Zabou the terrible

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mardi, décembre 22 2015

Que dirais-tu à la place ?

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« Joyeux Noël », qu’est-ce que je dis quand je dis cela ? Qu’est-ce que je dirais à la place ? Telle fut la question lancée aux paroissiens d’un ami prêtre en pleine préparation de son homélie de Noël. Et c'est une bonne méditation à faire dans ces derniers jours de préparation à cette belle et grande fête. 

 

J’ai durant longtemps assez peu aimé Noël : pour un enfant de divorcés, Noël, ce ne sont pas les doubles cadeaux qu’on nous envie qui comptent en premier, c’est avant tout un moment où la séparation apparaît plus forte que tout et le seul cadeau qu’on aimerait, l’union, on sait qu’on ne l’aura pas. J’en garde encore sans doute la trace à préférer Pâques à Noël. Je n’aimais pas vraiment dire « joyeux Noël ». Ce n’était pas juste.

 

En grandissant, j’ai découvert le sens plus spirituel de Noël : « joyeux Noël », c’est devenu « il y a une bonne nouvelle pour toi, pour moi : un sauveur est né ». C’est devenu un moment de joie… peu reçu dans mon entourage pas franchement croyant : on trouvait même parfois que je faisais du mauvais esprit à insister sur le côté religieux de Noël alors que le sens, ça devait être « la famille ». Je me suis tue, longuement, et j’ai profité des messes pour tenter de saisir cette joie du Seigneur. Je crois que mes « joyeux Noël » n’étaient surtout justes de sens que pour mes frères croyants. Ce n’était pas juste non plus.

 

Et puis il y eut la découverte de la messe de l’Aurore, moi qui préférais avant la messe de la nuit : ça a été une vraie révélation. La simplicité de cette messe m’a fait me sentir contemporaine de l’adoration des bergers, m’a fait découvrir un Dieu qui se faisait pauvre parmi les pauvres. Je crois que toute la justesse de Noël est là : Il vient habiter nos pauvretés. Il est cette joie simple qui se révèle aux cœurs non encombrés d’eux-mêmes. Il est cette aurore qui nous fait pressentir que ce jour qui naît avec Lui est neuf : jamais plus, nous ne serons seuls. Dieu est là.

 

Je sais qu’à Noël, beaucoup de gens viennent à la messe sans croire et ma famille m’a rendue sensible à cette réalité. Mais, avec le recul, je sais qu’ils viennent tous avec au cœur une envie de croire à une certaine « magie de Noël » qui prend les noms de paix et de monde meilleur. Je ne sais pas si mes « joyeux Noël » d’aujourd’hui sont plus justes que ceux d’hier mais je crois que ce que je mets derrière, c’est désormais une phrase illuminée par l’expérience de la messe de l’Aurore : « que, là où tu en es, la joie de Dieu, la plus belle des richesses, scintille et rayonne à travers toutes tes pauvretés ; qu’Il te donne Sa joie ».

 

dimanche, novembre 15 2015

Demain dès l'aube j'enseignerai

 

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Demain matin, dès l’aube, il faudra les accueillir ;

Demain matin, il faudra les écouter, les accompagner ; 

Demain matin, il faudra leur dire… quoi ? Comment ?

Quels sont les mots justes quand il n’y a que barbarie indicible ?

 

Je rumine tout cela dans ma tête depuis les événements de vendredi soir ;

Et je prie l’Esprit Saint de me donner mots et attitudes justes.

D’ailleurs, aujourd’hui, je ne suis sortie que pour prier : la messe puis, bien plus tard, les vêpres.

 

En chemin, j’ai respiré à fond l’air qui emplissait mes poumons et j’ai cru lire chez les passants le désir de faire de même ;

Au square pour les enfants, il y avait une affluence bien plus grande que d’habitude ;

Dans les rues, pour un dimanche après-midi, que de couples de tous âges tendrement enlacés faisant une balade ensemble ;

Dans la « coulée verte », que de personnes en train de se parler tout en se promenant !

Il y avait quelque chose d’une douceur printanière, d’un bain de vie, d’un bain d’humanité :

Comme des asphyxiés qui peuvent d’un coup respirer à nouveau l’air libre avec une forme d’ivresse folle.

J’ai souri : c’était juste et c’était beau.

 

En chemin, j’ai aussi vu des bougies sur les fenêtres ;

Des symboles de paix scotchés sur d’autres ;

Ou encore des drapeaux français qui dépassaient.

Peu importe le symbole qui était choisi, cela disait l’union et la compassion dans l’horreur, au-delà de toute conviction ou croyance.

J’ai encore souri car là aussi, c’était juste et c’était beau.

 

Demain, nous, enseignants, serons en classe avec eux, ces jeunes à l’esprit encore en formation ;

Demain, nous parlerons de ce qui s’est passé, sans vraiment savoir à l’avance où iront les échanges : il y aura de l’émotion, des coups de gueule, peut-être des pleurs ou des difficultés, comment savoir ?

Demain, je chercherai à être juste et pédagogue, à expliquer et à consoler, comme je peux, au mieux ; 

Mais demain, je tâcherai aussi de repenser à ce que j’ai vu dans les rues aujourd’hui pour leur redire combien cela vaut le coup de grandir, d’apprendre, et de vivre. 

 

Demain comme hier, nous continuerons de prier pour toutes les victimes, leurs proches et leurs bourreaux de Beyrouth comme de Paris : c’est l’essentiel ;

Mais n’hésitez pas, demain, s'il vous plaît, à ajouter une pichenette de prière pour les enseignants : nous en avons et en aurons besoin.

 

lundi, novembre 9 2015

Diffracter plutôt que filtrer

 

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- Nan mais madame, en quoi l’altruisme, ce serait mieux que l’égoïsme ? Moi j’pense à moi d’abord ! »

 

Et bim. Voilà comment, d’un simple cours sur la figure du héros dans le roman d’aventures et ses qualités morales, tu passes d’un coup à une question à la limite de l’existentiel.

 

Altruisme donc. Un mot dont je venais de leur expliquer le sens en ajoutant combien c’était beau que le héros risque sa peau pour les autres.

 

Des réactions diverses :

- M’dame dans la vraie vie, c’est chacun pour soi, ça se voit qu’c’est inventé !

- J’vois pas en quoi c’est mieux, ça apporte rien ! »

Et puis, cette question susmentionnée.

 

Et c’est là que tu te rends compte que tu as un filtre chrétien devant tes yeux… Que l’altruisme, que l’amour de l’autre, la philanthropie, c’est une évidence pour toi, mais une évidence que tu as fondée avant tout sur ta foi.

Oh, je sais bien qu’il est des êtres formidables qui font preuve d’un superbe altruisme sans avoir la foi et je pourrais citer de nombreux collègues – coucou à vous si vous me lisez les copains ! – mais il n’empêche : j’ai ce « filtre » chrétien car pour moi, l'altruisme, c’est intimement lié à ma foi…

« Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » : on pourrait se bercer de cette phrase alors qu’elle est parole exigeante, nous appelant à viser toujours plus haut.

 

Alors se retrouver en quelques secondes à devoir improviser une explication…

Lancer un grand appel intérieur à l’Esprit Saint, improviser, hésiter, chercher ses mots et, surtout, à contrer le poids de l’évidence par quelque chose d’accessible à qui ne partage pas les mêmes valeurs que les miennes ;

Finir par bafouiller un discours sur le fait qu’on ne pouvait pas être heureux tout seul,

Que la relation nous rendait heureux,

Et même comme exemple que, s’ils vivaient une grande joie, ils n’avaient pas de plus grande hâte qu’en parler à leurs amis !

 

Ce n’était pas terrible et j’y reviendrai à l’occasion avec eux. Mais ce fut pour moi une expérience marquante, pas tant celle d’un égoïsme affiché comme bon, mais celle d’un devoir de dépasser les racines de mon être pour transposer leur fruit à un être ne partageant pas les mêmes que moi. Pas simple.

 

En rentrant, j’ai prié.

J’ai demandé au Seigneur la grâce qu’Il transforme mon filtre chrétien en prisme chrétien :

Pour diffracter Sa lumière en autant de coloris qu’Il le jugera bon, pour La transmettre à chacun dans les fréquences de réception qui sont les siennes,

En autant de reflets de Son unique Lumière.

 

mardi, septembre 15 2015

Agrégée… so what ?

 

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Je n’en ai pas parlé sur ce blogue mais, début juillet, un détail quelque peu important mais surtout totalement inattendu de ma vie s’est produit : je fus reçue à l’agrégation externe de Lettres modernes.

 

Top cool, youpi, j’ai sauté de joie et bien fêté ça. Mais finalement, être agrégée, qu’est-ce que cela change ?

 

J’ai demandé, autant par passion que par conviction, à continuer à travailler pour l’instant dans le même collège REP. J’ai donc été affectée sur le même horaire de certifiée, je m’investis toujours dans une expérimentation pédagogique et ne profite donc pas de ma désormais charge horaire moins importante mais fais a contrario un nombre non négligeable d’heures supp’. Vous me direz que je verrai la différence sur ma fiche de paye : c’est sans doute vrai. Mais je pense qu’il est assez clair pour quiconque me lit que ce n’est pas ce qui motive ma vie.

 

L’agrégation, donc. Suis-je une meilleure prof parce que je suis agrégée ? Je ne pense sincèrement pas. Ce n’est que ma 4ème rentrée, année de stage comprise, et je me sens toujours bien moins compétente que des collègues qui enseignent depuis plus longtemps que moi tant l’expérience compte dans ce métier.

 

Mais alors, être agrégée, pourquoi ? D’abord pour la beauté du geste, le plaisir du challenge acharné pour notre intelligence…

 

Mais aussi pour eux, ces petits-là qui sont devant moi une vingtaine d’heures par semaine. Le prof agrégé n’est pas meilleur prof mais le prof qui prépare l’agrégation ou qui se motive pour travailler sur tel ou tel sujet, pédagogique ou non, se place lui aussi en situation d’apprentissage : je suis convaincue que cela nous aide à chercher à apprendre mieux aux autres ensuite.

 

J’ai certainement passé l’agrégation pour plein de raisons mêlées mais je crois que, prof chrétienne, je l’ai aussi passée pour mieux exercer ma fonction baptismale de « roi », non parce qu’il s’agit d’un concours dit « d’excellence » (on pourrait en discuter des heures) mais bien pour régner – faire cours –  au sens où le Seigneur l’entend, aux pieds de mes frères. Pour mieux les servir, pour mieux les faire grandir. J'en ai en tout cas l'ambition ! 

 

lundi, août 31 2015

Le Christ venu nourrir ses pauvres

 

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C’était il y a une dizaine de jours, une simple messe de semaine.

 

C’était une simple messe de semaine : la Parole de Dieu, le Pain qui devient Corps, le Vin qui devient Sang. L’extraordinaire présent auquel on ne s’habitue jamais.

 

C’était une simple messe de semaine : l’assemblée avait plus qu’aux 9/10èmes les cheveux plus que blancs mais, pour une fois, elle n’était absolument pas clairsemée. Elle était assise, parfois dans des fauteuils roulants, parfois avachie… Et là, il y avait pourtant une telle dignité régnante que nous, les quelques valides, n’osions même pas nous mettre debout : cela aurait eu quelque chose de malvenu, de malséant.

 

C’était une simple messe de semaine où les silences côtoyaient les réactions marquées à l’Évangile – un peu fort, semblait-il, à leur goût ! -, où les prières d’intercession étaient hésitantes, parfois oublieuses de leur fin, où personne n’avait envie de rire à des réactions inconsidérées des uns ou des autres, où les réponses de la messe et le Notre Père étaient dits encore avec une certaine conviction, car sus vraiment « par cœur », appris en ce temps-là où leur mémoire fonctionnait encore aussi bien que leur cœur et que leur capacité d’aimer. Et cette dernière, elle ne s’oublie jamais.

 

C’était une simple messe de semaine dans un lieu spécialisé pour ces personnes… avant tout des personnes : oui, des prières hésitantes, avec des balbutiements, des incompréhensions, des oublis, des rappels d’un temps très passé ressortis on ne sait comment à ce moment-là, mystère de la mémoire. Des prières semblant comme un peu ratées mais pourtant tellement réussies, tellement justes…

 

C’était une simple messe de semaine qui m’a remué les entrailles. Peut-être parce que j’ai un membre proche de ma famille aussi atteint de cette terrible dégénérescence cérébrale, peut-être surtout parce que cette messe, c’était vraiment le Seigneur qui se faisait proche des pauvres, très concrètement, parce que cette messe, c’était le mystère de l’Eucharistie à l’état brut.

 

C’était une simple messe de semaine qui redisait si fort combien elle célébrait la Vie.

 

lundi, juillet 13 2015

Parce que la vie est là

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Soir d’été dans un hôpital de banlieue : l’air est doux, le jardin charmant, les anciens hospitalisés nombreux.

Échanger avec ce soignant au réalisme douloureux mais profondément humain, puis monter à l’étage, même si l’on n’est pas au bon horaire.

Te saluer ;

Entendre ta respiration sifflante ;

Tes mots embarrassés, pas tout à fait logiques ;

Ton regard ayant du mal à nous fixer ;

En quelques jours, beaucoup de fonctions se sont dégradées et c’est vrai que je peine à voir en toi celui que tu es, étendu que tu es sur cette couche sordide d’hôpital.

Mais il importe peu : je sais qui tu es.  

Échanger quelques mots avant de te souhaiter une nuit la plus paisible possible.

 

Et entendre encore ta respiration sifflante au traves de tes balbutiements de réponses,

L’entendre me rappeler l’essentiel en réalité :

Penser au souffle de l’Esprit, Celui qui fait vivre, Celui qui mène toujours au-delà,

Penser à ce souffle de vie de Dieu, donné à l’homme.  

Et rendre grâce, même dans ces terribles faiblesses, du don incommensurable de la vie.

 

lundi, juin 1 2015

Comme des pelotes

 

Il paraît que plus on vit, plus on fait des liens,

Ainsi de l’homme sage à l’expérience pondérée par les années…

Je me sens encore trop jeune pour en parler.

 

Mais je crois aussi que, plus on lit, plus on fait des liens…

On le ressent particulièrement dans ces périodes-là dont je parlais, riches en lectures, en événements : les liens fusent à l’esprit ;

Fulgurances drôlatiques ou rapprochements inattendus ouvrant la voie à des pensées nouvelles…

Jubilation de l’esprit.

 

Et je suis certaine aussi que plus on prie, plus on fait des liens…

Liens inattendus de la prière ancrée dans les tours et détours de la vie :

Ceux pour qui l’on prie, rapprochés au creux de nos pauvres mains et de notre cœur maladroit ;

Ceux avec qui l’on prie, consciemment ou inconsciemment, en communion spirituelle ;

Liens qui se forment non pas ainsi que des nœuds tendus pleins de tension, mais plutôt ainsi que des liens rapprochés en un faisceau divers qui se resserre, s’unit, toujours plus,

Dans une même direction, resserrés, tressés, communiés : ut unum sint.  

Jubilation de l’Esprit.

 

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samedi, mai 30 2015

Parce qu'elle est toujours plus au programme

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Des circonstances inattendues font que la presse de la fin d’année, semi éreintée de l’année passée, semi rêveuse et tendue vers l’été, prend cette année la couleur d’une grosse pile de livres à relire sur la table de nuit et de quelques dolipranes parfois très nécessaires.

Il faut dire qu’un certain mot impromptu encourage à se frotter prochainement à quatre lourdes épreuves orales : quand on affiche ce mot à côté de votre nom, vous relevez le challenge et vous foncez…

16 gros livres, des notions à revoir, des entrainements à imaginer, le tout en un peu plus de deux semaines : ça fait un peu mal par où ça passe mais il paraît que le jeu en vaut la chandelle.

 

Évidemment, mon esprit rétif et parfois même quelque peu retors, rechigne à la tâche : que voulez-vous, il y a les cours, les élèves, les bilans de fin d’année, les amis avec qui l’on aime se réjouir, deviser et festoyer et puis deux chouettes projets d’été à préparer, en sus de mes (plutôt très chouettes aussi) projets personnels.

A côté, il y a tout ce travail en plus… cela ne donne pas très envie.

Il faut essayer d’émonder : d’enlever, doucement, quelques réunions ou réjouissances à l’emploi du temps, être fidèle aux engagements déjà pris, et jouer le jeu, quand même, malgré tout.

Relever le gant,

Et essayer de ne pas se laisser déborder, ni d’être achevée par K.O.

 

Et puis, par-dessus tout cela ou au cœur de tout cela, il y a Dieu.

Il est toujours là mais je n’envisage pas de vivre sans Lui laisser du temps, sans Lui laisser de la place : à Lui, à Lui seul.

Parce qu’Il est le temps et l’espace qui permettent à tout le reste de se déployer en Lui.

 

Comme toujours, dans les périodes de presse, d’occupation intense, où corps et esprit travaillent dur, les moments d’oraison sont précieux et j’ai surtout l’impression de mieux savourer ce que dit la Bible.

 

A force de lire, je pourrais en avoir assez de voir toutes ces phrases courant sur le papier : Avec la Bible, c’est tout l’inverse, bien qu'elle ne soit pas au programme officiel. 

Pas de prise de tête,

Juste comme une saveur vitale,

Dans l’oraison, dans tel ou tel office de la liturgie des heures,

Dans une phrase (re)cueillie lors d’une messe,

Redécouvrir que le Seigneur est bien pain de la route,

Que Sa parole est la lumière de la route, « lumière de mon pas »,

« Qu’elle est douce à mon palais ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche ! »

Se laisser nourrir, avec ces mots, avec Ses mots qui reviennent sans cesse aux lèvres,

Qui nous nourrissent donc, qui nous sculptent à l’intérieur et nous donnent d’habiter le monde, dans le calme ou dans les (pré)occupations, un peu plus selon Lui.

 

lundi, avril 13 2015

De qu(o)i silence est-il le nom ?

 

Chez moi, c’est souvent calme, c’est souvent silencieux…

Et comme par un fait exprès, j’aime le calme, j’aime le silence.

Repos des oreilles et du cerveau, le soir, après les journées collégiennes bruyantes, certes, mais pas uniquement :

Goût, saveur, choix de ce silence.

 

Silence du travail, de la concentration ;

Silence habité de la méditation,

Silence pensif de la réflexion,

Silence étonné ou admiratif d’un regard posé,  

Silence dense de la prière,

Silence chantonnant, habité d’une ritournelle…

 

Tous les silences ne sont pas les mêmes.

 

Il est des silences bruyants, que je ne sais emplir que du bruit de moi-même.

Il est des silences pleins d’internet, de réseaux sociaux, importants parce que divertissants et communicants, certes, mais qui ne savent trop souvent que rester qu’à la surface de nos vies, même s'ils peuvent aussi être des germes. 

A côté de ceux-là, le silence de la prière pourrait sembler plénier s’il n’était pas également d’une qualité chancelante : heureusement que la qualité de la prière ne se jauge pas à l’aune de celle de son silence mais à l’habitation laissée à l’hôte intérieur !

 

En réalité, à côté de ceux-là, il y a le silence attentif…

Ce silence-là, justement, peu resplendissant, qui n’est qu’attention petite, pleine, à la vie et à l’instant présent.

Ce silence-là se détecte à la qualité du geste, même petit, posé, du geste même insignifiant, simplement vécu et voulu comme habité et qui devient alors d'une justesse presque transfigurée.

Ce silence-là sonne comme un instant volé à la plurivocité de nos jours pour les orienter,

Ce silence-là n’est que présence, révélateur d’une Présence.

 

lundi, mars 9 2015

L’Explicite de l’Implicite et l’Implicite de l’Explicite

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Toujours ces questions quand on évolue en « milieu non catho » :

Ces questions non pas forcément qui te viennent directement des autres, ces questions que les autres font naître à l’intérieur de toi, ma foi… ma foi : 

Que dire, que faire ? Ici ? Et là ?

Que dire et que taire ? Ici ? Et là ?

 

Il ne s’agit pas de se planquer façon « je ne suis pas là, vous ne me voyez pas, d’ailleurs je n’existe même pas »

Il ne s’agit pas de se la jouer prédicateur enflammé sur une chaise : ce n’est pas le lieu.

 

Il s’agit d’être chrétien, vraiment, assurément : dans les actes, oui, comme dans les paroles, aussi.

Et c’est peut-être là le moins facile : difficulté de la parole.

Quel espace ? Quelle justesse pour elle ?

 

Il ne s’agit pas d’être un mur,

Il ne s’agit pas d’être un contre témoignage,

Il ne s’agit pas d’arborer une face de carême,

Il ne s’agit pas d’être une caricature de ce que l’autre pense savoir déjà sur le catholicisme,

Il ne s’agit pas de vouloir imposer sa foi aux autres…

Et en même temps, cette foi, elle est intrinsèque à ma personne, indissociable de moi-même ;

Je crois que c’est un peu comme mon propre cœur : si on me l’arrachait, je crois que j’en mourrais.

 

Alors, ce n’est pas si facile… car, quand on a rencontré le Christ, on est habité par une grande joie, aussi immense qu’intime, aussi personnelle qu’à dimension universelle.

Et on se sent loin, très loin de tous les conflits de « laïcité à la française »… on s’en ficherait en réalité si nous n’étions pas plongés dedans au quotidien.  

En fait, on est chrétien, tout simplement et très profondément.

 

Je me rends compte au fil du temps, avec l’expérience, que je merdouille souvent, très souvent dans mes propos : taisant trop ou a contrario parlant trop.

Parfois, j’avance, un peu, heureusement.

 

Mais toujours je prie :

Parce que, qu’on prenne la voie de l’implicite ou celle de l’explicite pour parler aux autres de ce qui nous anime, de Celui qui nous fait vivre, selon les circonstances, Lui, toujours, Il est toujours là, en contrepoint et en sens ultime.

Il est l’Implicite de notre annonce explicite ;

Comme il est le seul vrai Explicite de tous nos implicites.

 

lundi, mars 2 2015

10 ans ??? 10 ans !!!

 

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2 mars 2005 – 2 mars 2015

10 ans de blogue… qui l’eût cru ?

 

[ton officiel] Je remercie le Seigneur sans qui rien n’aurait été possible…

Et euh, bon, je ne suis pas trop douée pour les discours officiels, je préfère les blagues (pas) drôles et les dialogues amicaux pétillants… [/off]

 

10 ans de blogue,

10 ans de vie,

10 ans à grandir,

10 ans de marche dans tous les sens du terme…

 

Ce fut vraiment bien, dans les hauteurs comme dans les gouffres,

avec vous tous et avec le Seigneur !

 

Comme dix années de vie à regarder, à contempler avec gratitude en priant ce soir… un peu pour vous et avec vous aussi, chers lecteurs, voire, pour certains devenus tels notamment à force de se croiser par ici, chers amis ! :-) 

 

jeudi, février 12 2015

L'enseignant est sorti ou est resté pour semer ?

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Il est 20h30 quand le professeur rentre, un peu harassé(e) de sa journée. 

Avoir enseigné,
avoir corrigé des copies,
avoir parlé,
avoir crié,
avoir puni,
avoir écouté,
avoir partagé,
avoir échangé,
avoir rencontré (ou pas) les parents des élèves sa classe. 

Des heures, les bêtes et simples heures de travail d'une journée...
Des heures parfois en apparence arides, malgré ici ou là, ces petites lueurs d'espoir...
Que bâtit-on ? Bâtit-on ? 

Bâtir ? Semer, plus probablement. 

Des heures à semer, à travers nous, malgré nous parfois,
Il est difficile d'évaluer le résultat :
En fait, c'est carrément impossible.
Mais semer, inlassablement, sempiternellement,
Dans l'espérance, dans la confiance,
Cette inextinguible confiance du semeur en ce qu'il ne maîtrise pas,
Sous et dans le doux regard du Semeur divin. 

lundi, février 2 2015

Fête de la Présentation de Jésus au Temple

Laudes en solitaire, un café brûlant sur le bureau, en contemplant le jour doucement se lever ; 

Sortie éreintante mais si belle au Louvre avec mes piou-piou de 6èmes si "inhabitués", si émerveillés ; 

Vêpres de la fête, priées dans la simplicité avec un grand ami prêtre ; 

Messe lumineuse, dans tous les sens du terme ; 

Soirée crêpes à dimension inhabituelle avec des amis. 

 

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Est-il besoin d'autre chose pour chanter avec Syméon : 

"Car mes yeux ont vu le Salut

Que tu préparais à la face des peuples ; 

Lumière qui se révèle aux nations...

Aux nations, à chacun de nous, en fait, 

Y compris dans l'ordinaire des jours mais où, l'esprit peut-être rendu plus aux aguets par la fête liturgique, nous chercons à mieux capter la Lumière... 

Lumière que Tu nous offres, 

Pour que nous l'offrions  à notre tour ; 

Merci Seigneur. 

mercredi, janvier 28 2015

Silence et justesse de ton

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Enterrement ce jour,

Deuxième en une semaine :

Il est des temps plus joyeux…

Mais cette fois d’un voisin.

 

Temps des témoignages au début,

Temps privilégié aussi pour connaître, pour prier,

Pour celui qu’on ne connaissait que par des discussions – certes parfois longues et belles – dans l’escalier.

Beaux témoignages justes, nombreux et touchants de la famille, profondément remuée par ce décès brusque, soudain, l’ayant laissée désemparée.

Et puis, à la fin, un témoignage d’un collègue du défunt…

D’un collègue peu habituel dans une église :

Athée, anticlérical, politisé et autres choses ayant de l’affinité.

 

Il ne s’agit pas de critiquer les athées, les anticléricaux, ni les francs-maçons ;

Comme tant d’autres, j’en fréquente au quotidien, j’en ai jusque dans ma propre famille et, en fait, j’ai beau ne partager aucunement leurs opinions, je les aime bien, je les aime tout court même, car je crois foncièrement que la différence est richesse ;

Mais il est question ici d’opportunité, de lieu, de temps.

 

Quand un témoignage se transforme en tribune politique,

Quand un témoignage se transforme en critique virulente de la religion,

Quelque chose de l’ordre d’un malaise s’installe.

Quand un témoignage, lu à l’ambon, clame notamment « ne laissons pas les religions prendre le pouvoir », alors qu’il est ici, devant, le corps d’un homme et devant une famille ayant choisi des funérailles chrétiennes pour l’un des leurs,

Il y a quelque chose qui ne résonne pas juste :

Maladresse ?

Malaise, mal-être.

 

Dans ce discours, le mot « laïcité » cachait un anticléricalisme crasse : c’était le droit de cet homme…

… Mais ce n’était pas le lieu, ni le temps de clamer ceci.

Et à l’heure où la « laïcité » a tendance à être mise à toutes les sauces, il serait bon dans le fond, elle qui dit si souvent aux religions de rester chez elles (c’est un autre débat !), qu’elle apprenne à respecter ces lieux, ces espaces, ces temps qui leur sont propres.

 

Pourquoi vouloir créer du conflit un jour où il est seulement question de prière ?

Pourquoi dire sa haine à peine masquée de la religion chrétienne par des mots que nous entendons déjà si souvent ailleurs dans nos vies ?

Convaincre des adeptes ? Laissez-moi rire !

 

A ce même ambon, ensuite, j’ai proclamé la Parole de Dieu qui parlait d’Espérance ;

Et puis, le prêtre qui célébrait a fait de même avec l’Évangile.

En proclamant ces mots auxquels je crois et que je voulais dire de la part du Seigneur notamment à la pauvre mère du disparu, j’avais le cœur encore plein de ce malaise.

 

Mais je suis restée sur ce mot d’Espérance, sur ce doux mot-là ;

Ce doux mot qui allait plus loin que les silences figés, pétrifiants, glacés d’une assemblée peu habituée à prier,

Ce doux mot qui allait surtout plus loin que la mort,

Ce doux mot qui porte, en germe, tout un monde pacifié en lui. 

En Lui. 

jeudi, décembre 18 2014

L'Avent presque malgré moi


C'est drôle, j'ai eu l'impression de vivre un Avent TGV : course, course, course... Sur tous les fronts, sur tous les plans. 

Dur de laisser libre le temps pour Lui, partant dur de laisser se creuser le désir de Sa venue alors même que je trouve si juste cette hymne que propose la liturgie des heures pour l'Avent "voici le temps du long désir". 


Voici le temps du long désir 
Où l'homme apprend son indigence
Chemin creusé pour accueillir
Celui qui vient combler les pauvres. 


Parce que, restant riche de trop de choses, je ne sais être pauvre qu'en temps ? 

Te le laisser, te le donner ce temps, 

Même petit, même infime, 

Même volé, même lutté, 

Te le laisser emplir d'éternité, 

Flammèches d'étincelles, 

Susceptibles d'allumer le reste en Toi. 



Flammèches d'étincelles, oui, 

Et, alors qu'on pensait avoir raté notre Avent en arrivant à la semaine préparatoire à Noël, celle qui se chante en Ô, 

On s'aperçoit d'une profondeur insoupçonnée en soi, 

D'un désir de Dieu qui a appris à se laisser creuser dans les trous d'emploi du temps laissés, donnés, 

Temps offert à Ton action où, justement, en envers, Tu laisses paraître notre pauvreté - que cela à Te donner ? - 

Où Tu creuses ce que nous T'offrons, 

Pauvres riens ou maladroits instruments, pour créer en nous un espace libre pour T'accueillir : 

Il est petit, mais il est à Toi, 

Creuse-le encore et viens Seigneur Jésus ! 

vitrail de Taizé

mardi, décembre 2 2014

Adorez-Le, bénissez-Le

 

C’était hier : commencer tôt la journée par un temps d’adoration, la finir par une heure syndicale dans mon établissement.

En mettant en route ma voiture pour rentrer chez moi, complètement explosée de fatigue par la longue journée, je pensais à cela et j’ai souri tant cela pourrait sembler incohérent à simple vue « mondaine ».

 

1h d’adoration, en silence : le cœur qui babille ses multiples cris, ses multiples intentions, ses multiples louanges, ses multiples demandes de pardon, ses multiples « j’essaie de T’aimer » ;

Et puis le cœur qui tente aussi de rester en silence, à écouter, à recevoir.

 

Au milieu : des cours. Enseigner, faire grandir, au mieux.

 

1h d’heure syndicale, « en bruit » : les bouches qui parlent, qui râlent, qui s’exclament, qui murmurent, qui interrogent ;

Temps nécessaire du débat, pour améliorer, ensemble.

 

Du silence à une progressive cacophonie ?

Quelque chose comme une harmonie.

 

Hier, j’ai eu l’impression que quelque chose d’essentiel dans ma vie de chrétienne s’était fait sentir très concrètement ;

Hier, il n’y avait aucune incohérence, mais, au contraire, une profonde cohérence ;

Certes, c’est impossible à réaliser tous les jours sans aménagement d’emploi du temps,

Mais cela permet de toucher, un peu mieux, cette profonde réalité de notre vie chrétienne que, sans Lui, nous ne pouvons rien faire.

S’exposer à Lui pour rester au plus proche des hommes.

Recevoir, se recevoir de Lui, chaque matin,

Pour se donner, Le donner, chaque jour, à nos frères humains.

 

 

 

vendredi, novembre 21 2014

Notes d’au-delà des notes

 

Remettre les bulletins, c’est toujours un peu éprouvant : non seulement parce que cela se termine toujours tard, avec des discussions interminables mais surtout parce que ces discussions ne sont jamais tout à fait légères.

 

L’an dernier, la première fois, j’avais fait le trajet retour avec de grosses larmes qui me roulaient sur les joues : j’avais été émue, j’avais été touchée au plus profond, de toucher moi-même du doigt la vraie pauvreté, celle dont on entend si souvent parler et celle qu’on connaît si peu, si mal, si partiellement.

 

Depuis, j’ai appris, un peu… mais ces rencontres sont déstabilisantes car on ne sait jamais ce qui va se passer : mystère de toute rencontre allez-vous me dire, oui, mais il y a aussi la particularité de travailler en milieu populaire et galère quand on vient soi-même d’un autre milieu.

 

J’apprends à me laisser déstabiliser,

En fait, j’apprends à me laisser rencontrer :

Dans la joie ou la détresse… il y a de tout, rien de programmé.

 

L’autre soir, ils étaient là tous les trois,

Il y avait le fiston et les deux parents, ce qui n’est pas si fréquent,

Le p’tit gars sympa aux résultats faiblards : quelques efforts par ici, d’autres par là, mais c’est encore en deçà.

Des sourires de part et d’autre néanmoins et puis cette voix du papa qui s’éleva : « Il faut qu’il comprenne que c’est maintenant que ça se joue… Pas que son métier ! Il peut découvrir plein de choses ici et c’est cela le plus important ! Moi, je n’ai pas essayé à l’époque… comme je regrette ces portes fermées. »

 

C’était un peu défaitiste mais c’était dit avec tant de justesse et d’humanité que j’ai presque eu envie de les prendre dans mes bras tous les trois, prise de compassion,

Je me suis contentée d’acquiescer, de sourire doucement et de prier en les raccompagnant, puis encore le soir.  

Et dire que certains se demandent encore pourquoi on fait un tel métier… !

  

mardi, novembre 4 2014

Table poétique de conjugaison

Sur mon bureau, un délicieux mélange de genres qui se mêlent et s'additionnent... 

Mais peut-être cela revient-il, finalement, à conjuguer de concert les verbes vivre et aimer ? 

... ut in omnibus glorificetur Deus ! :) ... 

samedi, octobre 4 2014

Comme une fête de feu, comme un feu de fête

 

Certains soirs, certaines dates, certains jours sonnent curieusement dans notre cœur ;

Ou plutôt, non, ils résonnent comme une analepse[1] pas du tout insidieuse :

Ils n’ont pas non plus la saveur d’une madeleine de Proust car ils sont bien plus forts que tout cela ;

Ils conservent au fil des ans le caractère indélébile d’une brûlure.

 

C’était un jour de pluie cette année-là ;

Il y avait eu une confession et une absolution,

Il y avait eu une parole posée,  

Il y avait eu des larmes,

Il y avait eu une joie sans pareille.

 

Quand des paroles font entendre la Parole ;

Puis quand la Parole prend feu ;

Tu te trouves soudain un peu comme Moïse face au buisson ardent : imbécile ne sachant que faire, surpris et tellement pas à la hauteur que tu as envie d’enlever tes sandales avant même qu’on ne te le demande ;

Tu te trouves soudain follement aimé : et les mots que tu avais entendus pourtant depuis des années, que tu connais par cœur, ne sont plus les mêmes ;

Tu es aimé et c’est Sa voix que Tu entends dans s/c/Ses mots ;

Ce ne sont plus des paroles vagues et impersonnelles :

Tu sais que ta vie de foi est devenue infiniment personnelle et, surtout, infiniment relation.

Il y a des jours où, plus que d’autres où Il t’échappe (en apparence !), eh bien, même si cela fait pompeux de dire cela, tu sais que Tu as rencontré Dieu.

 

Ce jour sonne un peu différemment pour moi cette année maintenant que celui qui m’avait alors donné le pardon du Seigneur est reparti vers Lui, justement ;   

Mais ce qu’il m’avait transmis ce jours-là, c’étaient en quelque sorte les lettres de Son Nom, lettre(s) d’Amour entre toutes, qui sont restées gravées sur mon cœur et dans ma mémoire depuis ;  

Mais la route continue, et tout spécialement demain,

Car « un jour de plus se lève, Jésus en moi veut le vivre ». (Madeleine Delbrêl)

 

 



[1] Un flash-back si vous préférez mais le terme est moins élégant. 

mardi, septembre 30 2014

Temps court, temps favorable

 

Un mois de plongée dans un projet pédagogique expérimental ;

Un mois peut-être plus que d’habitude au service des élèves ;

Un mois de tâtonnements, de recherches, un peu de galère quand même ;

Un mois de fatigue, il est vrai, malgré les belles joies qu’il a pu offrir ;

Un mois et encore deux semaines d’un rythme soutenu (non pas jusqu’aux vacances mais jusqu’à la fin d’une de nos nouvelles « périodes ») ;

Un mois et une très proche inspection en prévision ;

Un mois à courir, sans peu de temps pour regarder le chemin doucement et y souffler le long…

 

Mais Toi, Tu me redis toujours que c’est maintenant le « moment favorable »,

Que c’est hic et nunc que Tu me veux, que Tu viens me rencontrer,

Et cela change tout.

 

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