Zabou the terrible

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mardi, mai 3 2011

Faire oeuvre d'anamnèse



"Tout opus est offrande et tout art poétique est le servant de l'anamnêsis, au sens originel du mot de l'Ancien et du Nouveau Testament : "se mettre en mémoire ou se représenter devant Dieu un événement du passé de telle sorte qu'il prend effet ici et maintenant." 

En cela, poème et eucharistie célèbrent la même chose ; dans la scansion du vers retentit encore "le son du pain rompu" (Jones)." 

In Botho Strauss, Le Soulèvement contre le monde secondaire : observations pour une esthétique de la présence 

jeudi, avril 28 2011

Un apophtegme, c'est pas qu'un mot compliqué, ce peut être merveille de simplicité !

Un frère demanda au bienheureux Macaire comment prier. Il lui répondit : les paroles superflues ne sont pas nécessaires, mais il suffit d'étendre les mains et de dire : "Dieu, comme tu veux ; Seigneur, comme il te plaît." Si un combat vient sur toi, il faut dire : "Dieu, viens à mon secours." Lui-même en effet sait ce qui nous est utile et il nous fait miséricorde. 

In Apophtegmes des Pères du désert

jeudi, avril 21 2011

Humour dans l'amour


Simplement parce que je trouve beau et bon de lire ou relire ce texte en plein coeur de la Semaine Sainte ! 



"Humour dans l'amour

Quand on sait ce que nous sommes, il serait ridicule, vraiment, de n'avoir pas dans notre amour un peu d'humour, car nous sommes d'assez comiques personnages, mais mal disposés à rire de notre propre bouffonnerie. 

Seigneur, je vous aime plus que tout... en général ; mais tellement plus que vous, dans cette petite minute qui passe, une cigarette anglaise... ou même gauloise ! 

Seigneur, je vous donne ma vie, toute ma vie... mais pas ce tout petit morceau de vie, ces trois minutes... où je n'ai pas tellement envie d'aller travailler. 

Seigneur, vous gagner la ville, et la France, et l'univers, me consumer pour votre règne... mais ne pas écouter cette insupportable créature qui me raconte pour la centième fois ses minuscules ennuis. 

Oui, nous sommes des héros de comédie bouffe et, de cette comédie, il serait normal que le premier public ce soit nous. Mais là n'est pas le bout de l'histoire. 

Quand on a découvert cet impayable comique, quand on est parti d'un grand éclat de rire en récapitulant la farce de sa vie, on est tenté de s'abandonner, sans plus, à une carrière de clown pour laquelle, après tout, on semble assez doué. 

On serait volontiers tenté de penser que cela n'a pas grande importance et qu'à côté des sublimes, des forts, des saints, il y a place pour des pitres et des guignols et qu'ils ne gênent guère Dieu. Ce n'est certes pas très exaltant, mais ce n'est pas non plus très fatigant, et c'est encore un avantage. 

C'est alors qu'il nous faut souvenir que Dieu ne nous a pas créés pour de l'humain, mais pour cet amour éternel et terrible dont il aime tout ce qu'il crée depuis toujours. 

C'est alors qu'il nous faut l'accepter, cet amour, non plus pour en être le partenaire splendide et magnanime, mais le bénéficiaire imbécile, sans charme, sans fidélité fondamentale. 

Et dans cette aventure de la Miséricorde, il nous est demandé de donner jusqu'à la corde ce que nous pouvons, il nous est demandé de rire quand ce don est raté, sordide, impur. 

Mais il nous est demandé aussi de nous émerveiller avec des larmes de reconnaissance et de joie, devant cet inépuisable trésor qui du coeur de Dieu coule en nous. 

A ce carrefour du rire et de la joie s'installera notre paix inconfusible !" 

Madeleine Delbrêl

mercredi, mars 30 2011

Pensée inactuelle 7

 

Révisions de littérature comparée. Thématique n°2 , « Théâtre et violence ». Tout y tourbillonne, les violences s’enchaînent, les violences se répondent dans une atrocité cinglante. Soudain jaillit cette citation de Lévinas. Vrai joyau d’inactualité dans le tourbillon étouffant des quotidiens stressés : pour affirmer notre présence, nos choix, ou bien, encore, aller au-delà. Et cela est doux.

 

Car dire « Me voici ! » alors que la vie semble aller dans une direction toute contraire, puisque la vie ne veut qu’elle-même et commande la seule persistance dans l’être, c’est manifester par contraste quelque chose de supérieur à la vie et à la mort, glorieux par là même…

 

Emmanuel Lévinas, Ethique et infini, 1982.

 

vendredi, mars 11 2011

Marcher dans la lumière de Sa Joie


 

           « Ecoutez-les : tous, tant qu’ils sont, ils disent à l’envi que les temps sont mauvais, et qu’ils sont fatigués, et qu’ils sont occupés, et qu’ils n’ont le temps de rien, et qu’ils n’ont le cœur à rien. Et ce disant, ils sont eux-mêmes ennuyeux à souhait, et ils décuplent l’ennui du monde, si tant est qu’il soit réel. Car les temps ne sont laids qu’à cause qu’ils les ont enlaidis eux-mêmes, et ils ne sont dans l’ennui, en toutes sortes d’ennuis factices et chimériques qu’à cause des complications, et des contradictions, et de l’inconstance de leur propre cœur qui les y a jetés et qui a construit tous ces inconvénients de toute pièce.

 

Mais toi, par principe, par bienséance, et quoi qu’il en soit par ailleurs, dis à plaisir que le monde est beau, et que tu n’éprouves aucune fatigue, et que tu as tout le temps devant toi, et que tu as le cœur à l’ouvrage. Ce disant, ce faisant, tu sortiras moins de l’ordinaire que tu ne les aideras à en sortir eux-mêmes. Dis à plaisir qu’il fait beau, non par esprit de contrariété ni sur le fonds de ton propre plaisir (sans doute en éprouves-tu et en recherches-tu moins qu’eux), mais pour œuvrer, si modestement que ce soit, à la construction de la joie d’être au monde. »

 

Fr. François Cassingena-Trévedy, Etincelles III, p. 249-250

 

jeudi, mars 3 2011

Viens dehors !

« Sors de chez toi : veni foras.

Le don de soi est la condition de la vie. Plus l’homme s’épanche, plus il se fortifie ; plus sa vie est communiquée, plus elle est concentrée ; plus elle est généreuse, plus elle est maîtresse d’elle-même : plus elle est rayonnante, plus elle est centrale.

Et l’absorption en soi-même qui se donne comme une garantie, une sécurité, une prudence de la vie qui se garde, est la condition même de la pourriture. »

  

E. Hello


lundi, février 21 2011

De l'évangélisation, encore et toujours ou de l'amitié, encore et toujours.


« Le Seigneur nous a envoyés évangéliser les hommes. Mais as-tu déjà réfléchi à ce que c’est qu’évangéliser les hommes ? Evangéliser un homme, vois-tu, c’est lui dire : toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu’il sente et découvre qu’il y a en lui quelque chose de sauvé, quelque chose de plus grand et de plus noble que ce qu’il pensait, et qu’il s’éveille ainsi à une nouvelle conscience de soi. C’est cela, lui annoncer la Bonne Nouvelle. Tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, désintéressée, sans condescendance, faite de confiance et d’estimes profondes.

 

Il nous faut aller vers les hommes. La tâche est délicate. Le monde des hommes est un immense champ de lutte pour la richesse et la puissance. Et trop de souffrances et d’atrocités leur cachent le visage de Dieu. Il ne faut surtout pas qu’en allant vers eux nous leur apparaissions comme une nouvelle espèce de compétiteurs. Nous devons être au milieu d’eux les témoins pacifiés du Tout-Puissant, des hommes sans convoitises et sans mépris, capables de devenir réellement leurs amis. C’est notre amitié qu’ils attendent, une amitié qui leur fasse sentir qu’ils sont aimés de Dieu et sauvés en Jésus Christ. »

 

In Eloi Leclerc, Sagesse d’un pauvre

 

vendredi, janvier 28 2011

"La Pensée est un espace étrange"

Poids spécifique 

Mots bouleversants. Que ta pensée s'achève
veut dire qu'elle doit s'épuiser dans les choses,
s'éteindre comme l'oeil,
dont le centre brillant nourrit le réel
et le transfigure,
sans le libérer pour autant des vibrations du temps humain. 

Mais quand le réel fonce sur moi de tout son poids,
il s'emplit de pensée, il sombre au fond de l'homme,
de cet homme que je connais si peu, tout en sachant
que je ne peux m'y disperser davantage,
la vision et l'Objet absolu l'ayant pour abîme commun.
J'en parle rarement, mais je sais alors
et le poids du monde, et mon gouffre. 

Karol Wojtyla 

mardi, janvier 25 2011

Dire Hello à/a la foi

 

       « Le même homme […] a renoncé à ses illusions, mais il les regrette ; il s’est rangé et il s’ennuie. Voici comment certains hommes conçoivent la conversion. Ils croient que la conversion, c’est le refroidissement. Ils croient que les jeunes gens doivent jeter leur feu, pendant un certain temps, mais qu’à un autre âge, il est temps de se convertir, c’est-à-dire de s’ennuyer suivant certaines règles. Ils ne s’aperçoivent pas que le contraire est vrai exactement.

 

Se convertir, c’est se tourner vers Dieu qui est un feu dévorant. Se convertir, c’est s’associer au transport des joies.

 

         Se convertir, c’est se tourner vers l’amour, demander à Dieu de nous prêter sa vie, afin d’aimer divinement. Se convertir, c’est se livrer sans mesure et sans réserve aux ardeurs inextinguibles de l’amour immense ! »

 

Ernest Hello, Les Plateaux de la Balance (1880)

 

mercredi, janvier 12 2011

Parce qu'Il le vaut bien

 

Dans un regard – transfiguré – que nous porterions les uns sur les autres, nous nous verrions auréolés de ces auréoles grises que sont nos vies. Et nous devrions échanger ces auréoles, parfois, pour les embrasser, car c’est avec cela qu’il fait jour.

 

in Fr. Cassingena-Trévedy, Etincelles III, p. 228.

 

samedi, janvier 8 2011

La prière, c'est un murmure rugissant


Il n’est pas impossible que tout ressemblance avec… avec, soit tout à fait exclue ;-)

 

« - Je trouve que quelqu’un aurait dû nous préparer un repas, ajouta Digory.

- Je suis sûr qu’Aslan l’aurait fait si vous le lui aviez demandé, dit Fledge.  

- Il ne pouvait pas deviner tout seul ? demanda Polly.

- Si, sûrement, répondit le cheval (la bouche toujours pleine). Mais à mon avis il préfère qu’on le lui demande. »

C.S. LEWIS, Le Neveu du magicien

(t. 1 du Monde de Narnia)

 

 

 

mercredi, décembre 29 2010

Points cardinaux du matin ou du dessin de la lumière


  


« Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit – Chaque matin, réaliser le Nom, nous réveiller au Nom ; nous situer dans l’espace, ou plutôt dessiner l’espace. Car en disant, en pensant, en traçant "Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit", nous avons la liberté filiale de dessiner l’espace de notre propre vie. »

Fr. Cassingena-Trévedy, Etincelles III, p. 186

 

vendredi, décembre 24 2010

De l'Amour dans l'Attente




Qu’est-ce que j’aime, en t’aimant, mon Dieu ?

Ce n’est pas la beauté des corps, ni leur éclat qui passe, ni la clarté du jour qu’aiment tant nos pauvres yeux, ni les douces mélodies des cantilènes variées, ni l’odeur suave des fleurs, des parfums et des aromates, ni la manne, ni le miel, ni les membres faits pour les délices des enlacements de la chair.

Non ce n’est pas cela que j’aime, quand j’aime mon Dieu.


Pourtant, j’aime une clarté, une voix, un parfum, une nourriture, un enlacement, quand j’aime mon Dieu : c’est la clarté, la voix, le parfum, l’enlacement de l’homme intérieur que je porte en moi, là où brille pour mon âme une clarté que ne borne aucun espace, où chantent des mélodies que le temps n’emporte point, où embaument des parfums que ne dissipe pas le vent, où la table a des saveurs que n’émousse pas la voracité, et l’amour, des enlacements que ne dénoue aucune satiété : voilà ce que j’aime en aimant mon Dieu

Saint Augustin, Confessions

vendredi, décembre 10 2010

Aux poètes du theatrum mundi

« Ce qui permet de voir comment l’auteur ne se dit pas au théâtre, mais écrit pour qu’un autre parle à sa place. » (Anne Ubersfeld, Lire le théâtre I)

 

Douceur du livre théorique qui confine au spirituel, qui sonne comme une invitation à un apprentissage :

 

Non seulement à laisser notre plume, nos écrits, s’emplir du Verbe mais bien plus encore à le laisser illuminer notre vie ;

 

Invitation à l’écrire, cette vie, à la jouer, à la donner pleinement pour qu’elle s’inscrive comme un poème, particulier, unique ; pour qu’elle devienne comme une œuvre d’art que nul autre ne saurait jouer dans ses infimes nuances : tout simplement pour qu'elle soit une  vie qui résonne la Sienne dans l’immense theatrum mundi.

 

mardi, novembre 9 2010

Juste un instant, pendant que tout s'arrête

"Chaque atome de silence 
Est la chance d'un fruit mûr"
 

Paul Valéry

dimanche, octobre 31 2010

Pense-bête d'une étincelle à toujours laisser jaillir

 

« On voit parfois la vie intellectuelle envahir peu à peu la vie spirituelle, au point de se substituer tout bonnement à elle pour finir, et, suprême supercherie, de se faire passer pour elle aux yeux de son propre sujet comme à l’appréciation distraite d’autrui. Subtile et navrante métamorphose qui résulte d’une insensible démission de la seconde. Faute de persévérer dans l’attente de l’Absent et dans l’adoration de ce qu’il expérimente comme le Vide, l’esprit, relâchant tout à la fois son attention et sa tendresse, idolâtre ses propres constructions satisfaisantes, caressantes et tangibles. Et c’est ainsi que l’on s’adonne à je ne sais quelle épigraphie des choses religieuses, au lieu de s’abîmer, la tête la première, dans le grand Tu. »

 

Fr. François Cassingena-Treverdy, Etincelles III, p. 79

 

mercredi, octobre 27 2010

Loi et/ou Amour ? Loi de l'Amour

"Alors ce qu’il faut avant tout et toujours dire aux hommes, c’est d’aimer Dieu, - de savoir qu’il est l’Amour et de se fier jusqu’à la fin à son Amour.

La loi est juste. La loi est nécessaire, – de la nécessité de la transformation pour le salut, c’est-à-dire pour la vie éternelle avec Dieu.

Mais la loi n’est pas Dieu.

Et Dieu n’est pas la loi. – Il est Amour.

Si Dieu a pour les hommes le visage de la loi, - les hommes s’éloignent parce qu’ils sentent que l’amour est plus que la loi, – ici ils se trompent seulement en ceci qu’ils ne reconnaissent pas la nécessité salutaire de la loi.

Mais l’observation de la Loi sans l’amour ne serait pas salutaire.

Et l’amour peut sauver l’homme même au dernier instant d’une vie mauvaise, - si à cet instant l’homme a trouvé la lumière de l’amour, – peut-être s’il a toujours cru que Dieu est Amour.

Il faut délivrer les âmes de ce sentiment d’inimité qu’elles éprouvent (passivement et activement) à l’égard de Dieu si elles le voient dans l’appareil des lois qui leur est une image ennemie de l’amour, – et qui masque le vrai visage de Dieu.

La Croix, - c’est la Loi qui l’a imposée à Jésus, – alors  Jésus l’a prise pour partager avec nous la dureté de la loi.

Il faut dire ces choses aux hommes. Si ces choses n’étaient pas dites, ils s’éloigneraient de Dieu quand ils souffrent, parce que la loi est une chose qui paraît séparer de Dieu, et alors elle se présente à nous, – si nous ne pensons pas à l’amour, - comme une ennemie de nous, et jamais Dieu ne peut se présenter comme un ennemi.

Elle est d’une certaine manière opposée à l’amour. Dieu l’a faite en tant que Créateur de l’être. Mais en tant que notre fin et notre béatitude il nous appelle au-delà.

La loi est extérieurement proposée, elle implique une sujétion, – en elle-même elle paraît n’avoir rien à faire avec la miséricorde, – ni avec l’égalité d’amitié, – ni avec la familiarité.

Elle est vraiment une nécessité ; seulement une nécessité.

L’amour donne par-dessus la Loi.

L’amour crée la confiance, – la liberté d’esprit, – l’égalité, – la familiarité."

 In Raïssa Maritain, « Le vrai visage de Dieu ou l’Amour et la Loi »

jeudi, octobre 14 2010

Un arbre va grandir


  

« Vivre seul et libre comme un arbre

et fraternellement comme une forêt. »

 

Nazim Hikmet

 

dimanche, octobre 10 2010

Toujours nouvelle évangélisation

    On parle beaucoup de « nouvelle évangélisation » ces derniers temps, d’autant plus que Benoît XVI va créer officiellement d’ici quelques jours un tout nouveau « conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation ». En parler, c’est bien, et même très bien ; en vivre, c’est sans doute l’essentiel. En vivre dans une « pas si nouvelle évangélisation » que cela, bien qu’elle soit, de par sa nature même, toujours nouvelle. Voilà pourquoi je vous propose un extrait d’un texte d’Yves Raguin, lu en retraite il y a une quinzaine de jours, sur notre mission de chrétien. Rien de radicalement neuf mais rien que du vrai, rien que de la vie, je crois, pour propager une « beauté si ancienne et si nouvelle ». 

 

Nous pouvons maintenant préciser un peu plus clairement ce qu’il faut entendre par la « mission ». Si le but de la mission est de faire connaître le mystère caché depuis toujours et de « réaliser l’avènement de la Parole », en proposant aux hommes de croire au Christ, on peut dire qu’il y a « mission » quand cette « proposition » est faite !

 

L’Eglise et les chrétiens sont en état ou en acte de mission, là où le domaine de la foi au Christ rencontre celui de la non croyance au Christ. On peut donc se figurer que le « lieu » où s’accomplit l’acte propre de la mission est cette frontière des domaines de la foi et de la non-foi au Christ.

 

Ce « lieu » est partout. Il peut être au fond de l’âme du chrétien, il peut être là où un milieu croyant côtoie un milieu non-croyant. Dans tous les cas, la « mission » est définie comme une situation de frontières. Dans une telle situation, le chréiten rencontre ou, au moins, côtoie des non-chrétiens. S’il vit son baptême, il ne peut pas ne pas être heureux et fier de sa foi. Il se sentira toujours concerné par l’ignorance du mystère de foi chez ses voisins. S’il vit et agit en chrétien, sa vie, son attitude seront missionnaires, car tout ce qu’il est manifestera sa vie de foi dans le Christ. Sa seule présence sera une question discrètement posée à ceux qui ne croient pas.

 

Yves Raguin, s.j., L’Esprit sur le monde


dimanche, octobre 3 2010

C'est sa tactique !

    En ces temps fleurissent les billets sur la liturgie. Signalons particulièrement celui d’Emmanuel Pic sur son blogue, du Chafouin sur sacristains et ceux de Natalia et d’Edmond Prochain sur leurs blogues respectifs.

J’aimerais aussi prendre le temps d’écrire sur la liturgie : peut-être pas sur le sacré, ni sur les querelles qui nous divisent trop souvent, mais plutôt sur son aspect profondément pédagogique, sur la participation progressive de tout notre être à quelque chose qui le dépasse. Le temps me fait défaut pour mener à bien actuellement ce dessein. A défaut, je vous propose un autre extrait de Tactique du diable (livre que je ne saurais trop vous recommander !!!) de C.S. Lewis sur l’Eglise anglicane. Bizarrement, j’y ai vu comme un lien avec certaines de nos discussions, à nous catholiques, quand elles dérapent. Bonne lecture !

Mon cher Wormwood, […]

Je crois t’avoir déjà dit que, si tu ne peux empêcher ton protégé d’appartenir à une église, tu peux au moins le faire militer avec ardeur pour une tendance particulière. Je ne veux pas dire par là qu’il devrait s’engager sur le terrain doctrinal. 

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