Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Etincelles

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi, décembre 31 2013

J'aime assez qu'Il nous aime comme ça


à tel point qu'Il nous a même donné son Fils ! 


P.S. : et vu qu'Il n'élargit pas encore les journées pour nous laisser pleine liberté, je sais que j'ai des messages de certains d'entre vous qui attendent réponse : les journées furent bien chargées mais... ça vient ! ;-) 


lundi, novembre 11 2013

Parce qu'Il est toujours là


C'est un oratoire, un tout petit oratoire perdu dans la campagne. 

Il y a un calvaire, quelques statues, au détour d'un virage et un tout petit toit pour les protéger. 

J'aime bien y passer quand je me balade dans le coin. 

J'ai souri cette fois-ci en constatant que des fleurs y avaient été placées, qu'une veilleuse y avait été allumée : 

Signe qu'on s'occupait, qu'on aimait l'endroit certes, 

Mais surtout petite flamme de rappel que Dieu est là, tout le temps ; 

Qu'Il nous attend, qu'Il nous appelle. 


Il ne faut parfois pas grand chose pour nous en souvenir : 

Une bougie allumée, 

Un sourire, 

Un beau lieu, 

Une musique qui nous Le rappelle, 

Une main posée sur notre épaule, sur notre tête, 

Un simple et doux moment de prière. 


Tout cela comme autant de flammèches d'un Amour toujours brûlant, toujours pressant… 

Il est là, Il t'attend : et toi, là, passant ? 

Et toi, là, vivant, prendras-tu, perdras-tu, ce moment gratuit avec Lui dans le silence de ton coeur ? 



P.S. En m'approchant, j'ai encore plus souri de voir en dessous de la bougie la petite pub pour un site internet chrétien. Et ça tombait bien, c'était le même jour de lancement d'un autre site lancé par l'Eglise catholique en France : http://jesus.catholique.fr/ 

Parce qu'Il nous attend toujours, même quand on ne L'attend pas et même au détour d'un clic ! 


vendredi, novembre 8 2013

Coeur aux aguets


"Dans la solitude, notre coeur de pierre peut se changer en un coeur de chair, notre coeur révolté en un coeur contrit, et notre coeur fermé en un coeur capable de s'ouvrir à tous ceux qui souffrent." 



H. NOUWEN

samedi, novembre 2 2013

Mission - voici l'Agneau de Dieu


             C'est une mission qu'il m'aura fallu un peu de temps pour accepter… "Berger" d'une nouvelle session de l'Ecole de Prière Jeunes de mon diocèse. Le truc enthousiasmant, certes, surtout quand on trouve la proposition de l'EPJ absolument géniale et qu'on y a goûté plusieurs fois comme animatrice, mais qui fiche un poil la pétoche et la pression : tout à créer malgré la base commune très bien conçue mais surtout une question terrible "est-ce que j'en serai capable ?". Il y avait plein de raisons qui me faisaient hésiter, dont mon âge pour une mission qui est autant concrète que spirituelle. J'ai beaucoup prié, beaucoup discuté et beaucoup écouté. Et il aura fallu un "fais confiance à l'Esprit Saint" épiscopal pour que je me décide finalement à dire oui. 


            J'ai dit oui en me disant que je devais vivre cette mission dans cet élan spirituel. Ainsi, en même temps qu'avec ma super équipe on préparait cette belle semaine, je me suis donc cherché puis trouvé mon signe de bergère à moi : ce fut un sweat avec, au dos, un mouton une Bible à la main et la citation du psaume "le Seigneur est mon berger" afin de toujours replacer mes actes dans le seul vrai Berger qu'est le Christ. Appel et rappel pour moi à ne chercher à placer mes actes que dans cette unique dynamique : à être ferment d'unité du "troupeau" des jeunes et des animateurs, à transmettre Sa Parole pas la mienne, à ne les rassembler qu'en Lui. Chemin de conversion… 



               La semaine a commencé : j'ai découvert de nombreuses choses. Il y a eu des moments pas faciles et d'autres - la majorité ! - merveilleux. Instants de vie et de mission à prendre le temps de relire. 


                Et puis, il y a aussi un moment particulier qui m'a comme donné la clef de la mission qui m'était confiée. Voyez-vous, la petite P., sept ans et quelques, a passé sa semaine à venir chercher ma main et à me bombarder de questions diverses (quand, avec ses copains, ils ne m'infligeaient pas une séance d'attaque par les chatouilles : dure est la vie d'une bergère !). Jeudi soir, lors de la procession du St Sacrement, c'est donc tout naturellement qu'elle vint à côté de moi pour chanter, pour prier… Soudain, j'eus droit à une question : "Pourquoi on marche comme ça derrière l'hostie ?". En commençant à répondre et en lui désignant d'un geste l'ostensoir, je me suis rappelée de saint Jean-Baptiste, désignant et disant "voici l'Agneau de Dieu"… Mon saint préféré pour une multitude de raisons mais la première et la plus grande c'est qu'il ouvre toujours davantage au chemin du Christ. Toujours plus s'effacer pour Le laisser grandir : j'ai été profondément touchée de cet accord que je percevais soudain comme sens premier de la mission, un simple mais puissant appel à ma propre conversion. 


                C'était même une découverte lexicale vivifiante : car c'est vraiment très beau que l'autre nom de "mission", dans l'Eglise, soit "conversion". 


 

samedi, octobre 19 2013

Durant une semaine mais pour que ce soit pour la vie


"Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de coeur" (Matt. 11, 29) 


mercredi, octobre 9 2013

Et Ton silence comme flamme

Leurs bruits, sempiternels, 

Si forts, si éclatants et toutefois si brisés. 

Leur incapacité à rester longtemps silencieux ou sans bruit, 

Leurs bruits comme autant de p(l)eurs ; 

Leurs bruits qui parfois me désemparent et me donnent mal au crâne ; 

Leurs bruits que je garde si longtemps en moi, 

Les bruits de ces problèmes qui m'agitent, 

Tous les bruits du monde. 



Et le silence, 

Qui n'est jamais gagné, 

Qui est bien souvent lutte à remporter,  

Pour laisser progressivement tout se taire en soi, 

Pour tout laisser monter vers Toi. 



Et Ton silence, 

Où Tu me parles, 

Où Tu m'apprends à T'écouter, 

Pour mieux savoir le faire dans le bruit. 


Ton Silence, 

Plus grand que tous nos maux/mots, 

Parce que Tu y es, Seul, Lumière, 

Profonde brûlure de feu. 

vendredi, septembre 27 2013

Déplacement au soleil caché


Parfois, le temps est tout gris à répétition. 

On a beau être certain du soleil, juste caché derrière, 

On a beau trouver toujours aussi belle la vie, 

Cela pèse quelque peu de voir le monde coloré par ces teintes grisâtres. 


Et puis, parfois, il suffit de s'éloigner de quelques centaines de mètres : le temps de se déplacer et de voir les nuages faire de même.  

Alors pointe le soleil ici et là, 

Et on fait plus qu'y croire alors, à ce soleil caché,  

On en sourit ! 

Et l'on revoit, ne serait-ce que par endroits et pour un moment le monde en tout lumineux. 


On repart avec des yeux plus apprivoisés à la lumière ensoleillée, 

Voulant la chercher et la trouver partout. 


Toute analogie avec Vous-savez-Qui-même-qu'Il-s'appelle-Lui-même-parfois-Je-Suis n'est pas tout à fait fortuite. 



jeudi, juin 20 2013

Etincelles marines

 


 

Face à la mer, c’est presque toujours facile de croire en Dieu

Elle nous parle d’immensité, elle nous parle de mouvement ;

Elle nous parle de beauté, elle nous parle d’aventure.

 

Face à la mer, bien souvent, j’entends le ressac me susurrer un vigoureux :

« Avance au large ! »

Qui vient toujours, comme un fait exprès, se poser sur les récifs de ma vie.

 

Je ne puis pourtant cesser de la contempler, de m’interroger :

La vague revient avec son lot de questions renversant mes peurs,

Me faisant regarder au loin…

 

« Avance au large ! »

Face à la mer, bien souvent, j’ai envie de prier.

 

Pourtant la mer est parfois bien loin,

Ayant découvert par son retrait une étendue plane presque désertique,

Qui ne fleure plus bon l’aventure mais la lente, longue et pénible marche,

Celle rendant les jambes et le corps fatigués,

Celle qui semble toujours identique, sans relief.

 

Mais, au loin, il reste la mer,

Elle est là, toujours, comme Lui,

Elle chatouille le sable ainsi que Dieu irrigue nos vies,

Même quand Il semble en marée basse, si loin de nous,

On peut Le contempler dans les reflets étincelants de l’eau qu’Il renvoie au cœur même du désert.

 

Face à la mer, souvent, j’ouvre de grands yeux, je respire l’air vivifiant et surtout je me dis que Dieu m’y parle de la vie.

 

vendredi, mai 31 2013

Frémissement d’intensité poétique

 

 

 

Pour lancer une séance sur la poésie, j’avais eu l’idée de demander à mes élèves de réfléchir à un lieu « poétique », un lieu qui leur parlait de poésie, à chacun.

Je les avais laissés réfléchir quelques instants et puis je les avais interrogés, un par un.

 

Il y a ceux qui, à moitié pour m’épater, me donnaient des grandes villes « Venise ! Je rêve trop d’y aller ! » ou encore « Eh m’dame, la ville de Roméo et Juliette, là, j’sais plus comment elle s’appelle, où il y a les verrous, ça parle de passion ! »

Ceux qui rêvaient aux classiques « la plage sous les étoiles » ou « une belle mer bleue »,

Ceux qui osaient et me donnaient des lieux plus inconnus, plus personnels, aussi…

 

Ce garçon-là, je le sentais qui réfléchissait « à l’intérieur » et, son tour venu, il dit :

- Le bled.

Deux autres l’avaient déjà dit pour plaisanter mais, chez lui, on sentait que cela venait du cœur : bien, c’était ce que je cherchais, la densité de paroles. Il poursuivit d’ailleurs : « parce que, là-bas, c’est vraiment chez moi. ». 

Le tour de classe se poursuivit, entre belles pépites et mots hésitants.

 

Quand il prit fin, le même garçon me fixait toujours et me demanda :

- Et vous madame ?

 

Sans réfléchir, j’ai répondu :

- Les bords de Loire ; la lumière du soleil irisant l’eau et dansant sur les vieilles pierres… c’est beau !

- C’est là que vous avez rencontré votre copain ?

 

Ca m’a fait sourire.

Il ne pouvait pas savoir – d’autant plus que je n’avais pas « réfléchi » ma réponse – que, pour moi, quand je parle de poésie, je ne sais pas la séparer de Dieu ; comme je ne sais pas séparer Dieu de la poésie ;

Parce que Dieu est le grand poète de la vie ;

Parce que j’ai fait mienne cette belle phrase de Scholtus dans son petit Christianisme d’insolence : « se faire les poètes de la grâce à travers les opacités de la chair » pour en rechercher toujours plus la justesse.

 

Il ne pouvait pas savoir que, sans réfléchir, j’avais parlé de « mon » lieu, de cette abbaye où je viens respirer, souvent,

Me ressourcer, vraiment,

Chercher à toujours mieux grandir et vivre en Lui,

Contrepoint essentiel de silence de mes jours devant et avec eux,

Beauté de la nature à conjuguer avec celle de l’humanité.

 

Oui, ça m’a vraiment fait sourire et j’ai répondu :

- En fait… c’est surtout là que j’ai rencontré le grand amoureux de l’humanité.

 

Je ne crois pas qu’il ait très bien compris,

Mais finalement, je ne crois pas que c’était très important de dire exactement,

Car il y avait déjà eu cet espace d’un frémissement,

Le petit interstice subreptice où Il pouvait dire, écrire, l’au-delà des mots.  

 

jeudi, mai 16 2013

Préparation à la Pentecôte

 

De haut en bas,  

De bas en haut,

D’un Autre,

Pour jaillir en soi,

Vers les autres.

 

 

 

« Pneumatologie – "L’Esprit Saint viendra sur toi (ép-éleusétai épi sé) et la Puissance du Très Haut fera sur toi de l’ombre" (épiskiasei soi, Lc 1, 35) - "L’Esprit Saint vous fera souvenir (hypomnèsei) de tout ce que je vous ai dit" (Jn 14, 26) – Voici, suggéré par les mots, plus exactement encore par les préfixes, un double mouvement et une double position fondamentale de l’Esprit.

L’Esprit sur-vient et il sous-vient. Il y a, par en-dessus, une épiclèse de l’Esprit, comme il y a, par en-dessous, une "sous-jacence » de l’Esprit. Ou, si l’on préfère, il existe une double épiclèse de l’Esprit : celle qui opère par le haut et celle qui opère par le bas. "L’Esprit du Seigneur est sur moi" (Lc 4, 18). L’esprit du Seigneur est sous moi, aussi.


Il existe une survenance de l’Esprit en vertu de laquelle il est consécration. 

Il existe une souvenance de l’Esprit en vertu de laquelle il est mémoire. »

 

in Fr. François Cassingena-trévedy, étincelles III, p. 300.

 

mercredi, mai 8 2013

Evidence en flèches

 

 

 

 

Un signe discret t’indiquant le chemin se cache sur cette photo, sauras-tu le retrouver ? 

 ;-)

 

 

 

Parfois, c’est un peu pareil avec le Seigneur,

Il est là, Il est éclatant d’évidence,

Mais, pressés, nous ne savons pas Le Voir,

Nous ne savons pas prendre le temps de regarder le monde,

Ce monde où Il se révèle,

Où Il se donne.

 

Nous sommes comme dans une bulle, pressés et renfermés,

Incapables de voir les belles flèches multicolores que, meilleur Cupidon que Cupidon, Il décoche partout,

Pour orienter nos vies vers plus d’Amour,

Pour les faire resplendir !

 

mardi, février 5 2013

Gouttelettes d’amour


 

J’avais déjà tâté quelque chose de la puissance des larmes,

Quelque chose de l’incroyable densité tant humaine que spirituelle où elles peuvent atteindre.

 

Mais je ne me doutais pas que les yeux rouges pouvaient aussi porter témoignage…

D’une affection, d’une amitié, sans doute

Mais aussi d’une indéfectible et folle Espérance.

 

Hier, j’ai vu des yeux rougis,

Des yeux noyés,

Des petites et grosses larmes perler et s’échapper en longs sanglots.

 

Hier, j’ai vu de l’Amour qui s’écrivait en minuscules comme en majuscules dans des larmes d’enfants ;

Et, ô mon Dieu, s’il y avait de la tristesse, il y avait toutes tes vertus théologales réunies je crois, dans les cœurs de ceux qui pleuraient :

Il y avait la foi, l’espérance et la charité dans ces si charmantes larmes,

Et, Seigneur, c’était curieusement mais intensément beau, et très doux :

A T’en rendre grâce !

 

vendredi, décembre 14 2012

Que j’éveille l’aurore ! Je te rendrai grâce parmi les peuples...

 

 

 

Je ne suis pas du matin, et encore moins l’hiver quand il fait bien froid.

 

Ce n’est pas pour autant que je suis une adepte de la longue grasse matinée que je n’apprécie pas spécialement non plus : c’est plutôt que trop tôt, c’est vraiment trop tôt et mon esprit râle énormément beaucoup sans s’éveiller tout à fait quand je force mon corps à se lever.

 

Et, bien sûr, il y a ces matins où je commence à faire cours à 8h, ce qui signifie être parfaitement l’esprit en éveil et en alerte à cette heure-là : c’est rude et, heureusement, mes élèves sont souvent mal réveillés eux-mêmes.

 

Et puis, il y a des matins où je me lève plus tôt sans vraie raison. Ou plutôt si avec une vraie raison mais qui n’est absolument pas professionnelle :

 

Les laudes trop très tôt quand je suis en retraite dans un monastère,

La messe de l’Aurore le jour de Noël que j’ai appris à savourer avec délice,

La messe de ce matin, proposée à 7h, pour l’Avent, suivie d’un petit-déjeuner…

 

A ces heures où le jour hésite encore avec la nuit,

Il est beau de venir prier ;

Dans le silence encore présent de la nuit,

De prendre le temps de L’écouter.

 

Puis, il est beau de continuer à prier en rentrant de ces moments.

 

C’est un moment qui semble propice pour Lui confier toutes nos intentions les plus tristes, les plus noires, celles qui nous font mal tant elles nous touchent ;

C’est le moment de Lui confier tout ce qui est sombre dans ma vie, tout mon poids de péché et d’opacité, pour qu’Il l’amène à et dans Sa lumière,

 

C’est le moment d’ouvrir les yeux et de guetter les signes du monde qui s’éveille comme autant de prémices, d'étincelles d’un jour qui commence,

Qu’on voudrait vivre lumineux,

Pleinement conscients de Sa présence.

 

C’est le moment de prier avec le psalmiste,

C’est le moment d’éveiller l’aurore,

Pour rendre grâce, toute la journée, parmi les peuples.

 

samedi, juillet 28 2012

Brèche de surnaturel


Tu m’as dit avec une sorte d’avidité : « Raconte-moi »…

Alors, j’ai cherché mes mots, spécialement pour toi.

 

J’ai dit des choses,

J’ai tâché de te décrire

Des lieux, une expérience, des rencontres.

 

Je t’ai montré quelques photos,

Je t’ai parlé de la fabuleuse lumière de ce champ,

Je t’ai dit mon amour de l’art roman et ce qu’il laisse toujours passer pour moi,

Je t’ai dit des visages, des discussions à n’en plus finir, des sourires qui allaient au-delà de la barrière de la langue.

 

J’ai tenté de te donner quelques fragments de ce que j’avais pu vivre, là-bas ;

Avec le plus de franchise, avec le plus de cœur possible.

 

Pourtant, malgré mon enjouement, cela ne reste bien que fragments,

D’abord parce que la parole reste toujours – et heureusement ! – en deçà de la vie

Mais aussi parce que tu ne crois pas,

Et que tu ne veux pas que j’en parle.

 

Alors, je ne t’ai pas dit mes moments de prière,

Je ne t’ai pas dit les messes quotidiennes sauf pour ces moments plus originaux qui t’ont fait sourire,

Je ne t’ai pas dit la louange qui m’emplissait le cœur quotidiennement face à la Création ;

Je ne t’ai pas dit…

 

Du coup, je n'ai su que t’indiquer d'une parole ces brèches dans lesquelles je vois Dieu,

Te sourire pour te montrer que ces brèches me font vivre.

 

Et puis, un autre truc que je ne t’ai pas dit, à toi,

Par pudeur autant que par respect de ta volonté,

C’est que dans ces jours-là,

Au détour du chemin, j’ai moi aussi cherché à ouvrir comme une brèche de surnaturel :

J’ai prié avec mes pauvres moyens, oui, et j’y ai aussi prié pour toi.


dimanche, juillet 8 2012

Cela


« Ainsi la conversation quotidienne n’est que rengaine jusqu’au moment où quelqu’un parle de son propre regard, de sa voix, remonte de son fond une impression, une révélation qui est sienne ; comme dans les livres tout est vain qui n’est pas cela, le jaillissement irrépressible de la vérité la plus intime qui appartient à tous… Et sans doute l’exil n’est-il supportable que parce qu’il y a cette frontière perdue, retrouvée, au-delà de ce qui protège et masque, mots, briques, papiers peints…

 

Comme si ces impressions qui peuvent surgir d’un magma de médiocre souvenirs et qui vous envoient à l’improviste un coup léger, vous griffent le cœur d’une fine blessure, comme si ces impressions, ces traces actives en nous, presque sans nous et souvent à jamais ignorées, étaient ce qu’il y a de plus intime, de plus incommunicable et cependant de plus universel, si du moins la parole vient à leur donner existence.

 

Point n’est besoin de toujours les avoir ressenties soi-même, chacun les croit reconnaître dans le tremblement de la voix, d’une écriture, participe au bonheur de celui qui les exprime sans les avoir peut-être vécues, mais parce qu’il les a reconnues sur un visage, car ce qui se tient aux profondeurs est aussi, une seconde, surface et forme, une lumière dans un regard, une ombre, ce pli du front, des lèvres, aussi nécessaire, inattendu, imprévisible que les traces sur la pierre que laissent la pluie, le vent, la mer, aussi vraies, plus vraies que les idées abstraites mais que nous ne savons déchiffrer, et les mots ne nous sont donnés que pour retrouver la palpitation de ces secondes perdues, retrouvées, immuables tout au long d’une vie, la joie secrète hors du temps, quand l’éternité déborde. »

 

in Jean Sulivan, Car je t’aime, ô Éternité !

 

mardi, juin 12 2012

Tel l'hysope ?


Au gré des révisions…

 

 


Asperges me

 

Moi qui ne suis qu'un brin d'hysope dans la main


Du Seigneur tout-puissant qui m'octroya la grâce,


Je puis, si mon dessein est pur devant Sa face,


Purifier autrui passant sur mon chemin.


 

Je puis, si ma prière est de celles qu'allège


L'Humilité du poids d'un désir languissant,


Comme un païen peut baptiser en cas pressant,


Laver mon prochain, le blanchir plus que la neige.


 

Prenez pitié de moi, Seigneur, suivant l'effet


Miséricordieux de Vos mansuétudes,


Veuillez bander mon coeur, coeur aux épreuves rudes,


Que le zèle pour Votre maison soulevait.


 

Faites-moi prospérer dans mes voeux charitables


Et pour cela, suivant le rite respecté,


Gloire à la Trinité durant l'éternité,


Gloire à Dieu dans les cieux les plus inabordables,


 

Gloire au Père, fauteur et gouverneur de tout,


Au Fils, créateur et sauveur, juge et partie,


Au Saint-Esprit, de Qui la lumière est sortie,


Par Quel ainsi qu'une eau lustrale mon sang bout...


 

Moi qui ne suis qu'un brin d'hysope dans la main.

 

Paul Verlaine, Liturgies intimes


jeudi, décembre 29 2011

Christe Lux mundi qui sequitur Te…

 

Ne trouvez-vous pas qu’il est beau que Noël et sa joie qui se décline en octave tombent en cette période hivernale ?

 

Dans les soleils rasants des hivers ;

Dans ces brumes matinales si épaisses qu’elles peinent à se lever ;

Dans ces crépuscules si étrangement flamboyants…

 

La Parole s’accueille différemment ;

Et la Lumière « qui éclaire les nations » se reçoit avec gratitude en nos nuits.

 

 

 

« Mes bien aimés, ce que je vous écris n'est pas un commandement nouveau, mais un commandement ancien que vous aviez dès le début. Ce commandement ancien, c'est la parole que vous avez entendue.

Et pourtant, ce commandement que je vous écris est nouveau, il l'est vraiment en Jésus et en vous, puisque les ténèbres sont en train de disparaître, et que déjà brille la vraie lumière. 

Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère est encore maintenant dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n'y a pour lui aucune occasion de chute.

Mais celui qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres : il marche dans les ténèbres sans savoir où il va, parce que les ténèbres l'ont rendu aveugle. »

 

Extrait de la 1ère lecture de ce 5ème jour en l’octave de la Nativité, I Jn II, 7-11

 

mercredi, octobre 26 2011

Avoir à voir, pour être

 Les jours se réduisant de plus en plus, les nuits s’allongent en conséquence et l’obscurité gagne alors sensiblement du terrain. L’hiver s’y prépare doucement, à travers les premiers frimas embrumés de l’automne : l’occasion d’une petite « étincelle » pour y voir plus clair, sur un regard, un simple regard ? 

 

« Je ne suis pas chrétien aussi longtemps que je proteste – aussi longtemps que je pense en mon intime que je n’ai rien à voir avec cet homme et qu’il n’a rien à voir avec moi (cf. Mt 26, 69-74). Je deviens chrétien lorsque je réalise et que je confesse que cet homme me "regarde". Non pas seulement l’Homme, dans sa divinité, mais l’homme – cet homme, ille homo (Jn IX, 11), ecce homo (Jn XIX, 5) – dans sa singularité absolue et inévitable. Car l’homme Jésus, l’homme d’avant Pâques, déjà, me "regarde" et a bel et bien à voir avec moi, comme j’ai à voir avec lui, et c’est là ce qui, dans la foi que j’ai en lui, est proprement touchant, au sens du terme le plus éloigné de la mièvrerie. »

 

François Cassingena-Trevedy, Etincelles III, p. 272.

 

samedi, octobre 1 2011

Gris

 

Après un été grisant,

La pression retombée, l’esprit quelque peu dégrisé,

La tentation serait de vivre l’automne grisâtre.

 

Les soucis pointant subtilement ;

Le stress d’une année incertaine germant en chacun ;

La force de l’habitude cherchant à reprendre ses droits…

 

La tentation serait alors de ne pas s’accorder au soleil ambiant et de voir la vie lunettes embrumées par toutes nos grisailles, Bref, de voir la vie en gris.

 

Gris, couleur de la poussière ;

Ou plutôt gris, demi-teinte,

Variation médiane d’une intensité que nous ne parvenons plus à percevoir :

Voir la vie en gris, c’est ne plus en savourer les couleurs et les nuances.

 

Il ne s’agit pourtant pas de voir la vie en rose, avec la lunette candide du bisounours

Mais de la voir lumineuse.

Car c’est à l’aune de la seule lumière que nous distinguons les couleurs franches,

Que nous pouvons goûter à l'incroyable profusion des nuances,

Accommodant notre œil à cette lumière pour que se déploie un monde riche en contrastes.

 

Quand la farouche poussière cherche à habituer, c’est-à-dire à encrasser, nos regards les plus justes, les plus vrais, les plus ouverts et les plus beaux,

Redécouvrir que cette lumière porte un nom :

Lumière du Christ !

 

Loin des gris-gris et autres remèdes vitaminés,

Découvrir la Lumière : le Christ

Pour Vivre en enfants de celle-ci : en Lui.

 

vendredi, mars 11 2011

Marcher dans la lumière de Sa Joie


 

           « Ecoutez-les : tous, tant qu’ils sont, ils disent à l’envi que les temps sont mauvais, et qu’ils sont fatigués, et qu’ils sont occupés, et qu’ils n’ont le temps de rien, et qu’ils n’ont le cœur à rien. Et ce disant, ils sont eux-mêmes ennuyeux à souhait, et ils décuplent l’ennui du monde, si tant est qu’il soit réel. Car les temps ne sont laids qu’à cause qu’ils les ont enlaidis eux-mêmes, et ils ne sont dans l’ennui, en toutes sortes d’ennuis factices et chimériques qu’à cause des complications, et des contradictions, et de l’inconstance de leur propre cœur qui les y a jetés et qui a construit tous ces inconvénients de toute pièce.

 

Mais toi, par principe, par bienséance, et quoi qu’il en soit par ailleurs, dis à plaisir que le monde est beau, et que tu n’éprouves aucune fatigue, et que tu as tout le temps devant toi, et que tu as le cœur à l’ouvrage. Ce disant, ce faisant, tu sortiras moins de l’ordinaire que tu ne les aideras à en sortir eux-mêmes. Dis à plaisir qu’il fait beau, non par esprit de contrariété ni sur le fonds de ton propre plaisir (sans doute en éprouves-tu et en recherches-tu moins qu’eux), mais pour œuvrer, si modestement que ce soit, à la construction de la joie d’être au monde. »

 

Fr. François Cassingena-Trévedy, Etincelles III, p. 249-250

 

- page 2 de 3 -