Zabou the terrible

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jeudi, juin 11 2009

La ténèbre n'est point ténèbre...

 
 

Et, dans les sombres heures de la nuit, si belles,

Ces heures où l’on écoute le silence, lui si plein, écrire.

 

Ecrire aux rares auxquels on écrit encore « à la main ».

Ecrire tranquillement, posément, en prenant le temps.

 

Ecrire en priant, prier en écrivant,

Ecrire sans s’inquiéter de l’heure,

Sans prêter, non plus, une quelconque attention à la longueur.

Ecrire sans chercher à faire de beaux mots, sans chercher à plaire,

Ecrire sans taper dans le jargon universitaire lettreux, indigeste,

 

Ecrire en quêtant, simplement, humblement, le juste, le vrai.

Simplement tracer quelques mots sur le papier, le cœur en confiance

Cherchant, inlassablement, serviteurs, à devenir échos du Verbe, 

Par nos écrits, par notre vie.  

 

lundi, juin 8 2009

Factum est : à Lui, aussi !

 
Il était temps.
 
Elle se dirigea vers cette église qu'elle apprécie tant,
Son petit havre de paix au coeur du Quartier Latin.
Elle poussa la porte capitonnée et se retrouva dans le noir.
Brrr, c'est qu'il faisait frisquet en plus !
Doucement, tracer un signe de croix qui enveloppe.
 
Ses yeux s'habituèrent à l'obscurité, elle distingua la luciole rouge.
Doucement, s'approcher.
Un genou à terre, puis l'autre.
Un large sourire, un "merci".
 
         
 

dimanche, mai 24 2009

Comme de longs échos...

 

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent

On pourrait commenter (ah le commentaire composé… !), on peut commenter tout ce beau poème des « Correspondances », raconter, expliquer les synesthésies baudelairiennes, tout ce qui se mêle au niveau des sens, des ressentis... Oui, on pourrait.  

 

Et puis, il peut revenir ainsi, juste comme ça, en tête…

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit, profonde comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

 

Vous ne trouvez pas qu’il fleure bon la vie, ce poème, aussi ?

 

Parfois, les échos font plus que se confondre, ils se répondent, l’un, l’autre, en de troublants parallèles. Toutes ces petites choses – ces « petits riens » ? – qui, un jour, après un temps, font sens « dans une ténébreuse et profonde unité ».

 

Qui devient, au gré de nos pas, chaque jour plus lumineuse.

 

mardi, mai 12 2009

Animaversaire

 
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Où les mots se font bien petit.
 
Ensemble, quelques pas en hauteur
Et, surtout, un immense Merci.
 

mercredi, mai 6 2009

Perdre du temps

 

Courir, faire, se fatiguer, être exténuée.


Des verbes qui nous rattrapent trop à certains moments de nos vies.

Comme des coureurs mal entraînés, on en vient à s’essouffler, à haleter dans un tourbillon où les choses se font indistinctes.

 

Peux-tu…. Dis, j’ai besoin… Que penses-tu de…. T’as pas encore fait… ?

Et ton mémoire, pas encore fini ?

Tu fous quoi ?

T’as rien à faire ! D’ailleurs, c’est pas bloqué ta fac ?

Tu n’as pas encore répondu à mon mail ?

Ah ah ah tu plaisantes, on fout rien en Lettres, t’as bien le temps de me faire ça !

 

On a beau aimer, la fatigue aidant, la nage se fait difficile dans l’eau de notre pataugeoire quotidienne et l’on risque la noyade si l’on s’aventure au large, large pourtant bien beau et enviable.

 

C’est dans ces moments-là, plus qu’aucun autre, qu’il faut apprendre à prendre du temps et même, pire peut-être, à perdre du temps.

 

Se rendre à des rendez-vous secrets, qu’on ne saurait manquer, bien qu’ils ne soient pas inscrits sur l’agenda.

Des rendez-vous qui feraient se gausser les foules.

Des rendez-vous qui ne se comprennent pas, qui se vivent.

 

 

Respirer et recevoir.

Perdre, pour mieux se donner.

 

vendredi, avril 24 2009

Vol de nuit

 

Il est bien tard, plus de minuit,

J’ai tout coupé, tout éteint.

Plus de musique, plus de bruit superfétatoire.

Pas un passant, personne à la maison :

Je suis seule, dans le silence.

J’écoute ce silence, l'oreille aux aguets,

Et c’est juste très beau.

Respirations silencieuses d’un monde qui sommeille,

Au rythme calme des poitrines apaisées.

Une dernière oreille tendue…

Je m’en vais, dans la paix, les rejoindre.

 

lundi, avril 20 2009

Marcher dans la campagne en Temps Pascal

 

Marcher dans la campagne en temps pascal, seule, nez au vent

 
 

Parce qu’il y a eu des croix, parce qu’il y en aura, mais aussi parce qu’il y en a eu Une avant tout cela. Une qui a montré le chemin, un Passage, des obscurités profondes à la Lumière, pour, toutes, les transfigurer.

 
 

Parce que la vie nous donne parfois l’impression de tourner comme des girouettes dans la toumente, soumis à des vents contraires au lieu de nous laisser simplement mener par le Souffle, dans la bise légère

 
 
Parce qu’à travers les flous, les moments sombres, les carrefours indécis, les poutres qui nous dérobent la vue, il y a toujours quelque chose de lumineux qui transparaît

 

Comme une envie de clamer un merci aux teintes d’un aventureux je t’aime,

Pour que grandisse ce qui doit grandir.

 

jeudi, avril 9 2009

+ Jeudi Saint

 

« Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout. »

 
 

Rien à dire, juste à vivre, comme Lui.

Juste l’espace d’un  « je t’aime »

Jamais assez vrai, jamais assez accordé.

Parfois chuchoté, parfois pas tout beau comme il devrait être,

Ou plutôt comme on rêverait qu’il soit : une invitation.

 « Je t’aime » à vivre en actes, dons, paroles, attitudes, mais aussi dans mes fautes, mes infidélités, mes faiblesses : un « je t’aime » vraiment de tout notre être, jusqu’au bout.  

Jusqu’au bout impossible si tu n’es avec nous.

Seigneur, -tantum ergo sacramentum et je suis si petite !- viens !

Seigneur, viens combler ma pauvreté.

(illustration : Le Lavement des pieds d'Arcabas)

 

dimanche, avril 5 2009

Bénédiction teintée de rouge

 
 
 

« Dieu votre Père, le Père de toute miséricorde, vous a donné dans la passion de son Fils la plus belle preuve de son amour : qu’il vous aide maintenant à découvrir, à son service et à celui de vos frères, jusqu’où va le don de sa Grâce. »

Extrait de la bénédiction solennelle du dimanche des Rameaux et de la Passion

Vraiment, ça me fascine.

Vraiment, ça me fait vivre.

Sainte Semaine à tous !

 

mardi, mars 17 2009

Se lever du bon pied

 
Les psaumes ont un secret particulier : ils savent, mystérieusement, nous rejoindre dans notre quotidien. Alors, quelques paroles, pour moi, pour vous, du matin.
 
Seigneur, enseigne-moi tes voies,
Fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi
Car tu es le Dieu qui me sauve.
 
Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
Ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ;
Dans ton amour, ne m'oublie pas.
 
Ps. 24
(psaume de la messe du jour)
 

vendredi, mars 13 2009

Comme une prière

 
C'est par une magnifique description d'un soir d'été au bord de la Néva que l'infréquentable Joseph de Maistre commence son ouvrage majeur, Les Soirées de Saint-Pétersbourg. Soirée tellement belle et exceptionnelle, que seul le silence semble juste face au paysage qui s'offre aux yeux des trois amis voyageant de concert. C'est le jeune Chevalier qui le rompt :
 
"Je voudrais bien voir ici, sur cette même barque où nous sommes, un de ces hommes pervers nés pour le malheur de la société ; un de ces monstres qui fatiguent la terre..."
 
- Et qu'en feriez-vous, s'il vous plaît ? (ce fut la question de ses deux amis parlant à la fois)
 
- Je lui demanderais, reprit le chevalier, si cette nuit lui paraît aussi belle qu'à nous."
 
 
Il est jeune, encore bien naïf : il doit l'espérer.
 
Mais ô combien j'espère qu'il ait raison !
Que les Méchants et, même, que les Grands de ce monde s'arrêtent,
Quelques secondes, quelques minutes, quelques heures
Pour admirer la Beauté de la simple nature,
Pour contempler, saisis en leur être,
En un instant de gratuité.
Aimer ?
 
 
Parce que c'est le début de toute prière.
 

dimanche, mars 8 2009

Un dimanche matin ordinaire

Tout le monde dort. Dans les rues désertes, pas un chat : le calme est absolu.

Seuls au milieu d’un monde qui sommeille, certains se lèvent et se réunissent, à la manière de ceux qui les précédèrent depuis tant de siècles : peu nombreux, mais dans une joie qui déborde. On ne les entend pas : il faut prêter attention, près de grands édifices où résonnent leurs chants.

En sortant, alors qu’ils croiseront ceux partis faire un jogging ou acheter le pain, rien ne les différenciera, sinon, dans leurs yeux, une certaine lueur, sur leurs lèvres, un certain sourire, dans leur cœur, de la Joie.

Une simple heure, dans la semaine, pas une obligation venue d’ailleurs : une nourriture pour la semaine, dans le plus profond du Cœur.

 

jeudi, février 26 2009

Mets mon coeur au large

  
 
"C'est la présence de Dieu qui crée le large, et dans le large, c'est-à-dire dans nos coeurs, est déversé l'amour par l'Esprit Saint qui habite en nous"
 
Saint Augustin
 

mercredi, février 18 2009

Prière dans la nuit

 
 
Je t'en prie, mon Dieu,
Fais que je te connaisse,
Fais que je t'aime
Pour que ma joie soit en Toi.
 
Que grandisse en moi ton amour
et qu'il soit parfait.
 
Enseigne-moi à Te chercher
Et montre-Toi quand je Te cherche :
Car je ne puis Te chercher si Tu ne me l'enseignes,
Ni Te trouver si Tu ne Te montres.
 
En mon désir, puissé-je Te chercher,
Et, dans ma recherche, Te désirer.
 
Dans mon Amour, puissé-je Te trouver
Et, en Te trouvant, T'aimer.
 
St Anselme de Canterbury
 

vendredi, février 13 2009

Popule meus

 

Il est 17h30, mon dernier séminaire n’a pas eu lieu.

Mes pas me portent vers saint Séverin, cette église que j’aime tant et qui se trouve cachée dans le dédale des ruelles du Quartier Latin. Elle est, un peu, mon refuge, silencieuse et portant à l’élévation de l’âme. Je pousse la porte battante : me voilà dans un autre monde.

 

Avant d’aller déposer  ma journée aux pieds de Celui qui est à sa source, de rendre grâce pour celle-ci, de re-poser quelques moments mon lourd sac de conflits intérieurs, de prières, je jette un regard circulaire dans cette église. Sur les voûtes. Sur le si magnifique pilier derrière le chœur. Sur les gens qui sont là. Je m’y égare.

 

Il y a le jeune couple qui se promène en se tenant la main, tourisme d’amoureux, tourisme d’amants, d’aimés. Il y a le vieux couple aussi, assis celui-là, admirant guide vert en main les vitraux, les jeux de la Lumière.

Il y a le Roumain, au fond, prêt à quêter et pourtant assis, comme s’il s’interrogeait sur quelque chose. Ou Quelqu’un ?

Il y a la vieille dame, avec, dans l’ombre, une jeune demoiselle de compagnie, qui s’emmerde un peu visiblement. La vieille dame prie, perdue en sens mains ridées et pourtant si belles. Je ne vois pas son visage, seulement ses mains, fascinantes car porteuses de tant de vie, passée et présente, qui racontent à leur manière une histoire : je pourrais les regarder longtemps.

Il y a le type qui semble venir là après son travail, regard fixe, droit devant. Que voit-il donc ce visionnaire ?

Il y a le gars un peu louche, sans doute SDF, plein de sacs à côté de lui, baillant aux mouches et pourtant une gueule d’ange aux cieux.

 

Je m’assieds, fais le signe de croix, membre de ce peuple que je rejoins, Ton peuple.

Au nom du Père… Le reste, entre Toi et moi, avec eux.

 

jeudi, février 12 2009

Misere mei

 
Kai psalmô.
 
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
Selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-toi tout entier de ma faute,
Purifie-moi de mon offense.
 
Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
Dans le secret, tu m'apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l'hysope et je serai pur ;
Lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
 
Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,
Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
Ne me reprends pas ton esprit saint.
 
Rends-moi la joie d'être sauvé ;
Que l'esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ;
Vers toi reviendront les égarés.
 
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
Et ma langue acclamera ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvre,
Et ma bouche annoncera ta louange.
 
(extraits ps. 50 - traduction liturgique)
 
 

vendredi, janvier 16 2009

Au détour du missel

 
"Dans ton amour inlassable, Seigneur, veille sur ta famille ;
et puisque ta grâce est notre unique espoir, garde-nous sous ta constante protection. "
 
 
On a parfois l'impression que c'est écrit sur mesure pour nous.
Ce qui doit être le cas dans un certain sens.
 
Oui, j'aime bien les oraisons du Missel décidément.
 

mercredi, décembre 24 2008

Ce matin, pour cette nuit, aujourd'hui et en tous temps

 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande Lumière !
 
BENEDICTUS
 
Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
qui visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,


comme il l'avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes depuis les temps anciens :


salut qui nous arrache à l'ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,


amour qu'il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,

serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,

afin que délivrés de la main des ennemis
nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout qu long de nos jours.


Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,

grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu,
quand nous visite l'astre d'en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort,
pour conduire nos pas au chemin de la paix.

 

dimanche, décembre 21 2008

Gardez-moi un coeur d'enfant

 
Mosaïque de l'église N-D des Neiges à Prague
 
Sainte Marie, mère de Dieu,
Gardez-moi un coeur d'enfant,
Pur et transparent comme une source.
Obtenez-moi un coeur simple 
Qui ne savoure pas les tristesses.
Un coeur magnifique à se donner,
Tendre à la compassion,
Un coeur fidèle et généreux,
Qui n'oublie aucun bien
Et ne tienne compte d'aucun mal.
 
Faites-moi un coeur doux et humble,
Aimant sans demander de retour,
Joyeux de s'effacer dans un autre coeur.
Devant votre divin fils,
Un coeur grand et indomptable,
Qu'aucune ingratitude ne ferme,
Qu'aucune indifférence ne lasse,
Un coeur tourmenté par la gloire de Jésus-Christ,
Blessé de son Amour et dont la plaie ne guérisse qu'au ciel.
 
Père Léonce de Grandmaison, s.j.
- Texte recueilli en l'église de Chenay, sur le Camino en septembre 2008-
 
 

vendredi, décembre 12 2008

Vox clamans in deserto - in corde

 
J'ai beau en être saturée, je ne peux m'empêcher de trouver ça Beau.
 
 

Ainsi, de mille manières dispersées mais où se reconnaissent encore les tours « mystiques » de l’ancien modus loquendi, l’énonçable continue d’être blessé par un indicible :

une voix traverse le texte,

une perte transgresse l’ordre ascétique de la production,

une jouissance ou une douleur crie,

le tracé d’une mort s’écrit sur les vitrines de nos acquisitions.

in M. de Certeau, La Fable mystique.  

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