Zabou the terrible

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Mot-clé - Au temps du confinement

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samedi, avril 4 2020

Semaine Sainte de denuément

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Si les circonstances mondiales font que tout est différent, il faut bien dire que liturgiquement, tout semble également l’être et qu’il est bien étrange d’entrer ainsi dans la Semaine Sainte. 

 

            Ayant grandi en servant la messe durant de nombreuses années, j’ai acquis une sensibilité forte à la liturgie de cette Semaine que j’aime entre toutes : les jours et les célébrations qui se succèdent ont eu pour moi une réelle valeur pédagogique ajoutée au spirituel. Et que dire de cette nuit d’ivresse liturgique qu’est la Vigile Pascale, où chaque temps se laisse savourer pour entrer par tous nos sens dans la joie de la Résurrection ? 

 

Et là, cette année, ce sera une Semaine Sainte dépouillée de tous nos oripeaux, même chargés de sens et de foi ; 

Ce sera une Semaine Sainte où le faste n’aura pas d’éclat extérieur mais devra revêtir le plus profond de nos cœurs ; 

Ce sera une Semaine Sainte pauvre en apparence, dont les célébrations se réduiront à l’essentiel, simplement ; 

Essentiel auquel nous aurons à nous attacher de manière plus rugueuse mais pourtant bien vraie.

Comme un appel à entrer dans l’Essentiel d’un Mystère qui se vit, 

Comme un appel à entrer dans le Mystère d’un Dieu qui se donne pour nous donner la Vie. 

 

Belle entrée dans la Semaine Sainte à chacun, vers Pâques ! 

Du Carême imaginaire au carême réel, vers la Semaine Sainte

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            Je vois encore tous ces chrétiens, le mercredi des Cendres, sur les starting-blocks, prêts à prendre le départ du Carême. Certains avec des grands objectifs, d’autres avec des plus modestes mais tous disposés à saisir ce temps opportun pour se rapprocher, un peu mieux, du Seigneur, même au sein des cahots de la vie. 

 

Comme chaque année, le temps vient éprouver les décisions du premier jour mais, ce qui compte, c’est de vivre tout de même cette fidélité, non pas tant dans une rigidité à faire mal, mais bien dans celle de ce mouvement de conversion qui nous pousse à avancer, chaque jour un peu mieux. 

 

            Et puis est venu ce drame de notre humanité : une pandémie mondiale. De l’incertitude, de l’angoisse suivies d’un confinement, et tout s’est trouvé brouillé soudain : plus les mêmes repères du quotidien. Comment poursuivre le Carême dans ces conditions ? 

 

            Il y a ce malade, professionnel habituellement suractif, qui s’est retrouvé à vivre un Carême qu’il n’avait pas choisi, souffrant, alité : ne pouvant plus être actif, même guéri, simplement malade confiné, devant consentir à cette forme de passivité. 

            Il y a cette famille vivant dans un espace trop resserré, devant se découvrir autrement, inventer une manière d’être ensemble tout en cherchant un semblant d’intimité, en apprenant à se dire encore plus « pardon ». 

            Il y a cette famille débordée par le télétravail, l’école des enfants… plus un moment à soi. La prière devient comme un instant dérobé aux flots tempétueux du quotidien. 

            Il y a ces familles éprouvées par l’hospitalisation ou le décès d’un proche, qui souffrent de ne pouvoir l’accompagner, qui vivent l’angoisse et la souffrance, sans avoir le réconfort de la partager autrement que par des écrans, et encore.

            Il y a ces personnes âgées isolées qui crèvent de leur solitude, sans personne pour les serrer dans leurs bras, pour leur dire combien ils sont précieux et aimés, malgré leur grand âge. 

            Il y a chacun de nous, vivant tant bien que mal ce temps, même dans une recherche de garder le rythme le plus ordinaire qui soit… mais cela ne saurait faire illusion. Tout a changé. 

 

Tous, nous avons vécu un carême différent et il est sans doute temps de mesurer l’écart entre notre carême décidé et résolu, devenu imaginaire, et notre carême accueilli et consenti devenu le réel, celui  du quotidien. 

Il n’est pas certain que cela soit au détriment de notre relation à Dieu, bien au contraire : sans doute celle-ci s’ajuste-t-elle différemment, au gré de jours que nous n’avons pas choisi de vivre. 

 

Mais tous, nous allons désormais entrer dans la belle et grande Semaine Sainte avec tout cela : pour exposer toute notre vie, ce qui la constitue de grand et de misères à l’amour sans limite de notre Seigneur. 

 

lundi, mars 30 2020

Invitation à Le chercher

 

Autour de lui, des accusations fusaient de toutes part, 

On peut imaginer les cris de ceux qui vitupéraient : « coupable ! » « Terrible personne ! » 

Prompts à accuser, moins rapides à se regarder en vérité.  

« Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. » 

 

J’imagine Jésus ainsi dans les accusations stériles qui fleurissent en ce temps de crise,

Jésus écrivant sur la terre, le Verbe de Dieu parcourant la terre : 

Invitation à Le chercher dans les jours qui sont les nôtres, 

Dans ces signes ténus, cachés dans l’épaisseur des jours, qui disent Sa présence. 

 

Sur l’évangile du lundi V-A de Carême (la femme adultère)

 

jeudi, mars 26 2020

Signe de(s) croix

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C’est la première chose que je fais le matin, 

Et ce sont toujours les mêmes gestes, lents et posés : en haut, en bas, à gauche et à droite. 

La priorité matinale qui m’englobe physiquement de cette présence du Christ : 

Le temps et l’espace, aussi, que je trace sur ma vie et sur le monde. 

Si un signe de croix est toujours acte de foi, il prend une gravité particulière dans le contexte qui est le nôtre : il me rappelle tous mes frères et sœurs qui vivent actuellement des croix, chaque jour plus nombreux. 

Alors, chaque matin, je pose encore plus résolument ce geste ténu, en apparence si anodin, pour affirmer que j’ai confiance en une chose : derrière cette croix, la résurrection viendra. 

 

 

samedi, mars 21 2020

Mots d’espérance même si c’est de nuit

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            Je ne sais pas vous, mais moi j’aime bien prier la nuit : plutôt le soir – n’étant pas du matin ! – ou même l’hiver, les laudes, quand le jour peine à se lever. La prière nocturne a une saveur d’intimité, une profondeur de réalité : quand tout est sombre, il s’agit de tourner notre cœur vers Celui qui est le soleil levant. 

 

            J’aime alors le silence qui règne et, parfois, je murmure les mots que je dis à Dieu : mots doux ou mots rugueux des intentions parfois lourdes, le tout à déposer devant Lui, dans la foi, l’espérance et la charité. 

 

            Ce murmure priant, intime, c’est celui qui se généralise aujourd’hui en temps de confinement : le silence règne et la nuit est là même de jour pour nombre de nos frères et sœurs, la nuit est là pour l’humanité. 

 

            Chacune de nos prières devient alors murmure d’espérance. Comme dans l’évangile du jour, un simple murmure de Celui qui se sait se reconnaît pécheur mais qui veut porter le monde dans une prière d’espérance, pauvre attendant tout du Seigneur, même si c’est de nuit.