Zabou the terrible

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Mot-clé - Cum Sancto Spiritu !

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samedi, juin 7 2014

Pour que tout feu tout flamme

 

 

 

La question était systématique et finalement très légitime ; depuis ces derniers mois, elle s’est malheureusement souvent muée en incompréhension ou en plainte douloureuse me concernant.

- Comment ? Toi ! Toi, catholique si à fond, tu travailles dans l’enseignement public ? »

Horreur, enfer, damnation et toutes les vieilles chaussures de Satan !

 

En général, cela finit par passer en expliquant que oui, que c’est un choix, un vrai. Mais là, récemment, j’ai eu droit à un complément : « Mais tu es en ZEP en plus !!!! Tu es une vraie martyre ! »

 

Dans le fond, c’était gentil et plein d’inquiétude pour ma personne. Mais c’était utilisé dans le sens de celui qui meurt : or, quitte à utiliser ce terme, j’aimerais que ce soit avant tout dans le sens étymologique de celui qui témoigne (ce qui peut aller jusqu’à ce genre d’extrémités, certes).

 

Le christianisme, rappelons-le, ce n’est pas le masochisme. Le christianisme, c’est avant tout une fabuleuse histoire d’Amour entre Dieu et l’humanité, histoire d’amour dans laquelle nous avons chaque jour plus à entrer, hommes tournés vers Lui.

 

Là encore, cela fait poncif éculé mais pourtant c’est vrai. Cette fabuleuse histoire, elle est contée dans l’Évangile. Et l’Évangile, ce n’est pas le pays des bisounours, cela passe par la croix, par l’exigence : parce que l’amour vrai – comme la vie - n’est pas un long fleuve tranquille comme dirait un fameux film.

 

La Parole est belle, elle enchante mais elle est aussi « tranchante comme un glaive », l’Évangile ne se contente pas de demi-mesures : c’est l’Amour, c’est la Vie, à l’état brut, à l’état de croix. Or, chrétiens, nous sommes appelés à être contemporains de l’Évangile, c’est-à-dire à être du même temps que ces paroles, c’est-à-dire à les vivre et à être au même tempo aussi, ce qui peut parfois déranger.

 

La radicalité évangélique, je postule, je suis sûre qu’elle est la même qu’on soit prof en ZEP ou dans l’enseignement catholique, qu’on soit moine dans un monastère, qu’on soit pape au Vatican.

La radicalité évangile, elle se vit dans la conversion du quotidien pour chacun là où il est, là où il est appelé : pas dans un ensemble de lieux, bien précis, bien délimités, bien fermés.

 

Prof catholique en ZEP, je suis toujours comme entre deux. Le week-end, dans mes temps libres, dans mes engagements, je côtoie mes frères chrétiens ; en semaine, au travail, je côtoie mes collègues que j’aime tout aussi profondément souvent athées ou agnostiques. Je côtoie d’un côté – même s’il y a plein d’exceptions – des gens plutôt très à droite, de l’autre – même s’il y a aussi des exceptions – des gens plutôt très à gauche. Il y aurait parfois de quoi devenir fou à entendre des discours si différents.

 

Je n’ai pourtant pas deux vies. Ma conversion, elle est aussi de me laisser recentrer, partout, sur l’Évangile. De laisser mes frères chrétiens m’appeler à un christianisme plus brûlant ; de laisser mes frères collègues me faire découvrir toujours plus la palette variée de l’humanité. Et, moi, d’être cohérente, partout. Dans un catholicisme ni triomphal, ni triomphant mais un christianisme se laissant toujours déplacer vers plus de justesse.

 

Cette grâce de la conversion pour vivre la radicalité évangélique là où je me trouve, je ne peux que la demander dans la prière, mon ancre de stabilité profonde dans le Seigneur.

 

… je n’ai donc rien d’une triste martyre, souffrant de la situation ! Je trouve le challenge beau et humain, afin que le Seigneur transparaisse dans ma vie, en ZEP, comme ce doit tout autant être le cas dans l’enseignement privé : il n’y a pas de différence, sinon, simplement, dans les circonstances.

 

Justement, la Pentecôte peut aussi être l’occasion de tendre nos mains nues vers le Seigneur et de Lui demander, et de laisser Son Esprit inonder nos vies.

 

jeudi, mai 29 2014

Ascension (et le reste)

 

Douleur d’une disparition sensible,

Arrachement des entrailles quand il va partir,

Celui qui vous a annoncé la Vie.

 

Tristesse d’un cœur chaviré à cette idée,

Et pourtant, promesse du Seigneur :

« Je ne vous laisserai pas orphelins ».

 

Même dans le malheur, choisir d’être disciples,

Ne plus regarder vers ce qui ne sera bientôt plus

Mais rester tout l’être tourné vers cette grande aspiration au Ciel ;

 

Pour écouter la Parole résonner dans le silence,

Pour recevoir l’Esprit Saint venant au secours de notre faiblesse,

Pour entendre l’Invisible te murmurer : « allez »,

Pour se laisser, même là, envoyer.

 

samedi, mai 3 2014

Laisse-toi attirer par la Parole qui te transforme en l’image du Fils de Dieu sans que tu saches comment


 


Quelques beaux et bons mots d'Enzo Bianchi. 


"Médite !

La lecture doit devenir réflexion attentive et profonde. Cela demande une fatigue, un effort.

 

Les moyens exégétiques, patristiques, spirituels sont utiles, mais le plus important est l’effort personnel, ce qui ne veut pas dire « privé ». La communauté, la fraternité, le groupe sont les vrais lieux de l’écoute de la Parole.

 

Cherche la pointe spirituelle du texte, le message qui se rapporte le plus à l’événement mort-résurrection du Seigneur. Cherche ce que te dit le Seigneur. Ne pense pas y trouver ce que tu sais déjà : cela est présomption ; ni ce dont tu as le plus besoin : cela est de la consommation ; ni ce qu’il te plairait d’y trouver pour ta situation : ce serait le règne de la subjectivité, du « Je me sens ».

 

Aie l’humilité de reconnaître parfois que tu as peu ou rien compris. Tu le comprendras plus tard (1 Cor 3, 2 ; Hébreux 5, 12).

 

Rumine les paroles dans ton cœur, applique-les à ta situation sans introspection. C’est Dieu qui parle, contemple-le.

 

Certes, la Parole est merveille : elle scrute ton cœur, elle te convainc de péché, mais rappelle-toi que Dieu est plus grand que ton cœur et que cette blessure dans ton cœur qui te vient de Dieu, il la fait toujours avec vérité et miséricorde.

 

Laisse-toi attirer par la Parole qui te transforme en l’image du Fils de Dieu sans que tu saches comment. La Parole que tu as reçue est pour toi vie, joie, paix, salut.

 

Dieu se révèle à toi. Accueille son nom ineffable, son visage d’amant. Dieu t’enseigne : modèle ta vie sur celle de son Fils. Dieu se donne à toi : accueille-le comme un enfant qui entre en communion avec lui. Célèbre son amour, accepte d’être engendré pour devenir le fils même de Dieu. La méditation doit te conduire à cela : être la demeure du Père, du Fils, de l’Esprit."

 

jeudi, avril 17 2014

Tous cramés !

 

 

 

Si la messe chrismale me touche toujours énormément notamment par son côté profondément diocésain et encore plus en cette année où nous disions un grand « merci » à celui qui fut notre évêque durant 12 ans, j’ai été témoin d’une petite suite à celle-ci cette année.

 

Témoin de la purification, du « cramage », du feu de joie des saintes huiles de l’année passée.

 

Je savais que l’huile, cela brûlait mais jamais encore je n’avais vu de l’huile brûler : cela prend, cela consume et la flamme est belle.

 

Durant le gros quart d’heure qu’il a fallu pour que tout soit consumé, j’ai pensé au Saint Chrême qui, un jour de juillet 1986 puis à nouveau un jour de mai 2000 a oint mon front.

 

Qui a sans doute brûlé aussi bien que celui-là. Qui sentait sans doute aussi bon que celui-là.

 

J’ai pensé au cadeau que j’avais alors reçu : celui de mon baptême, celui de ma confirmation.

 

Mais ai-je brûlé moi aussi ? Est-ce que j’en brûle encore ? Surtout : est-ce que je suis capable, comme ces huiles, de brûler du don qui m’a été fait ?

 

Saurai-je me consumer, pas un quart d’heure mais toute ma vie, de cet Amour reçu ?

 

dimanche, novembre 17 2013

D'une icône à l'universel


Au quotidien troublé des jours de détresse, 

Il y a toujours ce contrepoint dense de l'oraison, 

Plongée en Lui, plongée dans Sa paix, 

Paix qui irrigue ce coeur profond où Il nous attend. 


Et quand nos mots dérapent, on peut s'aider d'une icône, 

D'un regard confiant : 

de Jésus vers sa mère, comme confiance de Dieu en l'homme ; 

De Marie vers Jésus, comme exemple de confiance pleine de l'homme en Dieu. 


Et ainsi, prier : 

Pour eux, là…  là-bas : 

Pour ceux qui sont privés de liberté, 

Pour ceux qui privent de liberté ;  

Pour ceux que la maladie prive de liberté ; 

Pour ceux qui osent poser des actes de liberté ; 

Pour ceux qui ouvrent le coeur des autres à la liberté. 


Mais aussi parce que cela transite ici, par moi : 

Pour quand mes paroles ou mes actes privent un frère de liberté ; 

Pour quand ma liberté se trouve limitée, que je trouve courage de continuer ; 

Pour trouver toujours plus notre liberté dans le fait de nous donner ; 


Et finalement : 

Pour, en Lui et comme Lui, aimer. 



Et se rappeler toujours davantage que catholique veut dire universel ; 

Et que cet "universel" commence dès ici, comme me l'indiquent plus particulièrement en ce moments les événement de mon diocèse : 

par le service du frère le plus proche, oui, 

Et, aussi, de manière essentielle, par la prière qui ouvre le coeur, à l'exemple de ce proche géographiquement parti pour le lointain, 

Appel à la prière qui ouvre le coeur, oui, du plus proche au plus lointain. 



Blogue uni dans la prière pour le p. Georges

samedi, octobre 19 2013

Durant une semaine mais pour que ce soit pour la vie


"Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de coeur" (Matt. 11, 29) 


dimanche, septembre 1 2013

D'un Z qui veut dire ZEP

Dans nos contrées hostiles (ou pas), le jeune prof effectue une mutation au bout d'un an : de stagiaire, il devient titulaire ce qui rime le plus souvent avec un nouveau sigle-statut, TZR. 


TZR signifiant "troubadour en zone de rugissement" (ou tout au moins quelque chose d'approchant) ce qui signifie qu'il est envoyé dans divers coins selon les besoins. 

Il arrive que cet envoi soit à l'année et cela peut alors tomber dans ces endroits marqués d'un sigle cette fois bien connu : ZEP, soit, sérieusement cette fois, Zone d'Education Prioritaire. Point n'est besoin de faire un tableau. 


Avant la rentrée, le jeune prof sait que l'année sera éprouvante, 

Qu'il lui faudra enseigner autrement, qu'il y aura de la rudesse et des jours certainement sombres.  

Mais que, pour cela, elle pourra aussi être enthousiasmante


Car il y a du défi dans l'air pour le prof s'y préparant et la catholique que je suis abandonne un temps les sigles de son ministère pour prier le plus abondamment : 

Pour trouver les mots qu'il faut, 

Pour transmettre un peu de ce savoir si important, 

Pour aider à grandir, 

Pour aider à vivre. 


Car, si ces endroits demandent une "éducation prioritaire", 

Sans doute y sommes-nous plus utiles qu'ailleurs, 

Quand bien même nous ne pourrions y faire que le quart de ce que nous aurions aimé faire. 

Préparer sa rentrée est alors beaucoup prier, 

Lire et écouter la Bible où Dieu se révèle comme le meilleur éducateur qui soit, 

Lui confier ses futurs élèves et soi-même, 

Parce que de cette rentrée, on ne sait quasiment rien, 

Sinon qu'on aura besoin de Lui comme plein appui

Et, peu à peu, avoir quand même vraiment envie d'y aller, de commencer, surtout en cette veillée de pré-rentrée : 

Car c'est sans doute là que, pour une année, nous sommes, par Lui et pour Lui, appelés. 



Au boulot ! 

Seigneur, viens à notre aide ! 



P.S. : en attendant, j'ai aussi décidé de réviser sérieusement mon vocabulaire… ;-) 



mardi, août 20 2013

En guise de prière du soir, par-delà la pensée

 

 

 

« Éternel, je me tais ; en Ta sainte présence,

Je n’ose respirer ; et mon âme en silence

Admire la hauteur de Ton nom glorieux ;

Que dirai-je, abîmé en cette mer profonde ?

Pendant qu’à l’infini Ta clarté nous inonde,

Pouvons-nous seulement ouvrir nos faibles yeux ?

 

Je T’approche en tremblant, lumière inaccessible ;

Et sans voir dans son fond l’être incompréhensible,

Par un vol étonné je m’agite à l’entour.

 

Cessez, qu’espérez-vous de vos incertitudes,

Vains pensers, vains efforts, inutiles études ?

C’est assez qu’Il ait dit : Je suis celui qui suis.

Il est tout, Il n’est rien de tout ce que l’on pense,

Avec ces mots profonds, j’adore son essence,

Et sans y raisonner, en croyant je poursuis

 

Descends, divin Esprit, pure et céleste flamme,

Puissant moteur des cœurs qu’en secret je réclame ;

Et toi qui le produis dans l’éternel séjour,

Accorde Ta présence à mon âme impuissante,

Fais-en, car Tu le peux, une fidèle amante,

Et pour Te bien aimer, donne-lui Ton amour. »

 

J.-B. Bossuet

 

lundi, mai 20 2013

Esprit punchy

L’Esprit Saint, on le croit parfois silencieux mais il peut aussi nous sembler par moments particulièrement punchy : un coup à droite, un coup à gauche, un coup dans l’estomac, un coup au cœur… Et vlan, c’est la grande bourrasque que tu te manges dans la figure sans prévenir.

 

Bien évidemment, Il ne nous frappe en général pas directement mais, au gré des circonstances, des rencontres, des paroles des uns et des autres, il arrive que tu te prennes une bonne droite bien sentie. Dans le genre qui te retournent complètement parce que les mots posés viennent juste relever la situation où tu te trouves là, maintenant, ou parce que le mot « coïncidence » s’est encore écrit « clin-Dieu », éventuellement en majuscules même. Le pire, c’est quand ça le fait plusieurs fois d’affilée : là, tu finis par te dire qu’il y a un truc à comprendre même si tu ne vois pas très bien quoi.

 

À la Pentecôte, on se rappelle plus particulièrement de ce Souffle, de ce Feu qui vient surprendre, déranger et envoyer mais on se rappelle aussi avant tout et surtout qu’Il est don.

 

Qu’Il est lumière et consolateur,

Qu’Il est fraicheur et chaleur,

Qu’Il est repos et réconfort

Qu’Il est bain et guérison,

Qu’Il est souplesse et droiture…

 

Qu’Il est secours venant dans nos sécheresses de prière, dans nos manques de confiance et d’audace ;

Qu’Il nous apprend à prier,

Qu’Il nous apprend à nous confier.

 

Le côté terriblement punchy de l’Esprit,

C’est finalement que, s’Il vient agir avec une certaine force qui n’est pas toujours très agréable, c’est pour mieux nous modeler,

Don qui se fait offrande,

Coup de poing qui se mue en coup de pouce,

Selon Lui,

Pour être envoyés vers un monde à aimer :

En énergie qui appelle la nôtre.

 

jeudi, mai 16 2013

Préparation à la Pentecôte

 

De haut en bas,  

De bas en haut,

D’un Autre,

Pour jaillir en soi,

Vers les autres.

 

 

 

« Pneumatologie – "L’Esprit Saint viendra sur toi (ép-éleusétai épi sé) et la Puissance du Très Haut fera sur toi de l’ombre" (épiskiasei soi, Lc 1, 35) - "L’Esprit Saint vous fera souvenir (hypomnèsei) de tout ce que je vous ai dit" (Jn 14, 26) – Voici, suggéré par les mots, plus exactement encore par les préfixes, un double mouvement et une double position fondamentale de l’Esprit.

L’Esprit sur-vient et il sous-vient. Il y a, par en-dessus, une épiclèse de l’Esprit, comme il y a, par en-dessous, une "sous-jacence » de l’Esprit. Ou, si l’on préfère, il existe une double épiclèse de l’Esprit : celle qui opère par le haut et celle qui opère par le bas. "L’Esprit du Seigneur est sur moi" (Lc 4, 18). L’esprit du Seigneur est sous moi, aussi.


Il existe une survenance de l’Esprit en vertu de laquelle il est consécration. 

Il existe une souvenance de l’Esprit en vertu de laquelle il est mémoire. »

 

in Fr. François Cassingena-trévedy, étincelles III, p. 300.

 

samedi, avril 13 2013

Gestes d’Esprit

 

 

  

Il est des gestes dont on ne saurait exactement dire en quoi ils sonnent juste mais qui le sont intrinsèquement, qui sont aussi beaux que porteurs de sens, aussi pétris de foi que vivifiants :

 

Se laisser choisir ;

Accompagner, une main posée sur l’épaule ;

Dire un prénom, ce prénom-là, pour présenter ;

Transmettre une lumière vive et réchauffante ;

Nouer une croix autour d’un tout jeune cou pour que celle-ci vienne battre le rythme de la vie à force de battre contre la peau ;

Marcher ensemble le temps d’une procession, pour marcher ensemble plus longuement.

 

Il est des gestes qui parlent, qui sont faits pour dire sans que l’on ait besoin de dire plus,

Parce qu’ils sont posés pour un(e) autre, comme un petit marchepied dans notre marche commune vers Lui ;

 

Il est des gestes qui, le soir venu, nous renvoient à la question d’un Autre  

« M’aimes-tu ? »

 

Viens Saint Esprit


Viens Saint Esprit, 

Viens raviver, 

Viens compléter, 

Viens enflammer, 

Viens brûler,
 
Toujours plus fort...  

mardi, mars 26 2013

C’est la famille, mon frère !


 

Il faut dire que, depuis l’élection du pape François, on n’arrête pas d’essayer de la classifier, de la reclassifier cette Église, son pape, toussa toussa

 

J’aimerais bien que ceux qui s’y essaient avec grandiloquence viennent participer à cet événement Facebook dont, pour une fois, on peut bien dire qu’il s’agit d’une grand-messe annuelle.

 

Y a plein de gens, là, réunis, à la même heure, à un même lieu, de tout un département…

Un ou des évêque(s), des prêtres, des diacres, des laïcs et des consacrés en tous genres ;

Des enfants, des jeunes, des adultes dans la force de l’âge, des gens mûrs, des personnes âgées ;

Des gens qui bossent, des retraités et des chômeurs aussi bien que des étudiants ;

Ça, vous voyez, ce n’était pas exceptionnel, c’était un échantillon d’Église dans toute sa surprenante et si riche variété, réunie à l’occasion de la messe chrismale pour prier ensemble.

C’est l’Église que j’aime,

C’est mon Église, c’est l’Église.

 

Car l’Église que j’aime qui est tout simplement l'Église, elle n’est ni à gauche, ni à droite ;

L’Église que j’aime, l’Église à laquelle j’appartiens, l’Église au sein de laquelle je vis, elle trace un espace d’un geste :

« Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit »

Et tout est dit d’une même voix, traçant cet espace en Lui où l’on se réunit,

En famille.

 

samedi, mars 16 2013

Conclave monastique

 

 

 

J’avais fixé les dates de ma retraite bien avant de savoir qu’il y aurait un conclave à cette période.

Mais, après tout, profiter de cinq jours pleins chez les bénédictins pour prier pour l’Église, pourquoi pas : au contraire, c’était finalement peut-être la manière la plus profonde de m’associer à ce conclave.

 

Prière d’intercession pour les cardinaux lors des offices ;

Messe votive au Saint Esprit le mardi midi pour l’entrée en conclave ;

Un peu à l’écart du monde, nous en vivions finalement au plein diapason.

 

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samedi, mars 2 2013

De la catholicité viscérale en vacance(s)

 

 

 

En 2005, j’étais tout entière à ma tristesse de perdre celui que je considérais comme un véritable homme de Dieu. Quand j’ai appris son décès, il me semble que j’ai ensuite pleuré, et beaucoup, en regardant les reportages qui se succédaient à la télé.

 

Dans la pensée, dans la prière pour le bienheureux Jean-Paul II, je n’avais pas réellement prêté attention à la période de vacance pontificale. Si ce n’est pour m’intéresser aux cardinaux électeurs.

 

La décision de Benoît XVI – qui, sans me coûter des torrents de larmes, me fit un petit gros pincement au cœur mercredi et jeudi lors de ses dernières apparitions publiques et je crois bien une petite larme d’émotion du coin de l’œil – a permis de nous préparer à une vacance plus organisée, moins impromptue.

 

Mais une vacance, mais une béance quand même, qui s’entend à la messe quand on entend uniquement le prénom de son évêque et non plus celui du pape.

 

Cela fait 24h que les catholiques n’ont plus de pape et je crois bien que je ne me suis jamais sentie si catholique.

 

Oh bien sûr, en temps normal je pourrais vous donner 10 000 bonnes raisons d’être catholique : mais ce serait les miennes, elles seraient en deçà de la réalité et ce ne serait sans doute pas celles que Dieu souhaite pour vous puisque l’essentiel réside dans ce lien intime et vivant que chacun entretenons avec Lui.

 

Mais là, il ne s’agit pas de discussions, il s’agit d’un constat et même d’un constat viscéral : c’est une des forces de l’Église catholique que d’avoir un pape pour l’aider à s’orienter vers le Christ. Il ne se substitue pas à Lui, bien sûr, comme il n’est pas maître des inspirations et des charismes que l’Esprit Saint dépose au cœur de la vie de chacun mais il est là pour nous aider, par ses prises de parole et par sa prière, à rendre toujours plus vrai notre attachement au Christ en Église, c’est-à-dire en communauté.

 

Ce n’est pas « moi seul(e) », c’est « mes frères avec moi » : le ministère pétrinien est un service pour guider la communion d’une immense communauté de plus d’un milliard de personnes, recouvrant des réalités extrêmement différentes, vraie pierre qui doit être solide, sur laquelle se bâtit cette Église diverse mais devant être une.

 

Catholique donc dans cette vacance, viscéralement catholique, unie par la prière avec mes frères pour que les cardinaux discernent celui dont l’Église a besoin dans les années qui viennent ; priant déjà pour celui qui, parmi eux, recevra la lourde tâche de nautonier dans « la barque du Seigneur »

 

mardi, février 12 2013

Le pape ? Le pape où ? #2

 

Des nombre(ux) cardinaux et de l’ordinaire de la prière

 

 

Ok, là, ce n’était pas une occasion ordinaire !

 

Forcément aussi, dans les prochaines semaines, les pronostics pour le futur conclave iront bon train

 

On cherchera le meilleur papabile puis l’on se rappellera posément, à intervalles réguliers et pour paraître sérieux et mesurés, l’adage « qui entre pape au conclave en sort cardinal ».

 

On tâchera d’évaluer les « forces » en présence ;

On mesurera l’impact des discours comme autant de « programmes » politiques : les amitiés, les inimités, les influences…

Bref, on parlera de l’Église comme d’une institution politique.

C’est vrai mais en partie car l’on passe comme souvent à côté de l’essentiel.

 

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samedi, décembre 29 2012

Si tu pries dans la ville - de la durée et des hommes

 

 

 

« Si tu pries dans la ville, tu n’y viens pas en touriste ni pour y faire des expériences. Si ton Seigneur t’appelle là, enracine-toi dans le quotidien, entends le Christ qui te parle de persévérance, de perte de vie. Laisse-toi façonner par ce réel (monotonie des jours, du travail, des transports, pauvreté des rapports humains, mais aussi richesse des solidarités, des amitiés). Tu es embarqué pour une longue aventure. Le Seigneur est le maître du temps. Sois patient. […]

 

Si tu pries dans la ville, c’est que tu y cherches d’abord le Seigneur. Tu es là pour lui qui t’a aimé le premier. Mais si tu es ici et non ailleurs, c’est aussi pour ces hommes et ces femmes. Tu es l’un d’entre eux. Tu es leur voix devant Lui. A chaque instant, tu les portes. Tu partages leurs fatigues, leurs soucis concernant leur santé, leur avenir, le travail, la crise économique, les incertitudes politiques, le chômage de leurs enfants… Toutes ces icônes défigurées, tous ces êtres créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. « Le christianisme est la religion des visages » (Olivier Clément). Ta prière restaure ces icônes et tu seras émerveillé de les voir sourire, retrouver leur visage d’enfant. Ce Portugais dont tu serres la main tous les matins, cet enfant mal-aimé qui te saute au cou, cette voisine qui vient te confier la santé de sa fille accidentée, ce drogué dépressif qui n’espère plus sa libération, cette manifestation qui passe…

 

Ne méprise personne, jamais. « Ne jugez pas ». Assume, intercède, adore, brûle comme le cierge, petite lumière dans la nuit. Laisse-toi évangéliser par les pauvres. Bien souvent tu découvriras l’Esprit à l’œuvre et des gestes d’amour dont tu te sais incapable. Accepte de recevoir. Tu es venu apprendre à prier dans les conditions ordinaires de la vie. Avec les hommes, pour eux. »

 

Mgr Guy Gaucher, cité dans Sources vives (nov. 2012), p. 120-121

 

 

vendredi, juillet 6 2012

Chrétiens, n'hésitons pas à demander plus de transparence !


 

Il a les yeux brillants de joie.

Il n’arrive pas à la contenir cette joie, tant cette réussite lui tenait à cœur.

Il a besoin d’en parler, il ne peut pas en rester là : il en parle, longuement…

Il en parle avec emphase, il a les yeux un peu perdus au loin et l’on sent à chacun de ses mots combien cela lui a coûté, tout ce qu’il a pu mettre de lui dans cette épreuve.

La joie se transforme en confidence, en émotion.

Emerveillée et désemparée, entre balbutiement et mutisme : je me contente de prier.

 

 

On se connaît depuis peu et l’on se parle à l’occasion d’un trajet en train.

Et soudain, à la grande vitesse de l’imprévu, elle me confie la grande douleur, le grand malheur de sa vie. Elle a les yeux rouges… Et en même temps, elle témoigne d’une folle et d’une formidable Espérance.

Je suis à côté d’elle, on ne se regarde pas : je ne sais qu’oser dire.

Je me sens maladroite et, là encore, je ne peux que prier.

 

 

Des moments intenses et inattendus comme ceux-là, nous en connaissons tous.

 

Y être témoin alors, ce n’est sans doute pas simplement dire, ce n’est même peut-être pas simplement être.

 C’est sans doute aussi simplement écouter ce que la vie nous présente, moments souvent cachés dans le plus prévisible de nos vies : être attentifs et prendre ce temps-là où Dieu nous appelle, où Il nous attend, très précisément.

A chaque fois, prier, et, peu à peu, demander à Dieu la transparence pour Le révéler quand nos pauvres moyens humains se trouvent tout débordés.

 

mercredi, mai 30 2012

Dans la mouvance de l'Esprit


       J'ai récemment dû passer le C2i2e - si vous ne savez pas ce que c'est, peu importe, vous ne ratez vraiment rien : en résumé une certification d'informatique à l'usage des enseignants. Je passerai sur le contenu, sur le temps pris et autres "joyeusetés" découvertes pour m'arrêter sur le questionnaire juridique de la formation qui m'amena à consulter les textes officiels se rapportant à la propriété intellectuelle.

Pourquoi ? Pour répondre à une simple question : "les sermons sont-ils considérés comme oeuvres de l'esprit" ?  


Suspens... 




La réponse est donc oui


Malheureusement oui, oserais-je dire. (Et là, je sens déjà les doigts de mes amis prêtres en train de se refermer sur mon cou pour m'égorger ;-)


Je dis cela parce que ne serait-il pas préférable, plutôt, que les sermons soient, avant tout, oeuvre de l'Esprit ? Il n'y a certes pas là contradiction entre les deux mais il y a sans doute conversion. 


Je connais un prêtre qui dit souvent qu'il faut prier pour le prédicateur lors d'une messe : je crois qu'il a raison, que tout est là, que là réside la conversion de l'oeuvre de l'esprit à l'oeuvre de l'Esprit. 

Conversion dans les mots qui sont dits, dans les mots que nous entendons, dans les mots que nous comprenons, dans les mots que, finalement, nous gardons... 


C'est valable pour les prêtres et leurs sermons, c'est valable pour nous tous, pour toutes nos productions, qu'elles soient intellectuelles ou non, peu importe. Il ne s'agit pas de les mépriser - c'est grand ce qu'est capable de produire l'esprit humain ! -, il s'agit de les laisser simplement se (trans)former en Lui. 


Laisser l'Esprit à l'oeuvre dans notre esprit : c'est capital(e). 


Et là, aucun texte officiel, juste un truc parfois un peu zarb' qu'on appelle la prière et dont on ne sait jamais très bien où elle va nous mener... mais le copyright divin, c'est-à-dire complètement libre de droits parce qu'entièrement donné, y sera alors apposé ! 

dimanche, mai 27 2012

Vois, vis, va !

 

Si l’église de par chez moi n’est architecturalement pas très intéressante – à l’exception de son caractère inachevé, beau symbole de cette Eglise toujours en construction dont nous sommes pierres ?  – elle a la chance d’avoir des vitraux qui le sont.

Par exemple, le chœur comporte 7 vitraux, tous avec la figure de la Vierge Marie, patronne de notre paroisse. 7 vitraux non pas comme les dons de l’Esprit Saint mais comme autant de scènes essentielles du Nouveau Testament. 

 

De gauche à droite, il y a l’Annonciation, la Visitation, la Nativité puis, la Crucifixion, ce mystère de la Croix central comme il se doit, puis, à droite la Résurrection, l’Ascension et enfin la Pentecôte.

  

Ensuite, pour qui continue dans le sens de lecture, c’est la nef, c’est l’assemblée… J’aime bien y lire l’invitation, en ce jour de Pentecôte, à continuer la lecture de ces vitraux par l’écriture de notre vie.

 

Nous avons reçu, comme Marie et comme les apôtres cet Esprit Saint : qu’en faisons-nous, là, maintenant ?

 

L’arrêt de cette série de vitraux n’est pas un arrêt : nous en sommes la suite ! Cet arrêt, il est invitation à la continuer par notre vie : et je trouve ça aussi intelligent que motivant de la part de l’artiste.

 

A nous d’être la suite de cette série, « puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit » !

 

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