Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Douceur

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, janvier 26 2015

Ciels hivernaux contemplatifs

 

J’éprouve une fascination sans réserve pour les couchers de soleil hivernaux :

Lumineux et pleins de contraste, ils sont toujours porte ouverte à la contemplation.

 

http://img15.hostingpics.net/pics/564117IMG8328.jpg

 

De ces branches dénudées par le froid,

Ce même froid qui transit notre être,

Qui donne l’impression de mordre…

Et qui pourrait bien ne laisser plus que l’essentiel ?

 

Quand l’hiver casse et dépouille,

La tentation est grande de se racornir,

De se replier sur soi pour protéger ce qui reste.

 

Les grands arbres tendus vers le ciel restent invitation à l'inverse :

Rester debout dans l’hiver, pour affronter la nuit qui vient ;

Tendre, mêmes nues, nos mains vers le ciel pour la louange ;

S’étendre au maximum de ce qui nous est donné, sève des jours ;

Être heureux d’être planté en cette terre, puisque c’est Dieu Lui-même qui nous y invite !

 

Et, comme la lanterne du réverbère,

Apprendre à briller,

Apprendre à rayonner d’une lueur qui ne nous appartient pas et nous traverse avec une permanente douceur. 

 

mardi, janvier 6 2015

De bon matin, j’ai rencontré le train ?

 

 

Mosaïque de Rupnik, sanctuaire St Jean-Paul II, Cracovie

 

Au lendemain « des » fêtes, j’ai toujours l’impression d’une gueule de bois généralisée. Non pas que tout le monde ait commis des excès alcoolisés, non pas que Noël soit sur le même plan que le 1er janvier mais il semble que tout le côté magiquement doux qui point à l’approche de Noël se soit estompé. Les gens paraissent fatigués, sans envie et avec si peu de joie. Bonne année ? Vraiment ? Et dire qu’il va falloir s’empiffrer ces galettes dont la première réjouit et qui, passée la quatrième, étouffent leur chrétien…

 

Pourtant, chrétiens, nous sommes dans le temps de Noël jusqu’à la fête liturgique du Baptême du Seigneur.

Pourtant, chrétiens, nous devrions vivre de Noël l’ensemble de notre temps afin de toujours chercher à accueillir et à mettre Dieu au centre pour qu’Il soit notre vie.

 

J’y songeais en ce jour qui rappelle l’Épiphanie, cette manifestation de Dieu à tous les hommes, quoique nous l’ayons fêtée en France le week-end dernier.

J’y songeais dans le métro, en fait. Le métro, ce grand lieu de passage où l’humain semble si peu important pourtant.

 

J’ai regardé.

J’ai vu ce doux et tendre abandon d’une jeune femme sur l’épaule de son bien-aimé.

J’ai vu cette étudiante qui lisait, concentrée, un ouvrage à l’aspect abscons.

J’ai vu cet asiatique en train de manger des abricots secs, le nez en l’air, la musique dans les oreilles.

J’ai vu cet homme déjà âgé en train d’expliquer à une femme plus jeune des bribes sur le Paris historique.

J’ai vu ces jeunes gens en train de rire ensemble.

J’ai vu cette femme à l’air si triste, regardant un texto qui la rendait encore plus mélancolique.

J’ai humé la poésie ordinaire de la vie…

J’ai pris le temps de regarder et j’ai vu de l’humanité.

Des hommes et des femmes pour qui le Seigneur est venu,

Des hommes et des femmes infiniment aimés…

Regard qui réchauffe le cœur à la lueur de la Foi !

 

L’Épiphanie, finalement, elle passe peut-être avant tout par la vue, par le regard, le nôtre.

Après tout, les mages « ont vu se lever Son étoile » pour « venir L’adorer » ;

L’Épiphanie, comme un appel à ne pas rester de bois,

L’Epiphanie, comme un appel à lever la tête,

L’Épiphanie, comme un appel à voir ces étincelles de vie où Dieu se dit.

 

jeudi, juin 19 2014

You've Got/d a mess@ge

 

[Message de service]

  

 

 

Seigneur, je sais,

je suis parfois rarement souvent un peu dure très dure de la feuille à Ton égard,

Et je ne T’entends pas trop.

 

Puis, en plus, je Te l’avoue même si Tu le sais bien, parfois, j’ai pas franchement envie de T’écouter alors je reste les oreilles bien tournées vers les bruits de la surface au lieu de les laisser tournées vers les profondeurs.

 

Mais, Seigneur, Tu sais, c’est pas non plus la peine de m’écrire certains trucs

en majuscules taille 20 gras souligné surligné en jaune

le tout répété plein de fois.

 

… enfin, remarque, peut-être si…

… sans doute, même…

Ouais, bon.

 

… mais bon, quand même, hein, Tu sais, quand Tu nous balances 5 fois la même phrase dans la même journée, on se dit que c’est un peu Toi derrière quand même…

Alors, à la partie de cache-cache, T’as un peu perdu sur ce coup-là.

Voilà, je Tenais à Te le dire.

 

Puis, merci, hein, quand même :

Message tendre bien reçu... 

Et ça fait sacrément du bien :-) 

 

[/fin du message de service]

 

jeudi, avril 10 2014

D’émois de Toi

 

A chaque fois, quand je prends une douche là-bas, je me rappelle des copains, d’une retraite ensemble et de ce délire-là d’imaginer, à chaque fois, les moines en train de suer à la tâche et de nous maudire quand nous avions besoin d’eau chaude ;

A chaque fois que je prends une douche là-bas, je pense à cela et j’explose de rire toute seule sous la douche.

 

Lire la suite...

mardi, avril 8 2014

Le Carême, c'est comme... #9

 

Le Carême, c’est comme…

 

… une (bonne) confession !

 

 

 

Il ne nous appartient pas de savoir si l’on fait une bonne confession ou pas ;

Mais il nous appartient de la remettre inconditionnellement sous le regard de Dieu, ou, plus précisément, de remettre toute notre vie sous Son regard pour mieux y distinguer nos manques d’Amour ;

Et il nous appartient aussi d’oser un « bénissez-moi mon père parce que j’ai péché » et de les dire, simplement, ces manques : sans en ôter, sans en ajouter.

 

Et, à peine avons-nous commencé à ouvrir la bouche pour dire ces coins tout vaseux de notre existence, que Dieu nous dit, nous redit, tendrement, qu’Il nous aime. Toujours. Qu’Il nous pardonne, toujours. Qu’Il nous fait confiance, toujours. Et cela est immense !

Le sacrement de Réconciliation, c’est absolument merveilleux en terme d’amour divin, en ce qu’il nous permet de réentendre un « Je t’aime » qu’il est si facile d’oublier.

 

Et le Carême est à l’image de ce sacrement : à peine avons-nous parcouru un pas, que Son Amour, tendrement, nous précède déjà ! 

 

dimanche, février 16 2014

"Go to bed !" dit Dieu

Quelques simples paroles d'invitation à l'abandon mises dans la bouche de Dieu par Péguy : 

"Le sommeil est peut-être ma plus belle création. 

On me dit qu'il y a des hommes 

Qui travaillent bien et qui dorment mal. 

Qui ne dorment pas. Quel manque de confiance en moi ! 

C'est presque plus grave que s'ils travaillaient mal mais dormaient bien. 

Je les plains. Je leur en veux. un peu. Ils ne me font pas confiance. 

Comme l'enfant se couche innocent dans les bras de sa mère, ainsi ils ne se couchent point

Innocents dans les bras de ma Providence. 

Ils gouvernent très bien leurs affaires pendant le jour. 

Ils ne se résignent point à en confier le gouvernement à ma sagesse 

L'espace d'une nuit à m'en confier le gouvernement. 

J'en administre bien d'autres, pauvres gens, je gouverne la création, c'est peut-être plus difficile. 

Vous pourriez peut-être me les remettre l'espace d'une nuit. 

L'espace que vous dormiez

Enfin

Et le lendemain matin vous ne les retrouveriez peut-être pas trop abîmées". 

samedi, février 1 2014

Laisser Son regard plonger en nous

Souvent, j'aimerais savoir plonger tellement mon regard dans le Tien que je saurais voir les autres comme Toi, Tu les vois ; 
comme Toi, Tu les aimes. 


Mais, je ne suis pas Toi et Tes pensées sont bien inaccessibles aux miennes... 
Croire que je vois par Ton regard serait péché, serait orgueil bien mal placé, et, pis que tout, pourrait être blessure profonde pour celui, qui, mal regardé, mal aimé, pourrait s'en prendre à Toi alors que ce n'était que moi. 


Moi (et toi qui me lis aussi d'ailleurs) j'ai d'abord à vivre sous Ton regard, humblement, 
À placer de moi-même mes actions sous celui-ci ; 
Oh, certes, Tu vois tout, Tu sais tout car sinon Tu ne serais pas Dieu mais placer les choses, placer ma vie, sous Ton regard les change pourtant de perspective : parce que Ton Amour, brûlant, vient y rayonner dans les zones les plus sombres, dans cette tourbe de péché où, parfois, je n'ose trop m'aventurer ; 
C'est, alors, d'ailleurs et seulement, que j'apprends un peu Ton regard, que je peux progressivement apprivoiser et me laisser apprivoiser par cette lumière brûlante...
Parce que, si je Te laisse champ libre pour plonger Ton regard en moi, 
Alors, je verrai plus clair 
Alors, j'apprendrai à aimer. 

mardi, décembre 31 2013

J'aime assez qu'Il nous aime comme ça


à tel point qu'Il nous a même donné son Fils ! 


P.S. : et vu qu'Il n'élargit pas encore les journées pour nous laisser pleine liberté, je sais que j'ai des messages de certains d'entre vous qui attendent réponse : les journées furent bien chargées mais... ça vient ! ;-) 


lundi, novembre 11 2013

Parce qu'Il est toujours là


C'est un oratoire, un tout petit oratoire perdu dans la campagne. 

Il y a un calvaire, quelques statues, au détour d'un virage et un tout petit toit pour les protéger. 

J'aime bien y passer quand je me balade dans le coin. 

J'ai souri cette fois-ci en constatant que des fleurs y avaient été placées, qu'une veilleuse y avait été allumée : 

Signe qu'on s'occupait, qu'on aimait l'endroit certes, 

Mais surtout petite flamme de rappel que Dieu est là, tout le temps ; 

Qu'Il nous attend, qu'Il nous appelle. 


Il ne faut parfois pas grand chose pour nous en souvenir : 

Une bougie allumée, 

Un sourire, 

Un beau lieu, 

Une musique qui nous Le rappelle, 

Une main posée sur notre épaule, sur notre tête, 

Un simple et doux moment de prière. 


Tout cela comme autant de flammèches d'un Amour toujours brûlant, toujours pressant… 

Il est là, Il t'attend : et toi, là, passant ? 

Et toi, là, vivant, prendras-tu, perdras-tu, ce moment gratuit avec Lui dans le silence de ton coeur ? 



P.S. En m'approchant, j'ai encore plus souri de voir en dessous de la bougie la petite pub pour un site internet chrétien. Et ça tombait bien, c'était le même jour de lancement d'un autre site lancé par l'Eglise catholique en France : http://jesus.catholique.fr/ 

Parce qu'Il nous attend toujours, même quand on ne L'attend pas et même au détour d'un clic ! 


samedi, octobre 19 2013

Durant une semaine mais pour que ce soit pour la vie


"Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de coeur" (Matt. 11, 29) 


lundi, août 26 2013

Pour que nos vacances soient payantes sur le long terme



Ne rien faire mais ouvrir grand les narines, les yeux, les oreilles 

Faire silence ou discuter, 

Rire aux éclats, simplement sourire ou être profondément émus, 

Ne rien faire et contempler, 

Selon nos talents écrire, dessiner ou photographier, 

S'assoir, jouer ou partager un simple moment avec des gens aimés, 

Prier, dire et vivre des "je T'aime", louer. 


Marcher au gré du vent et des envies, 

Accepter de ne plus vivre dans l'immédiateté, 

Aspirer la vie par tous les pores de notre peau 

Au détour de ces pas gratuits qui nous mènent sans but visible, 

Dans une attitude simple de disponibilité. 


Vacances, temps de flânerie ; 

Vacances, temps de la contemplation. 

Vacances, temps privilégié de la gratuité. 


Gratuité de l'instant à rapporter, si légère, dans nos bagages, 

Parce que c'est le temps de la respiration, souffle de vie, 

Parce que c'est le temps où l'on réapprend doucement à s'émerveiller, 

Parce qu'il faut bien ces temps de silence pour réentendre doucement, au fond de nos oreilles et de nos coeurs trop occupés, le Seigneur nous murmurer combien Il nous aime. 


jeudi, juin 20 2013

Etincelles marines

 


 

Face à la mer, c’est presque toujours facile de croire en Dieu

Elle nous parle d’immensité, elle nous parle de mouvement ;

Elle nous parle de beauté, elle nous parle d’aventure.

 

Face à la mer, bien souvent, j’entends le ressac me susurrer un vigoureux :

« Avance au large ! »

Qui vient toujours, comme un fait exprès, se poser sur les récifs de ma vie.

 

Je ne puis pourtant cesser de la contempler, de m’interroger :

La vague revient avec son lot de questions renversant mes peurs,

Me faisant regarder au loin…

 

« Avance au large ! »

Face à la mer, bien souvent, j’ai envie de prier.

 

Pourtant la mer est parfois bien loin,

Ayant découvert par son retrait une étendue plane presque désertique,

Qui ne fleure plus bon l’aventure mais la lente, longue et pénible marche,

Celle rendant les jambes et le corps fatigués,

Celle qui semble toujours identique, sans relief.

 

Mais, au loin, il reste la mer,

Elle est là, toujours, comme Lui,

Elle chatouille le sable ainsi que Dieu irrigue nos vies,

Même quand Il semble en marée basse, si loin de nous,

On peut Le contempler dans les reflets étincelants de l’eau qu’Il renvoie au cœur même du désert.

 

Face à la mer, souvent, j’ouvre de grands yeux, je respire l’air vivifiant et surtout je me dis que Dieu m’y parle de la vie.

 

lundi, juin 3 2013

Jeunes et vieux



C’était il y a quinze jours, sept prêtres célébraient une messe de semaine.

Sept prêtres ordonnés la même année, il n’y a pas loin de cinquante ans,

Il y en avait un d’un peu bancal ; d’autres aux allures hésitantes,

Mais, à célébrer ensemble, dans leur âge diversement vécu,

Quand ils levèrent ensemble l’hostie, Vie de leur vie :

Qu’ils étaient beaux à voir !

 

Eux, je les vois souvent arriver à la dérobée, un peu en retard,

Ensemble, cela fait des années qu’ils y sont,

Engagés dans l’Eglise et l’église, ensemble encore,

Souvent, je remarque entre eux de tout petits signes de tendresse,

Et une qualité unique d’attention,

Qui me font sourire aux anges :

Eux aussi ils sont beaux !

 

Elle, de ma propre famille, elle totalise plus de 70 ans donnés à son Seigneur,

Je ne la vois pas souvent et puis, elle parle peu de Lui,

Sauf en quelques phrases qui font mouche…

Comme si sa tâche était de continuer,

Dans l’immense faiblesse du très grand âge,

A transmettre quelques clins-Dieu, égrenés :

Ô Beauté si ancienne et si nouvelle !

 

Bien des fois, je contemple les plus âgés,

Quel que soit leur « état » de vie, choisi ou pas vraiment,

Je cherche à deviner leur vie, leur joie, dans leurs regards,

J’apprends, à discuter avec eux quand je les croise, à lire le sens de leurs rides creusées par le temps,

J’apprends à les regarder autrement,

J’apprends beaucoup et vraiment d’eux, tout simplement.

 

On admire souvent l’élan de la jeunesse, les grands idéaux,

C’est grand et il y faut certainement autant de fougue que de folie consenties ;

Mais, souvent, je m’arrête pour contempler l’allant de l’âge avancé,

Pour ce qu’il vient, malgré les ravins, les gros et petits soucis, 

Me murmurer de poids solide et de fidélité,

Qui se font élans pour aider les plus jeunes à marcher.

 

Bien souvent, je me dis que j’aimerais mieux savoir leur dire merci.

 

vendredi, mars 22 2013

En joyeux compagnons

 

 

 

Larges sourires à s’apercevoir,

Joie de se saluer,  chaleureusement.

 

Paroles murmurées,

Paroles affirmées,

Paroles échangées.

 

Traces de vie,

Traces de Toi,

Sur les cimes et dans les creux

Du quotidien relu, narré, prié.

 

Mots cherchant à Te connaître :

Questions bafouillées,

Coups de gueule et coups de cœur,

Liberté totale de parole,

Et de ton, et de sujets ;

Liberté totale d’écoute.

 

Mots cherchant ensemble le Verbe,

Dans le dia-Logos,

Et ces silences si denses en guise de ponctuation,

Qui T’écoutent et Te disent en même temps.

 

Mots cherchant à Te vivre :

Pardon demandé au détour d’un rdv,

Pardon donné, tête inclinée,

Pardon reçu, toujours si bouleversant de gratuité.

 

Mots cherchant à Te dire :

Quatre mains tendues humblement ensemble le temps d’un Notre Père

Pour redire ensemble leur Essentiel,

Et ce même lien filial qui les unit avant tout.

 

Béni sois-Tu Seigneur,

Pour le don de l’accompagnement spirituel,

Pour sa justesse, pour sa délicatesse,

Pour cette aide qui nous aide tant à marcher,

Un peu moins bancalement, vers Toi,

Et qui nous redit comment Toi, joyeux compagnon des routes de nos jours comme de nos nuits, Tu marches sans cesse avec nous.  

 

jeudi, mars 21 2013

D’eau vivifiante en coucher de soleil

 

 

 

Comme l’eau sait se frayer un chemin dans la terre à l’insu des prévisions humaines,

Ainsi l’Amour de Dieu se glisse dans les fissures imprévues de nos cœurs,  

Les irrigue et vient les toucher au plus profond, malgré les méandres et les détours,  

Pour, peu à peu, travailler et remodeler la glaise de notre âme

En surface rayonnante d’une Lumière incandescente à jamais.

 

mardi, février 5 2013

Gouttelettes d’amour


 

J’avais déjà tâté quelque chose de la puissance des larmes,

Quelque chose de l’incroyable densité tant humaine que spirituelle où elles peuvent atteindre.

 

Mais je ne me doutais pas que les yeux rouges pouvaient aussi porter témoignage…

D’une affection, d’une amitié, sans doute

Mais aussi d’une indéfectible et folle Espérance.

 

Hier, j’ai vu des yeux rougis,

Des yeux noyés,

Des petites et grosses larmes perler et s’échapper en longs sanglots.

 

Hier, j’ai vu de l’Amour qui s’écrivait en minuscules comme en majuscules dans des larmes d’enfants ;

Et, ô mon Dieu, s’il y avait de la tristesse, il y avait toutes tes vertus théologales réunies je crois, dans les cœurs de ceux qui pleuraient :

Il y avait la foi, l’espérance et la charité dans ces si charmantes larmes,

Et, Seigneur, c’était curieusement mais intensément beau, et très doux :

A T’en rendre grâce !

 

dimanche, janvier 13 2013

Bernanos, ou la joie éclatante au cœur des ténèbres


 

Mettre une simple citation de Bernanos sur Facebook éveille parfois une discussion inattendue… d’autant plus quand elle est avec un de ses oncles ! Je ne vais pas rentrer dans les détails ici mais tout a eu pour source cette citation du Journal d’un curé de campagne que je trouve magnifique et qui s’adaptait à mon état d’esprit. Je cite donc :

 

« Mais c’est du sentiment de sa propre impuissance que l’enfant tire humblement le principe même de sa joie. »

 

Mon oncle a rebondi sur différents points mais, quant à l’auteur en lui-même, il disait : « Bernanos est un romancier du ressentiment, de la culpabilité et du désespoir » alors, que pour moi, Bernanos est le romancier de la joie ! D’ailleurs, l’un de ses romans porte même ce titre et je ne crois pas que ce soit un hasard.

 

L’ambiance des romans de Bernanos est certes lourde et pesante à chaque ligne comme si la bourbe du Mal et du péché empêchait aux phrases de prendre leur envol. Y percevoir la joie semble peu aisé car il ne s’agit pas d’une joie légère ou superficielle, il ne s’agit même quasiment pas d’humour dans ses romans et dans celui-ci en particulier – quel triste sire en apparence que le pauvre curé d’Ambricourt !

 

Et pourtant, et pourtant … « l’enfer, c’est de ne plus aimer » dit-il à la comtesse lors de leur mémorable entretien ! Et que lui répond-elle dans sa dernière lettre ? « Je ne suis pas résignée, je suis heureuse. […] J’irai me confesser demain à l’abbé X… [ …] J’ai péché volontairement contre l’espérance, à chaque heure du jour. » N’est-ce donc pas le curé qui la rend à la vraie joie ? En lui montrant qu’elle peut déposer, et donc dépasser aussi bien sa douleur de mère que le poids de son péché ? Que l’espérance est plus grande, que le bonheur est plus vaste ?

 

Et le curé est-il si triste pour s’exclamer en mourant, à l’instar de la petite Thérèse : « tout est grâce » ?

 

Alors que dire de cette citation si ce n’est que je la lis comme un appel à nous tourner humblement, les mains vides vers Dieu pour qu’il nous comble de joie ?

Encore plus profondément : comme un appel à savoir que nous n’avons rien à nous pour Le laisser emplir notre existence ?

« Te ipsum tibi reddam quando te mihi reddidero » (« Je te rendrai à toi-même lorsque je t'aurai rendu à moi ») fait dire à Dieu saint Augustin.

Impuissants… mais pouvant tout en Dieu !

 

jeudi, janvier 3 2013

Seigneur donne-moi le haut débit

 

Un peu à l’improviste – ce fut décidé la veille – j’ai pris la voiture, enclenché la première et me suis éloignée un peu, un peu à l’écart.

 

Au fil des kilomètres, moi qui suis si « connectée », si geek diraient certains, l’envie de tapoter sur mon portable se faisait moins pressante, moins enviable, comme s’il me prenait un soudain goût de large, une soif champêtre de déconnexion impromptue.

 

Et puis arriver en ce lieu qui m’est cher,

Et puis l’éteindre avec naturel et même joie ce portable. Cela ne m’était pas demandé, non, mais la question ne se posait même pas : histoire de cohérence.

 

Alors respirer le silence à grand Souffle….

 

Non pas coupée des préoccupations mais au contraire légèrement de biais pour mieux les mettre au centre, mieux les observer sous une Lumière accrue, mieux les Lui confier.

 

Et puis goûter à la saveur d’une Eucharistie célébrée au milieu de la journée,

Lien qui fonde les autres, lien au cœur de tous les autres.

 

Prier, marcher, parler, souffler, se taire, prier et puis rentrer. Rien d’extraordinaire.  

 

Ce n’était même pas une retraite, c’étaient quelques heures comme volées, pour les Lui redonner : un écart simple par rapport au tempo ordinaire pour vivre un peu mieux 2013 selon le Sien.

 

Et le laisser mieux me connecter à Lui pour être mieux connectée à chacun, version haut débit d’Agapê.

 

 

 

jeudi, décembre 20 2012

Quand je ne T'attends pas

L'Avent, on l'appelle souvent temps du désir, temps de l'attente... 


Temps dans lequel je peine bien souvent à entrer parce qu'il tombe toujours à la mauvaise période de l'année : vous me direz que je n'ai même pas l'excuse de la surprise ! 

Mais vous ne trouvez pas, vous, qu'il est difficile de L'attendre ? 

Par ces jours où je compte trop sur moi, où "j'oublie" que Tu es là, où je ne te laisse pas Ta place, 
Je ne T'attends pas. 

Par ces jours trop pleins où ma prière se réduit peau de chagrin a minima, 
Je ne T'attends pas. 


Par ces rencontres où je ne Te cherche pas dans l'autre, où je réponds seulement avec mes tripes sans jamais un regard vers l'âme, sans un regard de bienveillance puisé en Toi, 
Je ne T'attends pas. 

Par ces regards fatigués qui s'habituent au lieu de s'émerveiller, 
Je ne T'attends pas. 

Mais Toi, Tu m'attends toujours,
Tu es Dieu patient, Dieu désirant même quand nous ne te laissons pas de place, ou la place la plus minime de notre vie, à l'écart de nos activités. 


Et quand enfin nous rentrons chez nous, c'est-à-dire en Toi, s'ouvre alors pleinement l'espace du désir de Dieu dans lequel s'inscrit l'homme, du désir de Dieu inscrit en l'homme ; 
La Lumière vient alors sur la terre, 
Éclat d'une Rencontre, 
Éclat d'un Noël qui, déjà, s'avance. 

vendredi, décembre 14 2012

Que j’éveille l’aurore ! Je te rendrai grâce parmi les peuples...

 

 

 

Je ne suis pas du matin, et encore moins l’hiver quand il fait bien froid.

 

Ce n’est pas pour autant que je suis une adepte de la longue grasse matinée que je n’apprécie pas spécialement non plus : c’est plutôt que trop tôt, c’est vraiment trop tôt et mon esprit râle énormément beaucoup sans s’éveiller tout à fait quand je force mon corps à se lever.

 

Et, bien sûr, il y a ces matins où je commence à faire cours à 8h, ce qui signifie être parfaitement l’esprit en éveil et en alerte à cette heure-là : c’est rude et, heureusement, mes élèves sont souvent mal réveillés eux-mêmes.

 

Et puis, il y a des matins où je me lève plus tôt sans vraie raison. Ou plutôt si avec une vraie raison mais qui n’est absolument pas professionnelle :

 

Les laudes trop très tôt quand je suis en retraite dans un monastère,

La messe de l’Aurore le jour de Noël que j’ai appris à savourer avec délice,

La messe de ce matin, proposée à 7h, pour l’Avent, suivie d’un petit-déjeuner…

 

A ces heures où le jour hésite encore avec la nuit,

Il est beau de venir prier ;

Dans le silence encore présent de la nuit,

De prendre le temps de L’écouter.

 

Puis, il est beau de continuer à prier en rentrant de ces moments.

 

C’est un moment qui semble propice pour Lui confier toutes nos intentions les plus tristes, les plus noires, celles qui nous font mal tant elles nous touchent ;

C’est le moment de Lui confier tout ce qui est sombre dans ma vie, tout mon poids de péché et d’opacité, pour qu’Il l’amène à et dans Sa lumière,

 

C’est le moment d’ouvrir les yeux et de guetter les signes du monde qui s’éveille comme autant de prémices, d'étincelles d’un jour qui commence,

Qu’on voudrait vivre lumineux,

Pleinement conscients de Sa présence.

 

C’est le moment de prier avec le psalmiste,

C’est le moment d’éveiller l’aurore,

Pour rendre grâce, toute la journée, parmi les peuples.

 

- page 2 de 4 -