Zabou the terrible

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lundi, avril 4 2016

Mon cher Jésus, je te demande pardon

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« Seigneur, tu as voulu que ton Verbe prît chair dans le sein de la Vierge Marie » : oraison de la fête de l’Annonciation, fête célébrée en retard… Puisque, en effet, nous aurions dû célébrer cette année ce Verbe qui prend chair en Marie le jour même où le Verbe prit cher en croix pour que cela tombe pile neuf mois avant que le Christ ne prît pleinement chair en notre humanité.

 

Ce décalage de dates fut bien sûr annoncé en chaire mais il n’empêche que, le lendemain où le Christ se fit pleinement pour nous bonne chère – voire la meilleure qui soit – en s’offrant Lui-même en nourriture, ce qui est tout de même payer bien cher son repas quoiqu'après celui-ci, il n’eût pu être considéré comme étant bien en chair – peut-être alors qu’il était bien en chaire vu Ses paroles qui claquaient ? –, il eût pu avoir du sens de relier les deux fêtes. En une Pietà priante ?

 

Dans tous les cas, cette offrande de Lui-même jusqu’à la croix, jusqu’au bout c’est tout de même tout ce qu’il faut pour pouvoir lui dire avec toute notre vie un « cher » Jésus –  c’est un peu d’ailleurs ce que saint Pierre fera dimanche prochain – après que certains eurent, comme saint Thomas dimanche dernier, besoin de le voir en chair et en os. J’en soupçonne quand même certains d’en avoir eu quelque peu la chair de poule de ce « la Paix soit avec vous » soudain !

 

Trêve de plaisanteries, c’est beau et c’est grand :

Un Amour qui ainsi prend chair, qui se fait bonne chère, qui prend cher : le tout pour nous, pour toi, pour moi…  

Un Amour qui prend des risques et qui nous donne ainsi, par le mystère de Son incarnation, de Sa Passion et de Sa résurrection, de faire de notre chair la plus grande de ses chaires.

 

mercredi, mars 30 2016

Semaine (en demi-)Sainte

 

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Il était entré à Jérusalem : avec Lui, je voulais marcher vers Pâques, en Le suivant dans Sa Passion, en Le suivant dans Sa résurrection.

Parce que, sans tout cela, ma foi est vaine ;

Je dirais même que, sans la résurrection, ma vie elle-même est tout à fait vaine.

 

Et ce fut une semaine imprévue… Du stress d’une inspection à la joie éclatante de ce magnifique moment familial qu’est foncièrement la messe chrismale, de la profondeur d’un office à la fatigue intense de certains moments de cette même semaine.

 

En vérité, Vendredi Saint, à 15h, je n’étais ni en cours, ni au chemin de croix : j’étais au chevet d’un très proche qui venait de subir une opération urgente le matin même.

Il n’avait pas conscience du tempo, moi si, et c’était terriblement troublant…

 

J’ai vécu la Semaine Sainte plus à l’aune de cet événement qu’à celui de la Passion…

Et je crois bien que, cette année, j’ai complètement raté le tempo divin ;

Au passage, je crois que j’ai ‘pécho’ pleinement le tempo des tristesses et des joies bien humain.

 

Au passage, j’ai raté le passage à la joie de la Résurrection, et j’oublie encore parfois (ne vous moquez pas !) que j’ai à nouveau le droit de dire, voire de chanter, « alléluia » ;

Au passage, j’ai proposé et ai porté tout plein d’humanité à transformer devant le Seigneur, notamment dans la nuit du jeudi au vendredi ou plutôt d’humanité à laisser être transfigurée ;

Au passage, mon cœur aux nuages un peu bas en fin de semaine s’est finalement élargi à plus d’intentions et j’ai accepté, ou surtout je me suis laissée être « canal de prières », un peu mastoc, ne comprenant pas grand chose mais avançant en portant du monde, façon âne des Rameaux. On a les exemples que l'on peut ! 

 

Au passage… je crois que l’écho de Pâques a résonné de manière sourde en mon cœur, il est comme un bruit lointain que je n’ai pas perçu encore pleinement.

Mais, je crois qu’à force de (se faire) sonner les cloches, je vais l’entendre : 50 jours de Pâques, cela vient à bout de toute surdité partielle je crois !

 

Bref, a posteriori, on pourrait voir cette semaine comme une semaine en demi-teintes, de là une semaine en demi-Sainte.

Mais, si je n’ai pas encore récupéré le bon rythme, cette semaine, j’en suis sûre, était pleinement Sainte comme le demande son beau nom : parce qu’il y a bien eu des passages à vivre avec le Christ et avec mes frères humains ;

Et parce qu’au terme de celle-ci, Sa lumière vient relever le contraste, le rendre plus lumineux et nous irradier… Et cela est bon.

 

Alors, sans être tout à fait parvenue à être dans un rythme harmonieux - même si tout va bien mieux -, c’est toutefois de toute ma foi et de tout mon cœur que je proclame à chacun :

« Il est ressuscité : belle fête de Pâques à tous ! »

 

dimanche, mars 27 2016

Pâques sans comment

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"Personne n'a vu l'heure de ta victoire. Personne n'est le témoin de la naissance d'un monde. Personne ne sait comment la nuit infernale du samedi s'est transformée en la lumière du matin de Pâques. C'est en dormant que nous avons été transportés sur des ailes par-dessus l'abîme, en dormant que nous avons reçu la grâce de Pâques. Et personne ne sait comment l'événement lui est arrivé. Chacun ignore quelle main a caressé sa joue de telle sorte que soudain le monde blême éclata pour lui en vives couleurs et qu'un sourire involontaire s'épanouit sur son visage à cause du miracle qui s'accomplissait en lui." 

H.-U. von Balthasar, Le Coeur du monde

dimanche, mars 20 2016

A la porte de cette semaine

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C'est l'histoire d'une innocence pourtant condamnée :
"Aucun motif de condamnation"; 
"Lui, Il n'a rien fait" ! 

 

L'entrée dans la Passion,
L'entrée dans l'amour à l'état brut. 

 

Coeur innocent qui se livre,
Coeur de l'homme prompt à acclamer puis à attaquer. 

 

Coeur constant qui se donne en entier, jusqu'au bout,
Coeur de l'homme qui contemple pour apprendre. 

 

Semaine Sainte, Sainte Semaine entre toutes,
Celle qui nous apprend d'un signe la seule direction du Ciel,
Celle qui blesse du Verbe qui se tait, soudain éteint, et ouvre pourtant à l'Espérance, 
Celle qui nous apprend non à broder, mais bien à marcher, au pas de croix, à la mesure vitale de l'amour. 

 

samedi, janvier 16 2016

Conter Cana

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Raconter, conter Cana ?

Je l’ai fait assez récemment, à l’école de prière… Je n’aurais pas très envie de le refaire de suite, sinon ce serait un peu une redite. Ou il faudrait que, au lieu de me mettre dans la peau de la très jeune cousine des mariés de la noce qui observe tout à moitié planquée comme je l’avais fait (avec force nattes sur la tête… !), je me trouve un autre personnage. Je n’ai pas très envie de le réimaginer tout de suite et pourtant, je dois avouer que c’est un exercice spirituel extrêmement enrichissant que s’entraîner à « vivre » pour « dire » une scène de l’Évangile.

 

Ce qui serait vraiment fabuleux, ce serait d’avoir un récit polyphonique d’une de ces scènes, Cana ou autre. Un peu comme un exercice de style, où toutes les voix viennent se superposer pour raconter une même histoire d’un point de vue différent. Là, ce ne serait pas un exercice de style, ce serait une actualisation de la scène : la laisser se jouer devant nous, dans toute son épaisseur.

Ce qui serait intéressant, ce serait de se glisser tour à tour dans la posture de tous les personnages, sans en oublier un seul. De nous laisser surprendre, interroger par ce qui se passe…

 

Le seul dont nous n’aurions pas le point de vue, ce serait le Christ.

Qui oserait prétendre connaître Ses pensées ?

Il y aurait presque quelque chose de blasphématoire à oser Lui prêter une pensée qui ne serait que partielle, incomplète, trop humaine.

 

Mais, à avoir les pensées des autres personnes, Il n’en ressortirait alors que plus fortement : dans Son attitude, dans Ses gestes, dans Son attention, dans Ses Paroles…

Chacun des convives de la noce nous dévoilerait un peu plus Son mystère : ce serait beau. Nous serions éveillés à Sa dimension par les regards qui se croisent, tous convergents autour de Lui.

 

Une manière comme une autre de mieux Le regarder.

Et peut-être surtout à la fin, en n’oubliant pas le regard que le Christ aura forcément posé sur nous lors de ce repas. Ce regard premier.

Car Il a fait un miracle, mais un geste somme toute dérisoire : si le vin, et encore plus le bon vin, est un élément d’un bon repas, est-il vraiment si central ?

Mais le Christ veut participer à nos soucis même les plus triviaux pour y faire résider Sa joie, une ivresse bien plus vivifiante que celle de l’alcool.

Et je crois ainsi que, quel que soit le personnage dont j’aurais cette fois choisi d’adopter le point de vue, je n’aurais vraiment pas quitté le conte sans m’être laissée regarder par Lui.

La robe de rubis du vin, c’est le prétexte de Sa tendresse dont Il nous enveloppe ;

Je ne peux que L’imaginer regardant avec un infini amour chacun des convives de ce repas où Il aura voulu rendre la joie, et nous dire que notre joie n’est jamais étrangère à la Sienne.

 

dimanche, janvier 10 2016

Chemin de Lumière

De la fête de l'Epiphanie, célébrée en France dimanche dernier, à la fête du Baptême du Christ célébrée ce dimanche qui clôt ce qu'on appelle le "temps de Noël", les oraisons liturgiques quotidiennes tracent un bel itinéraire : un véritable chemin de Lumière. 

A entendre et à écouter : comme un appel à laisser la lumière de nos "théophanies" entrer dans nos vies pour que celles-ci deviennent à leur tour théophanies pour d'autres, en fils dans la lignée du Fils. 

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"Seigneur, nous t'en prions, éclaire nos coeurs de Ta lumière souveraine : nous trouverons alors la force d'avancer dans un monde obscur pour atteindre le pays du jour sans déclin." 

"Dieu éternel, c'est dans la réalité de notre chair que Ton fils unique est apparu ; puisque nous reconnaissons que Son humanité fut semblable à la nôtre, donne-nous d'être transformé par Lui au plus intime de notre coeur". 

"Seigneur notre Dieu, soleil qui brille pour toutes les nations, accorde aux peuples de la terre de vivre en paix, et fais lever en nos coeurs l'admirable lumière qui a guidé les mages vers tin Fils." 

"Seigneur, avec ton Fils bien-aimé, l'aurore de Ton jour éternel s'est levée sur toutes les nations : accorde à Ton peuple de reconnaître la gloire de Son Rédempteur et de parvenir à la lumière qui ne s'éteint pas." 

"Dieu tout puissant, Tu as signifié par une étoile qu'un Sauveur était né pour le monde : maintiens Ta lumière en nos coeurs pour que nous entrions plus avant dans ce mystère." 

"Dieu éternel et tout-puissant, Tu as voulu que, dans Ton Fils unique, nous devenions pour Toi de nouvelles créatures ; que Ta grâce nous modèle à l'image du Christ en qui notre nature est unie à la Tienne." 

 

dimanche, janvier 3 2016

L’offrande, l’offertoire et l'épiphanie

 

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Quand les mages arrivent devant le Christ, ils lui offrent leurs présents.

On les connaît : l’or, l’encens et la myrrhe (non, rappelons qu’il ne s’agit pas d’une lessive ni de la station spatiale russe) ;

On connaît aussi plus ou moins leur symbolique ;

Et on connaît encore mieux les noms que la tradition a donnés à ces mages : Melchior, Gaspard et Balthazar.

On connaît aussi la tradition de la galette et…

 

Mais finalement, les mages de l’épiphanie, c’est un peu nous à la messe.

Nous sommes venus L’adorer !

Et, mieux encore, nous venons Le recevoir !

Mais nous sommes venus L’adorer… Et moi, mon présent, c’est quoi ?

 

Le problème avec Dieu, c’est qu’il n’y a certes guère autre chose à Lui offrir que des choses que Lui-même nous a déjà données :

Mais enfin, comment un père – et a fortiori un Père – ne serait-il pas fan même des petits cadeaux que son enfant lui fait ?

 

Si nous sommes comme les mages à la messe, l’offertoire, c’est un peu notre venue à la crèche à nous.

Si nous n’avons que des mains vides, peut-être pouvons-nous offrir, quand le prêtre présente le pain et le vin, tout ce qui fait et forge nos vies : de notre travail à notre famille, de nos joies à nos difficultés, de tout ce qui habite et demeure en nous,

Lui offrir un peu, voire beaucoup et si possible tout de notre vie, pour qu’Il l'emmène toujours plus en Lui.

 

mardi, décembre 22 2015

Que dirais-tu à la place ?

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« Joyeux Noël », qu’est-ce que je dis quand je dis cela ? Qu’est-ce que je dirais à la place ? Telle fut la question lancée aux paroissiens d’un ami prêtre en pleine préparation de son homélie de Noël. Et c'est une bonne méditation à faire dans ces derniers jours de préparation à cette belle et grande fête. 

 

J’ai durant longtemps assez peu aimé Noël : pour un enfant de divorcés, Noël, ce ne sont pas les doubles cadeaux qu’on nous envie qui comptent en premier, c’est avant tout un moment où la séparation apparaît plus forte que tout et le seul cadeau qu’on aimerait, l’union, on sait qu’on ne l’aura pas. J’en garde encore sans doute la trace à préférer Pâques à Noël. Je n’aimais pas vraiment dire « joyeux Noël ». Ce n’était pas juste.

 

En grandissant, j’ai découvert le sens plus spirituel de Noël : « joyeux Noël », c’est devenu « il y a une bonne nouvelle pour toi, pour moi : un sauveur est né ». C’est devenu un moment de joie… peu reçu dans mon entourage pas franchement croyant : on trouvait même parfois que je faisais du mauvais esprit à insister sur le côté religieux de Noël alors que le sens, ça devait être « la famille ». Je me suis tue, longuement, et j’ai profité des messes pour tenter de saisir cette joie du Seigneur. Je crois que mes « joyeux Noël » n’étaient surtout justes de sens que pour mes frères croyants. Ce n’était pas juste non plus.

 

Et puis il y eut la découverte de la messe de l’Aurore, moi qui préférais avant la messe de la nuit : ça a été une vraie révélation. La simplicité de cette messe m’a fait me sentir contemporaine de l’adoration des bergers, m’a fait découvrir un Dieu qui se faisait pauvre parmi les pauvres. Je crois que toute la justesse de Noël est là : Il vient habiter nos pauvretés. Il est cette joie simple qui se révèle aux cœurs non encombrés d’eux-mêmes. Il est cette aurore qui nous fait pressentir que ce jour qui naît avec Lui est neuf : jamais plus, nous ne serons seuls. Dieu est là.

 

Je sais qu’à Noël, beaucoup de gens viennent à la messe sans croire et ma famille m’a rendue sensible à cette réalité. Mais, avec le recul, je sais qu’ils viennent tous avec au cœur une envie de croire à une certaine « magie de Noël » qui prend les noms de paix et de monde meilleur. Je ne sais pas si mes « joyeux Noël » d’aujourd’hui sont plus justes que ceux d’hier mais je crois que ce que je mets derrière, c’est désormais une phrase illuminée par l’expérience de la messe de l’Aurore : « que, là où tu en es, la joie de Dieu, la plus belle des richesses, scintille et rayonne à travers toutes tes pauvretés ; qu’Il te donne Sa joie ».

 

mardi, octobre 13 2015

De l'amour, de la persévérance

J'ai beaucoup apprécié l'une des lectures de l'office des lectures de ce jour qui forme comme une belle prière. Alors, en voici un extrait :  

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(Ca ne se voit pas mais c'est bien une statue représentant l'auteur du texte ci-dessous - devant la basilique de Luxeuil-les-Bains - et non Gandalf le magicien du Seigneur des Anneaux)

"Seigneur, accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement, que je sache tenir toujours ma lampe allumée, sans jamais la laisser s'éteindre ; qu'en moi elle soit feu, et lumière pour mon prochain. 

Ô Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur, fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde. 

Veuille donc, Jésus, je t'en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu'ainsi, à cette clarté, m'apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense. Qu'à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon coeur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente. 

Fais-nous la grâce, je t'en prie, puisque nous frappons à ta porte, de te manifester à nous, Sauveur plein d'amour. Te comprenant mieux, puissions-nous n'avoir d'amour que pour toi, toi seul. Sois, nuit et jour, notre seul désir, notre seule méditation, notre continuelle pensée. Daigne répandre en nous assez de ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Remplis-nous de ton amour jusqu'au plus intime de nous-mêmes, qu'il nous possède tout enteiers et que ta charité pénètre toutes nos facultés, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon, toi, qui es éternel." 

Instruction spirituelle de saint Colomban

lundi, septembre 21 2015

Celui qui rassurait et donnait force

 

 

Levi/Matthieu, tu me rassures et tu es un exemple... 

Pour moi tu es un peu comme saint Pierre, un pauvre type, 
Mais le Seigneur vient te chercher, Il vient t'appeler. 
Et toi, tu le suis. 
 
Tu es pécheur, tu es comme moi, surtout en ce moment où dans certains domaines de ma vie je n'arrive pas ou plus à aimer... Ce domaine-là, surtout, où c'est vraiment dur. 
 
Mais toi, tu laisses tout, tu restes saisi par un regard d'amour, tu t'appuies sur une parole qui te dit de venir, malgré tout. 
 
Miserando atque eligendo, disait saint Bède le Vénérable, repris par le pape François. 
Un regard qui fait miséricorde autant qu'il choisit ; 
Un regard qui nous illumine même dans les jours les plus sombres de nos vies ; 
Un regard de confiance, malgré nos pas titubants ; 
Un regard de force pour marcher à Ta suite, même pas malgré nous mais avec nous, malgré tout. 

samedi, septembre 12 2015

Et pour vous ? Cri de foi, cri du cœur

Pour vous qui suis-je ? 

"Tu es le messie le fils du Dieu vivant !" 
Tu es le cri de foi de Pierre... 
Je pourrais le prendre comme mon cri à moi aussi, c'est celui de ma foi ; mais cela ne viendrait pas de mon cœur. 
 
Pour vous qui suis-je ? 
Tu es le bien-aimé, 
Tu es Celui qui m'aime toujours,
Tu es Celui avec qui je cherche à bâtir ma vie, 
Tu es l'amour, Tu es la vie. 
Tu es Celui qui es toujours avec moi dans la joie, 
Tu es toujours avec moi dans les peines.
Tu es le compagnon et le témoin 
Tu es le réconfort et l'allégresse 
Tu es Celui qui me fais vivre 
Tu es Celui qui m'apprends à vivre peu à peu à ton pas 
Tu me donnes Ton souffle 
Tu es l'inspiration de mes actes quand j'ose T'écouter et vivre selon Toi. 
 
Pour vous qui suis-je ? 
Je pourrais répondre des litanies, je pourrais dire combien Tu es incommensurable... : cela ne suffirait pas ; 
Car tu es Celui que je n'ai jamais fini de découvrir, 
Tu es, ô mon Dieu, le mystère qui me réjouis. 

mercredi, juin 24 2015

En archē ēn ho Lógos

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Verbe, Parole, Voix :

Mots de la Bible, mots de Dieu…

Parfois, on a l’impression que Dieu est le plus grand des littéraires !

 

Et qu’Il nous invite à l’être à Sa suite.

Parvenir à dire, parvenir à écrire : 

Dire, agir, proclamer !

 

La Parole est risque : elle peut n’être pas reçue.

La Parole est promesse : elle engage, parfois, souvent, bien plus loin que nous-mêmes.

Car si les paroles s’envolent, la Parole, elle, reste, plantée au cœur, prête à germer.

 

La Parole se lit, se médite, s’écoute, se travaille…

Puis la Parole peut agir et nous travaille.

La Parole est murmure fragile et force aimante,

Le tout dans le même temps.

 

Au cœur, elle se susurre dans le dialogue intime de la prière pour pouvoir, en grandissant, un jour être dite, lancée plus loin que nous-mêmes :

Pour que nous soyons Sa voix.

 

J’aime que saint Jean-Baptiste fêté ce jour soit « la voix de celui qui crie dans le désert » :

il nous invite à oser être prophètes comme lui puisque Dieu « nous a façonnés dès le sein de notre mère », pour que « son salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre »,

Pas forcément en allant à ces extrémités lointaines,

Mais en laissant Dieu écrire en notre vie,

Puisqu’Il y fait entrer l'Être (lettre(s) ?) et l'Esprit !

 

dimanche, juin 14 2015

Elle seule me suffit...

Parce que, certaines fois, les oraisons s'allument enfin à nos oreilles inattentives ou trop habituées... Et alors, on les trouve vraiment très belles, très justes, parlant à notre coeur. 

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"Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, sois favorable à nos appels : puisque l'homme est fragile et que sans toi il ne peut rien, donne-nous toujours le secours de ta grâce ; ainsi nous pourrons, en observant tes commandements, vouloir et agir de manière à répondre à ton amour." 

Oraison du 11ème dimanche du T.O. 

 

mardi, avril 7 2015

Pâques 2015

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Marc Chagall, Résurrection 

 

Quand les mots sont trop petits, 

Laisser simplement la joie grandir, 

Grandir jusqu'à chanter en son coeur, 

Comme une sève circulant à flots, 

Comme une sève plus puissante, bien plus puissante que toute mort. 

 

Bonne fête de Pâques à tous mes lecteurs : Il est ressuscité, Il est vraiment ressuscité, alléluia ! 

samedi, avril 4 2015

Samedi Saint Silence

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jeudi, avril 2 2015

Avoir part avec Lui - Semaine Sainte 2015

 

Rameaux qui nous font entrer dans la Semaine Sainte en nous proposant d’entendre une première fois tout le récit de la Passion du Christ ;

Mercredi saint, veille du Triduum, ce sommet de l’année liturgique où, en quelques heures, nous parcourons pas à pas la Passion du Seigneur, heure par heure, avec Lui.

 

Ce qui est terrible, c’est qu’on connaît très bien l’histoire…

 

Dimanche, j’ai repensé à ce fameux petit jeu vidéo, Run Jesus qui nous fait parcourir de manière très trop extrêmement rapide la vie du Christ : si vous ne le connaissez pas, c’est par là : http://runjesus.com  

 

Bref, dans ce jeu, quand on perd, bam, c’est la croix et le Game over.

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Dans le fond, les jours qui viennent, on va rappeler que c’est pareil : la croix, la mort, c’est radical.

Les jours qui viennent, c’est un peu comme un jeu vidéo raté… Au lieu d’être actifs, on va être passifs…

La passion, c’est de toute façon un peu ça étymologiquement parlant : et pourtant rien d’inutile !

Et rien de contraire à la liberté, bien au contraire !

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de l’homme vers le mal,

De nous rappeler jusqu’où va la suprême liberté de Dieu – qui a nom Amour - vers le Bien.

 

L’avantage de ces jours, c’est :

De ne pas nous complaire au jeu vidéo se terminant par un Game Over mais à passer de ce « game over » à son anagramme « Rêve ! A ! OMG ! » (OMG = Oh my God pour les pas assez geeks).

De nous inviter à une vraie traversée des apparences : marcher résolument à la suite du Christ et avec Lui,

Pour gagner, tout gagner, au-delà de nos morts et de nos croix quotidiennes,

Pour un plus de vie et de joie.

 

lundi, février 2 2015

Fête de la Présentation de Jésus au Temple

Laudes en solitaire, un café brûlant sur le bureau, en contemplant le jour doucement se lever ; 

Sortie éreintante mais si belle au Louvre avec mes piou-piou de 6èmes si "inhabitués", si émerveillés ; 

Vêpres de la fête, priées dans la simplicité avec un grand ami prêtre ; 

Messe lumineuse, dans tous les sens du terme ; 

Soirée crêpes à dimension inhabituelle avec des amis. 

 

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Est-il besoin d'autre chose pour chanter avec Syméon : 

"Car mes yeux ont vu le Salut

Que tu préparais à la face des peuples ; 

Lumière qui se révèle aux nations...

Aux nations, à chacun de nous, en fait, 

Y compris dans l'ordinaire des jours mais où, l'esprit peut-être rendu plus aux aguets par la fête liturgique, nous chercons à mieux capter la Lumière... 

Lumière que Tu nous offres, 

Pour que nous l'offrions  à notre tour ; 

Merci Seigneur. 

mercredi, janvier 28 2015

Silence et justesse de ton

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Enterrement ce jour,

Deuxième en une semaine :

Il est des temps plus joyeux…

Mais cette fois d’un voisin.

 

Temps des témoignages au début,

Temps privilégié aussi pour connaître, pour prier,

Pour celui qu’on ne connaissait que par des discussions – certes parfois longues et belles – dans l’escalier.

Beaux témoignages justes, nombreux et touchants de la famille, profondément remuée par ce décès brusque, soudain, l’ayant laissée désemparée.

Et puis, à la fin, un témoignage d’un collègue du défunt…

D’un collègue peu habituel dans une église :

Athée, anticlérical, politisé et autres choses ayant de l’affinité.

 

Il ne s’agit pas de critiquer les athées, les anticléricaux, ni les francs-maçons ;

Comme tant d’autres, j’en fréquente au quotidien, j’en ai jusque dans ma propre famille et, en fait, j’ai beau ne partager aucunement leurs opinions, je les aime bien, je les aime tout court même, car je crois foncièrement que la différence est richesse ;

Mais il est question ici d’opportunité, de lieu, de temps.

 

Quand un témoignage se transforme en tribune politique,

Quand un témoignage se transforme en critique virulente de la religion,

Quelque chose de l’ordre d’un malaise s’installe.

Quand un témoignage, lu à l’ambon, clame notamment « ne laissons pas les religions prendre le pouvoir », alors qu’il est ici, devant, le corps d’un homme et devant une famille ayant choisi des funérailles chrétiennes pour l’un des leurs,

Il y a quelque chose qui ne résonne pas juste :

Maladresse ?

Malaise, mal-être.

 

Dans ce discours, le mot « laïcité » cachait un anticléricalisme crasse : c’était le droit de cet homme…

… Mais ce n’était pas le lieu, ni le temps de clamer ceci.

Et à l’heure où la « laïcité » a tendance à être mise à toutes les sauces, il serait bon dans le fond, elle qui dit si souvent aux religions de rester chez elles (c’est un autre débat !), qu’elle apprenne à respecter ces lieux, ces espaces, ces temps qui leur sont propres.

 

Pourquoi vouloir créer du conflit un jour où il est seulement question de prière ?

Pourquoi dire sa haine à peine masquée de la religion chrétienne par des mots que nous entendons déjà si souvent ailleurs dans nos vies ?

Convaincre des adeptes ? Laissez-moi rire !

 

A ce même ambon, ensuite, j’ai proclamé la Parole de Dieu qui parlait d’Espérance ;

Et puis, le prêtre qui célébrait a fait de même avec l’Évangile.

En proclamant ces mots auxquels je crois et que je voulais dire de la part du Seigneur notamment à la pauvre mère du disparu, j’avais le cœur encore plein de ce malaise.

 

Mais je suis restée sur ce mot d’Espérance, sur ce doux mot-là ;

Ce doux mot qui allait plus loin que les silences figés, pétrifiants, glacés d’une assemblée peu habituée à prier,

Ce doux mot qui allait surtout plus loin que la mort,

Ce doux mot qui porte, en germe, tout un monde pacifié en lui. 

En Lui. 

samedi, novembre 1 2014

En marchant du 1 au 2

 

Fête des saints, et lendemain fête des défunts ;

Il est trop facile d'expliquer en caricaturant « fête des vivants puis fête des morts » ;

Qui sait ?

Je ne sais… mais j’ose les espérer tous vivants auprès de Dieu, ceux que j’ai aimés ou pas assez ;

Et j’ose croire au révolutionnaire appel au bonheur des béatitudes ;

Et j’ose croire à notre commun et fol appel à la sainteté…

En fait, cet appel, j’ai toujours eu le désir d’y répondre : il me fait rêver, il me fait prier pour qu’Il m’en donne Sa grâce et que je sache la et en vivre.

 

Fête des saints, et lendemain fête des défunts ;

 

En quatre mots, je crois :

commémoration, 

prière, 

appel, 

universel. 

 

Avec eux tous qui nous ont précédés,

Contempler Sa mort pour entrer en Sa vie ;

Contempler Sa vie pour entrer en Sa mort ;

Sa mort qui, seule, ouvre à la Vie,

Pour vraiment vivre et Vivre vraiment.

 


(Tableau d'Arcabas)


dimanche, septembre 14 2014

Ô croix sublime folie

 

 

Il y a ces croix réalistes, où le Christ est représenté souffrant,

Où l’on peut lire dans les ravins de Son visage l’horreur de la douleur insoutenable.

 

Il y a ces croix stylisées, où le Christ a déjà les bras levés, comme tendus vers la Résurrection,

Où l’on peut lire Sa gloire, l’à-venir, le triomphe sur la mort : la Vie.

 

Il y a ces croix où il n’y a rien que le bois, telle l’empreinte d’un corps,

Où l’on peut contempler, longuement, le « signe indélébile de Son Amour ».

 

 

Il y a toutes ces croix,

Et puis il y a nos croix…

Nos croix petites et grandes, celles du quotidien et les exceptionnelles,

Ces croix qu’on n’a pas à rechercher mais qui arrivent à chacun, à sa mesure ;

Ces croix qui nous font mal, qui sont rugueuses, blessantes et lourdes. 

 

Mais, toutes, Il les a déjà portées ; 

Mais en toutes, en regardant dans le même temps Sa croix, on sait qu’on a un compagnon, un frère ; un Dieu fait homme qui a aussi connu cela, ce qui le rend tout proche : on peut alors tout Lui dire, tout Lui confier car Il n’est pas un Dieu lointain et éthéré ; Il sait.

Alors toutes nos croix, on peut les mettre dans la perspective de la Sienne,

 

Dans Ta croix qui inscrit aussi un « plus », de Vie,

Dans Ta croix qui est croisement du monde et du ciel, pont que l’on a à laisser se réaliser en nous,

Dans Ta croix, nous recevons la vie, Ta vie ;  

Donne-nous, donne-moi, de savoir vivre ce mystère de la croix,

De nous y donner aussi avec et par Amour, comme on peut, même chancelant de souffrance, même tombant sous le poids de cette croix,

Parce qu’au-delà est l’horizon de la vie.

 

 

 

 

 

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