Zabou the terrible

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mercredi, avril 3 2013

Reconnaissance devers Toi

 

 

 

« A l’heure de la prière de l’après-midi »

Pierre et Jean Te reconnaissent en l’infirme ;

En Ton nom alors, ils l’appellent, ils le relèvent, vers la Vie.

 

Il « dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. 

Alors, leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent. »

A la fraction du pain, à la prière de bénédiction,

Les disciples d’Emmaüs Te reconnaissent.

 

C’est dans la prière

Que nous apprenons à Te voir, à Te distinguer,

Alors qu’avant nos yeux semblent fermés, entrouverts,  

Tendus vers un but autre que Toi.

 

La prière comme entrainement à la vision d’amour ;

La prière comme gymnastique du regard,

La prière comme mouvement intérieur,

La prière mue par les échos de Parole,

Pour vivre dans un mouvement intime de double reconnaissance du cœur.

 

dimanche, mars 31 2013

Qu’Il vous rappelle toujours à cette joie !

Au cœur de la nuit froide, la chaleur d'un feu à l'assemblée se groupant, se blottissant autour contre le froid ; 
Au cœur d'une nuit, une folle joie naissante qui se lit sur les visages à la lueur des cierges ; 
Au cœur de la nuit, une liturgie riche en signes pour parler à nos sens comme à notre intelligence afin de nourrir notre Foi ; 
Au cœur de la nuit du tombeau, rien de moins qu'une résurrection. 
Au cœur de la nuit, un silence qui n'est plus de mise pour chanter Alléluia à plein cœur : 
Telle est notre Foi, telle est notre Joie ! 
Parce qu'il y aura eu l'événement renversant tout ;
Parce que la pauvreté de l'Amour aura triomphé de la force ; 
Parce que l'Amour a vaincu la mort,  
Rien ne sera plus comme avant 
Dans la mesure où nous Le laissons, 
Dans la démesure où nous Le laisserons nous renverser, nous bouleverser nous-mêmes ; 
Chemin de Pâques, chemin de Vie ! 
Belle fête de Pâques à vous, frères et sœurs lecteurs, à la suite du Ressuscité ! 

vendredi, mars 29 2013

Tout est accompli - Vendredi Saint


"Après cela, sachant que désormais toutes choses étaient accomplies, et pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit : « J'ai soif. »

Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit. "
 


Il est terrible de proclamer la mort du Christ... 

Mais "tout est accompli" ; 
Il faut accepter de rester là, 
Devant la souffrance, à ne pas comprendre ; 

Parce que tout est déjà accompli, 
Laisser sa Foi se frotter à la Croix,
Laisser son Espérance se heurter à la pierre du tombeau, 
Laisser sa Charité grandir dans l'aspiration du Don ; 

Et laisser place au silence, 
Pour que l'Ecriture s'accomplisse en nous.  
 

lundi, février 25 2013

écoute et vis !

 

 

 

J’ai retenu de l’évangile de ce w-e une phrase. Ou non, finalement, encore moins, deux mots, deux simples mots parce que je suis prof et donc feignasse comme chacun sait[1]. Deux mots donc : « écoutez-Le »

 

J’aime bien l’entendre en écho de l’acclamation à la fin de l’Evangile : « Acclamons la Parole de Dieu »  « Louange à Toi Seigneur Jésus ».

 

Parce que, sincèrement quel est mon degré d’écoute en dehors des mouches qui volent ?

Est-ce que je considère bien toujours que c’est Dieu qui me parle à travers ce qui est lu, à travers ce qui est proclamé ?

Qu’Il a un mot pour moi, là, maintenant, tout de suite ?

Chez moi, ce n’est pas gagné.

 

Je crois que, bien souvent, j’oublie que ces mots me sont adressés ;

Je crois que, trop souvent, j’oublie cet essentiel :

Que l’Evangile n’est pas fait pour être lu 

Mais qu’il est fait pour être vécu.

 

Ecouter ne saurait alors se limiter à une écoute partielle et passive[2]

Ecouter devient accueillir, laisser agir pour réagir ;

Ecouter devient alors non plus limite mais apprentissage pour L’imiter, ouverture d’un espace non pas simplement typographique mais d’un espace de vie.

 

Et donc invitation à une écoute encore plus large, plus vaste, celle du frère connu ou inconnu par qui Sa parole pourra encore me rejoindre, dans l’improviste de la vie :

Que me dis-Tu, Seigneur ?

 

Ca m’a rappelé aussi le si beau prologue de la Règle de saint Benoît :

« écoute, ô mon fils, les préceptes du maître et prête l’oreille de ton cœur ! »[3]

 

Ecoute du Silence où Sa parole saura s’égrener en quelques décibels inaudibles mais tombés au plus profond du cœur ;

Invitation à la disponibilité de notre cœur, de notre âme, à chaque instant ;

Pour transformer – parce qu’Il est là – d’une majuscule nos rencontres, en autant de transfigurations.

 

 



[1] #autotroll.

[2] comme celle de mes élèves de 16h30 à 17h30 par exemple.

[3] 1ère phrase du prologue de la RB : « Obsculta, o fili, praecepta magistri, et inclina aurem cordis tui »

jeudi, décembre 27 2012

Saint Jean divers

 

 

 

Aujourd’hui, il n’y a qu’un bond entre 1ère lecture et évangile.

 

« Ce que nous avons vu et ce que nos mains ont touché »

Témoignage de l’apôtre qui vécut avec le Christ, qui a vu le Christ, qui a touché le Christ :

Ce que nous sommes, parfois.

« Il vit et il crut » :

Admirable Foi de saint Jean qui ne voit que les traces de l’absence d’un corps, qui n’aperçoit que l’absence et qui croit :

Ce que nous sommes, parfois.

 

Tension entre le visible et l’invisible ;

Entre les reliefs éminents de nos vies qui semblent signes de la présence de Dieu et les creux en dépression qui semblent signer Son absence dans chaque existence ;

Faire le lien,

Être le lien

Parce que, dans les deux cas, c’est le même saut de la Foi qu’il y a à faire

Pour apprendre à regarder, car présence et absence ne sont jamais irrémédiables évidences ;

 

Pour apprendre à vivre de la Foi,

Apprendre à se laisser désigner à l’instar de ce saint Jean comme « ce disciple que Jésus aimait »,

Pour puiser en Son amour,

Sur Son cœur,

L'amoureuse audace d’écrire et d’inscrire un Évangile dans nos jours.

 

 

dimanche, décembre 23 2012

En méditant, en priant

 

Ce n’est plus un secret pour grand monde après le #teasingdeouf de @gdecoutard sur twitter :

 

 

J’assurerai donc une dizaine de commentaires d’évangile pour l’année 2013 dans le magazine Pèlerin à partir du 10 janvier.

 

Cela constitue pour moi une expérience quelque peu différente de celle de ce blogue. Et, après avoir gratouillé mon premier texte puis après l’avoir corrigé, je m’aperçois combien cette expérience pousse encore plus à la prière.

 

Car, finalement, commenter l’Évangile, avec toutes les contraintes formelles qu’impose l’exercice de la presse écrite (que je découvre !), c’est tâcher de comprendre mieux celui-ci. Pour cela, il faut le « prier » mieux, le « méditer » mieux, c’est-à-dire le « vivre » mieux pour dire et écrire mieux dans le même mouvement : pas facile facile…

 

Et je repense au fameux livre de critique de Julien Gracq, En lisant, en écrivant : exercice d’écrivain. Mais finalement, n’est-ce pas aussi l’exercice du chrétien priant la Parole de Dieu ? En lisant, en écrivant : exercice de lecture active, crayon en main, Esprit Saint au cœur... comme on peut ! 

 

Et l’on pourrait ainsi tracer un programme en « en », anaphores poétiques chrétiennes vitales  :

 

En invoquant l’Esprit Saint,

En lisant,

En priant,

En méditant,

En écrivant,

En affinant,

En corrigeant,

En récrivant,

En aimant, 

En vivant…

 

À vivre ensemble tous ces gérondifs dans les mois à venir !

 

mercredi, octobre 31 2012

Une nouvelle appli : retraite 3.1 !

 

Lors de mes trois jours de retraite, j’ai découvert une nouvelle appli.

En bonne cathogeek, je vous en fais part dès mon retour, la voici !

 

 

Photo à peu près contractuelle

 

Nos points forts :

- Une écoute de la Parole de Dieu qu’est le Christ. Ce dernier étant aussi Lumière du monde comme le rappelle l’icône servant de pied à la lampe de bureau.

- Une mise à jour permanente… même si vous ne la voyez pas ! Elle a en effet lieu directement en vous, au plus profond de votre être ! Les effets apparaissent en surface suivant une durée variable qui dépend de l’importance de la mise à jour (on parle aussi, en jargon technique, de « conversion »).

- 2 écouteurs mais seulement un micro, pour se rappeler qu’on doit écouter deux fois plus que parler mais qu’on peut aussi tout Lui dire ! Même crier au secours !

- Silence intégré.

 

Et, surtout, surtout, une compatibilité garantie avec iOS 5+ tous les systèmes d’exploitation !

 

Alors, elle est pas belle la vie ? Qu’attendez-vous pour la télécharger ?

 

lundi, octobre 22 2012

Dites-la, proclamez-la avec des birds (... en plus de votre vie !)


Tandis que le sanctuaire marial de Lourdes est inondé, les blagues fleurissent sur internet... 

Mais ça m'a fait penser : et tiens, que disent les oiseaux de la Foi, eux qui volettent déjà dans le ciel ? 

Motif spécieux, je vous l'accorde, pour consulter le site Birds dessinés.  Mais voici tout de même quelques pépites que j'y ai trouvées.

"La Foi, dites-la avec des birds", un concept intéressant pour la nouvelle évangélisation ? ;-) 

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mercredi, août 1 2012

C’était un p’tit bonheur

 

On préparait des sacs qu’il portait.

Je ne le connaissais pas, j’ai regardé son étiquette, j’ai lu : « Bonheur ».

Bonheur ? Quel drôle de nom, pourquoi pas libellule ou papillon ?

 

J’ai toujours tendance à me méfier des noms comme ça, un peu bizarres,

Et pourtant, c’est quand même beau de s’appeler « bonheur » !

Je lui ai souri en lui tendant le sac et il m’a aussi répondu d’un large sourire :

Bonheur, ou la tâche de répandre la joie ?

 

Ces autres personnes-là arrivaient,

J’étais émue de la dignité qui accompagnait la misère qu’ils portaient avec eux, qu’ils traînaient lourdement.

J’apportais quelques-uns de ces colis qui allait pouvoir les aider au moins à s’alimenter pour quelques jours.

Bonheur faisait pareil, lui pour les familles : il portait toujours des sacs.

Cela a duré des heures et la fatigue se faisait sentir, en sus du poids des histoires tragiques entendues ici et là, en sus de ce nombre toujours grandissant des « accueillis » ici : Seigneur, que de misère !

 

Bonheur, lui, souriait toujours… ça m'a fait sourire. 

Et, au soir, sourire encore en priant avec le psalmiste, comme naturellement :

« Qui nous fera voir le bonheur ?

Sur nous, Seigneur, que s’illumine Ton visage ! » (ps. 4)

 

lundi, mai 14 2012

I Jean IV, 16 en paroles

 

- En fait, tu parles super souvent de Dieu…

- Bah, tu sais, moi je suis comme tout le monde, j’aime bien les belles histoires d’amour !


dimanche, mars 25 2012

Nous voulons...

 

« Nous voudrions voir Jésus » disent les Grecs dans l’Evangile de ce dimanche.

 

En tout cas, dans la traduction liturgique. Car, dans l’original grec, c’est « Κύριε, θέλομεν τὸν Ἰησοῦν ἰδεῖν », c’est carrément thélomen qui est utilisé, c’est beaucoup plus fort, c’est un vrai présent sans aucune atténuation plus ou moins de politesse conditionnelle. En grec, ça dit donc clairement : « nous voulons voir Jésus »

 

Nous voulons voir Jésus !

Elan du désir !

Elan du coeur de ces Grecs,

De ces païens comme moi.

 

Elan, désir, volonté sûre…

Que j’en suis loin !

 

Si j’avais vraiment ce désir toujours au cœur,

Je saurais Le voir tout le temps, Jésus !

Mais moi, je ne sais qu’en percevoir des petites étincelles, ces petites miettes de lumières qui ne vont pas bien loin…

 

Et, dans mes obscurités, je vois encore moins loin :

Je vois ce nombril que tu m’as donné, je me vois… moi, 

Et guère plus loin.


Dans mes obscurités,

Je sais à peine distinguer le visage de ce frère que Tu m’as donné et que Tu habites de Ta présence…

 

Donne-moi ce désir qui me sort de moi-même,

Donne-moi d’apprendre à Te voir même aux jours les plus sombres.

Donne-moi, au cœur de mes obscurités, ce désir-là,

Un vrai désir ardent de Te voir.

  

 

* Si vous avez une toute petite place dans vos prières, n’hésitez tout de même pas à en avoir une pour l’auteur de ce blogue qui passe un gros concours obscur cette semaine… pour qu’elle n’oublie pas, là aussi, d’y voir aussi le Christ ! Et parce que la prière des frères, c’est aussi une étincelle de plus ! 

 

 

vendredi, février 17 2012

Lectihaïku (Marc VIII, 34-38)

 

Variation sur l’Evangile du jour : Marc VIII, 34-38

(In tribute to Mgr Hervé Giraud et ses twittomélies ;-) )

  

Anciens bois croisés ?

Perdre, sauver ; don, aimer

Joie d’éternité.


mercredi, février 15 2012

Ma charte à moi, c’est le Christ ! *


 

Avant que je ne m’échappe quelques jours, une question secondaire avait pris naissance ici ou là dans le farouche débat sur l’anonymat-pseudonymat des blogueurs : celle d’une éventuelle charte des blogueurs catholiques.  

 

Il ne s’agit bien évidemment pas d’une question essentielle pourtant celle-ci m’a fait lever le sourcil (un peu plus qu’il n’a de coutume de le faire quand je navigue sur les blogues des uns et des autres) car je dois admettre être contre. Et vraiment contre.

 

Tout simplement, une question en guise de raison :  

Quel besoin d’une charte des blogueurs catholiques lorsque nous avons l’Evangile ?

Quel besoin de prôner telle ou telle valeur lorsque nous avons la charité comme idéal de vie ?  Comme commandement laissé par Celui en qui nous croyons ?

 

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mardi, janvier 10 2012

Karol, l'homme qui devint pape

  

L’autre soir, le cœur préoccupé laissait présager une soirée avec peu d’envie de travailler, d’où une transformation impromptue en soirée DVD. Pas envie de chercher une distraction en tant que telle dans un univers imaginaire et c’est donc le film Karol, l’homme qui devint pape que je choisis parmi les DVD non encore regardés de ma dvdthèque.

 

Il y aurait pas mal de reproches à faire à ce film pour son côté parfois un peu mélodramatique, facile de manichéisme… Et pourtant, je me suis encore laissée séduire par cette belle figure de sainteté qu’est le futur Jean-Paul II.

 

Ce qui est magnifique chez cet homme – et qui est le propre des saints que nous sommes tous appelés à être – c’est cette impression permanente qu’il donne de baigner dans l’Amour.

 

 

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jeudi, décembre 29 2011

Christe Lux mundi qui sequitur Te…

 

Ne trouvez-vous pas qu’il est beau que Noël et sa joie qui se décline en octave tombent en cette période hivernale ?

 

Dans les soleils rasants des hivers ;

Dans ces brumes matinales si épaisses qu’elles peinent à se lever ;

Dans ces crépuscules si étrangement flamboyants…

 

La Parole s’accueille différemment ;

Et la Lumière « qui éclaire les nations » se reçoit avec gratitude en nos nuits.

 

 

 

« Mes bien aimés, ce que je vous écris n'est pas un commandement nouveau, mais un commandement ancien que vous aviez dès le début. Ce commandement ancien, c'est la parole que vous avez entendue.

Et pourtant, ce commandement que je vous écris est nouveau, il l'est vraiment en Jésus et en vous, puisque les ténèbres sont en train de disparaître, et que déjà brille la vraie lumière. 

Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère est encore maintenant dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n'y a pour lui aucune occasion de chute.

Mais celui qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres : il marche dans les ténèbres sans savoir où il va, parce que les ténèbres l'ont rendu aveugle. »

 

Extrait de la 1ère lecture de ce 5ème jour en l’octave de la Nativité, I Jn II, 7-11

 

mercredi, décembre 14 2011

Pourquoi Lettres ?



- Dis, Zabou, dis, pourquoi tu étudies les Lettres ? 

- Parce que j'aime ça et vraiment ? 

On m'a reposé à plusieurs reprises cette question ces derniers temps, les Lettres apparaissant à beaucoup comme une activité relativement futile, proche de la détente. 

Au-delà d'une simple réponse de goût personnel - qui est réel !-, j'aimerais aussi donner celle de Benoît XVI lors de son discours au monde de la culture à Paris, le 12 septembre 2008. Il parle des moines mais, puisqu'il s'agit dans son discours de retracer l'histoire de la culture européenne, c'est bien à chacun de nous qu'il s'adresse et en particulier à l'idéal du lettré chrétien. Un vrai bel idéal. 

 

« Quaerere Deum […] La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la parole, ou, comme le disait dom Jean Leclercq : eschatologie et grammaire sont dans le monachisme occidental indissociables l’une de l’autre. Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions. Puisque, dans la parole biblique, Dieu est en chemin vers nous et nous vers Lui, ils devaient apprendre à pénétrer le secret de la langue, à la comprendre dans sa structure et dans ses usages. Ainsi, en raison même de la recherche de Dieu, les sciences profanes, qui nous indiquent les chemins vers la langue, devenaient importantes.

 

La bibliothèque faisait, à ce titre, partie intégrante du monastère tout comme l’école. Ces deux lieux ouvraient concrètement un chemin vers la parole. Saint Benoît appelle le monastère une dominici servitii schola, une école du service du Seigneur. L’école et la bibliothèque assuraient la formation de la raison et l’eruditio, sur la base de laquelle l’homme apprendre à percevoir au milieu des paroles, la Parole. »

 

Benoît XVI

 

mardi, novembre 29 2011

Faibles forts


Je m’attendais ce matin à écouter la si belle 1ère lecture du jour (Is XI, 1-10) que j’apprécie tant. Raté : le prêtre choisit de célébrer la messe votive pour les malades et les handicapés.

 

Au lieu de prier avec les textes attendus, j’ai dû en écouter d’autres qui se répondaient et me laisser surprendre par eux. Et, parce que les circonstances le voulaient, me laisser toucher et porter par eux : clin-Dieu…

 

« Mais il m'a déclaré :

« Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »

Je n'hésiterai donc pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. C'est pourquoi j'accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. »

 

Paroles de folie ; paroles de Foi ! 

 

Nous faisons tous, un jour ou l’autre, l’expérience de la faiblesse,

Chez l’autre, mais aussi en nous ;

Expérience de l’inquiétude, expérience de l’angoisse,

De se sentir dépassé, sans pouvoir faire ce que l’on avait prévu ; 

C’est la maladie ; c’est la blessure ;

C’est la faiblesse insupportable.

 

Et c’est le moment favorable pour se confier et se reconfier à Dieu

C’est le moment non de la résignation mais de l’accueil en une confiance renouvelée :

Le moment, souvent craintif, souvent dans le noir, du « que vivrai-je ? Je ne sais… mais avec Toi, mon Dieu ; avec Toi ».

 

Ce matin, cette messe si priante,

C’était le moment de prier pour tous les malades de ma paroisse, puis pour tous ceux que je connais, mais aussi pour chaque être humain, si vulnérable…  

Et donc pour moi, aussi :

Que Sa Force donne chaque jour sa mesure dans ma faiblesse !

 

C’est cette présence du Christ que nous nous préparons à accueillir par cet Avent,

De ce Christ si petit, si vulnérable, qui n’aura d’autre force que celle de l’Amour

Qui nous dira qu’il n’y en a pas de plus forte que celle-ci, si admirablement faible,

Dans l’humilité de la crèche à laquelle répondra la souffrance de la croix.

 

Dans ce temps de l’Attente, dans ce temps de l’Avènement,

Que Sa Force résonne dans notre faible humanité

Dans notre faible mais belle humanité,

Qu’il n’a pas dédaigné de prendre pour nous illuminer,

Et, surtout, pour nous sauver.

 

dimanche, novembre 20 2011

« Seigneur, quand est-ce que nous T’avons-vu ? »

 

Ils ne sont pour la plupart pas bien grands,

Ils chahutent, et souvent.

Et puis, ils sont tous tellement différents !

 

Dans un groupe de cinquante, chaque proposition nouvelle est particulièrement un défi, tant le risque que certains passent à côté est grand, immense.

Pourtant, il faut avancer.

Pourtant, il faut proposer, sans jamais se lasser :

C’est rien de moins que la découverte du Christ, d’un Dieu qui est les aime, eux, personnellement, qui est en jeu.

J’aime croire que je sers ainsi, un peu, leur bonheur.

  

Et moi, la responsable de ces jeunes bruyants, j’aime le silence.

 

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jeudi, novembre 17 2011

"Être une bibliothèque du Christ"

Parce qu'un agrégatif doit être polyvalent, je me penche ces temps-ci sur le concile de Trente afin de mieux comprendre les diverses attaques et plaisanteries d'un Rabelais dans son Quart-Livre (au programme de l'agrégation) quant à celui-ci. Cela me permet aussi à moi, catholique, de mieux comprendre l'histoire de mon Eglise. Or, en lisant un livre consacré à ce concile, je suis tombée sur une lettre assez fascinante. 

Il s'agit d'une lettre du cardinal Cristoforo Madruzzo, alors évêque de Trente, qui défend la traduction de la Bible en langue vernaculaire. Cette question est, à cette époque, centrale tant les humanistes évangélistes commencent à la traduire dans leurs langues respectives (en France : traduction des psaumes par Marot, traduction de la Bible par l'humaniste Lefèvre d'Etaples par exemple). Cette traduction étant aussi prônée par la Réforme, comment l'Eglise doit-elle réagir face à cela ? Les débats furent alors longs et mouvementés... 

Certes, cette question n'est plus de notre temps. Pourtant, en lisant cette lettre d'un cardinal du XVIème s., j'ai été touchée car j'y ai lu une vraie lettre d'amour à l'Ecriture sainte et un appel à mieux la lire, à mieux la connaître, à mieux la prier. Pour moi, aujourd'hui. C'est pourquoi je vous en propose un assez long passage car je crois que ce que dit que le cardinal peut encore nous toucher. 

     Assurément, tout ce qui a été écrit – Paul le dit, comme vous le savez bien, dans cette épître qu’il écrivit aux Romains avec un esprit si riche et si admirable -, a été écrit pour notre instruction et celle de tous les chrétiens, afin que « la constance et la consolation que donnent les Ecritures nous procurent l’espérance » ; et toute écriture, comme le même l’écrit à Timothée, si « elle est inspirée de Dieu, est utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice pour que soit parfait l’homme de Dieu », quel qu’il soit. Pourquoi donc, très vénérables Pères, nous montrer comme jaloux de cette sainte consolation des saintes Ecritures à l’égard du saint peuple de Dieu ? Nous qui avons la clef de la science et n’entrons pas, empêcherions-nous par hasard des pieds et des mains les autres qui veulent y entrer de le faire ? Pourquoi, je vous le demande, voulons-nous arracher des mains du peuple et de la foule des chrétiens l’avantage des traductions de l’Ecriture et de le leur dérober ? […]

 

Ne participons-nous pas à un pain unique ? Ne buvons-nous pas à la même coupe ? N’y a-t-il pas pour nous un seul esprit, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu, notre Père, une seule espérance d’un même héritage éternel ? Si donc toute chose est commune aux chrétiens, pourquoi faire en sorte que l’Evangile ne doive pas être mis en commun et d’un même usage, c’est-à-dire disponible pour tous afin de nourrir la piété et de régler les mœurs de tous les chrétiens ? Pourquoi les gens du commun, mais pourtant pieux, alors qu’ils partagent avec nous la même alliance et la même religion, ne posséderaient pas le lait christique adapté à leur mesure, c’est-à-dire l’Evangile en langue vulgaire, par lequel ils seraient nourris et grandiraient avec nous dans le Christ. […]

 

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dimanche, octobre 23 2011

Jésus, blogueur influent

 

Hier soir, en priant avec l’Evangile du dimanche, j’étais un peu distraite… Et si Jésus avait été blogueur ?

 

Je me suis amusée à imaginer des billets d’Evangile, pleins de sa fraicheur dérangeante, vivifiante, impertinente, savoureuse, toujours renouvelée, et puis… Et puis non.

 

En fait, ça n’aurait pas marché.

 

L’Evangile, il n’est pas fait pour être simplement écrit, il est fait pour être vécu.

Et puis, ce n’est même pas l’histoire d’une vie (ou d’une âme !), c’est bien plus fort que cela : c’est une vie.

Et pas n’importe laquelle !

 

Alors, entre l’affadissement de la Parole et le peu de followers qu’il aurait attiré à donner des crochets du droit en plein cœur du genre « il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». (Nan mais franchement… vous Lui en imaginez beaucoup des lecteurs pour Le suivre dans pareille folie ?)  

 

Pourtant, comme il est d’usage de le souligner, Jésus, il a commencé tout petit : 12 types pas vraiment tous recommandables et quelques dizaines de disciples. Et aujourd’hui, un milliard !

 

Mais justement, c’est qu’Il est la Parole de Dieu, c’est qu’Il est le Fils de Dieu qui a donné sa vie par amour pour nous…

 

Et là, ça change tout parce que tout cela, ces deux commandements chocs qui résument tout et qu’on a entendus aujourd’hui :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement.

Et voici le second, qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’il y a dans l’Ecriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces commandements. »

 

Il les a vécus. Et Il nous invite à faire de même.

A aimer, à en vivre, à en mourir :

Pour Le proclamer.

 

Alors, 

Avec la tonne de commentaires qu’il a suscités : depuis les bouquins des Pères de l’Eglise jusqu’aux plus récents blogues cathos ; 

Avec les followers qu’il s’est attiré par milliers au fil des siècles : des plus saints aux plus balbutiants qui s’efforcent de se convertir jour après jour ;

Je crois qu’on peut dire que Jésus, sans être blogueur, est sans doute LE blogueur le plus influent de tous les temps, rien qu’avec ce genre de commandements : "tu aimeras..." 

 

Oh, certes, ce n’est pas assez : il y a tant à aimer !

Mais c’est déjà pas si mal, pour une sacrée Bonne Nouvelle ! :-) 

 

 

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