Zabou the terrible

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dimanche, novembre 30 2014

Joseph Roth, sainte Thérèse et la grâce

 

C’est un tout petit opuscule, une nouvelle d’une grosse cinquantaine de pages : rien à voir avec le grand chef d’œuvre de l’auteur qu’est La Marche de Radetzky que j’ai découvert avec tant de délectation cet été.

 

La Légende du saint buveur : d’abord un beau titre, ensuite, l’histoire d’un sans-domicile fixe, d’un buveur qui fait l’expérience de la grâce. Enfin, je positionne tout de suite cela en termes très chrétiens : la réalité est moins claire, moins éclatante que cela car elle est avant tout pleine d’humanité. Disons plutôt que le personnage principal fait l’expérience d’une grâce soudaine : de l’argent, donné par un homme converti grâce à sainte Thérèse.

 

Notre buveur se veut homme d’honneur : il veut rendre cet argent à la petite Thérèse. S’en suit tout un récit, chemin de rencontres, chemin d’un homme entre pauvretés et richesses, entre addictions et grâces immérités pourtant reçues et accueillies, entre zones sombres et coins rayonnants de sa vie. Le regard de l’auteur sur son personnage est aussi tendre que moqueur : c’est celui d’un homme sachant ce qu’il y a dans le cœur de l’homme.

 

L’homme sera sans cesse empêché de rendre l’argent… pourtant, il y a en lui ce désir profond d’être un homme d’honneur qui demeure malgré tout. On dit souvent que l’enfer est pavé de bonnes intentions : est-ce le cas de cet homme, voulant et ne réalisant jamais ? Ou cet homme, ce buveur, aime-t-il à sa mesure, malgré le drame de son existence ? On aimerait le croire tant son ouverture à l’inattendu du jour, aux cadeaux que ce dernier peut faire est forte. Si la fin laisse planer le doute, on aimerait croire à sa rédemption, on oserait même croire à une intervention pas vraiment anonyme qui a nom intercession de sainte Thérèse.

 

Un petit joyau que cette nouvelle dans tous les cas qui sonne comme une invitation à laisser plus chaque jour être don de Dieu qui que nous soyons, quoi que nous fassions.

 

 

 

P.S. : Ah et puis, si vous êtes dans mon coin, il y a actuellement pour lancer l’Avent un grand temps fort paroissial autour des reliques de Ste Thérèse : n’hésitez pas à faire un saut, même si vous ne lui devez rien à la petite Thérèse ! Le programme est par ici >>

 

vendredi, octobre 31 2014

A laisser traîner n'importe où

    Après la pub éhontée et évidemment véridique faite par l'ami David, je me devais de lire le fameux fourbi et orbi (oui, oui, je sais, ce n'est pas le vrai titre, l'auteur l'a perdu à une partie de chifoumi selon la légende urbaine) du gars Edmond. 

Mais ce titre il conviendrait bien car, plus que des antisèches qui viseraient à répondre à un quizz (sauf si vous souhaitez participer à celui de KTO... et je sais de quoi je parle pour les antisèches, je suis prof !), ce livre est un vaste fatras ou, au choix, une vraie caverne d'Ali baba relookée avec nos diverses bondieuseries souriantes accumulées au fil des siècles.

Si on n'apprend pas forcément tout quand on aime déjà depuis longtemps parcourir l'Église l'oreille aux aguets et le sourire en bandoulière, on en apprend tout de même de belles ! Et les anecdotes sont toujours tournées de manière à solidement faire fonctionner nos zygomatiques (en ce sens, je soupçonne un sponsoring par mangerbouger.truc, on ne pense jamais assez combien nos muscles travaillent quand nous rions). Du coup, tout cela fonctionne bien et vous essaierez même de convaincre vos amis anti McDo de revenir à l'occaz puisque l'un de leurs burger est catholique ! 

Bref, un livre pas forcément à lire d'une traite comme je l'ai fait mais plutôt un livre de choix pour musarder, pour flâner, pour vous amuser, ou encore à laisser traîner dans vos toilettes pour que vos visiteurs vous lancent sur les sujets catholiques les plus graves et les plus importants en sortant de là ! ;-) 

P.S. : L'illustration est prise sur le site de la procure... Où vous pouvez contempler l'ancien sous-titre de l'ouvrage ! ;-) 
P.S. 2 : on peut notamment commander le livre par ici.  

mercredi, juillet 2 2014

The way, my way, on the way

Hasard du calendrier : j'ai vu enfin il y a une dizaine de jours le film The way et, ce soir, je dînais avec un ancien pèlerin du chemin de St Jacques, avec qui j'ai partagé les ultimes étapes l'été dernier. Forcément, en plus arrivés le même jour, cela a créé un lien très fort entre nous. 

Ça m'a fait repenser à cette séance de visionnage à propos de laquelle je reste dubitative : bien sûr, les paysages sont beaux et certaines situations me rappellent des souvenirs mais, bien sûr aussi, l'histoire est dégoulinante de bons sentiments bien qu'on ne puisse, évidemment, juger des motifs. 

Enfin, oui, il y a de tout sur le Camino et les pèlerins viennent avec ce qu'ils sont, c'est-à-dire portant des histoires plus ou moins simples en eux-mêmes en plus de ce qu'ils portent matériellement dans leurs sacs. Mais il n'y a pas que des "cas", il n'y a que l'extraordinaire de chaque vie ; mais surtout, il n'y a jamais une course à qui saura le grand secret de l'autre, il n'y a que le compagnonnage de jours partagés. 

Ce qui est beau sur le Camino, justement, c'est que, plus qu'ailleurs, chacun respecte la part de mystère que l'autre porte en lui. Seul le pèlerin choisit de révéler ceci ou cela. J'ai personnellement toujours été mal à l'aise face aux personnes qui me demandaient le motif profond de ma marche (d'ailleurs il s'agit souvent de personnes qui commencent juste leur Camino) et ceci pour deux raisons : d'abord parce que c'est éminemment personnel et ensuite parce que, exactement comme pour notre sac et nos affaires, il y a un dépouillement en cours. On pourra toujours arguer de plein d'arguments au départ parmi lesquels il y a notre vrai motif de fond : mais celui-ci va subir une cure drastique et se trouver tellement dépouillé de tout ce qui est superficiel qu'il aura peut-être une apparence radicalement différente de celle du départ. Ce fut mon cas. 

Ce soir donc, j'ai revu l'ami Y. Avec Y., on ne connaît pas exactement LE motif qui a fait respectivement entreprendre à l'autre ce pèlerinage même si nous en avons l'un comme l'autre saisi des bribes. Ce que je sais, c'est qu'Y. a radicalement changé de vie après ; ce que je sais, c'est (ce) que j'ai mûri sur ce chemin effectué au fil des années. 

The way en reste à la représentation d'instants durs de vie ; 

Le Camino "en vrai", c'est du tout mêlé : du dur, du triste, du joyeux et du comique, 

Le Camino "en vrai", c'est un instantané de vie pour rester et être plus "on the way" ou plutôt "on your own way" et ça, c'est son plus grand secret ! 

      

dimanche, juin 15 2014

Job ou la torture par les amis

 


Courte pièce de Fabrice Hadjadj créée pour le Parvis des Gentils sur ce personnage emblématique de l’Ancien Testament qu’est Job, je ne l’avais pas encore lue.

 

Le scénario est d'une simplicité... biblique : Dieu, le diable, ce formidable serviteur de Dieu qu’est Job et les tentations permises pour l’éprouver, cette fois représentées par les amis successifs qui viennent visiter Job à l’hôpital.

 

La tonalité est grinçante mais pourtant si juste... On pourrait regretter que les visiteurs de Job soient finalement si « uniformes » et n’aient pas de profondeur dans leur personnalité, contrairement au personnage principal, ce souffrant si croyant et de manière si touchante. On ne pleure pas mais on est pris aux trippes de l’étoffe humaine de Job.

 

Pourtant, celui, Celui qui me touche le plus dans cette histoire, c’est le Bon Dieu. Vous me direz que c’est normal : peut-être. Mais les mots que met Hadjadj en sa bouche sont terriblement puissants et en voici quelques-uns tirés de la première scène de la pièce :

 

« Je suis

Terriblement myope.

Et c’est pourquoi je dois me tenir tout près de chacun au point qu’il puisse sentir mon haleine dans son cou…

Parce que, pour ainsi dire, je suis l’Acteur pur,

Incapable jamais d’être ce spectateur qui jouit d’observer la tour en flammes au loin depuis son balcon de marbre rose,

Incapable aussi d’être ce comédien qui s’agit sur la scène mais n’agit pas au-delà des derniers strapontins du paradis.

Je connais chaque assistant comme mon propre souffle,

Comme mon fils unique,

Comme ma fiancée sous les arbres en fleurs.

Oui, je sais de chacun d’entre vous le nom absolument propre,

Non pas ce mot général : « Hom ! Hom ! » comme le son d’une bouche qui happe le hameçon des systèmes,

Ni seulement ces menues syllabes : Renée, ou Monique, ou Jean-Charles,

Mais le nom qui t’appelle jusqu’en tes moindres retraits,

Le nom qui te recueille de part et en part et ne convient qu’à toi seul,

Le nom qui te prononce dans la pénombre nuptiale et déclare l’univers singulier que tu ouvras par la faille de tes yeux,

Et par-dessus tout, c’est cela qu’il me fallait plus que toute autre chose te révéler ce soir,

Car pourquoi es-tu ici… »

 

samedi, mai 3 2014

Ne surtout pas s'enfuir à tire-d'aile

 

Ca y est, j’ai enfin lu les récents ouvrages d’Edmond Prochain (blogueur mort mais pas vraiment en fait) : Tombé du ciel. Un et deux (après avoir galéré pour comprendre lequel était le un et lequel était le deux).

 

Il est vrai que je m’attendais à lire ce que je considérais être du Edmond : de la finesse de plume, de la profondeur et surtout, surtout, surtout du taquin à plein. Et finalement, non, on change complètement de registre et les aventures de Tirdel, petit ange gardien et de son protégé sont simplement aussi désarmantes que charmantes.

 

On sourit, on se divertit, on apprécie… et on se demande déjà à quels enfants de son entourage on pourrait bien l’offrir. Merci Edmond pour ces bouquins tout doux ! Quand sortira le prochain ? (Oui, oui, je sais...) 

 

 

 

dimanche, février 23 2014

Twitthomélies, what else ?


(Achat(s) de retraite !) 


 

Si vous ne le savez pas encore, allez vite le « follower » : @mgrgiraud twitte chaque jour quelques mots en guise de twitthomélie sur une phrase de l’Évangile du jour. C’est bon, doux, ça fait du bien et colle même parfois une bonne baffe là où il faut, attirant l’attention sur un aspect dérangeant de la Parole de Dieu. Qui, comme on sait, n’est jamais si confortable qu’on le croit… mais, en même temps, il nous faut bien apprendre à aimer et, en bonne bande de boulets (ou, en tout cas, si vous ne vous sentez pas concernés, sachez que je me considère moi-même comme un bon cas de « boulette » mais une boulette aimée, ça sauve ! :-) ), ce n’est pas tous les jours facile.

 

Au-delà de tout ce long bavardage, je voulais attirer simplement votre attention sur le livre Twitthomélies, paru il y a un mois chez « Parole et silence » qui reprend justement ces méditations-là depuis 2011. Loin des bavardages à n’en plus finir ou d’une loooooooongue homélie, on y a une phrase d’Évangile et, en dessous, la méditation correspondante. C’est (très) court mais, justement, ça fait du bien, ça concentre juste sur l’Essentiel en laissant sa place au silence. Simple écho méditatif de la Parole : pour qu’Elle rentre mieux et plus à fond en nous, comme en stéréo, pour qu’Elle agisse ensuite !

 

vendredi, avril 26 2013

L’aventure étrange de la vie au prisme de la survie


Les éditions JC Lattès ont eu l’amabilité de m’envoyer le dernier livre d’Olivier Le Gendre, C’est une étrange aventure que de survivre en service presse il y a quelques semaines et c’est fort aimable à eux !

 

Et c’est avec intérêt que j’ai ouvert ce livre car le thème de la faiblesse, de la Foi et de la vie dans celle-ci me touche et me parle énormément. Ce livre, c’est l’éloge de la Puissance de Dieu dans nos faiblesses : non seulement dans les « vases d’argile » que nous sommes chacun d’entre nous mais aussi pour la fragilité de l’humanité en général qu’Il vient sauver, au-delà de toutes nos incompréhensions.

 

Cette confiance, cette force qu’Il donne, malgré tout, c’est une des choses les plus belles et les plus intimement touchantes, qu’il nous est donné d’expérimenter quand nous sommes au plus bas. C’est ce que l’auteur balbutie avec ses mots, vers la fin :

 

« Dieu manifeste sa tendresse de multiples façons. Je vous l’assure : je l’ai constaté. Il n’a cessé d’être auprès de moi. Cela ne souffre aucun débat. »

 

Le problème de ce livre, ce qui est extrêmement agaçant, même si cela va en s’atténuant au fil du récit, ce sont les piques perpétuelles contre l’Église. Autant il me semble essentiel d’avoir une parole libre au sein de cette dernière, quitte à dire son désaccord, autant attaquer ou subodorer sans cesse une rigidité derrière des attitudes me paraît manquer de justesse. Car dire son désaccord avec sincérité, c’est ouvrir la possibilité d’un dialogue où l’on accepte d’avoir à terme peut-être soi-même à revoir son point de vue, c’est se mettre en danger mutuellement pour progresser ; tandis que la pique perpétuelle finit par rater son rôle de poil à gratter pour simplement blesser inutilement.

 

Réclamer une bienveillance plus importante de l’Église vis-à-vis de chacun, c’est très juste mais seulement si soi-même on adopte cette attitude envers l’Église, c’est-à-dire vis-à-vis autant de son « impression d’ensemble » que de chacun des membres qui la constitue. C’est d’autant plus dommage qu’on sent bien qu’au fond – et de manière certaine même – l’auteur aime profondément l’Église : mais faut-il craindre de le dire plus clairement, même en face de sensibilités différentes de la sienne propre ?

 

De ce livre, ce sont donc ses pages de confiance que je veux garder. Car l’auteur bafouillait encore, comme un "Seigneur, Tu sais tout, Tu sais bien que je T'aime", ces belles phrases :

 

 « En vérité, je l’atteste, je croisais tous les jours Dieu dans la présence attentionnée des gens, dans un message, dans le souvenir imprécis d’un verset de psaume. François d’Assise voyait bien dans les fleurs et les animaux une présence fraternelle. […]

Dieu est dans notre monde sous des formes ordinaires ou sous des formes extraordinaires, alors qu’Il aurait pu se contenter de vivre à l’écart dans un lieu inaccessible. Il était là, près de moi, Il ne m’a jamais manqué. Point barre. Je n’en démordrai pas. »

 

samedi, mars 9 2013

Au cœur des limbes


 

Qui dit vacances dit attraper l’un ou l’autre de ma très haute pile, certes à moitié effondrée donc plus large que haute, de « livres pas encore lus » et me plonger dedans.

 

C’est ainsi que j’ai goûté Une saison dans les limbes de Robert Scholtus : petit livre troublant en ce qu’il parle de ces zones frontières, de ces zones floues, qui semblent bien souvent régner en notre vie quotidienne.

 

Comme souvent avec lui, on a l’impression qu’il part en un sens – ici, la si facile et non moins fréquente dénonciation de la modernité – pour s’apercevoir qu’il en extrait finalement des paradoxes, qu’il cherche à montrer la complexité d’un sujet insaisissable qui est celui de notre vie…

 

Cela en fait un livre tout particulier, ardu et poétique à la fois, éveilleur de réflexions, de pensées, de méditations. Comme un appel à la vie, à nous ramener plus à notre condition de vivant, à nous sortir de notre éventuel contentement « limbal » qui nous guette chaque jour.

 

Car, au cœur de ce livre, on trouve cette page, qui s’inscrit comme une bonne bourrasque de vent reçue sur le visage, en ce qu’elle a d’instantané, de fort et de vivifiant :

 

« La vie, vivace et folle, qui s’improvise comme un air de jazz, la vie sautillante et inattendue, la vie au risque de la blessure, au prix de l’abandon, la vie ouverte à l’inconnu, offerte à la rencontre, la vie embarquée en haute mer, affrontée à tous les dangers, promise au déroutement et à l’extravagance de l’amour, voilà ce qu’ils redoutent. »

 

in R. Scholtus, Une saison dans les limbes, éd. Bayard, p. 81

 

mardi, juillet 31 2012

D’une plume (d’oiseau), une nouvelle épître à Diognète ?

 

Les vacances sont propices aux lectures différentes. Et l’esprit rêveur a tendance à constituer des liens étranges avec des lectures déjà connues et la pensée comme l’âme en font alors leur miel : je n’ai pu m’empêcher de trouver, à peine grimé dans ce texte de Chamoiseau, le peuple de Dieu dans la légèreté d’un colibri. La faute à l’épître à Diognète, sans doute.

 

Oui je sais, ce n est pas un colibri mais une cigogne : c est presque pareil, non ;-) 

 

« Ces inconsistances dépensaient l’énergie d’un volcan pour une existence qui ne changeait rien à l’ordre du monde et qui se maintenait ainsi : totalement dérisoire, tout à fait inutile, et dans une intensité vaine…

 

Un autre phénomène me sidérait : elles étaient faites de scintillements. Ce qui couvrait leur corps microscopique était une complexité de structures qui captaient les luminosités pour les diffracter dans les des irisations. Ce sortilège transformait leur dérisoire volume en … Hinnk…. Une splendeur absurde qui parcourait en mille instantanés tout le spectre concevable de l’ombre et de la lumière. […]

 

Son intensité et sa fréquence étaient insolites mais, plus que tout, c’était sa manière d’être toujours à contretemps qui aiguisait mon attention. Son vol disséminait une onde, claudicante mais vibratile à l’infini au cœur de tout ce qui existait. Et, par ce vibratile, tout ce qui existait au fond de mon esprit s’éveillait, se troublait, commençait à changer… »

 

in Patrick Chamoiseau, Les Neuf Consciences du Malfini

 

mercredi, juillet 4 2012

De justificatione catholicum blogum

A force d'avoir des amis qui me font lire des trucs improbables, on en arrive curieusement, comme si tous les chemins y menaient, à la théologie. Enfin... 

Imaginer Jésus et Bouddha en vacances ensemble sur terre, le tout dans un manga, y a pas à dire, fallait oser le faire... 

Forcément, être eux, ça leur pose quelques problèmes : impossible de jouer à des jeux "de destin", impossible pour Jésus de se baigner sans marcher sur l'eau ou, pire, sans la changer en vin ! 

Manga au ton léger, bien souvent désinvolte, parfois caricatural, je ne le conseillerais vraiment pas à tout le monde : il n'est pas indispensable. 

 

MAIS CE MANGA EST ESSENTIEL POUR UNE CHOSE : il contient LA raison ultime de l'existence des blogues cathos. 

Il en aurait tenu un selon ce manga ! 

Bref... vivent les cathogeeks, non ? ;-) 


Pour aller (vachement) plus loin (ou pas) : 

Les Vacances de Jésus et Bouddha (t. 1 et 2) par Hikaru Nakamura

vendredi, septembre 16 2011

Lectures d’été : « La vie devant soi » ou la braise incandescente de l’amour

 Aujourd’hui, j’hésite mais je voudrais vous parler d’un livre un peu particulier… d’une histoire de fils… Bon, disons-le tout net : moi aujourd’hui, je voudrais vous parler d’une histoire de vrais fils de putes.

 

En fait, sous cette accroche choquante[1] je voudrais surtout vous parler d’un livre qui narre une magnifique histoire d’amour. Ce livre, ce n’est pas une sortie récente mais celui qui obtint le Goncourt 1975 : La Vie devant soi d’Emile Ajar – Romain Gary, que je n’avais jamais ouvert.

 

C’est l’histoire tragique de pauvres mômes nés suite à une passade de leurs mères prostituées, et mis en pension chez Madame Rosa, elle-même une ancienne bien connue du métier, trop vieille pour « se défendre avec son cul »[2]. Rien de bien joyeux a priori, une vie à la limite de la clandestinité, dans un milieu fangeux et méprisé.

 

Pourtant, à lire cette histoire, qui est surtout celle du héros, Mohammed, on se prend à sourire. Sourire des réflexions de gosse, pas si bêtes, pleines de finesse et si bien (d)écrites par Ajar, mais encore plus sourire de la tendresse qui se dessine page après page dans un univers si grossier et si humainement drôle.  

 

Plongé dans le monde de la prostitution qui est celui du sexe sans l’amour, Momo pose, se pose et nous pose à nous aussi cette question essentielle : « Est-ce qu’on peut vivre sans amour ? ». C’est la question centrale du livre, l’unique question en réalité tant elle est vitale. Et il vit pour y répondre.

 

Momo, il aime la vie, puis il aime Madame Rosa, de tout son petit cœur. Et Madame Rosa, elle, elle le protège, elle l’aime, même quand ses mandats n’arrivent pas. C’est l’amitié entre un jeune Musulman et une vieille Juive, l’amour impensable et incroyable, maternel et filial, qui fleurit à travers tous les travestissements et toutes les pauvretés de l’humanité. C’est l’Amour qui, seul, résiste jusqu’à la fin et est « capable de tout, croit tout, endure tout »[3].

 

A la fin si rocambolesque succèdent ces derniers mots, sonnant comme une réponse finale, même au sein des dernières notes d’humour : « il faut aimer ».

 

Je ne sais pas si c’est parce que je l’ai lu sur le Camino et qu’il reposait à côté de ma Bible mais j’avais en écho du St Jean : « Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. » Bizarre, non ? 

 



[1] Faites pas genre, je vous ai vus le lever votre sourcil !

[2] Je cite, hein…

[3] Alors là, je cite aussi, mais, ô indice, c’est un autre Livre. 

mardi, septembre 13 2011

Vatican vertigo

  Habemus papam ! Je ne me prends pas pour le cardinal protodiacre mais je parle bien évidemment du récent film de Nanni Moretti.

 « Brillant, peut-être mais peu priant » ; « beau film et drôle en plus malgré ses longueurs » : je souscris complètement aux analyses de Mgr Bernard Podvin d’une part (à lire ici)  et du P. Emmanuel Pic d’autre part (à lire par là).

 J’ai admiré, j’ai souri, j’ai ri tout en trouvant les traits parfois un peu forcés et l’absence de prière beaucoup trop flagrante : manque de réalisme certain. (Bon, avouons-le, je suis ceci étant complètement fan du match de volley cardinalice !)

 

Habemus papam : je n’aime pas non plus que le film se termine par le retrait du pape, par le début d’une vacance puis ce titre apparaissant immédiatement sur l’écran, suggérant que le seul pape possible, le seul pape régnant déjà dans un monde empli de vacuité et de psittacisme théâtral, c’est le vide…

 

Et pourtant, pourtant, j’ai été touchée par ce pape qui ne veut pas l’être incarné à l’écran par un immense Michel Piccoli.

 Parce qu’au-delà de ce monde moderne qui évacue la question de Dieu, au-delà de ce Dieu qui semble si absent ici, c’est un homme qui est présent et il a toute son importance, y compris pour nous, croyants, qui visionnons ce film.

 Le cardinal Melville, c’est un homme qui reçoit, comme chacun d’entre nous, une mission, une vocation… Charge immense : les autres cardinaux n’aimeraient pas être à sa place et cela se comprend !

 

Mais il n’y a pas que la charge pontificale qui peut sembler écrasante : chacun d’entre nous, pour accueillir une mission, pouvons nous sentir comme ce pape, d’abord écrasé, puis fuyant ce qui est demandé.


Oubliant que ce qui est demandé est aussi donné…

 « Da quod jubes ; jube quod vis :

Donne ce que Tu commandes ; commande ce que Tu veux. » (Saint Augustin)

Cela est suggéré dans le film mais comme noyé par le frou-frou des cappa magna se frottant aux envolées lyriques du psychanalyste ayant un grain alors qu’il s’agit de l’essentiel.

 

On dit que le pape a une salle des pleurs à côté de la chapelle Sixtine quand il accepte sa charge… Cela a dû arriver à plusieurs cardinaux de pleurer en s’habillant pour la première fois tout de blanc mais ils ont prié, ils ont dit oui et ont alors avancé, confiants, pour répondre à l’appel qui leur était lancé. Parce qu’ils savaient que ce n’était pas sur leurs propres forces qu’ils allaient devoir et pouvoir s’appuyer.

 

Finalement, en forçant trop les traits d’un monde d’où la Transcendance semble en exil  – et a fortiori, ce Quelqu’un en qui nous croyons – le film de Nanni Moretti a, au-delà du réel plaisir esthétique qu’il nous offre, le mérite de nous renvoyer, chacun, à notre condition de pécheurs indignes et incapables, certes, mais pécheurs pardonnés et rendus capables de tout en Celui qui nous appelle. 

 

mercredi, août 31 2011

Vitamine pour septembre, et pour la suite !


Parce que ça fait du bien de le relire…

Mais surtout ça fait du bien de le redire, de le revivre, d’en vivre et revivre tous les jours ! 


 

« Et c’est alors que j’ai entendu : « Je t’aime ». Ca alors ! J’te jure que j’ai failli tomber en pâmoison ! Ce Je t’aime, je ne l’ai pas entendu dans le creux de l’oreille, c’était beaucoup plus fort que ça : je l’ai entendu par l’esprit, par le cœur. Une tendresse infinie qui serait montée comme une mer intérieure pour t’immerger. Et j’ai compris que c’était Dieu qui m’avait submergée et subjuguée. Là, tu ressens un sentiment océanique, et tu ressors en île, tout éclaboussé de bonheur. Alors a commencé entre lui et moi une grande histoire d’amour.

 

Depuis que je connais Dieu, j’ai beaucoup changé. Oh ! de l’extérieur, je n’ai pris que quelques centimètres, mais j’ai peuplé mon royaume intérieur de plusieurs milliers de sujets d’intérêt, et je suis bien décidée à ne pas en rester là ! Voilà, voilà : avant, je n’étais qu’un petit bout de femme de rien du tout ; maintenant, je suis une créature unique, parmi des milliers de milliers. C’est une sacrée métamorphose qui est à la portée de tout le monde, à une condition : aimer et se sentir aimé. Pour de vrai, et pour toujours. »

 

Tiré, bien sûr, de Jade et les sacrés mystères de la vie de François Garagnon.

 

samedi, juillet 23 2011

Lectures d'été : Murakami


Temps des vacances, temps où le temps se fait plus lent, comme fait exprès pour y placer des lectures de toutes sortes. Le temps – météorologique cette fois – se met aussi de la partie tant les intempéries nous poussent à rester dans nos demeures estivales, au chaud, à regarder la pluie tomber tout en dégustant thé, café, chocolat chaud et digestifs : autre manière d’habiter le temps, plus doucement, plus lentement.

 

Je ne vous ferai pas l’ennuyeux affront de vous parler de toutes mes lectures d’été mais j’en choisirai certaines pour figurer ici : pas toutes cathos, pas toutes agrégatives (euh, en fait, non, je crois même qu’il y aura un tabou pudique sur ces dernières).

 

Des livres piochés au hasard des titres non-lus, juste pour partager plus souvent qu’à l’ordinaire quelques plaisirs de lecture – ou, à défaut, quelques éventuelles critiques négatives – parce que tout s’y prête.

 

Ces prolégomènes étant posés, ma 1ère découverte de cet été fut asiatique et plus spécifiquement japonaise.

 

Un nom : Haruki Murakami.

Deux titres : Kafka sur le rivage, offert par une amie en septembre dernier et La Course au mouton sauvage, acheté parce que j’avais énormément apprécié le précédent !

 

Des livres… barrés. Enfin, quand j’écris barrés, je pense « fous » mais non pas dans le sens de « n’importe quoi ».

 

Si l’on s’amusait à raconter l’intrigue de ces livres – et encore, est-ce vraiment possible ? – on serait abasourdi par l’apparente absurdité, sans queue ni tête, de celles-ci. C’est que Murakami sait entremêler banale réalité quotidienne et idées folles : on se laisse prendre après un début plutôt ardu à suivre – mais qu’est-ce qu’il nous raconte donc ? Il est fou cet auteur ! – et l’on tourne les pages, de plus en plus vite… Vers la fin des quêtes de ces deux ouvrages : des fins surprenantes, plutôt déceptives, qui nous laissent même assez sur notre faim. Avec en bouche toutefois, une saveur vraiment nouvelle.

 

Ce qui se dégage des livres de Murakami, de sa prose, c’est en réalité une tendre poésie… Un regard fort désenchanté sur le monde et pourtant porteur d’une élévation, d’une indicible beauté. Une beauté qui n’exclut pas l’humour. Oh, pas un humour pour rire à gorge déployée mais pareillement, un humour à dessiner sur nos visages de lecteurs un sourire légèrement désabusé et tendre, humain.

 

J’ai tout simplement beaucoup aimé, surtout Kafka, (… et je crois que l’été ne se terminera pas sans que j’en lise un 3ème !)

       

lundi, mai 30 2011

L'homme libre prie

  

Je ne sais pas pour vous mais, pour ma part, l’interprétation de frère Luc par Michael Lonsdale dans Des hommes et des dieux m’a profondément touchée : parce qu’elle faisait vraie et sonnait particulièrement juste. Il y avait de l’épaisseur humaine et une réelle profondeur spirituelle à l’intérieur de celle-ci : une p/Présence qui rayonnait, même à l’écran.

 

De fait, Michael Lonsdale est un acteur chrétien et pas seulement de nom : c’est un priant. Ce qui lui donne l’occasion de ce petit livre d’entretiens, sobrement intitulé Prière.

 

Dedans, rien de grandiloquent – les questions de celui qui mène l’entretien sont d’ailleurs parfois passablement agaçantes -, rien de particulièrement neuf non plus mais, comme à chaque fois que quelqu’un ose entrouvrir en vérité son jardin intime personnel qu’est la prière, j’admire l’audace !

 

Il ne s’agit pas d’y trouver un exemple - d’ailleurs l’acteur est loin de s’y montrer comme tel et heureusement, ce serait détestable ! - mais plutôt des bribes d’une vie de foi voisine de la nôtre qui peuvent nous questionner, des citations, des prières à nous approprier pour avancer un peu plus sur ce chemin simple et ardu à la fois qu’est la prière.

 

Ce n’est pas un grand livre modèle donc, l’auteur est même souvent critique face à telle ou telle forme de prière qu’il n’aime pas, mais il s’y trouve quelques fulgurances magnifiques, qui font mouche : « En amour il n’y a pas de hiérarchie, il y a des capacités plus ou moins grandes de vivre et d’aimer » ou encore « La prière, c’est la liberté ! »

 

Alors, il n’y a pas à chercher à entrer dans une quelconque « démarche » parce que l’auteur a tout pigé et qu’il est bon de s’entendre dire tout simplement à propos de la prière que « ce n’est pas une démarche, c’est un état d’être ! »

samedi, mars 5 2011

Des hommes et des dieux - reloaded

Certes, tu ne crois pas et tu me dis souvent que, toi et moi, on ne partage rien.

 

J’ai alors voulu te partager un film qui était venu me remuer jusque dans mes profondeurs il y a quelques mois : un vrai beau film qui parlait d’humains, d’hommes tellement humains qu’ils avaient essayé, avec la grâce de Dieu, d’aller jusqu’au bout de leur humanité.

 

2h plus tard, quelques hymnes, une tragédie pourtant si pudique après, le silence se fait.

 

- Que veux-tu que j’en dise ? Je ne vais plus pouvoir dormir.

- Je ne comprends pas : la violence n’est pas montrée ici ? Et si peu de sang ? C’est une histoire d’hommes…  

- Oui, mais c’est une histoire vraie.

- Faut-il se voiler la face et ne pas voir ce qui est ?

 

Le silence dure… l’une comme l’autre vaque de son côté.

 

- Pour moi, leur vie, elle est ratée. Ils auraient mieux fait de rentrer en France.

 

C’est ton choix, ta vision des choses et je n’ai pas à la trouver mauvaise. Et je ne t’ai d’ailleurs répondu qu’en te parlant de ce film qui peut être, je le crois, ferment de paix parce qu’il n’est ni dans le voyeurisme ni dans l’accusation

 

Mais la croyante que je suis fulminait en son intérieur, de tristesse… Leur vie, ratée ? Est-ce uniquement chrétien de croire qu’une vie ne se réussit qu’en se donnant ?

 

J’ai encore une fois été touchée par cette discussion entre frère Christian et frère Christophe, en pleine lutte : « mais ta vie, tu l’as déjà donnée ! ». Tout est là, il n’y a pas d’autre secret.

 

La question est existentielle : Il s’agit de vivre, non de vivoter ; il s’agit de vivre, non de mourir ; il s’agit d’aimer.

 

Donner, se donner : je n’ai que vingt-cinq jeunes années vécues dans un milieu somme toute assez protégé et je ne sais pas, je ne peux pas savoir ce que j’aurais fait à leur place.

 

Mais, quelle que soit ma vie future, j’espère avoir le cran, à leur image, de faire mes choix enracinée dans le Christ, même si je n’y vois pas d’apparente utilité.

 

Parce que je crois que c’est seulement dans une vie donnée, pleinement donnée, que l’on trouve toute sa fécondité et toute sa beauté.

 

dimanche, février 20 2011

Qui a envie d’être aimé ?


 

Une dissertation de 7h vidant suffisamment le crâne pour savoir qu’il sera impossible de faire autre chose de sa soirée, mes pas me guidèrent hier au soir dans un cinéma parisien.

 

Ce film, j’avais prévu d’aller le voir parce que tous les « réseaux » catho en parlaient. Je n’ai pas lu le livre de Thierry Bizot, Catholique anonyme mais il m’est déjà arrivé d’aller lire son blogue (c’est par ici. Ah ben, en plus, il cite du Madeleine Delbrel !) : j’y suis allée sans a priori avec toutefois en tête le très beau dernier billet de Polydamas écrit suite au film.

 

Je souscris assez à son point de vue que le film toucherait peut-être plus facilement les non-croyants que les croyants… mais viendront-ils voir ce film catholique et de surcroît si ordinaire ?

 

Ordinaire, oui. Car ce film n’a rien d’extraordinaire parce qu’il vient révéler, simplement, l’irruption de Dieu dans une vie, par petites touches dans le cas du héros. Oh, rien d’une transcendance massive qui vient vous assommer, mais tout, au contraire, une douceur paternelle, venant rencontrer l’être humain là où il en est dans sa propre recherche. Et, quand la grâce s’insinue en vous, que cela soit ainsi ou brusquement, tout bascule : un peu, beaucoup, passionnément, à la folie même…  et c’est justement là que réside l’extraordinaire ici.

 

Extraordinaire d’un amour fou.

 

Extraordinaire d’un homme qui prend conscience qu’il est aimé et qui, orateur éprouvé, n’en sait plus que balbutier, ému, renversé devant un mystère d’amour qui le prend au plus profond de lui et lui révèle tant sa fragilité que son humanité.

 

J’ai tout particulièrement apprécié les deux scènes de la chapelle, où le héros entrouvre la porte et se retrouve en face d’une statue du Christ qui le regarde.

 

J’ai aimé cette scène parce qu’elle redit l’Essentiel, à chacun d’entre nous :

 

Dieu est là, il te suffit de pousser la porte pour l’accueillir.

Il t’aime, Il t’attend, quand tu veux.

Chaque jour, si tu le veux. 


dimanche, février 6 2011

Autour du discours d'un roi

 

         Quand j’étais plus jeune, j’aimais les héros, les vrais, ceux à beaux pectoraux : je dévorais les légendes antiques, les récits héroïques des grands hommes réels ou imaginaires. Modèles de vertu et de courage, je m’inventais et rejouais leurs vies dans mes jeux pleins de combats et de péripéties aussi folles que vaillantes.

 

           Georges VI, roi d’Angleterre, n’est pas de ceux-là : c’est un cadet, bègue qui plus est, même pas « programmé » pour être roi. Un type ordinaire, respectueux de l’Etiquette de la cour d’Angleterre mais sachant s’en affranchir avec cette facilité que donne la vraie noblesse d’âme. Proche des siens, aimant, tout en étant terriblement colérique et nerveux : un prince, oui, mais avant tout un homme que la nature a doté d’un terrible problème, rendant si ridicule chacune de ses apparitions en public : le bégaiement.

 

          Le Discours d’un roi, ce n’est pas une épopée… mais ce n’en est pas moins un récit héroïque. Mais un récit d’un ces héros qui au fil des ans sont devenus mes vrais héros : ces héros ordinaires, dont les actes héroïques se placent dans un quotidien semblant insurmontable qu’ils ont su pourtant, pas à pas, affronter de leur mieux et épouser jusque dans leurs failles.

 

           Et homme s’assumant pleinement, et homme osant se dresser pour lutter, Georges VI devint Roi plus par un discours que par un couronnement. Force, grande et admirable force que la sienne…

 

J’ai curieusement pensé à ces mots du bienheureux Newman en voyant ce film et en priant le soir ensuite : « Je ne demande pas à voir déjà ce qu’on voit là-bas : un seul pas à la fois, c’est bien assez pour moi. » 


Chrétienne, c’est ma confiance en la grâce qui seule peut me donner cette force et cette humanité dans les luttes de ma vie. Alors, Seigneur, Donne-moi la force d’accomplir juste ce petit pas à la foi(s), c’est bien assez pour moi.

 

mercredi, janvier 26 2011

Monsieur Vincent - La vie à sauver

 

Des vies de saints en bande dessinée, il y en a tant…

 

Déjà, enfant, je dévorais celles de Grain de soleil et je crois que c’est de là que j’ai encore bien souvent telle ou telle image me venant en tête à l’évocation d’un personnage « porté sur les autels » ; et que j’en souris aux anges, à la grande surprise des gens alentour.

 

C’est dire si j’ai été surprise de découvrir que c’était une hagiographie en b.d., Monsieur Vincent, la Vie à sauver, qui avait obtenu le prix international de la BD chrétienne cette année : je n’imaginais pas qu’un genre apparemment si éculé pût obtenir un prix qui avait déjà couronné une œuvre aussi peu classique que peut l’être Le Voyage des pères (qui obtient d’ailleurs un prix spécial pour les 25 ans de la BD chrétienne).


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mercredi, décembre 22 2010

C’est évident mais pas tant…

 

Quand un livre commence par « contre », j’ai tendance à me méfier, à me demander quel manifeste étrange l’on me proposera encore pour démolir ce qui semblait tenir debout jusque là : comme s’il était honteux d’oser affirmer un jour que l’on est « pour » ! Pourtant, ce livre-là, je tenais à le lire tant j’avais apprécié l’auteur d’une parole osant la différence et dont le ton sonnait si juste dans Le Corps bouleversé, sur un tout autre sujet, pas vraiment évident pour le coup. Alors, j’ai ouvert Contre le Dieu des évidences.

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