Zabou the terrible

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Mot-clé - Adveniat regnum tuum

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mercredi, novembre 30 2016

Et si d'Avent(ure) priant(e)

Avent. 

Silence d’attente

Qui affute et apaise le cœur encombré,

Pour qu’il soit vif, aux aguets, tourné vers Toi.

 

Chaleur réconfortante,

De ce temps juste avec Toi :

A prendre pour moi

Comme à prendre pour tous ceux qui, dans le froid, ne le peuvent pas. 

Oraison et intercession. 

 

Silence d’écoute de Ta parole,

Silence qui s’allonge de la lectio,

Pour aimer et pour agir,

Un peu, ou moins mal,

Ici et dehors.

 

Silence de la prière,

A écouter ce silence intérieur et ce qui s’y murmure,

Silence de préparation,

Silence pour être agi(s) par Toi,

Silence de veille : 

Prière simple de l’Avent.

 

Et si les frimas n'étaient qu'une invitation à aller au plus intime de nous-mêmes ? 

Et si le froit de l'hiver s'installant n'était nullement une invitation à un repli mais plutôt à retrouver , après avoir servi nos frères, l'interior intimo meo, bref, Celui qui est plus intime à moi-même que moi-même ? 

Et si l'Avent était bien un moment privilégié où Tu nous glissais au coeur ces "je t'aime, tu sais" dont Tu as le secret ? 

 

mardi, novembre 29 2016

Marie l'attente les braises au coeur

En rentrant ce soir, j'ai installé rapidement les premiers santons de ma crèche : il s'agissait de poser en quelque sorte mon cadre de prière pour l'Avent. 

En attendant Jésus, j'aime bien mettre une petit bougie à Sa place : elle sera remplacée par le santon de Celui qui est Lumière et Vie. 

Petite veilleuse comme une flammèche de joie d'Avent, cette joie toute spéciale, cette joie un peu cachée, qui s'emmitoufle mais qui brûle fort au coeur et qui n'attend que notre disponibilité pour prendre feu ! 

 

Il y a déjà là Marie aussi, comme toute paisible en attendant l'Avènement.

J'aime la regarder, prier par son intercession ces jours-ci : elle est comme une invitation à préparer nos coeurs à accueillir, à prendre feu, à porter le feu hors de ce cadre, pour devenir lumière du monde... 

 

http://www.stephan-leitenberger.fr/Images/PAGES__SITE/94-Creches-de-Noel/118N.jpg

(Non, ce n'est pas ma crèche !)

samedi, novembre 26 2016

Entrée en Avent 2016

 

http://www.stephan-leitenberger.fr/Images/PAGES__SITE/02_Bougies_et_Bougeoirs/avent-rouge.jpg

 

On entend souvent que l’Avent, ce temps de préparation à Noël, est le temps de l’Espérance par excellence. On a envie d’y croire, de se rappeler encore et toujours de la petite fille Espérance de Péguy ou de cette bougie d’Espérance capable de rallumer toutes les autres… Surtout en ces jours où les nuits augmentent tant qu'elles semblent triompher sur le jour.  

 

Quand la nuit pèse encore sur la ville et qu’il est temps de partir travailler, j’ose, justement, espérer la lumière diurne que je vois poindre à l'horizon, comme un encouragement ! 

A toi que je ne connais qu'à peine et que j’ai croisée si triste hier, j’espère ta joie ;

A toi qui trembles de douleur dans ton lit d’hôpital, alité depuis des mois, j’espère ta santé, j’espère ta joie ;  

A toi qui multiplies les c****ries à l’école de plus en plus et qui refuses de les admettre, j’espère la révélation de ce « meilleur » en toi ;

A toi qui trembles devant la participation à un événement que tu ne veux pas voir, j’espère ta venue, j’espère ta joie ;

A toi qui sembles recevoir si durement les coups bas de la vie en ce moment, j'espère des jours meilleurs, j'espère ta joie ; 

A toi qui viens de perdre un proche, j’espère pour lui, j’espère pour toi... 

 

Quand nos nuits et toutes les nuits humaines de la souffrance, malheureusement si innombrables que cette litanie ne saurait les contenir, semblent si présentes, je T’espère Seigneur ! 

J’espère Ta venue comme une audace non triomphale mais fragile,

J’espère..

J'espère comme une simple prière, tendue vers Toi.

 

Dans quelques jours aussi, je m’engagerai pour toujours à la suite du Seigneur et, évidemment, cela marque mon Avent d’une tonalité spécifique.

Est-ce que j’espère ? Qu’est-ce que j’espère ?

Finalement, je ne le sais pas : ou plutôt si, je pressens un bonheur promis, dans l’audace libre d’un « oui » obtenu à l’aune d’un « je t’aime » susurré en mon cœur. Ce bonheur, je le désire, je l’espère !

Je ne sais pas non plus si ma vocation, si méconnue chez la plupart des chrétiens, est réellement « espérée », en dehors de mes amis et connaissances. Mais elle est le fruit, par la prière très certainement, de l’inattendu de Dieu qui, j’ose le croire, espérait mon oui, l’espère et l’attend. Il espère ma joie, mais surtout Il m’espère !  

 

C’est le plus beau tout ceci : non pas notre espérance humaine, mais celle de Dieu.

Dieu qui nous espère toujours, même dans et même après nos pires merdouilles, même dans nos pires nuits ;

Dieu qui nous espère toujours comme Il nous voit, comme Il nous aime.

Peut-être que l’Avent, c’est autant le temps d’apprentissage de l’Espérance que le temps d’apprentissage à être espéré :

Parce que, sous ce regard d’espérance, on a envie de grandir,

On a envie d’accueillir le Christ comme notre sauveur ! 

 

Fais paraître Ton jour et le temps de Ta grâce !

 

 

dimanche, janvier 3 2016

L’offrande, l’offertoire et l'épiphanie

 

http://servantsndbs.free.fr/lienssympasfichiers/image007.jpg

 

Quand les mages arrivent devant le Christ, ils lui offrent leurs présents.

On les connaît : l’or, l’encens et la myrrhe (non, rappelons qu’il ne s’agit pas d’une lessive ni de la station spatiale russe) ;

On connaît aussi plus ou moins leur symbolique ;

Et on connaît encore mieux les noms que la tradition a donnés à ces mages : Melchior, Gaspard et Balthazar.

On connaît aussi la tradition de la galette et…

 

Mais finalement, les mages de l’épiphanie, c’est un peu nous à la messe.

Nous sommes venus L’adorer !

Et, mieux encore, nous venons Le recevoir !

Mais nous sommes venus L’adorer… Et moi, mon présent, c’est quoi ?

 

Le problème avec Dieu, c’est qu’il n’y a certes guère autre chose à Lui offrir que des choses que Lui-même nous a déjà données :

Mais enfin, comment un père – et a fortiori un Père – ne serait-il pas fan même des petits cadeaux que son enfant lui fait ?

 

Si nous sommes comme les mages à la messe, l’offertoire, c’est un peu notre venue à la crèche à nous.

Si nous n’avons que des mains vides, peut-être pouvons-nous offrir, quand le prêtre présente le pain et le vin, tout ce qui fait et forge nos vies : de notre travail à notre famille, de nos joies à nos difficultés, de tout ce qui habite et demeure en nous,

Lui offrir un peu, voire beaucoup et si possible tout de notre vie, pour qu’Il l'emmène toujours plus en Lui.

 

mardi, décembre 22 2015

Que dirais-tu à la place ?

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« Joyeux Noël », qu’est-ce que je dis quand je dis cela ? Qu’est-ce que je dirais à la place ? Telle fut la question lancée aux paroissiens d’un ami prêtre en pleine préparation de son homélie de Noël. Et c'est une bonne méditation à faire dans ces derniers jours de préparation à cette belle et grande fête. 

 

J’ai durant longtemps assez peu aimé Noël : pour un enfant de divorcés, Noël, ce ne sont pas les doubles cadeaux qu’on nous envie qui comptent en premier, c’est avant tout un moment où la séparation apparaît plus forte que tout et le seul cadeau qu’on aimerait, l’union, on sait qu’on ne l’aura pas. J’en garde encore sans doute la trace à préférer Pâques à Noël. Je n’aimais pas vraiment dire « joyeux Noël ». Ce n’était pas juste.

 

En grandissant, j’ai découvert le sens plus spirituel de Noël : « joyeux Noël », c’est devenu « il y a une bonne nouvelle pour toi, pour moi : un sauveur est né ». C’est devenu un moment de joie… peu reçu dans mon entourage pas franchement croyant : on trouvait même parfois que je faisais du mauvais esprit à insister sur le côté religieux de Noël alors que le sens, ça devait être « la famille ». Je me suis tue, longuement, et j’ai profité des messes pour tenter de saisir cette joie du Seigneur. Je crois que mes « joyeux Noël » n’étaient surtout justes de sens que pour mes frères croyants. Ce n’était pas juste non plus.

 

Et puis il y eut la découverte de la messe de l’Aurore, moi qui préférais avant la messe de la nuit : ça a été une vraie révélation. La simplicité de cette messe m’a fait me sentir contemporaine de l’adoration des bergers, m’a fait découvrir un Dieu qui se faisait pauvre parmi les pauvres. Je crois que toute la justesse de Noël est là : Il vient habiter nos pauvretés. Il est cette joie simple qui se révèle aux cœurs non encombrés d’eux-mêmes. Il est cette aurore qui nous fait pressentir que ce jour qui naît avec Lui est neuf : jamais plus, nous ne serons seuls. Dieu est là.

 

Je sais qu’à Noël, beaucoup de gens viennent à la messe sans croire et ma famille m’a rendue sensible à cette réalité. Mais, avec le recul, je sais qu’ils viennent tous avec au cœur une envie de croire à une certaine « magie de Noël » qui prend les noms de paix et de monde meilleur. Je ne sais pas si mes « joyeux Noël » d’aujourd’hui sont plus justes que ceux d’hier mais je crois que ce que je mets derrière, c’est désormais une phrase illuminée par l’expérience de la messe de l’Aurore : « que, là où tu en es, la joie de Dieu, la plus belle des richesses, scintille et rayonne à travers toutes tes pauvretés ; qu’Il te donne Sa joie ».

 

jeudi, décembre 18 2014

L'Avent presque malgré moi


C'est drôle, j'ai eu l'impression de vivre un Avent TGV : course, course, course... Sur tous les fronts, sur tous les plans. 

Dur de laisser libre le temps pour Lui, partant dur de laisser se creuser le désir de Sa venue alors même que je trouve si juste cette hymne que propose la liturgie des heures pour l'Avent "voici le temps du long désir". 


Voici le temps du long désir 
Où l'homme apprend son indigence
Chemin creusé pour accueillir
Celui qui vient combler les pauvres. 


Parce que, restant riche de trop de choses, je ne sais être pauvre qu'en temps ? 

Te le laisser, te le donner ce temps, 

Même petit, même infime, 

Même volé, même lutté, 

Te le laisser emplir d'éternité, 

Flammèches d'étincelles, 

Susceptibles d'allumer le reste en Toi. 



Flammèches d'étincelles, oui, 

Et, alors qu'on pensait avoir raté notre Avent en arrivant à la semaine préparatoire à Noël, celle qui se chante en Ô, 

On s'aperçoit d'une profondeur insoupçonnée en soi, 

D'un désir de Dieu qui a appris à se laisser creuser dans les trous d'emploi du temps laissés, donnés, 

Temps offert à Ton action où, justement, en envers, Tu laisses paraître notre pauvreté - que cela à Te donner ? - 

Où Tu creuses ce que nous T'offrons, 

Pauvres riens ou maladroits instruments, pour créer en nous un espace libre pour T'accueillir : 

Il est petit, mais il est à Toi, 

Creuse-le encore et viens Seigneur Jésus ! 

vitrail de Taizé

samedi, août 30 2014

Août Secours Alimentaire : un témoignage parmi d’autres

A la demande d'une des responsables de l'antenne de Colombes, j'ai rédigé un (tout) petit témoignage sur Août Secours Alimentaire, cette formidable association que j'aide quelques heures (trop peu, hélas) chaque année. Je le partage ici : puisse-t-il susciter des vocations de bénévoles et des initiatives du même acabit "parce que la faim ne prend pas de vacances" ! :) 

 

 

 

Il est 16h : des tas de nourriture ont été placés sur les tables et, autour, les uns et les autres commencent à s’affairer mais, dans cette fourmilière-là, on n’oublie jamais de se saluer, avec un grand sourire : car c’est d’humain et d’humanité qu’il s’agit ici. Certains sont derrière les tables et distribuent les produits pour constituer les sacs, tandis que d’autres les portent : il s’agit des colis repas qui seront distribués à partir de 18h à ces familles, à ces personnes seules, démunies, dont Août Secours Alimentaire est la seule ressource au mois d’août.

 

Voilà quelques années que, lors de mes passages en région parisienne au cours des vacances, je viens ici comme bénévole. J’ai toujours été marquée par le fait qu’ici rien n’était hiérarchique tout le monde sert à sa mesure, selon qui il est, selon ses possibilités et ses impossibilités : chacun est important dans la construction de l’édifice et c’est dans cette cohésion que naît un ciment qui tient bon.

 

Un édifice pour moi bâti sur le roc du Christ, dans la diversité des croyances des accueillants comme des accueillis mais j’aime ce petit moment où, avant d’ouvrir la distribution de ces repas, on nous lit une pensée de Sr Rosalie Rendu à qui est confié le projet. Il s’agit d’humains, il s’agit du Christ qui vient à notre rencontre en eux.

 

Souvent, pour ma part, je porte les colis, tâche assez mécanique, mais, toujours, il y a un bonjour avec ces personnes ou, en cas d’incompréhension de nos langues, il y a un échange de sourires. Et ça, ça me semble tout aussi important que la nourriture qui est donnée. Je ne connais pas l’histoire de ces personnes en face de moi mais je sais que, pour la plupart, elles vivent des histoires compliquées, lourdes. Leur tendre juste de la nourriture n’aurait pas de sens si nous ne pouvions, avec elles, partager quelque chose de nos vies. J’aime penser qu’Août Secours Alimentaire, c’est un peu comme une pastorale du sourire parce qu’on y parle, parce qu’on y vit une expérience d’humanité, de vie, profonde, simple et vraie.

 

jeudi, mai 29 2014

Ascension (et le reste)

 

Douleur d’une disparition sensible,

Arrachement des entrailles quand il va partir,

Celui qui vous a annoncé la Vie.

 

Tristesse d’un cœur chaviré à cette idée,

Et pourtant, promesse du Seigneur :

« Je ne vous laisserai pas orphelins ».

 

Même dans le malheur, choisir d’être disciples,

Ne plus regarder vers ce qui ne sera bientôt plus

Mais rester tout l’être tourné vers cette grande aspiration au Ciel ;

 

Pour écouter la Parole résonner dans le silence,

Pour recevoir l’Esprit Saint venant au secours de notre faiblesse,

Pour entendre l’Invisible te murmurer : « allez »,

Pour se laisser, même là, envoyer.

 

mardi, décembre 24 2013

Hier, chaque jour, demain, à la fin des temps


Seigneur, donne-nous, en ce jour où nous allons rappeler et célébrer Ta naissance en notre chair, de ne pas faire de Ta Nativité un simple chapitre de notre existence ou un événement passé, 

Mais donne-nous l'attention du coeur pour faire place nette en nous, 

Pour T'accueillir, 

Pour venir et rester, à genoux réellement ou spirituellement, T'adorer

samedi, décembre 21 2013

Petite liturgie des jours

 

Cette serrure qui, toujours, s’enclenche mal, si on ne fait pas légèrement sauter la porte ;

Ce trou dans la chaussée qui, tous les matins, crée une vibration telle dans la voiture que cela déclenche les essuie-glaces ;

Cette pudique mais franche poignée de mains, le regard clair, qui dit plus que bonjour ;

Ce bonjour lancé à la cantonade tous les jours en arrivant mais qui nécessite de regarder chacun pour dire vrai ;

Ces deux mains levées, posées sur ma tête baissée pour me donner le pardon du Seigneur ;

Cette page qui se tourne, doucement, mon pouce déjà posé sur mes lèvres pour qu’elles (pro)clament le Seigneur.

Et tant d’autres…

 

Tous ces gestes infimes, inscrits dans les livres ou non qui deviennent nos rites,

Mais rites, mais gestes, jamais routine,

Gestes qui demandent l’attention pleine et entière ;

Parce qu’ils encrent l’existence de leur rythme,

Tempo régulier, sans éclats et sans trompettes,

Gestes du quotidien, glorieux ou miséreux,

Qui se veulent tant Annonciation que Visitation,

Pour battre la mesure de la vie à Son rythme, celui d’un cœur sans arythmie, 

Pour nous préparer à chaque pas à nous accorder à Lui,

Dans sa venue de chaque jour vers Sa Venue, pour qu’elle soit Rencontre face-à-face d’un accord éternel.

 

 

mardi, décembre 10 2013

Continuité et nouveauté - méditation 2ème mardi de l'Avent

"Beauté si ancienne et si nouvelle"… 

Puissant car humble ! :-) 


"Cependant, nous devons voir la différence entre l'annonce de la naissance du Baptiste à Zacharie et l'annonce de la naissance de Jésus à Marie. 


Zacharie, le père du Baptiste, est prêtre et il reçoit le message dans le Temple, durant sa liturgie. 


La provenance de Marie n'est pas mentionnée. L'ange Gabriel est envoyé par Dieu. Il entre dans sa maison à Nazareth - dans une ville inconnue des Saintes Ecritures ; dans une maison que nous devons certainement imaginer très humble et très simple. 


Le contraste entre les deux scènes ne pourrait pas être plus grand : d'une part, le prêtre, le Temple, la liturgie, de l'autre une jeune femme inconnue, une petite ville inconnue, une maison privée inconnue. Le signe de la Nouvelle Alliance est l'humilité, le fait d'être caché : le signe de la graine de moutarde. Le Fils de Dieu vient dans l'humilité. Les deux choses vont ensemble : la profonde continuité dans l'histoire de l'action de Dieu et la nouveauté de la graine de moutarde cachée." 


Joseph Ratzinger, L'Enfance de Jésus, p. 38-39



Comme en écho : 


Contemplation de ces deux gravures si parlantes de Gustave Doré (enfin, l'origine de la première est incertaine), intéressant graveur du XIXème s., sur ces deux événements.... pour vivre pleinement de ces deux versants ! 


Annonce de la naissance de St Jean-Baptiste à Zacharie 


L'Annonciation



… Et pour en voir plus, la Bible illustrée par Gustave Doré, c'est par là : La Bible illustrée


samedi, décembre 7 2013

Le découvrir - Méditation (avec l'Enfance de Jésus) 1er samedi de l'Avent

Normal, Jésus ? Oui mais pas seulement du tout… :-) 


"Dans le récit de la naissance qui suit, Matthieu nous dit que Joseph n'était pas le père de Jésus et que celui-ci entendant répudier Marie en secret à cause de l'adultère présumé. C'est alors que lui fut dit : "Ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint" (Mt 1, 20). Ainsi, la dernière phrase donne une nouvelle formulation de toute la généalogie. Marie est un nouveau commencement. Son enfant ne vient d'aucun homme mais il est une nouvelle création, il a été conçu par l'opération du Saint Esprit. 



La généalogie demeure importante : Joseph est juridiquement le père de Jésus. Par son intermédiaire, il appartient selon la Loi, "légalement", à la tribu de David. Cependant, il vient d'ailleurs, "d'en haut" - de Dieu lui-même. Le mystère du "d'où vient-il", de la double origine, nous est proposé sur un mode très concret : son origine peut être établie et pourtant elle est un mystère. Seul Dieu est au sens propre son "Père". La généalogie des hommes a son importance par rapport à l'histoire du monde. Et malgré cela, à la fin, il y a Marie, l'humble Vierge de Nazareth, celle en qui arrive un nouveau commencement, celle en qui recommence de façon nouvelle le fait d'être une personne humaine. " 



Joseph Ratzinger, L'Enfance de Jésus, p.18-19



Comme en écho, cette fois, deux Pensées de Pascal : 


  • "Jésus Christ que les deux Testaments regardent, l'Ancien comme son attente, le Nouveau comme son modèle, tous deux comme leur centre." 
  • " Au lieu de vous plaindre que Dieu s'est caché, vous lui rendrez grâces de ce qu'il s'est tant découvert" 

Priorité piétons




Par certains côtés, l'Avent, c'est un peu comme cette place vue non loin de mon collège ; 

Une place particulièrement libre, particulièrement dédiée à la Grâce de Dieu, oui, 

Et une place où l'on ne peut rouler à fond en voiture 

Car la place de la grâce doit d'abord faire son chemin en nous

Parce qu'elle n'est pas confortable et ne fait pas son chemin sans anicroche ; 

Parce qu'elle vient épouser notre humanité

Et que l'Amour, ça se laisse simplement le temps. 


La grâce ne fait pas des super-héros et ne les recherche d'ailleurs pas ; 

La grâce laisse la priorité à ceux qui marchent doucement, qui risquent de se faire écraser par les poids lourds de l'existence, à ceux qui n'ont pas forcément leur place ailleurs mais qui veulent tout de même aller là où ils sont attendus ;  

La grâce fait joyeusement des saints de ceux qui ont accepté de marcher à Son pas. 


En avent, la priorité est aux piétons voulant apprendre à marcher Son rythme pour emboîter Son pas, 

Son pas qui commencera par être celui si hésitant, si trébuchant et finalement aussi si rassurant d'un petit enfant.  


lundi, décembre 2 2013

D'où ? - Méditation 1er lundi de l'Avent

Mon blogue a encore connu quelques soucis techniques... Donc, daté de son jour initial de parution, voici la méditation prévue de lundi dernier.  


"D'où vient-Il ?" ou avant de le chercher ailleurs, dans un extraordinaire inhumain… Ecce homo


"On sait justement très bien qui est Jésus et d'où il vient - un homme parmi d'autres. Un homme comme nous. Sa prétention ne peut être que présomption. Puis on ajoute le fait que Nazareth n'était pas un lieu pour lequel il existait une promesse de ce genre. Jean raconte que Philippe dit à Nathanaël : "Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l'avons trouvé ! C'est Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth." La réponse de Nathanaël est bien connue : "De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ?" (Jn I, 45 sq). 

La normalité de Jésus, l'ouvrier de la province, ne semble celer aucun mystère. Sa provenance le révèle comme un homme égal à tous les autres." 


Joseph Ratzinger, L'Enfance de Jésus, p.13


Et comme en écho, ce clip de Glorious plein de tendresse sorti la semaine dernière… 



samedi, octobre 19 2013

Durant une semaine mais pour que ce soit pour la vie


"Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de coeur" (Matt. 11, 29) 


mercredi, septembre 11 2013

C’était un 7 septembre

Que sont-ils venus voir ? 

Rien ou presque rien 

Il faisait sombre et, au fond, il y avait cette lumière

Et, surtout, ce petit bout de pain. 


À l’heure où les armes veulent parler, 

À l’heure où l’enjeu économique tue l’humain, 

À l’heure où l’on s’empresse d’afficher des chartes au lieu de, simplement, aimer. 


Comme tant d’autres à travers le monde, 

Samedi soir, pour quelques minutes, 

Je me suis agenouillée, j’ai prié. 


J’ai prié pour cette paix au loin, 

J’ai prié pour cette paix tout proche :  

J’ai pensé à ce que j’avais vu, déjà, en trois jours dans mon collège de pauvreté, de violences, de manques d’amour : pour eux aussi, parce que c’est urgent, j’ai prié ; 

J’ai demandé pardon pour toutes les fois où moi non plus je ne suis pas ferment d’unité. 


Parce qu’on a beau faire, 

Mes mains, tes mains, 

Ton cœur, mon cœur, 

Et même toute la bonne volonté conjuguée 

N’y suffisent pas, à la paix. 


À l’heure où l’urgence est de l’apprendre, la paix

De faire la paix en soi, autour de soi 

De prier pour celle qui est au loin, 

Il y avait et il y a une heure à prendre devant Lui, 

Pour qu’Il nous la donne et nous aide à la faire :  

Et c’est pour cela que tous ceux-là étaient là. 


Parce qu’il n’y a que la faiblesse de l’Amour pour changer le monde, 

Et qu’ils ont la faiblesse eux de croire, que nous avons cette force de croire, qu’elle est dans ce morceau de pain. 



lundi, juin 17 2013

Tartagueule à la récré

 

C’est vrai qu’on qualifie parfois/trop souvent/de temps à autre les personnes sur leurs noms de famille, sur leurs visages, sur leur manière d’être… avant même de les connaître un peu. On appelle cela « préjugés », parfois cela devient même du « racisme » qui existe sous tant de différentes sortes.

 

Lui, ce collègue, ça planait dans l’air depuis un bon petit bout de temps,

Les boutades, les questions, les répliques à l’ironie de plus en plus cinglante sur mon nom de famille, ma « grande famille », ma « noblesse » dont il semblait visiblement mieux connaître la réalité (!!!) que moi-même : idées reçues, parfois un peu blessantes, je l’avoue, mais enfin qu’importe.

Et là, j’annonçais que je ne prendrai pas de permanence samedi matin au lycée car j’allais à une ordination. Réaction des autres : « wahou, ça c’est rare ! » Et lui :

- Oh, ça doit être fréquent chez toi.

- ???

- Non, mais je veux dire dans ta famille, ça doit être fréquent.

- Euh, non, je n’ai pas de prêtre dans ma famille <ndlr : j’aurais pu préciser que j’avais une grand-tante religieuse, certes >, là, c’est une personne que je connais moi, et ça reste toujours extraordinaire une ordination !

- Nan, mais ce que je veux dire, c’est que dans les familles comme la tienne. Ben, ça va toujours avec la religion. Le roi et la religion !

- Euh alors, pour parler clairement, je suis croyante mais mes parents ne le sont pas.

- Tes parents, ils vont forcément à la messe pour se faire voir, parce que ça se fait c’est toujours le cas dans les grandes familles comme la tienne !

 

Là, un collègue d’intervenir : « elle t’a dit que non ! Les gens ils s’embêtent rarement à aller à la messe quand ils ne croient pas… »

Le collègue de reprendre :  « Je te dis que c’est le cas dans les familles comme ça ! »

Moi de lui dire doucement : « non. Mes parents n’y vont pas… et personnellement, je ne vois pas pourquoi je m’embêterais à me lever si tôt le dimanche si je ne croyais pas ! »

 

Bon, on s’en moque de cette histoire mais cela montre – car ce collègue, ça pourrait être aussi moi devant d’autres situations ! - combien nous sommes pris dans nos vues d’avant, dans ce jugement a priori qui n’est pas le Sien parce qu’il n’est pas Amour : il est enfermement et non pas libération.

 

Le regard chrétien, c’est celui qui ne s’embarrasse pas de préjugés,

C’est celui qui cherche l’Autre en l’autre et qui le voit, déjà, malgré tous ses « non » qui cachent parfois Son Nom,

Conversion du préjugé, prêt-à-penser du cœur, à l’accueil, don donné. 

 

vendredi, mars 22 2013

En joyeux compagnons

 

 

 

Larges sourires à s’apercevoir,

Joie de se saluer,  chaleureusement.

 

Paroles murmurées,

Paroles affirmées,

Paroles échangées.

 

Traces de vie,

Traces de Toi,

Sur les cimes et dans les creux

Du quotidien relu, narré, prié.

 

Mots cherchant à Te connaître :

Questions bafouillées,

Coups de gueule et coups de cœur,

Liberté totale de parole,

Et de ton, et de sujets ;

Liberté totale d’écoute.

 

Mots cherchant ensemble le Verbe,

Dans le dia-Logos,

Et ces silences si denses en guise de ponctuation,

Qui T’écoutent et Te disent en même temps.

 

Mots cherchant à Te vivre :

Pardon demandé au détour d’un rdv,

Pardon donné, tête inclinée,

Pardon reçu, toujours si bouleversant de gratuité.

 

Mots cherchant à Te dire :

Quatre mains tendues humblement ensemble le temps d’un Notre Père

Pour redire ensemble leur Essentiel,

Et ce même lien filial qui les unit avant tout.

 

Béni sois-Tu Seigneur,

Pour le don de l’accompagnement spirituel,

Pour sa justesse, pour sa délicatesse,

Pour cette aide qui nous aide tant à marcher,

Un peu moins bancalement, vers Toi,

Et qui nous redit comment Toi, joyeux compagnon des routes de nos jours comme de nos nuits, Tu marches sans cesse avec nous.  

 

jeudi, décembre 20 2012

Quand je ne T'attends pas

L'Avent, on l'appelle souvent temps du désir, temps de l'attente... 


Temps dans lequel je peine bien souvent à entrer parce qu'il tombe toujours à la mauvaise période de l'année : vous me direz que je n'ai même pas l'excuse de la surprise ! 

Mais vous ne trouvez pas, vous, qu'il est difficile de L'attendre ? 

Par ces jours où je compte trop sur moi, où "j'oublie" que Tu es là, où je ne te laisse pas Ta place, 
Je ne T'attends pas. 

Par ces jours trop pleins où ma prière se réduit peau de chagrin a minima, 
Je ne T'attends pas. 


Par ces rencontres où je ne Te cherche pas dans l'autre, où je réponds seulement avec mes tripes sans jamais un regard vers l'âme, sans un regard de bienveillance puisé en Toi, 
Je ne T'attends pas. 

Par ces regards fatigués qui s'habituent au lieu de s'émerveiller, 
Je ne T'attends pas. 

Mais Toi, Tu m'attends toujours,
Tu es Dieu patient, Dieu désirant même quand nous ne te laissons pas de place, ou la place la plus minime de notre vie, à l'écart de nos activités. 


Et quand enfin nous rentrons chez nous, c'est-à-dire en Toi, s'ouvre alors pleinement l'espace du désir de Dieu dans lequel s'inscrit l'homme, du désir de Dieu inscrit en l'homme ; 
La Lumière vient alors sur la terre, 
Éclat d'une Rencontre, 
Éclat d'un Noël qui, déjà, s'avance.