Zabou the terrible

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Mot-clé - Les chemins de Saint Jacques

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lundi, janvier 30 2012

Chemin faisant

 

« Pourtant, de l’époque où tous les chemins menaient à des sanctuaires, l’homme est resté pèlerin dans l’âme. Et c’est peut-être à son pas, au ras des talus et des fossés que se mesure la distance qui mène de la Terre au Ciel. »

 

in Barret/Gurgand, Priez pour nous à Compostelle !

 

Marcher, encore et toujours ;

Marcher d’un pas, d’un bon pas, du meilleur qui soit : le sien.

Parce qu’en nous ramenant à qui nous sommes, il nous emmène toujours un peu plus au fond de nous-mêmes, vers Celui qui nous donne de l’être.

 

Et marcher même dans le froid qui revient, quand on n’en a pas vraiment envie, avec ses pieds au sol et cette tête, cette fichue tête toujours un peu (trop) au ciel :

Et regarder au gré du chemin le monde ;  

Et regarder, au fil de son chemin mais en face, cette humanité charriant souffrances, joie, violence, amour et peur ;

Et, malgré tout, continuer à marcher à son propre rythme mais en osant Son regard,

Continuer à marcher en souriant, prophète de l’Espérance.

  

lundi, octobre 10 2011

Sur le Camino 2011 – Sorde l’Abbaye -> Saint-Palais (part.2 : Eglise et Camino).



Si j’ai pu me poser et prier ce midi dans l’église d’Arancou ; si j’ai eu la chance d’y être accueillie par un paroissien qui m’a montré quelques-unes de ses merveilles, je n’ai pas toujours eu cette chance sur le Camino. Souvent les églises sont fermées, pour cause de vol. Et que dire des horaires de messe improbables ? Des propositions de prière trop souvent inexistantes sur ce chemin si peu fréquenté que j’ai suivi ?

 

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jeudi, septembre 29 2011

Sur le Camino 2011 – Sorde l’Abbaye → Saint-Palais (part. 1 : pauvreté)

 

D’après mon journal du 6 septembre 2011

 

Quelle belle étape ! Longue, sous une chaleur assez accablante, mais pleine de beauté à couper le souffle ! Certainement une des plus belles étapes pour les paysages depuis notre départ de Paris, avec ce caractère vallonné, les montagnes des Pyrénées dans le fond…

 

 

 

Et puis, cette si belle histoire vécue... Ce midi, je n’avais rien pour déjeuner. Je voulais m’acheter quelque chose sur la route, simplement pour me sustenter. Les infos du gîte de la veille le précisaient bien : il y avait une épicerie à Arancou. Or, ce midi, tout était fermé…  Le village – à l’exception de la si belle église du XIIIème siècle ! – semblait endormi avec tous les volets fermés. Que faire ?

 

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dimanche, septembre 18 2011

Sur le Camino 2011 : Dax → Sorde l’Abbaye

 

D’après mes griffonnages du 5 septembre 2011

 

Ouvrir l’Evangile selon St Jean.

Lire « Au commencement » et sourire…

 

 

 

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vendredi, septembre 16 2011

Bloguilles et fioretti du Camino 2011 – Retour à Dax !

 

Notules à partir mon carnet de notes perso du 4 septembre

 

Arrivée à Dax, après la messe paroissiale de ce matin qui fut suivie de la bénédiction des pèlerins reçue entourée de quelques amis : cela était bien doux. 

Pour la 1ère fois depuis que j’ai commencé le Camino, je marcherai seule… mais pas vraiment, en réalité. 

Je sais que nombreux sont les pèlerins dans le sud de la France, que j’en rencontrerai plusieurs et, surtout, je sais que ce chemin est vraiment un chemin où l’on ne se sent pas, où l’on n’est pas, seule mais où l’on a au contraire la fabuleuse sensation d’être partie prenante de la foule de pèlerins à l’avoir parcouru depuis des siècles et de celle qui le parcourra encore ensuite. 

Nous sommes membres d’une histoire de foi où chacun effectue pourtant son propre chemin, dans celui façonné par les autres et par Dieu.

 

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Installée, je ressors chercher de quoi dîner dans un kebab repéré en arrivant. Je ne vous dis pas le kebab : dans une galette pas industrielle, avec de la viande qui n’était pas l’ordinaire toute grasse non plus et, outre le classique « salade-tomate-oignon »[1], avec des olives et du piment ! Un kebab méridional quoi… Mais ce qui était encore plus remarquable, ce fut cet échange inattendu avec le tenancier, pourtant aussi clairement musulman que j'étais visiblement catholique :

- Je vous ai vue tout à l’heure avec votre sac : vous êtes pèlerine. Vous êtes la bienvenue, venez prendre le thé avec nous.

Hospitalité offerte, fraternité toute simple du pèlerin.

 

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Chapelle de la maison dio. Tabernacle illuminé d’une bien curieuse façon mais, dans le silence de la nuit qui tombe doucement, c’est très beau…

Comme une lueur brûlante d’amour, comme un cœur, seul éclairé, seul battant dans cette vaste maison qui s’endort.

 

 

 

Te rendre grâce et Te confier ce pèlerinage,

Tous ceux que je porte dans ma prière,

Ainsi que moi-même, humble pèlerine sur le Chemin.

 

Paix du cœur profond, Joie du Christ :

Que je sache Le vivre pour Le transmettre,

Amen, e ultreïa !

 

 


[1] Que celui qui pense qu’un autre ordre est possible soit déclaré anathème !

vendredi, septembre 9 2011

Le Camino pour les nuls

..., ou, plutôt, le Camino en quelques panneaux 

ESSENTIELS-ON-VOUS-DIT ! 

On notera : 

  • Que Jésus et Marie n'ont pas de pieds : le must pour éviter les ampoules !!!! 
  • que, si Jésus est en pantalon, Marie est en jupe... Et on s'identifie spirituellement à qui quand on marche en short, hein, je vous le demande ? 
  • Que Marie ne porte pas de sac (l'avantage d'être conçue sans péchés : trop forte !) mais que Jésus porte quant à lui un bon gros sac de pèlerin (tout le poids de nos péchés ?)
  • Que marcher est une attitude spirituelle cautionnée par la plus haute sphère : bref, on peut continuer... et on a même le droit de s'en amuser ! ;-)  

On notera... 

euh... 

hum... les vaches... 

les oiseaux qui font cui cui cui, l'Amour tout ça... 

Ben, c'est aussi cela le Chemin de St Jacques ! 

Retour de marche pèlerine...


r
 

Un retour de pèlerinage, c’est toujours un peu ça…

 

 

Ils ont dit : « Tu es devenu fou à cause de Celui que tu aimes. »

J’ai dit : « La saveur de la vie n’est que pour les fous. »

 

 

Yâfi ‘î, Raoudh al rayâhin

      cité en épigraphe de La Vie devant soi, Emile Ajar

 

mercredi, avril 20 2011

Des coquillages dans la cathédrale...

Il est 6h45. Je traverse les ruelles d’une ville encore tout ensommeillée que je connais seulement de l’avant-veille.

 

Le cœur léger et joyeux de cette escapade matinale, je monte peu à peu les degrés qui me séparent de cet édifice qui m’a tant impressionnée. Un escalier gigantesque vers cette cathédrale que les siècles ont façonnée par l’intermédiaire de milliers et de milliers de pèlerins…

 

Je pousse une porte, doucement : l’intérieur est illuminé, mais calme et silencieux. Au fond du chœur, une vierge noire. Dans la nef, déjà, des fidèles : des personnes assises curieusement, avec un gros sac à dos et un look à frémir. Ils sont une bonne quarantaine et, entre deux dos, l’on aperçoit quelques coquilles saint Jacques... j’en souris.  

 

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samedi, septembre 11 2010

Benedicamus Domino

            Je n’ai pas vraiment l’habitude de faire ici des « chroniques » de ma grande petite vie mais puisque, comme le dit le poète « on n’a pas tous les jours 25 ans » (oui, je sais, ce n’est pas tout à fait cela, mais c’est l’idée) et que je rentre du Camino (j’y reviendrai prochainement ici), qu’on n’a pas arrêté de me le souhaiter toute la journée et qu’après tout, cet espace est mien, hop, zou, tant pis.

 

            11 septembre 2010 : la date est synonyme d’un anniversaire catastrophe pour beaucoup, elle est aussi pour moi celle qui marque le passage d’un quart de siècle à un autre. Oh, ce n’est certes qu’un jour parmi d’autres, mais il n’empêche qu’il est doté d’une sonorité, d’une saveur toute particulière, ne serait ce que dans les réactions qu’il suscite : « oh là, ça ne te fait pas peur ? ». Oh non pas du tout.

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samedi, septembre 4 2010

Je ne sais pas mais je pars.

 

            Ces derniers jours, j’ai pris le temps de regarder les photos de mes précédents tronçons du Camino. Des photos de qualité inégale, des photos de lieux qui ne veulent pas dire grand-chose et pourtant des photos qui me parlent, beaucoup. Elles font remonter à ma mémoire des souvenirs, certes, des douleurs (… de pieds !), des anecdotes, des prières… mais elles m’ont surtout permis de me replacer avec plus de précision sur l’endroit où j’en étais, l’endroit d’où je partais VRAIMENT cette année, dans le fond de mon cœur.

 

            Il n’y a guère de sens, me semble-t-il, à faire ce chemin par morceaux si l’on ne prend pas le temps de les replacer dans leur continuité, en tenant compte de ces bouts d’années qui s’intercalent entre chaque et qui ne sont pas sans me changer, forcément, un peu. Chercher ce qui en fait la cohésion, au-delà des évolutions et des choix désormais posés, avant ceux qui viendront plus tard. Marcher ainsi, déjà, vers son unité propre, en enlevant chaque année un bout d’écorce de superflu, cette écorce qui colle si bien à la peau qu'on ne la remarque même plus.

 

            Demain, je quitterai une fois de plus mon quotidien confortable, ma chambre toujours pas vraiment rangée, les miens, les soucis administratifs et associatifs, pour avancer vers Dax, dans la simplicité et la rencontre de l’Autre. Je ne sais pas de quoi ce demain sera fait, je ne sais pas vraiment ce que je rencontrerai sur ce chemin mais j’en sais la direction profonde et cela suffit.  

 

            Seigneur, sur ce chemin que j’emprunterai à nouveau demain, je me confie à Toi. Et je ne marche pas seule, loin de là, je marche avec la foule innombrable des pèlerins : les jacquets, oui, mes deux compagnons de route, oui, mais aussi tous ces autres, en marche chaque jour sur ce chemin si unique qu’est leur vie.

 

 Avec vous tous donc, en chemin : e ultreïa !

 

vendredi, août 13 2010

Le square saint Jacques

            Dans La Croix d’hier jeudi 12 août figurait en dernière page un poème qui a attiré mon attention : il s’intitulait « le square Saint-Jacques », square dans lequel se trouve la tour de l’ancienne église Saint Jacques de la boucherie, point de départ de la via Turonensis du Chemin de St Jacques. C’est donc au pied de cette tour, alors en réfection, que je me suis lancée un jour de 2006 dans cette aventure qui, tronçon après tronçon m’amène toujours plus proche du tombeau de l’apôtre (cette année, départ début septembre pour quelques jours qui devraient nous mener jusqu’à Dax).

 

            Mais elle n’est pas que lieu d’un départ cette tour, elle est aussi cette fière architecture que j’aperçois dans mes nombreuses pérégrinations… parisiennes et qui n’est pas, pour moi, un simple bel édifice parmi toutes les merveilles qu’offre cette ville que j’aime. Car, au dessus de cette tour culmine une statue de St Jacques pèlerin, seule partie de la tour qu’on aperçoive d’ailleurs de loin. Elle me rappelle ma marche, elle me rappelle que je suis toujours en pèlerinage, sur la route de cette vie, ma vie, que je construis jour après jour, orientée vers Là-Haut ; et j’aime à croire que St Jacques, là-haut, veille à ce que je ne m’égare pas trop en chemin malgré les intempéries, avec l’aide et l’amitié de Celui qui fait route avec nous.

 

 


Paraît soudain la tour Saint Jacques,

Bloc de lumière taillée dans la pierre,

Son éclat neuf, substantiel et glorieux,

Rayonne de lui-même.

 

L’étoile de midi sculpte les arbres,

Modèle de clartés et d’ombres leur présence,

Et peint de tous les verts de l’été leurs feuilles

Se multipliant au vent.

 

Le jour me baigne, comme à l’origine.

Le soleil royal, dans ce square et au ciel,

Demeure pourtant muet.

J’écoute le silence, et l’aide à parler.

 

Michael Edwards

 

vendredi, octobre 30 2009

Camino 2009 - jour 4 : devenir Pèlerin.


Pont Eiffel

Extrait du 17 septembre 2009

Saint André de Cubzac à Bordeaux     

 

                « En fait, de pèlerin de quelques jours, il nous faut (et j’insiste sur le verbe, c’est une nécessité) devenir pèlerin universel. Comme Bloy qui se sentait « pèlerin de l’Absolu » (titre d’un tome de son Journal), c’est cela mais il s’agit d’être pèlerin du quotidien, au travers duquel nous parviennent les éclats d’Absolu. Non par les quelques-uns choisis qu’il nous est facile d’aimer mais par TOUS.

C’est le rôle, c’est la vocation de celui qui marche.

C’est l’ambition, la douleur et pourtant le désir profond du Pèlerin. »

 

jeudi, octobre 29 2009

Camino 2009 - jour 3 : tous enfants.

Extrait du 16 septembre 2009

Saint Martin Lacaussade à Saint André de Cubzac

Fraternité.

 

Aujourd’hui, j’ai eu cette sensation, intime, profonde, d’avoir rencontré des frères et je pense que c’est ce mot que je garderai principalement de ce Camino. Peut-être moins de rencontres sur la route d’autres pèlerins mais que d’accueils !

 

Le père T.D. notamment, ce soir, dans son presbytère, prévenu seulement hier soir. J’étais un peu inquiète par ses questions : « Z’êtes bien catholiques, hmm ? Z’êtes pas ensemble ? » au téléphone, même si elles étaient dans le fond assez « normales » mais que de bonne surprise.

 

Accueil qui commença par une messe. Y a pas à tergiverser et on aura beau raconter toutes les carabistouilles que l’on voudra : la messe, c’est quand même le cœur pour des croyants : Dieu se rend présent ! Et tout prend ensuite une autre dimension, plus paisible, plus profonde, plus… plus tout quoi ! Homélie sur… nous, les 2 pèlerins, les 2 jeunes à faire baisser la moyenne d’âge de cette vénérable assemblée de semaine. « Qu’ils se sentent ici chez eux ». Chaleur, regards, prières, poignées de main… tout était là, condensé, dans ces 30 petites minutes si denses, si belles.

Dans les vignes

Simplicité.

Accueil au pied levé dans une famille chez laquelle devait dîner l’abbé. Dans la diversité de nos façons de vivre l’Église – et même au travers de nos micro-querelles à table – sentiment intense d’une Unité profonde : celle d’une même joie, celle de se savoir enfants de Dieu.

 

Là encore, des regards, des attentions (un vin « cuvée saint Jacques » !), des sourires provoqués par la fille aînée si pleine de vie. J’ai passé un beau moment, complètement imprévu, sis entre vignes et Dordogne. J’ai été accueillie en sœur, et en suis restée touchée.

 

Mais tout cela devrait se vivre pour nous tous au quotidien, et, aussi, avec tous nos frères en humanité… Comment ?

 

Le vin conjugué à la fatigue fait son effet : je suis loquace d’un coup, et fatiguée. Allons dormir.

Sur la route

vendredi, octobre 23 2009

Camino 2009 - jour 2 : dynamique.




Étape : Mirambeau – St Martin Lacaussade

Extraits divers harmonisés, du 15 septembre 2009 :

N.-D. des Douleurs…

( « … des pieds »)

Belle étape, d’environ 40 km. Mal partout, crevée, surtout qu’il a plu une partie de la journée. Pourtant, un poil de fierté d’y être arrivée.


Z dans la tourmente

En ce « milieu » de Camino (tant de km derrière… mais tant de km devant !), la tendance à se poser la question « mais pourquoi donc ? » est forte. Pour m’y répondre, je tends à tracer des parallèles avec toutes ces questions qui m’habitent, dont certaines sont sans doute aussi à leur milieu : plus vraiment l’enthousiasme des débuts (même si… Dieu est là !), un lendemain qui s’approche, incertain comme l’est tout lendemain, et sans doute difficile.


Peu importe. Dans la marche se déploient nos blessures et nos faiblesses. Souvent, on a envie de tout lâcher, de se poser et de rester là comme un vulgaire rat crevé. Sed spiritus vivificat ! Il est un moment où la Volonté ne tient même plus : c’est dans cette faiblesse que jaillit la δυναμις (dynamis), cette Force qui habite dans la faiblesse et qui est Amour, qui n’est qu’Amour : Dieu.

 

l art roman quand on ne l attend pas

Alors, avancer quand même ? Que ce soit le Camino ou d’autres domaines, si Dieu n’était pas là, ne travaillait pas dans les profondeurs et en profondeur, on en resterait là, à cette question de sens, et tout finirait par claquer pire qu’une cuisse.

 

Mais on avance quand même, pas à pas… et « c’est là l’œuvre du Seigneur, merveille devant nos yeux. »

dimanche, octobre 18 2009

Camino 2009 - jour 1 : LAUDATE !

Pour commencer nos petites caminoteries de l'année, le jour du départ !

Bénissez !

 

Extrait du 14 septembre 2009

Etape : Pons - Mirambeau 

Une borne et quelques bornes

   

                « 1 jour de marche, du beau temps, du vent, pas trop (quasiment pas en fait) de douleurs, donc tout va !

 

                Ce jour, Croix glorieuse, je trouve que c’est un excellent jour pour commencer le Camino car… n’est-ce pas, un peu (oh, un tout petit peu d'un petit peu) ce que nous expérimentons dessus, nous aussi ?

 

Ce matin, ai prié les Laudes tout en marchant. Il y avait le Cantique des 3 enfants, celui où toute la Création loue le Seigneur. D’habitude, oui, c’est beau, mais un peu « litanique »-gonflant. Là, le prier en pleine nature lui fait prendre une autre dimension : c’est la Création tout entière qui, au réveil, loue son Seigneur pour ses merveilles. Dimension cosmique rappel d’une cosmogonie. Ce sont là tous les sens qui louent le Seigneur, en humant l’air du vent, en admirant de tous ses yeux, en écoutant le silence des champs, au rythme lent de la marche.

Bref, peut-être étaient-ce là de "vraies" Laudes, enfin ? Dans toute leur plénitude ? Ou, plutôt, un avant-goût de celles-ci qui me disent : "En route" ? »


Parfois, le chemin est droit mais souvent pas

mardi, octobre 13 2009

Camino 2009 - qu'en dire ?

La marche alcool enivrant

Puisque j'en suis dans les annonces, j'ai aussi décidé (je décide beaucoup ces jours-ci, vous aurez remarqué, mais je vais me calmer) de ne pas raconter mon Camino de cette année.

Non, non, ne pleurez pas, j'ai dit ne pas le raconter mais non "ne pas en parler" ! A la différence des autres années, je pense publier ici quelques notes de mon "journal" durant ces jours, un peu modifiées (ben, oui, bien sûr) avec les photos marquantes de la journée. Parce que ce n'est sans doute pas ce que j'ai fait qui compte.

Bref, ce seront quelques mots simples pour vous dire combien le Camino, c'est enivrant ! D'où la photo... prise de notre lieu de départ de l'année : PONS !

lundi, septembre 21 2009

L'or du Camino 2009


silence est d or

Écrire, il me faut écrire. Mais il est des heures, des événements où écrire m’est difficile : par exemple, le décrire, ce que j’ai vécu sur ce Chemin si particulier qu’est le camino. Le décrire en vérité, sans tomber dans l’affreuse banalité, l’insupportable platitude ou encore l’impudique déballage. Car si le chemin semble tracé (peut-être…), il ne peut être que mon chemin. Les expériences de l’un rejoignent celles de l’Autre, forcément, mais chacun, quand les pieds se font souffreteux, quand les courbatures apparaissent, quand la pluie dégouline le long du poncho-sac poubelle ou quand le soleil brille et que l’air respire la joie de vivre, chacun vit, je le pense, une expérience unique : l’expérience spirituelle par ses pieds, par son corps, indicible.

 

Cette année aura été similaire et différente des autres. Vieille routarde maintenant, habituée des dix mille méfaits du trop plein de marche, c’est sans grande illusion que je pars désormais, ne connaissant pas mon état au retour sinon qu’il sera piteux avec un large sourire aux lèvres, comme pour compenser par l’autre extrémité. 

 

            Partir, encore, toujours. Quand j’ai bouclé mon sac cette année, c’est le chant gestué pour les enfants de l’EdP que j’avais en tête « Allez, pars, pars, sur les Chemins du monde », avec tous ces visages croisés et admirés depuis le début de l’été… puis ceux que l’on m’a confiés : le sac était bien lourd ! Mais il était humain.

 

            Humain. Ce que j’ai vécu, découvert au plus profond de mes limites et de mon regard cette année importe peu et m’est bien trop personnel. Mais ce que j’ai particulièrement goûté, cette année, ça a été l’Humanité et la fraternité : une vraie fête de l’Huma(in), pas en mono-tonie cinabre mais en symphonie d’une multitude de couleurs. Rarement autant que durant ces cinq jours, j’ai vécu que partout l’on peut trouver des frères, des sœurs. Confiance. 

 

            L’accueil plein d’humanité d’un curé pour une soirée et d’une famille de sa paroisse pour le dîner m’a touchée : jeune catho marcheuse venue de loin, je me suis sentie curieusement chez moi, accueillie sans condition chez des frères. De même ces deux paroissiennes qui, vendredi, m’ont prise en pitié vu mon état (trempée et boiteuse : là, Zabou n’était pas terrible) dans l’église de Gradignan et sont allées jusqu’à me déposer à un arrêt du tram bordelais pour mon retour. Dans ces deux occasions, j’ai été reconnue comme une sœur en Christ. Mais aussi en humanité, surtout, même si par l’opération du Saint Esprit qui nous fait tout poser, ça se rapporte au même. M’enfin…

 

            Car le Camino n’a sans doute de sens que s’il est chemin d’une meilleure découverte de sa propre Humanité. En tant que chrétienne, la tentation est toujours là, insidieuse, de se considérer sœur « en Christ » de ceux qui se reconnaissent de la même Foi, de ceux que nous croisons dans l’abri apaisant des églises. Et pourtant cette fraternité, ce regard bienveillant posé sans a priori sur l’autre, il est appelé à l’universel. Le Camino, c’est l’entreprise qui nous appelle à nous « filialiser », pour mieux regarder ; bref, pour mieux marcher.


C est par là


samedi, septembre 19 2009

Les indispensables du pèlerin


Les Indispensables


« Même ici bas, au milieu des dangers, au milieu des tentations, nous-mêmes et les autres, chantons Alléluia. […] Chantons donc maintenant, mes frères, non pour agrémenter notre repos, mais pour alléger notre travail. C’est ainsi que chantent les voyageurs : chante, mais marche. Soutiens ton effort par le chant, n’aime pas la paresse ; chante et marche. Qu’est-ce que cela veut dire : marche ? Progresse, progresse dans le bien. Car, selon l’Apôtre, il en est qui progressent de mal en pis. Toi, si tu progresses, c’est que tu marches ; mais progresse dans le bien, progresse dans la vraie foi, progresse dans la bonne conduite. Chante et marche. »

 

In Saint Augustin, Sermon pour le Temps Pascal

 

 

dimanche, septembre 13 2009

Camino 2009




Départ dans quelques heures !!!

Au programme cette année : Pons -> Gradignan.

Avec vous tous... par les pieds !

Et avec cette belle parole de St Augustin :

"Avance sur ta route, car elle n'existe que par ta marche"

jeudi, janvier 22 2009

Camino 2008 - étape 6 : Saintes -> Pons

            Si le réveil ne posa pas de problèmes, le petit-déjeuner fut un peu particulier puisque la cuisine était aussi occupée par des personnes participant à une session « post-cancer » : témoignages lourds, médicaments, histoires tragiques… humanité souffrante, très importante, mais difficilement audible, particulièrement à cette heure-ci, avouons-le.

 

            Au programme ce jour : Saintes à Pons, que Lisa et Alexandre devaient joindre avant 16h30 pour reprendre un train vers la Ville rose. Heureusement, le kilométrage était bien moins important que la veille mais nous partîmes tôt, avec le plaisir de longer la Charente le matin, quand une couche de brume la recouvre encore !

 
 

            Motivée, j’avançais, j’avançais. La marche est bien balisée par des bornes fréquentes dans ce département et donc relativement aisée : pas de crainte de se perdre a priori ! Mais… vous l’aurez deviné… il y eut dislocation du groupe alors que ce n’était particulièrement pas le jour ! Suivant bêtement les bornes, je tournai à droite à un moment : mes compagnons ne la virent pas et continuèrent leur chemin tout droit. Un peu plus loin, je me suis assise pour les attendre avec Gérard de Nerval (oui, oui, un seul livre –à part la Bible !- pour le Camino sinon aïe le dos). Au bout d’un moment… personne ? C’est à ce moment qu’arriva un gars en camionnette : « Salut !!! Tu es pèlerine ? Je suis le responsable des Chemins de saint Jacques pour la région ! »

 
C'est beau un ciel tout bleu arc-en-cielisé !
 

            Et nous voilà partis à discuter quand je l’informai que j’attendais 3 personnes. Il m’offrit de les prévenir du bon chemin s’il les croisait. Je tentai de mon côté les portables : pas de réponses du côté de notre jeune couple, une réponse du côté de l’autre zouave… qui venait de croiser le monsieur à la camionnette et repartait « par un autre chemin ». Il me rejoignit et nous attendîmes… nous attendîmes encore…. longtemps. Enfin, les voilà, fallait pas nous faire un coup comme ça ! En plus, ils s’étaient fatigués pour rien, avec leurs baskets-qui-font-ultra-mal-aux-pieds de surcroît.

 

            Micro pause et c’était reparti : il faisait super beau… ce dont ma peau s’est longtemps souvenue (vous avez dit rouge ?). Marche à travers les vignes et les fermes : magnifique chemin sur lequel il y a peu à dire beaucoup à admirer !

 
 
 

            Accueillis par une statue du Christ Roi juste avant Pons : y a pire comme accueil ! Pose victorieuse pour Nono et moi-même devant la borne « Pons » avant de goûter avec nos amis (hein, vous avez osé dire gamins ?) et de les remettre au train, à l'heure, ouf !

 

            Pour nous le Camino de cette année s’arrêta aussi dans cette belle ville de Pons mais je vous narrerai cela dans le prochain et dernier billet de cette série Camino 2008 !  

 
 

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