Zabou the terrible

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Mot-clé - Cum Sancto Spiritu !

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samedi, octobre 19 2013

Durant une semaine mais pour que ce soit pour la vie


"Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de coeur" (Matt. 11, 29) 


dimanche, septembre 1 2013

D'un Z qui veut dire ZEP

Dans nos contrées hostiles (ou pas), le jeune prof effectue une mutation au bout d'un an : de stagiaire, il devient titulaire ce qui rime le plus souvent avec un nouveau sigle-statut, TZR. 


TZR signifiant "troubadour en zone de rugissement" (ou tout au moins quelque chose d'approchant) ce qui signifie qu'il est envoyé dans divers coins selon les besoins. 

Il arrive que cet envoi soit à l'année et cela peut alors tomber dans ces endroits marqués d'un sigle cette fois bien connu : ZEP, soit, sérieusement cette fois, Zone d'Education Prioritaire. Point n'est besoin de faire un tableau. 


Avant la rentrée, le jeune prof sait que l'année sera éprouvante, 

Qu'il lui faudra enseigner autrement, qu'il y aura de la rudesse et des jours certainement sombres.  

Mais que, pour cela, elle pourra aussi être enthousiasmante


Car il y a du défi dans l'air pour le prof s'y préparant et la catholique que je suis abandonne un temps les sigles de son ministère pour prier le plus abondamment : 

Pour trouver les mots qu'il faut, 

Pour transmettre un peu de ce savoir si important, 

Pour aider à grandir, 

Pour aider à vivre. 


Car, si ces endroits demandent une "éducation prioritaire", 

Sans doute y sommes-nous plus utiles qu'ailleurs, 

Quand bien même nous ne pourrions y faire que le quart de ce que nous aurions aimé faire. 

Préparer sa rentrée est alors beaucoup prier, 

Lire et écouter la Bible où Dieu se révèle comme le meilleur éducateur qui soit, 

Lui confier ses futurs élèves et soi-même, 

Parce que de cette rentrée, on ne sait quasiment rien, 

Sinon qu'on aura besoin de Lui comme plein appui

Et, peu à peu, avoir quand même vraiment envie d'y aller, de commencer, surtout en cette veillée de pré-rentrée : 

Car c'est sans doute là que, pour une année, nous sommes, par Lui et pour Lui, appelés. 



Au boulot ! 

Seigneur, viens à notre aide ! 



P.S. : en attendant, j'ai aussi décidé de réviser sérieusement mon vocabulaire… ;-) 



mardi, août 20 2013

En guise de prière du soir, par-delà la pensée

 

 

 

« Éternel, je me tais ; en Ta sainte présence,

Je n’ose respirer ; et mon âme en silence

Admire la hauteur de Ton nom glorieux ;

Que dirai-je, abîmé en cette mer profonde ?

Pendant qu’à l’infini Ta clarté nous inonde,

Pouvons-nous seulement ouvrir nos faibles yeux ?

 

Je T’approche en tremblant, lumière inaccessible ;

Et sans voir dans son fond l’être incompréhensible,

Par un vol étonné je m’agite à l’entour.

 

Cessez, qu’espérez-vous de vos incertitudes,

Vains pensers, vains efforts, inutiles études ?

C’est assez qu’Il ait dit : Je suis celui qui suis.

Il est tout, Il n’est rien de tout ce que l’on pense,

Avec ces mots profonds, j’adore son essence,

Et sans y raisonner, en croyant je poursuis

 

Descends, divin Esprit, pure et céleste flamme,

Puissant moteur des cœurs qu’en secret je réclame ;

Et toi qui le produis dans l’éternel séjour,

Accorde Ta présence à mon âme impuissante,

Fais-en, car Tu le peux, une fidèle amante,

Et pour Te bien aimer, donne-lui Ton amour. »

 

J.-B. Bossuet

 

lundi, mai 20 2013

Esprit punchy

L’Esprit Saint, on le croit parfois silencieux mais il peut aussi nous sembler par moments particulièrement punchy : un coup à droite, un coup à gauche, un coup dans l’estomac, un coup au cœur… Et vlan, c’est la grande bourrasque que tu te manges dans la figure sans prévenir.

 

Bien évidemment, Il ne nous frappe en général pas directement mais, au gré des circonstances, des rencontres, des paroles des uns et des autres, il arrive que tu te prennes une bonne droite bien sentie. Dans le genre qui te retournent complètement parce que les mots posés viennent juste relever la situation où tu te trouves là, maintenant, ou parce que le mot « coïncidence » s’est encore écrit « clin-Dieu », éventuellement en majuscules même. Le pire, c’est quand ça le fait plusieurs fois d’affilée : là, tu finis par te dire qu’il y a un truc à comprendre même si tu ne vois pas très bien quoi.

 

À la Pentecôte, on se rappelle plus particulièrement de ce Souffle, de ce Feu qui vient surprendre, déranger et envoyer mais on se rappelle aussi avant tout et surtout qu’Il est don.

 

Qu’Il est lumière et consolateur,

Qu’Il est fraicheur et chaleur,

Qu’Il est repos et réconfort

Qu’Il est bain et guérison,

Qu’Il est souplesse et droiture…

 

Qu’Il est secours venant dans nos sécheresses de prière, dans nos manques de confiance et d’audace ;

Qu’Il nous apprend à prier,

Qu’Il nous apprend à nous confier.

 

Le côté terriblement punchy de l’Esprit,

C’est finalement que, s’Il vient agir avec une certaine force qui n’est pas toujours très agréable, c’est pour mieux nous modeler,

Don qui se fait offrande,

Coup de poing qui se mue en coup de pouce,

Selon Lui,

Pour être envoyés vers un monde à aimer :

En énergie qui appelle la nôtre.

 

jeudi, mai 16 2013

Préparation à la Pentecôte

 

De haut en bas,  

De bas en haut,

D’un Autre,

Pour jaillir en soi,

Vers les autres.

 

 

 

« Pneumatologie – "L’Esprit Saint viendra sur toi (ép-éleusétai épi sé) et la Puissance du Très Haut fera sur toi de l’ombre" (épiskiasei soi, Lc 1, 35) - "L’Esprit Saint vous fera souvenir (hypomnèsei) de tout ce que je vous ai dit" (Jn 14, 26) – Voici, suggéré par les mots, plus exactement encore par les préfixes, un double mouvement et une double position fondamentale de l’Esprit.

L’Esprit sur-vient et il sous-vient. Il y a, par en-dessus, une épiclèse de l’Esprit, comme il y a, par en-dessous, une "sous-jacence » de l’Esprit. Ou, si l’on préfère, il existe une double épiclèse de l’Esprit : celle qui opère par le haut et celle qui opère par le bas. "L’Esprit du Seigneur est sur moi" (Lc 4, 18). L’esprit du Seigneur est sous moi, aussi.


Il existe une survenance de l’Esprit en vertu de laquelle il est consécration. 

Il existe une souvenance de l’Esprit en vertu de laquelle il est mémoire. »

 

in Fr. François Cassingena-trévedy, étincelles III, p. 300.

 

samedi, avril 13 2013

Gestes d’Esprit

 

 

  

Il est des gestes dont on ne saurait exactement dire en quoi ils sonnent juste mais qui le sont intrinsèquement, qui sont aussi beaux que porteurs de sens, aussi pétris de foi que vivifiants :

 

Se laisser choisir ;

Accompagner, une main posée sur l’épaule ;

Dire un prénom, ce prénom-là, pour présenter ;

Transmettre une lumière vive et réchauffante ;

Nouer une croix autour d’un tout jeune cou pour que celle-ci vienne battre le rythme de la vie à force de battre contre la peau ;

Marcher ensemble le temps d’une procession, pour marcher ensemble plus longuement.

 

Il est des gestes qui parlent, qui sont faits pour dire sans que l’on ait besoin de dire plus,

Parce qu’ils sont posés pour un(e) autre, comme un petit marchepied dans notre marche commune vers Lui ;

 

Il est des gestes qui, le soir venu, nous renvoient à la question d’un Autre  

« M’aimes-tu ? »

 

Viens Saint Esprit


Viens Saint Esprit, 

Viens raviver, 

Viens compléter, 

Viens enflammer, 

Viens brûler,
 
Toujours plus fort...  

mardi, mars 26 2013

C’est la famille, mon frère !


 

Il faut dire que, depuis l’élection du pape François, on n’arrête pas d’essayer de la classifier, de la reclassifier cette Église, son pape, toussa toussa

 

J’aimerais bien que ceux qui s’y essaient avec grandiloquence viennent participer à cet événement Facebook dont, pour une fois, on peut bien dire qu’il s’agit d’une grand-messe annuelle.

 

Y a plein de gens, là, réunis, à la même heure, à un même lieu, de tout un département…

Un ou des évêque(s), des prêtres, des diacres, des laïcs et des consacrés en tous genres ;

Des enfants, des jeunes, des adultes dans la force de l’âge, des gens mûrs, des personnes âgées ;

Des gens qui bossent, des retraités et des chômeurs aussi bien que des étudiants ;

Ça, vous voyez, ce n’était pas exceptionnel, c’était un échantillon d’Église dans toute sa surprenante et si riche variété, réunie à l’occasion de la messe chrismale pour prier ensemble.

C’est l’Église que j’aime,

C’est mon Église, c’est l’Église.

 

Car l’Église que j’aime qui est tout simplement l'Église, elle n’est ni à gauche, ni à droite ;

L’Église que j’aime, l’Église à laquelle j’appartiens, l’Église au sein de laquelle je vis, elle trace un espace d’un geste :

« Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »

Et tout est dit d’une même voix, traçant cet espace en Lui où l’on se réunit,

En famille.

 

samedi, mars 16 2013

Conclave monastique

 

 

 

J’avais fixé les dates de ma retraite bien avant de savoir qu’il y aurait un conclave à cette période.

Mais, après tout, profiter de cinq jours pleins chez les bénédictins pour prier pour l’Église, pourquoi pas : au contraire, c’était finalement peut-être la manière la plus profonde de m’associer à ce conclave.

 

Prière d’intercession pour les cardinaux lors des offices ;

Messe votive au Saint Esprit le mardi midi pour l’entrée en conclave ;

Un peu à l’écart du monde, nous en vivions finalement au plein diapason.

 

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samedi, mars 2 2013

De la catholicité viscérale en vacance(s)

 

 

 

En 2005, j’étais tout entière à ma tristesse de perdre celui que je considérais comme un véritable homme de Dieu. Quand j’ai appris son décès, il me semble que j’ai ensuite pleuré, et beaucoup, en regardant les reportages qui se succédaient à la télé.

 

Dans la pensée, dans la prière pour le bienheureux Jean-Paul II, je n’avais pas réellement prêté attention à la période de vacance pontificale. Si ce n’est pour m’intéresser aux cardinaux électeurs.

 

La décision de Benoît XVI – qui, sans me coûter des torrents de larmes, me fit un petit gros pincement au cœur mercredi et jeudi lors de ses dernières apparitions publiques et je crois bien une petite larme d’émotion du coin de l’œil – a permis de nous préparer à une vacance plus organisée, moins impromptue.

 

Mais une vacance, mais une béance quand même, qui s’entend à la messe quand on entend uniquement le prénom de son évêque et non plus celui du pape.

 

Cela fait 24h que les catholiques n’ont plus de pape et je crois bien que je ne me suis jamais sentie si catholique.

 

Oh bien sûr, en temps normal je pourrais vous donner 10 000 bonnes raisons d’être catholique : mais ce serait les miennes, elles seraient en deçà de la réalité et ce ne serait sans doute pas celles que Dieu souhaite pour vous puisque l’essentiel réside dans ce lien intime et vivant que chacun entretenons avec Lui.

 

Mais là, il ne s’agit pas de discussions, il s’agit d’un constat et même d’un constat viscéral : c’est une des forces de l’Église catholique que d’avoir un pape pour l’aider à s’orienter vers le Christ. Il ne se substitue pas à Lui, bien sûr, comme il n’est pas maître des inspirations et des charismes que l’Esprit Saint dépose au cœur de la vie de chacun mais il est là pour nous aider, par ses prises de parole et par sa prière, à rendre toujours plus vrai notre attachement au Christ en Église, c’est-à-dire en communauté.

 

Ce n’est pas « moi seul(e) », c’est « mes frères avec moi » : le ministère pétrinien est un service pour guider la communion d’une immense communauté de plus d’un milliard de personnes, recouvrant des réalités extrêmement différentes, vraie pierre qui doit être solide, sur laquelle se bâtit cette Église diverse mais devant être une.

 

Catholique donc dans cette vacance, viscéralement catholique, unie par la prière avec mes frères pour que les cardinaux discernent celui dont l’Église a besoin dans les années qui viennent ; priant déjà pour celui qui, parmi eux, recevra la lourde tâche de nautonier dans « la barque du Seigneur »

 

mardi, février 12 2013

Le pape ? Le pape où ? #2

 

Des nombre(ux) cardinaux et de l’ordinaire de la prière

 

 

Ok, là, ce n’était pas une occasion ordinaire !

 

Forcément aussi, dans les prochaines semaines, les pronostics pour le futur conclave iront bon train

 

On cherchera le meilleur papabile puis l’on se rappellera posément, à intervalles réguliers et pour paraître sérieux et mesurés, l’adage « qui entre pape au conclave en sort cardinal ».

 

On tâchera d’évaluer les « forces » en présence ;

On mesurera l’impact des discours comme autant de « programmes » politiques : les amitiés, les inimités, les influences…

Bref, on parlera de l’Église comme d’une institution politique.

C’est vrai mais en partie car l’on passe comme souvent à côté de l’essentiel.

 

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samedi, décembre 29 2012

Si tu pries dans la ville - de la durée et des hommes

 

 

 

« Si tu pries dans la ville, tu n’y viens pas en touriste ni pour y faire des expériences. Si ton Seigneur t’appelle là, enracine-toi dans le quotidien, entends le Christ qui te parle de persévérance, de perte de vie. Laisse-toi façonner par ce réel (monotonie des jours, du travail, des transports, pauvreté des rapports humains, mais aussi richesse des solidarités, des amitiés). Tu es embarqué pour une longue aventure. Le Seigneur est le maître du temps. Sois patient. […]

 

Si tu pries dans la ville, c’est que tu y cherches d’abord le Seigneur. Tu es là pour lui qui t’a aimé le premier. Mais si tu es ici et non ailleurs, c’est aussi pour ces hommes et ces femmes. Tu es l’un d’entre eux. Tu es leur voix devant Lui. A chaque instant, tu les portes. Tu partages leurs fatigues, leurs soucis concernant leur santé, leur avenir, le travail, la crise économique, les incertitudes politiques, le chômage de leurs enfants… Toutes ces icônes défigurées, tous ces êtres créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. « Le christianisme est la religion des visages » (Olivier Clément). Ta prière restaure ces icônes et tu seras émerveillé de les voir sourire, retrouver leur visage d’enfant. Ce Portugais dont tu serres la main tous les matins, cet enfant mal-aimé qui te saute au cou, cette voisine qui vient te confier la santé de sa fille accidentée, ce drogué dépressif qui n’espère plus sa libération, cette manifestation qui passe…

 

Ne méprise personne, jamais. « Ne jugez pas ». Assume, intercède, adore, brûle comme le cierge, petite lumière dans la nuit. Laisse-toi évangéliser par les pauvres. Bien souvent tu découvriras l’Esprit à l’œuvre et des gestes d’amour dont tu te sais incapable. Accepte de recevoir. Tu es venu apprendre à prier dans les conditions ordinaires de la vie. Avec les hommes, pour eux. »

 

Mgr Guy Gaucher, cité dans Sources vives (nov. 2012), p. 120-121

 

 

vendredi, juillet 6 2012

Chrétiens, n'hésitons pas à demander plus de transparence !


 

Il a les yeux brillants de joie.

Il n’arrive pas à la contenir cette joie, tant cette réussite lui tenait à cœur.

Il a besoin d’en parler, il ne peut pas en rester là : il en parle, longuement…

Il en parle avec emphase, il a les yeux un peu perdus au loin et l’on sent à chacun de ses mots combien cela lui a coûté, tout ce qu’il a pu mettre de lui dans cette épreuve.

La joie se transforme en confidence, en émotion.

Emerveillée et désemparée, entre balbutiement et mutisme : je me contente de prier.

 

 

On se connaît depuis peu et l’on se parle à l’occasion d’un trajet en train.

Et soudain, à la grande vitesse de l’imprévu, elle me confie la grande douleur, le grand malheur de sa vie. Elle a les yeux rouges… Et en même temps, elle témoigne d’une folle et d’une formidable Espérance.

Je suis à côté d’elle, on ne se regarde pas : je ne sais qu’oser dire.

Je me sens maladroite et, là encore, je ne peux que prier.

 

 

Des moments intenses et inattendus comme ceux-là, nous en connaissons tous.

 

Y être témoin alors, ce n’est sans doute pas simplement dire, ce n’est même peut-être pas simplement être.

 C’est sans doute aussi simplement écouter ce que la vie nous présente, moments souvent cachés dans le plus prévisible de nos vies : être attentifs et prendre ce temps-là où Dieu nous appelle, où Il nous attend, très précisément.

A chaque fois, prier, et, peu à peu, demander à Dieu la transparence pour Le révéler quand nos pauvres moyens humains se trouvent tout débordés.

 

mercredi, mai 30 2012

Dans la mouvance de l'Esprit


       J'ai récemment dû passer le C2i2e - si vous ne savez pas ce que c'est, peu importe, vous ne ratez vraiment rien : en résumé une certification d'informatique à l'usage des enseignants. Je passerai sur le contenu, sur le temps pris et autres "joyeusetés" découvertes pour m'arrêter sur le questionnaire juridique de la formation qui m'amena à consulter les textes officiels se rapportant à la propriété intellectuelle.

Pourquoi ? Pour répondre à une simple question : "les sermons sont-ils considérés comme oeuvres de l'esprit" ?  


Suspens... 




La réponse est donc oui


Malheureusement oui, oserais-je dire. (Et là, je sens déjà les doigts de mes amis prêtres en train de se refermer sur mon cou pour m'égorger ;-)


Je dis cela parce que ne serait-il pas préférable, plutôt, que les sermons soient, avant tout, oeuvre de l'Esprit ? Il n'y a certes pas là contradiction entre les deux mais il y a sans doute conversion. 


Je connais un prêtre qui dit souvent qu'il faut prier pour le prédicateur lors d'une messe : je crois qu'il a raison, que tout est là, que là réside la conversion de l'oeuvre de l'esprit à l'oeuvre de l'Esprit. 

Conversion dans les mots qui sont dits, dans les mots que nous entendons, dans les mots que nous comprenons, dans les mots que, finalement, nous gardons... 


C'est valable pour les prêtres et leurs sermons, c'est valable pour nous tous, pour toutes nos productions, qu'elles soient intellectuelles ou non, peu importe. Il ne s'agit pas de les mépriser - c'est grand ce qu'est capable de produire l'esprit humain ! -, il s'agit de les laisser simplement se (trans)former en Lui. 


Laisser l'Esprit à l'oeuvre dans notre esprit : c'est capital(e). 


Et là, aucun texte officiel, juste un truc parfois un peu zarb' qu'on appelle la prière et dont on ne sait jamais très bien où elle va nous mener... mais le copyright divin, c'est-à-dire complètement libre de droits parce qu'entièrement donné, y sera alors apposé ! 

dimanche, mai 27 2012

Vois, vis, va !

 

Si l’église de par chez moi n’est architecturalement pas très intéressante – à l’exception de son caractère inachevé, beau symbole de cette Eglise toujours en construction dont nous sommes pierres ?  – elle a la chance d’avoir des vitraux qui le sont.

Par exemple, le chœur comporte 7 vitraux, tous avec la figure de la Vierge Marie, patronne de notre paroisse. 7 vitraux non pas comme les dons de l’Esprit Saint mais comme autant de scènes essentielles du Nouveau Testament. 

 

De gauche à droite, il y a l’Annonciation, la Visitation, la Nativité puis, la Crucifixion, ce mystère de la Croix central comme il se doit, puis, à droite la Résurrection, l’Ascension et enfin la Pentecôte.

  

Ensuite, pour qui continue dans le sens de lecture, c’est la nef, c’est l’assemblée… J’aime bien y lire l’invitation, en ce jour de Pentecôte, à continuer la lecture de ces vitraux par l’écriture de notre vie.

 

Nous avons reçu, comme Marie et comme les apôtres cet Esprit Saint : qu’en faisons-nous, là, maintenant ?

 

L’arrêt de cette série de vitraux n’est pas un arrêt : nous en sommes la suite ! Cet arrêt, il est invitation à la continuer par notre vie : et je trouve ça aussi intelligent que motivant de la part de l’artiste.

 

A nous d’être la suite de cette série, « puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit » !

 

samedi, mai 26 2012

Eh, toi, là, le non-pratiquant, j’ai une demande à te faire, s’il te plaît…

 

Sylvia a écrit un récent article « si tu n’es pas croyant ni pratiquant, pourquoi ton enfant fait-il sa communion ? ». Je ne réagirais pas si je n’étais pas une de ces enfants de non-pratiquants / non-croyants qui est la preuve du contraire. Car, si je comprends son raisonnement et si je suis d’accord avec sa conclusion « Que Dieu les bénisse quand même », je ne puis rester silencieuse : je sais bien au plus profond de moi que ces enfants, ces enfants-là, pas vraiment les plus réguliers à la messe – et c’est un euphémisme !-, Dieu les bénit quand même !

 

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lundi, mai 21 2012

En arrière-fond de fête

 


 

Il est tard ; enfin, non, tôt.

Enfin, tôt le matin, vous voyez le tableau.

Je repartirai dans à peine quelques heures mais, d’ici là, il faut bien que je prenne un peu de repos.

De la chambre où je me trouve, j’entends encore la musique et même, en tendant l’oreille, quelques rires : ils me font encore plus sourire.

La journée fut belle, la soirée fut bonne ;

Voyez-vous, j’ai gagné un cousin par alliance dans l’affaire et c’est fête dans la famille !

 

Devant Dieu, ils se sont dits « oui » ;

Avec Lui, surtout, ils ont dit « oui » pour être signes, par leur union, de l’Amour de Dieu :

C’est grand et c’est beau, le mariage chrétien !

Et, même avec la grâce de Dieu, c’est ambitieux

Mais, avec la grâce de Dieu, c’est possible :

Là est toute l’aventure et je les en sens enthousiasmés.

 

Il est bien tard dans cette chambre où j’entends encore les bruits de la fête,

Mais, bien que fatiguée, bien qu’ayant trop dansé, trop chanté, trop crié, bien qu’ayant presque usé mes zygomatiques à force de sourire et mes cordes vocales à trop parler, je tiens à me tourner vers Toi.

D’ailleurs, à entendre tout ce brouhaha et le silence intérieur de la pièce en même temps, j’ai l’impression d’être du monde et hors du monde, en acte et pas seulement en esprit, et que la prière se fait toute naturelle, sise à sa juste place, en dépit de l’incongruité de l’heure :

 

C’est que ces bruits de fête, dissonants, résonnent comme autant de signes de joie, qui peuvent monter en prière d’action de grâce vers Toi car ils viennent de Toi, Tu en es la source : accueille-les en guise de remerciements balbutiants !

 

Et laisse-moi y joindre mon humble prière,

Silencieuse, elle, d’action de grâce et de demande ;

Les mains tendues, à genoux sur ce prie-Dieu usé, dans cette demeure où règne le souvenir de toutes ces générations passées qui nous ont précédés, il y a quelque chose d’une note toute juste, toute harmonieuse à y prier pour l’occasion :

A prier dans le secret de mon cœur tout en ne me sachant pas seule ;

Simplement, à Te les confier, ces beaux jeunes mariés, pour qu’ils grandissent et fassent grandir, jour après jour, leur amour dans le Tien ;

Et à demander à l’Esprit Saint qu’ils recevront en plénitude d’ici une semaine dans le sacrement de confirmation de les inspirer, de leur souffler dessus sans accalmie ;  

De les guider, maintenant, et à chaque instant,

Dans ce monde où ils sont, à nouveau mais désormais ainsi nouvellement, mari et femme, envoyés.

 

dimanche, mai 13 2012

Considérations de cinq ans d’âge

 

Il y a 5 ans, j’ai dit oui à une mission un peu particulière. Il y a 5 ans, je m’avançais dans la cathédrale de Nanterre, la main posée sur l’épaule de mon meilleur ami pour être sa marraine de confirmation.

 

Il y a 5 ans, j’avais dit oui à sa demande après avoir, pour être honnête, flippé grave tant je ne me sentais pas de l’être. Non parce que cela me répugnait, au contraire, mais parce que j’apportais énormément d’importance à cette mission. Façon « un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? » (Luc VI, 39). C’est vrai pour n’importe qui, c’est encore plus vrai quand celui dont on devient marraine est un frère, est cet ami avec lequel vous avez grandi. Mais, il y a cinq ans, j’ai fait confiance, notamment confiance à l’Esprit Saint, et j’ai dit oui.

 

Depuis, j’ai été marraine de confirmation à deux autres reprises et puis, surtout, le temps a passé. Pourtant, je ne sais toujours pas ce que c'est qu'être marraine de confirmation - enfin sur le plan officiel, si, bien évidemment : mais est-ce savoir l’être que de connaître les textes ? Autre chose est de l’incarner… - mais, indéniablement, je le suis, et tout autant que j’apprends à l’être. Et cela même si les chemins suivis par le plus âgé de mes filleuls ne sont pas les miens, et réciproquement. Et qu’en plus nos chemins respectifs ont eu des effets sur le chemin de foi de l’autre, me semble-t-il.

 

A inventer, avec lui - et Lui -, comme avec mes deux autres filleuls - et toujours avec Lui -, notre relation de « marrainage », je me rends compte qu’elle est unique, toujours différente et pas vraiment celle que j’imaginais au début. J’apprends à être marraine de confirmation avec chacun d’entre eux. Avec eux, je ne suis pas là pour être exemplaire, le modèle ultime qu’ils attendent et que je suis bien loin d’être (heureusement, il y a le Christ pour ça !), ni une quelconque guide avec des paroles toujours bien ajustées comme il faut : j’ai juste à être là… et même pas forcément juste à côté, mais là, disponible, telle une simple sœur légèrement aînée, priant, dans la Foi.

 

Mes filleuls, ils sont présents plus que n’importe qui d’autre dans ma prière. Et partagent ainsi avec moi un lien que je ne maîtrise même pas ; un lien que je ne saurais pas non plus expliciter mais un lien qui est en Dieu.

 

Comme quoi, ça engage une simple main posée sur une épaule, et un simple prénom prononcé un jour de mai…

 

lundi, février 20 2012

Grandeur et pauvreté de la prière


 

 C’était hier à table, les circonstances difficiles qui nous entouraient faisaient qu’on parlait de la prière.

 

Je ne sais pas si vous avez déjà essayé mais il est difficile de parler profondément de la prière en dehors de quelques personnes choisies et dans un cadre plus vaste qu’un dialogue en tête-à-tête.

Enfin, moi j’ai du mal en tout cas.

 

Dire « je prie » avec un grand sourire, oh, ça, c’est facile mais dire comment !

Dire ce qu’est ce moment si particulier, c’est difficile parce que tout se situe entre ce qui nous dépasse, cette relation de cœur à cœur avec Dieu alimentée par cet « Esprit Saint qui vient au secours de notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut », et la pudeur de notre âme.

Grandeur et force indicible de la prière…

 

Quand la situation évoquée est si absurdement terrible,

Quand les mots et gestes humains semblent si ridiculement petits,

Quand les larmes affleurent au coin des yeux des uns et des autres,

La conversation se fait aporie et glisse facilement vers la prière…

 

Seule solution ? Pourtant la prière, elle n’est pas claquement de doigts superstitieux !

Elle aussi, elle ne sait que s’avouer pauvreté face à la souffrance humaine.

Elle est confiance mais, face au monde, elle ne saurait se dire que pauvreté.

 

Dire cela, c’est s’exposer à s’entendre nous répondre : « Non, ne me dis pas que ta prière est pauvre, que c’est un désert ! Pas toi, la catholique pratiquante ! »

 

Dans la vie de prière, il y a des hauts, il y a des bas – et le pire c’est que cela ne correspond pas forcément à nos « hauts » et à nos « bas » dans notre relation avec le Seigneur.

La vie de prière, ce n’est pas un long fleuve tranquille où  tout irait bien dans le pays des bisounours, de préférence peint en rose bonbon parce que c’est plus mièvre : la vie de prière, c’est l’épreuve de la fidélité et de l’amour, au jour le jour.

Avec Dieu qui conduit la barque et par qui il faut accepter de se laisser mener même dans les coins arides, dans ces coins perdus, la nuit, où tu ne vois et ne comprends rien.

 

Oui, finalement, je n’ai pas peur de dire cela : face à la souffrance humaine, ma prière, bien que confiante, est pauvreté et désert.

Mais l’Esprit Saint m’aide à la porter à Son cœur en gémissant à l’unisson avec moi, comme pour me donner le ton ;

Et Dieu est là pour l’écouter ce gémissement, même si je ne comprends pas.

Grandeur et force indicible de la prière. 

jeudi, janvier 26 2012

Lire, relire Claudel

Paul Claudel, ce fut d’abord l’éblouissement d’un poème-prière à l’issue d’une messe familiale, alors que j’avais 14-15 ans.

 

L’éblouissement d’une parole tellement belle, sonnant si juste, qui me disait l’importance du regard, qui me disait Marie, qui me disait l’importance de se tenir là, même à n’en savoir bafouiller qu’un merci :

 

« Je n’ai rien à offrir et rien à demander.

Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

 

Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage ! »

 

Après quelques extraits poétiques lus de-ci de-là, ce fut ensuite le dramaturge que je découvris au fil des ans : cette Annonce faite à Marie tout d’abord, qui me marqua sans me rester impérissable et surtout ces œuvres qui me bouleversèrent que sont Tête d’or et Le Soulier de satin. Je ne pense d’ailleurs toujours pas maîtriser la dernière, après l’avoir lue, après l’avoir étudiée, après l’avoir relue, encore et encore… C’est un peu, selon moi, l’un des mystères de Claudel.

 

Œuvres dont le désir ardent qui les habite venait si souvent rejoindre les questions brûlantes de mon âme encore adolescente.

Œuvres qui m’ouvraient si curieusement à l’autre, à Dieu, par des chemins de traverse. Je ne suis jamais sortie tout à fait indemne de leur lecture. Et, bien souvent, aujourd’hui encore, ces « vers » si particuliers me montent à la bouche et au cœur.

 

Pourtant, Claudel sort souvent les machines bien lourdes, bien pesantes : on sait ce qui va se passer. Et je craignais en rouvrant l’autre soir L’Annonce faite à Marie de n’y voir plus qu’un mystère sordide, une première pièce jouée d’un auteur, vidée de toute sa grâce adolescente.

 

En relisant L’Annonce faite à Marie, j’ai redécouvert cette pesanteur terrestre, oui, ces ressorts bien visibles, a fortiori pour un lecteur familier de la Bible… Mais j’y ai aussi lu la grâce ; Et je me suis laissée portée par ces « versets », ces mots libres courant au fil de la plume… Et je me suis laissée touchée par ces phrases qui m’accrochaient parfois au détour d’une motte de terre ; joyeusement ou inconfortablement. Tiens, comme celles-ci :

 

Pierre de Craon : « La sainteté n’est pas d’aller se faire lapider chez les Turcs ou de baiser un lépreux sur la bouche,

Mais de faire le commandement de Dieu aussitôt,

Qu’il soit,

De rester à notre place ou de monter plus haut. »

 

Anne Vercors : « […] Et non point de charpenter la croix, mais d’y monter et de donner ce que nous avons en riant !

Là est la joie, là est la liberté, là la grâce, là la jeunesse éternelle ! »

 

 

Ou d’autres, de nombreuses autres encore, que ma pudeur de lectrice m’interdit de recopier car elles me parlent à moi comme elles vous parleraient autrement.

 

Et je me suis rappelée à cet instant que l’écriture poétique de Claudel était tout entière fondée sur une musicalité particulière : celle de la respiration, celle du souffle.

 

Et je me suis dit qu’il était bon de lire, mais peut-être surtout de relire Claudel, à différents moments de nos vies : pour confronter son souffle à celui qui nous habite à ce moment-là, notre respiration pesamment humaine, et, écouter aussi, dans l’interstice des mots, au gré de ceux-ci, résonner cet autre Souffle, virevoltant, allant et nous menant là où on ne l’attendait pas.

 

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