Zabou the terrible

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mercredi, novembre 2 2011

Sur 
le chemin raboteux du salut, s'avance...

 

Qui ne connaît pas au moins de nom « la petite fille Espérance », si chère à Péguy ? Mais qui l’a lu(e) ? Qui est allé la quérir pour de bon dans ce livre au nom si étrange, presque rebutant de Porche du mystère de la seconde vertu ? Puis, qui a osé l’écouter pour apprendre à marcher avec elle ?

 

Au soir, quand les cierges sont allumés pour nos défunts, quand les êtres vacillent parfois au souvenir de chers disparus, quand la nuit se fait lourde et pesante alentour, lire quelques mots de Péguy. Ces mots pesants, répétés, martelés. Pour nous dire et faire entrer dans nos crânes tout hautains ce mot qui rime avec enfance : « Espérance ».


L'espérance, dit Dieu, voilà ce qui m'étonne.


Moi-même.


Ça c'est étonnant.


 

Que ces pauvres enfants voient comme tout ça se
 passe et qu'ils croient que demain ça ira mieux.


Qu’ils voient comme ça se passe aujourd'hui et qu'ils
 croient qua ça ira mieux demain matin.


Ça c'est étonnant et c'est bien la plus grande merveille de notre grâce.


Et j'en suis étonné moi-même.
 

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dimanche, octobre 9 2011

Aux tons d’automne

 

« Une éternité de beau temps pèse aux membranes closes du silence, et la maison de bois qui bouge, à fond d’abîme, sur ses ancres, mûrit un fruit de lampes à midi

pour de plus tièdes couvaisons de souffrances nouvelles. »

 

Saint-John Perse, Poème à l’étrangère

 

Automne ;  

Dépouillement progressif des teintes visibles ; 

Retour progressif vers le plus intérieur où le Froid touche moins : 

Couvaisons de souffrances, couvaisons de joies, ou, peut-être plus justement, tout simplement, de tout ce qui sera…

 

vendredi, janvier 28 2011

"La Pensée est un espace étrange"

Poids spécifique 

Mots bouleversants. Que ta pensée s'achève
veut dire qu'elle doit s'épuiser dans les choses,
s'éteindre comme l'oeil,
dont le centre brillant nourrit le réel
et le transfigure,
sans le libérer pour autant des vibrations du temps humain. 

Mais quand le réel fonce sur moi de tout son poids,
il s'emplit de pensée, il sombre au fond de l'homme,
de cet homme que je connais si peu, tout en sachant
que je ne peux m'y disperser davantage,
la vision et l'Objet absolu l'ayant pour abîme commun.
J'en parle rarement, mais je sais alors
et le poids du monde, et mon gouffre. 

Karol Wojtyla 

vendredi, août 13 2010

Le square saint Jacques

            Dans La Croix d’hier jeudi 12 août figurait en dernière page un poème qui a attiré mon attention : il s’intitulait « le square Saint-Jacques », square dans lequel se trouve la tour de l’ancienne église Saint Jacques de la boucherie, point de départ de la via Turonensis du Chemin de St Jacques. C’est donc au pied de cette tour, alors en réfection, que je me suis lancée un jour de 2006 dans cette aventure qui, tronçon après tronçon m’amène toujours plus proche du tombeau de l’apôtre (cette année, départ début septembre pour quelques jours qui devraient nous mener jusqu’à Dax).

 

            Mais elle n’est pas que lieu d’un départ cette tour, elle est aussi cette fière architecture que j’aperçois dans mes nombreuses pérégrinations… parisiennes et qui n’est pas, pour moi, un simple bel édifice parmi toutes les merveilles qu’offre cette ville que j’aime. Car, au dessus de cette tour culmine une statue de St Jacques pèlerin, seule partie de la tour qu’on aperçoive d’ailleurs de loin. Elle me rappelle ma marche, elle me rappelle que je suis toujours en pèlerinage, sur la route de cette vie, ma vie, que je construis jour après jour, orientée vers Là-Haut ; et j’aime à croire que St Jacques, là-haut, veille à ce que je ne m’égare pas trop en chemin malgré les intempéries, avec l’aide et l’amitié de Celui qui fait route avec nous.

 

 


Paraît soudain la tour Saint Jacques,

Bloc de lumière taillée dans la pierre,

Son éclat neuf, substantiel et glorieux,

Rayonne de lui-même.

 

L’étoile de midi sculpte les arbres,

Modèle de clartés et d’ombres leur présence,

Et peint de tous les verts de l’été leurs feuilles

Se multipliant au vent.

 

Le jour me baigne, comme à l’origine.

Le soleil royal, dans ce square et au ciel,

Demeure pourtant muet.

J’écoute le silence, et l’aide à parler.

 

Michael Edwards

 

mardi, mai 25 2010

Au-delà ma fenêtre




Le ciel est, par-dessus le toit,
Si beau, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte,
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit,
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

- Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

in Paul Verlaine, Sagesse

mardi, octobre 20 2009

Pensée inactuelle 2

               Quelques mots de Péguy qui se passeront de commentaires de ma part. 


Donne-moi de m émerveiller

« Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. [...] Il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée. »

 

Charles Péguy

 

(cité dans Robert Scholtus, Petit Christianisme d’insolence, que je viens de terminer et que j’aime décidément beaucoup)

 

jeudi, mars 20 2008

Sourire de mots

 
" Les hommes parlent. Les hommes se sont mis à parler et le bonheur s'épanouit à l'aisselle de chaque feuille, au creux de chaque main pleine de dons et d'espérance folle. Si ces hommes parlent d'amour, sur la face du ciel on doit apercevoir des mouvements de traits qui ressemblent à un sourire."
 
In "Le bonheur des mots", La liberté des mers, Pierre Reverdy
 

vendredi, février 8 2008

Parler, chercher...

 
"Parler donc est difficile, si c'est chercher... chercher quoi ?
Une fidélité aux seuls moments, aux seules choses
qui descendent en nous assez bas, qui se dérobent,
si c'est tresser un vague abri pour une proie insaisissable..."
 
in Philippe Jaccottet, Chants d'en-bas
 

mardi, décembre 18 2007

Ce qu'est la poésie

 

 
"La poésie est tout l'être tendu, et constamment, vers la fixation en traits concrets, la résolution en gouttes limpides d'un état diffus et trouble intérieur. "
 
P. REVERDY, in En vrac