Zabou the terrible

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dimanche, mars 11 2012

Un truc de malades


 

 

Aimer, ça rime avec trop de verbes, il faut bien toute une vie pour savoir les décliner !

Et en plus, aimer, ça entre en résonance avec certains verbes qui ne riment a priori pas, qui ne sont pas de cet ordre : tout est question de découverte, de croissance en amour… D’ouverture, d’aventure, là où on ne l’attendait pas.

 

Récemment, j’ai découvert

Qu’aimer, certains jours,

C’était avoir, au sein même de la confiance, peur ;

Terriblement peur, peur pour toi.

 

Aimer alors, c’est proposer,

Ce qui semble un peu bizarre,

Mais ce qu’on sait être bon, ce qu’on croit aller profondément vers la vie.

 

« Dis, toi, as-tu pensé, crois-tu que…

Ne voudrais-tu pas réfléchir à recevoir ce sacrement-là ? »

 

Ouvrir discrètement une possibilité,

Orienter vers un qui saura l’aider,

La laisser rencontrer, choisir, se décider ;

Importance de la liberté… 

 

Alors même que la maladie continue ses ravages,

Alors même que la souffrance s’étend.

 

Parler, prier.

Se laisser choisir comme "marraine" pour celui-ci.

Accueillir.

Poser une main sur l’épaule et être à côté,

Accompagner, le regard un peu embué.

 

Prière mains imposées sur la tête ;

Onction d’huile sur le front ;

Onction d’huile sur les mains ;

Le Seigneur comme force…

 

Sourire de concert et voir ses larmes doucement couler,

Rendre grâce en communauté,

La serrer dans mes bras.

 

On a beau savoir que sacrement,

Ça ne rime pas avec sentiment,

C’est toujours touchant.

Mais quand c’est cette petite-là de ton sang,

C’est simplement bouleversant.

 

J'avoue que je n’ai pas toujours le cœur à rire en ce moment mais je l’ai tout de même quotidiennement en action de grâce ; et, mon Dieu, ce soir, je te rends grâce pour ces Sacrements qui viennent si bien parler à notre humanité, qui sont les mains, qui sont Tes mains que Tu tends pour nous relever.

 

jeudi, février 2 2012

+ 2 février : journée de la vie consacrée


La fête de la vie consacrée lors de la fête de la Présentation de Jésus au temps ? Mais ça n'en concerne que quelques-uns, non ? Pas si sûr... Pas sûr du tout même ! Je n'allais pas passer cette journée sans en parler alors, voici un extrait de l'exhortation Vita Consecrata de Jean-Paul II que je trouve éclairante sur cette question. Parce que cette journée, elle nous concerne tous ! 

La vie consacrée, don fait à l'Église

3. La présence universelle de la vie consacrée et le caractère évangélique de son témoignage montrent clairement, s'il en était besoin, qu'elle n'est pas une réalité isolée et marginale, mais qu'elle intéresse toute l'Église. Au Synode, les Évêques l'ont plusieurs fois répété: «De re nostra agitur », « c'est une question qui nous concerne ». En réalité, la vie consacrée est placée au cœur même de l'Église comme un élément décisif pour sa mission, puisqu'elle « fait comprendre la nature intime de la vocation chrétienne » et la tension de toute l'Église-Épouse vers l'union avec l'unique Époux. 

Il a été plusieurs fois affirmé au Synode que la vie consacrée n'a pas seulement joué dans le passé un rôle d'aide et de soutien pour l'Église, mais qu'elle est encore un don précieux et nécessaire pour le présent et pour l'avenir du Peuple de Dieu, parce qu'elle appartient de manière intime à sa vie, à sa sainteté et à sa mission. 

Les difficultés que rencontrent actuellement un certain nombre d'Instituts dans plusieurs régions du monde ne doivent pas amener à mettre en doute le fait que la profession des conseils évangéliques est une partie intégrante de la vie de l'Église, à laquelle elle donne un élan précieux pour une cohérence évangélique toujours plus grande. Dans l'histoire, on pourra rencontrer par la suite des formes différentes, mais sans changement de la nature d'un choix qui s'exprime dans le radicalisme du don de soi par amour du Seigneur Jésus et, en lui, de chaque membre de la famille humaine. Le peuple chrétien continue à avoir cette assurance, qui a animé d'innombrables personnes au cours des siècles, en sachant bien qu'il peut recevoir de l'apport de ces âmes généreuses le plus fort des soutiens dans son chemin vers la patrie du ciel.

Jean-Paul II, Exhortation apostolique Vita consecrata (1996)

Bref : long merci

 

Bref, j’en avais marre des parodies de bref.

Ouais, bien sûr, dans la vie, on naît, on meurt et il se passe des trucs entre.

Mais pas que.

 

Bref, c’était le matin tôt,

J’ai ouvert un œil ; je devais travailler,

J’ai regardé mon réveil, l’heure m’a regardée,

J’ai refermé mon œil, j’ai redormi.

 

Bref, c’était plus vraiment le matin tôt.

J’ai ouvert les deux yeux : trop tard pour réviser.

J’ai regardé l’heure : oui, pour ça, ça l’faisait.

 

Bref, je suis allée à la messe dans ma paroisse.  

Il faisait froid, très froid, trop froid.

Le prêtre a pris la messe pour les catastrophes naturelles au lieu de la St Jean Bosco.

Pas les textes que j’avais médités la veille : pas merci mon père.  

Tant pis, j’ai été surprise,

Je me suis laissée surprendre, j’ai écouté.

 

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jeudi, décembre 8 2011

Un mec crade

Un mec crade

 

 

Sortir des cours, fatiguée, comme toujours en ce moment ;

Courir pour rentrer travailler, encore, un peu plus, claquée ;

Décembre, juste avant les vacances : c’est la mauvaise période pour l’agrégatif.

Il est tout pâle ; il n’a pas le temps ; il a du mal avec son réveille-matin : la loose intégrale.

 

Gare St Lazare : ouf, la moitié du trajet est faite. A quelle heure mon train ?

 

C’est là qu’un mec tout sale s’approcha de moi, le type qui donne envie de le repousser direct : aviné, les cheveux crasseux, le reste pas moins, brinquebalant, la gueule en biais.

 

Et le raisonnement peu glorieux se met en place, tout naturellement, trop facilement : la lâcheté ordinaire quoi. Non, non, non, qu’il ne m’adresse pas la parole, pas envie, là, autre chose à faire ! Puis, il y a plein de monde dans cette gare pour s’occuper de lui, quoi ! Zut, il s’approche de moi, faisons mine de ne l’avoir pas vu… raté.

 

- Bonjou’ Gniéniorqmherimhqr ?

- Euh, bonjour, oui, pardon ? Excusez-moi, je n’ai pas compris ?

- Madm’selle, tu peux changer mon médaillon autour du cou ?

 

Là, je n’ai vraiment rien compris à cette demande étrange… Il avait un médaillon autour du cou, oui : un cœur tenu par une chainette. Mais pourquoi le « changer » ? Le quiproquo dura quelques secondes car je ne comprenais vraiment pas ce qu’il souhaitait. Au bout d’un moment, je compris : il fallait l’aider à enlever la chaine autour de son cou pour remettre le pendentif dans l’autre sens.

 

Je ne voyais pas l’intérêt…

Jusqu’à ce que je découvre que le pendentif avait deux faces :

Et le cœur tout emmêlé devient le cœur côté brillant de faux diamants.

 

- T’sais pourquoi je porte ça autour du cou ?

- Parce que le cœur, c’est l’amour ?

- P’tite m’selle, moi, j’porte un cœur parce que je veux aimer tout le monde. ».

 

Sciée j’étais.

 

Il m’a ensuite parlé de sa misère, de sa famille qui le rejetait : la bouche toute empâtée, je n’ai pas tout compris, mais je tâchais de l’écouter. Et puis, en guise de finale :

« Tu vois ce cœur là que je porte parce que je veux aimer tout le monde. Toi, merci. Tiens, je l’embrasse, j’embrasse ma main et je la mets sur ton épaule. Pour que toi aussi, tu sois forte et que tu aimes tout le monde. »

 

J’ai encore une fois failli rater mon train mais je n’ai pas regretté…

 

Dans le train, j’ai regardé la discrète croix que je porte toujours autour de mon cou :

Tu sais vraiment comment T’y prendre, Toi, pour qu’on ne T’oublie pas, hein ?

J’ai souri, puis en mon cœur s’est élevée une prière en guise de merci.

 

dimanche, octobre 9 2011

Hé, dis To(to), c'était comment les JMJ ?


A la demande d'un prêtre de ma paroisse, je me suis frottée au si délicat exercice de l'édito de feuille paroissiale... pour y causer JMJ, bien sûr ! J'ai déjà pas mal parlé de ces dernières ici même alors je ne vous apprendrai rien de neuf mais, vu qu'il commence à faire froid et que l'on reste moins longtemps dehors, je me suis dit que cela vous ferait un peu de lecture pour votre dimanche après-midi. Je vous le copie-colle donc ici : eh oui, Zabou, elle pense à vous ! ;-) 

Les JMJ aux Quatre Vents de l’Esprit

 

C’était une fête, un rendez-vous aussi joyeux que coloré de jeunes du monde entier venus proclamer ensemble une même Foi, à la source de leur Joie.

 

C’était une soif, une soif ardente sous le soleil madrilène : celle des corps, mais aussi celle des âmes, cherchant à s’abreuver d’Eau vive.

 

C’était une catéchèse, une catéchèse vivante : tant par les enseignements reçus que par ceux du quotidien, dans la vie fraternelle avec des amis, des frères, avec qui les échanges se faisaient incroyablement profonds, confiants.

 

C’étaient un peuple et une terre qui devenaient pour nous terre d’accueil, pour nous qui n’avions d’autre privilège que celui de partager avec eux ce si beau nom de chrétien.

 

C’était un week-end final à plus d’un million de jeunes ;

C’était une tempête sur le si bien nommé aéroport de Cuatro vientos, venue tout perturber pour finalement nous marquer durablement ;

C’était une explosion de joie sous la pire des pluies qui se mua soudain en silence le plus profond, le plus dense, le plus amoureux : tous tournés vers le Seigneur dans l’Eucharistie.

 

C’était, simplement, une Rencontre au goût ineffable…

 

Alors raconter les JMJ se transforme en exercice périlleux, tant le récit de vacances insipide est impossible pour ce qui est avant tout expérience savoureuse de vie en Christ.

 

Quant aux fruits de celles-ci, ils seront sans doute difficiles à discerner, ne tenant pas au bruit d’une foule en liesse, mais à ces regards ouverts, à ces sourires rayonnants du retour laissant transparaître un travail en profondeur, un modelage discret du cœur, une ouverture à un Autre que nous sommes partis chercher et que nous n’aurons jamais fini de découvrir.

 

Isabelle

 

(P.S. : pour découvrir quelques images de ces 10 jours vécus sous le soleil d’Espagne et du Christ et rendre grâce ensemble, les JMJistes vous convient à les rejoindre à la paroisse le vendredi 4 novembre prochain à 20h !) 

P.S. 2 : le calembour en titre de ce billet est absolument catastrophique, non ? 

samedi, octobre 8 2011

Ave

 

Mystère de nos vies, mystère de nos morts…

Que Te confier Seigneur ce soir étrange sinon, un peu de l’un, un peu de l’autre ?

 

Eclats rayonnants de ces vies-ci ;

Tellement joyeuses, bruyantes, éclatantes !

 

Extinction de cette vie-là, d’un de mon sang :

De ces traits si marqués par la maladie ;

De ces mains si belles et virtuoses courant sur le clavier de l’orgue…

 

Souvenir particulier d’un soir dans une vieille église romane à écouter l’orgue où il jouait accompagnant une chorale quasi-entièrement familale chantant l’Ave verum corpus : frisson d’une rare sensation d’unisson, d’unité.

Et voir, ce soir, ces mails se succéder dans notre mailing-list familiale pour aussi dire « unité » au sein d’une famille beaucoup trop souvent éclatée.

 

Et chez moi, ce soir, à genoux, tendre les mains,

Mes pauvres mains nues, comme toujours ;

Pour mettre tous ceux-là, ces vies, cette mort, dans ma prière devant Toi ;

Parce qu’en Toi, tout est unifié ;

Parce qu’en Toi tout est Vie.

Ave verum Corpus

jeudi, septembre 29 2011

Sur le Camino 2011 – Sorde l’Abbaye → Saint-Palais (part. 1 : pauvreté)

 

D’après mon journal du 6 septembre 2011

 

Quelle belle étape ! Longue, sous une chaleur assez accablante, mais pleine de beauté à couper le souffle ! Certainement une des plus belles étapes pour les paysages depuis notre départ de Paris, avec ce caractère vallonné, les montagnes des Pyrénées dans le fond…

 

 

 

Et puis, cette si belle histoire vécue... Ce midi, je n’avais rien pour déjeuner. Je voulais m’acheter quelque chose sur la route, simplement pour me sustenter. Les infos du gîte de la veille le précisaient bien : il y avait une épicerie à Arancou. Or, ce midi, tout était fermé…  Le village – à l’exception de la si belle église du XIIIème siècle ! – semblait endormi avec tous les volets fermés. Que faire ?

 

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mercredi, août 31 2011

« Si tu savais le don de Dieu… »

 

« Si tu savais le don de Dieu… »

Moi, je vous le dis tout net : je ne sais pas le don de Dieu.

Il est immensité, ce don ;

Il est folie, ce don, folie si grande que ma pauvre vie sera bien insuffisante pour le comprendre mais n’aura pourtant de cesse de le recevoir et de l’accueillir, au mieux ou le moins mal possible.

Parce que je sais, parce que je crois qu’il est Vie, ce don.

Mais le « savoir »… ? Mais le « connaître » ?

 

 

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mercredi, août 24 2011

JMJ – Et si je devais rapporter un souvenir…

 

Si je devais rapporter un souvenir des JMJ… ? Question impossible : ma malle est pleine et je rentre tout juste, sans avoir eu le temps de trier le superflu de l’essentiel, et réciproquement.

 

Je peux vous narrer de folles journées, rire de moments épiques, m’émerveiller de l’amitié en toute vérité, ou de la joie partagée à des milliers et milliers de personnes… Je peux sourire si fort encore en repensant à la richesse des moments vécus et aux germes qu’ils constituent pour la suite. Je peux réfléchir aux paroles reçues, si marquantes, et au « comment » les incarner dans ma propre vie.

 

Tout cela est juste, tout cela est beau et vrai.  Mais il y a, avant tout pour moi, ce silence goûté et regoûté qui fut l’assaisonnement des ces JMJ.

 

Vivre les Journées Mondiales de la Jeunesse en tant que responsable de groupe, c’est inévitablement s’exposer à les vivre mal, ou à moitié, tête baissée sur son groupe, ses soucis (ses maladies, ses engueulades), sa course contre le temps… Bref, encore plus mal que n’importe quel autre jeune, déjà pris et surpris devant la multitude des propositions.

 

Difficile de se poser, on court, on est fatigué… Et c’est peut-être pour cela que, de ces JMJ, je retiens avant tout (mais pas seulement, hein…) un silence essentiel, parlant.

Petits silences pendant les messes, après des paroles fortes ou après l’Eucharistie.

Silence de l’adoration eucharistique dans une église du centre ville de Madrid le vendredi, en plein cœur de la journée.

Silence d’une autre adoration samedi soir, entre deux rafales de tempête à Cuatro vientos. Avec un Ave verum corpus qui me donna le frisson par sa beauté et ce silence qui suivit, si dense, à plus d’un million de personnes.

 

Ce qui se vivait dans ces silences, c’était le contrepoint nécessaire pour goûter à tout le reste ; les « blancs » qui permettaient d’écouter la partition puis de la jouer ; les « espaces » qui permettaient aux mots de se distinguer, de se vivre.

 

Ce qui se disait dans ces silences, c’était le Christ : ce qui me donnait de Le voir ensuite dans mon frère, quel qu’il soit, et dans ce moment joyeux plein de cris où Il était aussi présent.

C’était l’Essentiel, Celui qui nous réunissait tous ici…

 

Mardi matin, je suis allée à la messe de semaine dans ma paroisse. Passer d’une messe à 1.5 millions de personnes à une messe à 10 personnes fait un drôle d’effet…

 

Mais j’avais un immense sourire aux lèvres qui n’était pas seulement du aux questions enthousiastes des Anciens de ma paroisse sur les JMJ : c’était simplement qu’il y avait le même Essentiel qui se donnait, qui se vivait…

Le Christ, présent, toujours agissant, au cœur le plus profond de nos vies, pour vivre de Lui. 

Alegria !  

mercredi, août 3 2011

« La France, pays de mission » : pour nous tous, ici comme là !

croisement inattendu de vies à la rencontre du Christ

 

Je n’aime pas le jeunisme, particulièrement dans l’Eglise catholique. Si je trouve bon que chaque tranche d’âge puisse se retrouver périodiquement pour grandir et vivre leur Foi avec les problématiques propres au moment de leur vie, je trouve important que tout le monde soit réuni pour prier ensemble, surtout pour la messe. Par définition, je ne vais donc pas là où « c’est cool parce qu’il y a des jeunes », je vais simplement à la messe paroissiale tant je trouve belle et tellement importante cette diversité du peuple de Dieu. Richesse infinie que nos pauvretés et nos dons partagés !


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jeudi, juillet 7 2011

J’ai fini ; c’est fini ; elles sont finies mes épreuves ! ; je suis finie.

 

 

 

Chers lecteurs,


Je suis en vacances ! C’est-à-dire que je viens de terminer de passer mes oraux d’agrégation ce jeudi.

 

Je n’ai bien sûr pas encore mes résultats mais, justement, avant ceux-ci (qui arriveront trrrrès vite), je voulais vous remercier. 

 

Le concours de l’agrégation, je pense que c’est un peu difficile à imaginer quand on ne le passe pas soi-même mais c’est un véritable marathon… Un marathon qui s’étend sur une année, même un peu plus, entre parution du programme au B.O. et fin des oraux. Et plusieurs années si on a à le repasser…

 

Le programme est lourd, les épreuves le sont aussi : 6 à l’écrit, dont 2 longues de 7 heures ; 4 à l’oral dont la célèbre « leçon d’agrégation » avec 6h de préparation pour 40 minutes de passage et un entretien. Toutes différentes, toutes exigeantes, toutes éprouvantes.

 

Et il y a peu de postes : impossible de savoir qui l’aura ou non. Des gens méritants ne sont pas admissibles ; des gens méritants ne seront pas admis non plus… c’est ainsi, hélas, règle du jeu.

 

Ce que je sais, au-delà de toutes mes incertitudes, c’est que j’ai tenu jusqu’au bout et que j’en suis heureuse.

 

Et que cela, c’est grâce à vous tous. Au-delà des soutiens matériels et des encouragements prodigués tout au long de l’année par les uns et par les autres, je sais aussi que nombreux sont ceux qui ont prié pour moi. A vous tous qui vous reconnaîtrez, de tout cœur, merci.

 

Hier, j’ai tiré un sujet de leçon vraiment difficile : c’est de me savoir si soutenue par toutes vos prières qui m’a donné envie et la force de me battre pour tirer quelque chose d’un thème problématique. Je me suis sentie portée par cet Amour, cette force que donne la prière. Alors quel que soit le résultat - et c’est pour cela que je vous le dis maintenant - merci pour votre prière, votre soutien, votre amitié.  

 

En sortant de mon dernier oral tout à l’heure, je suis passée rapidement à l’oratoire de St Louis d’Antin, devant le St Sacrement : j’y ai simplement dit merci. Pour moi, certes, mais aussi, vraiment, pour vous tous.

 

Zabou, agrégative en vacances.

 

P.S. : pour finir, vous étudierez l’emploi de « finir » dans le titre de ce billet.

 

vendredi, juin 10 2011

Tu as du prix !

« Tu es beau, sais-tu ? »

 

Avez-vous déjà essayé de dire cela à la personne en face de vous, celle-là même que vous n’avez pas choisie par affinité ?

En vérité, les yeux dans les yeux ? Sans gêne aucune ?

 

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jeudi, mars 24 2011

Comme un enfantement


   

Les mois filent, ou défilent, je ne sais.

Le présent est brumeux et stressant,

Et l’avenir forcément quelque peu angoissant.

 

J’ai pourtant aux commissures des lèvres un improbable sourire,

Une joie née et grandie insensiblement dans les recoins de mon cœur,

Qui affleure au fil des mois, si curieusement profonde,

Qu’elle produit, au-delà de moi, un chant qui bourgeonne à la naissance du printemps.

 

Car ces mois sont tout de même beaux et grandissants…

 

Parce qu’ils dessinent, chaque jour, malgré tout, un peu plus l’empreinte de l’être ;

Qu’ils marquent des chemins pris,

Parcourus alerte ou hésitante selon l’heure,

Mais orientant un peu plus à chaque instant mon pas vers ma vie propre.

 

Mois de croissance, mois qui blessent et font grandir tout ensemble...

 

Pour eux comme pour le reste,

Reçois, Seigneur, en ce jour, ma prière et mes mercis : 

Qu’ils « s’élèvent devant Toi comme l’encens »

Et mes mains aussi, pour l’offrande,

Non seulement du soir mais, avec, de chaque aurore.

 

lundi, février 28 2011

Un quart et un demi ?

  

Si je parle de temps à autre ici ou ailleurs, dans mes joies et dans mes prières, de mes trois filleuls bien-aimés, je ne peux et ne veux oublier que je ne suis pas que marraine mais que je suis aussi moi-même, avant tout, une filleule. C’est seulement en me recevant et en me reconnaissant comme telle que je puis tenter d’être marraine.

 

Bien sûr, il y a ma marraine de confirmation, celle que j’ai choisie dans mon adolescence et que je vois toujours souvent : notre différence d’âge est énorme, notre complicité l’est tout autant. Elle est l’une de celles qui ont jalonné mon parcours de foi, une sans qui je ne serais certainement pas celle que je suis aujourd’hui. Elle m’a appris ce que chrétien voulait dire ; elle m’a appris, simplement mais toujours avec une immense exigence, à servir.

 

Mais il y a aussi toi et puis toi, vous que l’on a choisis pour moi, vous deux que j’ai reçus respectivement comme parrain et marraine, non pour un jour mais bien pour toute la vie, un 13 juillet, dans une petite église de Normandie si joliment ornée de colombages. Mais, aujourd’hui, nous habitons loin les uns des autres…

 

Et pourtant toi… toi qui fêtes aujourd’hui ton demi-siècle alors que j’ai fêté le quart de mien il y a quelques mois ! Amusement des comptes : tu as le double d’âge du mien… cela ne compte-t-il pas ?

 

Si les liens du sang nous unissent, mon parrain, tu sais bien qu’un lien nous lie au-delà  de ceux-ci, si importants soient-ils. Tu le sais comme je le sais et tu me dis souvent « je suis un piètre parrain », ne me laissant jamais le temps de te répondre combien je suis une piètre filleule.

 

Si ce soir, j’ai pris la plume de manière plus privée pour te remercier de nos vies indéfectiblement croisées, même souvent de loin, de bien trop loin, je voulais aussi prendre un clavier plus public pour te dire merci.

 

La qualité d’un parrain ne se mesure pas en cadeaux ou en présence, elle ne se mesure même pas sans doute en grands débats sur la foi, elle se mesure certainement à l’humanité.  

 

Et j’aimerais serrer ce soir ta main calleuse de travailleur de la terre aguerri dans ma main d’étudiante pour te remercier de toute celle que tu m’as toujours apportée. Te dire dans un regard au-delà de notre pudeur respective combien tu comptes pour moi.

 

Et te dire combien je pense tous les jours à toi, surtout en ces jours si difficiles pour toi.

 

mardi, janvier 11 2011

Bon soir

 

Seigneur, la nuit vient et je vais me coucher.

 

Ce soir, je n’ai pas grand-chose à t’offrir.

Je n’ai, en plus, quasiment rien à te dire, tant je ne fais déjà que bavasser.

 

Tu le sais,

Mes journées se passent à noter,

Mes journées se passent à écouter,

Mes journées se passent à parler,

Mes journées se passent à travailler.

 

Rien de spécialement beau, rien de spécialement mauvais non plus : uniformité des jours studieux qui tendent à se ressembler.

 

C’est qu’il paraît qu’il faut se préparer ;

Moins de fantaisie, plus de rigueur.

Et puis des mots, beaucoup.

Beaucoup de mots, sans doute trop.

 

Journées verbeuses où Ton Horizon, celui du Verbe, semble souvent gommé par nos mots abscons, ou même effacé de mes mots qui, gagnant en brillant, perdent leur sapidité, ce sel que Tu donnes.

 

Silence du soir.

 

Silence.

En réalité, je n’ai que cela à Te donner : ce petit silence de rien.

 

Je me tais, m’avance, ouvre mes mains devant cette bougie allumée

Et t’offre ce silence, trop absent de mes journées,

Pour que ce soit Ta Parole, et elle seule, qui y sonne.

 

samedi, janvier 1 2011

2011, dans Ta joie et dans Ta lumière

   

Parce qu’il m’est impossible cette année de faire un classique bilan sans toucher à du trop personnel, mais que 2010, sans être exempte de difficultés et d'opacités fut si grandissante, si riche, si lumineuse ! C'est pourquoi tout simplement, en ce premier jour de l’année, je vous propose de prier avec moi par cette hymne, en action de grâce pour l’année écoulée.

 

Bonne année donc ! Avec et pour vous tous, amis lecteurs, habitués ou de passage aujourd’hui au gré des liens, avec une petite dédicace spéciale pour mon lecteur eudiste à qui je sais cette hymne particulièrement chère :

 

A toi, Dieu, notre louange !

Nous t’acclamons : tu es Seigneur !

A toi, Père éternel,

L’hymne de l’univers.

 

Devant toi se prosternent les archanges,

Les anges et les esprits des ceux ;

Ils te rendent grâce ;

Ils adorent et ils chantent :

 

Saint, Saint, Saint, le Seigneur,

Dieu de l’univers ;

Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.

 

C’est toi que les Apôtres glorifient,

Toi que proclament les prophètes,

Toi dont témoignent les martyrs ;

C’est toi que par le monde entier

L’Eglise annonce et reconnaît.

 

Dieu, nous t’adorons :

Père infiniment saint,

Fils éternel et bien-aimé,

Esprit de puissance et de paix.

 

Christ, le Fils du Dieu vivant,

Le Seigneur de la gloire,

Tu n’as pas craint de prendre chair

Dans le corps d’une vierge

Pour libérer l’humanité captive.

 

Par ta victoire sur la mort,

Tu as ouvert à tout croyant

Les portes du Royaume ;

Tu règnes à la droite du Père ;

Tu viendras pour le jugement.

 

Montre-toi le défenseur et l’ami

Des hommes sauvés par ton sang :

Prends-les avec tous les saints

Dans ta joie et dans ta lumière.

 

jeudi, novembre 25 2010

"Ca signifie créer des liens"

 

C’était encore un soir dans ma rue sans histoire. Devant l’ordinateur, bien au chaud, je sirotais un mug de chocolat devant l’écran en me disant qu’il faudrait tout de même me remettre au travail quand un coup de sonnette vint interrompre ma torpeur procrastinatrice. Je me précipitai : c’était l’une d’elles.

 

Elles, ce sont ces filles que je croise de temps à autre dans la rue depuis six bons mois. Elles traînent là, sans but, discutent, interpellent les passants – parfois pas vraiment gentiment –, pépient, se chamaillent. Assez souvent, leurs sarcasmes pleuvent et je les entends, drôles ou vraiment méchants… mes voisins ne les aiment pas mais se sont habitués à leur présence lancinante. Deux filles visiblement paumées, venues d’on ne sait où et venant on ne sait jamais trop quand.

 

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samedi, novembre 13 2010

A ceux que l’on n’a pas connus

 

Ce billet aurait dû paraître le 11 novembre mais un contretemps m’en a empêchée. Je le publie tout de même aujourd’hui.  

 

 

 

             Il s’appelait Roland, il avait 22 ans. Vous savez les poilus,  et ceux parmi eux « morts au champ d’honneur » on ne sait jamais trop qu’en dire. On hésite entre tristesse et glorification, entre dédain dégoûté de la bêtise, de notre bêtise humaine, des guerres et l’admiration pour des hommes qui ont donné leur vie, gratuitement.

 

Il s’appelait Roland, il avait 22 ans, il était sous-lieutenant. Il est mort le 26 septembre 1915 des suites de ses blessures. Il est cet arrière grand-oncle que je n’ai jamais connu, il est ce vide qui se creusa au cœur de tant de familles lors des guerres mondiales du xxème siècle.

 

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vendredi, octobre 15 2010

En service extraordinaire

« … Reçois le corps du Christ et que Dieu te bénisse…. »

 

Je tendis mes mains et reçus cette patène pleine d’hosties consacrées. Dépassée. Emerveillée. Rendant grâce pour le Pain de Vie que je venais de recevoir et préparant mon cœur à le transmettre à mon tour. Tête légèrement inclinée, écoutant dans mon cœur les paroles de bénédiction et d’envoi du prêtre pour cette mission à nulle autre pareille.

 

Ministre extraordinaire : on n’est rien, on ne fait que passer, que donner. Que transmettre ce que Dieu a d’abord donné, ce que d’autres mains ont consacré et ce que d’autres encore vont recevoir.

 

Moments aussi rares que fabuleux. Non parce que l’on se trouverait ainsi mis en avant, mais au contraire parce que l’on est alors pleinement dépassé par ce que l’on fait.

 

Quand on donne la communion, on est à la fois pleinement là et en même temps, plus tout à fait, tellement il y a à s’effacer derrière le sacrement, derrière Dieu qui vient se rendre présent et se donner ainsi à chacun. Rencontre personnelle, profonde, unique, dans laquelle nous n’avons pas à interposer notre présence humaine et ses interférences : c’est au Patron et à lui seul de faire tout le travail. Ministre, cela veut simplement dire serviteur.

 

Ce qui compte alors, ce n’est pas ma voix disant « le corps du Christ », ou bien mon pouce traçant une légère croix sur le front des enfants, ou même encore mes deux doigts tenant l’hostie, mais bien le Corps du Christ qui est là dans nos mains respectives. Présent.

 

Dans mon cœur, un curieux mélange de sentiments. Tant d’indignité que de dignité : indigne de le porter par mes propres et piètres mérites, rendue digne par cette humanité qu’Il n’a pas craint de venir partager. C’est peut-être pour cela que je sens rarement la fraternité portée à une telle incandescence qu’à ces moments-là : j’en reste émerveillée.

 

Et j’admire les visages et les mains de ceux qui s’avancent…

Le cœur priant, le cœur en action de grâce.

 

« … pour Le porter chaque jour avec amour jusqu’aux extrémités de la terre ».

Amen.

 

samedi, septembre 25 2010

De/Hors saison

Passent les saisons.


 


De l’étendue glaciale de nos consciences,

Aux pluies des jours ternes,


 


Dans la germination lente d’un regard qui s’ouvre un peu, un peu plus, à la lumière et s’achemine d’un côté pour mieux contempler,



Avancer, dans cette confiance avec, pour ou contre tous, que Dieu saura en faire surgir des fleurs à temps. Et surtout à contretemps.


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