Zabou the terrible

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Mot-clé - Prière

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mardi, novembre 1 2016

Oui, et l'EPJ justement alors ?

Et l'école de prière, justement, tu en rapportes quoi ? 

Plein de souvenirs... plein de moments forts, comme toujours. 7ème école de prière jeunes, 3 comme animatrice et ma 4ème comme bergère : chacune m'ont fait grandir... alors que j'étais censée aider les jeunes à grandir dans leur foi ! Mais, comme toujours, en voulant évangéliser, on se laisse évangéliser. En parlant de Jésus, on apprend à mieux en vivre. 

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Peut-être que je reviendrai plus tard sur tel ou tel moment mais, s'il y en a un qui a été très fort alors que tout à fait anodin, ce sont sans doute ces deux grands moments de silence, de désert, que nous avons tous faits, enfants comme tous les adultes, exactement au même moment, les deux derniers jours. 

Imaginez tout un bâtiment dans lequel se trouvent 52 enfants et 16 adultes plongé dans le silence pendant 20 min ! (Je n'oserais proposer cela dans mon collège !). 

Imaginez un silence dense, parlant, priant... Imaginez des enfants jouant le jeu, s'éloignant pour éviter de se parler. 

Imaginez alors durant ce temps une pauvre typesse de Zabou assise à l'oratoire, entourée de petits gnomes sympathiques venus passer là leur temps de désert, tous plongés dans leur prière. Imaginez-la en train de les regarder doucement comme aides à sa propre prière... 

Je ne sais pas ce qu'ils racontaient à Jésus dans le secret de leur coeur.

Mais ce que je sais ou plutôt dont je suis certaine à voir leurs calmes sourires ensuite, c'est qu'il y en a eu des murmures amoureux de coeur à coeur dans ces moments-là... Alors, comment ne pas se sentir entraînés dans sa propre prière par celle des enfants ? Comment ne pas avoir envie de soigner la qualité de nos propres temps d'oraison ?

Alors, on rapporte de l'EPJ comme des brins de silence qu'on a envie de lier toujours plus pour affermir la qualité de notre relation personnelle avec le Seigneur.  

dimanche, octobre 2 2016

Comme un sanctuaire

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Un grand immeuble, planté dans cette banlieue dortoir.

Des étages et des étages, un immense parking,

Une forme et un environnement insipides,

Et pourtant vivent provisoirement là des milliers d’humains.

 

Des tourbillons des sirènes aux discussions sérieuses,

Des noms scientifiques aux râles inarticulés,

Des milliers de vies se croisent ici, chaque jour.

 

Il y a ceux en blanc, ceux en vert, ceux en rose ou bleu,

Les tenues spéciales pour cas spéciaux,

Et puis nous, ces presque profanes, habillés ordinairement,

Pour venir voir ces autres-là, souvent dévêtus.

 

Dans l’ascenseur, un silence quasi-religieux :

Chaque étage scande une pathologie,

Les visiteurs se saluent avec la gravité respectueuse de ceux qui savent,

De ceux qui savent ce que venir là signifie.

 

Et puis, il y a ceux qu’on croise toujours dans ce même service…

Et puis, ce proche que l’on vient voir,

Toujours le cœur un peu en vrac.

 

On vient pour lui et puis, au fur et à mesure des jours, on se rend compte aussi que l’hôpital a quelque chose d’un vaste sanctuaire de l’humanité :

 

De tes lents progrès à toi aux soucis de tel autre,

C’est l’humanité souffrante qui se déploie dans toute sa variété,

Au gré des étages ou à la cafétéria des cafés partagés.

De ce professeur distant à cette infirmière expansive et chaleureuse,

C’est l’humanité soignante qui se décline également en sa diversité.

De toi à moi, à nous,

C’est l’humanité dans ses liens de sang qui se révèle, bien plus que tout ce que nous pourrions dire.

 

Dans tous ces visages croisés, heureux comme souffrants, croisés au long de ce service, je vois le visage de l’homme,

Les visages de ceux pour qui le Christ est venu,

Et mon cœur s’emplit de compassion,

Et j’ai envie de prier, face à ceux qui sont le temple de l’Esprit Saint,

Et qui, souvent, ont perdu les voiles qui Le cachaient…

Dieu affleure.

 

En passant le sas, j’ai de plus en plus envie de faire mon signe de croix ;

Enlever mes chaussures ? Ce n’est pas dans ma culture.

Mais chaque jour qui passe me dit un peu plus combien cette terre d’un hôpital est sacrée,

Car Dieu y est présent,

Et vient nous visiter en nos frères souffrants.

 

jeudi, septembre 22 2016

Saint Matthieu ou la sequela du publicain quotidien

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« Suis-moi » : pas de conditions…

La parole, brute :  

La Parole, si douce, invitant à la vie avec Lui.

 

Suis-moi…

Au milieu de tes occupations quotidiennes,

Même les plus sordides, les moins avouables,

Je suis avec toi, alors viens !

 

Suis-moi…

Aux nuits d’angoisse,

Aux jours sombres des blessures,

Des drames de la vie humaine.

 

Suis-moi…

Dans le tableau du Caravage, la surprise,

La lumière d’un doigt qui désigne,

Et un regard plein de tendresse.

 

Suis-moi…

Si souvent, je me dis que je ne suis pas digne,

Que ma vie est pleine d’assombrissements,

Mais Toi, tu choisis « en miséricordiant » comme dirait le pape,

Alors, dans la lumière de Ton regard, Tu chasses les ténèbres,

Et deviens Lumière intérieure pour nous permettre de marcher à Ta suite, par tous les temps.

 

lundi, septembre 19 2016

Est-ce que j'ose y croire pour moi ?

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En allant te voir, cette phrase me revenait, lancinante : "est-ce que j'ose y croire pour moi ?".

Cette phrase, je ne l'évoque jamais sans émotion : elle était de feu mon premier père spirituel, un vieux moine plein de sagesse, à quelques mois de sa mort, atteint par la maladie aggravée par l'âge de manière irrémédiable... Lui qui avait donné toute sa vie au Christ, qui portait en sa prière tant de personnes et de cas difficiles, il se reposait cette question face à sa propre mort. Comme s'il voulait me dire dans ses ultimes conseils cette importance extrême de la croissance de la foi, tout au long de notre vie : toujours des "oui" à dire, jamais à s'endormir. Et même, et surtout justement, face à ce moment crucial qu'est notre mort. 

Quand certains non-croyants me disent d'un air supérieur que la foi est une béquille, dans le fond, j'ai également envie de leur rendre leur sourire quelque peu narquois... Comme si la foi était une boite de caramels douçâtres qui suffisait à bercer le coeur du croyant d'illusions ! Comme si elle suffisait pour avancer dans la vie en boitillant un peu mieux ! 

La foi, c'est tout le contraire. La foi te donne un élan dans ta vie, un sens et une profondeur... mais la foi n'est pas une consolation-doudou. La foi est dans le même temps un don, complètement gratuit, et une force... mais une force qui nécessite de l'entraînement. Une force rude et douce à la fois. 

L'entraînement de cette foi, c'est comme une succession de petits sauts, toujours plus dans le vide. Où la raison ne peut plus guère intervenir, mais où Espérance, Foi et Charité se trouvent souvent curieusement mêlées. 

Tu sais, c'est avec douleur que je me dis que je ne sais pas quelle sera l'issue du terrible combat que tu mènes auquel j'assiste, impuissante. Mais je sais que j'ai aussi à poser, pour toi et avec toi, un acte de foi :
La foi, est-ce que j'ose y croire pour toi ?
La foi, est-ce que j'ose y croire pour moi ? 

 

lundi, août 22 2016

De l'Appel plutôt que des catholiques en colère même pas à la pelle

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Avec quelques-uns, j'ai eu l'occasion de participer lors des JMJ à un échange sur les vocations chez les jeunes catholiques filmé par l'émission 'C dans l'air'. Ambiance bienveillante de la journaliste, y compris dans les questions personnelles qui suivirent. 

La diffusion de ce court reportage était prévue lors de l'émission du 15 août et quelle ne fut pas ma surprise de voir à mon retour de pèlerinage que l'émission de ce jour fut finalement consacrée au sujet "catholiques en colère", suite à l'assassinat du P. Jacques Hamel. 

Que le reportage soit diffusé un jour ou l'autre, ou pas du tout, peu m'importe, mais que l'on passe de la question des vocations à celle de la colère... ? Le changement de ton ne me semble pas anodin : d'une question spirituelle essentielle, l'on glisse à une question politique. Affaire de mode, de sondage ? L'audimat ? La belle affaire ! 

Aux JMJ, le jour même de l'assassinat du père, je n'ai pas vu de catholiques en colère, j'ai vu des catholiques attristés, meurtris parfois, mais j'ai surtout vu des jeunes catholiques priants, plus désireux que jamais de dire avec saint Jean que "Dieu est Amour". Ce n'était pas une illusion mais bien une réalité : qui y était sait la densité grave de la prière des JMJistes ces jours-là. 

Alors, le 15 août, grande fête pour les catholiques, fête où nous prions tout spécialement Marie, patronne de la France et où nous prions pour la France, parler de notre "colère" ? Laisser planer comme une suspicion de radicalisation ? Lancer comme des germes par ce terme d'une opposition des religions ? 

Et dire qu'il était question d'appels, de Dieu, de vocations... Et dire qu'il était question de Vie ! 

La vitalité des catholiques n'est pas dans leur nombre ou dans une quelconque colère... Elle est justement située bien là, dans cet incommensurable si peu médiatique qu'est leur vie spirituelle : dans leur prière, cette prière qui les fait apprendre à aimer à l'école du Christ, même quand tout sens est perdu en apparence. C'est bien cela qui est dans l'air ! 

jeudi, août 11 2016

Don par amour, Amour par(-)don

 

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« Ceci est mon corps,

Ceci est mon sang »

Mystère de la foi !

Que cela soit avec 5 personnes,

Que cela soit avec des millions,

Que cela soit en province, à Paris ou encore aux JMJ,

Même bouleversement du Christ qui se donne,

Même bouleversement du Christ qui se rend présent.

 

Même bouleversement intérieur,

Du Christ qui s’offre à nous par amour,

Simplement par amour.

 

Le Concile de Trente définissait la messe comme un renouvellement non sanglant du sacrifice du Christ… qu’en est-il quand il se termine, quand il s’achève dans le sang ?

Chaque messe me saisit et me renvoie désormais encore plus à cela.

 

Mystère de l’Eucharistie,

Mystère de l’incandescence du don poussé à son degré ultime, qui permet celui de l’homme, porté par cet élan d’Amour, par pure grâce.

 

Désirer le martyre ?

Certainement pas.

Désirer la fidélité, jusqu’au bout,

Désirer être porté(e) dans le don de soi-même dans le seul et unique don du Christ, abandonné, livré, par Amour ?

Certainement.

 

L’assassinat de fin juillet ne fera pas se lever des chrétiens fanatiques,

Mais l’assassinat de fin juillet sera sans doute, selon la formule de Tertullien, « semence de chrétiens » :

Des chrétiens très « radicalisés » car le chrétien, c’est celui qui cherche à aimer comme Christ, qui l’aime et qu’il s’efforce d’aimer.

 

L’assassinat de fin juillet nous fera sans doute entrer toujours plus dans le mystère de l’eucharistie, comme il y a fait entrer d’une manière ultime le p. Jacques Hamel.

Dans le don de l’Amour,

Dans le don par Amour,

Pour y entrer nous-mêmes :

Dans l’Amour par don,

Dans l’Amour sans raison, incompréhensible…

C’est celui-là même qui nous permet de prier et d’entrer 

Dans l’Amour de ceux « qui ne savent pas ce qu’ils font »,

Dans l’Amour pardon.

 

dimanche, mai 29 2016

Fête du Saint Sacrement

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Comme des ellipses de sens,
Où la raison se tait,
Où l’Esprit souffle en épiclèse,
Où deux mains se lèvent :
Silence.
Ce pain élevé,
Mes genoux posés,
Mes yeux irrémédiablement attirés.

 

Comme du temps perdu,
Comme du temps passé,
Où l’Esprit souffle la prière au cœur,
Où Tu es là, devant moi, exposé :
Silence.
Ton Don tout entier,
En Ton Saint-Sacrement exposé,
Et mon corps prosterné.

 

Comme des mains tendues et en même temps réservées,
Comme ma crasse indignité,
Où l’Esprit souffle en communion.
Chant et silence.
Ton Corps élevé,
Devant mes yeux souvent embués,
Et répondre, malgré tout, « amen » en vérité.

 

Consécration,

Adoration,

Communion :

Valse spirituelle de Ta vie offerte, donnée,
Valse de silence en trois temps, que nous contemplons.
D’un « Je t’aime » infini qui donne l’unique juste note,
Aux « je T’aime » balbutiants, hésitants, de nos vies qui cherchent l’unisson ;
Nourriture de la route,
Nourriture qui scande le rythme de notre vie,
Pour imiter la perfection gracieuse de Ton mouvement qui a nom charité.

 

lundi, février 8 2016

Mystère de la prière

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Mystère de la prière ;
Des mois, parfois des années ou une vie,
En tout cas des heures, où tu donnes juste un peu de ton souffle ou de ton temps,
Devant Lui : pour lui, pour elle, pour ce prénom, pour cette raison.

Mystère de la prière :
On ne voit rien,
Ce sont des pas posés dans le noir,
Des mots susurrés à l'oreille de Celui en qui l'on croit,
Des grains de foi.

Mystère de la prière ;
Souvent humaine, bien trop humaine,
Mais que je peux confier à un Dieu incarné,
A un Dieu qui a pris chair pour me sauver :
A un Dieu à qui rien ne saurait être étranger.

Mystère de la prière,
Sera-t-elle exaucée ? Pas forcément comme je l'entends ;
A défaut, écoutée, et donc ex-haussée, devant Lui.
Je ne sais jamais ce qu'elle donnera.
Mais prier, toujours, prier amoureusement ;
 Prier avec audace, avec fougue, avec ardeur : Prier éperdument.

Mystère de la prière :
C'était jeudi, entre deux cours :
Pouvoir providentiellement venir rencontrer ce petit-là pour qui, avec tant d'autres, je prie depuis des mois ;
Ce petit gars-là sur qui des mots terribles, définitifs, qui enferment et qui tuent avaient été posés : incurable, diagnostic de vie à très courte échéance...
Selon ces mots, cela fait des mois qu'il ne devrait plus être là.

Mystère de la prière :
Mystère qui nous fera toujours dire : "je ne sais pas pourquoi"
Mais ce petit gars-là, non seulement il est encore là, mais, en plus, il y a un très léger mieux.
Force de la prière ? Je ne sais pas et j'en reste au mystère :
Je ne sais pas ce que sera l'avenir, son avenir...

Mystère de la prière :
Voir enfin ce visage pour lequel je prie,
Entendre ces quelques mots de lui,
Partager ces quelques instants d'un p'tit gars sympa,
Voir l'amour simple, juste et digne qui l'entoure.
Et entendre le prêtre que j'accompagnais proposer de bénir cet enfant, quoiqu'il ne soit pas chrétien,
Entendre la mère dire oui en écrasant une larme,
Et voir, et entendre, et prier, en même temps que les mains du prêtre se posaient avec respect et douceur sur la tête de ce petit : oui, que Dieu riche en miséricorde le bénisse.
Ecraser moi aussi une larme, devant la justesse tendre de l'instant.

Mystère de la prière,
Mystère de l'avenir,
Mais beauté de Son amour qui se révèle,
Chaque jour, toujours,
Dans les sourires des enfants, même et peut-être surtout dans les plus abimés,
Mystère de la prière adressée à un Dieu dont le nom est miséricorde, à un Dieu dont les entrailles se laissent toucher par la misère humaine...
Et continuer à poser chaque jour en mes pauvres mains, pour les poser en les Siennes, le nom de ce petit enfant.

mercredi, janvier 27 2016

Cesse ton bavardage !

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Tu sais, je râle souvent après eux de leurs bavardages incessants ;
Surtout eux, là, ces petits 6èmes qui commencent à prendre leurs aises :
Sans me lasser, je leur demande le silence et leur en rappelle l'intérêt,
Et ce matin encore lors d'un travail en petits groupes, en ajoutant : "C'est pour apprendre à vous écouter !"

Apprendre à écouter... j'en ai pris soudain moi-même pour mon matricule en pensant à ma prière :
 Tu sais bien, Seigneur, quand il y a des périodes où tout se superpose,
Comme je peine à prendre ces temps pour Toi : oh, je prie, je les prends ces moments, oui...
Mais, dans le fond, n'est-ce pas simple babillage intérieur dans tout les sens ? 

N'ai-je pas le coeur trop plein de préoccupations pour T'écouter ? 

Je sais bien que ce n'est pas le résultat qui fait la qualité d'une prière,
Mais je crois que le silence attentif, tendu d'attention aimante est nécessaire pour écouter,
Pour garder la saveur d'une rencontre unique
Et moi, où en suis-je ? 

Le silence dans la prière, il ressemble au blanc du fond d'une page qui rend possible de voir les mots ; 
Le silence dans la prière, il est semblablement ce qui permet aussi à ce qui est lumière de se détacher de ce qui est grisâtre, de ce qui est brouhaha du jour, de nos bavardages intérieurs qui, parfois, ne valent pas mieux que ceux de nos élèves ; 
Le silence dans la prière, on ne le voit pas mais on l'écoute, ou tout au moins on apprend à l'écouter, parce que Dieu s'y révèle souvent doucement,
Avec la délicatesse aimante de Celui qui préfère chacun. 

vendredi, janvier 15 2016

Ce qu'il y a d'Espérance

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Les heures de vie de classe, ces heures au contenu peu formalisé : élections de délégués, "points" à faire, préparation des conseils ou encore, comme je l'avais fait une fois, atelier philo. En 4ème, un champ s'ajoute, l'initiation à l'orientation, et nous avons mené ensemble notre première séance il y a peu avec ma classe. C'était une première pour moi. 

J'ai été agréablement surprise de voir l'intensité de l'attention de mes élèves à cette question de leur avenir : bien sûr, il y a encore une large part de rêve ou, au contraire, d'un pragmatisme un peu dommageable à leur âge ('ça gagne bien le métier x ?') mais, en tout cas, une vraie envie de penser leur avenir. Et là, en 4ème, on commence juste... 

Après un petit diaporama, leur laisser un temps pour noter sur un papier trois points : 

  • Mes envies ? 
  • Mes points forts ? 
  • Mes points faibles ? 

Ce n'était pas facile... Et je fus touchée de les entendre me dire à voix basse, tant de fois, trop de fois, apeurés : "mais moi, Madame, je n'ai pas de points forts !" ou, peut-être encore pire "je n'ai aucune qualité !". Les rassurer, tant bien que mal. Des ados, déjà, peu enclins à voir leurs qualités, mais des ados aussi venant pour beaucoup de familles dans lesquelles "c'est difficile"... Quelle confiance en eux peuvent-ils avoir ? Comment la leur donner ? 

Je restais perplexe, vraiment touchée de ce qui venait de se passer. 

Et puis il y eut alors cette élève, cette élève-là du premier rang, cette élève sans facilité mais qui se bat et qui en veut à fond, se planter en larmes, bouleversée, devant moi alors que je rangeais mes affaires : 
- Madame, vous croyez que je vais réussir ma vie ? Vraiment ?"

Me trouver désemparée, prise au dépourvu et voir ses yeux embués pleins d'attente. Il fallait que je répondre, aussi rapidement que justement. 
- Moi, je crois en toi, tu sais." Attendre un peu et compléter : "Et puis tu sais, réussir sa vie, ce n'est pas que scolairement ni professionnellement ! Il y a plein de domaines ! Sèche tes larmes, garde confiance et surtout ton habituel si beau sourire : tu es une fille pleine de qualités !".

Evidemment, c'était assez bouleversant...

Mon coeur de croyante avait envie de lui dire qu'un Autre croyait en elle, mais sur ce point, je ne puis évidemment que demeurer silencieuse.

Alors, le soir venu, j'ai confié cette élève dans le coeur-à-coeur de l'adoration et j'ai demandé au Seigneur la grâce de pouvoir toujours croire en mes élèves, même et surtout quand eux-mêmes ne croient pas en eux. 

 

mardi, janvier 12 2016

Dans ce monde où le ciel est ouvert

Plaisanterie ce soir lors de la réunion de l'équipe CdEP  à laquelle j'appartiens sur le fait qu'à un moment, j'aurais été en train de réfléchir au billet que j'allais faire sur ce qu'on disait (!!! Tss tss ;-) ). Ce n'est pas impossible du tout mais le billet suivant que j'avais prévu de poster était en l'occurrence celui-ci, un extrait d'un livre que je lis actuellement et qui porte beaucoup ma méditation ces temps-ci. 

Et pourtant, finalement, en le relisant, je me suis dit que ce n'était pas tout à fait sans lien avec ce drôle de choix d'être et d'enseigner en chrétiens dans l'enseignement public... non ? 

 

"Le Fils annonce qu'il n'est nul besoin de fuir le monde pour trouver Dieu. Le ciel n'est pas fermé. C'est dans ce monde, dans cette chair, dans ce temps, dans nos rencontres que le ciel s'invite. Cet événément infime, la vie du Christ offerte, est le gond de l'histoire du monde, le point focal de toutes nos vies, plus important que tout ce qui se passe au ciel. Ce petit réduit créateur est davantage le lieu du salut que toute galaxie d'anges. C'est à hauteur de corps, à hauteur de terre et à hauteur d'homme que tout ce qui compte advient, et Jésus nous le montre : il mange avec les siens, parle de moisson et de boisson. Il touche les corps malades, il parle et il prie. 

Le dernier mot de Dieu sur nos vies est le même que le premier : nous sommes beaux pour lui, merveilles à ses yeux, quels que soient nos travers, nos erreurs et nos fautes. Ce n'est que dans la prise de conscience de cette réalité insondable que nous trouverons la force de ressortir de nos ressentiments, de nos rétrécissements et de nos péchés. 

Plus de colère, dès lors, mais une infinie gratitude pour celui qui depuis l'origine n'attend que notre élan vers lui. Plus de honte, plus de haine. Tout est neuf pour qui s'offre au Verbe. Naître d'en haut, ce n'est pas fuir l'en bas mais y vivre renouvelés. Le ciel est ouvert, Dieu attend d'être invité dans notre conversation." 

 

Sr Anne Lécu, Marcher vers l'innocence, éd. du Cerf, 2015, p.  68-69.

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mardi, janvier 5 2016

Petits mots de confiance pour mal de foi

 

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Qu’aimerais-je te dire, à toi qui doutes ?

Je ne sais pas, ce n’est pas simple, c’est même redoutable.  

Il est difficile d’oser répondre à des doutes,

Il est difficile d’oser poser des mots qui pourraient sembler définitifs, certains, clairs…

Alors que la Foi n’est pas objet de savoir, et encore moins d’un savoir dont il y aurait des maîtres.

 

La foi, c’est une grâce posée au creux d’un cœur,

La foi, c’est cette confiance mystérieuse offerte en retour,

La foi, c’est ce chemin de vie entre grâce et réponse libre de l’homme.

 

La foi, c’est un peu comme cette succession de jours et de nuits qu’est le rythme de notre temps, partant celui de notre vie ;

La foi, je l’ai déjà dit ailleurs, ce n’est jamais du tout cuit :

C’est comme une graine de grâce en notre cœur, il faut tout mettre en œuvre pour l’aider à germer, à grandir… et, parfois, on a beau tout mettre en œuvre pour qu’elle pousse, cela ne marche pas bien et on ne comprend pas pourquoi.

 

La foi, parfois, souvent, c’est de nuit.

C’est ainsi.

Et, chez nous, humains, la nuit, c’est souvent le moment des luttes et des doutes…

Et il n’y a pas un doute, il y en a pleins, autant que d’êtres humains.

 

Mais la nuit n’est pas le moment pour changer de cap, y compris pour rejeter ce qui fut fait, 

Mais le doute n’est pas le moment de lâcher,

Mais le combat n’est pas le moment d’abandonner.

 

Tu as reçu ce corps : il t’est aussi donné pour lutter ;

Avec l’aide de ton cœur et de ton âme.

Tu as tout cela pour prier.

 

Tu as peut-être mal de douter, et pourtant, c’est paradoxalement le moment d’avancer, un peu plus.

La foi, quoi qu’on en dise, ce n’est pas avant tout la certitude, c’est la confiance,

La confiance de faire ce pas dans la nuit, même si tu ne vois rien, osant croire qu’Il est là, prêt à Te récupérer, tendrement, comme un Père,

L’audace de la prière quand personne ne semble là, à t’écouter, 

L’audace du cri vers Lui, quand tout semble désespéré et insoluble,

L’audace de l’agenouillement devant l’invisible quand tout paraît sombre,

L’audace du « je crois », malgré…malgré tout. Car Il est là. 

Comme un petit pas à faire, même s’il coûte bien plus parfois qu’un long périple.

 

Et peut-être que certains jours, ta foi vacillera encore plus et que rien ne te semblera plus possible :

Il restera alors la foi et la prière de tes frères : 

Leur foi qui te redira le Roc du Christ sur lequel notre vie est fondée,

La prière qui sonnera comme un cadeau de leur amitié et te redisant la plus grande Amitié sur laquelle on puisse compter, celle qui a l’unique saveur de Charité.

 

dimanche, janvier 3 2016

L’offrande, l’offertoire et l'épiphanie

 

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Quand les mages arrivent devant le Christ, ils lui offrent leurs présents.

On les connaît : l’or, l’encens et la myrrhe (non, rappelons qu’il ne s’agit pas d’une lessive ni de la station spatiale russe) ;

On connaît aussi plus ou moins leur symbolique ;

Et on connaît encore mieux les noms que la tradition a donnés à ces mages : Melchior, Gaspard et Balthazar.

On connaît aussi la tradition de la galette et…

 

Mais finalement, les mages de l’épiphanie, c’est un peu nous à la messe.

Nous sommes venus L’adorer !

Et, mieux encore, nous venons Le recevoir !

Mais nous sommes venus L’adorer… Et moi, mon présent, c’est quoi ?

 

Le problème avec Dieu, c’est qu’il n’y a certes guère autre chose à Lui offrir que des choses que Lui-même nous a déjà données :

Mais enfin, comment un père – et a fortiori un Père – ne serait-il pas fan même des petits cadeaux que son enfant lui fait ?

 

Si nous sommes comme les mages à la messe, l’offertoire, c’est un peu notre venue à la crèche à nous.

Si nous n’avons que des mains vides, peut-être pouvons-nous offrir, quand le prêtre présente le pain et le vin, tout ce qui fait et forge nos vies : de notre travail à notre famille, de nos joies à nos difficultés, de tout ce qui habite et demeure en nous,

Lui offrir un peu, voire beaucoup et si possible tout de notre vie, pour qu’Il l'emmène toujours plus en Lui.

 

dimanche, novembre 15 2015

Demain dès l'aube j'enseignerai

 

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Demain matin, dès l’aube, il faudra les accueillir ;

Demain matin, il faudra les écouter, les accompagner ; 

Demain matin, il faudra leur dire… quoi ? Comment ?

Quels sont les mots justes quand il n’y a que barbarie indicible ?

 

Je rumine tout cela dans ma tête depuis les événements de vendredi soir ;

Et je prie l’Esprit Saint de me donner mots et attitudes justes.

D’ailleurs, aujourd’hui, je ne suis sortie que pour prier : la messe puis, bien plus tard, les vêpres.

 

En chemin, j’ai respiré à fond l’air qui emplissait mes poumons et j’ai cru lire chez les passants le désir de faire de même ;

Au square pour les enfants, il y avait une affluence bien plus grande que d’habitude ;

Dans les rues, pour un dimanche après-midi, que de couples de tous âges tendrement enlacés faisant une balade ensemble ;

Dans la « coulée verte », que de personnes en train de se parler tout en se promenant !

Il y avait quelque chose d’une douceur printanière, d’un bain de vie, d’un bain d’humanité :

Comme des asphyxiés qui peuvent d’un coup respirer à nouveau l’air libre avec une forme d’ivresse folle.

J’ai souri : c’était juste et c’était beau.

 

En chemin, j’ai aussi vu des bougies sur les fenêtres ;

Des symboles de paix scotchés sur d’autres ;

Ou encore des drapeaux français qui dépassaient.

Peu importe le symbole qui était choisi, cela disait l’union et la compassion dans l’horreur, au-delà de toute conviction ou croyance.

J’ai encore souri car là aussi, c’était juste et c’était beau.

 

Demain, nous, enseignants, serons en classe avec eux, ces jeunes à l’esprit encore en formation ;

Demain, nous parlerons de ce qui s’est passé, sans vraiment savoir à l’avance où iront les échanges : il y aura de l’émotion, des coups de gueule, peut-être des pleurs ou des difficultés, comment savoir ?

Demain, je chercherai à être juste et pédagogue, à expliquer et à consoler, comme je peux, au mieux ; 

Mais demain, je tâcherai aussi de repenser à ce que j’ai vu dans les rues aujourd’hui pour leur redire combien cela vaut le coup de grandir, d’apprendre, et de vivre. 

 

Demain comme hier, nous continuerons de prier pour toutes les victimes, leurs proches et leurs bourreaux de Beyrouth comme de Paris : c’est l’essentiel ;

Mais n’hésitez pas, demain, s'il vous plaît, à ajouter une pichenette de prière pour les enseignants : nous en avons et en aurons besoin.

 

samedi, octobre 31 2015

Quelques béatitudes de simplicité

 

  Heureux es-tu toi qui sais ouvrir la journée d’un signe de croix et d’un sourire – ce n’est pas antinomique – comme l’axe sur lequel tu souhaites déployer ta journée : ta journée s’en embellira en profondeur ;

 

Heureux es-tu toi qui sais prendre le temps pour faire chaque chose, simplement mais bellement, sans courir ni faire à moitié : tes petits actes prendront le reflet d’un amour bien plus grand ;

 

Heureux es-tu qui fais le travail qui t’est confié sans trompette ni tambour et, dans le même temps, sans jamais le bâcler : en fidèle serviteur, tu entreras dans la joie de ton maître ;

 

Heureux es-tu toi qui sais adopter sur le monde et sur tes frères un regard inhabitué, sans les enfermer dans ce que tu as déjà vu d’eux : ton cœur saura s’ouvrir aux pauvretés de l’existence tandis que tu n’auras certainement jamais fini de t’émerveiller ;

 

Heureux es-tu toi qui sais admirer : ta vie tout entière apprendra à être action de grâce !

 

Heureux es-tu toi qui sais écouter l’autre en profondeur et non pas seulement ce que tu as envie d’entendre : tu croîtras chaque jour plus en sagesse ;

 

Heureux es-tu toi qui réussis à ne jamais maudire mais à voir le beau en chacun : ces « lunettes de Dieu » s’imprimeront chaque fois plus en ton être jusqu’au plus profond de ton cœur ;

 

Heureux es-tu toi qui te lances chaque jour un peu hasardeusement dans la prière : le Seigneur te recevra et te guidera avec douceur dans l’intimité avec Lui ;

 

Heureux es-tu toi qui choisis le Christ comme maître de ton existence : l’aventure au large de ton histoire d’amour n’aura jamais de fin.

 http://www.blogforiowa.com/wordpress/wp-content/uploads/beatitudes.jpg

mardi, octobre 27 2015

Babillages d'EPJ

L'école de prière jeunes, 

J'ai toujours l'impression d'en parler trop et, en même temps, de ne jamais en parler assez... 

Comme à chaque fois et pourtant différemment à chaque fois, je pourrais citer des tas de petits fioretti, de petits moments vécus qui montrent la force des instants qui s'y déploient, la solidité de ce qu'on y puise pour la suite, jeunes comme animateurs.

Un peu de notre plongée en Christ à 65 personnes, de 7 à plus de 70 ans. 

Je le ferai peut-être. 

Ce que je sais juste, c'est, qu'au retour, sur les rotules après cette semaine si dense (... et commencée en plus avec une angine...) mais avec le sourire plus que jusqu'aux oreilles, je me suis surprise avec amusement à parler intérieurement un peu tout le temps à Dieu. 

Oh pas de ces petites oraisons lancées vers le ciel que j'ai souvent en moi, ni les grands discours et silences de l'oraison : juste la discussion comme avec un ami, mais à l'intérieur, à remercier, à babiller, à parler de tout et de rien selon ce qui se passait. 

En fait, comme une prière développée un peu tout le temps... ce qui devrait être le cas tout le temps. 

C'est peut-être ça une des forces de la formule de l'école de prière jeunes : nous rappeler que Dieu est toujours là, présent... et que, finalement, c'est nous qui n'y sommes pas.

 

Alors, c'est bon de se le dire,

C'est bon de le vivre, 

C'est bon d'y replonger, pour en vivre. 

Merci Seigneur pour l'EPJ ! 

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samedi, octobre 17 2015

Vous êtes le regard du Christ

 
Dans mes merdouilles, 
Dans mes péchés
Dans ces moments-là dont je ne suis vraiment pas fière, 
Et même, quand je viens T'en demander pardon : 
Il est un regard qui m'espère. 
 
Et eux ; 
Et leurs cris, leurs bêtises qui sonnent si fréquemment comme autant de "moi, moi, regarde-moi ; fais attention à moi" ; 
Ces mains levées, ces appels, qui réclament toute notre attention et qu'on ne peut leur donner pleine, autant qu'il faudrait ; 
Ces appels à l'aide dissimulés sous des fanfaronnades lourdes d'ado : 
Parce que je le crois, 
Il est un regard qui les espère. 
 
Ce regard qui voit le meilleur, même enfoui dans le plus intime de leur cœur, 
Ce regard sans préjugé,
Ce regard sans surchauffe, sans ras-le-bol même après une journée finie exténuée, 
Ce regard qui les attend et qui les voit plus grands, 
Ce regard qui pousse non à l'enfermement mais à la marche dynamique vers un plus. 
Un regard de confiance, 
Un regard d'espérance : le Sien. 
 
Appel à une conversion de regards, 
À devenir Son regard pour eux, 
Apprendre moins à espérer de nos élèves telle attitude, 
Mais apprendre, là où ils en sont, à espérer nos élèves ; 
Regard d'espérance pour un appel à croître. 

mardi, octobre 13 2015

De l'amour, de la persévérance

J'ai beaucoup apprécié l'une des lectures de l'office des lectures de ce jour qui forme comme une belle prière. Alors, en voici un extrait :  

https://lh3.googleusercontent.com/-Ryjgk7dZwTs/RuJcgeSOoPI/AAAAAAAAAJQ/qfVJ-tOaiuI/s512-Ic42/DSCN1439.JPG

(Ca ne se voit pas mais c'est bien une statue représentant l'auteur du texte ci-dessous - devant la basilique de Luxeuil-les-Bains - et non Gandalf le magicien du Seigneur des Anneaux)

"Seigneur, accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement, que je sache tenir toujours ma lampe allumée, sans jamais la laisser s'éteindre ; qu'en moi elle soit feu, et lumière pour mon prochain. 

Ô Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur, fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde. 

Veuille donc, Jésus, je t'en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu'ainsi, à cette clarté, m'apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense. Qu'à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon coeur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente. 

Fais-nous la grâce, je t'en prie, puisque nous frappons à ta porte, de te manifester à nous, Sauveur plein d'amour. Te comprenant mieux, puissions-nous n'avoir d'amour que pour toi, toi seul. Sois, nuit et jour, notre seul désir, notre seule méditation, notre continuelle pensée. Daigne répandre en nous assez de ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Remplis-nous de ton amour jusqu'au plus intime de nous-mêmes, qu'il nous possède tout enteiers et que ta charité pénètre toutes nos facultés, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon, toi, qui es éternel." 

Instruction spirituelle de saint Colomban

mardi, octobre 6 2015

En pèlerinage permanent d'apprentissage de Lui

https://lh3.googleusercontent.com/jCtyNLSCJ3nXTIVjIFme-8akU-8YzE8R_bYfwmuEnt-kJdc4mkR1LqyptgXYUHj65Upomdk_8xVEpz2QMlcyor2LNRe2iWYnIJKBKMN0EpVjMuvWcIOm-X7SLy9xx8aj3uVvf8ADnkYS04WRRgUep1X3fGdafI8OhX1vwjCvkGrbujFDW0Wcb3Bh-M46cQ7CoucxGUpwkNzyHc5fpSggVF5hCd356NnVkHU0AIxH4YP0RxVblgoh79WD8AI9Xxj9HArdTUWF10x0FdLTQQPInsWDXQEucsivIQJ7y_i57qlP26Qmi6PA3e7li-l6FAo5ANbu32JhcLMrtU-N6q1ilh_Qk6oJ1L2y0v3Y5pG1du5OAWJu49EXs_gQi0t1mzmMp7vwAaEH7CA4kAEMbzR2Kal71Nq0gNy32ozERWYowU3py5RANnryiG_hcjB_XDmuI59CZOBT3B4XoTdxBNAUGyC82dqAe9hhvTycBEFC6oASSpB0LqmChlfmDZkhTHI14N-oB5T-gq4YDtWQGJZp-YTn0qsVovhkQMqo0e3AxzX-=w640-h480-no

"Le Dieu inconnu. Ce qu'est Dieu, on ne le sait ; Il n'est ni lumière, ni esprit, ni vérité, unité, Un, ni ce qu'on appelle Déité ; ni sagesse, ni raison, ni amour, volonté, bonté ; ni chose, ni non-chose, ni essence, ni coeur :

Il est ce que toi, moi, et toute créature, nous n'apprenons jamais avant d'être devenus ce qu'Il est." 

in Angelus Silesius, Pèlerin chérubinique. 

 

lundi, octobre 5 2015

Des mots pour dire les maux : carte postale d'un cours

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Pour la deuxième année consécutive, nos élèves de 4ème participent à un petit concours autour de la semaine de l’écriture.

 

Cette année, le thème est « j’ai de l’affection ». Ce n’est pas immédiat à comprendre. Cela a nécessité de l’explicitation et, justement, cela fut intéressant car, contrairement à l’année dernière, les écrits ne furent pas autant de billets d’amour confinant au ras des pâquerettes mais une véritable floraison de diversités : déclaration d’amour, lettres d’amitié, amour filial et… amour(s) familiaux dans la séparation ou dans le deuil, fréquents.

 

Un par un, ils passaient se faire corriger leur brouillon avant de passer à l’écriture au propre. Plus souvent qu’à mon tour, j’ai eu la gorge serrée en barrant d’un trait l'expression « histoire vraie » qui n’avait pas sa place. Ils la disaient, cela suffisait.  

 

J’ai vu quelques larmes pointer, j’ai peiné mais réussi à éviter les miennes.

Le vocabulaire était pauvre, j’ai souvent proposé : « tiens, ce ne serait pas cela que tu voudrais dire ? ». Ils étaient contents : « Ah si, c’est exactement ça ! » et, parfois : « vous, vous avez les mots pour dire ce qu’on a sur le cœur. »

Une porte pour goûter le cours de français bien au-delà de toute question de grammaire et de maîtrise délicate de notre langue ? J’ai senti que cette porte s’entrouvrait doucement : savoir écrire pour savoir dire avec le cœur.

 

Et puis, au milieu de tous ceux-là, il y avait elle dont je sais l’histoire récente si blessée, bien que le silence réciproque soit de rigueur. Elle osa écrire sur ce sujet… Elle osa pleurer à chaudes larmes. Tout le monde était à la fois aussi mal à l’aise que profondément respectueux : il y avait quelque chose de beau à voir ces ados souvent un peu balourds touchés par la douleur de l’une de leurs.

 

Il y avait quelque chose d’une tonalité très juste à ce cours bien que nous en soyons tous sortis bourrés d’émotions. Cela m’étonnerait que l’un ou l’autre gagne un prix mais aujourd’hui, nous avons peut-être avancé dans une réconciliation entre l’écrit et l’humain : faire, dire, écrire de belles choses qui viennent du plus profond, du plus humain, du meilleur d’eux-mêmes. A mon sens, le concours est gagné et ce soir, je me sens fière d’eux.

 

Si leur vocabulaire reste souvent indigent,

Dans le fond, mes mots, à moi professeur de français, le restent également dans ma prière…

Alors qu’importe si ce soir, ce sont quelques-uns de leurs mots, griffonnés sur des cartes, que j’ai envie de prier, en guise d’intercession maladroite.

 

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