Zabou the terrible

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lundi, juin 13 2016

Les personnes ennuyeuses et la charité assise

Dans les oeuvres de miséricorde que cette année de la miséricorde nous invite tout spécialement à découvrir ou à redécouvrir, il y en a une qui prête souvent à sourire : "supporter patiemment les personnes ennnuyeuses". A ce sujet, j'ai trouvé très beau l'éditorial de la revue Christus d'avril 2016 que je me permets de reproduire ici, qui en donne, me semble-t-il, toute la profondeur et le sens. 

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         "Les oeuvres de miséricorde décrivent un mouvement de sortie de soi pour aller au devant de l'autre "abîmé". Or, une curieuse injonction à "supporter patiemment les personnes ennuyeyses" se glisse un peu comme par erreur dans ce paysage de la bonté. On pourrait objecter qu'il n'y a pas de commune mesure entre la noblesse du service aux démunis et l'insignifiance du simple fait de supporter. En outre, quelle idée curieuse de mettre sur un même plan, les pauvres, les pécheurs... et les raseurs ! Le voisin de table qui monopolise la parole, nous abreuve de ses histoires et parle sans jamais rendre la politesse de son écoute, serait-il, à sa façon, un pauvre qui appelle notre charité ? Mais de quelle charité parle-t-on s'il ne s'agit pas de sortir de nous-mêmes pour porter nourritures et consolations ? 

            Non, il ne nous est pas demandé ici de sortir mais de rentrer. Tenir notre poste et voir s'il y a en nous la place pour un autre ; ne pas quitter notre fauteuil mais au contraire nous y installer pour accueillir celui que nous voudrions fuir. Il est temps maintenant de retenir les pensées malveillantes et, après coup, la parole assassine qui, croit-on, panse l'irritation. 

            Cette modeste "charité assise" coûte tant que nous serions tentés de l'ignorer, elle a cependant bien sa place. C'est une visite sans bouger et un don sans cadeau ; une prière dénuée de paroles. L'humble présence que nous devons à l'autre ne nous apporte pas de récompense. Goûtant la joie d'être reçu, le raseur le restera ; il ne sera peut-être pas transformé par notre présence intérieure. Nous le serons à coup sûr." 

In M.-C. Bustarret, édito "La Charité assise", Christus, avril 2016. 

vendredi, mai 13 2016

RIP Eloi Leclerc

F. Eloi Leclerc, l'auteur notamment de Sagesse d'un pauvre, est décédé ce jour. En guise d'hommage, je transcris ce petit texte qui en est issu... Un petit extrait que m'avait transmis il y a presque 10 ans feu mon père spirituel à une question connexe que je lui posais et que je garde encore tel un trésor. 

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- Sais-tu, frère, ce qu'est la pureté du coeur ? 

- C'est ne pas avoir de faute à se reprocher répondit Léon sans hésiter. 

- Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher. 

- Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d'arriver un jour à la pureté du coeur. 

- Ah ! Frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu'il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâces à cause de lui-même. C'est cela même, petit frère, avoir le coeur pur. 

Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l'immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le coeur pur est celui qui ne cesse d'adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l'éternelle innocence et à L'éternelle joie de Dieu. 

Un tel coeur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté. 

- Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon. 

- Oui sans doute, répondit François. Mais la sainteté n'est pas un accomplissement de soi ni une plénitude que l'on se donne. Elle est d'abord un vide que l'on se découvre et que l'on accepte, et que Dieu vient remplir dans la mesure où l'on s'ouvre à sa plénitude. 

Notre néant, vois-tu, s'il est accepté, devient l'espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l'Unique, le Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu'il voie sa gloire. Dieu devient alors l'azur de son âme. 

Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu'il est, s'extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l'exigence la plus profonde de cet amour que l'esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos coeurs. C'est cela avoir le coeur pur. Mais cette pureté ne s'obtient pas à la force des poignets et en se tendant. 

- Comment faire ? demanda Léon. 

- Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même ce sentiment aigu de notre détresse. Faire place nette. Accepter d'être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s'en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le coeur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l'alouette enivrée d'espace et d'azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s'est changé en un simple et pur vouloir de Dieu." 

Léon écoutait gravement, tout en marchant devant son père. Mais, à mesure qu'il avançait, il sentait son coeur devenir léger, et une grande paix l'envahir. 

Eloi Leclerc, Sagesse d'un pauvre

 

dimanche, mars 27 2016

Pâques sans comment

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"Personne n'a vu l'heure de ta victoire. Personne n'est le témoin de la naissance d'un monde. Personne ne sait comment la nuit infernale du samedi s'est transformée en la lumière du matin de Pâques. C'est en dormant que nous avons été transportés sur des ailes par-dessus l'abîme, en dormant que nous avons reçu la grâce de Pâques. Et personne ne sait comment l'événement lui est arrivé. Chacun ignore quelle main a caressé sa joue de telle sorte que soudain le monde blême éclata pour lui en vives couleurs et qu'un sourire involontaire s'épanouit sur son visage à cause du miracle qui s'accomplissait en lui." 

H.-U. von Balthasar, Le Coeur du monde

vendredi, mars 11 2016

En écho de poursuite sur le baptême

Pour poursuivre sur le baptême... 

A destination toute particulière de mes amis qui ont récemment fait baptiser ou feront baptiser dans les prochains mois leur enfant. Et @ tous aussi, bien sûr ! ;) 

 

"Nous pouvons déjà dire à propos de cette vie que ce n'est pas elle qui vit, mais le Christ en elle. Nous trouvons ici déjà ce qui deviendra manifeste tout au long d'une vie tant bienheureuse qu'amère : le mystère de DIeu, qui est l'amour. <...> Nous sommes là comme face à un précipice : dépourvus de sonde pour mesurer sa profondeur, pas le moindre petit son n'en sort, et rien pour la combler : l'être humain, iménétrable. Mais déjà, petit à petit, sans bruit, sans violence, sans refouler la moindre chose, l'immensité de l'amour de Dieu le comble doucement et silencieusement. Un mystère en appelle un autre : le mystère de l'homme, celui de Dieu ; le mystère de Dieu, celui de l'homme. <...> Par le baptême, l'immensité de Dieu pénètre, en accordant grâce et accomplissement, le mystère de l'homme qui s'engage dans les étendues de sa propre existence." 

Karl Rahner, Les sacrements de l'Eglise, 1987

 

samedi, février 13 2016

A l'école de la sainteté avec Péguy

Incroyable diversité du peuple de Dieu, unie dans une même marche : une unique vocation à la sainteté quelle que soit l'origine, quel que soit le passé... Grandir ensemble sous Son regard, même dans l'opacité, vers la lumière, en apprenant Sa miséricorde : un enjeu de la vie, peut-être encore plus spécifique et fort en Carême. 

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"Il y a deux formations, 

Il y a deux extractions, 

Il y a deux races de saints dans le ciel. 

Les saints de Dieu sortent de deux écoles. 

De l'école du juste

et de l'école du pécheur. 

De la vacillante école du péché. 

Heureusement que c'est toujours Dieu qui est le maître d'école. 

Il y a ceux qui viennent des justes et ceux qui viennent des pécheurs. 

Et ça se reconnaît. 

Heureusement qu'il n'y a aucune jalousie dans le ciel. Au contraire. 

Puisqu'il y a la communion des saints." 

Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu

dimanche, janvier 31 2016

Laisse-toi modeler par l'amour

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Avec quelques autres personnes, je travaille à la préparation d'un des livrets qui serviront pour les prochaines JMJ : c'est une expérience qui permet de se plonger d'une manière profondément spirituelle dans le thème "Heureux les miséricordieux", ainsi que dans son "incarnation" dans le peuple polonais. Un des rédacteurs a proposé cet extrait de la pièce de St Jean-Paul II, Frère de notre Dieu qu'il est si bon de savouer... Raison pour laquelle je vous le partage : 

« A : Comprenez-moi, mon Père. Comment puis-je aimer l’un et l’autre (l’art et la pauvreté), alors que je ne sais pas aimer à moitié ? C’est comme si je me trouvais entre deux abîmes qui m’attireraient également. Rester toujours à mi-chemin entre l’un et l’autre, c’est impossible.

C : Pourquoi le voir ainsi ? Tout peut devenir moyen d’aimer Dieu.

A : Tout le monde dit cela, en effet. Pourquoi donc cette vérité généralement admise n’arrive pas à être vérité pour moi ?

C : Je ne sais pas. L’âme connaît tant de chemins qui mènent à la pureté.

A : Et moi, j’ai commencé à trouver impur ce qui avant m’était idéal.

C : C’est possible. La purification est aussi vocation.

A : Que me conseillez-vous, mon Père ?

C : Fais confiance à l’amour. Il saura te former.

A : Comment ?

C : Je ne sais pas. Ton amour t’appartient. Il est le bien qui t’a été donné. Je ne peux pas juger ton amour jusque dans ses moindres frémissements.

A : Si pourtant vous vouliez me guider, m’ordonner ou m’interdire, rejeter ou approuver.

C : Ce sont là des choses trop graves et trop grandes. On ne peut rien ordonner à l’amour. Pense un peu. Notre Seigneur s’en sert pour faire tant de bien. Plus qu’aucune autre chose, l’amour nous unit à lui. Car tout se transforme dans l’amour… laisse-toi modeler par l’amour. » 

 Acte II, sc. 4 

dimanche, janvier 10 2016

Chemin de Lumière

De la fête de l'Epiphanie, célébrée en France dimanche dernier, à la fête du Baptême du Christ célébrée ce dimanche qui clôt ce qu'on appelle le "temps de Noël", les oraisons liturgiques quotidiennes tracent un bel itinéraire : un véritable chemin de Lumière. 

A entendre et à écouter : comme un appel à laisser la lumière de nos "théophanies" entrer dans nos vies pour que celles-ci deviennent à leur tour théophanies pour d'autres, en fils dans la lignée du Fils. 

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"Seigneur, nous t'en prions, éclaire nos coeurs de Ta lumière souveraine : nous trouverons alors la force d'avancer dans un monde obscur pour atteindre le pays du jour sans déclin." 

"Dieu éternel, c'est dans la réalité de notre chair que Ton fils unique est apparu ; puisque nous reconnaissons que Son humanité fut semblable à la nôtre, donne-nous d'être transformé par Lui au plus intime de notre coeur". 

"Seigneur notre Dieu, soleil qui brille pour toutes les nations, accorde aux peuples de la terre de vivre en paix, et fais lever en nos coeurs l'admirable lumière qui a guidé les mages vers tin Fils." 

"Seigneur, avec ton Fils bien-aimé, l'aurore de Ton jour éternel s'est levée sur toutes les nations : accorde à Ton peuple de reconnaître la gloire de Son Rédempteur et de parvenir à la lumière qui ne s'éteint pas." 

"Dieu tout puissant, Tu as signifié par une étoile qu'un Sauveur était né pour le monde : maintiens Ta lumière en nos coeurs pour que nous entrions plus avant dans ce mystère." 

"Dieu éternel et tout-puissant, Tu as voulu que, dans Ton Fils unique, nous devenions pour Toi de nouvelles créatures ; que Ta grâce nous modèle à l'image du Christ en qui notre nature est unie à la Tienne." 

 

jeudi, novembre 5 2015

En tant qu'amour, Il est le mystère du monde

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« Si nous pensons réellement Dieu comme unité originaire de vie et de mort au profit de la vie, nous pouvons dire de quoi nous parlons quand nous parlons de Dieu. Car alors nous pouvons dire que Dieu est l’amour.

En tant qu’amour, il est le mystère du monde. Et c’est par ce mystère de l’amour que l’homme, fixé sur le vouloir-avoir, passe à la liberté du pouvoir-être. Dans l’amour qui mérite d’être appelé Dieu, nous passons de l’état de possédants à celui d’existants. »

 

Eberhard Jüngel, Dieu mystère du monde

 

mercredi, octobre 28 2015

Cette lumière qui irradie l'existence

"Ce sont ceux qui aiment qui en savent le plus long sur Dieu, 

c'est eux que le théologien doit écouter". 

H.-U. von Balthasar, avant propos de L'Amour seul est digne de foi

 

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Y entendre comme une invitation à écouter le plus petit,

Celui qu'on repère souvent le moins,

Et qui, pourtant, aime tellement bien... 

 

Choisir, chaque jour plus, humblement, l'abandon et la confiance, 

Et, comme le plus important de tous les "discours" sur Dieu, la prière simple et tendre d'un coeur aimant. 

 

mardi, octobre 13 2015

De l'amour, de la persévérance

J'ai beaucoup apprécié l'une des lectures de l'office des lectures de ce jour qui forme comme une belle prière. Alors, en voici un extrait :  

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(Ca ne se voit pas mais c'est bien une statue représentant l'auteur du texte ci-dessous - devant la basilique de Luxeuil-les-Bains - et non Gandalf le magicien du Seigneur des Anneaux)

"Seigneur, accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement, que je sache tenir toujours ma lampe allumée, sans jamais la laisser s'éteindre ; qu'en moi elle soit feu, et lumière pour mon prochain. 

Ô Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur, fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde. 

Veuille donc, Jésus, je t'en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu'ainsi, à cette clarté, m'apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense. Qu'à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon coeur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente. 

Fais-nous la grâce, je t'en prie, puisque nous frappons à ta porte, de te manifester à nous, Sauveur plein d'amour. Te comprenant mieux, puissions-nous n'avoir d'amour que pour toi, toi seul. Sois, nuit et jour, notre seul désir, notre seule méditation, notre continuelle pensée. Daigne répandre en nous assez de ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Remplis-nous de ton amour jusqu'au plus intime de nous-mêmes, qu'il nous possède tout enteiers et que ta charité pénètre toutes nos facultés, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon, toi, qui es éternel." 

Instruction spirituelle de saint Colomban

mardi, octobre 6 2015

En pèlerinage permanent d'apprentissage de Lui

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"Le Dieu inconnu. Ce qu'est Dieu, on ne le sait ; Il n'est ni lumière, ni esprit, ni vérité, unité, Un, ni ce qu'on appelle Déité ; ni sagesse, ni raison, ni amour, volonté, bonté ; ni chose, ni non-chose, ni essence, ni coeur :

Il est ce que toi, moi, et toute créature, nous n'apprenons jamais avant d'être devenus ce qu'Il est." 

in Angelus Silesius, Pèlerin chérubinique. 

 

samedi, octobre 3 2015

Fioretti de Laudato si (4/6)

        Le temps passe et je n'ai pas pris le temps de remettre en forme mes quelques notes sur l'encyclique du pape. Voici, à l'instar des autres chapitres, quelques citations de la 4ème partie, intitulée "écologie intégrale". Evidemment, c'est le lieu du martèlement du fameux "tout est lié" mais c'est surtout le lieu de sa réalisation concrète : j'aime particulièrement ainsi, alors qu'on pourrait avoir un simple discours sur la création, que le pape ose balayer de nombreux sujets et aille jusqu'à se préoccuper d'urbanisme et finalement en élargissant de tous nos problèmes si liés à la non-mixité sociale et à l'individualisme.  En remettant Dieu et l'homme à leur juste place... "Tout est lié" : reste à le vivre ! 

"Il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux. Il n'y a pas deux crises séparées, l'une envirennementale et l'autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-envirennementale. Les possibiltiés de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature." (§139) 

"D'une manière plus directe, {la préservation des richesses culturelles de l'humanité} exige qu'on fasse attention aux cultures locales, lorsqu'on analyse les questions en rapport avec l'environnement, en faisant dialoguer le langage scientifique et technique avec le langage populaire. C'est la culture, non seulement dnas le sens des monuments du passé mais surtout dans son sens vivant, dynamique et participatif, qui ne peut pas être exclue lorsqu'on repense la relation de l'être humain avec l'environnement." (§143) 

"si les limites de l'environnement sont compensées dans chaque personne qui se sent inclue dans un réseau de communion et d'appartenance. De cette façon, n'importe quel endroit cesse d'être un enfer et devient le cadre d'une vie digne." (§148) 

"L'acceptation de son propre corps comme don de Dieu est nécessaire pour accueillir et pour accepter le monde tout entier comme don du Père et maison commune ; tandis qu'une logique de domination sur son propre corps, à en prendre soin et à en respecter les significations, est essentiel pour une vraie écologie humaine." (§155)

"C'est pourquoi, il ne suffit plus de dire que nous devons nous préoccuper des générations futures. Il est nécessaire de réaliser que ce qui est en jeu, c'est notre propre dignité. Nous sommes, nous-mêmes, les premiers à avoir intérêt à laisser une planète habitable à l'humanité qui nous succédera. C'est un drame pour nous-mêmes, parce que cela met en crise le sens de notre propre passage sur cette terre." (§160) 

mercredi, septembre 2 2015

Pour se préparer au jubilé, aux JMJ...

"Après un XXème s. où les hommes ont pu mesurer avec effroi la force du mal qu'ils sont capables de commettre, la tâche particulière des chrétiens du troisième millénaire est de croire en la miséricorde de Dieu, plus forte que le mal et limite véritable du mal, et d'offrir leur coeur pour devenir par la grâce de Dieu cette limite même." 

Cardinal André Vingt-Trois, préface au Petit journal de Soeur Faustine

 

lundi, août 31 2015

Foretti de Laudato si (3/6)

       Dans ce troisième chapitre de l'encyclique intitulé "La racine humaine de la crise écologique", c'est une belle série de crochets et d'uppercuts bien sentis que le pape François propose. De quoi non seulement tous se sentir responsables - sans défaitisme - mais aussi et surtout de quoi nous interroger sur ce qu'il nomme, et ce avec beaucoup plus de justesse que le mot technologie, la technocratie. De quoi réfléchir à la racine, pour agir... Comme précédemment, quelques citations glanées à la lecture. 

 

"On a tendance à croire que 'tout accroissement de puissance est en soi 'progrès', un degré plus haut de sécurité, d'utilité, de bien-être, de force vitale, de plénitude des valeurs' <Romano Guardini>, comme si la réalité, le bien et la vérité surgissaient spontanément du pouvoir technologique et économique lui-même. Le fait est que 'l'homme moderne n'a pas reçu l'éducation nécessaire pour faire un bon usage de son pouvoir', parce que l'immense progrès technologique n'a pas été accompagné d'un développement de l'être humain en responsabilité, en valeurs, en conscience." (§105) 

"Aujourd'hui le paradigme technocratique est devenu tellement dominant qu'il est très difficile de faire abstraction de ses ressources, et il est encore plus difficile de les utiliser sans être dominé par leur logique." (§108)

"La culture écologique ne peut pas se réduire à une série de réponses urgentes et partielles aux problèmes qui sont en train d'apparaître par rapport à la dégradation de l'environnement, à l'épuisement des réserves naturelles et à la pollution. Elle devrait être un regard différent, une pensée, une politique, un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité qui constituerait une résistance face à l'avancée du paradigme technocratique." (§111)

"La façon correcte d'interpréter le concept d'être humain comme 'seigneur' de l'univers est plutôt celle de le considérer comme administrateur responsable." (§116)

"On oublie que la valeur inaliénable de l'être humain va bien au-delà de son degré de développement. Du reste, quand la technique ignore les grands principes éthiques, elle finit par considérer comme légitime n'importe quelle pratique. Comme nous l'avons vu dans ce chapitre, la technique séparée de l'éthique sera difficilement capable d'autolimiter son propre pouvoir." (§136)

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jeudi, août 6 2015

Fioretti de Laudato si (2/6)

          Dans ce deuxième chapitre de l'encyclique, intitulé "L'Evangile de la création", le pape nous offre une belle réflexion sur notre situation de croyant au sein de notre "maison commune" : en retraçant les rapports de l'homme et de la création dans l'histoire du salut, il attire notre regard sur des points parfois trop oubliés (... en tout cas par moi !) de la Parole de Dieu qui invitent à mieux contempler la Création, à mieux regarder le monde. Plein d'audace et de réalisme, j'ai trouvé ce chapitre particulièrement nourrissant et stimulant pour notre prière comme pour notre action responsable (en lien avec la doctrine sociale de l'Eglise, notamment)... voici quelques fioretti que j'en relève, parmi tant d'autres.  

https://lh3.googleusercontent.com/IMzSZlMu3HzShUMYGI4nII0K0d-P-v04pz5JA2sbOGPEH5CZES-IX8TF4KzAVd-pyd_Cl3FVxSMDyU8=w1062-h406

 

 

"Pour la tradition judéo-chrétienne, dire 'création', c'est signifier plus que 'nature', parce qu'il y a un rapport avec un projet de l'amour de Dieu dans lequel chaque créature a une valeur et une signification [...] comme une réalité illuminée par l'amour qui nous appelle à une communion universelle." (§ 76) 

 

"La nouveauté qualitative qui implique le surgissement d'un être personnel dans l'univers matériel suppose une action directe de Dieu, un appel particulier à la vie et à la relation d'un Tu avec un autre tu. A partir des récits bibliques, nous considérons l'être humain comme un sujet, qui ne peut jamais être réduit à la catégorie d'objet." (§ 81) 

 

 

"Chaque créature a une fonction et [...] aucune n'est superflue. Tout l'univers matériel est un langage de l'amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l'eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu." (§ 84) 

 

 

"D'où la conviction que, créés par le même Père, nous et tous les êtres de l'univers, sommes unis par des liens invisibles, et formons une sorte de famille universelle, une communion sublime qui nous pousse à un respect sacré, tendre et humble." (§ 89) 

 

 

" Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l'environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagements constant pour les problèmes de la société." (§ 91) 

 

mardi, août 4 2015

Fioretti de Laudato si (1/6)

Parmi les lectures estivales se trouve évidemment l'encyclique du pape François Laudato si que, oui, je n'ai pas encore lue ! On en trouve des résumés et des critiques à peu près partout sur la toile... et pourtant, j'avoue que je me laisse agréablement surprendre par les propos percutants et profonds de celle-ci, décalant certainement notre propre centre de gravité occidentalo-centré sur ces questions écologiques. Et cela est bon. 

Alors, plus que parler, plus que résumer et plus que commenter, je laisserai ici comme des fioretticoncept si lié au saint patron de notre pape, des étincelles ayant illuminé et fait pétiller ma lecture, bref des citations de quelques phrases au fil de ma propre lecture critique et méditative, en guise de partage.  Il y a 6 chapitres, donc il y aura 6 billets avec la particularité que ce premier "vaudra" pour introduction et premier chapitre ("Ce qui se passe dans notre maison") !  

https://lh6.googleusercontent.com/-_UgOoJ9w428/VaWdUhCFpII/AAAAAAAAYAk/h7pDpwcLi6c/w649-h436-no/DSC_2017.JPG

"Le monde est plus qu'un problème à résoudre, il est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et dans la louange" (§12) 

"L'objectif [...] est d'oser transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde." (§19)

"Il semble que nous prétendions substituer à une beauté, irremplaçable et irrécupérable, une autre créée par nous." (§34)  

"Si nous tenons compte du fait que l'être humain est aussi une créature de ce monde, qui a le droit de vivre et d'être heureux, et qui de plus a une dignité éminente, nous ne pouvons pas ne pas prendre en considération les effets de la dégradation de l'environnement, du modèle actuel de développement et la culture du déchet, sur la vie des personnes." (§43)

"A cela s'ajoutent les dynamiques des moyens de communication sociale et du monde digital, qui, en devenant omniprésentes, ne favorisent pas le développement d'une capacité de vivre avec sagesse, de penser en profondeur, d'aimer en générosité. Les grands sages du passé, dans ce contexte, auraient couru le risque de voir s'éteindre leur sagesse au milieu du bruit de l'information qui devient divertissement. Cela exige de nous un effort pour que ces moyens de communication se traduisent par un nouveau développement culturel de l'humanité, et non par une détérioration de sa richesse la plus profonde. La vraie sagesse, fruit de la réflexion, du dialogue et de la rencontre généreuse entre les personnes, ne s'obtient pas par une pure accumulation de données qui finissent par saturer et obnubiler, comme une espèce de pollution mentale." (§47) 

"Nous avons besoin de renforcer la conscience que nous sommes une seule famille humaine. Il n'y a pas de frontières ni de barrière politiques ou sociales qui nous permettent de nous isoler, et pour cela même il n'y a pas non plus de place pour la globalisation de l'indifférence." (§52) 

 

jeudi, juillet 16 2015

Hymne à la Sainte Face

De sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix : 

"Toi qui as aimé les tiens
comme jamais aucun homme n'a aimé sur cette terre,
Tu nous as fait, en quittant la terre,
la promesse consolante
de rester avec nous jusqu'à la fin des temps.

Maintenant Tu habites caché au milieu de nous.
En tous temps et en tous lieux se déversent hors de ta tente
consolation, lumière et force dans les âmes ici-bas
qui se réfugient auprès de Toi.
Elles regardent avec amour vers la petite hostie,
image silencieuse de la pureté et de la paix.
Pourtant, dans le coeur de ceux qui T'aiment, 
jamais ne se tait le désir ardent de Te voir en personne,
Toi, le plus beau de tous les enfants des hommes,
dans ta forme corporelle. (...)

Et maintenant, en ces derniers temps,
alors que la foi, l'espérance et l'amour ont disparu,
Tu as découvert ta Sainte Face,
la Face de celui qui souffrit sur la Croix
et ferma les yeux dans le sommeil de la mort.

Comme derrière un voile nous voyons la souffrance
dans ces traits saints, sublimes.
Cette souffrance - dépassant toute mesure humaine -
est si grande que nous ne pouvons 
ni la saisir ni la pénétrer.
Pourtant Tu souffris silencieux
et en Toi était une force qui maîtrisait l'excès de la souffrance.
Tu étais son Seigneur lorsque Tu Te livrais à elle.
Une paix insondable et profonde coule de ces traits et dit :
Tout est accompli.

Sur celui à qui Tu T'unis éternellement
Tu jettes le mystérieux voile :
il supporte avec Toi Ta souffrance et souffre comme Toi,
caché, silencieux et profondément en paix." 

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mardi, mai 26 2015

Parce qu'un puits porte loin

"Et cependant, nous avons aimé le désert. S'il n'est d'abord que vide et silence, c'est qu'il ne s'offre point aux amants d'un jour. [...] 

Si nous ne renonçons pas, pour lui, au reste du monde, si nous ne rentrons pas dans ses traditions, dans ses coutumes, dans ses rivalités, nous ignorons tout de la patrie qu'il compose pour quelques-uns. Mieux encore, à deux pas de nous, l'homme qui s'est muré dans son cloître, et vit selon des règles qui nous sont inconnues, celui-là émerge véritablement dans des solitudes tibétaines, dans un éloignement où nul avion ne nous déposera jamais. Qu'allons-nous visiter sa cellule ? Elle est vide. L'empire de l'homme est intérieur. [...] 

Mais voici qu'aujoud'hui nous avons éprouvé la soif. Et ce puits que nous connaissons, nous découvrons, aujourd'hui seulement, qu'il rayonne sur l'étendue. Une femme invisible peut enchanter ainsi toute une maison. Un puits porte loin, comme l'amour. [...] 

Nous avons accepté la règle du jeu, le jeu nous forme à son image. Le Sahara, c'est en nous qu'il se montre. L'aborder, ce n'est point visiter l'oasis, c'est faire notre religion d'une fontaine." 

in Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes 

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jeudi, avril 23 2015

Devenir mère de Dieu

"Vous connaîtrez chaque jour Dieu davantage, non pas si vous faites une prière abstraite, dans des mots, mais vous connaitrez Dieu si, à chaque pas, dans votre atelier, dans votre bureau, dans votre communauté, si, à chaque pas, le sourire de Dieu se lève parce que vous portez un cœur capable d'être son berceau. 

C'est cela, être chrétien, c'est être la mère de Dieu, c'est faire de toute la vie ce Noël mystérieux, bouleversant, qui transfigure la vie, ce Noël qui doit être aujourd'hui pour que toute âme qui répond à l'appel de Dieu et qui s'expose au rayonnement du mystère virginal de Marie, devienne à son tour la mère de Dieu." 

Maurice Zundel

 

mardi, février 10 2015

La seule motivation de l’obéissance et de l'action

 

« ‘En passant, Jésus vit Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des péages. Il lui dit : Suis-moi. Lévi se leva et le suivit’ (Mc 2, 14). L’appel est lancé, sans autre intermédiaire : l’acte d’obéissance suit de la part de celui qui a été appelé. La réponse du disciple ne consiste pas dans une confession de foi en Jésus, mais dans un acte d’obéissance. […] On pose la question stupide de savoir si, par hasard, le péager ne connaissait pas déjà Jésus, ce qui expliquerait qu’il ait été prêt à le suivre à son appel. Mais sur ce point même le texte s’obstine à ne pas répondre, tout ce qui lui importe, précisément, c’est ce vis-à-vis, sans aucun intermédiaire, d’appel et d’action. Peu lui importent les motivations psychologiques des décisions pieuses d’un homme. Et pourquoi ? Parce qu’il est une seule motivation valable à ce vis-à-vis d’appel et d’action : Jésus Christ lui-même. »

 

Dietrich Bonhoeffer, « L’appel à l’obeissance », Le Prix de la grâce, Cerf, coll. Labor et fides, 1985, p. 32.

 

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