Zabou the terrible

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jeudi, mai 7 2015

Enseigner en ZEP ? « Va dans le pays que je te montrerai »

 

http://www.herodote.net/Images/AbrahamMambre.jpg

 

J’apprécie vraiment de faire la séquence sur la Bible en 6ème : non pas parce que, comme chrétienne, cela me donnerait moins de travail et que comme tout prof qui se respecte, je serais un peu feignasse mais parce que, outre parler d’un thème que j’aime et que je connais bien, cela confronte toujours à de vraies bonnes questions bien pertinentes dans le « choc » que cela peut représenter pour nos élèves.

 

Pour la deuxième année consécutive, j’avais prévu un petit tour par l’étude de l’appel d’Abraham.

 

Cela permet assez facilement de parler des patriarches, des grandes religions monothéistes et de leur vocabulaire respectif, de faire un rappel de conjugaison sur l’impératif et… de parler de circoncision comme point commun souvent inattendu par les élèves entre Juifs et Musulmans !

 

Ce cours-là, c’était ce matin. Et là… 

- Madame, moi j’pense que vous êtes chrétienne alors comment vous savez pour la circoncision pour les Musulmans et pour les Juifs ?

- Eh bien, simplement parce que c’est de la culture ?

 

Au-delà de la question et de la réponse souriantes, quelque chose d’essentiel s’était joué là : la découverte de la culture comme possible pont de rencontre ;

Quelque chose de laïc, profondément,

Quelque chose d’humain, assurément,

Quelque chose d’un mini-pas de lutte contre l’ignorance « mère de tous les maux »,

Quelque chose d’un grand sourire à saveur de promesse dans mon cœur, amoureusement chrétien.

 

samedi, décembre 20 2014

Prier les psaumes avec, dans les jours comme dans les nuits

"Un des effets de la priere des psaumes, c'est que même le cri de la solitude n'est plus solitaire, puisqu'il fond beaucoup de cris en un seul qui se répète. Pousser ce cri avec notre souffle, dans notre isolement, ou le pousser avec notre compagnon le psalmiste, ce n'est pas la même chose !" 

in Paul Beauchamp, Psaumes nuit et jour, éd. Seuil, p. 16 

mardi, décembre 16 2014

Abyssus Deum invocat

 

Il est des jours où, soudain, nous percevons combien l’Évangile est fait pour être pris au sérieux,

Où nous distinguons la profondeur de ces mots qui engagent,

Où nous savons qu’il est impossible de le lire plus longtemps en restant en surface.

 

Il est des jours où, soudain, nous sommes pris de vertige face à l’exigence de l’Évangile, face à sa loi implacable : l’Amour ;

Où nous saisissons l’abime qui existe entre l’Évangile et nos actes,

Où nous nous sentons petits, moches, pécheurs.

 

Il est des jours où, soudain, sans que nous sachions pourquoi, l’Évangile fait entendre la puissance de Sa Parole et nous fait ressentir tout cela :

Clarté dans et sur nos ténèbres,

Inconfort de la vérité sur notre vie,

Taille de ce qui ne va pas : mauvaises herbes et surgeons inutiles.

 

Mais, alors même que la Parole burine le côté disgracieux,

Elle révèle, ranime et ravive à l’intérieur tout le gracieux :

D’une main tendue qui est là, du cœur patient qui toujours nous attend ;

Présence intime venant combler l’abime étendu de notre misère,

Appel à oser y avancer d’un pas ferme pour le combler,

Car tu n’y tomberas pas.

  

jeudi, août 28 2014

S’Il te donne la grâce de Le rencontrer, sois son prophète par ta vie, sans crainte !

 

Regarder dès à présent sur la suggestion du futur prédicateur la 1ère lecture de dimanche prochain sur aelf.org ;

Et voir ce sous-titre donné à la lecture : « Le prophète doit souffrir pour son Dieu » peu engageant au prime abord ;

Et lire, et finalement sourire : c’est d’un texte particulièrement aimé qu’il s’agit là !

 

Un texte qui ne présente pas la vie en rose, certes, qui parle de « raillerie », d’« injure » même et de la violence dont le prophète doit faire preuve pour parler en Son nom.

Mais ce texte, il dit l’essentiel, il dit la vérité d’un feu brûlant, d’une séduction qui n’est pas captatrice : alors, en réalité, ce n’est pas de « séduction » dont il s’agit mais d’amour.

La séduction, ça rime avec tentation : avec Sa grâce, on peut y résister ;

La seule « séduction » que puisse faire le Seigneur, elle a nom Amour : et on ne peut que s’y sentir enflammé, brûlé sans que cela s’éteigne, à tel point de ne pouvoir résister.

Oh, on pourrait, bien sûr, c’est la liberté… mais qui a envie de dire non à l’amour ?

 

J’entends en écho St Augustin que nous fêtons ce jour :

Je t'ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t'ai aimée bien tard ! Mais voilà : tu étais au-dedans de moi quand j'étais au-dehors, et c'est dehors que je te cherchais ; dans ma laideur, je me précipitais sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n'étais pas avec toi. Elles me retenaient loin de toi, ces choses qui n'existeraient pas si elles n'existaient en toi. Tu m'as appelé, tu as crié, tu as vaincu ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi, et tu as dissipé mon aveuglement ; tu as répandu ton parfum, je l'ai respiré et je soupire maintenant pour toi ; je t'ai goûtée, et j'ai faim et soif de toi ; tu m'as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix qui est en toi.

 

Et ces paroles de Jérémie, donc, si souvent lues, entendues, écoutées, méditées :

« Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » Mais il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je m'épuisais à le maîtriser, sans y réussir. »

 

Je les aime ces paroles, parce que, souvent, ces paroles, comme Jérémie, je me les suis dites : il y a des jours où, sachant l’antagonisme rencontré ici ou encore là, je n’ai pas envie de parler de Lui, je n’ai pas envie de vivre de Lui…

Il y a des jours, oui, trop nombreux ces jours, où j’ai peur…

Mais qui ne saurait vivre quand l’amour l’anime ? L’anime au sens étymologique du terme : quand l’amour fait vivre son âme et, donc, alimente sa vie ? 

 

J’entends encore en écho Isaïe dans le chant du Serviteur souffrant « j’ai rendu mon visage dur comme pierre » mais… mais la raillerie le transperce, même si nous sommes sûrs de ne « pas être confondus ». 

Parce que Le rencontrer, c’est apprendre à aimer ;

Parce que Le rencontrer, c’est devenir plus vulnérable : comment aimer si l’on n’a pas abaissé ses barrières, si l’on ne choisit pas de devenir chaque jour plus « désarmé » ?

On ne peut aimer, barricadé derrière des protections : pas d’amour vrai sans risque.

Un disciple n’est pas plus grand que son maître : et Lui, Il est mort sur la croix ;

Oui, le prophète – c’est-à-dire nous aussi par notre baptême – devra souffrir pour son Dieu, le sous-titre donné par le site a raison…

Mais est-ce vraiment l’essentiel à titrer ?

 

En nous laissant rencontrer par Lui, il y aura toujours ce feu brûlant

Ce feu d’un « je t’aime » qui parle au plus profond de ton cœur ;

Ce feu d’un Dieu qui change ta vie, en profondeur,  

Ce feu qui déborde car tu ne saurais le maîtriser,

Ce feu qui te donne l’envie, que dis-je, le désir d’en faire un titre de ta vie, un « Il t’aime, tu sais ? » à la face du monde,

Qui que tu sois, quoi que tu fasses, où que tu sois,

Car, ô enflammé par Lui, tu sais qu’Il est avec toi.

 

 

 

mercredi, avril 30 2014

Pas le droit de toucher son Père ?


La résurrection ? Comment la palper ?

 

Tom’ le voudrait : condition sine qua non pour lui, et pourtant… Et pourtant sans ?

Il voit, il croit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Et il ne touche pas.

 

Marie-Mad’ est bouleversée. Mais elle entend son nom, le sien propre, prononcé comme jamais personne d’autre ne le lui a dit.

Elle voit, elle croit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Elle voudrait bien, elle, non pas mettre sa main dans la marque de Ses clous mais Le prendre dans ses bras. Une réponse « ne me touche pas ! ».

Et elle ne touche pas.

 

Christ fait tout pour montrer qu’Il est bien vivant : Il mange, Il boit, Il parle, Il écoute…

Et, pourtant, jamais, Il ne se laisse toucher ;

Jamais, même par Ses amis.

Cela me laisse perplexe : pourquoi Seigneur ?

Tu te sers de tes cinq sens et tu bloques l’accès dans ta résurrection à l’un d’entre eux ?

 

Peut-être est-ce parce que, quand nous touchons, nous avons tendance à agripper ou, tout au moins, à fermer la main, même légèrement, même pour une caresse… Ce n’est jamais la main tendue, ouverte, que nous avançons pour toucher mais c’est toujours l’inverse.

Comme si, toucher, c’était pour nous aussi et que cela ne pouvait jamais être uniquement de l’ouverture à l’autre pleine.

Et qu’est-ce que la Résurrection sinon la vie entière dans le Tout Autre parce que passée par le Don total ?

Et puis même simplement, qu’est-ce qu’une résurrection que l’on serait capable de saisir, d’agripper ne serait-ce qu’un peu ?

 

J’aime la force du désir de saint Thomas et de sainte Marie-Madeleine : moi aussi, j’aimerais qu’un pareil amour du Seigneur m’habite !

Mais c’est chouette aussi de savoir qu’on aura beau se prendre la tête, qu’on aura beau continuer à se poser des tonnes de questions, il y a aussi des moments où il n’y a plus qu’à se poser et à contempler pour apprendre à étendre notre main dans le bon sens : vers Lui, vers les autres.

Béni sois-Tu Seigneur pour Tes énigmes,

Béni sois-Tu Seigneur de nous donner de Te contempler, parfois, ainsi, dans la simplicité aimante d’un « mon Seigneur et mon Dieu ».

 

dimanche, mars 9 2014

Bulletin météo d'horizon biblique

Qui dit période de conseils de classe dit période passée à remplir des bulletins. 

C'est dur et pas seulement au niveau de la masse de travail qui est pourtant réelle. 

Je prie énormément avant de le faire, et pendant aussi d'ailleurs. Il faut trouver le mot juste, oui, mais, pire ne jamais enfermer l'élève dans un statut. Et ce n'est pas si facile de s'empêcher d'écrire : "tu es comme ceci, tu es comme cela". 

Ce matin, j'y pensais durant la messe tant était fort le rapport à la Parole dans les textes. 

La Parole de Dieu, elle, elle n'enferme jamais, même quand elle dit un "tu ne feras" ; Elle ne catalogue pas ; Elle n'impose pas : Elle propose, toujours. 
Sans jamais tomber dans la naïveté, Elle est ouverture, toujours. 

"Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu." 

La Parole de Dieu fait vivre et est à vivre, à incarner à Sa Suite, pour faire vivre autour de nous. 

C'est comme une ligne de mire à garder constante lors du remplissage des bulletins. Pour humblement, essayer, écrire, faire grandir, faire apprendre, faire vivre. 

dimanche, février 23 2014

Twitthomélies, what else ?


(Achat(s) de retraite !) 


 

Si vous ne le savez pas encore, allez vite le « follower » : @mgrgiraud twitte chaque jour quelques mots en guise de twitthomélie sur une phrase de l’Évangile du jour. C’est bon, doux, ça fait du bien et colle même parfois une bonne baffe là où il faut, attirant l’attention sur un aspect dérangeant de la Parole de Dieu. Qui, comme on sait, n’est jamais si confortable qu’on le croit… mais, en même temps, il nous faut bien apprendre à aimer et, en bonne bande de boulets (ou, en tout cas, si vous ne vous sentez pas concernés, sachez que je me considère moi-même comme un bon cas de « boulette » mais une boulette aimée, ça sauve ! :-) ), ce n’est pas tous les jours facile.

 

Au-delà de tout ce long bavardage, je voulais attirer simplement votre attention sur le livre Twitthomélies, paru il y a un mois chez « Parole et silence » qui reprend justement ces méditations-là depuis 2011. Loin des bavardages à n’en plus finir ou d’une loooooooongue homélie, on y a une phrase d’Évangile et, en dessous, la méditation correspondante. C’est (très) court mais, justement, ça fait du bien, ça concentre juste sur l’Essentiel en laissant sa place au silence. Simple écho méditatif de la Parole : pour qu’Elle rentre mieux et plus à fond en nous, comme en stéréo, pour qu’Elle agisse ensuite !

 

vendredi, février 14 2014

This is the day of the Lord

 

La Bible n’est rien d’autre qu’une longue lettre d’amour de Dieu à l’humanité… Enfin, « rien d’autre », il faudrait plutôt dire « surtout » ! Tout pourrait être dit, lu, relu et surtout vécu ce jour, autant que d’autres d’ailleurs car il n’y a pas qu’un seul jour où il faudrait aimer et se laisser aimer, mais bien tous !

 

Mais, moi, j’ai envie de Le laisser me ressusurrer ceci, doucement, ce soir :

 

Mais maintenant, ainsi parle le Seigneur, lui qui T’a créé, Jacob, et t’a façonné Israël :

Ne crains pas, car je t’ai racheté,

Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.

Quand tu traverseras les eaux, je serai avec toi, les fleuves ne te submergeront pas.

Quand tu marcheras au milieu du feu, tu ne te brûleras pas, la flamme ne te consumera pas.

Car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur.

Pour payer ta rançon, j’ai donné l’Égypte, en échange de toi, l’Éthiopie et Seba.

Parce que tu as du prix à mes yeux et que je t’aime,

Je donne des humains en échange de toi, des peuples en échange de ta vie.

Ne crains pas, car je suis avec toi.

 

Isaïe 43, 1-5

Pour aimer chaque jour, follement, comme Il nous aime.

 

 

lundi, novembre 25 2013

Priests & Football tips


Ce billet devait initialement être publié avant la messe de dimanche mais les problèmes avec l'hébergeur de ce blogue ont conduit à une publication quelque peu retardée… 




La semaine dernière, ce fabuleux compte parodique qu'est "Le Pharisien" (likez si ce n'est pas déjà le cas) titrait ainsi : 




MAIS la question reste entière : quid des milliers et des milliers de prêtres n'ayant pas signé la charte ? 


Il était certes facile de lancer une allusion quelque peu grossière, parallèle évident à trouver avec l'Evangile du Christ Roi, du genre : 


"Vous avez vu, tout semblait perdu et là, paf, tout est gagné quand même… 

… ce n'est pas sans rappeler un récent événement sportif, non ? [clin d'oeil appuyé]… 

Eh bien là, c'est pareil en 10 000 fois plus puissant !" 


Mais nos pasteurs sont bien plus fins que cela… 


Alors il y a surtout ces différents versants, exploitables selon le tempérament du prédicateur. Passons-en quelques une en revue : 


#mystiqueauxyeuxlevés : Dieu donnera la victoire à ceux qui l'aiment. (+10 si l'air prophétique est particulièrement réussi / + 20 si la voix se met à trembler) 


#supporterbibliste : "Frères, rendez grâce à Dieu le père" ! (Existe aussi en version charismatique)


#lecteurdelapressesportive : Quand nous critiquons, quand nous médisons - voyons ce qui s'est passé avec l'équipe de France ! - rappelons-nous que "Lui, il n'a rien fait de mal" et tournons-nous vers Sa croix… 


#coachparoissial : Bande de petits rigolos ! Vous croyez vraiment que vous pourrez mener la course de la vie terrestre sans esprit d'équipe ? Regardez l'équipe de France ! Enfin un esprit d'équipe - pour une fois ! Et que vois-je dans notre paroisse ? N'est-ce pas alors nous qui L'injurions un peu plus au lieu de Lui faire confiance ? 


#petitrigoloanglophone : Le règne de Dieu est avant tout un règne d'amour… Sa royauté, c'est celle du service, celle qui se met aux pieds, qui les lave… Et rappelons-nous qu'en anglais, pied se dit "foot"…. Sans mettre les pieds dans le plat, il serait bon en ces temps de ne pas parler que de football mais bien de "foot bowl", de se mettre à laver le pied de notre frère et sérieusement !  [huhuhu] 


#footballeureschatologique : La mort n'est pas tout à fait aussi simple que le coup de sifflet final. Certes, c'est la fin d'un match mais c'est aussi le début d'une éternité… Tandis que la joie d'un match ne dure qu'un temps. Ô vanité des vanités… 


#JMJiste2013 #fandupapevicaireduChrist #fandescitationsquiclaquent (ou #lecteurdesmursFbdeprêtresdudiocèsedeNanterre) : ""Jésus nous offre quelque chose de supérieur à la Coupe du monde ! Quelque chose de supérieur à la Coupe du monde ! Jésus nous offre la possibilité d’une vie féconde, d’une vie heureuse, et il nous offre aussi un avenir avec lui qui n’aura pas de fin, dans la vie éternelle"" (pape François à Copacabana) 




Quoi qu'il en soit, aller au Brésil ne peut être un mauvais moyen pour Le trouver et s'apercevoir qu'Il nous tend toujours les bras, 

foi de JMJiste 2013 ! :-) 


lundi, septembre 30 2013

Parce que, loin d'un parfois, Lui écrit en toujours

Parfois, je ne l'écoute pas. 

Surtout quand j'ai l'esprit préoccupé 

Et que je pense à tout sauf à l'écouter. 


Parfois, j'ai l'impression de la connaître par coeur, 

qu'elle n'a plus rien de neuf à me dire, 

qu'elle ronronne en moi, bien huilée. 


Parfois, je ne la comprends pas, 

Je la trouve bizarre, 

Pas conforme à ce que j'attendais. 


Parfois, je tente de la tordre pour m'arranger

Y trouvant ce que je veux bien y trouver

Et non pas ce que Lui veut m'y faire trouver. 


Mais quand je plonge vraiment dedans, 

Quand je la lis, même préoccupée, même ennuyée,  

Même quand ce passage ne me parle absolument pas

Mais que je demande à l'Esprit Saint de m'aider à lire, à comprendre, 

De m'aider à la laisser retentir et résonner plus profondément, 

Elle n'est plus ce simple texte. 


Toujours, quand je la lis en priant, 

Elle vient se poser en moi, sur mon coeur, 

D'un mot, d'une attitude, d'un lien inattendu, 

D'un choc devant un absolu si immense ; 


Toujours, elle me parle de Lui, des autres, puis aussi de moi. 

Elle ne me dit pas forcément des mots très tendres, 

Elle me met face à mes propres contradictions, 

Et même quand elle me tranche à vif, 

Parce qu'elle révèle que ma vie est bien loin de ce que l'on y proclame, 

Elle, me fascine, Sa Parole 

A écrire en toujours, 

A vouloir parcourir le monde à travers nous,  

A ne cesser de parler d'Amour. 


mercredi, septembre 18 2013

Parole pour aujourd'hui mais aussi Parole pour la nuit

Hier soir, tard, alors que je piquais très concrètement du nez en corrigeant les dictées de mes 3èmes, je me suis prise à faire cette prière qui me vient à l'esprit à chaque moment de ma vie où j'ai connu une période de "rush" comme peut l'être cette rentrée, si lourde pour moi : 



Seigneur, mais vraiment, quelle idée Tu as eue en créant le sommeil !!! Ce serait tellement plus simple de supprimer ces moments de nuit qui ne servent à rien pour avancer : la tâche est immense ! Et là, paf, Toi, tu nous crées un corps qui a besoin de se reposer : comment Tu veux qu'on fasse sérieusement ? 



Et puis, vu que je n'avançais plus, j'ai pris mon temps de prière avant de me coucher pour de bon, 

Et puis j'ai écouté dans le silence le Seigneur comme me répondre dans Sa Parole : 

"A chaque jour suffit sa peine". J'ai souri. 

C'était un peu comme si le Seigneur me disait : 

Dis donc, tu ne te prendrais pas un peu pour Moi là ? Fais ce que je te donne de faire, chaque jour, au mieux et le reste, et l'ensemble, confie-le moi. 



Alors j'ai conclu ma prière par celle des enfants de Dieu, un simple Notre Père,  

Alors je me suis endormie comme un bébé, comme blottie en Lui. 

mardi, juillet 2 2013

Parce que Ta Parole

 

« On parle, quelque chose va éclater, illuminer soudain le fond glauque d’une âme et chacun sentira les bourbes mouvantes de la sienne. Et puis non, la menace s’écarte, le danger est évité, on se remet tranquillement à échanger des lieux communs. »

 

J. –P. Sartre, cité in Jean Sulivan, Devance tout adieu

mardi, juin 11 2013

Évangéliser n'est pas


(trouvé avec amusement sur http://www.neatorama.com/2006/07/17/god-jesus-toy-robot/ )


Évangéliser n'est pas brandir une croix, 
Évangéliser n'est pas jouer au robot mécanique disant "Jésus", 


Évangéliser, c'est laisser peu à peu la Parole prendre tellement chair en soi qu'elle n'a plus jamais rien de mécanique, c'est devenir peu à peu Évangile vivant, Bonne nouvelle pour nos frères. 

samedi, mai 11 2013

Dans un même élan de prière pour apprendre à aimer

 

Quand le Seigneur prie :

 

« Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m'as envoyé.

 

Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »

 

Quand le Seigneur nous porte dans Sa prière,

Il n’y a plus qu’à se laisser porter,

Dans Ses mains, dans Sa voix,

Il n’y a plus qu’à Le suivre.

 

Emportés dans cette prière aux inflexions de tendresse et d’absolu,

Il n’y a plus qu’à nous tourner vers Lui pour nous glisser nous aussi dans la prière :

 

 

 

Seigneur Jésus,

Apprends-nous le nom du Père,

Apprends-nous ce que veut dire Amour,

ce mot qui ne peut s’expliquer qu’en se vivant,

Toi qui priais ainsi avant de le vivre au plus haut point,

Avant de Te livrer,

Avant de ressusciter.

 

 

Seigneur Jésus,

Fais-nous vivre en Ton amour,

Garde-nous en Lui, dans une inlassable découverte,

Que l’Amour vive et s’avive chaque jour plus en nous,

Sans peur, dans le don renouvelé de nous-mêmes,

Pour que Tu vives en nous,

Pour que, tous, nous soyons un.

 

 

lundi, avril 15 2013

Le Seigneur, quel kiff ?


Collusion de discussions en mon esprit : une discussion avec un collègue de maths qui aboutit à la décision suivante « c’est décidé, on va traduire la Bible en langage SMS ! » ; une discussion avec un prêtre de ma paroisse sur son sermon de ce dimanche (qu’il ne prêchait pas dans mon église) sur la pauvreté bien connue du français à propos du verbe « aimer » par rapport à d’autres langues… dont le grec biblique, si riche pour lire et comprendre l’évangile de dimanche dernier.

 

1ère question du Christ : « γαπς με πλεον ; » (agapas) à réponse : « Να κύριε: σ οδας τι φιλ σε » (philô)  

2ème question : « γαπς με; » (agapas) à réponse : « σ οδας τι φιλ σε » (philô)

3ème question : « φιλες με; » (phileis) à réponse : « φιλ σε » (philô)

 

Pour comprendre cet abaissement du Christ qui vient chercher Pierre là où il en est : dans son triple reniement ayant comme besoin d’une triple affirmation pour se relever, dans son incapacité foncière à aimer d’agapê mais dans son amour déjà tout de même vraie amitié, affirmée.

 

En français donc, nous n’avons pas cette chance et le dialogue de la traduction liturgique dit simplement « aimer ».

 

Lire la suite...

dimanche, avril 7 2013

Clef de Vie !

 

« Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. »

 

 

 

Malgré nos fermetures, réelles comme de cœur,

Malgré nos craintes diverses et si fortes,

Malgré nos replis sur nous-mêmes, nos si frileux « entre-nous », 

Le Christ se rend présent.

 

Il ne s’impose pas,

On peut ne pas Le voir mais Il est là ;

Invitation à Le contempler,

A Le toucher, même ;

Car Il est là. 

 

Il ne brise pas les verrous en venant,

Mais, par l’invitation à la Foi, Il nous donne de les briser,

Il est la Clef pour nous exclamer, encore et toujours

« Mon Seigneur et mon Dieu » !

 

Et cette reconnaissance du Seigneur ouvre d’un coup la porte,

Elle nous fait vivre,

Elle nous envoie :

D’abord, balbutiante, au seuil,

Puis plus loin, encore plus loin,

Portés par ce courant d’air ou plutôt ce courant de Souffle.

 

Parce que, en tout lieu, nous sommes alors en Lui,

Fils vivants de Lui et donc immensément libres,

Aptes à proposer à nos frères de Le reconnaître,

Pour dire, pour vivre ensemble « mon Seigneur et mon Dieu »,

Hommes et femmes sortis de chez eux mais en Lui,

Hommes et femmes de plein vent.

 

mercredi, avril 3 2013

Reconnaissance devers Toi

 

 

 

« A l’heure de la prière de l’après-midi »

Pierre et Jean Te reconnaissent en l’infirme ;

En Ton nom alors, ils l’appellent, ils le relèvent, vers la Vie.

 

Il « dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. 

Alors, leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent. »

A la fraction du pain, à la prière de bénédiction,

Les disciples d’Emmaüs Te reconnaissent.

 

C’est dans la prière

Que nous apprenons à Te voir, à Te distinguer,

Alors qu’avant nos yeux semblent fermés, entrouverts,  

Tendus vers un but autre que Toi.

 

La prière comme entrainement à la vision d’amour ;

La prière comme gymnastique du regard,

La prière comme mouvement intérieur,

La prière mue par les échos de Parole,

Pour vivre dans un mouvement intime de double reconnaissance du cœur.

 

dimanche, mars 31 2013

Qu’Il vous rappelle toujours à cette joie !

Au cœur de la nuit froide, la chaleur d'un feu à l'assemblée se groupant, se blottissant autour contre le froid ; 
Au cœur d'une nuit, une folle joie naissante qui se lit sur les visages à la lueur des cierges ; 
Au cœur de la nuit, une liturgie riche en signes pour parler à nos sens comme à notre intelligence afin de nourrir notre Foi ; 
Au cœur de la nuit du tombeau, rien de moins qu'une résurrection. 
Au cœur de la nuit, un silence qui n'est plus de mise pour chanter Alléluia à plein cœur : 
Telle est notre Foi, telle est notre Joie ! 
Parce qu'il y aura eu l'événement renversant tout ;
Parce que la pauvreté de l'Amour aura triomphé de la force ; 
Parce que l'Amour a vaincu la mort,  
Rien ne sera plus comme avant 
Dans la mesure où nous Le laissons, 
Dans la démesure où nous Le laisserons nous renverser, nous bouleverser nous-mêmes ; 
Chemin de Pâques, chemin de Vie ! 
Belle fête de Pâques à vous, frères et sœurs lecteurs, à la suite du Ressuscité ! 

vendredi, mars 29 2013

Tout est accompli - Vendredi Saint


"Après cela, sachant que désormais toutes choses étaient accomplies, et pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit : « J'ai soif. »

Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit. "
 


Il est terrible de proclamer la mort du Christ... 

Mais "tout est accompli" ; 
Il faut accepter de rester là, 
Devant la souffrance, à ne pas comprendre ; 

Parce que tout est déjà accompli, 
Laisser sa Foi se frotter à la Croix,
Laisser son Espérance se heurter à la pierre du tombeau, 
Laisser sa Charité grandir dans l'aspiration du Don ; 

Et laisser place au silence, 
Pour que l'Ecriture s'accomplisse en nous.  
 

lundi, février 25 2013

écoute et vis !

 

 

 

J’ai retenu de l’évangile de ce w-e une phrase. Ou non, finalement, encore moins, deux mots, deux simples mots parce que je suis prof et donc feignasse comme chacun sait[1]. Deux mots donc : « écoutez-Le »

 

J’aime bien l’entendre en écho de l’acclamation à la fin de l’Evangile : « Acclamons la Parole de Dieu »  « Louange à Toi Seigneur Jésus ».

 

Parce que, sincèrement quel est mon degré d’écoute en dehors des mouches qui volent ?

Est-ce que je considère bien toujours que c’est Dieu qui me parle à travers ce qui est lu, à travers ce qui est proclamé ?

Qu’Il a un mot pour moi, là, maintenant, tout de suite ?

Chez moi, ce n’est pas gagné.

 

Je crois que, bien souvent, j’oublie que ces mots me sont adressés ;

Je crois que, trop souvent, j’oublie cet essentiel :

Que l’Evangile n’est pas fait pour être lu 

Mais qu’il est fait pour être vécu.

 

Ecouter ne saurait alors se limiter à une écoute partielle et passive[2]

Ecouter devient accueillir, laisser agir pour réagir ;

Ecouter devient alors non plus limite mais apprentissage pour L’imiter, ouverture d’un espace non pas simplement typographique mais d’un espace de vie.

 

Et donc invitation à une écoute encore plus large, plus vaste, celle du frère connu ou inconnu par qui Sa parole pourra encore me rejoindre, dans l’improviste de la vie :

Que me dis-Tu, Seigneur ?

 

Ca m’a rappelé aussi le si beau prologue de la Règle de saint Benoît :

« écoute, ô mon fils, les préceptes du maître et prête l’oreille de ton cœur ! »[3]

 

Ecoute du Silence où Sa parole saura s’égrener en quelques décibels inaudibles mais tombés au plus profond du cœur ;

Invitation à la disponibilité de notre cœur, de notre âme, à chaque instant ;

Pour transformer – parce qu’Il est là – d’une majuscule nos rencontres, en autant de transfigurations.

 

 



[1] #autotroll.

[2] comme celle de mes élèves de 16h30 à 17h30 par exemple.

[3] 1ère phrase du prologue de la RB : « Obsculta, o fili, praecepta magistri, et inclina aurem cordis tui »

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