Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche, août 15 2010

Assomption - avec Marie




Donne la paix à notre terre,
Ô mère de miséricorde,
Nous confions à ton cœur et à ton amour
Le peuple entier et l'Église de cette terre.

Garde-nous de toute injustice,
De toute division,
De toute violence et de toute guerre.
Garde-nous de la tentation
Et de l'esclavage du péché et du mal.
Sois avec nous !

Aide-nous à vaincre le doute par la foi,
L'égoïsme par le service,
L'orgueil par la mansuétude,
La haine par l'amour.

Ô mère du Christ,
Sois notre réconfort
Et donne force à tous ceux qui souffrent :
Aux pauvres,
A ceux qui sont seuls,
Aux malades,
Aux non-aimés, aux abandonnés.

Donne la paix à notre terre divisée :
Et, à tous, la lumière de l'espérance.

Jean-Paul II

mardi, août 10 2010

Moi, je suis la porte...



 

Il était temps pour moi de prendre un peu de temps à l’écart, quelques dizaines de minutes gratuites pour Un qui ne part pas en vacances, jamais… sinon avec nous, bagage léger, impossible à perdre. Temps un peu loin, aussi, de ces proches qui le sont parfois un peu trop quand on n’a plus l’habitude de vivre ensemble.

 

Mais, dans ces contrées perdues, l’église ne se trouve point à quelques pas comme dans ma banlieue parisienne. Il faut prendre le vélo et se rendre au clocher du hameau, que l’on aperçoit à peine à l’horizon (… avec les yeux de la foi, en fait). Peine perdue : la porte est close. Poursuivre sa route, aller au village suivant et se trouver face à la même situation. Quelques tours de pédale supplémentaires confirment le diagnostic dans une troisième bourgade plus importante : il me sera impossible de me poser à l’abri de ces voûtes obscures où le cœur est comme porté plus facilement à faire silence pour mieux écouter.

 

Ennuyée, je ne pouvais plus que reprendre mon vélo et rentrer, ruminant en moi-même certaine tristesse pour ces bâtiments grandioses qui perdent leur vocation, pour ces villages dont l’âme semble parfois si morte. Je fis quelques dizaines de mètres, avant de longer un champ tout juste moissonné : quelques épis restaient, le soleil déclinait… invitation d’une nature riante à plonger avec elle dans l’action de grâce du jour.

 

            Alors, doucement, j’ai posé mon vélo et me suis assise pour recevoir les derniers rayons du soleil.

Et j’ai tendu les oreilles de mon cœur pour écouter le « bruit de fin silence » que fait une porte qui s'ouvre.

 

lundi, juillet 26 2010

Ce n'est pas encore la rentrée mais venez à Son école !

 

Comme vous le savez – ou pas – , j’ai commencé mes vacances en étant animatrice à l’école de prière du diocèse de Nanterre… Qu’est-ce encore que ce truc bizarre vous demandez-vous ? Oh, rien qu’une petite école dont je dis quelques mots sur sacristains.fr !


 

 

A lire ici :

 "A Son école"


dimanche, juin 13 2010

Nous étions au jardin.

Nous étions au jardin.

 

Dans la chaleur surprenante du jour, assis, nous profitions de l’ombre de cet arbre planté là, je ne sais pourquoi, au pied de cet édifice pas tout à fait comme les autres, nous réchauffant, lui ses vieux os, moi ma peau pâlie par les heures de veille.

 

Notre rencontre non plus n’était pas tout à fait comme les autres. D’ailleurs, aucune de nos rencontres n’est tout à fait semblable à la précédente : c’est aussi ce qui fait leur charme.

 

Assis l’un à côté de l’autre, nous regardions ensemble le mur d’en face, la végétation grandissante, la progression lente de l’ombre… et nous parlions. Nous parlions et nous nous taisions, beaucoup. Nous sourions aussi, beaucoup, je crois.  

 

Le temps d’un tour d’horizon.

Un tour d’horizon, même avec la vitesse confiance du cœur enclenchée, cela ne va pas vite car il faut veiller à la profondeur de champ.

 

À l’aune du silence, les propos se font différents, veillent à leur justesse, se cherchent pour exprimer au plus proche ce qui ne peut jamais parfaitement se dire.

 

Tour d’horizon bienfaisant… Et toutes ces questions qui invitent à poser un regard différent, à aller plus loin ou qui dérangent là où l’on n’a pas envie, surtout celle-ci l’anodine, là, bien posée devant. Qui précède la mienne… mais, zut, quand même quoi, pas envie !

 

Je ne peux cesser de l’affirmer, la joie au cœur : Heureux qui vit l’aventure de l’accompagnement spirituel !

 

Parce que, parfois, la foi a besoin d’être secouée.

Un peu comme l’orangina : si on ne secoue pas, la pulpe, elle reste tout en bas du bas.

Il paraît que, pour être sel de la terre, ça fonctionne pareil

Certains jours, cela paraît bien renversant, vertigineux… mais après tout, pourquoi pas ?

Seigneur, donne-nous, d’être toujours surpris et accueillants à cet inattendu, à Ton inattendu qui n’était pas forcément notre attendu.

 

mercredi, juin 2 2010

Seigneur, je n'ai pas le temps

 

Seigneur,

Je cours et j’ai si peu de temps…

 

Tu le sais bien, j’ai cette foutue tendance à ne pas savoir dire non, cette fichue habitude de dire oui à la moindre sollicitation, de venir rendre service même si je n’ai pas le temps… tant je ne supporte pas la détresse d’autrui, si minime soit-elle. Pourquoi m’as-Tu faite hypersensible ?

 

Et Seigneur, tu le sais, j’ai du travail… et tous mes engagements à l’année à accomplir jusqu’au bout parce que si j’ai dit oui un jour, ce n’est pas pour dire non maintenant.

Et je n’ai pas le temps, plus assez de temps pour tout mener à bien.

 

Et je viens tout de même, ce soir, le soir, me mettre quelques instants auprès de Toi, pestant parce que je n’ai pas le temps…

 

Pourtant, tu sais, il y a aussi cet ami à accompagner, à répondre à ses incessantes questions alors que je suis moi-même en galère, ces autres à ne pas perdre de vue, ces mails auxquels répondre, ces intentions confiées sur le coin d’une porte… Mais je n’ai pas le temps… !

 

Seigneur, je suis sur les rotules.

Et l’on m’interrompt toujours, et l’on ne comprend pas pourquoi j’aimerais parfois sortir prendre l’air longuement, mais que les interruptions de quelques minutes, rompant ma concentration m’insupportent… alors que je rêverais tellement d’une bonne bière pression au soleil avec des amis enfin, qu’importe. Seigneur, je les aime si maladroitement ! Et je n’ai pas le temps.

 

Mes journées m’échappent… c’est le fruit de toute cette année où je n’ai pas su être raisonnable, et dormir, et me reposer quand il le fallait. Et il faut finir ce mémoire, écrire, encore, cette page. Et prendre cette décision-là, aussi, dans la paix.

 

Seigneur, je n’ai pas le temps.

Mais je crois que Tu es là : c’est ta mystérieuse présence qui me donne cette force, ce courage de veiller, cette envie de me lever.

 

Seigneur, je n’ai pas le temps,

Pas même vraiment celui de prier, de Te prier… mais c’est Toi qui me fais venir ce soir. Et c’est le cœur joyeux que je passe ces minutes avec Toi.

 

Mais je n’ai que des journées trop remplies de pas grand chose à T’offrir, pas des myriades de merveilles sincèrement, et puis, toutes ces intentions que j’oublie trop souvent…  

Je ne sais même pas quoi Te raconter mais, Seigneur, rends-moi disponible vraiment, pas qu’un peu, pleinement ! Et, puisqu’il paraît que l’âme qui brûle d’amour ne fatigue, ni ne se fatigue, j’aimerais bien, même si l’élève n’est pas douée, que Tu m’apprennes à aimer.

 

mardi, mai 11 2010

Ô toi qui crois, prie pour moi



Il en faut souvent peu pour être heureux[1] recevoir l’étiquette catho… surtout quand on ne s’en cache pas, parce qu’on est joyeux de l’être ou, plus exactement, de chercher à le devenir un peu plus chaque jour.

 

Cette étiquette, elle a, comme tout classement, ses avantages et ses inconvénients : elle peut limiter et classer d’une manière terriblement réductrice aussi bien qu’elle peut grandir et encourager. Elle devient alors bel ornement d’une personnalité, parure bien loin d’être accessoire et dont on ne peut se glorifier tant elle ne vient pas de nous mais qui fait naître au cœur un désir, un mot, un chant de « merci ».

 

Cette étiquette particulière a parfois des conséquences inattendues dans les petites demandes que nous font ces personnes croisées dans l’inattendu quotidien, ni tout à fait proches, ni tout à fait lointaines.

 

Ces demandes de prière, notamment au moment du départ d’un proche. Ces demandes formulées, souvent dans la discrétion, « parce que toi, tu as la foi… », « peux-tu prier… », « toi qui crois… » Moi ?

 

Je suis toujours émue face à ces demandes inattendues… et gênée tant je ne suis pas à la hauteur de leur confiance, moi qui sais si mal prier.

 

Oh, je sais bien que le Seigneur là-haut et plus intime à moi-même que moi-même, il se débrouille bien comme il veut avec nos petites (in)capacités humaines, si incapables de se faire capacité à la mesure de son amour à Lui. Mais il n’empêche, je me sens morveuse… moi qui sais si mal prier, moi qui ne sais pas prier.

 

Et je me prends souvent à penser que ce sont eux les vrais croyants. Eux, qui, pleins de confiance, partagent de leur être, de leur trésor, de ce qui compte pour eux, en ces vases d’argile que nous sommes. Ad Te Domine.

 



[1] C’est vrai aussi ça d’ailleurs.


lundi, mai 10 2010

Noms de...

Tu es saint, Seigneur Dieu,

Toi l'unique, qui fais des merveilles.

 

Lire la suite...

dimanche, février 28 2010

Hello ! Une page, « Deux étrangers »

 

            L’homme ignore ce qui peut se passer en lui, à l’instant où certaines choses qu’il a en puissance viennent en acte. Plongeant au fond de lui-même, le Prêtre y saisit subitement d’une main sûre toutes les forces qu’il avait ramassées et préparées depuis longtemps, et les présentant ensemble à Celui qui voit tout, il restant sans parole, comme s’il eût été vide, et dit enfin :

 

- Seigneur, je ne vois, ni ne sais, ni ne puis. Mais ayez pitié de ces deux hommes entre qui vous m’avez placé : car vous êtes leur Dieu et ils sont vos créatures. La terre est trop petite pour eux : ne les repoussez pas de vous ; ne les éloignez pas de la fête éternelle, car vraiment ils ont besoin de joie, et la joie est un de vos dons. Ils ont épuisé les choses de ce monde ; ils étouffent ; ils ont besoin de franchir les bornes de notre atmosphère. Ô Dieu de délivrance, qu’ils saisissent enfin de leurs mains vivifiées la jeunesse et la résurrection.

J’attends, Seigneur, j’attends : faites, faites. Amen aux explosions de la lumière qui va venir. Ne la ménagez pas, Seigneur ; faites-la couler sur nos fronts, sous nos pas ; car on ne sait où poser le pied, nous sommes encombrés de ténèbres. Amen aux splendeurs matinales de l’horizon qui s’allume, et que ces deux âmes soient délivrées !

Faites éclater votre voix qui soulage en parlant ! Esprit de paix, Esprit de joie, ô langues de feu, douces et dévorantes, souffle qui enflammes et qui rafraîchis, sérénité translumineuse, vivifiante, embrasante, devant laquelle meurt ma parole, j’ai prié, et j’attends. Du fond de l’abîme, Dieu de gloire, je vous parle pour eux dans toute la faiblesse, dans toute la terreur, dans toute l’impuissance, dans toute la solennité dont mon âme est capable. Ô lumière adorée, pour leur apprendre à dire : Amen ! ravissez-les jusqu’aux régions de la joie et de la foudre. Qu’ils disent Amen de plus près, Amen sur la montagne, Amen dans leur langue, dans la langue de leur patrie, dans la langue dont l’harmonie fait oublier, se souvenir, se reconnaître et pleurer ! Que leur Amen éclate enfin dans les cieux.

 

Ernest Hello, « Deux étrangers », Contes extraordinaires

 

lundi, janvier 25 2010

Au soir, flambée furtive dans nos coeurs


Reste avec nous Seigneur Jésus

Toi le pèlerin d’Emmaüs ;

Présence intime dans la nuit,

Ressuscité, Tu nous conduis.

 

Prenant le pain, Tu l’as rompu,

Alors nos yeux t’ont reconnu,

Flambée furtive dans nos cœurs,

D’un feu de joie, du vrai bonheur.

 

Le temps est court, nos jours s’en vont,

Mais Tu prépares la maison.

Tu donnes un sens à nos désirs,

À nos labeurs, un avenir.

 

Toi le premier des pèlerins,

L’étoile du dernier matin ;

Réveille en nous par ton Amour,

L’immense espoir de ton retour.

 

CFC (f. Pierre-Yves)

 

mercredi, janvier 6 2010

Ennivrée en hiver




 

Il est aussi des soirs d’ivresse.

 

Des soirs où la journée fut belle, si belle…

Des soirs où l’on chantonne de légèreté.

Des soirs où rien, du matin au soir, ne fonctionna comme prévu, où des paroles inattendues furent prononcées, où le retour fut surprenant et grandissant : et tout marchait, quand même…

Des soirs où les regards croisés purent éveiller le nôtre à une lueur venue d’ailleurs.

 

Des soirs où le seul mot de « Dieu » nous fait sourire jusqu’aux oreilles tant on a eu l’impression de le croiser à chaque heure. Grâce d’un moment d’apesanteur, vécu pourtant si simplement, ici et là.

 

« Il faut être toujours ivre. De vin, de poésie ou de vertu à votre guise »

J’ignore si le poète avait raison mais c’est avec ivresse et pour celle-ci que je rends grâce ce soir. À moi d’y mettre outre neuve, mais avec Toi, Seigneur.

lundi, décembre 21 2009

Achat du jour


Au milieu des emplettes de Noël, et parce que j'ai envie (très curieusement n'est-ce pas) de leur faire un peu de pub



Un dimanche à Saint Benoît-sur-Loire, par le chœur des moines de l'abbaye de Fleury

Toujours ce subtil et savant mélange de grégorien et de compositions contemporaines, de latin et de français, de voix nues et d'orgue...

Toutes ces voix, graves et douces à la fois, dont qui connaît la communauté sait retrouver chacune des tonalités propres, s'élevant d'un seul cœur dans les splendides voûtes de la basilique : simplement magnifique (pour ne pas dire envoûtant, l'on m'accuserait encore de faire un mauvais jeu de mots) !

Zabou, enchantée de son achat

jeudi, décembre 17 2009

O Sapientia

Thermes et jardin de Cluny

O Sapientia quæ ex ore Altissimi prodisti, attingens a fine usque ad finem, fortiter suaviter disponensque omnia: veni ad docendum nos viam prudentiæ

Lire la suite...

Il est si tard



 

Orate

Quand il se fait tard

Et que ma veille est mal assurée

Donne-moi ce silence où Tu habites

Repos du cœur fatigué, calme où se dénouent nos tensions profondes, dans la Paix.

 

Vigilate

Quand il se fait si tard

Et que mes yeux se ferment malgré moi

Donne-moi Ta lumière et sa douceur,

Qui, seule, permet à qui l’habite de transformer le sommeil qui l’étreint en une veille,

Dans la Confiance et le secret d’un cœur.

 

dimanche, novembre 29 2009

Bon Avent / Bonne année !


Couronne
Qu'Il rende ferme notre Foi, joyeuse notre Espérance, constante notre Charité !

jeudi, novembre 26 2009

De nuit

Nuit sur le chemin

 

On aura beau faire, une goutte d’eau fera toujours déborder, un soir, une nuit, un vase déjà trop rempli. Et, par fatigue accumulée, l’on vitupèrera.

 

On aura beau râler, notre brin de colère exténuée ne sera jamais rien dans l’immensité d’un amour si proche qui, pourtant, nous dépasse. Et l’on se prendra à espérer.

 

Alors, que ce soit la lourde grisaille, le pesant brouillard ou même la nuit noire, il fera beau croire.

 

dimanche, novembre 22 2009

La meilleure façon de marcher


Miserere 2 de Rouault

 

Course dans les couloirs du métro, un rendez-vous à treize heures. J’arrive à Saint-Michel et regarde ma montre : l’heure n’est pas passée, je suis en avance. Alors, je pousse doucement la porte de cette église que j’aime tant. Tranquillement, je m’assois à cette place qu’inconsciemment je considère comme « ma place » tant elle est celle où je viens naturellement. Toujours. Presque chaque jour en fait, quelques minutes.

 

La semaine fut rude, la journée usante, les nuits bien trop courtes.

 

Lentement, je trace sur moi ce signe, le signe de la croix, signe de ce peuple auquel j’appartiens, ferme les yeux et pose ma tête exténuée sur le dossier de la chaise de devant.

 

Peu de choses à dire si ce n’est ma fatigue… mais tant de monde à confier ! Ces gens que je rencontre, ces gens que j’encadre, ces gens à qui j’apprends… et ceux qui se confient à ma pauvre prière. Et je bredouille quelques paroles, bafouille intérieurement, tente à peine d’écouter, somnolant dans le calme de l’église.

 

Et d’un coup, comme si mes oreilles soudain s’ouvraient, j’entendis un pas, puis deux, puis plusieurs. Pas des visiteurs, pas des priants. Pas tranquille ou pas pressé, pas de l’enfant, pas du jeune actif, pas du vieillard. Pas hésitant, pas solide, pas déterminé, pas tremblant. Pas grand-chose non plus, mais pourtant…

 

L’humanité en marche venait se joindre à ma prière, me portant dans le flot quand la fatigue m’ôtait l’envie de faire un pas. En route, toujours.

 

jeudi, novembre 5 2009

Et même s'Il rendait grâce

Et même ces soirs fatigués,

Et même ces yeux cernés,

Et même ces mains si peu usitées,

 

Et même si hier ne fut pas à la hauteur,

Et même si aujourd’hui ne fut guère mieux

Et même si demain sera dur,

 

Au soir, tous, Te les offrir,

Dans l’élan filial, confiant, du bonsoir au Père.


Tous, avec toutes mes absences à moi,

Comme autant d’instants où, Toi, tu fus présence.


lundi, novembre 2 2009

Ô mort, où est ta victoire ?

Là où reposent les miens

 

Aujourd’hui, c’est la fête des morts.

Lire la suite...

lundi, octobre 26 2009

Brûlée

 

Le premier feu dans la cheminée, puis les arbres dans leur plus farouche nudité… tant de signes, et encore d’autres, de l’automne, là et bien là. Il est chez moi chez lui, me guettant avec sa douce mélancolie, me l’insufflant avec l'impertinente douceur du fumet de compote qui s’échappe de la cuisine. Doucement, tout doucement.

 

Elle faisait de la compote, elle aussi, avant. J’écrase une larme, le regard perdu dans la braise. Oui, le temps passe, et je le sais pourtant.

 

Feuilles tombées, rides qui se forment chez elle à l’inverse des replis qui s’effacent peu à peu dans son cerveau. Elle ne sait plus… Et l’impuissance, la rage, me saisissent comme un feu que l’on viendrait de ranimer… et puis, non. À quoi bon ?

 

Le regard perdu dans les flammes, je ne sais plus qu’ouvrir mes mains, ces mains si vides, si pauvres et l’y placer là, dessus, devant mon cœur et devant ces flammes, confiant cette mémoire défaillante à Celui pour qui le temps n’existe pas.

 

Dans la brûlure de mon amour.

 

jeudi, août 27 2009

Quand la Parole prend feu

 

Le Buisson ardent, lieu de Rencontre, lieu de Parole (ambon de N-D de Pentecôte)

 

            Faire lectio divina, c’est, en quelque sorte, aller au concert. Tu entres alors par la lecture comme dans une symphonie avec Marie, les Patriarches, les Prophètes, les Apôtres, les Pères de l’Église, Pascal, Claudel… Une constellation de textes et de scènes bibliques se mettent à résonner, à vibrer avec une liberté souveraine et une fantaisie qui révèlent l’ampleur du chant interne et secret de l’Écriture. Les mots, les versets, les personnages, forment comme une danse autour d’un centre unique : le mystère du Christ, mus qu’ils sont tous par le souffle invisible, mais toujours inspirateur, de l’Esprit.

 

            Pénétrer dans le jardin des Écritures, s’y promener avec le Seigneur à la brise du soir, mobilise toutes les ressources, toutes les puissances, toutes les énergies de ta personnalité. Tu découvres peu à peu, sous l’effet de la grâce, comment les avenues innombrables de l’Écriture se croisent, s’unissent et convergent vers un cœur qui est tout ensemble le cœur de l’Écriture, le cœur de Marie et le cœur de l’Église. Dans le silence et la paix, te voilà introduit à la béatitude de Moïse dont il est dit que « le Seigneur lui parlait face à face comme un homme parle à son ami. »

 

            La lectio, comme la peinture, exige de s’arrêter, de regarder, de contempler, pour que l’auditeur, le spectateur, découvre l’indicible, l’invincible. Fra Angelico et Rembrandt ont fait vivre sur leurs toiles des personnes en train d’accomplir une lecture : saint Dominique ou la vieille femme sont comme des miroirs où l’amant de la Parole découvre qui il doit être, qui il peut être, qui il est. Le livre est ouvert : prends et lis-le !

 

 

François Cassingena-Trévedy, Quand la Parole prend feu – propos sur la lectio divina

- page 3 de 5 -