Zabou the terrible

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Tag - La Sorbonne c est plus fort que toi

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samedi, août 8 2009

Hab' ich mein Herz in Heidelberg verloren ?

 
 
Un poil de vague à l'âme.
Un nouveau 'plome en poche, certes.
Mais un poil de vague à l'âme.
 
En leur faisant à tous la bise hier soir, j'ai su :
"Dass ich mein Herz in Heidelberg [ein bisschen] verloren habe.
Mein Herz, es schlägt am Neckarstrand. "
 
 
 
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News rapides :
 
- Pour répondre à plein de gens : OUI, j'ai eu mon ZD [= Zertifikat Deutsch]. Avec la note de 261 points/300. On s'amusera à constater sur le détail des notes mon 75/75 en "Leseverstehen", i.e. en compréhension de textes écrits. Moi un Leserate (rat de bibliothèque) ? Noooooooon voyons.
- Ai déniché hier soir, enfin, alors que la fête battait son plein une autre personne du groupe connaissant Huysmans ! Un Italien ! Alléluia ! Faut dire qu'il est prof de latin. Comme quoi, les gens qui font du latin, c'sont vraiment des gens bien.
- Je reste en Allemagne pour quelques jours encore. Parce que l'Allemagne, c'est le Bien.
 
Sur ce, bis bald la compagnie !
 

lundi, juin 22 2009

C'est fait : soutenance M1 over.

 
 
Je n'arrive pas à rédiger ce billet sans tomber dans la banalité, veuillez m'en excuser.
 
Que vous dire ?
C'est passé.
Et je pourrais renouveler ce cri du coeur que Maggy republie de façon si obligeante car,
Oui c'est passé et cela s'est bien passé.
 
Le stress aidant, les premiers mots me furent difficiles, accrochés sans cesse puis, peu à peu, je pus développer mes idées :
Mon mémoire : pourquoi ?
Mon mémoire : comment ? Mes galères et ma démarche.
Mon mémoire : ça donne quoi ? Mes résultats.
Mon mémoire : ça tend vers quoi ?
Bref, c'était un peu mon-mémoire-centrique mais c'était la règle du jeu, aussi.
 
Puis c'était à mon directeur de parler... glups.
Euh non pas glups finalement.
Beaucoup de compliments... du "vous avez très bien travaillé toute l'année" Embarrass à "vous aimez bien jouer avec les mots, cela se voit" (ah bon ? Ange Pleins feux sur l'artifice, va!), pfiou ! Ca fait plaisir mais ça fait tout bizarre !
 
Du coup, une belle note, 18, qui me donne une non moins belle mention : je n'en reviens toujours pas... à moi, l'ancienne scientifique devenue lettreuse, c'est fou !
 
Puis on a causé...
M2 ? Eh oui M2.
C'est partiiiiiii Clin d'oeil
 
P.S. : on attendra tout de même tous les autres résultats pour dire que le M1 est fini et bien fini !
 

jeudi, mai 28 2009

Quand on voit c'qu'on voit

 
Sur les murs de la Sorbonne
 
Sur les murs de la Sorbonne, mai 2009.
 

mardi, mai 26 2009

Observations de la bête en veille de partiel de grec

 
Suite de nos observations du premier semestre : observons la Zabou ce soir.
 
* Le pot de nutella est soudainement devenu prisonnier de sa chambre pour une durée indéterminée.
 
* Elle écoute en boucle une musique que sa mère qualifie de glauque à chaque fois qu'elle passe devant la porte de sa chambre (i.e. "Mais non maman, ce n'est QUE la 5ème fois que j'écoute le Dies Irae du Requiem de Mozart / le Miserere d'Allegri ce soir ! Arrête de délirer ! Puis c'est beauuuuuuuuu !" )
 
* Elle a coupé son portable et émet des grognements indéfinis. <note de dernière minute, transcription proposée par notre observateur : "Mgrmpf, pourquoi grmpf grec moderne grmph mémoire, je t'aime grmph, débile Zabou, grmph, pourquoi dé-uh, grmpffff">
 
* La thermos de tisane est de sortie elle aussi et devenue aussi prisonnière de sa chambre : ça en fait du monde avec Jika et les autres copains !
 
Vous en tirez quelle conclusion, vous ? Cette bestiole-là m'inquiète beaucoup.
 

dimanche, mai 17 2009

Lettreuse sum, ergo sum ?

 
Un ami (hum ?) m'a envoyé cela et je ne comprends absolument pas pourquoi.
 

(source : PHDcomics)

Non mais, franchement... (Merci Tom !)
 

samedi, mai 16 2009

Réflexions d'une "échevelée"

 

                Nietzsche : ce n’est pas sans dessein intérieur que j’ai posté cette dernière citation. C’est qu’elle a fait « pouic-pouic » (copyright certains membres de la B-loge !) en moi quand nous en avons discuté en cours hier. Ce n’est pas que je me sente vraiment à rebours de la société, quelconque « intello maudite », loin de là, c’est qu’il est difficile, parfois, souvent, de se faire entendre quand on est une petite masterante obscure rédigeant son mémoire. D’expliquer ce qui est important pour moi dans une matière aussi inutile-inactuelle-futile-passionnante <rayez les mentions inutiles> que la littérature française.

 

                Parce que j’en ai plus qu’assez que tout soit vu au prisme du profit immédiat, qu’il soit celui du diplôme à obtenir, ou celui plus subtil encore –et peut-être de ce fait plus perfide- du mémoire en lui-même. « Tu en es à autant de pages ? Sur 60 ? Oh, bientôt fini alors ! ». Au-delà de la simple précision que c’est « environ 60 » mais non 60, je ne puis plus supporter sans rien dire ces remarques, alors, voilà, je l’affirme : le nombre de pages, je m’en fous. Oui, je m’en fous. Et ne prenez pas ces airs de vierge effarouchée quand je vous le dis !

 

Oui, je serais heureuse (et un peu fière, oui, je l’admets aussi, même si ce n’est qu’un petit travail de rien du tout par rapport à ceux de nos maîtres) si ce mémoire me rapporte une note convenable et une moyenne en conséquence, je serais hypocrite de le nier, mais ce n’est absolument pas ce qui m’importe le plus. Du moment que je satisfais aux simples conditions pour continuer ma route à l’échelon supérieur, cela me suffit. Ce qui m’importe vraiment, c’est de faire un vrai mémoire, un petit travail de recherche à ma mesure, mon tout premier, et non une pseudo moitié de mémoire inintéressante et abêtissante, arrêtée dans son développement et sa réflexion parce que j’aurais enfin accompli le minimum syndical.

 

                Un mémoire, en tout cas pour ma part, on y met de soi. D’ailleurs, en général, tout naît d’une question que l’on se pose face à un texte aimé. Comment supporter alors d’interrompre une réflexion parce que, hop fini, on balance tout ? Comment supporter de rendre quelque chose qui serait médiocre à nos yeux même ? Sans aucun sens du fini, de la réflexion, de relecture et de re-travail ? C’est une question d’honnêteté intellectuelle, avec soi-même d’abord, avant même de penser à celui qui subira la lecture de nos éventuels ubuesques délires. Il ne s’agit alors pas d’aller vite, de laisser courir les lettres à tout va le long des pages pour les remplir. Il s’agit d’aimer, passionnément.

 

Il s’agit d’arriver à la « philologie » que je considère dans son acception étymologique si noble et de la contempler d’une aussi belle façon que Nietzsche. De prendre le temps, simplement et consciencieusement, d’apprendre à lire et à « bien lire » dans ces terrains si mouvants de la connaissance : « lentement, avec profondeur, égards et précautions ». Pour, un jour, « bien » écrire ?

 

 

mercredi, mai 13 2009

Apocalypse now !

 
Psycharis trônant devant les néo-étudiants en D.U. III de grec moderne
 
Ce n'était pas sans anxiété que je voyais s'approcher le dernier cours de grec moderne de l'année (j'entends déjà les mauvais coucheurs : "en mai ?" Oui, oui, mais super visite-conférence avec notre prof en vueet examens ensuite : ce ne sont donc pas des vacances !). D'ailleurs, mon dernier cours de grec moderne tout court dans la filière parallèle que je suis depuis trois ans en sus de ma filière principale.
 
Je me doutais donc bien que ce cours allait avoir une saveur tout particulière et qu'il fallait ouvrir grand mes oreilles pour le savourer : aujourd'hui serait peut-être le jour des révélations. Qui sait, j'allais peut-être enfin réussir à parler grec pour de vrai ?
 
Je pris mon stylo plume, contemplai le buste du Vénéré Psycharis me rappelant que j'étais dans un haut lieu néo-hellénique, et commençai à écouter avec attention.
 
Cela commençait bien :
"Mes enfants, aujourd'hui, nous allons tuer des enfants à Skiathos."
Hum... oui. Certes ?
 
Mais surtout, j'appris un secret qu'il ne faudra pas révéler, chers lecteurs : je compte vraiment sur vous pour ce coup-là.
 
"Mais, pour Papadiamantis <ndZabou : un auteur grec de la fin du XIXème que j'ai découvert grâce à ce cours et que je vous recommande>, les femmes sont des êtres créatifs, des êtres VRAIMENT intelligents, capables de trouver des solutions."
 
Je ne sais s'il est réellement besoin de commenter pareille assertion.
 
 
Photo prise en cours (à la pause, tss !) avec mon portable : qualité catastrophique et ambiance glauque à souhait mais l'on peut deviner au fond le buste de Jean Psycharis, fondateur de l'Institut Néo-hellénique de la Sorbonne.
 

lundi, mai 11 2009

Mon pote Aristote

 
Aristote
 

Je viens de m’apercevoir en préparant un cours particulier sur Andromaque combien je citais Aristote tout le temps cette année. Rares sont les cours ou les tutorats où je m’en abstiens : pour mes tutorés comme pour mes deux élèves, je vais devenir miss Aristote, c’est certain si ce n'est déjà le cas (à moins que ce ne soit miss Huysmans, pour d'autres mais évidentes raisons !).

 

Et que dire de mon introduction de mémoire et de la « sentence thomiste d’inspiration aristotélicienne » qui en guide pour une bonne part le cheminement ? Que dire des deux références à De l’âme qui émaillent déjà ma rédaction ?

 

Pourtant, je ne suis pas du tout spécialiste d’Aristote.

 

Effrayant, non ?

Pourquoi donc une telle obsession ?

 

Je me fais, encore une fois, très peur.

 

jeudi, mai 7 2009

Et maintenant, notre page de pub...

 
Je ne sais trop qui passe par ici, alors, pour les étudiants de Paris IV :
 
 

 Laurence Vallage et Isabelle Payen de La Garanderie

 

Tutrices en littérature

 

Organisent une sortie au spectacle théâtral :

 

 

 

Jacques le Fataliste

 

De Denis Diderot

 

Adaptation d’Eric Herbette

Mise en scène de Vincent Auvet

 

 

 le jeudi 28 mai à 19h

 

 

au Théâtre Darius Milhaud,

80 Allée Darius Milhaud

75019 Paris

 

 

 

Les étudiants intéressés peuvent s’inscrire auprès du Service Culturel de l’université Paris-Sorbonne

 
 
Pour plus d'infos sur cette sortie et sur les autres, voir la page suivante : CLIC !
 

lundi, mai 4 2009

Philosorbonnons

 
       Dans les couloirs de la Sorbonne règnent des êtres étranges, nommés Centaures qui, tel le Sphinx, aiment aborder les pauvres étudiants passant à leur portée pour mieux les piétiner. Leurs acolytes sont des schtroumpfs ou, à l'extérieur, de Fringants chevaliers en armure (tel Maduc !). Toute une faune peuplant ce superbe biotope qu'il me faudra, un jour, vous détailler. Mais cela importe peu pour aujourd'hui.
 

Qui êtes-vous ?
Où allez-vous ? 
 
Telles furent les questions du Grand Schtroumpf à casquette bleue.
Devant pareilles questions, je marquai un temps d'arrêt : que répondre ?
 
- D'où viens-je ?
-> Non, cela sent son ironie.
 
- Je ne sais pas.
-> la réponse la plus sage, montrant mon incommensurable ignorance
 
- "Je suis le Ténébreux, le Veuf, l'Inconsolé"
-> la réponse la plus classe, incontestablement.
 
Quid ?
 
Je pouffai de rire, embarquée dans de farfelues pensées : cela ne fut pas du goût du Virgile.
 
- Mademoiselle, sortez immédiatement !
 
Chaque jour, je rends grâce à la Sorbonne de me poser des questions philosophiques à haute teneur métaphysique.  
 

jeudi, avril 30 2009

Et le titre mondial est attribué à...

 
Mon antre
 
On pourrait croire que je travaille sérieusement.
Certains le disent. Certains le penseraient même ! 
(Amazing ! Ils sont fous ces Lecteurs !)
 
Pourtant, quand on voit c'qu'on voit et qui sort d'une soirée pourtant dite "studieuse"...
 
 
 
« Tromperie et falsification : un "je" de dupes »
 
 
 
On n'a vraiment pas raison de penser c'qu'on pense.
 
Et point n'est besoin de parler des « pleins feux sur l'artifice » et autres « mondes "sens" dessus-dessous ».
 
 
Vous croyez, qu'un jour, je deviendrai sérieuse ?
 
(Question subsidiaire : Vous croyez vraiment aussi que je vais valider mon mémoire avec de pareils délires ? Yeux roulants )
 

dimanche, avril 26 2009

Compte rendu de lecture

Compte rendu de lecture :

Tarzan : une lecture métaphorique de la relation étudiant – directeur de mémoire en master 1 de Lettres Modernes

Voir ici l'article de Melle Maggy J., dite ESU dont il sera question dans ce compte rendu.

Mademoiselle ESU nous offre là un bel ouvrage, dénotant sans nul doute un intérêt brûlant dans l'affaire (on rappellera qu'elle-même effectue actuellement un travail de recherche en master 1 de littérature comparée sous la direction de, de... euh, son nom m'échappe). La démarche est claire, on suit bien sa pensée même si quelques détails nous échappent parfois à cause du mode souvent allusif de l'auteur : nous comprenons qu'elle ne souhaite attirer sur son dos les foudres Mâgistrâles mais il faut être conséquent avec le sérieux d'une étude universitaire, vouée certainement au plus grand avenir.

Son choix est d'aller à contre-courant des Normes Lettreuses avec une étude proposant une structure binaire (bouh !), choix surprenant mais porté par une allégresse formidable de la plume et l'on adhère, quand même. (Bon, je dis ça pour pas qu'elle m'agresse en fait).

Argumenté, son propos est éclairant mais nous ne pouvons nier le caractère de parti-pris et d'absence de sources précises pour certains de vos propos : que vous apprend donc votre directeur, mademoiselle ? Où sont les notes de bas de page ? Et la bibliographie ? Et les petites cap'... Et les petites majuscules ? Concernant le parti-pris, pourquoi ces deux cas visiblement choisis aux antipodes ? 

Pourtant, il suffit d'écouter... et l'on se sent entraîné dans la folle ronde propre aux masterants : folie, désespoir, folie, enthousiasme, folie, rage, folie. C'est tragique mais tellement sublime !

Je dois arrêter là ce maigre compte rendu car "La préparation du mémoire représente la partie essentielle du travail dans l’année de master ; c’est aussi la spécificité de l’initiation à la recherche." (Maison des Fous) et autre chose mobilise donc mon esprit de jeune masterante sinon vais me faire tancer par mon directeur.

   

Mais, surtout, souvenez-vous de TOUT lire métaphoriquement.

Et vice et versa.

 

samedi, avril 18 2009

Hier midi

Hier midi donc (oui, je répète le titre parce que certains ne suivaient pas, ne dites pas le contraire, je vous ai vus), mes grands-parents m’ont invitée au resto alors que nous rentrions de Normandie.  Je suis sûre que vous êtes heureux de l’apprendre.

Le problème actuel de la Zabou, c’est que, ô surprise, vous ne vous en seriez pas doutés à la lecture de ce blogue, elle est actuellement passée en mode « rédaction de mémoire », un mode qui ne s’enclenche pas automatiquement mais délicat à passer sur « off » une fois que le cran est passé. Ce qui ne veut pas dire que ça rédige beaucoup mais que ça pense, un peu, ou parfois pas du tout, là-haut. En tout cas, ce qui est clair, c’est que l’intellect est à l’ouest. Alors, quand il l’était déjà un peu initialement…

Bref. Il y avait du monde, plein de monde. Et Zabou, seule, commença à avoir une terrible envie de rigoler, à la stupeur de ses grands-parents -gens comme il faut, pas de bruit, pas de désordre, insupportable d’avoir une terrible petite-fille !-, et à avoir une démangeaison insupportable. Il me fallait dégainer mon exemplaire d’À vau-l’eau pour déclamer ces quelques lignes :

 

Et M. Martinet s’arrêta sur le palier, devant une porte à tambour vert. Là sonnaient de grands bruits d’assiettes sur un bourdonnement ininterrompu de voix ; puis la porte s’ouvrit et, en même temps qu’un violent hourvari, des gens en chapeau se précipitèrent dans l’escalier et ! battant la rampe avec leurs cannes.

M. Folantin et son camarade se garèrent, puis ils poussèrent à leur tour la porte et s’introduisirent dans une salle de billard. M. Folantin, pris à la gorge, recula. Cette pièce était noyée dans une épaisse fumée de tabac, traversée par des coups de queues ; M. Martinet entraîna son invité dans une autre pièce, où la buée était peut-être plus intense encore, et çà et là, dans des chants de pipes bouchées, dans des écroulements de dominos, dans des éclats de rire, des corps passaient presque invisibles, devinés seulement par le déplacement de vapeur qu’ils opéraient. M. Folantin resta là, aliuri, cherchant à tâtons une chaise.

M. Martinet l’avait quitté. Vaguement, dans un nuage, M. Folantin l’aperçut, sortant d’une porte. Il faut attendre un peu, dit M. Martinet, toutes les tables sont pleines ; oh, ce ne sera pas long !

Une demi-heure s’écoula. M. Folantin eût donné bien des choses pour n’avoir jamais mis le pied dans cet estaminet, où l’on pouvait fumer, mais où l’on ne se nourrissait pas. De temps à autre, M. Martinet s’échappait et allait s’assurer que les sièges étaient toujours occupés. Il y a deux messieurs qui en sont au fromage, dit-il d’un air satisfait, j’ai retenu leurs places.

Une autre demi-heure s’écoula. M. Folantin se demanda s’il ne ferait pas bien de se diriger vers l’escalier tandis que son compagnon guettait les tables. Enfin, M. Martinet revint, lui annonça le départ des deux fromages et ils pénétrèrent dans une troisième pièce où ils s’assirent, serrés comme des harengs dans une caque.

Sur la nappe tiède, dans les éclaboussures de sauce, dans les mies de pain, on leur jeta des assiettes, et l’on servit un bœuf coriace et résistant, des légumes fades, un rosbif dont les chairs élastiques pliaient sous le couteau, une salade et du dessert. Cette salle rappela à M. Folantin le réfectoire d’une pension, mais d’une pension mal tenue, où on laisse brailler à table. Il n’y manquait vraiment que les timbales au fond rougi par l’abondance, et l’assiette retournée pour étaler sur une place moins sale les pruneaux ou les confitures.

Certes, la pâture et le vin étaient misérables, mais ce qui était plus misérable que la piâture et plus misérable que le vin, c’était la compagnie au milieu de laquelle on mâchait ; c’étaient les maigres servantes qui apportaient les plats, des femmes sèches, aux traits accentués et sévères, aux yeux hostiles. Une complète impuissance vous venait, en les regardant ; on se sentait surveillé et l’on mangeait, découragé, avec ménagement, n’osant laisser les tirants et les peaux, de peur d’une semonce, appréhendant de reprendre d’un plat, sous ces yeux qui jaugeaient votre faim et vous la refoulaient au fond du ventre.

 

Bon, je n’ai pas lu à voix haute mais ricanais consciencieusement : le mémoire nuit gravement à la santé. Finalement, cela a tardé mais je peux vous le dire : j’ai bien mangé.

mercredi, avril 15 2009

100ème ndbdp !

 
Pour fêter ma 100ème note de bas de page (eh oui, m'sieurs-dames, j'en suis réduite à ça...), un texte qui me fait vraiment rire issu d'un groupe Facebook.
 
A brief guide to scientific literature:

- It has long been known == I haven’t bothered to check the references.
-It is known == I believe.
-It is believed == I think.
-It is generally believed == My colleagues and I think.
-There has been some discussion == Nobody agrees with me.
-It can be shown == Take my word for it.
-It is proven == It agrees with something mathematical.
-Of great theoretical importance == I find it interesting.
-Of great practical importance == This justifies my employment.
-Of great historical importance == This ought to make me famous.
-Some samples were chosen for study == The others didn't make sense.
-Typical results are shown == The best results are shown.
-Correct within order of magnitude == Wrong.
-The values were obtained empirically == The values were obtained by accident.
-The results are inconclusive == The results seem to disprove my hypothesis.
-Additional work is required == Someone else can work on the details.
-It might be argued that == I have a good answer to this objection.


Ah ah ah !
Comment ça ?
Je vais pas bien ?
Vous croyez ?
 
Bon, je viens d'apprendre ce qu'étaient des "scabieuses" et des "poutargues de mulets".
C'est cool en fait de faire un master 1 de littérature : ça change la vie !
 

jeudi, avril 9 2009

A la une !

 
Isabelle (pas moi hein ! Ma commentatrice !) m'a fait un superbe cadeau en continuant dans les commentaires du précédent billet mon pastiche tutoral (ça se dit ?) et magistral (parce que je suis en master 1, "ex-maîtrise" bien sûr !) du poète "L'Albatros" de Baudelaire. Vous n'aviez pas reconnu ? Bande de quatorze fois exécrables (c'est pas moi qui le dit, c'est Rimbaud !) que j'aime bien quand même (là, c'est moi qui parle). Pour la peine, vous relirez Les Fleurs du Mal, à l'endroit, et à l'envers, non mais ! Bref, du coup, je mets ce pastiche à la une ! Je ne pense pas qu'il soit vrai mais il est très amusant ! Merci !
 
Volatile non identifié
 
Souvent, pour s'amuser la tutrice de l'équipage
Concocte des exercices, vastes rigolades des mers
Que suivent, indolents compagnons de voyage,
Les tutorés glissant sur les gouffres amers.
 
A peine l'aura-t-elle rédigé, page blanche,
Que ce pauvre exercice, plein de trous et anxieux,
Espère farouchement que pendant qu'ils planchent,
Ils ne le froisseront, les tutorés hargneux...

Plein de subtilités, il est passif et veule,
Lui naguère si blanc, est raturé et laid,
L'un use de son stylo comme il ferait d'un(e) meule,
L'autre plie le papier pour qu'il puisse voler...

La tutrice est semblable au prince du français
Qui hante la grammaire, rit des difficultés,
Envoyée aux plus jeunes afin de les guider,
Son sens de l'humour leur fait tout apprécier !
 

lundi, mars 23 2009

J'ai une question

 
J'ai une question
 
Quand les crochets sont-ils devenus plus sexys que les parenthèses ?
 

jeudi, mars 19 2009

Parce que

 
"Nul besoin d'être aveugle, en effet, pour subir le supplice de Tantale : face à l'immensité du savoir qui s'offre à lui, l'étudiant fait la dure expérience de son incapacité physique à tout embrasser. Le corps se refuse à veiller, les yeux se ferment, l'esprit se brouille, l'estomac se serre, les membres s'ankylosent : "Ce n'est pas aujourd'hui que tu finiras cette page", lui crie tout son être. Il la finira, pourtant, et en finira d'autres, jusqu'au plus profond de la nuit : sacrifier le corps restreint au bénéfice du corps étendu, c'est le courage du lettré."
 
William Marx, Vie du Lettré, éd. de Minuit, 2009, p. 26
 
 

lundi, mars 16 2009

Pensée du jour

 
Je ne sais rien.
 
Pfiou, ça fait du bien de le dire !
(Comment ça, j'ai le cerveau explosé ? Sarcastique)

jeudi, mars 12 2009

Carte postale d'AG

 
 

Chère maman, cher papa,

Je vais bien et il fait même à peu près beau.

 

Aujourd’hui, je suis partie en excursion dans ce qu’on appelle une âgée.  Je sais pas pourquoi on appelle ça une âgée, il y a plein de jeunes comme moi ! Ils étaient même sans adultes pour les encadrer, vous vous rendez compte ? C’est pas bien, je suis sûre que vous les auriez grondés.

Mais en fait, c’était rigolo, parce qu’ils m’appelaient tous « camarade » : j’ai eu l’impression de me faire plein de nouveaux copains ! « Camarade Zabou », ça sonne bien, non ?

 

Parfois, je comprenais pas tout ce qu’ils racontaient : ils parlaient fort dans le micro, ils gesticulaient là, devant, sur la scène et les autres râlaient. Ils utilisaient plein de mots difficiles. Je crois qu’il y avait quelques gros mots… Désolée, ne grondez pas les maîtres, ils n’y sont pour rien. Il y en a un qui a dit que le gouvernement nous, attendez voir, je sais plus trop, an culhey je crois. Je ne sais pas ce que ça veut dire, c’est peut-être le nom d’un ministre, mais j’ai trouvé le mot rigolo. J’espère que vous m’expliquerez !

 

Et puis, sur les murs du théâtre tout rond, y avait des drôles d’inscription dans des langues qui ressemblaient à Harry Potter. Je crois que celle-ci y figure d’ailleurs : « Pacem summa tenent ».

 

Après on a été raccompagné par de gentils messieurs en armure. Ils étaient grands ! Et forts ! (maman, y en a même un qui m’a fait un sourire de prince charmant !) Mais tous tout en bleu : ils étaient malades ?

 

Voilà, c’était une excursion bien amusante, je vous remercie de me laisser aller au « Sorbonnard luna park » avec mes copains, on s’éclate comme des fous !

Gros bisous du front,

Camarade Zabou

 

vendredi, mars 6 2009

Photos du jour

 
 
 
Sorbonne bloquée.  
 

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