Zabou the terrible

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Mot-clé - caeli et tu enarrant gloriam Dei

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mercredi, septembre 24 2014

Les aimer ? En vérité : une réalité ?

– Madame, est-ce que vous aimez la classe dont vous êtes professeur principal ? 

– Madame, est-ce que vous nous aimez ?" 

Les 6èmes, ces champions haut comme trois pommes du plan affectif à tout va... 

Ce n'est pas si facile en réalité. 

Certains répondent qu'ils ne sont pas là pour les aimer - c'est vrai, d'ailleurs - d'autres répondent "Ben oui" risquant par là même ce que j'appellerais le "chantage affectif à la choupitude" quand il faut les punir. Plus tard, il y aura forcément des "madame, vous n'm'aimez pas !!!" lors d'heures de retenue : comme si, aimer, c'était cela, c'était être injuste et tout passer ! 

Bien sûr, je leur ai répondu "oui, j'aime toutes mes classes" devant leurs yeux épatés. Parce que, même si je ne suis pas là avant tout pour cela, c'est vrai que je les aime mais cela me renvoie toujours à cette question : que veut dire aimer ? 

Je ne pense pas qu'ils en aient vraiment conscience : sans doute que moi non plus, d'ailleurs. Et en plus, il serait plus juste d'ajouter que je ne sais pas les aimer : je m'efforce de les aimer, j'ai le désir de les aimer. 

Et cela n'enlève pas l'envie qui te prend parfois de leur coller une baffe bien appliquée, 

Et que cela n'enlève pas cette affinité qui te pousse vers l'un et moins facilement vers l'autre ; 

Et que cela n'enlève pas que le 4ème ado "de base" apparaîtra toujours plus comme un relou face au gnome naïf de 6eme ; 

Et que parfois, tu seras tellement énervée d'un comportement, qui viendra en plus s'ajouter à une journée exténuante que tu auras du mal à te dire "mais lui, il est aussi aimé de Dieu !" et encore plus à le vivre ; 

Et qu'aimer pour un être humain, cela ne veut pas forcément dire "réussir à aimer". 

Aimer, ce n'est pas enlever le poids de ton humanité et de ses inhérentes opacités ; 

Aimer, c'est Lui demander de le faire pour nous quand on en devient incapable, et, surtout, de le faire par nous, à travers nous ; 

Peut-être qu'alors, et seulement une fois l'année passée, on pourra vraiment leur dire avec un certaine réalisme et une relative justesse : "oui je vous aime" en ajoutant en esprit "mais je galérais tellement que j'ai pris le joker Dieu vous aime." 

mercredi, septembre 17 2014

Liste d’en-vie

 

Peiner à se lever à la première sonnerie du réveil ;

Esquisser ce vaste signe de croix sur moi en baillant ;

Sentir la saveur brûlante et amère du thé revigorant s’écouler doucement dans ma bouche tandis que la vapeur qui en sort est à l’image de mon esprit ;

Murmurer une prière laudative un mot trébuchant sur l’autre ;

Se rater et se coller encore du dentifrice partout sur le bas du visage ;

Faire vrombir le moteur de la Zaboumobile ;

Écouter le silence, y prononcer des prénoms in pectore puis chanter ;

Les accueillir ;

Les surveiller faisant leur contrôle, répondant à la question de celui-ci, réprimandant la tentative de bavardage de celui-là, sourire à une pitrerie ;

S’enchanter devant La Fontaine avec les plus jeunes ;

Écouter une question, répondre, puis une autre, puis encore une autre, puis encore une autre puis… stop ! ;

Faire pleurer une 6ème puis, à la fin du cours, l’aider à se relever ;

Partager un repas ;

Regarder en souriant son courrier ;

Se réunir à l’évêché pour préparer de futurs beaux moments ;

Passer un quart d’heure à glandouiller ;

Corriger des copies ;

« Vespériser » devant le tabernacle puis prier pauvrement en silence, tête posée sur le dossier de la chaise de devant ;

Préparer un cours, un peu mieux ;

Se marrer avec la pharmacienne ;

Tchatter avec l’un, répondre au mail d’un autre ;

Prendre le temps de se poser pour dîner ;

Finir ce truc-là qui traîne ;

Corriger des copies ;

Bouquiner, travailler, prier…

 

Tout ce qui fait l’ordinaire d’une journée : une simple liste…

Tout ce qui ne mériterait pas d’utiliser de l’encre, même numérique,

Mais qui, parce que cela est écrit en encre de Vie, le mérite et a son prix,

Parce que Tu y es présent, dans les pleins et les déliés,

Et que, si l’on T’y cherche, on y découvre subrepticement des traces, même toutes petites, de Ta présence, à chaque instant, même là où Tu semblerais a priori le plus absent.

 

samedi, août 30 2014

Août Secours Alimentaire : un témoignage parmi d’autres

A la demande d'une des responsables de l'antenne de Colombes, j'ai rédigé un (tout) petit témoignage sur Août Secours Alimentaire, cette formidable association que j'aide quelques heures (trop peu, hélas) chaque année. Je le partage ici : puisse-t-il susciter des vocations de bénévoles et des initiatives du même acabit "parce que la faim ne prend pas de vacances" ! :) 

 

 

 

Il est 16h : des tas de nourriture ont été placés sur les tables et, autour, les uns et les autres commencent à s’affairer mais, dans cette fourmilière-là, on n’oublie jamais de se saluer, avec un grand sourire : car c’est d’humain et d’humanité qu’il s’agit ici. Certains sont derrière les tables et distribuent les produits pour constituer les sacs, tandis que d’autres les portent : il s’agit des colis repas qui seront distribués à partir de 18h à ces familles, à ces personnes seules, démunies, dont Août Secours Alimentaire est la seule ressource au mois d’août.

 

Voilà quelques années que, lors de mes passages en région parisienne au cours des vacances, je viens ici comme bénévole. J’ai toujours été marquée par le fait qu’ici rien n’était hiérarchique tout le monde sert à sa mesure, selon qui il est, selon ses possibilités et ses impossibilités : chacun est important dans la construction de l’édifice et c’est dans cette cohésion que naît un ciment qui tient bon.

 

Un édifice pour moi bâti sur le roc du Christ, dans la diversité des croyances des accueillants comme des accueillis mais j’aime ce petit moment où, avant d’ouvrir la distribution de ces repas, on nous lit une pensée de Sr Rosalie Rendu à qui est confié le projet. Il s’agit d’humains, il s’agit du Christ qui vient à notre rencontre en eux.

 

Souvent, pour ma part, je porte les colis, tâche assez mécanique, mais, toujours, il y a un bonjour avec ces personnes ou, en cas d’incompréhension de nos langues, il y a un échange de sourires. Et ça, ça me semble tout aussi important que la nourriture qui est donnée. Je ne connais pas l’histoire de ces personnes en face de moi mais je sais que, pour la plupart, elles vivent des histoires compliquées, lourdes. Leur tendre juste de la nourriture n’aurait pas de sens si nous ne pouvions, avec elles, partager quelque chose de nos vies. J’aime penser qu’Août Secours Alimentaire, c’est un peu comme une pastorale du sourire parce qu’on y parle, parce qu’on y vit une expérience d’humanité, de vie, profonde, simple et vraie.

 

mercredi, janvier 15 2014

Eux et toi

 

 

 

Il y a eux… et puis, il y a lui.

 

Une semaine qu’il est là, qu’il n’est pas comme les autres avec cette histoire chargée qu’il traîne ; une semaine qu’il dérange, qu’il n’est sans doute pas ici à sa place, qu’il faut essayer, qu’il faut tenir, qu’il faut punir mais pas trop pour éviter l’ingérable explosion, qu’il faut faire son cours un œil en permanence sur lui, qu’il faut parfois lutter jusqu’à l’opposition physique autour d’une porte, qu’il faut laisser se dire des grossièretés, qu’on sent son passé lourd… et en même temps, que, dans le fond, il n’est qu’un gosse qui a vécu des choses pas adaptées à son âge.

 

En résumé, côte professoral :

Une semaine de galère ;

Une semaine d’une usure psychologique jamais encore vécue jusque là ;

Une semaine à apprendre à me jeter dans la confiance en mon Sauveur un peu plus ;

Une semaine de découverte d’une humanité si jeune, si fragile et pourtant si… blessée.

 

De ma part, des mots discrets, ici et là, pour le confier à la prière des uns, à la prière des autres.

Je n’ai aucune autre arme ou plutôt, aucun autre moyen pédagogique : je n’ai que la confiance et l’amour qui me fait croire à la force du regard bienveillant et exigeant.

 

Ce matin, encore une fois trop tôt, à cinq minutes de la fin de mon cours, en le regardant s’enfermer dans sa capuche et sa cagoule une n-ième fois, sans prise, je lui ai doucement souri : il n’a pas idée de combien il est porté par la prière de nombreuses personnes…

De combien il est aimé, malgré…

De combien il est aimé, tout court.

 

 

mardi, novembre 19 2013

De quoi charité est-elle le nom ?

Les conversations fusent à la rapidité de l'éclair dans une salle des (jeunes) professeurs : entre délices du bon mot qu'on ne voudrait rater, entre délires partagés comme entre coups de gueule sur notre métier, souvent conspué et pourtant tant aimé. 


Certains parmi nous se veulent idéologues : on ne leur en veut pas, c'est aussi la règle du jeu ; 

Et, parmi ceux-ci certains professent avec un art aussi certain que leur dédain un anti-christianisme de bon teint. 


Ainsi, d'un de mes collègues qui, ce midi, refusa d'user du mot "charité" du fait de sa connotation par trop catholique. Bien évidemment, il y a une part de jeu dans cette attitude et on aurait tort de réagir à cran, au premier degré. 

Et, pourtant, sa réaction m'a plus qu'intriguée. 


Charité ? Qu'y a-t-il de mal, d'attaquable, dans un tel mot ? 

La question m'est restée en tête… 


J'ai pensé à la connotation condescendante du mot "charité", si dévoyée et, là, j'ai compris qu'on ne puisse l'aimer. Et puis j'ai pensé à notre vision à nous chrétiens de ce mot. 

L'amour, le vrai, celui qui donne tout, qui se donne à fond, à 100% sans rien garder… L'amour de Dieu, quoi, dans lequel nous avons nous aussi à nous donner pareillement pour L'offrir à notre tour. 


Et, à côté, j'ai aussi repensé à tous ces p'tits coeurs moches dessinés par nos élèves sur leurs marges, sur les petits mots confisqués, ici ou là ; 

J'ai songé à leurs tumultueuses histoires de coeurs dont on capte les échos sans même le vouloir ; 

Enfin, j'ai songé à eux, à chacun de nos élèves, oui… à cette si grande soif d'amour qu'on sent en chacun d'eux ; 

J'ai pensé à leurs jeux pour capter ton attention, 

J'ai pensé à tout ce que j'ai entendu depuis le début d'année comme dose d'histoires trop compliquées, 

J'ai pensé surtout à tous ces regards et ces paroles, à leurs visages, à leurs con***ies, à leurs sourires, à leurs insolences, à leurs progrès, à leurs défaillances, 

Qui, chaque soir, chaque matin, me font dire : "Seigneur, donne-moi de Les regarder, de Les aimer comme Toi, Tu les aimes" !  


Zut alors, comment ne pas l'aimer la charité, quand bien même les cathos n'en sont que des témoins très infidèles ? 

Comment accepter de ne les cantonner qu'à des petits coeurs sans rêver en grand ? 

Alors, je me suis surtout vraiment dit en pensant à mon collègue : las, mon coco… 


La charité, tu vois, même si je n'y croyais pas comme la valeur tellement ultime qu'elle a valu un Dieu qui a donné sa vie pour moi, 

eh bien, c'est un truc tellement beau que j'aimerais bien y croire 

Car en user, en abuser, même, même, même dans notre "Mère l'Ecole publique" ne nuira jamais à une quelconque santé, bien au contraire. 

samedi, octobre 19 2013

Durant une semaine mais pour que ce soit pour la vie


"Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de coeur" (Matt. 11, 29) 


jeudi, juin 20 2013

Etincelles marines

 


 

Face à la mer, c’est presque toujours facile de croire en Dieu

Elle nous parle d’immensité, elle nous parle de mouvement ;

Elle nous parle de beauté, elle nous parle d’aventure.

 

Face à la mer, bien souvent, j’entends le ressac me susurrer un vigoureux :

« Avance au large ! »

Qui vient toujours, comme un fait exprès, se poser sur les récifs de ma vie.

 

Je ne puis pourtant cesser de la contempler, de m’interroger :

La vague revient avec son lot de questions renversant mes peurs,

Me faisant regarder au loin…

 

« Avance au large ! »

Face à la mer, bien souvent, j’ai envie de prier.

 

Pourtant la mer est parfois bien loin,

Ayant découvert par son retrait une étendue plane presque désertique,

Qui ne fleure plus bon l’aventure mais la lente, longue et pénible marche,

Celle rendant les jambes et le corps fatigués,

Celle qui semble toujours identique, sans relief.

 

Mais, au loin, il reste la mer,

Elle est là, toujours, comme Lui,

Elle chatouille le sable ainsi que Dieu irrigue nos vies,

Même quand Il semble en marée basse, si loin de nous,

On peut Le contempler dans les reflets étincelants de l’eau qu’Il renvoie au cœur même du désert.

 

Face à la mer, souvent, j’ouvre de grands yeux, je respire l’air vivifiant et surtout je me dis que Dieu m’y parle de la vie.

 

lundi, juin 3 2013

Jeunes et vieux



C’était il y a quinze jours, sept prêtres célébraient une messe de semaine.

Sept prêtres ordonnés la même année, il n’y a pas loin de cinquante ans,

Il y en avait un d’un peu bancal ; d’autres aux allures hésitantes,

Mais, à célébrer ensemble, dans leur âge diversement vécu,

Quand ils levèrent ensemble l’hostie, Vie de leur vie :

Qu’ils étaient beaux à voir !

 

Eux, je les vois souvent arriver à la dérobée, un peu en retard,

Ensemble, cela fait des années qu’ils y sont,

Engagés dans l’Eglise et l’église, ensemble encore,

Souvent, je remarque entre eux de tout petits signes de tendresse,

Et une qualité unique d’attention,

Qui me font sourire aux anges :

Eux aussi ils sont beaux !

 

Elle, de ma propre famille, elle totalise plus de 70 ans donnés à son Seigneur,

Je ne la vois pas souvent et puis, elle parle peu de Lui,

Sauf en quelques phrases qui font mouche…

Comme si sa tâche était de continuer,

Dans l’immense faiblesse du très grand âge,

A transmettre quelques clins-Dieu, égrenés :

Ô Beauté si ancienne et si nouvelle !

 

Bien des fois, je contemple les plus âgés,

Quel que soit leur « état » de vie, choisi ou pas vraiment,

Je cherche à deviner leur vie, leur joie, dans leurs regards,

J’apprends, à discuter avec eux quand je les croise, à lire le sens de leurs rides creusées par le temps,

J’apprends à les regarder autrement,

J’apprends beaucoup et vraiment d’eux, tout simplement.

 

On admire souvent l’élan de la jeunesse, les grands idéaux,

C’est grand et il y faut certainement autant de fougue que de folie consenties ;

Mais, souvent, je m’arrête pour contempler l’allant de l’âge avancé,

Pour ce qu’il vient, malgré les ravins, les gros et petits soucis, 

Me murmurer de poids solide et de fidélité,

Qui se font élans pour aider les plus jeunes à marcher.

 

Bien souvent, je me dis que j’aimerais mieux savoir leur dire merci.

 

vendredi, mai 31 2013

Frémissement d’intensité poétique

 

 

 

Pour lancer une séance sur la poésie, j’avais eu l’idée de demander à mes élèves de réfléchir à un lieu « poétique », un lieu qui leur parlait de poésie, à chacun.

Je les avais laissés réfléchir quelques instants et puis je les avais interrogés, un par un.

 

Il y a ceux qui, à moitié pour m’épater, me donnaient des grandes villes « Venise ! Je rêve trop d’y aller ! » ou encore « Eh m’dame, la ville de Roméo et Juliette, là, j’sais plus comment elle s’appelle, où il y a les verrous, ça parle de passion ! »

Ceux qui rêvaient aux classiques « la plage sous les étoiles » ou « une belle mer bleue »,

Ceux qui osaient et me donnaient des lieux plus inconnus, plus personnels, aussi…

 

Ce garçon-là, je le sentais qui réfléchissait « à l’intérieur » et, son tour venu, il dit :

- Le bled.

Deux autres l’avaient déjà dit pour plaisanter mais, chez lui, on sentait que cela venait du cœur : bien, c’était ce que je cherchais, la densité de paroles. Il poursuivit d’ailleurs : « parce que, là-bas, c’est vraiment chez moi. ». 

Le tour de classe se poursuivit, entre belles pépites et mots hésitants.

 

Quand il prit fin, le même garçon me fixait toujours et me demanda :

- Et vous madame ?

 

Sans réfléchir, j’ai répondu :

- Les bords de Loire ; la lumière du soleil irisant l’eau et dansant sur les vieilles pierres… c’est beau !

- C’est là que vous avez rencontré votre copain ?

 

Ca m’a fait sourire.

Il ne pouvait pas savoir – d’autant plus que je n’avais pas « réfléchi » ma réponse – que, pour moi, quand je parle de poésie, je ne sais pas la séparer de Dieu ; comme je ne sais pas séparer Dieu de la poésie ;

Parce que Dieu est le grand poète de la vie ;

Parce que j’ai fait mienne cette belle phrase de Scholtus dans son petit Christianisme d’insolence : « se faire les poètes de la grâce à travers les opacités de la chair » pour en rechercher toujours plus la justesse.

 

Il ne pouvait pas savoir que, sans réfléchir, j’avais parlé de « mon » lieu, de cette abbaye où je viens respirer, souvent,

Me ressourcer, vraiment,

Chercher à toujours mieux grandir et vivre en Lui,

Contrepoint essentiel de silence de mes jours devant et avec eux,

Beauté de la nature à conjuguer avec celle de l’humanité.

 

Oui, ça m’a vraiment fait sourire et j’ai répondu :

- En fait… c’est surtout là que j’ai rencontré le grand amoureux de l’humanité.

 

Je ne crois pas qu’il ait très bien compris,

Mais finalement, je ne crois pas que c’était très important de dire exactement,

Car il y avait déjà eu cet espace d’un frémissement,

Le petit interstice subreptice où Il pouvait dire, écrire, l’au-delà des mots.  

 

lundi, mai 27 2013

Petit caté pratique avec Kaamelott : l’amour du prochain

 

Quand les premiers – hélas si rares – rayons de soleil pointent leur nez, une classe d’élèves mute soudain en une horde incontrôlable et incontrôlée… A tel point qu’après s’être égosillé, le professeur se sent plus ou moins pris d’accès de fureur – qu’il contient fort heureusement pour conserver sa posture magistrale.

 

En résumé, tout cela pour vous dire que, dans une classe, c’est parfois comme dans la vidéo qui suit mais qu’on n’en demeure pas moins humain, qu’on n’en demeure pas moins chrétien.

 

Voici donc une vidéo pour mûrir notre « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », même si Seigneur, si Tu savais (enfin, Tu le sais, mais on fait comme si) comme le comportement de Machin m’énerve !!! …

 

… pour toujours travailler son « voyez comme ils s’aiment » en travaux pratiques ! ;-)

 

mercredi, mai 8 2013

Evidence en flèches

 

 

 

 

Un signe discret t’indiquant le chemin se cache sur cette photo, sauras-tu le retrouver ? 

 ;-)

 

 

 

Parfois, c’est un peu pareil avec le Seigneur,

Il est là, Il est éclatant d’évidence,

Mais, pressés, nous ne savons pas Le Voir,

Nous ne savons pas prendre le temps de regarder le monde,

Ce monde où Il se révèle,

Où Il se donne.

 

Nous sommes comme dans une bulle, pressés et renfermés,

Incapables de voir les belles flèches multicolores que, meilleur Cupidon que Cupidon, Il décoche partout,

Pour orienter nos vies vers plus d’Amour,

Pour les faire resplendir !

 

samedi, avril 27 2013

Esprits en germination

 

 

 

Au fil des mois, voir des esprits se former,  

Grandir et s’agiter ;

Voir des personnalités s’affirmer ;

Sourire à les voir enfin oser se lancer dans une activité d’écriture,

Même toi, le « démissionnaire » !

 

Toi qui sors un stylo une fois sur deux en cours ;

Toi qui me présentes un classeur avec vingt feuilles moches dedans sans complexe ;

Toi qui as décidé que tu étais définitivement « nul » ;

Que tu ne valais rien, que ta place était au dernier rang,

Que ton rôle était d’encourager les autres à ne pas travailler.


Hier, te voir écrire, te voir me lire ta production, pour une fois,

Te découvrir un peu plus dans ce que tu révèles de toi au travers de ces mots décrivant le portrait d’un autre, en tableau.  

« Son air bougon est une carapace de fragilité », disais-tu… Ah.

 

Te sourire encore,

Même si tu ne crois pas en toi.

Te redire que je crois en toi, même si tu ne m’écoutes pas.

 

Si tu savais le Don de Dieu pour toi,

Si tu savais combien je Le vois chaque jour plus vivre pour et en toi…

 

samedi, avril 13 2013

Gestes d’Esprit

 

 

  

Il est des gestes dont on ne saurait exactement dire en quoi ils sonnent juste mais qui le sont intrinsèquement, qui sont aussi beaux que porteurs de sens, aussi pétris de foi que vivifiants :

 

Se laisser choisir ;

Accompagner, une main posée sur l’épaule ;

Dire un prénom, ce prénom-là, pour présenter ;

Transmettre une lumière vive et réchauffante ;

Nouer une croix autour d’un tout jeune cou pour que celle-ci vienne battre le rythme de la vie à force de battre contre la peau ;

Marcher ensemble le temps d’une procession, pour marcher ensemble plus longuement.

 

Il est des gestes qui parlent, qui sont faits pour dire sans que l’on ait besoin de dire plus,

Parce qu’ils sont posés pour un(e) autre, comme un petit marchepied dans notre marche commune vers Lui ;

 

Il est des gestes qui, le soir venu, nous renvoient à la question d’un Autre  

« M’aimes-tu ? »

 

mardi, avril 9 2013

Boîte mail d’hier

 

 

 

Hier, à la recherche d’un vieux document,

Partir dans des archives de mails datant de 2 à 3 ans, longuement ;

Reparcourir des histoires, des noms, des anecdotes ;

Sourire aux joies, aux bêtises, aux incongruités ;

Sourire en se souvenant, un peu émue, d’un ou même deux visages disparus ;

Sourire aux bons souvenirs, aux pas encore amis d’hier devenus amis d’aujourd’hui, aux amis d’hier plus que jamais amis d’aujourd’hui, à ceux qui ne sont restés que connaissances sur le chemin mais qui partagèrent de beaux moments ;

Sentir monter l’élan de joie, de reconnaissance en son cœur au fil des clics.

 

Puis quitter les fichiers informatiques en pagaille,

Pour rendre grâce à Dieu,

De ce qui fut hier, de ce qui est aujourd’hui,

Simplement, du don heureux de la vie.

 

lundi, février 25 2013

écoute et vis !

 

 

 

J’ai retenu de l’évangile de ce w-e une phrase. Ou non, finalement, encore moins, deux mots, deux simples mots parce que je suis prof et donc feignasse comme chacun sait[1]. Deux mots donc : « écoutez-Le »

 

J’aime bien l’entendre en écho de l’acclamation à la fin de l’Evangile : « Acclamons la Parole de Dieu »  « Louange à Toi Seigneur Jésus ».

 

Parce que, sincèrement quel est mon degré d’écoute en dehors des mouches qui volent ?

Est-ce que je considère bien toujours que c’est Dieu qui me parle à travers ce qui est lu, à travers ce qui est proclamé ?

Qu’Il a un mot pour moi, là, maintenant, tout de suite ?

Chez moi, ce n’est pas gagné.

 

Je crois que, bien souvent, j’oublie que ces mots me sont adressés ;

Je crois que, trop souvent, j’oublie cet essentiel :

Que l’Evangile n’est pas fait pour être lu 

Mais qu’il est fait pour être vécu.

 

Ecouter ne saurait alors se limiter à une écoute partielle et passive[2]

Ecouter devient accueillir, laisser agir pour réagir ;

Ecouter devient alors non plus limite mais apprentissage pour L’imiter, ouverture d’un espace non pas simplement typographique mais d’un espace de vie.

 

Et donc invitation à une écoute encore plus large, plus vaste, celle du frère connu ou inconnu par qui Sa parole pourra encore me rejoindre, dans l’improviste de la vie :

Que me dis-Tu, Seigneur ?

 

Ca m’a rappelé aussi le si beau prologue de la Règle de saint Benoît :

« écoute, ô mon fils, les préceptes du maître et prête l’oreille de ton cœur ! »[3]

 

Ecoute du Silence où Sa parole saura s’égrener en quelques décibels inaudibles mais tombés au plus profond du cœur ;

Invitation à la disponibilité de notre cœur, de notre âme, à chaque instant ;

Pour transformer – parce qu’Il est là – d’une majuscule nos rencontres, en autant de transfigurations.

 

 



[1] #autotroll.

[2] comme celle de mes élèves de 16h30 à 17h30 par exemple.

[3] 1ère phrase du prologue de la RB : « Obsculta, o fili, praecepta magistri, et inclina aurem cordis tui »

samedi, février 2 2013

A Dieu, père

 

 

 

Il est parti hier…

Je m’y attendais et même, je crois que je le savais.

Mais ça m’a valu une journée sonnée, à carburer au café serré.

 

Il est parti hier…

Je crois que je ne réalise pas bien encore.

Pour l’heure, à la paroisse, je m’attends encore à le trouver là, dans son fauteuil ;

Je vois presque encore sa démarche, ses gestes là, à poser sa canne contre l’autel, à saisir le pied du micro pour s’aider à marcher…

 

Tout à l’heure, j’ai fermé les yeux quelques instants devant le chœur,

Je pouvais réentendre en moi sa voix assez rauque,

J’y suis toujours sensible aux voix parce qu’elles portent beaucoup de la vie d’une personne en elles :

Chez lui, c’était beaucoup de souffrances.

 

Puis je suis allée discrétos devant le tabernacle, Te le confier.

 

Cela doit faire une dizaine d’années qu’on se connaissait

Et qu’on a beaucoup partagé : juste quelques mots quand on se croisait puis bien plus quand, en septembre 2006 je suis devenue responsable des servants d’autel avec deux autres et lui l’aumônier.

Au fil des ans, il était devenu un ami.

Pourtant, je ne me suis jamais sentie pleinement en « harmonie » sur le plan spirituel avec lui,

Préférant le léger retrait contemplatif à la fougue de la harangue : question de sensibilité.

Et finalement, on n’en a toujours que peu parlé, ou avec beaucoup de pudeur,

Mais on a bossé ensemble, des heures et des heures durant,

Mais on partageait la même passion de la croissance des jeunes,

A plein cœur,

A Ton service, Seigneur…

 

Devant le tabernacle me reviennent tant d’images :

De pèlerinages, de célébrations, de coups de gueule aussi.

Tous ces souvenirs de groupe, ici et ailleurs, tellement heureux ;

Puis aussi tous ces souvenirs plus personnels :

Cette fois-là où il m’avait raconté une partie très douloureuse de sa vie,

Ces divers moments où tout le monde croyait qu’il allait mourir et où il était déjà si faible à l’hôpital, branché de partout ; 

Cette annonce-là que j’ai tant tardé et peiné à faire et qu’il avait devinée ;

Ces communions portées à l’hôpital ou chez lui quand il était très bas – c’est à lui que j’ai porté pour la 1ère fois la communion à un malade et je ne saurais l'oublier – si pleines de Dieu ;

Ces coopérations entre nous quand on repérait qu’un de nos jeunes n’allait pas bien,

Et tant d’autres.

 

Enfin, c’était une vie, et une vie de prêtre.

Aujourd’hui, il y a à prier ;

Aujourd’hui, il y a notamment les larmes d’une cinquantaine de jeunes à essuyer, pour continuer.

Aujourd’hui, il y a désormais à s’appuyer sur son intercession pour que ce qu’il a entrepris puisse croître et se multiplier,

Fécondité de sa vie chez les autres, dans la Paix et l’Amour du Seigneur, 

En attendant de nous y retrouver : à Dieu, père.

 

jeudi, janvier 10 2013

Magnifique magnificat en clef de K.O.

 

« Peuples criez de joie,

Et bondissez d’allégresse… »

Il y a des jours où les mots de votre bréviaire, même électronique, vous semblent délicate ironie ;

Quand certains jours, ils sont juste là comme il faut, comme préparés tout spécialement,

Il y en a d’autres où ils se transforment en sourire d’amertume.

 

Mots de prière,

Maux de prière.

 

Prier la tête baissée,

Prier la tête enfoncée dans mes épaules,

Recroquevillée sur moi-même, à la limite du K.O…

Ne plus trop savoir ce que je dis, ni ce que je prie.

 

Quand arrive le moment du Magnificat

Ne pas réussir à le dire autrement qu’en balbutiant,

Qu’en oubliant un verset sur deux, les yeux perlés,

Mais le continuer, encore et toujours.

 

Et oublier la suite,

Et le redire, verset après verset,

Et se mettre à le chanter doucement,

N’arrivant plus à retenir vraiment le torrent,

Mélange de tristesse et de joie,

Offrande de joie et de chagrin,

Cœur chaviré, un peu trop plein de tout,

Mais se confiant humblement en Toi.

 

A Toi…

Et pour toi, et pour vous, et puis aussi je l’avoue tout particulièrement pour toi, là, vers qui je me rends, malheureusement si souvent.

 

Que ces gouttes que tu ne verras pas,

Parce que, comme toujours, je raconterai des conneries à ton chevet,

Parce que, comme toujours, mon seul but sera de te faire sourire et si possible rire,

Parce que tu n’aimerais pas les voir sans les accompagner des tiennes,

 

Que ces gouttes tombées de mes yeux puissent devenir, à travers eux, Lumière irisée et éclatante de Celui t’aime tant…

Pour que tu chantes, pour que tu rechantes,

Même sans le savoir,

L’un des plus beaux chants qui soit,

Celui d’un Magnificat des plus éloquents même s’il ne dit pas son nom,

Le chant d’un Magnificat spécifique donc, multiple et toujours si unique,

Un simple Magnificat de ta vie.

 

dimanche, janvier 6 2013

Crois-tu que le Christ est vivant, qu’Il nous aime ?

On me fait souvent la remarque que je ne réussis pas à parler d’Église sans, rapidement, parler de Foi ; que je ne parviens pas à parler de ses prises de position sans me référer à cette Foi qui nous anime, lien vivant d’une amitié, d’un amour fou, entre le Seigneur et nous. Et cela, ce n’est malheureusement pas assez, il faut toujours aller plus loin, sinon l’on tombe vite dans la vacuité des idées et dans un durcissement de position sans raison, oubliant Charité et Vérité, c’est-à-dire le Christ.

 

Tout cela, c’est que ce dit encore mieux l’édito de la Lettre du diocèse de Nanterre pour janvier et février 2013, rédigé par Mgr Daucourt qui veut visiblement nous provoquer dans notre hibernation. Ce texte a déjà paru ici ou là sur le net mais, parce qu’il est vraiment bien, profondément vivifiant et juste et qu’il tombe à pic en ces temps de grands débats sociétaux, je le recopie ici.

 

« Comme évêque, je me demande parfois si certains catholiques ne sont pas des « athées pieux » (phénomène connu en Italie sous l’appellation « atei devoti »). L’athée pieux défend des « valeurs ». Il s’engage généreusement dans des combats pour lesquels il fait référence à la morale chrétienne. Il participe à des rites chrétiens. Mais la question demeure : croit-il que le Christ est vivant, qu’Il nous aime, qu’Il nous sauve, qu’Il nous attend pour une vie éternelle ? Entretient-il une relation avec le Christ ? C’est en tout cela que consiste la spécificité de la foi chrétienne et non pas dans al défense de « valeurs » ou dans la générosité ou dans une morale, toutes réalités que vivent aussi des non chrétiens. 

 

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samedi, décembre 29 2012

Si tu pries dans la ville - de la durée et des hommes

 

 

 

« Si tu pries dans la ville, tu n’y viens pas en touriste ni pour y faire des expériences. Si ton Seigneur t’appelle là, enracine-toi dans le quotidien, entends le Christ qui te parle de persévérance, de perte de vie. Laisse-toi façonner par ce réel (monotonie des jours, du travail, des transports, pauvreté des rapports humains, mais aussi richesse des solidarités, des amitiés). Tu es embarqué pour une longue aventure. Le Seigneur est le maître du temps. Sois patient. […]

 

Si tu pries dans la ville, c’est que tu y cherches d’abord le Seigneur. Tu es là pour lui qui t’a aimé le premier. Mais si tu es ici et non ailleurs, c’est aussi pour ces hommes et ces femmes. Tu es l’un d’entre eux. Tu es leur voix devant Lui. A chaque instant, tu les portes. Tu partages leurs fatigues, leurs soucis concernant leur santé, leur avenir, le travail, la crise économique, les incertitudes politiques, le chômage de leurs enfants… Toutes ces icônes défigurées, tous ces êtres créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance. « Le christianisme est la religion des visages » (Olivier Clément). Ta prière restaure ces icônes et tu seras émerveillé de les voir sourire, retrouver leur visage d’enfant. Ce Portugais dont tu serres la main tous les matins, cet enfant mal-aimé qui te saute au cou, cette voisine qui vient te confier la santé de sa fille accidentée, ce drogué dépressif qui n’espère plus sa libération, cette manifestation qui passe…

 

Ne méprise personne, jamais. « Ne jugez pas ». Assume, intercède, adore, brûle comme le cierge, petite lumière dans la nuit. Laisse-toi évangéliser par les pauvres. Bien souvent tu découvriras l’Esprit à l’œuvre et des gestes d’amour dont tu te sais incapable. Accepte de recevoir. Tu es venu apprendre à prier dans les conditions ordinaires de la vie. Avec les hommes, pour eux. »

 

Mgr Guy Gaucher, cité dans Sources vives (nov. 2012), p. 120-121

 

 

dimanche, décembre 9 2012

Trois mois de liens

 

 

 

Il y a trois mois, je ne les connaissais pas. On m’a donné une liste, enfin trois, de plus de 30 noms chaque et puis voilà, je serai leur professeur de Lettres pour l’année. Débrouille-toi avec, gamine, et puncto.

 

Il y a trois mois, je ne les connaissais pas. Je les découvrais avec autant de curiosité et de crainte mêlée de joie qu’eux-mêmes se demandaient qui étaient donc leur professeur et, surtout, son drôle de caractère. Il y a trois mois, j’apprenais à la bienveillance sans connaissance et je faisais mes premiers pas sur l’estrade[1], pour enseigner, un peu.

 

Cette semaine, il y avait des conseils de classe. Après l’avis général sur la classe, chaque nom d’élève défile sur l’écran, accompagné des notes, des annotations de chacun des professeurs et d’une petite photo dans le coin à droite. Ca m’a fait un drôle d’effet. Parce que, maintenant, avec chacun d’eux, j’ai un petit bout d’histoire partagé. À chaque nom qui apparaissait, j’avais des images qui me venaient en tête, des bribes de paroles… une personne en train de grandir. Parmi eux, il y en a qui m’agacent mais, en même temps, il y a vraiment quelque chose qui s’est lié avec chacun d’eux : et j’étais heureuse de m’apercevoir de cela, dans toute la complexité et l’unicité des relations entretenues avec chacun. Poursuivant ma dangereuse[2] tentative de subversion[3] de la fonction publique, j’ai prié et rendu grâce bien souvent durant ces conseils. C’est beau de travailler via les « humanités » pour faire grandir leur humanité, vous savez.

 

Mais cette semaine, il y a eu autre chose. Cette semaine, j’ai été pour la première fois confrontée à la violence en classe. Oh la violence verbale entre les élèves, c’est un peu mon pain quotidien. Mais cette violence physique, bestiale, vous savez… Cette violence d’un élève qui en choppe un autre violemment pour l’envoyer valser au loin, là, comme ça, devant vous en oubliant que vous existez. C’est impressionnant. C’est choquant. Il fallut en sortir un, jouer au bluff du « W., vous sortez » en y jouant toute son autorité sans savoir s’il y aura de l’effet parce que le W. en question pourrait vous envoyer valser vous aussi. Et poursuivre à l’issue du cours les rapports et autres sanctions. Mais le pire, ce n’était pas de le sortir cet élève, c’est l’effet que cela provoque. Après cette violence, tout le monde était amorphe, sans vie. Les élèves comme moi-même. On constate que la violence n’existe pas seulement pour elle-même, elle rompt quelque chose. Elle vient casser les liens d’humanité qui ont pris trois mois à se tisser, qui sont fragiles : elle ramène chacun à sa part de bestialité et non pas à ce que chacun possède de plus grand, de plus beau. De ce qu’on leur demande de faire grandir, pour aller au-delà. J'avoue être encore sous le coup de ce bris inattendu.

 

Être prof, c’est sans doute enseigner, oui, c’est notre mission première,

Mais, avec ces trois mois, avec cette semaine, je m’aperçois que c’est aussi être au cœur de tous ces liens humains,

Liens qu’il faut aider, en humble tisserand, à tisser, retisser, inlassablement, sans cesse…

Que je continue, inlassablement aussi, à Lui confier.

 



[1] … quand il y en a une.

[2] Je n’exagère même pas car, selon Jean Sulivan, la prière est « l’acte révolutionnaire par excellence, le contraire de l’aliénation »… alors, c’est dire ! ;-)

[3] En d’autres lieux, on parle de « conversion », mais vous aurez compris l’idée. 

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