des faits… on ne demanderait pas la démission du ministre actuel de l’Éducation Nationale ou du recteur de telle académie lors de la découverte de cas de pédophilie d’un prof remontant à des années où il ne l’était pas encore. Pas pareil ? Certes : le chrétien a un idéal de sainteté et, par là même, une exigence d’exemplarité s’il veut témoigner. Mais il y a aussi une exigence d’humanité et c’est à nous tous de la respecter.

 

Je ne sais pas quelle est la part de responsabilité de cet homme :

Ce que je sais, c’est que je lis des réactions aux tons de plus en plus énervés, partant inconsidérées.

Ce que je sais, c’est que j’ai reçu une proposition de pétition à signer demandant la démission du cardinal.

Ce que je sais, c’est que les bruits ne font jamais de bien : ils sont cacophonie et n’éclaircissent jamais les esprits.

 

Il me semble qu’entre le silence oppressant et le bruit médisant, il devrait y avoir place à l’écoute et à la parole. Celles des victimes, celles des témoins, celles des accusés et celles des juges.

 

C’est un peu comme dans l’Évangile de dimanche dernier avec la femme adultère : il a fallu écarter les bruits véhéments pour accéder à la Parole… Il a fallu écarter les bruits pour que le silence de la pécheresse s’ouvre aussi à la Parole et qu’elle puisse entendre et s’exprimer.

 

Laissons la justice faire son travail.

Et nous, prions pour les victimes et pour leurs agresseurs,

Prions pour les juges et pour le cardinal Barbarin ;

Et que chacun d’entre nous grandisse sur son propre chemin de conversion, en écoutant Sa parole. 

 

mardi, février 9 2016

Du paradigme de la crêpe au nutella et autres concepts gustatifs incertains

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Vous avez remarqué ? Cette année, paf, une semaine après la Chandeleur, on passe au Mardi Gras. Nous gagnons pour l’année la création d’une nouvelle octave, après celle de Noël et avant l’octave de Pâque : l’octave de crêpes. Comme une nouvelle gamme de saveurs… ou pas.

 

La crêpe au nutella, y a pas à dire, j’aime ça. Mais, il faut bien avouer que ce n’est pas super fin… C’est même méga-gras. Certes, c’est très bon, on ne s’en lasse pas vraiment mais il faut bien avouer qu’il n’y a guère d’originalité : c’est un peu toujours la même chose. Une crêpe, du Nutella : on sait que ça passera bien. Routine du gras.

 

Seulement, voilà le « problème » du mardi gras, c’est qu’il tombe avant le mercredi des Cendres. En gros, du concept de crêpes, on passe à celui du bol de riz. N’exagérons rien : ce n’est pas qu’il faille dire « de crêpes en carême, point » mais il y a une insistance sur le jeûne, le partage et la pénitence. Du gras grasseyant, confortable mais sans piment, on passe à la cure amincissante – qui n’est pas à confondre pour autant avec l’idée de régime.

 

Le Carême, c’est la recherche du goût en sa subtilité, via le passage de la quantité à la qualité. Moins de ceci, moins de cela (huile de palme ou autre chose : qu’importe ?), non pour faire un effort surhumain, pour se dépasser – quel intérêt, sinon se regarder soi ? – mais bien pour redécouvrir les saveurs dans leur essentiel, dans leur simplicité.

Dépouillement des sauces lourdes qui dégoulinent et autres cache goûts, ou pour cesser de parler métaphoriquement, dégrossissement des excès routiniers pour retrouver la force de ce qui était caché.

40 jours offerts en cadeau pour cela.

 

A Pâques, eh bien, vous savez ce qu’on obtient, du coup ? Du chocolat.

Retour à la crêpe au Nutella comme simple résultat ? Que nenni, quel piètre amateur de chocolat si vous pensez cela !

Le chocolat, ce n’est pas une saveur mais bien des milliers, du noir, du au lait, du blanc, du avec des noisettes ; le chocolat, c’est le passage de l’amertume à la douceur sucrée, de celui légèrement salé à l’acidité d’un chocolat allié avec un agrume.

Le chocolat, c’est un peu l’explosion des saveurs en bouche.

 

Certes, le chocolat, ce n’est pas Pâques et tous les mots comme tous les mets seraient bien insuffisants pour décrire la grandeur d’un mystère et d’une joie qui nous dépassent.

Et pourtant, il y a comme une justesse du chocolat à Pâques, qui célèbre la saveur retrouvée et renouvelée.

 

D’ailleurs, on dit bien qu’on n’adore que Dieu… et le chocolat : ça ne doit pas être un hasard, mais bien de la haute théologie (au moins).

 

Enfin, le royaume de Dieu ne consiste pas en des affaires de crêpes au Nutella mais il est bien « justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14, 17)…

Alors, bon carême à chacun : que celui-ci soit une vraie préparation du palais de notre vie à la joie éclatante d’un arc-en-ciel de saveurs à Pâques !

 

dimanche, janvier 3 2016

L’offrande, l’offertoire et l'épiphanie

 

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Quand les mages arrivent devant le Christ, ils lui offrent leurs présents.

On les connaît : l’or, l’encens et la myrrhe (non, rappelons qu’il ne s’agit pas d’une lessive ni de la station spatiale russe) ;

On connaît aussi plus ou moins leur symbolique ;

Et on connaît encore mieux les noms que la tradition a donnés à ces mages : Melchior, Gaspard et Balthazar.

On connaît aussi la tradition de la galette et…

 

Mais finalement, les mages de l’épiphanie, c’est un peu nous à la messe.

Nous sommes venus L’adorer !

Et, mieux encore, nous venons Le recevoir !

Mais nous sommes venus L’adorer… Et moi, mon présent, c’est quoi ?

 

Le problème avec Dieu, c’est qu’il n’y a certes guère autre chose à Lui offrir que des choses que Lui-même nous a déjà données :

Mais enfin, comment un père – et a fortiori un Père – ne serait-il pas fan même des petits cadeaux que son enfant lui fait ?

 

Si nous sommes comme les mages à la messe, l’offertoire, c’est un peu notre venue à la crèche à nous.

Si nous n’avons que des mains vides, peut-être pouvons-nous offrir, quand le prêtre présente le pain et le vin, tout ce qui fait et forge nos vies : de notre travail à notre famille, de nos joies à nos difficultés, de tout ce qui habite et demeure en nous,

Lui offrir un peu, voire beaucoup et si possible tout de notre vie, pour qu’Il l'emmène toujours plus en Lui.

 

mercredi, décembre 30 2015

Le peuple de ceux qui Te cherchent

J’étais assise au fond de l’église, en train de prier en attendant la troisième messe de l’événement salvateur, la messe du jour de Noël.

 

Il y eut d’abord ce jeune couple avec cet enfant, pas des habitués de la paroisse, ni, visiblement, de la messe :

- Tu veux aller voir la crèche ? Tu sais ce que c’est ? Non, tiens, regarde, on va aller voir ensemble le petit Jésus.

C’était beau.

 

Et puis il y eut ce couple de personnes plus âgées, pas des habitués eux non plus, qui allaient clopin-clopant, elle surtout qui avançait difficilement et s’appuyait sur son mari pour réussir à marcher. C’était déjà beau de les voir ainsi, tendres et faibles, venir à la messe. Peut-être par habitude à Noël, ou peut-être par grande conviction et que, ce jour-là, il fallait faire un effort spécial pour réussir à venir même si c’était difficile : je ne sais pas et il importe peu. Ce qui importe, c’est que j’entendis le mari dire à sa femme : « On va à la crèche ensemble ? Tu vas y arriver ? ».

C’était beau.

 

La messe du jour a toujours des relents de gueule de bois et sonne presque, malheureusement, comme une messe pour retardataires.

 

Mais il y a bien pourtant ce peuple, un peuple immense, si divers qu’il en rappelle les santons de la crèche… D'autres qui sont venus avant, d'autres qui viendront après... Un peuple venu L’adorer, chacun avec ce qu’il est.

 

Crèche 2015 

 

« Hier soir, juste avant de me coucher, je me suis retrouvée tout à coup agenouillée au milieu de cette grande pièce […] sur le léger tapis. Comme cela, sans l’avoir voulu. Courbée vers le sol par une volonté plus forte que la mienne. Il y a quelques temps, je me disais ‘je m’exerce à m’agenouiller’. J’avais encore trop honte de ce geste, aussi intime que ceux de l’amour, dont seuls savent parler les poètes ».

Etty Hillesum

 

 

Saint Noël à chacun !

Puissions-nous nous exercer à nous agenouiller devant le mystère de l’amour pour que chacun de nos gestes en soit imprégné.

(Oui, il est toujours temps, nous sommes dans l’Octave de la fête ;) )

 

 

mardi, décembre 22 2015

Que dirais-tu à la place ?

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« Joyeux Noël », qu’est-ce que je dis quand je dis cela ? Qu’est-ce que je dirais à la place ? Telle fut la question lancée aux paroissiens d’un ami prêtre en pleine préparation de son homélie de Noël. Et c'est une bonne méditation à faire dans ces derniers jours de préparation à cette belle et grande fête. 

 

J’ai durant longtemps assez peu aimé Noël : pour un enfant de divorcés, Noël, ce ne sont pas les doubles cadeaux qu’on nous envie qui comptent en premier, c’est avant tout un moment où la séparation apparaît plus forte que tout et le seul cadeau qu’on aimerait, l’union, on sait qu’on ne l’aura pas. J’en garde encore sans doute la trace à préférer Pâques à Noël. Je n’aimais pas vraiment dire « joyeux Noël ». Ce n’était pas juste.

 

En grandissant, j’ai découvert le sens plus spirituel de Noël : « joyeux Noël », c’est devenu « il y a une bonne nouvelle pour toi, pour moi : un sauveur est né ». C’est devenu un moment de joie… peu reçu dans mon entourage pas franchement croyant : on trouvait même parfois que je faisais du mauvais esprit à insister sur le côté religieux de Noël alors que le sens, ça devait être « la famille ». Je me suis tue, longuement, et j’ai profité des messes pour tenter de saisir cette joie du Seigneur. Je crois que mes « joyeux Noël » n’étaient surtout justes de sens que pour mes frères croyants. Ce n’était pas juste non plus.

 

Et puis il y eut la découverte de la messe de l’Aurore, moi qui préférais avant la messe de la nuit : ça a été une vraie révélation. La simplicité de cette messe m’a fait me sentir contemporaine de l’adoration des bergers, m’a fait découvrir un Dieu qui se faisait pauvre parmi les pauvres. Je crois que toute la justesse de Noël est là : Il vient habiter nos pauvretés. Il est cette joie simple qui se révèle aux cœurs non encombrés d’eux-mêmes. Il est cette aurore qui nous fait pressentir que ce jour qui naît avec Lui est neuf : jamais plus, nous ne serons seuls. Dieu est là.

 

Je sais qu’à Noël, beaucoup de gens viennent à la messe sans croire et ma famille m’a rendue sensible à cette réalité. Mais, avec le recul, je sais qu’ils viennent tous avec au cœur une envie de croire à une certaine « magie de Noël » qui prend les noms de paix et de monde meilleur. Je ne sais pas si mes « joyeux Noël » d’aujourd’hui sont plus justes que ceux d’hier mais je crois que ce que je mets derrière, c’est désormais une phrase illuminée par l’expérience de la messe de l’Aurore : « que, là où tu en es, la joie de Dieu, la plus belle des richesses, scintille et rayonne à travers toutes tes pauvretés ; qu’Il te donne Sa joie ».

 

samedi, novembre 14 2015

Vous ne passerez pas

 

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« Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée » (Jn 1)

 

Hier soir, le choc, l’horreur.

Ce qui m’a frappée, c’est que ce choc-là, je l’ai ressenti en mon être : mes jambes tremblaient et je n’arrivais pas à faire passer une profonde sensation de froid tandis que mon cœur était en berne. L’état de choc devant l’horreur.

 

Cette peur, c’est celle que les terroristes veulent aussi, même dans ce nom que nous leur donnons : semer la terreur, la faire passer et germer partout, la glisser sous nos portes, chez nos proches et au plus profond de nos cœurs.

 

Et malgré tout cela, j’ai envie de dire, et même de crier :

La peur ne passera pas ! A celle-ci, nous opposerons la poésie, le sourire et surtout la vie : la vie jaillissante, la vie éclatante, la vie savoureuse… celle qui déborde quand on la choisit.

La peur ne passera pas : devant elle, nous nous comporterons avec ce trait d’attitude qui est si souvent décrié, avec lequel on se moque si souvent de nous Français, celui du coq gaulois, qui, même les pieds dans la m****, continue de chanter.

La peur ne passera pas : face à celle-ci, nous adopterons la fragile espérance qui sera notre plus grand rempart.

 

La haine ne passera pas : à celle-ci, au lieu d’amalgames incertains et surtout nauséabonds, nous opposerons la devise de notre pays qui se termine sur l'harmonieuse note de la fraternité.

La haine ne passera pas : aux prises d’otage, nous opposerons nos « portes ouvertes » qui sonnaient comme le plus beau des élans de compassion hier soir.

La haine ne passera pas : pour la contrer, nous continuerons à éduquer, à faire grandir des hommes et des femmes adultes, libres et heureux de l’être.

La haine ne passera pas : comme chrétiens, et peut-être même aussi simplement comme humains, nous choisirons chaque jour la charité comme guide de notre existence.

 

L’extrémisme ne passera pas,

La mort ne passera pas, malgré les terribles coups durs,

Devant les morts, nous choisirons chaque jour la foi : foi en Dieu pour nous croyants, foi en l’homme pour chaque être humain,

 

Pour qu’en nous engageant, chacun selon nos capacités,

Nous offrions à chaque aurore un jour plus lumineux et plus humain.

 

vendredi, octobre 30 2015

Lumière de la loi

Il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? ». Et ils furent incapables de trouver une réponse. (Luc 14, évangile du jour)

 

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Dans les bons scuds même pas visibles en apparence de Jésus, celui-ci a toute sa place : il rend muet. Et bim dans leurs faces ou surtout et bim dans ta propre face quand tu l'entends ! Parce qu'on a beau dire, on est toujours un peu le pharisien de quelqu'un. 

Ce matin à la messe, le prêtre citait le (très bon) mot d’un enfant du caté sur la question de la Loi : « Jésus est venu apporter la lumière à la loi. »

C’est vrai que, dans l’Évangile, on n’est plus tout à fait dans le « tu dois » du Décalogue. C’est le « je suis venu non pas abolir la loi mais l’accomplir. » Même dans les impératifs visibles, un « si tu veux » se cache. Un « si tu veux » déjà orienté vers les béatitudes, vers le bonheur.

C’est comme la clé de ce mot d’enfant : la lumière que Jésus est venu apporter à la loi, c’est cette liberté où Il vient l’inscrire ; 

Cette liberté aimante où tout notre bonheur se cache déjà en germe.

 

samedi, septembre 26 2015

Un peuple de prophètes

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Réunion d’animateurs de l’école de prière jeunes de mon diocèse. Nous savons que les jeunes que nous accueillerons seront divers mais il est beau de voir que nous sommes nous aussi, animateurs, divers : il y a des jeunes et des moins jeunes (ou tout au moins des jeunes depuis bien plus longtemps que d’autres !), des célibataires, consacrés ou pas, des personnes mariées… Une multitude de situations personnelles, une même foultitude de rapports à la foi : et pourtant croyants, au sein d’une même Église. Et pourtant désireux de partager ce qui les anime, Celui qui les fait vivre : désireux d’être prophètes, vraiment.

 

Une équipe d’animateurs d’école de prière, c’est un assemblage hétéroclite sur le papier, quelque chose d’une alchimie étrange qui ne tient, unie dans sa diversité, que par l’Esprit Saint.

 

Et à les écouter se présenter, poser leurs premiers échanges, on sent bien que l’unité est là, réelle, dès les premiers mots. Et que loin d’un appel sur catalogue dans un même type de paroisse ou de mouvement, il y a là l’inattendu de Dieu qui appelle aux endroits aussi bien probables qu’improbables… pour une même tâche. 

 

Alors quand, en rentrant, tu médites sur la première lecture du dimanche qui vient, tu ne peux que sourire en lisant Moïse s’exclamer : « Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » :-) 

 

lundi, septembre 21 2015

Celui qui rassurait et donnait force

 

 

Levi/Matthieu, tu me rassures et tu es un exemple... 

Pour moi tu es un peu comme saint Pierre, un pauvre type, 
Mais le Seigneur vient te chercher, Il vient t'appeler. 
Et toi, tu le suis. 
 
Tu es pécheur, tu es comme moi, surtout en ce moment où dans certains domaines de ma vie je n'arrive pas ou plus à aimer... Ce domaine-là, surtout, où c'est vraiment dur. 
 
Mais toi, tu laisses tout, tu restes saisi par un regard d'amour, tu t'appuies sur une parole qui te dit de venir, malgré tout. 
 
Miserando atque eligendo, disait saint Bède le Vénérable, repris par le pape François. 
Un regard qui fait miséricorde autant qu'il choisit ; 
Un regard qui nous illumine même dans les jours les plus sombres de nos vies ; 
Un regard de confiance, malgré nos pas titubants ; 
Un regard de force pour marcher à Ta suite, même pas malgré nous mais avec nous, malgré tout. 

jeudi, août 27 2015

L’un et l’Autre

 

http://www.artbible.info/images/bosch_eccehomo_grt.jpg

 

Beaucoup de bruit pour pas grand chose : c’est la première chose qui me vient en tête lorsque je lis les débats récents sur internet autour de l’Église et du FN.

 

Rappelons les faits : une élue de ce parti a été invitée par un évêque à une université d’été.

 

Évidemment, cela a tout de suite grossi puis, comme souvent, dérivé dans la presse… L’Église serait-elle devenue pro-FN ?

 

Heureusement, un communiqué très juste de ton du p. Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole de la Conférence des Évêques de France est venu ce jour redire et clarifier les choses : certaines des « grandes » idées du FN ne sont pas compatibles avec l’Évangile.

Donc, non, un chrétien ne peut pas « être FN » (avant de pousser de hauts cris, notez bien l’emploi du verbe « être », merci) ;

Tout comme, non, un chrétien ne peut pas « être communiste » (idem) ;

Car, tout simplement, il « est » chrétien.

Essentiel.

 

Je mets ce balancement de deux partis extrêmes en avant car c’est celui qui est beaucoup utilisé comme moyen de comparaison sur internet, comme s’il fallait absolument faire pencher la balance vers l’un ou l’autre bord et faire le jeu d’une absurde binarité qui n’a pas lieu d’être. En réalité, dans les deux cas, c’est la même chose qui est en jeu : le chrétien, parce qu’il est chrétien, ne peut chercher qu’à faire grandir l’homme, quel qu’il soit, dans toute son humanité. Donc :

Le chrétien ne peut pas aimer qu’on attaque la dignité humaine de quelqu’un parce qu’il est étranger, bref, dans son altérité ;

Le chrétien ne peut pas aimer qu’on attaque la dignité humaine dans son unicité et dans sa grandeur propre.

Il est bon de le dire et de se le redire, au-delà des querelles partisanes.

 

Mais alors… inviter une élue FN dans une université d’été catholique, quid ?

Il me semble que, dans tout cela, c’est au discernement individuel des motivations qu’il convient de laisser sa part.

 

S’il s’agit de faire le jeu des puissants et n’inviter que les élus de partis faisant de gros résultats, il semble dommage de laisser le plus grand parti de France, celui des abstentionnistes, ne pas être très largement représenté… plus sérieusement, c’est surtout avec tous qu’il convient de savoir dialoguer, y compris les petits partis. 

Si c’est pour flatter un penchant nauséabond que j’aurais au fond de moi, une accointance secrète, il me semble que c’est néfaste… est-ce que je serais capable d’avoir la même démarche avec quelqu’un d’un parti opposé ?

Si, au contraire, c’est pour dialoguer en vérité avec quelqu’un de différent, cela est vraiment très juste et très beau et je prie pour que les échanges se déroulent dans la paix.

 

Le discernement, c’est la seule vraie question à se poser dans cette affaire et il revient à chacun de se la poser plutôt que de chercher à « scruter les reins et les cœurs » des organisateurs à la place de Celui qui s’en charge :

Suis-je capable d’entrer en dialogue avec l’autre, même si ses pensées sont antipodes des miennes ?

Suis-je capable d’entrer en dialogue vrai avec l’autre : l’écouter et parler, sans jamais rien perdre de ma foi chrétienne ? C’est-à-dire suis-je capable d’oser placer notre échange sous le prisme de la confiance et de la Vérité ?

Vérité qui, pour nous, est une personne, le Christ : appel sempiternel à la conversion, au diaLogue, à Le laisser paraître et transparaître au travers de nos échanges.

 

Illustration : Jérome Bosch,  Ecce Homo

jeudi, août 13 2015

Ne soyons pas cloches

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Quelques mots alors que je me trouve présentement en train de marcher sur un tronçon de la via Francigena dans l'est de la France. 
 
J'ai pu entrapercevoir, depuis plusieurs jours, une belle initiative sur les réseaux sociaux : #ChristianBells 
 
Quid ? Sonner les cloches le 15 août, comme signe de soutien avec nos frères chrétiens d'Orient dont les conditions de vie sont chaque jour un peu plus difficiles. 
 
Quelle utilité dans les histoires politico-religieuses qui agitent le Moyen Orient ? 
Aucune... directement ! 
C'est dérisoire de sonner les cloches !
 
Mais quelle utilité a une cloche sinon celle de faire du bruit ? 
C'est justement ce qu'on leur demande : faire du bruit, qu'on parle de ces violences, de ces persécutions, qu'elles soient rappelées à nos cerveaux ayant trop tendance au zapping ! 
Mais quelle utilité a une cloche sinon d'appeler à la prière ? 
C'est justement aussi ce qu'on leur demande : appeler chacun à sa responsabilité ! À la prière d'abord, à l'action s'il peut faire plus ! 
 
Le 15 août, je cheminerai pour ma part sur une étape au départ de Besançon. 
Que les cloches sonnent pour #ChristianBells, pour l'Angelus ou pour les heures, je m'associerai humblement à l'initiative en priant un "je vous salue Marie" à l'intention des chrétiens d'Orient à chaque cloche entendue. 
 
Que sonnent les cloches, 
Que prient les hommes ! 

mardi, juin 2 2015

Pot(h)in

 

http://www.pravoslavie.ru/sas/image/pothin.jpg

 

Aujourd’hui, nous fêtons notamment saint Pothin ;

Mon esprit malicieux n’a pas pu s’empêcher de penser, au début de la messe :

ah ben, ça doit être le saint patron des pipelettes !

 

Puis, je me suis dit que, si Tertullien a raison avec « le sang des martyrs est semence de chrétiens »…

... finalement, c’était peut-être bien vrai :

Saint Pothin, ou comment clamer bien plus loin que lui-même !

 

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