Zabou the terrible

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Mot-clé - Fulgurances de sainteté

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mardi, octobre 31 2017

Sous le signe de l'amour

Dans les autres éléments vécus à l'EPJ, j'ai curieusement découvert un manuscrit apocryphe un matin devant les jeunes lors de l'accueil de la Parole... comme une petite aide pour méditer le mystère de la Croix, comme une petite aide aussi, la veille de la Toussaint, à nous laisser mieux tourner vers la sainteté. 

 

https://i.pinimg.com/474x/b3/f9/95/b3f9957ea3e2fba030cbd6bb9fc324ea.jpg

 

Je m’appelle Simon et il y a quelques années, j’ai vécu quelque chose d’incroyable : j’écris ce texte pour que la mémoire en soit gardée à jamais. J’étais alors un jeune papa, fier de la naissance d’Alexandre et de Rufus, mes fils, et j’aimais énormément ma ville, Jérusalem, ville sainte pour nous les Juifs. Ici, on se sentait proche du Seigneur 24h/24 !

 

Mais ce jour-là, je m’en rappellerai toujours, je n’ai jamais été aussi proche du Seigneur. Ce jour-là, il y avait de l’agitation en ville : c’était jour de crucifixion, le plus affreux et le plus déshonorant des supplices. Un grand agitateur devait être mis à mort ce jour-là par les Romains qui occupaient notre pays : à moi, on m’avait dit qu’il était surtout un grand prophète, un homme qui parlait de la part de Dieu. J’étais curieux : et si c’était un prophète qu’on allait tuer au lieu de l’écouter ? C’était suffisant pour que je cherche à rejoindre au plus vite le Golgotha, le lieu des exécutions, en rentrant de mes champs !

 

Et là… Et là… ma vie a basculé. En me voyant arriver, les Romains, qui connaissaient ma force, m’ont interpelé pour que je vienne aider à porter la croix de celui qu’on appelait Jésus. J’ai croisé Son regard, j’en ai été bouleversé.

 

Cet homme était plein de sang, plein de poussière, exténué mais il portait un regard d’amour sur moi. Un regard que je n’avais jamais vu. J’avais l’impression que c’était lui qui m’avait appelé pour que je l’aide… Il m’avait appelé pour me dire simplement : « viens, tu es aimé, à un tel point que tu ne le sais même pas encore ». Je n’avais jamais vu un amour aussi fort chez quelqu’un.

 

Alors, avec Lui, j’ai porté sa croix. Je sais déjà que quelqu’un écrira des siècles plus tard : « Dieu t’a créé sans toi mais il ne te sauvera pas sans toi ». C’était et c’est tellement vrai : Dieu m’a créé sans moi mais ne me sauve pas sans moi !

 

Ce jour-là, j’ai perçu quelque chose d’un grand mystère que je n’ai toujours pas fini de comprendre. Ce Jésus, c’était Dieu ! Et c’était fou : en mourant… en mourant pour moi, il venait pour me sauver !

 

En m’appelant à porter sa croix avec lui, il m’aidait surtout à porter toutes mes petites croix du quotidien. Ou plutôt, il portait avec moi tout cela : il portait mes soucis, mes inquiétudes, mes souffrances et même tout ce que je faisais de mal. Avec moi. Pour moi.

 

Plus tard, moi Simon, je serai parfois représenté bras dessus bras dessous avec Jésus dans ce qui est le moment le plus terrible de Sa vie. Par cela, il m’associait à Sa mort mais aussi à Sa résurrection.

 

Aujourd’hui, je sais que Lui porte tout avec moi et pour moi. Parce que j’ai eu la grande chance de porter un instrument de supplice sur mon dos qui est devenu, grâce à Jésus, le plus grand de tous les signes d’amour.

 

 

Simon de Cyrène

lundi, octobre 30 2017

Fioretti d'EPJ et d'eucharistie

 

Et me voici de retour de l'EPJ (Ecole de Prière Jeunes) édition 2017 ! Comme toujours le coeur en action de grâce et la tête consonnant avec le coeur et l'âme de multiples fioretti. Parmi ceux-ci, ces deux-ci... comme un moyen de vivifier notre désir du Seigneur !  

 

En début de semaine, une enfant de 7 ans qui n'avait pas encore fait sa première communion est allée communier avant qu'on ne s'en aperçoive. Des plus grands lui tombèrent alors dessus pour lui dire que ce n'était pas bien ce qu'elle avait fait et c'est en pleurs que la petite finit la messe. A l'issue de celle-ci, je la récupérai pour essuyer ses larmes et elle de me dire entre deux sanglots : "Tu sais, c'est que j'en avais tellement envie !!!" 

 

http://www.famillechretienne.fr/var/fc/storage/images/media/images/articles/ld-communion-hostie-eucharistie/54124-2-fre-FR/ld-communion-hostie-eucharistie_article.jpg

 

Fin de semaine, une autre petite de 7 ans en pleurs à la fin de la messe (encore !), je la récupère là aussi : 

- Mais pourquoi pleures-tu donc ? 

- C'est parce que... parce que... moi je voulais prier ! Et F. m'a embêtée ! Je n'ai pas bien pu prier Jésus alors que je voulais ! 

- Mais, ce qui compte, c'est ce désir de prier, tu sais, c'est celui-là que Jésus regarde et il sait ce que tu as dans ton coeur. " 

... Deux parmi tant et tant d'autres... ! :-) 

 

lundi, octobre 9 2017

Saint céphalophore intercède pour nous

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Il a perdu la tête !

Concrètement, saint Denis fêté ce jour fait partie de ceux dont on pourrait le dire pleinement !

Mais cela date pourtant de bien avant son exécution cette histoire :

Il a perdu la tête…. Il a suivi le Christ !

Le jour de sa mort : il a perdu l’esprit… mais sans perdre l’Esprit qui l’avait mené jusque-là.


Car suivre le Christ, n’est-ce pas un peu perdre la tête ?

Tout fonder sur une parole, tout fonder sur un amour, tout fonder sur notre foi !

Les chrétiens ne sont-ils pas un peu fous ?

C’est une histoire d’ambivalence, comme pour le mot passion : amour et souffrance.

 

J’aime bien me dire que saint Denis intercède pour que nous sachions à notre tour perdre la tête : non pas pour faire de nous des martyrs sanguinolents si cela ne nous est pas demandé, mais bien pour savoir Le suivre.

 

Saint Denis, toi qui as perdu mais as aussi porté ta tête, porte la nôtre dans la prière, s’il te plaît :

Prie pour que nous sachions « bien » perdre notre tête, c’est-à-dire la donner au Christ,

Prie pour qu’elle sache rayonner de Son amour auprès de ceux que nous croisons, afin des les y conduire,

Prie pour que notre intelligence soit irriguée par notre foi,

Prie pour que notre regard soit toujours orienté vers Lui seul,

Afin que notre tête, ainsi que toute notre vie, sache aller là où Lui le souhaite… passionnément !

samedi, juillet 22 2017

La Madeleine de Jésus

 

22 juillet, sainte Marie-Madeleine, l’apôtre des apôtres…

Pour eux, ce n’était pas gagné côté recrutement incohérent, pour elle non plus.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/7c/Maria_Magdalene_crucifixion_detail.jpeg/211px-Maria_Magdalene_crucifixion_detail.jpeg

Et pourtant, elle nous montre que la sainteté n’est jamais cause perdue ;

Elle nous montre que la sainteté, cette vocation à laquelle nous sommes tous appelés, est à la mesure de notre amour :

D’un amour qui a toujours à se laisser purifier par nos rencontres avec le Christ,

D’un amour qui aime éperdument, à corps perdu ;

D’un amour qui se laisse connaître et reconnaître ;

Pour connaître et faire connaître à son tour ; 

Pour proclamer, partout, à chacun de nos frères, le Christ ressuscité.

 

mardi, janvier 3 2017

Geneviève comme une ant(i)enne

Dans le diocèse de Nanterre, c'est fête le jour de la sainte Geneviève ! Elle est notre sainte patronne ! 

http://www.lemondedesreligions.fr/images/2013/11/21/3527_cathedrale-genevieve.jpg

Il y a même un propre pour les offices... Alors je me suis dit que vous partager les antiennes de ceux-ci (moins les premières vêpres) était une bonne idée car elles reflètent bien la vie de sainte Geneviève : 

 

Dès l'aube, Geneviève faisait monter sa prière vers le Seigneur. 

Saints et humbles de coeur, bénissez le Seigneur. 

Le Seigneur aime son peuple. Par Geneviève, il l'a secouru dans la détresse. 

Tenant en mains sa lampe allumée, Geneviève cheminait joyeuse à la rencontre du Seigneur. 

Fidèle servante du Seigneur, Geneviève marcha courageusement dans la voie qu'il lui avait tracée. 

Elle priait le Seigneur Dieu de la conduire à la délivrance de son peuple. 

Voici venir les noces de l'Agneau : son Epouse pour lui s'est faite belle.  

 

Et, comme un feu d'artifice résumant tout, les antiennes des cantiques évangéliques : 

 

Antienne du Benedictus : Le Seigneur a fait de Geneviève une messagère d'espérance pour tous ceux qui l'invoquent.  

Antienne du Magnificat : Etrangère au monde, aimée du peuple, consacrée tout entière au Christ, telle vécut Geneviève. Aussi le Seigneur l'a-t-il reçue au festin de son royaume.  

 

Ce qui est assez beau, c'est qu'on peut (on doit ?) se sentir concerné car, malgré sa vie qui se déroula au Vème s., Geneviève est un exemple pour notre temps troublé : femme de prière et femme d'action, elle montre que c'est tout un. Que l'une ne va pas sans l'autre. 

Alors, certes, je suis heureuse qu'elle soit désormais, par similitude de vocation, tout spécialement un exemple pour moi parce que je crois que c'était une sacrée bonne femme mais il me semble que cela marche pour chacun : le don de soi dans sa vocation propre, la prière, la foi en la puissance de celle-ci, l'attention suffisamment grande à l'autre pour percevoir les besoins et l'action, bref, la charité en actes. 

Re-bref, il s'agit de devenir, pour chacun de nous, des messagers d'Espérance de la part du Seigneur... Un voeu tout spécial pour 2017 ? :-) 

 

N.B. : Pour ceux qui ne sont pas familiers de la prière des Heures, les antiennes sont les courtes phrases qui se prient avant et après chaque psaume. 

 

jeudi, septembre 22 2016

Saint Matthieu ou la sequela du publicain quotidien

http://www.catechese.catholique.fr/img/1-20412-246x168-0/appel-caravage-detail-jesus.jpg

 

« Suis-moi » : pas de conditions…

La parole, brute :  

La Parole, si douce, invitant à la vie avec Lui.

 

Suis-moi…

Au milieu de tes occupations quotidiennes,

Même les plus sordides, les moins avouables,

Je suis avec toi, alors viens !

 

Suis-moi…

Aux nuits d’angoisse,

Aux jours sombres des blessures,

Des drames de la vie humaine.

 

Suis-moi…

Dans le tableau du Caravage, la surprise,

La lumière d’un doigt qui désigne,

Et un regard plein de tendresse.

 

Suis-moi…

Si souvent, je me dis que je ne suis pas digne,

Que ma vie est pleine d’assombrissements,

Mais Toi, tu choisis « en miséricordiant » comme dirait le pape,

Alors, dans la lumière de Ton regard, Tu chasses les ténèbres,

Et deviens Lumière intérieure pour nous permettre de marcher à Ta suite, par tous les temps.

 

lundi, août 22 2016

Lectures estivales 2016 #2 : un franciscain chez les SS ou la force de la prière

http://www.editions-emmanuel.com/images/30/v_book_167.jpg

"Tous les Allemands ne sont pas nazis monsieur !" 

Ce n'est effectivement pas le cas du P. Géréon Goldmann alors même qu'il fut SS puis versé à la Wehrmacht et enfin prisonnier de guerre tout en étant et demeurant franciscain ! Un itinéraire incroyable, qui le mène à noyauter le système nazi au cœur même de celui-ci, en restant fidèle aussi bien à l'obéissance que surtout à sa foi profonde qui ne cesse de l'animer : il sera même ordonné prêtre dans un camp de prisonniers ! 

On pourrait louer l'excellent témoignage que constitue ce livre et ce serait déjà très bien mais j'aimerais aller au-delà : ce récit, en effet, narre finalement l'incroyable force de la prière et de la confiance en Dieu. Car, si le père Géréon a réalisé une œuvre formidable, tant pendant la guerre qu'ensuite comme missionnaire au Japon, il sait qu'elle est le fruit de la prière de tant de personnes pour lui-même et son apostolat. Puissance formidable de la prière au creux même des plus grandes détresses, ce qui donne vraiment à dire, mystérieusement, que "tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu" (Rom. 8, 28). Peu de choses sont humainement logiques dans sa vie mais il est certain que Dieu y est bien là ! 

Je cite la postface : "Je suis aujourd'hui un vieil homme malade. Mais ma conviction demeure plus ferme que jamais : tous les événements de nos vies sont sous la Providence bienveillante et souvent incompréhensible d'un Amour éternel. Joie et souffrance, succès et échec, maladies et infortunes de toutes sortes, tout concourt au bien, et même à ce qu'il y a de meilleur pour nous, pourvu que nous gardions en nous l'assurance que Dieu nous voit, qu'il nous entend et qu'il nous aime, pourvu que nous nous tournions vers Lui. La prière et la sainte Eucharistie : voilà le pont qui nous relie à Lui." 

Un livre décapant de confiance... pour toujours plus se tourner vers Celui qui réalise des miracles d'humanité au cœur des plus grandes détresses et pour se laisser être Son instrument, comme Il le désire. 

vendredi, mai 13 2016

RIP Eloi Leclerc

F. Eloi Leclerc, l'auteur notamment de Sagesse d'un pauvre, est décédé ce jour. En guise d'hommage, je transcris ce petit texte qui en est issu... Un petit extrait que m'avait transmis il y a presque 10 ans feu mon père spirituel à une question connexe que je lui posais et que je garde encore tel un trésor. 

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- Sais-tu, frère, ce qu'est la pureté du coeur ? 

- C'est ne pas avoir de faute à se reprocher répondit Léon sans hésiter. 

- Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher. 

- Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d'arriver un jour à la pureté du coeur. 

- Ah ! Frère Léon, crois-moi, repartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu'il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâces à cause de lui-même. C'est cela même, petit frère, avoir le coeur pur. 

Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l'immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le coeur pur est celui qui ne cesse d'adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l'éternelle innocence et à L'éternelle joie de Dieu. 

Un tel coeur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve toute sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté. 

- Dieu, cependant, réclame notre effort et notre fidélité, fit observer Léon. 

- Oui sans doute, répondit François. Mais la sainteté n'est pas un accomplissement de soi ni une plénitude que l'on se donne. Elle est d'abord un vide que l'on se découvre et que l'on accepte, et que Dieu vient remplir dans la mesure où l'on s'ouvre à sa plénitude. 

Notre néant, vois-tu, s'il est accepté, devient l'espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l'Unique, le Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu'il voie sa gloire. Dieu devient alors l'azur de son âme. 

Contempler la gloire de Dieu, frère Léon, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu'il est, s'extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l'exigence la plus profonde de cet amour que l'esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos coeurs. C'est cela avoir le coeur pur. Mais cette pureté ne s'obtient pas à la force des poignets et en se tendant. 

- Comment faire ? demanda Léon. 

- Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même ce sentiment aigu de notre détresse. Faire place nette. Accepter d'être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s'en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le coeur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l'alouette enivrée d'espace et d'azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s'est changé en un simple et pur vouloir de Dieu." 

Léon écoutait gravement, tout en marchant devant son père. Mais, à mesure qu'il avançait, il sentait son coeur devenir léger, et une grande paix l'envahir. 

Eloi Leclerc, Sagesse d'un pauvre

 

mercredi, février 18 2015

Comme un trésor inconnu

 

- Bonjour mes sœurs !

Elles sont quatre, chacune portant le poids de l’âge inscrit sur leur visage mais avec de beaux regards clairs, francs et pétillants.

Il faut passer par la buanderie où traîne une table à repasser pour découvrir le trésor pour qui elles ont tout quitté, leur trésor : un petit oratoire soigneusement entretenu, une lampe brillant devant un tabernacle.

Rien d’ostensible, tout d’essentiel.

 

Elles, ce sont les sœurs qui nous ont accueillis pour un soir lors d’une journée de marche impromptue sur la via Francigena entre Clairvaux et Châteauvillain.

Des religieuses ayant un apostolat bien particulier : l’accueil des familles des prisonniers de la centrale d’en face. Car elles ont la particularité d’avoir un curieux voisinage : la magnifique abbaye fondée par saint Bernard, la terrible prison qui y existe depuis plus de deux siècles.

En face, il y a des murs et des hommes ayant commis des actes atroces.

Chez elles, il y a des familles, les familles de ces hommes, rudement touchées… alors qu’on y pense si peu.

 

Elles, ce sont les sœurs qui ont raconté à deux petits pèlerins chrétiens des anecdotes de vie pleines d’humanité.

Elles, ce sont les sœurs qui ont partagé avec simplicité ce qu’elles côtoient, chaque jour : horreur, détresse et espérance.

Elles, ce sont des sœurs qui nous ont touchés par ce que leurs actes et leurs vies disent de la grâce de Dieu :

Rien d’ostensible, tout d’essentiel.

 

C’est en partageant avec elles le repas, le pain et puis la prière, surtout la prière, en frère et sœur du jour, bréviaires en main et croix autour du cou, aux Complies puis aux Laudes, que nous pouvions reconnaître leur trésor, ce – ou plutôt Celui - qui fait la force et l’unité de leur vie.

 

Sur leur tabernacle, il y avait écrit : Ecce agnus Dei.  

Dans leur tabernacle, Lui. 

Comme pour Le reconnaître, en tous ;

Comme pour Le désigner, à tous.

 

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Icône de leur salle à manger

 

jeudi, août 14 2014

Pour un Max de charité


"Dieu qui as mis au cœur de saint Maximilien Kolbe un ardent amour pour la Vierge immaculée et un dévouement qui l'a conduit à donner sa vie pour son prochain, accorde-nous, par son intercession, de nous dépenser pour ta gloire dans le service des autres en imitant ton Fils jusqu'à la mort." 


Oraison de la saint Maximilien Kolbe qui sonne comme un court résumé de sa vie. Son amour de la Vierge Marie, d'abord, si fort dans sa vie : depuis sa vision de la Vierge, lui proposant de choisir entre une couronne rouge, celle du martyre, et une blanche, celle de la pureté et lui embrassant les deux, résolument, jusqu'à sa fondation de la "milice de l'Immaculée" et au bout du bout de sa vie. 

Dépense totale et entière de sa vie pour le service de la gloire de Dieu, en tout. 

Mais j'avoue être surtout touchée pour ma part par sa mort : offrir sa vie à la place de celle d'un père de famille à Auschwitz. 


C'est fort en sens, c'est fort en beauté, c'est fort en charité. 


On pourrait facilement dire : Maximilien n'accordait plus aucune valeur à sa vie, c'était un religieux ! Je crois que c'est un peu plus profond que cela. 


Chacun, tous, nous sommes appelés à donner notre vie selon l'état de vie auquel nous sommes appelés : premier don de nous-mêmes, dans l'engagement total de notre être, bien qu'il ne se réalise que progressivement, au fur et à mesure que notre vie s'achemine vers notre mort. 

Une vie n'a jamais plus d'importance qu'une autre et ce serait faux de se dire : c'est par désintérêt et désamour de sa propre vie que Maximilieu a offert sa vie pour un autre le 14 août 1941. 

Non, c'est par Évangile de vie, par Charité, la vraie, celle qui pousse à admettre comme la plus belle qui soit la phrase "il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime". 

Ceux qu'on aime ? C'est-à-dire tous dans l'idéal de vie chrétienne ! 

Mais le père Maximilien a choisi de donner sa vie pour un père de famille, pour quelqu'un qui engendrait lui-même la vie, et la vie, et encore et toujours plus la vie. 

Mort féconde entre toutes, à contempler, car si proche de celle du Christ : 

"Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance." 

lundi, juin 3 2013

Jeunes et vieux



C’était il y a quinze jours, sept prêtres célébraient une messe de semaine.

Sept prêtres ordonnés la même année, il n’y a pas loin de cinquante ans,

Il y en avait un d’un peu bancal ; d’autres aux allures hésitantes,

Mais, à célébrer ensemble, dans leur âge diversement vécu,

Quand ils levèrent ensemble l’hostie, Vie de leur vie :

Qu’ils étaient beaux à voir !

 

Eux, je les vois souvent arriver à la dérobée, un peu en retard,

Ensemble, cela fait des années qu’ils y sont,

Engagés dans l’Eglise et l’église, ensemble encore,

Souvent, je remarque entre eux de tout petits signes de tendresse,

Et une qualité unique d’attention,

Qui me font sourire aux anges :

Eux aussi ils sont beaux !

 

Elle, de ma propre famille, elle totalise plus de 70 ans donnés à son Seigneur,

Je ne la vois pas souvent et puis, elle parle peu de Lui,

Sauf en quelques phrases qui font mouche…

Comme si sa tâche était de continuer,

Dans l’immense faiblesse du très grand âge,

A transmettre quelques clins-Dieu, égrenés :

Ô Beauté si ancienne et si nouvelle !

 

Bien des fois, je contemple les plus âgés,

Quel que soit leur « état » de vie, choisi ou pas vraiment,

Je cherche à deviner leur vie, leur joie, dans leurs regards,

J’apprends, à discuter avec eux quand je les croise, à lire le sens de leurs rides creusées par le temps,

J’apprends à les regarder autrement,

J’apprends beaucoup et vraiment d’eux, tout simplement.

 

On admire souvent l’élan de la jeunesse, les grands idéaux,

C’est grand et il y faut certainement autant de fougue que de folie consenties ;

Mais, souvent, je m’arrête pour contempler l’allant de l’âge avancé,

Pour ce qu’il vient, malgré les ravins, les gros et petits soucis, 

Me murmurer de poids solide et de fidélité,

Qui se font élans pour aider les plus jeunes à marcher.

 

Bien souvent, je me dis que j’aimerais mieux savoir leur dire merci.

 

jeudi, décembre 27 2012

Saint Jean divers

 

 

 

Aujourd’hui, il n’y a qu’un bond entre 1ère lecture et évangile.

 

« Ce que nous avons vu et ce que nos mains ont touché »

Témoignage de l’apôtre qui vécut avec le Christ, qui a vu le Christ, qui a touché le Christ :

Ce que nous sommes, parfois.

« Il vit et il crut » :

Admirable Foi de saint Jean qui ne voit que les traces de l’absence d’un corps, qui n’aperçoit que l’absence et qui croit :

Ce que nous sommes, parfois.

 

Tension entre le visible et l’invisible ;

Entre les reliefs éminents de nos vies qui semblent signes de la présence de Dieu et les creux en dépression qui semblent signer Son absence dans chaque existence ;

Faire le lien,

Être le lien

Parce que, dans les deux cas, c’est le même saut de la Foi qu’il y a à faire

Pour apprendre à regarder, car présence et absence ne sont jamais irrémédiables évidences ;

 

Pour apprendre à vivre de la Foi,

Apprendre à se laisser désigner à l’instar de ce saint Jean comme « ce disciple que Jésus aimait »,

Pour puiser en Son amour,

Sur Son cœur,

L'amoureuse audace d’écrire et d’inscrire un Évangile dans nos jours.

 

 

mercredi, décembre 21 2011

Santons mais pas sans teint


La crèche, c’est toujours un joyeux bazar, surtout quand c'est moi qui l'organise ! 

 

 

 

Elle est grande, bizarrement installée pour éviter les atteintes d’un roux félidé mais, surtout, constituée de toute une humanité « santonnée ».

Lire la suite...

vendredi, juillet 22 2011

"Je l'ai vu !"... Egoque ?

Fête de sainte Marie-Madeleine

 

Celle-ci, elle n’a pas l’assurance des savants, elle ne sait pas…

Elle n’a pas non plus la peur aux ventres des apôtres : pourquoi donc craindre ?

Elle, ce qu’elle sait, c’est qu’elle aime.

Dans le fond, elle ne sait, elle ne fait que cela : elle aime, elle l’aime.

Lui, Celui qui a  bouleversé sa vie : d’un mot, d’un geste, d’un simple regard… 

La mort n’est pas obstacle suffisant pour qu’elle L’oublie.

 

Elle ne peut même pas attendre le jour pour s’élancer vers ce qui reste de Lui tant son cœur est plein de désir, tant son cœur est plein de Lui.

 

Confrontation à l’Absence,

L’absence rendue plus rude encore ;

Larmes qui valent plus qu’un long discours.

 

Et pleurer, mais aimer.

 

Et, à travers ce rideau des larmes, à travers ces perles d’Amour,

Distinguer difficilement puis entendre une voix, qui appelle toujours par son nom.

 

Reconnaître, croire en cet appel,

Mais ne pas rester là, à tenir Celui qui nous échappe.

 

« Tu m’aimes ? Alors va… »

 

vendredi, juin 24 2011

S1jibé – Au fil des jours et des ans…

 

24 juin : Nativité de St Jean-Baptiste ;

une date que j’aime, un saint que j’apprécie beaucoup.

 

J’aime saint Jean-Baptiste parce que, déjà dans le sein de sa mère, il sait reconnaître le Christ qui vient à lui, et en tressaillir de joie ;

J’aime saint Jean-Baptiste parce qu’il annonce le Christ, même quand il semble n’être qu’une voix criant dans un immense désert ;

J’aime saint Jean-Baptiste parce qu’il se sait indigne – même d’enlever la courroie d’une sandale ! – mais qu’il s’avance, malgré tout, pour accomplir ce qui lui est demandé.

 

En fait, j’aime saint Jean-Baptiste en ce qu’il est le modèle de chacune de nos vies chrétiennes…

 

« Il faut que Lui grandisse et que moi, je diminue » : il est celui qui nous apprend à faire signe non pas vers nous-mêmes mais à faire signe vers le Christ.

Non pas d’un simple geste, mais par toute sa vie, par toute notre vie, 

Pour que, toujours, ce soit Lui qui grandisse.

 

mardi, novembre 2 2010

Le 1 et le 2, ça fait tout un.



         Il est inutile de le répéter : un catholique, ça a du mal avec les maths, ce n’est pas neuf. Mais il a beau croire en l’Un trine,  il dit et re-dix peut-être pas tout à fait en vain que le 1er et le 2 novembre, ce n’est pas tout à fait pareil. Le 1er fête tous les saints, le 2 tous les fidèles défunts. Voilà des années que j’ai intégré la différence – du moins, je l’espère à défaut du reste – et que je me rends à peu près pieusement, en somme, à la messe et le 1 et le 2. Multiplication d’offices ?

 

       Pourtant, à vouloir trop marquer leur différence, n’en ai-je pas perdu le sens profond qui sous-tend et rassemble les deux fêtes ?

 

C’est la réflexion que je me faisais tout à l’heure, en pleine messe du 2 novembre. J’aidais les personnes, à l’appel du nom de leur proche décédé, à allumer un petit cierge au cierge pascal et à placer celui-ci ensuite dans une vasque. Du sable qui l’emplissait a alors surgi, peu à peu, une lumière, qui devenait de plus en plus forte, de plus en plus rayonnante, de plus en plus lumineuse… c’était vraiment beau de la voir briller cette lumière !

 

          Si certaines de ces personnes venaient décidées, leur pas assuré, d’autres, à l’inverse, étaient encore marquées par le chagrin et le doute ravinait leur visage. Pourtant, pour tous, le visage s’éclairait à la lueur de la chandelle qu’elles tenaient tour à tour en main, allumée au feu symbolisant leur baptême : jeu inédit d’ombre et de lumière, jeu inédit des personnes, des « je » pour autant de « je » passés à la rencontre du « Tu ». Lumière qu’ils recevaient tout autant qu’ils apportaient : mouvement de l’Amour.  

 

Cette lumière, c’était celle de l’Amour, celle dont rayonnent, justement, les saints. C’est pour cela qu’elle devenait toujours plus forte en devenant plurielle : mystère de communion.

 

J’aime vraiment bien l’idée que des tremblotantes lucioles de l’espoir « quand même », allumées à cette petite fille sans prétention qu’est l’Espérance, peut se laisser entrevoir la lumière de la sainteté : lueur reçue pour rayonner, vies données pour ensemencer l’humanité.

 

mercredi, septembre 15 2010

En marge mais pas tant : des hommes et des mots

    A Midelt, au Maroc, se trouve le monastère N.-D. de l'Atlas, continuation d'un autre N.-D. de l'Atlas, plus célèbre : celui de Tibhirine. Là se sont retrouvés, avec d'autres frères, les deux survivants fr. Amédée (décédé d'ailleurs quand j'étais là-bas) et fr. Jean-Pierre (qui y est toujours) pour poursuivre leur présence en terre d'Islam. Il s'y trouve aussi un oratoire à la mémoire des 7 frères assassinés, orné de leurs portraits. 

   Lors d'un volontariat sur place en juillet 2008, nous travaillions avec des musulmans et, tous les deux-trois jours, nous nous retrouvions pour échanger sur des thèmes, liés à notre pays, notre culture ou notre religion. J'avais pris en charge la préparation de l'échange sur la prière et, du coup, avant et pendant le séjour, c'est dans les textes de fr. Christian de Chergé que je me suis plongée. Leur lecture a finalement accompagné mon volontariat, et même plus, au-delà. 

    C'est pourquoi, quelques jours après la sortie du film "Des hommes et des dieux", j'ouvre mon carnet personnel au mois de juillet 2008 et retranscris ici, comme en marge, les propos (an)notés d'un qui voulait être un frère. 


« La rencontre est un regard vers le paysage de l’autre »

 

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« Plus immense est l’espérance, plus grande est l’échelle, mieux elle sait d’instinct qu’elle ne saurait s’accomplir qu’en s’investissant résolument dans une longue patience. C’est au jour le jour qu’elle aura à se vivre, à s’entretenir. Tous les petits gestes lui sont bons pour se dire. Un verre d’eau offert ou reçu, un morceau de pain partagé, un coup de main donné, parlent plus juste qu’un manuel de théologie sur ce qu’il est possible d’être ensemble. (…)

 

Aller vers l’autre et aller vers Dieu, c’est tout un, et je ne peux m’en passer. Il y faut la même gratuité. (…)

 

Nous ne voulons pas nous engager avec vous dans une discussion dogmatique. Nous nous sentons appelés à l’unité. Dans le dogme ou la théologie, il y a beaucoup de barrières qui sont le fait des hommes. Nous souhaitons ici laisser à Dieu la possibilité de créer entre nous quelque chose de nouveau. Or cela ne peut se faire que dans la prière.

 

<citant Mgr Tudtud> “La présence chrétienne ne peut être celle d’un observateur réformateur, donateur ou bienfaiteur. Ce n’est pas une présence entourée d’une aura de supériorité ou d’expérience. C’est une présence de totale solidarité et d’authentique sympathie avec les musulmans, sur un plan d’égalité. Et tous ceux qui viennent pour vivre parmi eux doivent « retirer leurs chaussures » comme Moïse, car la terre qu’ils vont fouler est sacrée : Dieu est déjà présent avant qu’eux n’arrivent” »

 

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« Entre l’avoir et le pouvoir, la foi nous dit, ici et là, qu’il y a place pour un “tiers-monde” inédit ; celui de l’ESPERANCE. »

Fr. Christian de Chergé


mercredi, janvier 27 2010

Et c'est ainsi qu'il est grand...

 

Instants rares où tout se fait silence :

Prosternation, adoration,

Hommes et anges à genoux.

 

Tout respire l’humilité,

Tout semble vraie liberté,

Genoux pliés, tête inclinée.

 

Il n’y a rien ici sinon la nudité d’une croix.

Mais peut-être y a-t-il finalement tout,

Dans un silence d’en bas qui est concert d’en-haut,

Dans la discrétion d’un silence, si plein qu'il révèle la profondeur d’un amour.

 

dimanche, décembre 6 2009

Pierre qui vive

Je revois ses yeux écarquillés quand, ayant regardé ma montre et dit qu’à cette heure là, normalement, on était à la paroisse, elle me répondit, comme frappée d’une idée soudaine :

 

« Mais… Mais comment ils vont faire les prêtres sans nous ? »

 

Petit rire charmé.

 

Bien sûr, c’est mignon, c’est rêveur et l’on adopte vite le sourire condescendant de l’adulte amusé des réflexions naïves de l’enfant : comme si le prêtre ne savait pas se servir des burettes tout seul comme un grand !

 

Dans l’absolu, c’est bien vu, terriblement bien vu. Et d’une pertinence à remuer nos âmes d’adultes, si habituées.

 

Comment les prêtres vont faire sans les servants, cela veut dire "comment les prêtres si pas les laïcs ?" . Et cela signifie surtout une question lancée à chacun : comment Dieu fera-t-il sans moi, si je ne viens pas prendre ma place ?


lundi, novembre 9 2009

Un vrai scandale !

 

« La bonté de Jésus Christ

Si nous la vivions comme l’épiderme

De la charité de Jésus,

Elle serait révolutionnaire,

Car rien au monde n’a ses exigences,

Rien au monde n’a ses dimensions

 

Personne sauf Jésus Christ n’a demandé à notre cœur

D’aimer chacun de tous les hommes,

De l’aimer jusqu’au bout

Et de l’aimer en toutes choses.

 

Mais quand un homme a été aimé de cet amour-là

Il en garde le souvenir,

Et ce souvenir devient à son tour

Comme un pressentiment de l’amour même de Dieu. »

 

Madeleine Delbrêl, le 28 février 1961.

 

Madeleine, une femme ordinaire vraiment extraordinaire…

Vous connaissez ? À découvrir aujourd’hui dans la sacristie !!!

 

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