Zabou the terrible

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Tag - Qu elle domine de la grève à l agreg

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mercredi, juin 15 2011

Psalm d'exam'

 

Apprendre, dis-tu ?

Apprendre toujours plus,

Ou peut-être apprendre toujours mieux ?

Lire, relire, ingurgiter ;

Oublier, stresser, devoir restituer ;

Se sentir, souvent, tellement souvent, ignorant…


 Mais il est pourtant un savoir exponentiel,

Une Sagesse qui dépasse tous les âges,

Qui transcende nos actualités brûlantes et toutes nos modes :

« Savoir prodigieux qui me dépasse,

Hauteur que je ne puis atteindre » ! 


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mercredi, juin 8 2011

Petite info perso

Mon blogue n'est certes guère la place de vous narrer ma vie privée... 

Mais puisque cela constitue une bonne partie de ma vie actuelle, je tiens à partager à mes lecteurs une bonne nouvelle ! 


Il reste encore un gros morceau, l'oral, et il est probable que ce blogue tourne un peu au ralenti (... ou pas !) ces prochaines semaines. 

A suivre mais, tout de même, Deo gratias ! 

mardi, mai 3 2011

Faire oeuvre d'anamnèse



"Tout opus est offrande et tout art poétique est le servant de l'anamnêsis, au sens originel du mot de l'Ancien et du Nouveau Testament : "se mettre en mémoire ou se représenter devant Dieu un événement du passé de telle sorte qu'il prend effet ici et maintenant." 

En cela, poème et eucharistie célèbrent la même chose ; dans la scansion du vers retentit encore "le son du pain rompu" (Jones)." 

In Botho Strauss, Le Soulèvement contre le monde secondaire : observations pour une esthétique de la présence 

vendredi, avril 8 2011

Agrégation externe 2011 - psaume


"Dieu comble son bien-aimé quand il dort."

Psaume 126


jeudi, avril 7 2011

Agrégation externe 2011 - version latine

"Eloge du sage stoïcien agrégatif" (Cicéron, De Finibus, III, 75-76) : 

"Quam grauis uero, quam magnifica, quam constans conficitur persona sapientis !" 

Etc., etc. 


mercredi, avril 6 2011

Agrégation externe 2011 - littérature comparée

Parce que j'ai besoin de continuer mon processus de métamorphose cathartique vers la délivrance... 

"Ce qui caractérise ce théâtre, ce n'est pas simplement la "monstration de monstres", mais bien le processus de métamorphose par lequel le héros sort de l'humanité." (Marie-Christine Lesage, "De Sénèque à Kane : monstres et cruauté symbolique", dans Le Théâtre et le Mal, Registres 9/10, hiver 2004-2005). 

Dans quelle mesure cette réflexion d'un critique contemporain éclaire-t-elle les oeuvres du programme : Titus Andronicus, Médée, Viol et Anéantis ? 

mardi, avril 5 2011

Agrégation externe 2011 - étude grammaticale d'un texte postérieur à 1500

Sur un texte de Crébibi (pour les intimes), Crébillon fils (pour les autres), et lettre XXIV pour les connaisseurs. 


I Lexicologie : 

"perfidies", "inanimés", "discours", "empressements". 


II Grammaire : 

1/ Les temps de l'indicatif. 

2/ Remarques nécessaires (ou pas). 


III Stylistique : 

L'offensive.

Agrégation externe 2011 - ancien français

Ballade 107

N'a pas longtemps qu'escoutoye parler
Ung amoureux qui disoit a s'amye :
" De mon estat plaise vous ordonner,
Sans me laissier ainsi finer ma vie ;
Je meurs pour vous, je le vous certiffie !"
Lors respondit la plaisante aux doulx yeux :
"Assez le croy, dont je vous remercie,
Que m'aymez bien, et vous encores mieulx." 

Il ne fault ja vostre pousse taster ;
Fievre n'avez que de merencolie,
Vostre orine ne aussi regarder :
Tost se garist legiere maladie.
Medecine devez prendre d'oublye ;
D'autres ay veu trop pis, en plusieurs lieux,
Que vous n'estes ; et pour ce, je vous prie
Que m'aymez bien, et vous encores mieulx. 

Je ne vueil pas de ce vous destourber
Que ne mamiez de vostre courtoysie ;
Mais que pour moy doyez mort endurer,
De le croire ce me seroit folye :
Pensez de vous, et faictes chiere lye ;
J'en ay ouy parler assez de tieulx
Qui sont tous sans, quoique point ne desnye
Que m'aimez bien, et vous encores mieulx. 

Telze beaulx parlers ne sont en compaignie
Qu'esbatemens, entre jeunes et vieulx ;
Contente suis, combien que je m'en rye,
Que m'aymez bien, et vous encores mieulx !"

I Traduction 

II Phonétique 1/ melius > phonétique 2/ Origine et évolution du i dans divers mots 

III Morphologie : présent de l'indicatif, usw. 

IV Syntaxe : L'infinitif. 

V Vocabulaire : pensez et ouy. 

(VI Gnié/ Mort prochaine / Taper la tête contre les murs / Gnié) 

lundi, avril 4 2011

Agrégation externe 2011 - littérature française

Composition n°1 : 

Alain Robbe-Grillet écrit : "Comme il n'y avait pas, dans nos livres, de "personnages" au sens traditionnel du mot, on en a conclu, un peu hâtivement, qu'on n'y rencontrait pas d'hommes du tout. C'était bien mal les lire. L'homme y est présent à chaque page, à chaque ligne, à chaque mot. Même si l'on y trouve beaucoup d'objets, et décrits avec minutie, il y a toujours et d'abord le regard qui les voit, la pensée qui les revoit, la passion qui les déforme." ("Nouveau roman, homme nouveau", Pour un nouveau roman, Gallimard, coll. "Idées", 1963, p. 147) 

Vous direz en quoi cette mise au point est susceptible d'éclairer votre lecture des Gommes et de La Jalousie d'Alain Robbe-Grillet. 

vendredi, mars 18 2011

Montjoye, Saint-Denis !


Y a pas à dire, quand on révise de l’ancien français

On se sent parfois l’âme d’un guerrier,

Paré à mener le bon combat… 

 

 

"Merciez Dieu, pensez de le servir,

Il vous garde de tous biens grant montjoye

Et vous fera avoir vostre désir !"


(Charles d'Orléans, ballade 84)


mardi, janvier 18 2011

J’ai fait le rêve d’un monde…

  

La paix. La paix, on en fait à l’envi un mot ou un étendard, un idéal de gens forts ou une basse niaiserie convenant aux seuls faibles esprits. D’aucuns disent que la paix, elle est simplement l’affaire de tous autour de nous et en nous, selon qui nous sommes.

 

Et, déjà, à l’époque de Charles d’Orléans…

 

Je copie ce texte d’une de ses ballades, prière pour la paix, à la fois profonde et légère. Je la copie parce que les récents événements mondiaux m’y invitent tout autant que ceux plus proches qui m’entourent.

 

Seigneur, donne-nous la paix et fais de moi, regard trop naïf, un instrument de Ta paix.

 

 

Ballade LXXVI

 

Priés pour paix, doulce Vierge Marie,

Royne des cieulx, et du monde maistresse,

Faictes prier, par vostre cortoisie,

Saints et saintes, et prenés vostre adresse

Vers vostre filz, requérant sa haultesse

Qu’il lui plaise son peuple regarder,

Que de son sang a voulu racheter,

En déboutant guerre qui tout desvoye ;

De prières ne vous vueilliez lasser :

Priez pour paix, le vray tresor de joye !

 

Priez, prelas et gens de sainte vie,

Religieux ne dormez en peresse,

Priez, maistres et tous suivans clergie,

Car par guerre fault que l’estude cesse ;

Moustiers destruis sans qu’on les redresse,

Le service de Dieu vous fault laissier.

Quant ne povez en repos demourer,

Priez si fort que briefment Dieu vous oye :

Priez pour paix, le vray trésor de joye !


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mercredi, décembre 8 2010

Je lève les yeux vers les hauteurs

 

Quand un prépare un concours, on a tendance à avoir la tête dans le guidon : littérature française, grammaire, littérature comparée, latin, stylistique, allemand, ancien français… autant de mots qui deviennent la litanie scandant nos journées, dans un rythme rugueux, harassant, étouffant.

 

On a beau avoir choisi ce parcours, on a beau être passionnée par sa matière, on a beau savoir qu’après les difficultés devrait venir  un avenir peut-être plus serein, il est parfois dur de rayonner, de retrouver ses perspectives ou, pire, son désir, sa motivation initiale qui traîne, enfouie sous quelques kilogrammes de bouquins abscons.

 

C’est qu’à force de regarder le guidon, on oublie parfois qu’il convient de regarder un poil plus haut, à quelques dizaines de centimètres au-dessus : la hauteur fait un peu peur, prend un peu plus de temps pour l’accommoder mais elle rouvre nos yeux à la beauté. Elle redonne sa luminosité au paysage tout en évitant la chute, probable, de celui qui ne saurait regarder au-delà.

 

C’était il y a deux semaines, je traînais en réunion pour un futur grand événement catholique. Une réunion vraiment utile pour une fois, l’une de celles où l’on sort content d’avoir avancé, mais la tête en surchauffe après avoir épluché et réglé dix mille détails pratiques. Fin de journée. Une proposition, un acquiescement commun sans se consulter. Dix personnes se lèvent : un simple « Je vous salue Marie » doucement prononcé par ces voix d’hommes et de femmes qui se mêlent… Rien d’autre qu’une perspective regagnée, dans les échos imprévisibles de ma vie.  


jeudi, octobre 14 2010

Un arbre va grandir


  

« Vivre seul et libre comme un arbre

et fraternellement comme une forêt. »

 

Nazim Hikmet

 

jeudi, septembre 30 2010

Un agrégatif avant l'heure ?


Albrecht Dürer, Saint Jérôme dans sa cellule (1511)


Vous noterez le large front, tant penché que pensif, 
L'air absorbé (ou absent), 
Les énormes livres en pagaille un peu partout dans la chambre, 
Un pauvre minou à ses pieds pour le réchauffer, 
Un crucifix pour le modèle catho, 
Des boissons remisées tout en haut, un peu planquées : pas le temps de s'amuser
Un sablier signifiant qu'il est déjà trrrès en retard dans ses révisions et, surtout, dans sa version de latin... 


Mais c'est à Saint Jérôme, fêté ce jour, que nous devons la Vulgate : peut-être l'agrégatif sera-t-il, un jour, dans le secret de sa cellule/chambre, l'artisan de quelque grande oeuvre ? 

mardi, septembre 28 2010

Au rapport !

 

A mes compagnons d’infortune

 

Il n’aura échappé à aucun de mes lecteurs attentifs que je me lance cette année dans une folle aventure (outre celle de la foi, mais c’est une autre histoire), celle qui a nom agrégation. Agrégation de lettres modernes, cela va de soi. Bien sûr, il faut lire. Et même lire beaucoup. Il y a ces livres, tous ces livres au programme que l’on déguste, dévore ou dont on se délecte en première lecture pour occuper nos vacances qui seraient par trop oisives sans agrégation.

 

Mais, dans la vie d’une agrégative, il y également un autre type de lecture. Celle dont on vous bassine  dès la rentrée (i.e. hier pour ceux qui ne suivent pas) à chaque CM, à chaque TD : « lisez les rapports de jurys mes petits ! Vous y trouverez la Voie ! ». Alors l’agrégatif ouvre le site de son ministère de tutelle (béni soit-il dans les siècles !) et se dit qu’il va lire avec plus d’attention ce qu’il ne faisait jusque là que parcourir : cette méta-littérature créée pour lui, rien que pour lui, juste pour la grandeur de son âme et la noblesse de son coeur parcours.


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vendredi, août 6 2010

Au fil des lectures

 Voici venir l’arbre, c’est l’arbre

de l’orage, l’arbre du peuple.

Ses héros montent de la terre

comme les feuilles par la sève,

et le vent casse les feuillages

de la multitude grondante,

alors la semence du pain

retombe enfin dans le sillon.

 

Voici venir l’arbre, c’est l’arbre

nourri par des cadavres nus,

des morts fouettés et estropiés,

des morts aux visages troublants,

empalés au bout d’une lance,

recroquevillés dans les flammes,

décapités à coups de hache,

écartelés par les chevaux

ou crucifiés dans les églises.

 

Voici venir l’arbre, c’est l’arbre

dont les racines sont vivantes,

il a pris l’engrais du martyre,

ses racines ont bu du sang,

au sol il a puisé des larmes

qui par ses branches sont montées

parsemant son architecture.

Elles furent fleurs, quelquefois

invisibles, fleurs enterrées,

d’autres fois elles allumèrent

leurs pétales, comme des planètes.

 

Et l’homme cueillit sur les branches

les corolles aux parois durcies,

il les tendit de main en main

tels des magnolias, des grenades,

et brusquement, ouvrant la terre,

elles grandirent jusqu’au ciel.

 

Pablo Neruda, Chant général

 

lundi, juillet 19 2010

Le tout est de se mettre en bonnes conditions ?

Après le jour qui est fait pour traveil

Ensuit la nuit pour repos ordonnee.

Pour ce, m’avint que chargié de sommeil

Je me trouvay moult fort, une vespree,

Pour la peine que j’avoye portee

Le jour devant : si fis mon appareil

De me couschier, sitost que le souleil

Je vy retrait et sa clarté mussee.

vendredi, juin 4 2010

Au passage...

Parce qu'ils seront les bourreaux de mon année 2010-2011, voici les œuvres au programme de l'agrégation externe 2011 de lettres modernes : Enjoy !

Programme de littérature française
- Charles d'Orléans, Poésies, éd. P. Champion (Classiques Français du Moyen Âge), tome 1, Ballades.

- Montaigne, Essais, livre I, éd. E. Naya, D. Reguig-Naya et A. Tarrête, Folio, 2009.

- Racine, Thébaïde, Britannicus, Mithridate, dans Théâtre complet éd. J. Morel et A. Viala, revue et mise à jour, class. Garnier, 2010.

-Crébillon fils, Les Lettres de la marquise de... au comte de..., éd. J. Dagen mise à jour, éd. Desjonquères.

- Aloysius Bertrand, Gaspard de la Nuit, éd. Steinmetz, Le livre de poche, 2002.

- Alain Robbe-Grillet, Les gommes, La jalousie, éditions de Minuit.


Programme de littérature générale et comparée :

I. Permanence de la poésie épique au XXe siècle

- Anna Akhmatova, Roseau [1923-1940], Impair [1936-1946], Course du temps [1958-1966], in Requiem, Poèmes sans héros et autres poèmes, édition et traduction de Jean-Louis Backès, Paris, Gallimard (Poésie), 2007, p. 167-325.

- Nâzim Hikmet, Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé ?, Petite Bibliothèque, Bruxelles, Éditions Aden, 2005, et Paysages humains, traduction de Munevver Andaç, collection Littérature étrangère, Lyon, Éditions Parangon, 2002.

-Pablo Neruda, Chant général [Canto general, 1950], traduction de Claude Couffon, Paris, Poésie / Gallimard, 1984.

- Aimé Césaire, La poésie, Paris, Éditions du Seuil, 2006.


II. Théâtre et violence

- Shakespeare, Titus Andronicus, in Oeuvres complètes, Tragédies I, éd. Laffont (coll. Bouquins), 1995.

- Corneille, Médée, Théâtre II, GF Flammarion, 2006.

- Botho Strauss, Viol [2005], trad. fr. M. Vinaver & B. Grinberg, L'Arche.

- Sarah Kane, Anéantis [1995], trad. fr. L. Marchal, L'Arche.

C'qu'on va s'amuser les copains...